Tout travail mériterait salaire

Je ne suis pas du tout d’accord avec ce principe. Et j’éprouve le besoin de m’expliquer à ce sujet après le commentaire d’Adam Kesher. Je me suis déjà expliqué une première fois en parlant du crowdsourcing et du web 2.0. Je recommence car Kesher me reproche en gros de vous exploiter, vous lecteurs qui avez proposé des idées de titres pour mon prochain livre.

J’ose espérer que des hommes libres peuvent échanger des idées sans avoir besoin de se les facturer. Chaque fois que nous écrivons dans nos blogs, nous ne faisons pas payer l’accès à nos écrits. C’est justement tout l’intérêt des blogs, de permettre à des gens de se rencontrer, à des idées de se féconder. Mettre de l’argent là dedans ce serait la mort du système. Qu’une idée émise par l’un de nous, récupérée par un autre, transformée ailleurs finisse par générer de l’argent quelque part ne me pose aucun problème. C’est le principe même de l’open source. C’est de cette façon que naîtra le cinquième pouvoir.

Il ne faut pas oublier que les salaires sont avant tout un moyen pratique pour l’État de ponctionner sa dîme au passage. Lorsque nous échangeons des idées ou des services, l’État est impuissant, il ne contrôle plus. Internet, en nous aidant à échanger, met en question justement le principe même de l’imposition. L’échange est donc un acte contestataire à mes yeux très important. Ainsi, quand je publie un article chez Agoravox, je n’attends aucune rétribution même si Agoravox peut gagner un peu d’argent grâce à ma contribution.

Il y a des choses que nous faisons dans la vie pour de l’argent mais je ne vois pas pourquoi nous n’agirions que pour l’argent. Nous pouvons aussi agir par amitié, par désir de partage, de reconnaissance, par pur altruisme… l’argent n’est pas un passage obligé et j’espère qu’il le sera de moins en moins. Si nous entrons, comme je le pense, dans une époque où les qualités deviennent plus importantes que les quantités, l’argent sera un étalon de moins en moins nécessaire. Tout n’est pas quantifiable en valeur, heureusement. Encore une fois, nous vivons dans une société où on nous a inculqué le contraire.

Quand un artiste écrit un livre, peint une toile, compose de la musique… le plus souvent il ne le fait pas pour de l’argent. La grande majorité des œuvres ne rapportent rien à leur auteur. Flaubert disait toujours que madame Bovary lui avait coûté. Très souvent nous ne travaillons pas pour de l’argent mais parce que nous en éprouvons le besoin, parce que nous avons envie de transmettre quelque chose, de contribuer à l’aventure humaine. Il serait dommage d’enrayer ce phénomène sous prétexte que tout travail mérite salaire.

Par provocation, je dis souvent que le statut de salarié n’est qu’un statut d’esclave déguisé. Pour un salaire arbitraire, le salarié offre à son patron presque toujours plus qu’il ne reçoit. Cette exploitation du travail devrait être interdite et cet interdit inscrit à la déclaration des droits de l’homme. Nous avons le droit de collaborer à des projets collectifs mais il devrait être interdit de quantifier arbitrairement et a priori cette collaboration. Nous devrions toujours être partenaires dans le business, en être systématiquement les actionnaires.

Et je ne prône pas ainsi une forme de communisme mais un capitalisme sans chef, sans patron qui se place au-dessus des employés, un capitalisme d’hommes libres qui échangent librement leurs services. Un jour le statut de salarié sera sans doute regardé comme une monstruosité. Il ne faut jamais oublier que l’esclavage a longtemps été acceptable, même pour les esclaves qui étaient incapables d’imaginer un monde sans esclaves.

Le salariat n’est qu’une humanisation de l’esclavage. Une humanisation somme toute assez primitive.

PS1 :  J’éprouve toujours une certaine gêne quand quelqu’un parle au nom des Autres. De quel droit ? Est-il un Autre ? Alors pourquoi ne pas dire je. Et s’il n’est pas Autre que sait-il vraiment des Autres surtout s’ils sont silencieux ? Et s’il parle en leur nom, c’est donc qu’ils ne sont pas silencieux, c’est donc qu’ils participent d’une certaine façon à notre débat. Je n’en oublie pas pour autant la réalité sociale. J’ai déjà dit que nous devions essayer de connecter les gens qui ne le sont pas. Ça passe par la création de nouveaux outils et aussi par un travail de proximité, d’où l’importance de l’action locale. En même temps que notre réseau humain se densifie, le peuple du silence disparaît peu à peu. En tout cas, c’est ce que je souhaite.

