Thierry Crouzet

Jeunisme : attention danger

Pour se rapprocher des jeunes, il ne suffit pas pour nos politiciens d’utiliser les mêmes outils que les jeunes (blog, Messenger…) et faire croire qu’on aime les mêmes stars de variété. Pourtant les hommes politiques essaient systématiquement cette approche. Ils veulent paraître branchés, ils tombent dans le jeunisme, mais ce combat est impossible comme Gombrowicz l’a décrit dans toute son œuvre. La puissance de la jeunesse vous dévore, vous ne pouvez pas la canaliser, surtout pas l’arrêter, il faut presque agir avec elle comme le judoka qui s’appuie sur la force de son adversaire.

Je crois que les jeunes se moquent que les politiciens les singent. Avec leur costard, les politiciens ne font jamais branchés de toute façon. Mais c’est surtout par leurs idées qu’ils sont à côté de la plaque. À force de rabâcher les mêmes litanies, ils ont fatigué les parents, maintenant ils épuisent les enfants. Eux, ils attendent des idées nouvelles qui changeront le monde, qui éviteront à la planète de partir en fumée, qui laisseront espérer un avenir durable et laisseront de la place pour le rêve.

Une partie des jeunes, ceux qui terminent leurs études, sont souvent inquiets, ils ont peur pour l’avenir. Mais ils ont peur parce que personne ne propose d’idées neuves. Du coup, ils ont raison d’avoir peur. Un monde sans nouveauté, c’est un monde mort. Et la technologie ne peut pas, à elle seule, occuper le terrain du rêve.

Problème : les idées neuves existent, des idées ni de gauche, ni de droite, mais les partis ne peuvent pas s’en faire les porte-paroles car ces idées contredisent l’idée même de parti. Alors c’est aux jeunes de faire de la politique, de créer des réseaux, de faire circuler les idées, d’agir… c’est à eux de changer le monde car les politiciens n’arriveront pas à le faire.

Si, malgré tout, les politiciens veulent séduire la jeunesse, il reste une solution, toute simple : partager le pouvoir avec les jeunes. L’histoire a toujours été faite par des hommes jeunes. C’est une anomalie des démocraties de ne mettre que des vieux au pouvoir.