Je croise beaucoup de sceptiques quant à mes idées. Ils voudraient que je définisse exactement tout ce dont je parle. Je comprends leur désir d’éclaircissement. C’est pour ça que je reformule souvent les mêmes idées. J’ai parfois l’impression d’être devenu un homme politique.

Par rapport aux définitions, ma position est simple. Je me refuse à perdre du temps à définir. Je me contente de définitions approximatives, avec pas mal du flou sur les contours, ce qui laisse une grande liberté pour étendre les concepts. Je me suis déjà expliqué à ce sujet en évoquant Wittgenstein.

Il ne faut surtout pas résumer la pensée de Wittgenstein au Tractatus. C’est une œuvre de jeunesse, beaucoup étudiée certes, mais que Wittgenstein renia plus tard. Dans le Tractatus, Wittgenstein est un logicien, il croit à la logique, il croit encore qu’elle peut venir à bout de tous les problèmes. C’est pour cette raison qu’il termine avec la fameuse proposition 7 :

Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.

Plus tard, il comprend que c’est tout le contraire. Ce dont on ne peut parler, c’est l’essentiel, c’est l’art, c’est la vie. Il cherche alors à démontrer que définir est impossible, donc que, s’il fallait appliquer le Tractatus, on ne pourrait plus parler de rien.

Mais je vois que ma volonté de laisser les définitions ouvertes peut se retourner contre moi. Par exemple, Jcm transforme mes non-définitions pour me faire dire ce que je n’ai pas dit, pour me faire dire des choses qui sont facilement critiquables.

Qu’est-ce que j’entends par global. Mondial ? Non. Pour le coup, j’en reste au sens le plus banal. Celui du Robert :

Qui s’applique à un ensemble qui est pris en bloc. Complet, intégral.

Donc quand je parle d’action globale, tout dépend de l’ensemble considéré. Si je discute d’écologie, cet ensemble peut être le monde. Mais si je discute du chômage, il peut n’être que la France ou même une région. À mes yeux, une action globale s’applique à un ensemble de lieux et de gens. C’est ainsi que je l’oppose à local. Une action locale se déroule à un endroit précis et elle n’implique que quelques individus, voire un seul individu.

Quand ma femme ramasse des papiers dans les rues, elle effectue une action locale. Quand nous roulons avec notre voiture, nous polluons localement. Et quand nos pollutions se cumulent, elles deviennent globales. Quand les gouvernements européens prennent des directives, elles sont globales, applicables en tout lieu de l’union.

Maintenant qu’en est-il du traité Kyoto ? Je ne suis pas plus contre lui que contre la convention de Genève. Je crois même que des initiatives de ce genre nous donnent une idée de ce que doit être une gouvernance mondiale. À mes yeux, Kyoto n’est pas une action globale mais un appel à réduire les gaz à effet de serre. Il ne nous dit pas comment réussir cette réduction, donc quelles actions adopter.

Pour répondre à l’appel de Kyoto, plusieurs approches peuvent être envisagées.

  1. Nous pouvons prendre des mesures globales, comme imposer des filtres sur les échappements de tous les véhicules.
  2. Chacun de nous peut essayer de dégager moins de gaz à effet de serre.

Ces deux approches ne sont pas antinomiques. Je pense juste que la première ne marche pas ou marche mal. Pour preuve, rien ne change au niveau global. Kyoto a dix ans et la pollution empire toujours. Pire, c’est à cause de décisions globales qui ne marchent pas que nous en sommes dans notre situation actuelle. Comme dans un monde complexe personne ne peut anticiper les conséquences des actions globales, même les mieux intentionnées en apparence, elles sont dangereuses.

Pour moi, la source de tous nos maux, c’est de croire que nous pouvons prévoir l’avenir d’un monde complexe, que nous pouvons le contrôler. Que nous puissions modéliser les systèmes complexes ne nous aide pas pour autant à nous projeter dans leur avenir. Nous n’avons pas d’autres choix que d’attendre que le temps passe. Je me suis évertué à expliquer ce point dans Le peuple des connecteurs. C’est pour moi un point capital. Il soutient tout ce que je dis. On ne peut pas prévoir.

Par exemple, en disant qu’il faut mettre des filtres sur tous les échappements, on est capable d’aggraver le problème qu’on espère solutionner si par malheur les filtres dégagent une forme de pollution imprévue. J’écrirai dans les jours prochains un article à ce sujet, avec un exemple sur les éoliennes. Au contraire, si nous adoptons des solutions locales, donc diverses, il est plus facile de faire marche arrière lorsque des difficultés surviennent.

Croire que nous pouvons diriger et contrôler est typique de l’âge industriel. Se morfondre parce que le monde est dans un état déplorable, un état où l’a plongé l’âge industriel et espérer l’en sortir en appliquant les méthodes coupables, c’est schizophrène. Nombreux sont les citoyens qui pensent de la sorte. Voilà pourquoi les choses vont de mal en pis.

PS1 : Une mesure globale doit fixer une direction. Par exemple : consommer moins. Elle ne doit pas imposer une façon de le faire sinon ça deviendrait dangereux, ça couperait toute initiative. Fixer la direction, l’objectif, est un travail de sage, il est nécessaire.

PS2 : Un de mes lecteurs qui ne semble pas me comprendre a refusé de discuter en face-à-face avec moi. C’est dommage. C’est par la conversation que passe le non-dit, que les vérités circulent… L’écrit est lent. Je suis incapable pour répondre par écrit à quelqu’un de répéter ce que j’ai déjà écrit ailleurs. J’essaie de répondre en m’appuyant sur mes anciens textes, sans négliger les idées de mes commentateurs tout en essayant d’éclaircir les miennes. Mais je n’ai jamais cherché à convaincre qui que ce soi de quoi que ce soi.

