Thierry Crouzet

Dans ma tête ça gargouille

Maintenant que La quatrième théorie, L’alternative nomade, J’ai eu l’idée et même La tune dans le caniveau ne m’occupent plus guère, je commence à penser à la suite. Qu’est-ce que je vais écrire sur ce blog et ailleurs ? Je vous avoue que même si la polémique apporte du trafic, elle ne me passionne pas. Je me laisserai toujours tenter de temps à autre, nul n’est parfait, mais j’aimerais travailler dans la durée. Alors voici quelques pistes pour les mois et les années à venir.

L’informatique racontée à mes fils

Émile a trois ans, il maîtrise la souris. Timothée a cinq ans, il commence à lire et bientôt il naviguera sur le Web. Deux parfaits digital natives. Je n’ai pas envie qu’ils leur ressemblent, c’est-à-dire qu’ils ne comprennent rien aux ordinateurs. J’ai dans l’idée de leur raconter l’informatique, je dis bien raconter, pas expliquer. Ils sauront toujours utiliser les outils mais je pense qu’on ne les utilise bien que quand on sait comment ça marche.

Ce projet a pour mérite de me ramener dans un domaine où j’ai vendu beaucoup de livres. Je pourrais faire entrer un peu d’argent dans les caisses qui se vident peu à peu, tout en faisant quelque chose d’important pour mes enfants, et donc pour de nombreux autres. Isabelle a rédigé un projet. Il est déjà entre les mains d’Hatier. Nous allons le transmettre à d’autres éditeurs.

Ératosthène

Je n’ai pas renoncé à produire une énième version de ce texte qui m’occupe par intermittence depuis 2000. J’imagine le reprendre et en publier les chapitres sur le blog, pour m’imposer La stratégie du cyborg.

Une remarque en passant au sujet de la stratégie. Ce mini-essai a été édité en Italie. J’ai eu des articles dans la presse italienne, des blogueurs italiens en ont parlé, personne en France, sniff. Cela prouve simplement qu’un propulseur est indispensable pour pousser un texte. L’auteur seul, même plutôt bien connecté, en est incapable dans la plupart des cas. Les critiques ont encore besoin de l’aval d’une autorité extérieure avant de pouvoir s’exprimer.

Je ne peux pas être le propulseur de moi-même. J’ai bien propulsé Giono cet été, avec plus de 8 000 téléchargements sur iBookstore. Quand j’ai parlé des livres d’Ayerdhal, je ne crois pas en avoir fait vendre des centaines. Il faudrait que je propulse un texte gratuit de lui pour comparer le score avec Giono.

Les essais commentés

C’est un vieux projet qui me titille de plus en plus et qui pourrait très vite envahir ce blog. Lire Montaigne et écrire pas à pas sur son chemin. Reprendre les titres de ses billets, écrire ce qu’ils m’inspirent. Mon ambition serait de partir du « moi » pour aller au-delà, vers un moi étendu. Je suis toujours dans cette idée de cyborisation. Comment prolonger Montaigne ? Sujet casse-gueule, mais vital aujourd’hui.

Un thriller SF

Au final, j’aime bien raconter des histoires. J’ai dans la tête depuis quelques mois une histoire avec des extraterrestres qui nous envahiraient d’une manière originale. Ayerdhal me pousse à foncer. J’accumule de la documentation. J’ai en partie écrit La tune dans le caniveau pour poser mon style narratif, pour me débarrasser des habitudes prises avec les tweets de La quatrième théorie.

Une seule chose me freine encore. Comment associer cette narration et le blog. Je ne vois pas. J’ai proposé à quelques auteurs d’écrire un texte collaboratif suivant les mécanismes du jeu de rôle. Nous pourrions monter une belle équipe, mais je garde cette expérimentation pour un autre projet (et dont j’ai pas l’idée pour le moment).

J’ai imaginé une autre technique narrative collaborative : la densification. On prend une histoire très courte, une ou deux pages, puis on tente de remonter le temps, de voir ce qu’il s’est passé, on la creuse indéfiniment. Ce pourrait être le projet de tout un blog.

Au final pour mes extraterrestres, j’imagine quelque chose de plus intime. Un blog semi-privé où je publierais les chapitres une fois terminés. Il y aurait ainsi de la place pour l’interaction sans que ce soit aussi épuisant pour les lecteurs que lors de La quatrième théorie.

Les idées ne manquent pas, c’est tout le sujet de J’ai eu l’idée. Il reste à trouver la force de les mettre en œuvre, surtout de se laisser dévorer par une pour qu’elle fasse un temps oublier toutes les autres.

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