Je suis entrain d’écrire la suite du peuple des connecteurs sous la forme d’un roman.

Son titre : Croisade

Son sous titre : La guerre civile a commencé, choisissez votre camp

Je viens de m’amuser à écrire une quatrième de couverture en m’inspirant de celle de l’édition J’ai lu 1977 de À la poursuite des Slans de A.E. Van Vogt. J’avais 14 ans quand j’ai lu ce livre qui m’a donné envie de faire la révolution.

Ma version de la quatrième :

« L’humanité a connu des périodes flamboyantes comme le siècle de Périclès ou la Florence des Médicis mais elles n’ont jamais perduré.

«Qu’arriverait-il si, au sein de l’humanité, se développaient une communauté infiniment mieux organisée que les autres, infiniment plus prospère, infiniment plus heureuse ? Ne serait-elle pas crainte, haïe, pourchassée, puisque supérieure et donc redoutable ?

«Justement, cette communauté existe : elle rassemble les connecteurs. Ils sont l’avenir de l’homme, le prochain stade de son évolution sociale. Homère, Lao Tseu, Bouddha, Spartacus, le Christ, Goethe, Tolstoï, Geronimo… furent parmi les plus connus des connecteurs. Aujourd’hui, leurs descendants, de plus en plus nombreux, s’organisent en un vaste réseau international. Voici leur histoire à travers celle de Kathe Hammer, leur plus sublime représentante. Traquée d’un bout à l’autre de la planète, elle triomphera néanmoins car rien ne peut arrêter l’évolution inéluctable de l’humanité. »

PS1 : Cette quatrième est bien sûr une parodie. Je me suis d’ailleurs dit que j’en écrirai d’autres de temps en temps.
La communauté supérieure dont je parle n’est surtout pas formée par les puissants officiels de notre monde. Au contraire, ils la craignent car elle préfigure le monde de demain où il n’y aura plus beaucoup de place pour eux et pour leurs exactions. Ils feront tout pour éviter justement qu’elle prospère.

Dans le livre de Van Vogt, les Slans sont pourchassés parce qu’ils sont différents, ils n’en forment pas moins une nouvelle société. Je crois que nous assistons à cela aujourd’hui. Nous sommes de plus en plus nombreux à dire que nous devons nous organiser autrement, à vivre différemment, à essayer de le faire chacun avec nos moyens… sinon nous savons que nous nous préparons un enfer. Si nous ne changeons pas, ça ne va pas le faire.

Mais la plupart des gens sont réticents à l’idée de changer (suffit de regarder les fonctionnaires). Ils savent que nous allons dans le mur mais ils ne veulent pas l’admettre. Il est peut-être pas impossible que ceux qui en ont assez de cette attitude forment une nouvelle société, qu’ils prennent leur destin en main.

PS2 : Malheureusement mes hommes libres ne sont pas du côté des croisés mais de celui des victimes. Ils ne préparent aucune croisade mais devinent qu’une croisade se prépare contre eux. Ils risquent bientôt d’être pourchassés par les partisans d’un nouveau féodalisme. J’ai envie d’écrire l’histoire des hérétiques qui essayeront de s’en sortir sans user des armes de l’adversaire mais en jouant celles de la fraternité.

C’est déjà ce que font les communautés pauvres en inventant des économies alternatives. C’est ce que prônent les partisans du développement durable. C’est comme ça que nous éviterons des catastrophes écologiques, en prenant chacun sur soi plutôt qu’en renvoyant la balle aux autres.

Je voudrais parler d’une guerre qui ne se produira jamais, un conflit qui se jouera en douceur et se terminera sans bain de sang.

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6 comments

  1. José says:

    post:La suite… (2006-04-20 16:58:11)
    4e de couv.
    Bonne idée, de faire un roman sur les connecteurs… Mais inquiétante, votre 4e de couv.

    Supérieure ? Redoutable ? Mieux organisée ? Plus prospère ?

    A reprendre vos qualificatifs, votre communauté ressemble furieusement à tous les maîtres du monde que Lao Tseu, Bouddha, le Christ, Geronimo ou Spartacus ont combattu, chacun à leur manière.

    Etes-vous sûr que vous ne décrivez pas là une mafia néo-nazie, une franc-maçonnerie capitaliste quelconque ?