Ce lecteur qui refuse le dialogue me reproche de ne rien proposer de concret. En fait, je propose des méthodes qui ne lui plaisent pas. Il ne veut pas les voir. Je parle de Dee Hock, de ses accomplissements, il semble ne pas m’entendre. C’est un adepte du contrôle, pour ne pas dire du dirigisme étatique, il croit encore à la méthode qui nous mène à la catastrophe. Je me sens désarmé en face de lui.

Quand je critique, l’approche globale, il me dit qu’il faut du global et du local. Je ne suis pas d’accord. Personne n’est assez malin pour décider globalement pour tous les autres. Le problème est là. Que des gens aient réussi à nous le faire croire pendant des lustres est la cause de tous nos maux. Le global doit nous servir de guide pas nous dire ce que nous devons faire et comment le faire.

Nous sommes dans un situation critique à cause d’une méthode de pensée vieille de 400 ans, nous devons penser autrement, sinon nous ne réglerons pas les problèmes induits par cette façon de penser. Pour moi, il n’y aura pas de compromis. Nous ne sauverons pas le monde avec les armes qui le tuent.

PS3 : Sur internet, le W3C émet des recommandations globales. Les sites qui ne les respectent se retrouvent marginalisés. Mais personne n’est pas obligé de les respecter à 100 %. Il reste de la liberté pour essayer des choses qui n’ont pas été pensées, sinon il n’y aurait pas d’innovation. La loi ne puni pas celui qui ne la respecte pas. Il est puni par les usagers si son comportement cause problème et ou simplement déplait.

PS4 : Je n’ai pas choisi de décaractériser les mots, c’est tout un courent philosophique qui l’a fait, en vue de ne pas perdre de temps en discours inutiles. Je pense à Popper entre autre. Regardez où ça vous amène de vouloir définir. Le souci de définir a conduit au positivisme, au logicisme, que Gödel et Turing ont fait exploser. Je m’inscris après eux, je ne veux pas revenir en arrière. Si vous ne me comprenez pas je le regrette, j’espère que d’autres me comprennent. Pour moi, le sens n’est pas dans les mots mais entre les mots, dans les rapports que nous tressons entre eux. Je suis un anti-essentialiste et votre approche est essentialiste. Tout ce que j’écris, c’est pour combattre l’essentialisme, cette idée qu’il y a un monde au-dessus du monde, qu’il y a des choses qui nous dépassent, qu’il y a du sens supérieur, donc des hommes supérieurs, des chefs…

PS5 :  Je me veux indéterminé. Après tout, le monde de la physique est lui aussi indéterminé, pourquoi le langage ne le serait pas ? De toute façon, il l’est, les philosophes ont compris cette propriété en même temps que les physiciens découvraient la mécanique quantique. On ne peut pas échapper à l’incertitude, il faut l’accepter. Turing a découvert qu’un ordinateur ne pourrait être intelligent que s’il buguait. Il faut du hasard.

J’essaie d’être clair mais je ne peux l’être vraiment. Et tout l’intérêt d’un texte, c’est justement d’être ouvert. De laisser place à la liberté. Nous ne sommes plus à l’époque d’une déclaration universelle des droits de l’homme. Les prochaines déclarations devront être dynamiques en perpétuelle évolution. Figer les choses, c’est les tuer. C’est leur donner une supériorité qu’elles ne peuvent pas avoir. Il n’y a plus rien d’universel. Ainsi ma déclaration d’interdépendance ne s’est jamais voulue définitive. C’est une ébauche à transformer sans cesse.

PS6 : L’effort d’échapper à l’incertitude n’est pas du tout universel. Disons qu’il commence à partir des lumières, une époque où on veut tout décomposer, où s’impose la pensée réductionniste. Aujourd’hui cette méthode de penser s’essouffle, elle est incapable de traiter de la complexité. D’un âge où nous nous sommes focalisés sur les quantités, nous entrons dans un âge où les qualités deviennent prépondérantes. Si ce n’était pas le cas on se moquerait bien que le climat parte en vrille.

Pour moi, la précision est innacessibles. Ma façon de l’approcher, c’est de revenir sans cesse sur les mêmes sujets par des perspectives différentes. Peu à peu, je sculpte une vision de la réalité, mais elle restera éternellement vacillante. Car qui pourrait être assez fou pour avoir des certitudes. Ainsi je me considère avant tout comme un artiste et surtout pas comme un intellectuel.

PS7 : La possibilité d’une guerre me fait peur. C’est pour ça qu’il faut expliquer encore et encore que nous pouvons organiser le monde différement et que nous pouvons commencer par gérer autrement notre propre vie.

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21 comments

  1. Pour développer une idée, soit on donne une définition courte, que chacun va interpréter selon son point de vue, ses connaissances, ses centres d’intérêt ; soit on développe la définition d’un mot, comme ici « global », et cela augmente la taille d’un article. Bref, c’est toute la différence entre écrire une brève et écrire un livre… lire une brève ou lire un livre !

    Dans le cas du terme « local », le mot (mot-valise) prend tellement de sens différents qu’il est devenu quasiment impossible de l’utiliser sans l’adjectiver. Cela conduit à des expressions « action locale », « démocratie locale », « information locale »… que l’on sera bientôt incapable d’employer autrement qu’en précisant.
    Conjonction des discours politiques, journalistiques, universitaires, techniques…

    C’est beau le langage !…

  2. Vincent says:

    Pour parler de l’autonomie d’action de chacun vs les décisions imposées par les gouvernements, j’ai envie de prendre mon exemple personnel, à propos de l’utilisation de la voiture.

