Thierry Crouzet

Cropped shorts: 0 Labo des ficelles: 1

Je viens de passer quelques jours à Paris, à faire le menuisier, ça c’est un message pour les décroissants qui me traitent de pur intello et me suggèrent de faire des choses avec mes mains. J’ai aussi vu des amis du Net et du hors Net.

short

Dès la sortie de la Gare de Lyon, j’ai remarqué une jeune femme superbe, avec un short ras les fesses dont la doublure des poches dépassait du short lui-même. J’ai trouvé ça grunge et intéressant. Je me suis dit que cette nana avait du chien pour ainsi avoir reconverti un vieux jean. Puis j’en ai croisé une autre avec un short semblable, dont la doublure des poches plutôt que laissée blanche était coupée dans un tissu à carreaux rouges. Et d’autres shorts, et d’autres shorts, je n’ai vu qu’eux durant mon séjour jusqu’à ce que la pluie et le froid poussent les longues jambes dans des fuseaux plus chaleureux.

Pauvre de nous. Pauvre d’elles. Quelle bêtise que la mode. Que vous avez l’air bête de vous imiter. Ce qui est magnifique sur une seule devient puéril et mièvre une fois sur toutes. Un véritable uniforme militaire. À donner envie de vous fuir à l’idée des inepties qui vous hantent pour que vous acceptiez de vous soumettre aux dictats de quelques caïds de la fringue.

Hipster-homeless

Les mecs ne sont pas en reste. Fameux hipsters clonés dans une usine clandestine des bords du canal de l’Ourq. Imaginez les enfants que fabriquera l’union d’un short à doublure débordante et d’un pantalon de toile à rabats retournés, pieds vautrés dans des espadrilles.

Et moi, quelle mode suis-je ? Parce que dénoncer reste facile. Avec mes t-shirts achetés au rabais, mes vulgaires Lévis, mes running, mes inséparables casquettes parce que je n’aime ni la pluie ni le soleil… Je dois être classifiable et le pire est sans doute de ne pas savoir dans quelle catégorie. J’ose avoir échappé à la bobotisation de ma génération.

Heureusement, j’ai terminé mon séjour parisien dans le squat de la rue Stendhal où Le labo des ficelles organisait une journée festive. Où des filles hors mode lisaient des contes écrits au passé simple dans une prose purement classique comme pour dénoncer le grand abandon de leurs congénères. L’évènement soldé par un concert époustouflant de The Bottlenecks, duo de guitaristes tout juste formé par Kieran Thorpe, chanteur des défunts Firedog Empire, magnifique retour aux sources du Rock garage, mix entre Television et Dire Straits, dont vous ne pourriez bientôt entendre parler et qui, à leur tour, feront la mode, peut-être enfin de la non-mode.

C'est là qu'il se passe des choses...

C’est là qu’il se passe des choses…