    Et si l’on vous suit, est-ce par des êtres inférieurs, pauvres, mal organisés, malheureux, qu’elle est crainte, haïe, pourchassée ? Si c’est le cas, j’espère qu’ils vont la rattraper et lui faire sa fête, à votre communauté !

    Si ce n’est pas le cas, ce que je pense, il manque à votre 4e de couverture, quelque chose qui, comment dire ?, nous éloignerait des visions manichéennes des mauvais romans de gare, du type Les forces du mal, du célèbre romancier George W. Bush ; quelque chose de plus littéraire, de plus complexe ou, simplement, de plus humain… 😉

  2. tcrouzet says:

    Cette 4eme est bien sûr une parodie. Je me suis d’ailleurs dit que j’en écrirai d’autres de temps en temps.
    La communauté supérieure dont je parle n’est surtout pas formée par les puissants officiels de notre monde. Au contraire, ils la craignent car elle préfigure le monde de demain où il n’y aura plus beaucoup de place pour eux et pour leurs exactions. Ils vont tout faire pour éviter justement qu’elle prospère.
    Dans le livre de Van Vogt, les Slans sont pourchassés parce qu’ils sont différents, ils n’en forment pas moins une nouvelle société.
    Je crois que nous assistons à cela aujourd’hui. Nous sommes de plus en plus nombreux à dire que nous devons nous organiser autrement, à vivre différemment, à essayer de le faire chacun avec nos moyens… sinon nous savons que nous nous préparons un enfer. Votre post sur le pétrole le dit bien. Si nous ne changeons pas, ça ne va pas le faire.
    Mais la plupart des gens sont réticents à l’idée de changer (suffit de regarder les fonctionnaires). Ils savent que nous allons dans le mur mais ils ne veulent pas l’admettre.
    Il est peut-être pas impossible que ceux qui en ont assez de cette attitude forment une nouvelle société, qu’ils prennent leur destin en main.

  3. Thierry Groussin says:

    post:La suite… (2006-04-20 16:58:11)
    Vous avez dit "Croisade" ?
    Bonjour Thierry !
    Le récit m’intéresse mais le titre ne me semble pas dans l’esprit. Répondre à la violence par la violence c’est se faire le semblable de celui qu’on veut combattre. La croisade est le paradoxe le plus écoeurant que je connaisse: au nom de leur Dieu d’amour et d’un code qui a prescrit "Tu ne tueras point", les chrétiens ont cultivé la haine et le meurtre, fait couler le sang. Le mémorialiste de la prise de Saint-Jean d’Acre s’extasiait que dans les rues, au soir de la bataille, on marchât dans le sang jusques aux chevilles! Si je hais celui qui me hait, je ne fais qu’accroître le volume de haine dans le monde. Si je tue, je grossis les rivières de sang que l’Histoire a déjà fait coûler.
    Je pense que les moyens et les stratégies d’une nouvelle révolution doivent se démarquer, car à force d’employer les mêmes que l’adversaire on finit par avoir les mêmes fins que lui, quoi qu’on en croie.
    Mais je ne vous suspecte pas d’être dans cette logique. Je pointe seulement les images associées à un mot. Et si on parlait de Non-croisade ? Après tout, avec le Monde des Non-A cela peut faire bon ménage!

  4. tcrouzet says:

    Malheureusement mes hommes libres ne sont pas du côté des croisés mais de celui des victimes. Ils ne préparent aucune croisade mais devinent qu’une croisade se prépare contre eux. Ils risquent bientôt d’être pourchassés par les partisans d’un nouveau féodalisme.
    J’ai envie d’écrire l’histoire des hérétiques qui vont essayer de s’en sortir justement sans user des armes de l’adversaire mais en jouant celles de la fraternité.
    C’est déjà ce que font les communautés pauvres en inventant des économies alternatives. C’est ce que prônent les partisans du développement durable. C’est comme ça que nous éviterons des catastrophes écologiques, en prenant chacun sur soi plutôt qu’en renvoyant la balle aux autres.
    Je voudrais parler d’une guerre qui ne se produira jamais, un conflit qui se jouera en douceur et se terminera sans bain de sang.