    La règle générale imposée est à mon avis utile, au sens suivant: elle permet d’assurer le citoyen-consommateur que je suis que la voiture que j’achète n’est pas “trop” polluante. Elle respecte les normes qui étaient celles du moment de sa construction. J’attends donc des responsables “globaux” qu’ils fixent des règles du jeu pour tout le monde.

    En attendant, j’assume d’autres choix complémentaires: je vais travailler en bus, je vais faire des courses au marché à pied. La voiture n’est certaines semaines pas utilisée du tout. Je joue donc sur ma responsabilité à mon stade local personnel.

    Un jour où j’aurai le temps, je vais essayer d’estimer ma “pollution” personnelle vs celle qu’elle serait en utilisant plus intensivement mon véhicule.

    Il serait d’ailleurs intéressant de chercher et créer un annuaire qui regrouperait des outils de ce type, “pour connecteurs et apprentis-connecteurs”, permettant d’évaluer la consommation d’énergie que l’on fait en fonction de certaines habitudes de consommation. Je soupçonne qu’un certain nombre existent…

    Sinon, nous sommes à 4 pour le moment sur la carte des connecteurs, ici (http://www.frappr.com/connecteurs)… que ceux qui souhaitent s’y inscrivent! (désolé pour la pub…)

  3. Ton exemple est bon. La mesure globale doit fixer une direction. Consommer moins. Elle ne doit pas imposer une façon de le faire. Sinon ça deviendrait dangereux, ça couperait toute initiative. Fixer la direction, l’objectif, est un travail de sage, il est nécessaire.

  4. Je répons ici à un commentaire de jcm posté ailleurs parce que je crois que notre débat dépasse le cadre des freemen.

    Il y a quelques autres freemen à qui je parle presque tous les jours de vive voix, certains avec lesquels je passe des soirées entières à discuter… et je crois que ces discussions sont plus importantes que tout le reste. C’est par là que passe le non-dit, que les vérités circulent… L’écrit est lent. Et il ne me convient pas quand vous me demandez de répéter ce que j’ai déjà écrit ailleurs. C’est pour ça que j’espérais pouvoir vous parler, pour gagner du temps.

    Si je passe du temps à vous répondre, c’est que je néglige pas vos idées, que j’essaie d’éclaircir les miennes. Mais je n’ai jamais cherché à vous convaincre de quoi que ce soit. Comme vous dites les autres jugerons. À la lecture des 2 points de la charte freemen, je pourrais très bien me déclarer freemen d’ailleurs. Et si je ne le fais pas c’est parce qu’il manque encore à cette charte le principe pour atteindre les buts.

    Vous me reprochez de ne rien proposer de concret mais je propose des méthodes qui ne vous plaisent pas. Vous ne voulez pas les voir. Je parle de Dee Hock, de ses accomplissements, vous semblez ne pas m’entendre. Je crois que je suis trop free à vos yeux. Vous êtes adepte du contrôle, pour ne pas dire du dirigisme étatique, vous croyez encore à la méthode qui nous mène à la catastrophe, que voulez-vous que je vous dise d’autre ?

    Au fond, vous ne répondez jamais à ma critique de l’approche globale. Vous dites qu’il faut du global et du local. Je suis pas d’accord. Personne n’est assez malin pour décider globalement pour tous les autres. Le problème est là. Que des gens aient réussi à nous le faire croire pendant des lustres est la cause de tous nos maux. Comme je viens de le dire à Vincent, le global doit nous servir de guide pas nous dire ce que nous devons faire et comment le faire.

    Nous sommes dans la merde à cause d’une méthode de pensée vieille de 400 ans, nous devons penser autrement, sinon nous ne réglerons pas les problèmes induits par cette façon de penser. Pour moi, il n’y aura pas de compromis. Quand je vous lis, je me dis parfois que Casabaldi, cet autre freemen, a raison. Nous n’éviterons pas une guerre. Et nous ne serons pas dans le même camp tous les deux. Vous voulez sauvez le monde avec les armes qui le tuent.

  5. Vincent says:

    Essayons une autre réflexion, on va voir où elle me mène (je la pose en même temps que j’écris…).

    Si on dit: global = direction et symbole. Local = action et réalisation.

    Alors, est-ce que l’on ne pourrait pas essayer de rêver de législations (globales) qui ne seraient plus des lois, mais des “recommandations”. Est-ce que l’on pourrait imaginer des “Décrets d’application” qui ne seraient plus des règles fixes, mais des recueils de bonnes pratiques dans le domaine, et des objectifs plus précis que les grandes recommandations?

    Si on souscrit à ça, il reste le problème de la sanction pour celui qui ne suit pas ces recommandations et ces bonnes pratiques.

    Pourrait-on rêver d’une participation citoyenne pour juger les personnes en infraction, justement par l’utilisation d’Internet?

    Je me réfère à un billet que tu as fait il y a quelques temps (ou bien est-ce dans le livre? je ne sais plus), sur les règles de conduites… La règle à ceci de pratique que la sanction, en cas de déviance, est assez binaire, et simple à décider et à mettre en oeuvre. On est dans un contexte de type binaire, au sens de manichéen (je simplifie, on a tous croisé des policiers manipulant le sifflet trop rapidement, suite à une mauvaise soirée avec madame…).

    Si on est dans le cas de “bonnes pratiques”, juger du respect ou du non-respect est un peu plus difficile, non?

