Thierry Crouzet

Histoires de murs

Samedi, j’ai enregistré ma conférence de Mouans-Sartoux avec mon mobile. Le son n’est pas toujours terrible mais je dis peut-être les choses de manière moins formelle que d’habitude et les questions orientent la discussion un peu dans tous les sens, ce qui n’est pas pour me déplaire. Je n’ai pas réécouté car je déteste ma voix.

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Après cette conférence, je me suis retrouvé à table à côté de Michel Maffesoli. J’espère que je reverrai bientôt ce prof de sociologie inclassable. Dans l’univers internet, nous sommes en train de mettre en œuvre son idée de réenchantement du monde. Il serait judicieux que nous confrontions ses théories aux nôtres.

Maintenant, je vais faire plaisir à Pacco qui exige que je révèle ma véritable nature. Alors que je parlais avec Maffesoli, j’ai remarqué qu’une jeune femme assise non loin de moi me regardait. Un peu plus tard dans l’après-midi, en déambulant entre les stands des éditeurs, je l’ai trouvée assise derrière une pile de romans. J’en ai acheté un en lui disant que c’était juste parce qu’elle était belle.

Elle m’a écrit en dédicace « Voici Christine, son âme, son cul et son mystère, encore plus grand… » Christine n’était pas le nom de la jeune femme. Elle signe Max Monnehay et son bouquin s’appelle Corpus Christine. Il m’est tombé des mains après quelques pages.

Pacco

Mais bon, si je ressemble au portrait que Pacco viens de faire de moi, je comprends pourquoi cette jeune romancière ne m’a pas donné son téléphone en dédicace. Comme je suis le plus fidèle des hommes, je ne sais d’ailleurs pas ce que j’en aurais fait. J’aurais invité la belle à une de nos rencontres parisiennes et je l’aurais mise entre les mains de Casabaldi pour qu’il la transforme en freeWOmen. Je sens déjà qu’Alex Karakartal va essayer de la contacter pour faire son portrait mais Thomas Clément est déjà passé par là il y a un an.

Sinon, j’ai fait une rencontre qui risque d’être bien plus féconde. Ce matin en quittant l’hôtel, je vois une dame âgée, droite et fière qui attend la navette pour se rendre à Mouans-Sartoux. Je lui propose de l’amener en voiture et nous papotons en chemin.

Son nom ne me dit rien : Susan Georges. Elle me raconte ses engagements du côté des alters, ses grandes idées… j’ai l’impression que ça connecte à toute vitesse. Nous nous garons. Elle remarque la plaque de ma voiture.

— Vous êtes de l’Hérault ? me dit-elle. J’ai une maison dans l’Hérault.

Cette maison se trouve à 5 minutes de chez moi ! Nous aurons donc l’occasion de discuter plus en profondeur. Il est urgent de connecter la liberté telle que je la définis avec la pensée alter qui elle aussi repose sur la liberté. Je crois que nous avons découvert les outils pour mettre en œuvre certaines de leurs idées.

J’ai juste écrit ce billet pour illustrer la sérendipité.