Thierry Crouzet

France, Puteaux : la dictature politique

Politique 2.0 57/83

Depuis dix ans Christophe Grébert se bat à Puteaux avec les moyens d’un citoyen contre des magistrats népotiques qui usent de ceux de l’État. Ils retournent notre propre argent contre nous.

Désespéré, Christophe vient d’envoyer le message suivant à ses amis :

À force de harcèlement judiciaire, MonPuteaux, 1er blog citoyen, pourrait s’arrêter 🙁

J’ai fait mes calculs : 4 procès en cours, 2 plaintes en instruction. Je dois 7 000 euros à mon avocat, j’ai été condamné à 6 000 euros dans le procès Musicarte (je fais appel), je dois 8 500 euros pour ma campagne cantonale 2011 (je vais me défendre au conseil d’État). Il y aussi le procès dans l’affaire du Canard enchaîné, ainsi que celui que m’intente la directrice de cabinet du maire UMP Joëlle Ceccaldi-Raynaud dans l’affaire des logements sociaux de Puteaux (article ci-contre publié ce matin dans Le Parisien des Hauts-de-Seine).

Au total, j’ai plus de 20 000 euros dehors, sans compter les futurs frais d’avocat. Je ne peux plus suivre. Je dois donc sérieusement envisager la fermeture de MonPuteaux.

Le 10e anniversaire de mon blog, le 1er mai prochain, pourrait aussi marquer son enterrement.

En démocratie, la liberté d’expression est en principe assurée, il n’y a pas de délit d’opinion, ni de censure. Mais il y a pire que cela : l’autocensure à laquelle les citoyens qui osent remettre en cause le système sont soumis. Cela prend la forme de menaces de plainte, de procès et de versement de dommages et intérêts.

J’en suis là aujourd’hui. Je n’ai plus les moyens de m’exprimer citoyennement.

Que faire ? Un don sans doute, mais nous ne rivaliserons pas contre la surenchère étatique. Notre système est gangrené, il se détruit lui-même, oubliant un fait fondamental : l’État, c’est nous et non pas les élus qui nous représentent.

Une fois en position, ils oublient presque tous cette vérité fondamentale.

Un jour, j’ai surpris l’ancien maire de mon village devant chez moi, je ne le connaissais pas alors, parler de chez moi comme si c’était chez lui. Il en était persuadé, et ce n’était pas loin de la vérité.

Que pouvons-nous faire dans le cadre légaliste ? Pas grand-chose, la légalité même nous interdit de la contester. Elle étouffe peu à peu le cinquième pouvoir pour rester la seule force vermoulue de notre pays. Elle a depuis longtemps postulé sa toute-puissance et notre impuissance.

Nous n’en sortirons que par une insurrection que j’espère pacifiste.

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