  6. C’est exactement comme ça qu’on s’en sortira. C’est comme ça qu’Internet fonctionne. Le W3C émet des recommandations globales. Les sites qui ne les respectent pas du tout se retrouvent marginalisés. Mais on n’est pas obligé de les respecter à 100%. Il reste de la liberté pour essayer des choses qui n’ont pas été pensées, sinon il n’y aurait pas d’innovation. La loi ne puni pas celui qui ne respecte pas. Il est puni par les usagers si son comportement cause problème et ou simplement déplait.

  7. jcm says:

    Définition des mots, signification et sens d’un discours :

    Chaque mot a un spectre de signifiation, qui va de 1 à n, qui est supposé connu des personnes qui l’utilisent et qui nous est fourni par les dictionnaires.

    Lorsque le spectre est de 1 il est inutile de compléter le mot afin d’en définir le sens exact, ainsi “Albert est vivant” s’interprète a priori clairement et signifie qu’Albert n’est pas mort.

    Lorsque le spectre est supérieur à 1 il peut être indispensable de faire appel à une formule complétant le mot utilisé afin de transmettre un message dépourvu d’équivoque.

    Dans certains cas le contexte de l’utilisation du mot servira de discriminant entre les différents significations possibles, par exemple : “dans quel état est ce transistor” recevra une réponse cohérente, significative, selon le contexte, avec “le Michigan” (ou “le Brésil”) ou “passant”, ou “bloqué”, ou “grillé” s’il n’a pas survécu à une surchauffe.

    Idem pour “dans quel état Albert est-il ?” : “en Italie”, “morose”, “joyeux”, “déprimé”, mais il pourra être utile si Albert est en voyage dans un lieu inconnu de préciser “dans quel état d’esprit Albert est-il ?”, question qui n’a pas le même potentiel de signification que la première, en raison de la largeur du spectre de signification du mot “état”.

    Ainsi pour avoir du sens le moindre de nos échange s’effectue dans une relation directe avec la définition des mots (relation avec le dictionnaire en fait) que nous sommes souvent obligés de préciser afin de définir implicitement la partie du spectre d’un mot à laquelle nous faisons appel.

    Et la transmission d’un sens est à ce prix, qui est le respect d’une convention que nous sommes tous supposés respecter.

    Plus précise sera la limitation des sens possibles d’un mot dans une phrase plus élevée sera la valeur du sens transmis, selon “la loi de du coût de la dernière décimale” : dans un calcul, une mesure, la dernière décimale exacte est toujours plus coûteuse à obtenir que la précédente, et on ne cherche à se la procurer que si le jeu en vaut la chandelle.

    Vous m’amenez une pépite d’or trouvée dans la nature, elle est jolie, vous me la proposez pour 10 euros, j’accepte le prix sans plus de questions.

    Le lendemain vous m’apportez 3 tonnes de ces pépites : je ne vous les achèterai qu’après une analyse sur un certain nombre d’échantillons en considérant qu’il s’agit d’un stock d’or qu’il faudra raffiner en effectuant une opération rentable, et ces analyses devront me fournir une valeur en grammes d’or / cuivre / et autres éléments simples par tonne.

    Ces analyses me coûteront plus que l’évaluation visuelle de la première pépite.

    Selon l’objectif visé et le contexte nous utilisons donc des outils différents, il en va ainsi dans les discours (le parlé, l’écrit) : nous utilisons les mots en fonction du sens que nous voulons transmettre, et le sens global du discours est indissociable du sens affecté à chaque mot.

    Chaque élément de sens supplémentaire dont nous voudrons enrichir le discours nous demandera un effort supplémentaire (coût supplémentaire inhérent à l’utilisation d’un “outil-mot” supplémentaire dont nous serons souvent amenés à limiter le spectre).

    Et nous accepterons ce coût parce-que nous souhaiterons émettre un sens, c’est à dire toucher la compréhension des destinataires du discours.

    Partant donc d’un matériau relativement défini mais plus ou moins polysémique nous avons recours à diverses formes de combinatoires afin de réduire le spectre de signification du discours émis, selon une loi telle que “véhiculer tous les sens à la fois n’en privilégie aucun, et n’en véhicule aucun en particulier” : c’est le domaine du vague, de l’indéfini.

    Ces combinatoires privilégie donc un sens parmi tous les sens possibles et plus cette combinatoire offre un spectre de significations limité plus grande est la valeur du sens transmis.

    Ainsi s’établissent les lois de l’économie du discours, en toutes langues et depuis la nuit des temps.

    Si les inuits disposent d’une trentaine de mots pour désigner la neige, ce n’est pas par hasard mais par nécessité de véhiculer un sens, et il va sans dire que chacun de ces mots a un spectre fort étroit de signification.

    Vous avez choisi l’option inverse, celle qui consiste à “décaractériser” les mots, les éloigner de leur signification qui nous est commune sans néanmoins leur en assigner une nouvelle.

    Cela correspond à un élargissement du spectre de signification de chacun des mots que vous utilisez, et que pourtant vous pouvez affecter d’épithètes, dont la fonction est de “qualifier” et donc de limiter le spectre : mais que vaut une limitation dont personne ne serait capable de saisir la portée exacte, puisque vous détournez les mots de leur signification initiale sans que l’on connaisse leur nouvelle signification ?

    Et cette déqualification de chaque mot est, dans bien des cas, cumulative au fil du discours.

    Vous élargissez le spectre de signification jusqu’à un domaine d’indécidabilité, puisque vous pratiquez une extension indéfinie : cela correspond pour chaque mot non à un gain, mais à une perte de sens, un dissolution de leur sens dans l’inconnu.

    Votre discours ne véhicule donc aucun sens précis : potentiellement il les véhicule tous, ce qui tend donc vers aucun (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11517#commentaire99137, “joyeux” mélange de la notion d’état, de “nation”, de “territoire”…).