PS2 : L’essence du web 2.0 pourrait être le gagnant-gagnant. J’espère que nous allons réussir à construire une société gagnant-gagnant et abandonner l’actuel mode de jeu à somme nulle.

PS3 :  Si quelqu’un trouve un titre génial pour mon nouveau livre, il peut essayer de me le vendre, c’est son droit. Si quelqu’un m’offre un titre superbe, j’espère ne pas l’oublier. Qu’est-ce que je peux dire d’autre ?

Pour ma part, je donne de temps en temps des conférences et je ne me fais quasiment jamais payer, souvent même pas payer les déplacements. J’ai déjà dépensé plus que ne me rapportera jamais Le peuple des connecteurs. Je le fais parce que je crois que certaines idées méritent une plus large audience.

Donner une idée, ça ne coûte rien. Les idées ne coûtent rien. C’est leur mise en application qui est coûteuse. J’ai commencé à cérire un bouquin qui s’appelle J’ai eu l’idée. Un jour, je distribuerai gratuitement cette liste d’idées. J’attends d’en avoir 500 pour que ça ressemble au Je me souviens de Perec. Je ne vois pas pourquoi nous n’aurions pas envie de faire des cadeaux. J’ai un jour donné une voiture à une amie. Chaque fois qu’elle va au travail avec doit-elle me payer quelque chose ?

Je sais que je caricature, c’est juste pour redire qu’il n’y a pas de règle. Je peux inviter des gens à bosser gratuitement pour moi, s’ils acceptent je suppose qu’ils sont intelligents et qu’ils trouvent leur compte à cette collaboration. Combien de petits soldats travaillent gratuitement pour nos hommes politiques ?

Quand je publie un papier sur Agoravox, je fais un cadeau, non pas à Carlo Revelli, mais aux lecteurs d’Agoravox qui me liront. Je pourrais très bien aller vendre certains de mes papiers à des magazines. J’ai vécu de cette façon il y a plus de dix ans, ce n’est pas un problème, ce n’est pas difficile. Si je ne le fais pas, ce n’est pas que Carlo me flouse, c’est que j’ai envie d’entrer dans son jeu.

Dee Hock explique que personne n’a jamais été récompensé pour avoir proposé le nom Visa. Ça s’est fait comme ça. Et je trouve que c’est bien. Quelle importance que nous ayons presque tous aujoud’hui le logo Visa collé sur notre carte de crédit ? Si j’avais trouvé le nom, ça m’aurait amusé.

Je crois que nous devons laisser les gens libres se débrouiller entre eux. Je suis sûr que ceux qui m’ont proposé des titres ont accepté cette règle tacite. Je crois qu’ils étaient tous conscients de ce qu’ils faisaient. Que ceux qui ne l’ont pas fait ne soient pas nécessairement conscient ce n’est même pas un problème. Pour résumer, je crois qu’il ne faut pas prendre les gens pour plus con qu’ils ne sont… même si c’est dans leur intérêt. Je parts toujours du principe que les gens avec qui je discute sont intelligents.

PS4 : Est-ce que Google nous prends pour des cons ? Il utilise nos contenus pour enrichir son index. Mais comme il nous envoie des clients, nous pouvons dire que c’est du gagnant-gagnant.

En fait, il ne faudrait accepter que les échanges gagnant-gagnant. Si tu trouves un titre pour mon livre, je t’attribue le titre dans les remerciements, tu bénéficies d’un peu de pub ou de reconnaissance, c’est une façon de jouer gagnant-gagnant, même si nous ne gagnons pas nécessairement à 50/50. Avec Google, ce n’est jamais du 50/50 n’ont plus. Ce qui importe, c’est de gagner des deux côté.

Avec Google, tu as un contrat tacite. Tant que Google exploite ton contenu, tu gagnes. Avec mon histoire de titre, c’est la même chose. Tant que le livre sera disponible, tu gagneras en visibilité. En revanche, lorsqu’une entreprise t’invite à un focus group et que tu trouves pour elle une idée, tu n’es jamais récompensé. On t’achète avec un joujou et après tu gagnes rien. C’est inacceptable, c’est le capitalisme. On t’utilise, puis qu’on te jette.

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16 comments

  1. Anonyme says:

    Dans l’absolu, l’évolution souhaitée par Thierry est louable et correspond de toute évidence à un progrés vers des relations moins aliénantes.

