Un lecteur ma demandé si j’aurais quelque chose à dire au sujet des connecteurs à des DRH. La question m’a surpris mais je me suis vite dit que les DRH devaient savoir au moins une chose : parmi leurs employés, il y a sans doute des connecteurs. Même si beaucoup de connecteurs sont des indépendants ou des entrepreneurs, de nombreux travaillent dans les petites et les grandes entreprises. Un DRH ne peut pas ignorer l’existence de ces connecteurs salariés, surtout s’il veut mettre à profit leur fantastique potentiel.

Comment reconnaître un connecteur ?

Il se moque du code vestimentaire. Il s’habille comme il l’entend, c’est à prendre ou à laisser. Le plus souvent vous ne le verrez pas au bureau, il travaille depuis chez lui, peut-être est-il même dans un café avec son portable. Il ne fait pas de différence entre son travail et sa vie. Il veut s’y épanouir également, sans dichotomie.

Comment imposer des horaires à un connecteur ?

Il n’a pas de montre. Seul son mobile lui rappelle ses rendez-vous auxquels il attache une grande importance car ils sont l’occasion de faire des rencontres, d’établir de nouvelles connexions.

Comment manager un connecteur ?

Il ne respecte pas les hiérarchies, pas plus les voies de communication traditionnelles, tout cela n’a pas de sens pour lui. Il ne respecte aucune autorité sinon celle de celui qui lui délivre de nouvelles informations. J’étais en stage de troisième année d’école d’ingénieur quand j’ai découvert que cette insensibilité aux hiérarchies pouvaient créer quelques problèmes : mon directeur de stage n’a jamais digéré de me voir jouer au tennis avec son directeur à lui.

Comment gérer un connecteur ?

Il est ingérable, il faut lui laisser toute liberté, le laisser interagir avec ses collègues, le laisser exprimer sa créativité, ne lui imposer aucune règle sinon se mettre d’accord avec lui sur quelques objectifs.

Comment garder un connecteur ?

Son goût pour la liberté le poussera à vous quitter, en attentant évitez qu’il ne s’ennuie, embauchez d’autres connecteurs. Ensemble ils s’auto-organiseront et feront des miracles.

Comment tirer profit d’un connecteur ?

Comme il est connecté, il connait virtuellement tout le monde à travers les autres connecteurs de son réseau. C’est un fantastique agent de développement de réseau, un spécialiste du réseautage. Pensez à lui avant de recruter. Par ailleurs, il adorera prendre en main les problèmes qui effraient les autres employés. Il adore la complexité, il sait qu’il ne faut pas l’aborder avec la méthode cartésienne mais par une approche plus intuitive.

Comment attirer un connecteur ?

Donnez à ceux que vous employez déjà tous les moyens de communication possible. Ne restreignez ni leur accès internet, ni leur ligne téléphonique. Achetez-leur des mobiles de pointe, des portables de pointe, tous les outils qui les aideront à multiplier les liens avec les autres connecteurs.

Comment comprendre un connecteur ?

Est-ce possible ? Ils différent tous les uns des autres. Vous ne les recruterez d’ailleurs pas à la sortie des grandes écoles, ils ont plutôt le profil d’auditeurs libres qui se constituent des cursus sur mesure.

Comment virer un connecteur ?

C’est très simple, vous lui faites un chèque et il vous remerciera. Un connecteur sait très bien que la notion d’emploie à vie n’a plus aucun sens dans notre société qui évolue exponentiellement. Il a confiance en son réseau, il sait qu’il retombera vite sur ses pieds. Et comme il déteste les parties, les syndicats, les manifestations, il ne vous causera aucun ennui. Il vous suffira d’être généreux.

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3 comments

  1. Droopy 2.0 says:

    post:Que dire à des DRH ? (2006-04-24 08:07:59)
    Un connecteur, dans le boulot?
    Encore une notre nombriliste, mais je m’en fous, j’aime bien. Pour le ou la seule qui est déjà passée (s’est perdu-e ?) par ici, mon livre number one de maintenant que j’ai, c’est le peuple des connecteurs, écrit par un [<a href="http://grosvinz.typepad.com/droopy_20/2006/05/un_connecteur_d.html">Lire la suite</a>]

  2. fbrahimi says:

    En management la question de l’acceptation de la différence et de l’application d’une gestion individuelle passe aussi par la connaissance de soi et de l’autre et de facto de notre relation au travail en situation “calme” et de stress. Nous avons tous des modes de travail différents: besoin de réflexion dans le calme, besoin d’interaction, besoin d’en parler ou d’écrire, de passer de suite à l’action pour corriger dans la pratique… Le management de la gestion des ressources humaines est de plus en plus sollicité et partagé entre les besoins individuels et collectifs, les attentes sociales et économiques et les contraintes juridiques, sociétales et environnementales… Trouver la position “juste”, le “milieu” pour faire converger les demandes des salariés, des représentants des salariés, des managers, des actionnaires et des clients supposent des processus de travail commun et une compréhension des différents types de personnalité. A chaque personnalité correspond un environnement, une approche, des process, des représentations mentales…Toute la complexité est de mixé ces différences en accord avec les objectifs du groupe et de l’individu. Et plus l’entreprise est grande et plus les dissonances, les synergies, les paradoxes sont grands et multiples. C’est en cela qu’en tant que coach et manager dans la gestion des personnes, je suis convaincue que plus individuellement et collectivement nous apprenons à nous connaître plus il est possible de travailler ensemble dans le respect des différences. Cela passe par des choix et faire des choix c’est aussi accepter à renoncer. Le « management Web 2.0 » inspiré du management participatif porté par les pratiques du coaching d’équipe sera lui aussi confronté à ces questions. Le connecteur ingérable pour poursuivre sa mission de « connecteur » se réfère lui aussi à des règles communes. Car comme le précisait Rousseau (Du contrat social) : « l’homme est né libre et partout il est dans les fers ». Autrement dit, nous choisissons nos espaces de liberté et d’enferment à nos croyances, à nos principes…à nos choix tout simplement.

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