Thierry Crouzet

Le système de Thierry

Je vois dans les commentaires des gens qui critiquent mon système. Mais où ai-je exposé un tel système ?

Dans mon prochain livre, à la poursuite d’Ératosthène, j’explique même qu’il ne peut pas exister de système universel (logique je ne suis pas essentialiste) mais seulement des systèmes qui valent pour les individus qui les forgent (logique aussi vu mon attachement à la liberté).

Le système de Thierry suppose que chacun donne son avis, dit un commentateur.

Je n’ai jamais dit ça, j’ai même souvent écrit le contraire. Je reproche justement au système démocratique la nécessité pour tous de donner leur avis lors du vote. Non, je préfère un monde où seuls ceux qui en éprouvent le besoin donnent leur avis, ça fait souvent déjà beaucoup de gens. Ils ne le donnent pas à dates fixes mais quand la nécessité se fait sentir. On passe d’un mode rigide à un mode plus dynamique. La technologie nous donne cette possibilité.

La démocratie où nous participerions tous en même temps à chaque décision est une absurdité.

Que ce soit clair, le système de Thierry ne vaut que pour Thierry. Si des morceaux de ce système intéressent d’autres personnes, ils les piquent librement.

La viralité

Quand je parle de développement viral, je ne parle pas de marketing viral. Je ne fais pas du marketing. Le marketing a pour but de faire vendre. Je parle d’idées qui par leur force propre réussissent à se propager de proche en proche.

C’est alors à chacun de décider si l’idée l’intéresse, s’il veut l’enrichir, s’il veut la propager. Quand je parle du virus « Déchirons nos cartes de visite et parlons en notre nom », je ne manipule personne. Si à partir de ce blog, ce virus se propage, personne n’aura manipulé personne.

Quand Étienne Chouard a diffusé son argumentaire contre le TCE, il ne connaissait personne, il n’était jamais passé à la télé. Les gens ont choisi de propager son texte parce que ce texte leur plaisait.

Je ne suis pas sectaire

Si j’ai un système, c’est tout au plus celui de la prudence. Si une approche par le haut règle la crise mondiale, j’en serais heureux. Je milite pour une autre approche parce que je crois que cette approche par le haut souffre de maux rédhibitoires.

  1. Elle est déjà à l’œuvre et rien ne change.
  2. Elle est à l’œuvre depuis si longtemps que l’ont peut lui imputer la responsabilité de la situation contemporaine.
  3. Elle est lourde a mettre en œuvre car elle passe par des consensus difficiles à obtenir, sinon elle se transforme en autoritarisme.
  4. Une fois lancée, son inertie interdit les ajustements et surtout les revirements. Et les crises demandent justement beaucoup de souplesse.
  5. Elle n’est pas organique alors que nous sommes des organismes.
  6. Elle n’est pas adaptée à la résolution de problèmes complexes (ceux dominés par les feedbacks et où les parties ne sont pas plus simples que le tout).
  7. Elle a été imaginée en un temps de faible interdépendance et nous vivons une époque d’interdépendance massive.
  8. Elle est dispendieuse à cause des coûts exponentiels de la structure de management.
  9. Comme elle s’appuie sur des hiérarchies, elle ne favorise pas la discussion et la remontée des idées. Pour le dire autrement, elle n’est pas créative et nous avons besoin de créativité en temps de crise.
  10. Elle implique l’uniformité des solutions, ce qui rend le système vulnérable.
  11. En résumé, elle peut s’avérer pire que le mal. Et jusqu’à preuve du contraire, elle me le démontre tous les jours.

Cette méthode par le haut a théoriquement de nombreux avantages, le principal à mon sens étant que nous sommes habitués à elle. Mais justement il s’agit de changer nos habitudes. Quand au fait que cette méthode soit rapide et efficace, je n’y crois pas. Nous en avons depuis longtemps la démonstration. Il ne se passe rien. Elle ne peut être rapide et efficace que pour résoudre des problèmes dont nous connaissons déjà la solution.

Ses défenseurs se rassurent en croyant qu’avec elle nous contrôlerons ce qui se produira. Illusion. Nous ne contrôlons rien dans un système dominé par l’interdépendance. Nous devons le vivre, nous déformer avec lui, évoluer avec lui…