    Toutefois, cela suppose entre autres la capacité à faire valoir ses qualités, qui vaudront d’autant plus qu’elles seront rares.

    Pour les autres, commence alors le cycle de la lutte pour la survie : les gens performants, adaptés aux exigences de la négociation, sauront analyser la situation et en tirer le meilleur profit… au détriment de ceux qui présente d’autres qualités certainement, mais de peu d’utilité dans cette lutte âpre pour la performance.

    N’oubliez jamais chers amis qui vous sentez remplis d’énergie pour surfer sur la vague de l’évolution, en quête d’émotions de mouvement, de nouveauté et de succès qu’il y a quantité d’individus, différents de vous, qui eux sont nécessairement à la remorque du train dans lequel vous rêvez d’embarquer, vous… et les autres… de grè ou de force.

    Et ceux qui peinent à suivre, qui perdent leur (sur)vie à la gagner, ils composent le peuple du silence.

    Ils n’ont pas voix au chapître car pour la majorité d’entre eux ils possèdent raremment l’accès à la technologie et ils sont rarement armé pour développer leur point de vue de manière à ce qu’il soit audible et convaincant.

    Du fait que ce peuple du silence n’apparaît pas dans le paysage, il est très facile de l’oublier. Et vous l’oubliez, à tous les coups. Et c’est normal. Pour bcp d’entre-vous ce n’est pas principalement une affaire de mauvaise foi.

    Mais le peuple du silence résiste, à sa façon, en utilisant d’autres canaux.

    Parfois aussi, le peuple du silence voit certains des siens abdiquer et sombrer dans l’autodestruction, passive ou active.

    La grandeur et l’intérêt du cinquième pouvoir serait (aussi) d’être capable de prendre en considération dans l’élaboration de ses desseins l’existence de ces personnes qui ne peuvent pas (à moyens termes) participer autrement qu’en résistant à une tendance lourde dont ils préssentent qu’elle n’est pas faite par eux ni pour eux.

  2. Je l’ai souvent dit, j’éprouve toujours une certaine gêne quand quelqu’un parle au nom des Autres. De quel droit ? Est-il un Autre ? Alors pourquoi ne pas dire je. Et s’il n’est pas Autre que sait-il vraiment des Autres s’ils sont sensés être silencieux ? Et s’il parle en leur nom, c’est donc qu’ils ne sont pas silencieux, c’est donc qu’ils participent d’une certaine façon à notre débat.

    C’est un point de rhétorique, important, mais il me fait pas oublier la réalité sociale. J’ai déjà dit que nous devions essayer de connecter les gens qui ne le sont pas. Ça passe par des initiatives comme celle de Laurent et aussi par un travail de proximité, d’où l’importance de l’action locale. En même temps que notre réseau humain se densifie, le peuple du silence disparaît peu à peu. En tout cas, c’est ce que j’espère.

  3. ~laurent says:

    Sur ce coup je ne peux que défendre la position de Thierry.

    On croirait revenir aux débat entre logiciel libre et logiciel propriétaire.

    Les développeurs de firefox on travaillé gratuitement et continuent à le faire, ils se rémunèrent en notoriété. Une fois que firefox a commencé a commencé à gagner de l’argent, un système de redistribution a été mis ne place.

    Par ailleurs les développeurs de firefox ont pour la plupart un travail rémunéré qui leur permet de vivre. Sur leur CV, leur expérience comme développeur de firefox a une grande valeur. En ce qui me concerne le fait de participer à Agoravox me donne un surcroît de notoriété et de visibilité, qui donne de la crédibilité à mon message. Alors merci Agoravox.

    Thierry écrit des livre et Adam ne peut pas ignorer que c’est rarement une activité rentable. Lorsque Thierry me demande de l’aider pour le titre de son livre, il va me prendre 5 minutes de mon temps, alors que j’ai passé bien plus de temps à lire ce qu’il a écrit et qui me donne du régulièrement plaisir, de l’information. Lui filler un coup de main est la moindre des choses.

    Dans la réaction d’Adam, qui n’a pas se fond rationnel, je ressens comme une réaction émotionnelle, comme un petite jalousie. Cela semble souvant le cas avec quelques membres fondateurs des freeman. J’en suis personnellement sorti à cause justement de ces vaines querelles d’égos.

