Thierry Crouzet

Month One : je quitte Windows

Cuisine 28/52

Franchement, je ne comprends toujours pas pourquoi les gens sont aussi fanatiques du Mac. Pas de méprise, je ne regrette pas d’avoir acheté un Macbook Pro Retina en remplacement du Lenovo Yoga 2 Pro. Malgré quelques doutes épisodiques, c’était bien OneNote pour le dessin en mode tablette, le Macbook est sans doute le meilleur portable du moment, mais le Mac OS a autant de défauts que Windows.

Des choses simples sur un système sont compliquées sur l’autre et inversement. Pour le reste, les différences se sont peu à peu effacées avec les années. Mac OS est plus homogène que le bordélique Windows 8, c’est une certitude. Esthétique plus aboutie, affichage plus fluide. Mais quand je travaille sur mon traitement de texte, tout cela s’efface. Il reste le silence impressionnant du Mac. Je ne sais même pas si cette machine dispose d’un ventilateur.

À l’avenir, je serai un OS agnostique. Je choisirai la meilleure machine tout simplement. Et la meilleure machine je sais qu’elle doit être transformable comme le Yoga de Lenovo mais avec la robustesse en prime. Pour le reste, basculer d’un univers à l’autre ne nous demande qu’à nous habituer à quelques raccourcis clavier (innombrables sur Mac tant le clavier pour le coup est d’un design inepte). Utiliser fn+bacspace pour faire un suppr, c’est tout de même extraordinaire, vu le nombre de fois où on a besoin de suppr quand on écrit et corrige.

À force de donner la priorité au minimalisme, Apple nous a pondu un clavier si sobre que seuls les chiffres et les lettres y apparaissent. C’est d’ailleurs moins pire sur les claviers US que français, qui frisent la zénitude extrémiste.

Quand on dit que le Mac est simple, c’est faux. C’est simple tant qu’on reste dans l’usage prévu par Apple. Exemple, pour activer le clic droit de la souris, faut aller dans les préférences. C’est très intuitif tout ça, non ? En vérité, c’est comme Windows. Pas besoin de s’inscrire dans une chapelle ou dans une autre. C’est Steve Jobs qui a construit la sienne.

Côté logiciel rien du monde Windows ne me manque. J’ai même découvert pas mal de choses nouvelles, comme Day One pour la prise de notes journalisée. Une app équivalente existe peut-être sur Windows, mais elle ne s’était pas imposée à moi. Pour développer, j’ai trouvé le superbe Coda 2. J’ai testé pour écrire Ulysse III, sans être convaincu.

Tous ces traitements de texte New Age offrent des modes de saisies dépouillés très agréables pour l’écriture créative. En revanche, ils ne gèrent pas des choses élémentaires comme l’accentuation automatique des capitales en début de phrases. Bien des choses auxquelles on ne pense pas sous Word redeviennent fastidieuses.

Je l’ai déjà constaté lors de mon Day One sur Mac, les apps sont en revanche mieux intégrées à l’OS Apple. Je pense notamment à l’indispensable Antidote, accessible partout dans le menu contextuel. Voici une chose que je regretterai si je revenais sur Windows. Et de prendre conscience que
les apps sont la véritable différence entre les deux OS. Comme si Apple avait su imposer sa philosophie de perfection aux développeurs. Même Word est par certains côtés mieux fichu sur Mac. Notamment le mode écriture.

Un de mes gros soucis : la lenteur du convertisseur Thunderbolt vers RJ45. Chez nous, on est câblé Ethernet. Une Freebox sert de rooter. Les tests qui vantent le convertisseur Apple se trompent. Je télécharge deux fois moins vite avec mon Mac qu’avec un vieux portable Samsung qui intègre un port Ethernet. Et ça reste vrai avec un encore plus vieux Vaio sous Ubuntu. Et s’il fallait une preuve de plus, je retrouve un superbe débit quand je bascule le Mac en Wifi (qui ne passe pas dans mon bureau et pas envie de me manger des ondes inutiles avec un réplicateur).

Côté position de travail, j’ai pas mal tâtonné. Écrire toute la journée sur un portable, c’est tout simplement impossible. Déjà que je suis tordu, je me tords encore plus. Et je finis par avoir mal au dos. Pourtant le Mac en lui-même est confortable. Je m’enroule autour de lui plus intimement qu’autour d’aucun PC. J’aime cette sensation, en partie provoquée par le superbe trackpad qui rend inutile la souris.

J’ai donc tenté de travailler avec mon vieux moniteur Eizo 24 pouces. J’ai acheté une souris Apple et un clavier solaire Logitech, tous deux sans fils. Quelle déception. Même si le Mac gère merveilleusement le double affichage, avec une fluidité étrangère à Windows, je n’ai pas réussi à m’y faire. Quand on prend goût au Retina, on ne supporte plus que le Retina. Et d’autre part, je crois que n’ai plus envie d’un grand écran devant moi. J’ai besoin d’intimité, pas d’immersion.

J’ai donc acheté un support pour portable. De façon à relever le Macbook. Je pose le clavier et la souris devant. C’est presque parfait, sauf que le clavier Logithech a un touché un peu flasque, et qu’à l’usage le trackpad est plus agréable que la souris.

Vous le voyez, rien de bien extraordinaire. Basculer de Windows à Mac est en définitive un non-évènement. Je m’en étais fait une montagne, c’est un petit tas de boue inintéressant. Je continuerai sans doute à pester contre mon Mac sur les réseaux sociaux et j’appellerai encore à l’aide, mais je n’ai rien de plus à dire.

Il serait temps que je me mette à écrire un vrai livre avec cette machine. Je suis en ce moment embourbé dans l’édition des textes qui sortiront cette année (et cette saga-là nécessiterait à elle seule un livre, tant le monde de l’édition perd la boule). J’ai de plus en plus envie de dire merde à cet univers et de cultiver mon jardin numérique.

Mon Macbook sur son pied avec clavier Logitech et souris Apple positionnés dessous.

Mon Macbook sur son pied avec clavier Logitech et souris Apple positionnés dessous.

PS1 : Après deux jours de retour à la souris, j’ai mal à tous les doigts. C’est un instrument de torture. Une fois que tu goûtes au trackpad multitouch, tu ne peux plus t’en passer. J’ai donc redescendu le Mac de son perchoir. Je garde le clavier et la souris pour les rares fois où j’aurais besoin d’un grand écran.

PS2 : Un truc pénible, la perte de mes disques réseau. Exemple, ma bibliothèque Calibre est sur un disque attaché au NAS de ma Freebox. Je dois redéclarer le chemin chaque fois que je relance Calibre ou même tire le Mac du mode veille.