La droite libérale entend donner à tous une plus grande liberté d’entreprendre (ce que je souhaite) tout en cherchant à policer la société (ce que je déplore).

Dun côté on dit plus de liberté, de l’autre moins de liberté. C’est un discours schizophrène. Comment accorder de la liberté d’un côté en la retirant d’un autre ? Je ne vois guère qu’une solution : en favorisant une classe sociale par rapport à une autre. Le discours schizophrène risque de provoquer une fracture sociale irréparable.

Quand on est pour la liberté, ce qui est mon cas, on est pour la liberté de tous et dans tous les domaines. Par exemple, on ne peut pas être libéral en économie et pas libéral dans les mœurs. Un vrai libéral ne peut qu’être pour le mariage des homosexuels. Il est impossible d’établir des zones de liberté avec sur leur frontières des murs infranchissables.

Il y a un bug dans le discours de la droite libérale. Il y en aussi dans celui de la gauche, mais c’est une autre histoire.

PS1 : Pour moi, le mariage ne réduit pas la liberté mais l’augmente. En tout cas, telle est mon expérience de la vie de couple. Si ce n’était pas le cas, je ne vois pas pourquoi les gens resteraient ensembles. Que tous ceux qui jugent que leur couple réduit leurs libertés se séparent immédiatement !

PS2 : Si pour nous la liberté est la valeur supérieure, nous devons essayer de la renforcer, de faire que rien ne vienne l’altérer. Ma liberté, ce n’est pas seulement la mienne, c’est la notre. Donc en réduisant la liberté d’un autre, en le tuant par exemple, nous nous opposons à la liberté comme valeur supérieure au profit de notre seule liberté égoïste.

PS3 : Au fond de moi, je ne crois pas que la liberté puisse être la valeur supérieure. C’est pour ça que je crois à la nécessité d’une déclaration d’interdépendance. La liberté y apparaît comme une nécessité mais elle est, elle-même, soumise à l’interdépendance. En plus, l’interdépendance n’est pas un principe supérieur, c’est juste une constatation dont il faut tirer les conséquences. C’est un peu comme avec le réchauffement climatique. Il est là. Qu’est-ce qu’on fait ? Et dans ce cas, on doit faire quelque chose de toute urgence justement parce que nous sommes interdépendants. Nous ne sommes plus libres d’ignorer le réchauffement climatique.

PS4 : Le bug, c’est justement que les hommes politiques ne sont jamais libéraux. Ils utilisent le libéralisme quand ça les arrange. Un politicien n’est d’ailleurs jamais libre.

PS5 : Chez le wiki des libéraux, je lis : « La liberté est définie de manière négative comme l’absence de contrainte exercée par les autres individus, ou de façon positive comme le droit d’agir sans contrainte dans la limite des droits légitimes des autres. » Cette définition doit être élargie, elle doit intégrer la biosphère, toutes les formes de vie. Le respect doit dépasser celui des seuls individus humains vivant aujourd’hui. Il doit prendre en compte l’avenir. Il doit tenir compte de l’interdépendance. C’est dans ce seul cadre que nous sommes totalement libres. Mais c’est un cadre assez restrictif tout de même.

11
Ne manquez aucun article
Soutenez mon travail en achetant mes livres.

11 comments

  1. julien says:

    un libéral ne serait pas contre toute forme de mariage ?

  2. Pour moi, le mariage ne réduit pas la liberté mais l’augmente. En tout cas, telle est mon expérience de la vie de couple en général. Si ce n’était pas le cas, je ne vois pas pourquoi les gens resteraient ensembles. Que tous ceux qui jugent que leur couple réduit leurs libertés se séparent immédiatement !

  3. José says:

    Et qu’est-ce qui se passe si j’ai une furieuse envie de tuer un libéral, non sans lui avoir auparavant fait subir quelques menues tortures ? J’exerce ma liberté ou pas ?

    Si oui, c’est cohérent ; si non, y aurait pas un bug dans ce principe de liberté absolue. N’y aurait-il pas, dans toute vie sociale, des valeurs “supérieures“ ou, au moins, contradictoires avec de principat de liberté ?

  4. Si la liberté était la valeur “supérieure”, tu devrais essayer de la renforcer, de faire que rien ne vienne l’altérer. La liberté, ce n’est pas seulement la tienne, c’est la notre, la mienne aussi. Donc en réduisant la liberté d’un autre, en le tuant par exemple, tu t’opposes à la liberté comme valeur “supérieure” au profit de ta seule liberté “égoïste”.

    Je dis ça pour répondre… mais au fond de moi je ne crois pas que la liberté puisse être la valeur supérieure. C’est pour ça que je crois à la nécessité d’une déclaration d’interdépendance. La liberté y apparaît comme une nécessité mais elle est, elle-même, soumise à l’interdépendance.

    En plus, l’interdépendance n’est pas un principe supérieur, c’est juste une constatation dont il faut tirer les conséquences. C’est un peu comme avec le réchauffement climatique. Il est là. Qu’est-ce qu’on fait ? Et dans ce cas, on doit faire quelque chose de toute urgence justement parce que nous sommes interdépendants. Nous ne sommes plus libres d’ignorer le réchauffement climatique.

