Thierry Crouzet

Trop nombreux 2

Je voudrais revenir sur la surpopulation. Mon précédent billet n’a pas été compris comme je l’entendais, en partie par ma faute car j’ai ouvert plusieurs pistes sans les approfondir.

Si nous encourageons la population mondiale grandir, notamment pour soutenir la croissance (et soutenir les régimes de retraites), nous fniront à un moment par nous heurter à un mur. Que ce mur soit haut de dix milliards d’hommes ou de vingt milliards ne change rien.

Il me paraît irresponsable d’encourager les gens à avoir plus d’enfants. J’estime que nous devons copuler quand nous en avons envie. Je suis allé un peu vite quand j’ai dis qu’il fallait pénaliser les familles nombreuses mais je crois surtout qu’il ne faut pas les avantager. C’est presque indécent. Oui, faisons-nous confiance et ne cherchons pas à tout contrôler.

Certains futurologues annoncent que la population humaine finira par atteindre un pic avant de se stabiliser puis de décroître. J’espère qu’ils ont raison mais si je reste persuadé que personne ne peut prévoir l’avenir, même les plus grands experts en peuplement (d’ailleurs ils ne sont jamais d’accord entre eux).

Il est vrai que plus le niveau de vie augmente, plus le taux de natalité baisse (voir la vidéo de Hans Rosling). Mais avec des incitations à la procréation ne risque-t-on pas d’inverser cette tendance naturelle ? Les incitations ne risquent-elles pas de devenir de plus en plus incitatives en même temps qu’il y aura de moins en moins de jeunes ? Jusqu’à entraîner un renversement de tendance ?

Vu l’état du monde : climat, famine, pauvreté, pollution… Il ne me paraît pas raisonnable de nous demander de faire plus d’enfants. Ce n’est pas parce que la France n’est pas dans une situation catastrophique qu’elle doit ignorer le reste de la planète.

Comme je l’ai écrit dans un commentaire, penser français dans un monde global est une absurdité. Nous devons trouver de nouvelles solutions pour les retraites (surtout qu’il risque d’y avoir moins de jeunes, aide ou pas aide). Dire que les jeunes payeront pour nous est une monstruosité (quel beau projet d’avenir nous leur réservons). C’est une tactique débile née à l’époque de la croissance tout azimut. Cette croissance là, cette forme de croissance, ne peut être soutenue sans nous conduire à notre perte.

Si tous les pays raisonnaient à la française, ce serait l’étouffement car il faut toujours plus d’hommes pour nourrir les vieux qui seront toujours de plus en plus nombreux. La France ne peut pas raisonner comme ça. Nos politiciens sont dangereux. Ils oublient que nous vivons dans un monde dominé par l’interdépendance. Comment dire aux autres de ne pas faire comme nous ?

Je crois à la vertu de l’exemple. Nous devons donner l’exemple. Nous appliquer les règles que nous voudrions que les autres appliquent (dans le domaine écologique – nous ne devons pas attendre le reste de la planète, même si ça doit nous coûter). L’exemple est plus efficace que les pressions qui finissent toujours par devenir conflit.

Comme l’a expliqué Axel, il y a une échappatoire à tous les problèmes. On peut espérer que la technologie nous offrira des solutions (l’espace, les océans…). C’est un pari que je faisais toujours par le passé. Je crois que l’homme une fois acculé sera prêt aux folies les plus folles. Mais devons-nous nous précipiter au pied du mur avant même d’avoir les solutions ?

Je suis optimiste, je crois que nous nous en sortirons toujours, et nos politiciens font, en fait, le même pari. Mais on ne peut pas dire « faites plus d’enfants » et ne pas penser comment faire vivre un monde plus peuplé.

Qui dit plus de Français, donc plus d’humains, implique le recours aux OGM par exemple. Combien de politiciens sont contre les OGM et pour les aides aux familles nombreuses ? Combien vivent ainsi dans la contradiction ?

PS1 : La complexité n’est pas un choix mais une conséquence de nos intéractions. Elle nous impose de trouver des solutions nouvelles. La croissance du nombre d’hommes contribue à la complexité mais pas plus que l’interconnexion technologique ou la diminution du coût des transports.

Nous ne devons pas promouvoir la surpopulation, ici ou ailleurs, non à cause de la complexité mais de la pollution et de l’épuisement des ressources naturelles.

La crise de la complexité, elle, ne se règlera que par l’adoption de nouveaux modes d’organisation (auto-organisation, bottom-up, réseaux…).

Je n’envisage pas autre chose que la complexité, car la vie tend vers la complexité dans un monde qui dans son ensemble tend vers le désordre (donc la simplicité). Soit on accepte que la vie continue son chemin et on apprend à gérer la complexité, soit on met fin à cette belle histoire.

PS2 : Ai-je dit qu’il fallait tuer des hommes ? Si vous mettez les êtres humains au-dessus de la nature, suivant le discours biblique, alors vous ne souhaitez qu’une chose : la fin des temps. L’homme n’est pas au-dessus de la nature, mais part d’elle. S’il ne le comprend pas vite, la nature trouvera une solution sans lui. Tant que nous sommes bloqués sur terre, nous devons apprendre à vivre avec des ressources limitées.

PS3 : Je n’ai jamais parler de réduire le nombre des naissances mais d’arrêter de pousser à faire plus d’enfants. Qu’on laisse les gens libres de faire ce qu’ils veulent et qu’on ne les pousse pas dans des directions dangereuses.

PS4 : Pour la fin des temps… et pour faire bref. Le message biblique dit que nous devons exploiter la nature sans relâche et y prospérer sans limite. Ça rappelle le dogme de la croissance. Dans ces conditions, il ne sert à rien de s’occuper d’écologie car, dans tous les cas, la fin des temps adviendra.

PS5 : Toute philosophie qui place l’homme au-dessus de la nature est dangereuse pour la nature et donc pour l’homme qui ne survit que grâce à cette nature.

PS6 :  Le taux de maintient d’une population est 2.1 enfants par couple, pas 3. Avec 3 enfants, la population mondiale reste en croissance. Donc à 3 en moyenne, nous allons dans le mur à plus ou moins long terme. Il n’y a aucune raison rationnelle pour favoriser les familles avec 3 enfants. On doit favoriser la qualité, pas la quantité. Donc toutes les familles doivent être égales.

PS7 : Oui à l’immigration si elle peut aider les pays moins riches que nous. Il s’agit de sauver le monde… La France ne s’en sortira pas seule. Elle doit donner l’exemple.

PS8 : L’hypothèse de la stabilisation de la population mobndiale autour de 10 milliards n’est qu’une hypothèse. Si ça ne marche pas comme ça ? C’est un peu comme avec le réchauffement climatique. Et s’il se produit ? Je suis profondément optimiste, je ne crois pas du tout à la fin des temps, voilà pourquoi je veux que nous trouvions des solutions maintenant.