Thierry Crouzet

Michel Gueorguieff

Je n’ai rencontré Michel qu’une fois, un soir, au bord de la plage des Mouettes à Frontignan, entre une brasucade et une partie de pétanque avec boules en plastique. J’étais venu retrouver des amis auteurs, des amis de Michel. Ils célébraient le roman noir à l’occasion du FIRN. Avec eux, entre eux, se mêlaient des lecteurs, des amis, des fans, des curieux.

Je me suis senti emporté par une fraternité d’habitude étrangère aux salons « littéraires ». Cassée la vielle logique : les auteurs d’un côté, les lecteurs de l’autre. À Frontignan, Michel a organisé leur vraie rencontre, la seule possible, les doigts plongés dans la même sauce marine, tous partageant un moment de vie dans une générale bonne humeur.

Cette année, j’étais invité du côté des auteurs. Michel n’était pas là. Tout le monde parlait de lui. Espérait encore un rétablissement. L’humeur n’était pas au beau fixe. Mais il restait présent par l’idée du partage, de l’ouverture, du dialogue. Et tant que se renouvellera le FIRN, Michel nous accompagnera parce qu’il a initié une dynamique rare, presque unique, un vrai trésor, une flamme minuscule que nous devons attiser en son honneur chaque début d’été.

Michel Gueorguieff

Michel, lors du FIRN 2012, par Studiodelemotte.