    “Mais je vois que ma volonté de laisser les définitions ouvertes peut se retourner contre moi. Par exemple, Jcm transforme mes non-définitions pour me faire dire ce que je n’ai pas dit, pour me faire dire des choses qui sont facilement critiquables.” (http://blog.tcrouzet.com/2006/08/01/definir-definir%e2%80%a6/)

    Désolé, “je ne vous fais rien dire”, je tente seulement de trouver un sens à ce que vous écrivez, et je me base sur celui qui me semble le plus cohérent aux termes que vous avez employés !

    Et cela jusqu’à nous proposer le développement de l’Intelligence Artificielle comme arme de destruction massive (Agoravox – commentaire) !!!

    Alors désolé : si vous appliquez à votre expression verbale les méthodes qui valent pour vos écrits, je ne saisis pas l’intérêt d’une conversation !!!
    voir ChampG.

  8. Je n’ai pas choisi de “décaractériser” les mots, c’est tout un courent philosophique qui l’a fait, en vue de ne pas perdre de temps en discours inutiles. Je pense à Popper entre autre. Regardez où ça vous amène de vouloir définir. Le souci de définir a conduit au positivisme, au logicisme, que Gödel et Turing ont fait exploser. Je m’inscris après eux, je veux pas revenir en arrière. Si vous ne me comprenez pas je le regrette, j’espère que d’autres me comprennent. Pour moi, le sens n’est pas dans les mots mais entre les mots, dans les rapports que nous tressons entre eux. Je suis un anti-idéaliste et votre approche est idéaliste. Tout ce que j’écris, c’est pour combattre l’idéalisme, cette idée qu’il y a un monde au-dessus du monde, qu’il y a des choses qui nous dépassent, qu’il y a du sens supérieur, donc des hommes supérieurs, des chefs…

  9. jcm says:

    Désolé, mais étendre de façon indéfinie la définition d’un mot consiste à le doter de caractères supplémentaires, de significations complémentaires indéterminées.

    Il en résulte que ce mot peut prendre ou non une des définitions que lui assigne le dictionnaire, et s’il n’en prend pas dans l’utilisation que vous en faites (c’est à dire sivous utilisez ce mot hors des significations communes) sans lui assigner une nouvelle valeur qui pourrait nous devenir commune nous nous trouvons dans le domaine de l’indéterminé.

    Il y a donc bien décaractérisation des mots par rapport à ce que nous spécifie le dictionnaire.

    Il ne s’agit pas ici d’idéalisme, mais de ce qui fait que nous pourrons ou non nous comprendre.

    Et lorsque nous atteignons le domaine de l’indéterminé, c’est celui que vous revendiquez en fait, il est fort improbable qu’il puisse exister UN sens “entre les mots” puisque tous les potentiels de sens sont présents.

    Le sens que le lecteur trouvera sera celui qui pourra le mieux lui convenir, car chacun aura toute liberté de “tresser” ce qu’il voudra.

    Ce que vous écrivez est donc une auberge espagnole : une liberté à l’infini “d’étendre les concepts”…

    Comment imaginer que de tels écrits puissent “servir d’armature” à quoi et à qui que ce soit ??? (voir ChampG et cette question d’un principe pour les Freemen).

  10. Vous voyez juste. Je me veux indéterminé. Après tout, le monde de la physique est lui aussi indéterminé, pourquoi le langage ne le serait pas ? De toute façon, il l’est, les philosophes l’ont découvert en même temps que les physiciens découvraient la mécanique quantique. On ne peut pas échapper à l’incertitude, il faut l’accepter. Turing a découvert qu’un ordinateur ne pourrait être intelligent que s’il buguait. Il faut du hasard.

    J’essaie d’être clair mais je ne peux l’être vraiment. Et tout l’intérêt d’un texte, c’est justement d’être ouvert. De laisser place à la liberté. Nous ne sommes plus à l’époque d’une déclaration universelle des droits de l’homme. Les prochaines déclarations devront être dynamiques en perpétuelle évolution. Figer les choses, c’est les tuer. C’est leur donner une supériorité qu’elles ne peuvent pas avoir. Il n’y a plus rien d’universel. Ainsi ma déclaration d’interdépendance ne s’est jamais voulue définitive. C’est une ébauche à transformer sans cesse.

    Et moi qui avais juré de ne plus vous répondre si vous refusiez le dialogue de vive voix 🙂

  11. Vincent says:

    Marrant ce dialogue, érudit en tout cas.

    D’un côté, il y a un tenant du “définissez avant” ce que vous mettez comme sens dans vos mots.

    De l’autre, il y a un tenant du “demandez moi de préciser ce que je pense” dans le mot.

    Et si c’était une manière efficace, quelque part, de définir une différence entre des connecteurs et d’autres?

    L’avantage – à mon avis illusoire – de la première méthode, c’est que la transmission du savoir peut se faire sans dialogue. Pourquoi illusoire? on n’est jamais certain que les gens comprennent correctement les définition. Les nazis n’ont pas franchement compris le concept du surhomme, par exemple (je sais l’exemple est extrême).

    L’avantage – à mon avis fragile – de la deuxième méthode, c’est qu’elle permet la construction d’un savoir vécu, basé sur la communication. Pourquoi fragile? parce qu’il faut quelqu’un avec qui dialoguer. Seul, on n’a que peu de choses, et moins qu’avec la première méthode.

  12. Je n’ai pas vraiment le temps de me pencher sur ce “dialogue érudit”. Par contre, pour répondre au premier commentaire de Vincent, oui, il existe au moins un moyen de calculer sa consommation d’énergie personnelle, cela s’appelle l’empreinte écologique.

