Thierry Crouzet

Au nom des hommes

Nous avons beau appartenir tous à la même espèce nous n’en sommes pas moins tous différents. C’est une chance. Quand nous nous rencontrons, nous avons toujours quelque chose à nous dire. Cette grande diversité de caractères fait que ce qui convient à certains ne convient pas à d’autres.

J’ai ainsi appris à mes dépends que le système pyramidal ne me convenait pas, à l’armée quand j’étais au pied de la pyramide comme plus tard quand je me suis retrouvé un peu plus haut dans la pyramide. Je sais que d’autres personnes aiment être encadrées, guidées, supervisées. Elles ne donnent le meilleur d’elles-mêmes qu’au sein d’une organisation stricte.

À cause de cette diversité, il ne peut exister d’organisation humaine universelle. Chacun en fonction de son caractère, de ses compétences, des moments de sa vie, s’épanouit dans des organisations de natures différentes.

C’est au nom des hommes que nous devons inventer de nouveaux modèles d’organisations en même temps que nous nous confrontons à de nouveaux types de problèmes. Si beaucoup d’entre nous souffrent à leur travail et au quotidien, n’est-ce pas parce qu’ils vivent dans une structure sociale qui ne leur est pas appropriée ?

Depuis bien longtemps, on nous a demandé d’entrer dans le moule, celui notamment des hiérarchies. Nous pouvons parfois nous y épanouir quelque temps mais beaucoup d’entre nous se fatiguent de cette logique. Que leur reste-t-il alors à faire ? Devenir des marginaux, des bons à rien, des déviants…

C’est une catastrophe qui a précipité la crise sociale que nous traversons. Collectivement, nous nous sommes privés de l’intelligence d’une grande partie des nôtres. On peut se sentir mal dans une structure pyramidale tout en étant capable de travailler avec les autres. Pour moi, Dee Hock en fit la démonstration magistrale en créant Visa International.

Sous prétexte que le modèle pyramidal est le meilleur, tous ceux qui ne l’acceptent pas se sont vus rejetés. En vérité, ce système n’est pas le meilleur. Le meilleur système n’existe pas dans l’absolu. Dans chaque situation, il faut choisir la solution qui nous semble la plus appropriée. Si nous n’avons qu’une réponse, c’est que nous manquons d’imagination. Alors nous nous faisons souffrir les uns les autres. Et si nous souffrons, nous ne réglons aucun de nos problèmes.

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