Thierry Crouzet

Pourquoi tenir un journal ?

« Je viens tous les deux ans à Nancy chez mes beaux-parents. Quand je n’y suis pas malade, j’y suis plutôt créatif. Ce matin, après avoir écrit un petit texte sur l’art du bref, je suis allé courir au bord du canal. Je maintiens la cadence à 12 km/h. » Lire la suite →

L’auteur qui maximise sa liberté

Blois est un grand jardin fleuri avec des alignements d’arbres qui ouvrent des perspectives sur des empilements de toits chargés de cheminées baroques, de chiens couchés, de mansardes où j’aimerais dormir et me réchauffer, parce que le soleil en cette fin avril est encore incertain, la brise glaciale et mon autonomie d’artisan en extérieur plutôt limitée. Alors j’avale les fleurs, les verts, les chants des oiseaux, je stocke tout ça pour quand je serai au chaud. Lire la suite →

Rumination d’un auteur en désamour avec les éditeurs

Le printemps s’abat sur nous en une tempête de lumière, de piaillements d’oiseaux et de senteurs. J’ai poussé Émile dans son fauteuil roulant jusqu’à son école et suivi la grande rue haute jusqu’au cimetière marin. Pour commencer, je me suis assis sur les marches de la grande chapelle, avec l’alignement des cyprès devant moi. La brise n’est pas assez puissante pour les bousculer. Seuls quelques lauriers frémissent. Lire la suite →

Demain il sera trop tard pour l’art d’aujourd’hui

J’en oublie qui je suis. Il faut que je marche dans Sète, grande rue Haute, avec la mer hachée au loin par les rues traversantes, les yeux plissés par les éblouissements du mistral, le bonnet de marin enfoncé jusqu’aux lunettes de soleil… alors je me replace dans mon espace, loin du bruit du Net, des interactions toujours un peu guerrières, jamais aussi belles que si nous étions là une dizaine assis derrière le rempart du môle Saint-Louis, avec pour point de mire un tanker posé sur la ligne de l’horizon. Lire la suite →

Jouer à l’écrivain national

Florac est une ville sans intérêt, et c’est peut-être dans ces villes qu’il se passe les choses les plus intéressantes. Je crois à cette théorie de la non-promesse non tenue. Lire la suite →

L’art de voir

J’ai trouvé. Ça commence par une photo croisée par hasard sur le Net. Puis je demande au desk de l’hôtel comment atteindre cet endroit. Prendre le tram 38, puis marcher. Me voilà sur les hauteurs de Vienne, dans le village de Grinzing, aux maisons colorées. Lire la suite →

Déambulations viennoises

Avant le début du congrès Semmelweiz, je me glisse dans le musée d’art moderne. Presque par erreur. Parce qu’il fait froid. Me voilà devant une expo pop art. Lire la suite →

La nature comme réseau social

Ciel bas à mon arrivée à Vienne, pluie, impression d’entrer dans Londres, sauf que les façades sont plus ostentatoires. Le souvenir de cette architecture me revient : hauts immeubles avec grandes fenêtres monotonement répétées sur quatre ou cinq étages. Murs grisâtre, jaunâtres, blanchâtre. Une ville acariâtre. Prenez le Trocadéro. Répétez-le à l'infini. Lire la suite →

Proust, cet idéaliste

À l’occasion d’une conférence, je me fais payer une petite escapade viennoise. Des avantages d’avoir du temps et d’être écrivain. Il faut bien parfois en tirer quelques bénéfices. Non, je ne me plains pas. Rien n’a plus de prix que le temps. Lire la suite →

Voir le monde comme un paysage

Au cours d’une conférence de l’écologue Philippe Martin, j’ai appris l’année dernière que je vivais dans la région d’Europe avec la plus grande biodiversité. Le midi. Nature façonnée par l’homme. Un grand jardin à la flore et la faune importées de l’Afrique du Nord, mixées avec celles de l’Europe du Nord, ce qui donne une combinaison unique. Alors, quand une journée ensoleillée de février tape à ma porte, pas question de manquer cette occasion de m’en aller dans la garrigue en quête des premières floraisons. Lire la suite →