    L’application web donne des éléments, il y a aussi un livre, qui explique le calcul, les gestes à faire pour “économiser”, et autres bonnes pratiques.

  13. jcm says:

    Après tout, le monde de la physique est lui aussi indéterminé, pourquoi le langage ne le serait pas ?

    Intéressante remarque !

    Prenons “le monde de la physique” : il sera double de mon point de vue.

    Dans une première acception, cette expression désignera les réalités physiques, connues et inconnues, qui font que l’univers est ce qu’il est : le substrat physique sur lequel tout repose. Et nous admettrons qu’il règne un certain niveau de méconnaissance de ce qui régit les lois de la physique : c’est ce que nous pourrons nommer “indétermination” sans savoir s’il y a toujours possibilité de déterminer ou non, et la physique quantique pose à ce niveau de très sérieux problèmes.

    J’appellerai cette première acception : le substrat.

    Dans une seconde acception “le monde de la physique” désignera l’ensemble des personnes, la communauté scientifique et philosophique en particulier, qui étudient ce substrat.

    J’appellerai cette première acception : les chercheurs.

    Il est intéressant de se souvenir de l’évolution de la notion d’atome depuis les grecs : d’entité insécable nous en sommes arrivés aux quarks, au boson de Higgs, aux particules charmées et tutti quanti.

    Sans ce travail des chercheurs, si nous en étions restés à l’époque de l’insécable et de l’éther, inutile de préciser que nous ne communiquerions pas par ordinateurs interposés, ni même par téléphone.

    Quel a été la nature du travail des chercheurs ?

    Il a été de définir avec une précision toujours plus poussée les caractéristiques du substrat, et de vérifier la validité de chaque définition par toutes les voies imaginables.

    Et c’est ce travail qui a permis de rendre opérationnelles les connaissances accumulées : c’est parce-que nous savons avec une assez bonne exactitude ce qu’est un canal P-N-P et les lois qui le régissent que nous avons des circuits électroniques efficaces et fiables, et c’est parce-que nous savons définir la composition d’une plaque de silicium que nous pouvons y imprimer avec succès des “portes” elles mêmes fort précisément définies.

    Il en va de même pour le langage : les hommes ont défini que certaines juxtapositions de syllabes auraient une certaine signification afin de disposer d’un moyen opérationnel de désigner quelque-chose d’une telle façon que cette désignation serait précise aux oreilles de tous.

    Il en résulte que “Passe moi le sel” est donc différent de “Mes hommages Madame” etc… : je trouve que c’est une bonne chose.

    De la syllabe aux mots et aux répertoires de mots, les dictionnaires, les efforts ne se sont jamais relâchés afin que nous puissions bénéficier de meilleures chances de nous comprendre, car tel est l’objectif.

    Comme pour la physique il s’agit d’établir un corpus précis qui nous sera commun afin que nous puissions être plus opérationnels, ce qui revient dans tous les cas à limiter l’intervalle d’incertitude dans lequel nous allons évoluer.

    Une incertitude qui n’est pas toujours intégralement levée, mais que l’on a toujours tenté de réduire, et qui peut poser de graves problèmes.

    Ainsi il n’existe pas de mot au Tadjikistan et en Azerbaidjan pour désigner la république, ni la “res publica”, ni la démocratie, et il semble, d’après les personnes qui fréquentent ces pays, extrêmement difficile de faire connaître ces concepts qui nécessitent, en l’absence des mots appropriés, l’invention d’approches métaphoriques très imprécises, vagues.

    La difficulté de donner accès à ces concepts induit la difficulté à promouvoir démocratie et république, fait sur lequel je n’émets ici aucun jugement de valeur.

    Au travers du vocabulaire, de la présence ou non de certains mots, notre esprit a donc ou non accès à certains concepts, et cet accès sera plus ou moins précis, et par conséquent pourra avoir une conséquence plus ou moins opérationnelle.

    Alors certes nous ne pouvons pas échapper à toute incertitude mais tous les efforts déployés depuis des millénaires ont tendu à réduire le nombre d’incertitudes auxquelles nous sommes soumis.

    L’étendue de l’incertitude va du plus ou moins probable (ou improbable) au totalement inconnu et indéterminé.

    J’essaie d’être clair mais je ne peux l’être vraiment. Et tout l’intérêt d’un texte, c’est justement d’être ouvert. De laisser place à la liberté.” : en effet, en utilisant les mots plus ou moins en dehors de leur sens vous ne POUVEZ pas être clair : inutile d’essayer !

    Les prochaines déclarations devront être dynamiques en perpétuelle évolution. Figer les choses, c’est les tuer.” : cela n’exclut pas qu’elle pourront être d’une grande précision à chaque instant “t”, et vous faites une malheureuse confusion entre la précision que peut avoir un texte à un instant donné et la faculté que l’on peut – ou non – se donner de le réviser, de l’amender.

    En l’état actuel des choses, juste à cet instant, la connaissance que nous avons des quarks est figée, est-elle pour autant morte ?

    Il suffit que dans la seconde qui vient une personne leur découvre une nouvelle propriété pour qu’elle se “défige” et soit enrichie d’une donnée nouvelle : elle n’était pas “morte” mais en palier, elle connaissait une stase.

    Idem pour la déclaration universelle des droits de l’homme, que je considère encore aujourd’hui comme un texte précieux, ne vous déplaise, mais vis à vis duquel on peut formuler quelques reproches et que l’on peut donc souhaiter voir évoluer.

