Thierry Crouzet

Électrochoc politique bis

Je voudrais revenir sur mes quatre actes pour dire avant tout que les critiques formulées par certains militants UDF m’attristent.

Acte 1

Pour un candidat comme Bayrou, d’après ces militants il ne serait pas réaliste de se sortir du parti qui l’a toujours soutenu et de se couper de sa logistique. Mais à quoi bon d’une logistique pensée pour perdre ? L’UDF est à droite dans l’esprit des Français, donc Bayrou aussi quoi qu’il dise. Pour prouver le contraire, il faut des actes et non pas de belles paroles.

Il reste quatre mois avant l’élection, en quatre mois des citoyens motivés peuvent faire beaucoup de choses, reconstruire un monde sur de nouvelles bases, car nous disposons des outils technologiques pour nous organiser très vite.

Je n’ai d’ailleurs pas dit qu’il fallait détruire l’UDF mais que Bayrou pour rassembler plus de 10 % des Français devait se placer au-dessus du parti qui le soutient historiquement, il doit ouvrir la porte à d’autres soutiens, je pense à Corinne Lepage, à Bové…

Un jour à la radio, un journaliste disait à DSK que Bayrou tenait les mêmes propos que lui. DSK répondit que Bayrou devait rejoindre le PS. Voilà la politique que je déteste, cette politique de clan. DSK aurait du dire que c’était formidable et qu’il allait rencontrer Bayrou pour essayer de créer avec lui un mouvement qui les dépasse chacun.

Tiens, pourquoi DSK ne rejoindrait-il pas Bayrou ? Ce serait une autre forme d’électrochoc et ce serait très naturel en fait.

Mais il y a les législatives me dit-on ? Quel rapport ? Je parle des présidentielles. Le changement ne viendra pas de députés qui n’ont aucun pouvoir, malheureusement, surtout de ceux de l’UDF qui seront ultra-minoritaires.

Toutes ces discutions mercantiles me dégoutent de la politique. Je vois une troupe d’arrivistes qui veulent préserver leur poste d’élu et qui se moquent des citoyens. Moi, je me moque que les caisses de l’UDF ou d’un autre parti se retrouvent vide. Le cinquième pouvoir s’en moque car il n’a pas besoin de cet argent pour faire de la politique.

Ce n’est pas réalise ? Mais si puisque nous travaillons, mais si puisque nous sommes justement en train de faire de la politique en ce moment même et que de plus en plus de citoyens se joignent à nous.

Acte 2

Ce n’est pas parce que Ségolène Royal a enfourché la bataille de la participation qu’il ne faut pas la suivre sur ce terrain. Au vingt-et-unième siècle, la démocratie sera participative ou ne sera pas. D’ailleurs, je préfère parler de collaboration Open Source que de simple participation, ça va beaucoup plus loin.

Les hommes politiques qui ne choisiront pas le modèle collaboratif seront d’insignifiants avortons au regard de l’histoire. Depuis des décennies, ils nous prouvent que « le je sais tout ne marche plus ». Regardez Bush, un parfait exemple de cette politique « Je vais droit dans le mur ». Maintenant que nous disposons des outils pour travailler ensemble, il est temps de si mettre.

Acte 3

La proportionnelle partielle a déjà été essayée et ne marche pas. Dans un univers collaboratif, le gouvernement n’est pas là pour imposer ses vues mais pour faciliter la mise en œuvre les idées qui émergent des citoyens. Un tel gouvernement n’a pas besoin d’être fort mais ouvert au dialogue. Il doit privilégier l’action locale pour ne pas s’enfermer dans d’impossibles réformes globales. Je parle de ça dans Le cinquième pouvoir, donc je ne m’étends pas trop.

Acte 4

Dire que faire du développement durable une priorité absolue n’est pas réaliste, c’est un aveu de manque de lucidité. Sans développement durable, il n’y a pas de développement. Nous n’avons plus le choix. Même pas celui de nous occuper d’éducation.

Un Président doit donner à son pays une direction. Il doit lui donner de l’espoir. Il doit proposer un vrai projet de société qui dépasse la simple gestion des malaises sociaux pour beaucoup induits par trop de télévision.

En fait, je me moque pas mal de l’UDF, ce qui m’intéresse c’est que les choses avancent, peu importe qui les mettra en œuvre. Je me suis adressé à Bayrou parce que, par sa position d’outsider, il doit tenter quelque chose… parce que le cinquième pouvoir met de nouvelles idées sur la table et qu’il n’y a qu’à se baisser pour les ramasser. Quoi qu’il arrive, nous continueront à travailler, à essayer de construire le nouveau monde.