  5. Casabaldi says:

    post:RE:RE:La suite… (2006-04-20 16:58:11)
    Casabaldi
    je suis assez d’accord (mais pas complètement évidemment 😉 avec les commentaires ci-dessus, mais j’ai néammoins peur que nous ne puissions faire l’économie d’une certaine violence.
    Entendons-nous bien, je ne suis pas un "va t-en guerre" et je ne prône pas le terrorisme, pas du tout.
    Simplement je pense qu’il y a des cas où lorsque la violence a DEJA commencé, seul le combat est possible. Je dis volontairement le "combat", et, pour moi celà comprend les "modes opératoires" pronés par des Gandhi ou Luther King (non-violence, désobéïssance civile, etc.).
    Mais ne nous y trompons pas, ce sont, y compris la "non-violence", des modes d’actions violents (au moins pour ceux qui les emploient) !
    D’autre part, lorsque la guerre a DEJA commencé (et je prendrais ici l’exemple de la résistance), j’ai bien peur que seule la confrontation puisse y répondre.

    Or, je crois (et je suis loin d’être le seul) que cette guerre est déjà en cours. Que l’agression à laquelle font face aujourd’hui la planète et une bonne partie de l’humanité est unique à l’échelle de l’histoire humaine.

    Que la quatrième guerre mondiale (pas celle dont on fait des pubs), l’AUTRE, a DEJA commencé !
    Que les hommes libres sont effectivement en train de tisser des liens étonnants, improbables, déconcertants, entre eux à travers la planète.

    Je ne prendrai en exemple de cette "convergence" que ces quelques lignes (le jeu est d’en trouver l’auteur ; l’idée étant que justement ça pourrait bien être n’importe quel "homme libre", y compris des gens qu’on croit souvent éloignés "idéologiquement".)

    PREMIEREMENT. Si dans la politique « ancienne » (c’est-à-dire depuis l’Athènes grecque jusqu’aux républiques modernes), l’État était la « mère » de l’individu et le sein dans lequel la société prenait racine, croissait et se reproduisait, dans le monde globalisé, l’État ne peut plus remplir cette fonction. L’individu n’a plus de raison de se référer à une patrie, une culture, une race ou une langue. Le ventre maternel est maintenant une méga-sphère que certains appellent encore « planète terre ». Le citoyen n’est plus le membre de la polis, mais le navigant de la méga-polis, et il a donc besoin d’ « autres » connaissances et moyens que l’État national ne peut lui offrir.

    DEUXIEMEMENT. De la même façon, les « hommes d’État », ces super-hommes auteurs de citations classiques, de guerres, d’empires, de lois et de répressions n’existent plus en tant que tels. Ce vieil « entraînement » interne qui existait dans les classes politiques pour préparer leurs membres à se révéler les uns aux autres, est obsolète. Les moyens de la politique classique (art oratoire, habileté à diriger, sensibilité, modération, connaissance historique, philosophie, jurisprudence, relation adaptée) relèvent aujourd’hui de la nostalgie du cirque. Le protocole du pouvoir, ce mélange complexe de signaux et d’attitudes ne s’apprend ni ne s’exerce plus à l’intérieur de l’état.
    (…)
    SEPTIEMEMENT. Ces phénomènes de résistance (« bourses de résistance » comme nous les appelons pour les opposer aux « autres » bourses, celles des valeurs) essaient de trouver un lien avec des phénomènes semblables dans d’autres parties du monde. Les super-autoroutes de l’information conçues pour faciliter le flux des marchandises et de l’argent commencent à voir (non sans frayeur) qu’elles sont empruntées par des vieilles charrettes, des bêtes de somme et des piétons qui n’échangent ni marchandises ni capitaux, mais quelque chose de très dangereux : des expériences, des soutiens mutuels, des HISTOIRES.

    Qui pourrait être l’auteur de ces lignes ?
    Thierry Crouzet ? pourquoi pas ?
    Un ponte visionnaire de l’Internet ? why not ?
    Un auteur de SF ? possible.
    Et bien c’est le Sous-commandant Marcos…

    (intégrale dispo ici :
    http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=743&var_recherche=marcos )
    Voir aussi, sur le thème de l’autre "quatrième guerre mondiale", ça :
    http://www.monde-diplomatique.fr/1997/08/MARCOS/8976
    (et ça date de… 1997 !)

  6. Thierry Groussin says:

    post:RE:RE:La suite… (2006-04-20 16:58:11)
    ça me va bien
    Je m’en doutais, mais je souhaitais en être sûr.
    Je pense que ce sont les moyens souvent plus que les fins qui nous distinguent de ceux que nous combattons.
    Nietzsche: Choisis bien ton adversaire, tu finiras par lui ressembler !
    S’intéresser au processus…

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