    Enfin un texte, du type de cette déclaration, qui aurait été écrit de façon hautement magistrale et auquel personne ne jugerait utile d’apporter un quelconque remaniement, et qui resterait donc parfaitement opérationnel, serait “figé” dans son écriture, certes.

    Mais, toujours en vigueur et appliqué, il ne serait pas “mort”, il n’aurait pas été tué par l’absence de remaniement.

    Evolution : hasard et nécessité.

    Dans le cas d’un tel texte seule une nécessité justifierait qu’on le fît évoluer, nécessité qui correspondrait à un caractère devenu obsolète, inapplicable par exemple.

    Il n’y a donc aucune relation de cause à effet entre une non évolution et une mort, et le fait que des archéobactéries (bactéries qui n’ont connu aucune évolution depuis des temps très anciens) vivantes aient été découvertes le démontre….

    Les “choses” qui n’évoluent pas peuvent donc demeurer vivantes, contrairement à ce que vous semblez avancer (oui, je prends des gants…).

    En vertu de quelques textes philosophiques (parmi de TRES nombreux autres) vous voulez donc révolutionner quelques millénaires d’évolution du langage visant à accroître nos facultés à échanger du sens par une certaine forme de déconstruction des règles du discours, en prétendant – peut-être – véhiculer du sens ou plus de sens.

    Mais là encore “plus de sens” peut s’entendre de 2 façons : un sens plus précis, ou bien un plus grand nombre de sens.

    Vous vous situez nettement dans la seconde voie et je vous le redis : un très grand nombre de sens à la fois exclut LE sens et conduit, au mieux, à la généralité…

    Et vos textes présentent donc des chances vraiment infimes de devenir opérationnels à quel que point de vue que ce soit.

  14. L’effort d’échapper à l’incertitude n’est pas du tout universel. Disons qu’il commence à partir des lumières, une époque où on veut tout décomposer, où s’impose la pensée réductionniste. Aujourd’hui cette méthode de penser s’essouffle, elle est incapable de traiter de la complexité. D’un âge où nous nous sommes focalisés sur les quantités, nous entrons dans un âge où les qualités deviennent prépondérantes. Si ce n’était pas le cas on se moquerait bien que le climat parte en vrille.

    Pour moi, la précision est innacessibles. Ma façon de l’approcher, c’est de revenir sans cesse sur les mêmes sujets par des perspectives différentes. Peu à peu je sculpte une vision de la réalité, mais elle restera éternellement vacillante. Car qui pourrait être assez fou pour avoir des certitudes. Ainsi je me considère avant tout comme un artiste et surtout pas comme un intello.

    Ce n’est parce qu’un texte est appliqué qu’il est vivant. On peut faire des conneries pendant deux milles ans et en être fier. Voir ma référence à la Genèse.

    Et puis si mes idées, qui ne sont pas que les miennes heureusement, avaient plus qu’une infime chance de devenir dominantes, elles seraient déjà à la mode, et je crois que notre monde serait déjà tiré d’affaire.

  15. Vincent says:

    Question: ces idées ont-elles pour vocation d’être à la mode?

    Différentes possibilités:

    1- Les gens prennent conscience et agissent
    2- Les gens agissent sans prendre véritablement conscience, mais en étant “véritablement connecteur”, au sens d’interaction avec le voisin, de manière locale.
    3- Les gens n’agissent pas, les connecteurs se connectent, et il y a “conflit de génération”

    Non?

  16. Je fais le même constat. La troisième possibilité me fait peur car c’est celle qui nous pend au nez. C’est pour ça qu’il faut expliquer encore et encore qu’on peut organiser le monde différement et qu’on peut commencer par gérer autrement sa propre vie.

  17. Vincent says:

    Est-ce que le confflit est inévitable en dépit d’une explication?

    Est-ce qu’en fait, le “connecteur way of life” ne pourrait pas être une révolution pour une fois silencieuse? Si on prend le principe qu’un connecteur de manifeste pas, mais fait ce qu’il a envie, je sentirais plutôt une hypothèse n°2: on va se retrouver dans une société de connecteurs, sans que les gens n’aient véritablement conscience de s’inscrire dans un réseau…

    On ne se rendait pas compte que l’on était dans les 30 glorieuses, jusqu’à temps qu’on en sorte. Est-ce que l’on ne se rendra pas compte, à grande échelle, que l’on est en pleine connexion que le jour où l’on aura atteint un stade “supérieur” de cette connexion?

    Ce qui n’empêche pas d’avoir une espèce de “minorité agissante”, expressive ou silencieuse, qui a conscience de cette évolution, et qui travaille, à son propre profit (quel que soit la nature de ce profit: financier, écologique, politique, …), à la progression de la “Connexion”…

    Je me souviens mal, mais je vais faire référence à une vieille lecture de Guerre et Paix. Il y avait deux franc-maçons. Un qui affichait mais ne faisait pas grand-chose. Un qui ne faisait pas partie de la maçonnerie, mais qui a été conquis par les idées et les idéaux. Et qui agissait discrètement. Est-ce que les connecteurs n’ont pas à être ce genre de mouvements?

    Je ne suis pas certain, mais la question n’est elle pas: “La révolution connectarienne doit-elle être visible? Ne sera-t-elle pas la première à être silencieuse?”

    Ce qui ne l’empêchera pas forcément d’être sanglante, à sa manière…

  18. C’est drôle que tu parles de Guerre et paix. J’y suis plongé en ce moment et Tolstoï y dit des choses remarquables, qui peuvent nous servir aujourd’hui. J’ai d’ailleurs mis une citation de Tolstoï issue du passage dont tu parles en exergue du nouveau prélude des peuples des connecteurs. Et dans mon prochain livre, influencé par Casabaldi, je vais consacrer tout un chapitre à Guerre et paix.

