Thierry Crouzet

Michelangelo Antonioni

Je ne suis pas l’actualité comme vous le savez et je viens juste d’apprendre la mort d’Antonioni et celle de Michel Serrault.

Par PaccoPour moi, Antonioni fût un des plus grands artistes du XXe siècle, un de ceux dont l’avenir se souviendra. Je revois souvent ses films, notamment La Notte, L’Aventura, Profession reporter, Blow-up, Zabrisky point et ils me rendent heureux, ils me donnent envie de me mettre au travail, de ne pas laisser filer la vie. Picasso et d’autres géants me procurent souvent le même effet. Je ne connais pas de meilleure drogue.

Un peu triste, je lance une requête Antonioni sur Google. Je tombe sur la note Wikipedia, sibylline, comme si Antonioni était un nain. En seconde position, il y a une brève du Courrier International.

Après Ingmar Bergman et Michel Serrault, le cinéma pleure aujourd’hui un autre grand nom. Michelangelo Antonioni, 94 ans, est décédé lundi soir à son domicile.

Comment peut-on mettre sur un pied d’égalité deux des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma et un des acteurs de La cage aux folles. Serrault m’a fait beaucoup rire, c’était un bon acteur, un grand interprète… mais le comparer à Antonioni et Bergman est un sacrilège.

Nous vivons dans la plus totale confusion. La note Serrault sur Wikipedia est d’ailleurs bien plus nourrie que celle sur Antonioni.

J’ai poursuivi un peu mes recherches, trouvant partout les mêmes assimilations désastreuses qui témoignent de la prégnance de la société du spectacle.

Je lis par exemple que les films d’Antonioni sont si lents, si remplis de vide, qu’on y trouve le temps long. Pour moi, au contraire, ils débordent de toutes parts, j’ai envie de m’arrêter sur chaque image pour reprendre mon souffle.

Somme-nous en train de perdre l’habitude de voir et d’écouter ? Nous faut-il forcément des sujets explicites, grossiers, montrés du doigt ? Rien de nouveau, en fait, mais j’ai beaucoup de mal à l’accepter.