Thierry Crouzet

Préidentielles 2007

Hier soir, j’ai assisté au premier meeting du candidat Rachid Nekkaz. Quand j’ai vu l’adresse du meeting, Paris septième, je me suis dit que ce n’était pas très original, que ça faisait déjà installé. Mais en fait, dans le septième il y a aussi des salles comme celles de l’ASIEM qui peuvent être louées à des associations.

Une fois cette appréhension levée, je suis descendu dans l’auditorium où nous nous sommes retrouvés une centaine, peut-être un peu plus, mais pas beaucoup plus. Le buzz n’a pas encore fonctionné pour Nekkaz. S’il veut que ses idées passent, il faut qu’il les fasse connaître via le web, seule méthode qui peut fonctionner très vite et à moindre coût. Son site doit être revu totalement. Il faut qu’il devienne un wiki. Pas besoin de réinventer la poudre comme Ségolène.

Nekkaz lui-même doit tenir un blog où raconter sa campagne jour après jour. Il doit commenter les autres blogs. Il doit être hyperactif dans la blogosphère. Proposer des articles à Agoravox. Il doit convaincre la génération internet dont il se réclame de le soutenir. Ce n’est que comme ça qu’il se constituera une masse critique de supporters, qui eux-mêmes pourront le relayer.

Dès mon arrivée, Nekkaz m’a collé un badge et m’a demandé de dire quelques mots au public. S’il m’a choisi, c’est la preuve qu’il manque de force vive pour le soutenir car, au mieux, je ne parle qu’au nom de ceux qui se sont reconnus dans Le peuple des connecteurs.

Une fois à la tribune, je n’ai pu m’empêcher de faire le clown. J’ai commencé par dire que je pensais qu’il ne fallait plus voter car la droite comme la gauche ne répondent plus à nos attentes. J’ai aussi dit que je ne croyais plus à une démocratie représentative mais que, dans une phase transitoire, un Nekkaz pouvait aider les citoyens à redevenir les acteurs de la vie publique. J’ai surtout dit que Nekkaz était un mec bien, un mec courageux, et je le pense toujours.

Quand il a parlé hier soir, il était ému. Pas intimidé par nous, mais ému parce que je crois que son engagement est profond. Il se lance dans la bataille la fleur au fusil, porteur d’espoir pour tous ceux qui n’ont pas d’espoir, porteur d’espoir pour tous ceux qui comme moi ne croient plus à la politique. Il a décidé qu’il fallait changer les choses et cesser de dire qu’il fallait le faire. Je l’applaudis.

Maintenant, reste à définir la méthode. Il est évident que Nekkaz manque de soutien logistique. Son équipe est trop réduite, pas assez éclectique. Il faut vite qu’il rassemble des forces nouvelles. Je crois qu’il peut les trouver sur le web. Mais aujourd’hui il n’utilise pas la bonne stratégie. Nekkaz doit se trouver un terrain de bataille, un thème qu’il doit marteler. C’est un publicitaire qui doit lui concocter le message.

Par ailleurs, il doit ouvrir son programme de toute urgence à la critique. Un ami journaliste vient de m’envoyer un mail où il me dit :

Je viens de visiter le site de Nekkaz. Les idées sont intéressantes mais rares. Quant à l’indexation de la TVA sur les revenus ça me paraît relativement irréaliste. En effet, rien n’empêche de faire faire ses achats par le voisin en liquide et un contrôle trop présent des revenus ou de l’acheteur apparaîtra comme une entrave à la liberté de circulation.

Cette critique doit pouvoir être postée sur le site de Nekkaz, Nekkaz doit y répondre immédiatement. Mon ami termine en me disant :

Ce mec est entouré d’un minimum d’équipe ou c’est un farfelu ? L’approche reste tout de même politique et c’est peut être la qu’il faut changer les choses…

Je suis sûr que Nekkaz n’est pas un farfelu. Mais il est fou, c’est sûr, habité d’une folie positive. Il croit que nous pouvons changer le monde et je partage ce sentiment avec lui.

Reste à se retrousser les manches et à écrire un programme en lequel nous pourrions nous reconnaître. Est-ce possible ? Je n’en suis même pas sûr tant nous sommes divers et tant nos aspirations divergent.