  5. José says:

    Thierry, prenant un cas extrème, j’ai volontairement confondu “ma“ liberté avec “la“ liberté. Les deux ne méritent peut-être pas la même considération ou le même traitement, non ?

    Mais, du coup, appliquée au monde l’économie ou de la politique, cette petite distinction amène à condamner fermement ceux qui, au nom de leur liberté, rebaptisée liberté des marchés, liberté d’entreprendre, etc, se prennent pour Tarzan dans les jungles urbaines et piétinent sans vergogne la liberté des autres et la liberté tout court.

    PS – Autre chose. Il faut vraiment que tu expliques comment marche bonvote.com (critères, etc) : à regarder les histogrammes, je n’ai publié que 5 posts en une semaine, alors que je dois plutôt en être à 18. Normal ? Par ailleurs, je fais, petit à petit, un tour des “blogs politiques“. Il y a à boire et à manger, voire à rendre : qu’est-ce qu’un “blog politique“ ?

  6. Je suis d’accord avec toi pour la liberté. Je ne suis pas un libéral. Ils s’approprient la liberté pour mieux nous l’enlever. Sinon je m’attaque ASAP à la définition de blog politique… Lemeur vient de parler de bonVote et Vincent a pas mal défini ce qu’était qu’un blog politique dans son commentaire. Je vais partir de là.

  7. Dilbert says:

    Il ne vous est pas venu à l’esprit que la droite n’était finalement peut-être pas libérale ?

    Ou que vous aviez peut-être une notion erronée du libéralisme ?

    Un politicien n’est JAMAIS libéral, car ce serait pour lui se saborder, et reconnaître qu’il ne sert à rien, sinon à parasiter la société civile.

    Sur la liberté, je ne peux que vous recommander ce lien:
    http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Libert%C3%A9

    Moi je suis un libertarien, c’est à dire plus libéral qu’un libéral…

  8. Cette différence entre le libéralisme politique et le votre est claire pour moi, il me semble en tout cas. Le bug, c’est justement que les hommes politiques ne sont jamais libéraux. Ils utilisent le libéralisme quand ça les arrange.

    Pour moi aussi, un politique n’est jamais libre. C’est pour ça que je suis pour un engagement de chacun au niveau local. C’est pour ça que je ne suis pas un adepte des principes supérieurs.

    Sur votre wiki je lis : « La liberté est définie de manière négative comme l’absence de contrainte exercée par les autres individus, ou de façon positive comme le droit d’agir sans contrainte dans la limite des droits légitimes des autres. » Cette définition doit être élargie, elle doit intégrer la biosphère, toutes les formes de vie. Le respect doit dépasser celui des seuls individus humains vivant aujourd’hui. Il doit prendre en compte l’avenir. Il doit tenir compte de l’interdépendance. C’est dans ce seul cadre que nous sommes totalement libres. Mais c’est un cadre assez restrictif tout de même.

  9. Dilbert says:

    Je suis assez d’accord avec votre conception de la liberté, seulement elle dépasse le cadre strict du droit, qui est le cadre du libéralisme, en tant que philosophie du droit (le libéralisme n’est pas une philosophie au sens large, il laisse tous les champs ouverts de ce point de vue).

    Pour penser et rendre possibles les interactions sociales, on adopte donc une définition de la liberté qui est très restrictive (celle que vous avez relevée dans le wiki), qui n’est même pas philosophique, car si on va trop loin dans la philosophie, on risque le désaccord, le conflit, ou l’incompréhension.

    Votre conception de la liberté est nettement plus holistique, mais elle n’est pas en contradiction avec le libéralisme, qui n’offre qu’une base éthique minimale, que chacun complète comme il veut.

    Un des “axiomes” du libertarisme est l’axiome de non-agression :
    http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Axiome_de_non-agression
    On pourrait élargir cet axiome comme vous le proposez (intégrer la biosphère…), et en tant que bouddhiste j’essaye moi-même de faire ça, plus ou moins, à mon niveau.

  10. Carl says:

    Tout a fait d’accord… pour moi le bug dans droite libérale, c’est droite…
    Pourquoi limiter le concept de la main invisible a l’économie ?
    et pourquoi pas ds le social ? religieux, etc ?

  11. benoit says:

    Carl, en quoi la droite serait elle cantonnée à l’économie? En d’autre part comment parler économie sans parler du social? Il est simpliste de résumer des sujets aussi vastes à leur concepts de base: en politique on sait que tous ces sujets sont liés.

    Quand on parle d'”ascenseur social”, c’est certes via des mesures économiques que l’on peut le créer ou non.
    Quand la gauche créé les 35h, c’est tout autant social qu’économique.

    Pour moi les deux sont très liés et donc la droite aussi bien que la gauche ne peuvent faire l’impasse d’une analyse gloable de leur action sur l’un et l’autre sujet.

Comments are closed.