    PS: La connexion, c’est aussi la sérindipité.

  19. ~laurent says:

    LES LUMIERES DU NET

    Nous commençons tout juste à en avoir conscience mais les créateur de l’internet, créateurs de contenu, créateur de logiciels (Google, Skype, Wikipédia, …) sont les descendants des lumières. Nous avons le pouvoir et c’est une responsabilité.

    Le reset financier aura lieu et il sera temps d’installer un nouvel OS a ce moment là.

    L’Europe est la solution : je reste convaincu que les connecteurs prendront le pouvoir en europe, l’europe a la “masse critique” pour en faire un ensemble cohérent et autonome, et on peut donc expérimenter un gouvernement.

    Le TCE est en friche, les “vieux messieurs” on abandonné cette belle endormie, ils ont laissé les clefs sur la porte a nous de faire joujou avec.

    Je publie à la suite 2 petits textes introductif de laeconvention.

  20. ~laurent says:

    LAECONVENTION : REECRIRE LE TCE (1/2)

    Un Européen du 21 siècle utilise Internet pour s’informer (et pour débattre). Nous avons à réaliser un logiciel d’Agora virtuelle (un outil de groupware) permettant de travailler a des milliers (voir des dizaines de milliers) de personnes ensembles sur un même texte.

    Ce logiciel devrait pouvoir fonctionner pour l’Europe ou pour une petite municipalité voir même pour les entreprises.

    La version pour les acteurs publics serait gratuite et fournie en version GPL et serait payante pour les entreprises. Cela est intéressant en terme d’image : on valorise un projet open source et on se réserve la possibilité de générer des revenus en vendant des licences aux entreprises. Cela devrait permettre de motiver certains développeurs.

    Enfin on en fait un projet (du point de vu technique) pédagogique : une fusion entre open source et modèle « capitaliste ». Il est envisagé qu’une société commerciale soit a terme créé pour exploiter ce logiciel « laeconvention » dans une version « professionnelle », la licence GPL assurant la disponibilité, la gratuité et l’évolution du produit pour son usage « citoyen ».

    Ce projet pourrait boucler a terme avec un autre projet qui me tient à cœur « d’ordinateur du peuple » (une sorte de minitel à l’heure d’internet) permettant au plus grand nombre d’accéder au réseau.

  21. ~laurent says:

    LAECONVENTION : REECRIRE LE TCE (2/2)

    Laeconvention : spécification générales

    Laeconvention est un logiciel chargé :

    – d’organiser des débats
    – de faire du travail collaboratif sur des texte
    – de voter.

    Il ne doit pas être limité en terme d’intervenants. Il doit être multi plates-formes et devrait (dans l’idéal) reposer uniquement sur des codes sources ouverts (tant que cela sera possible).

    Toujours dans l’idéal il serait intégré comme une toolbar dans un navigateur internet permettant a chaque membre du réseau, dès qu’il est connecté à internet, d’avoir accès (simplement) si il le désire à laeconvention.

    Laeconvention doit intégrer un système de gestion de la réputation permettant de faire collaborer (efficacement) un grand nombre de participants comme sur eBay. Le système mis en place sur le réseau Omidyar (Pierre Omidyar est le fondateur d’eBay) semble pertinent : possibilité de tracer toutes les contributions de chacun, possibilité de donner un avis sur tout, classement des meilleurs intervenant (suivant un système de vote), etc …

    Ce système doit permettre de corriger les défauts des wiki (comme wikipedia) qui donne a chaque intervenant le même poids. Alain lefebvre avait suggéré une règle de bon sens « seule les personnes ayant participé au débat peuvent voter ». On peut adapter cette règle en laissant les membre de ce réseau donner leur voix a un intervenant qui aura fait preuve de pertinence et de présence. Par exemple je ne suis pas compétant sur les problèmes de politique industrielle en Europe en revanche je « connais » Pierre à travers son blog. Je peux me rendre compte qu’il est intègre, qu’il est compétent et qu’il « mouille » sa chemise. Il me semble normal que je lui confie ma voie (lui donnant ainsi plus de poids dans les débats). Cependant je peux a tout moment lui retirer si quelque chose me déplait dans son comportement.

    Laeconvention serait « acollée » à un espace médiatique (Europeus ou Agoravox par exemple) qui serait chargé de synthétiser, de rendre visible et accessible (au fur et à mesure) dans un langage claire l’avancement des débats. Les débats pourraient avoir lieu dans une seule langue, ce sont les contributions versées dans l’espace médiatique qui seraient éventuellement traduites (la charge de travail étant dans ce cas réduite).

    Les blogs individuels (ceux qui existent déjà) seraient comme des agoras périphériques. Cela permet de laisser les intervenant aux débats « d’incuber » en externe des questions qui seront ensuite versée au débat.

    Il faut il me semble comme le suggérait pierre découper laeconvention en plusieurs agoras, et laisser ensuite la liberté a chacun de créer si ils le veulent, au sein de ces espace thématiques, des agoras concurrentes. Par exemple si l’on crée une section économie, il serait logique que plusieurs agoras soient ouvertes comme autant de partis ou de sensibilités existent. On peut ensuite faire le pari de l’écrémage naturel ou seules subsisteront les agoras pertinentes et animées.

    Comme je le disais, on peut laisser les débats de faire dans des langues différentes, des personnes se chargeront ensuite d’en faire la synthèse dans l’espace médiatique.

    Enfin la stratégie de communication est essentielle pour réussir le décollage de ce réseau, mais je pense que nous avons encore le temps d’en discuter un peu plus loin …

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