    Adam : il faut commencer par donner avant de recevoir 😉

  4. Sarro Philippe says:

    A propos de la fin du salariat, André Gorz écrit: osons l’exode
    Cela pourrait faire un bon titre.

  5. Page2007.com says:

    Adam Kesher néglige le côté gagnant-gagnant.

    Que ce côté gagnant-gagnant passe par le plaisir de l’échange ou du jeu (personnellement, je trouve ça plutôt amusant de chercher un titre de livre, quand le sujet est au coeur de nos passions : la politique et les blogs. Je ne le ferais pas pour un sujet qui ne m’intéresse pas. On ne demande pas un salaire quand on part jouer au tennis pour le plaisir)

    Ou que ce côté gagnant-gagnant soit plus matérialiste (échange d’avantages, de notoriétés, d’idées…).
    Si l’on suit le raisonnement d’Adam Kesher, les sites référencés par Bonvote.com devraient aussi payer une redevance à Thierry, puisque ces sites bénéficient d’une promotion gratuite, ce qui permet de se passer de Google Adsense. Bien sûr, Thierry bénéficie aussi de ces sites, qui font de la pub à Bonvote, site qui à son tour fait de la pub au bouquin de Thierry en renforçant sa notoriété. Bref, tout cela est circulaire, et chacun s’y retrouve.

    Au petit jeu de “qui profite le plus”, je pense qu’on arriverait à une égalité.

    Il n’empêche que Adam Kesher pose une bonne question, à savoir la remise en cause de certaines professions avec l’arrivée du Net et ses diverses conséquences (dont les échanges gratuits de services, et autres formes de trocs démonétarisés).
    Certes, mais tout progrès s’est traduit par une remise en cause de certains secteurs. C’est à chacun de s’adapter.

  6. Pour moi, l’essence du web 2.0 pourrait être le gagnant-gagnant. J’espère que nous allons réussir à construire une société gagnant-gagnant et abandonner l’actuel mode de jeu à somme nulle.

  7. Page2007.com says:

    “Quand un artiste écrit un livre, peint une toile, compose de la musique… le plus souvent il ne le fait pas pour de l’argent. La grande majorité des œuvres ne rapportent rien à leur auteur. Flaubert disait toujours que madame Bovary lui avait coûté”

    A ce sujet toutefois, la gratuité de la création artistique doit rester un choix personnel de l’auteur. Proust publiait à compte d’auteur, mais il était rentier, pouvait se passer de revenus. Je sors d’un débat avec des libéraux-libertariens, et je ne suis pas d’accord avec le refus de toute propriété intellectuelle, au nom du côté “immatériel” de la production d’idées. L’artiste doit rester libre de monnayer la réception de ses oeuvres, s’il le souhaite, ou s’il en a besoin pour vivre.

  8. Patrick B. says:

    Mais si, tout travail mérite salaire, mais un salaire n’est pas forcément une somme en espèces sonnantes et trébuchantes. Je viens d’alimenter un dictionnaire en ligne, de terminer un mini-article dans wikipédia, les billets de mon blog alimentent ziki, et par l’usage de toute une série d’applications Google (gmail, calendar, spreadsheet), je contribue à asseoir la suprématie de ce nouveau maître du monde. Croire que je fais tout cela gratuitement serait faire fi de mon (si petit) ego!

    Cela me permet de garder un contact permanent avec les nouveaux outils du net, d’apprendre chaque jour, bref, de progresser. Bien sûr, je suis moins souvent devant ma télévision, avachi à regarder des séries américaines (je n’ai rien vu de Lost saison 2, c’est dire), mais j’ai le sentiment de contribuer à l’amélioration de l’information globale, et de sa diffusion. Celui d’apporter ma pierre à la construction de cette nouvelle Babel (qui me semble d’ailleurs bien plus près du but que ne l’était l’ancienne…).

    En résumé, je progresse, je contribue, je me sens mieux. Et ça à un prix; interrogez un psy, vous verrez…

    La remise en cause de certaines professions avec l’arrivée du net? Eh bien, ce sont les mêmes questions qui ont été posées par l’arrivée de l’électricité, du chemin de fer, des véhicules à moteur à explosion… Désolé, pour les Cassandres, mais je me sens mieux, sans avoir à éviter le crottin de cheval dans les rues, à allumer le gaz ou les bougies pour m’éclairer le soir, et ne pas être obligé d’utiliser un tub pour mes ablutions. Oui, il faut s’adapter. C’est d’ailleurs la force de l’homme. Il y a vingt ans (j’y étais..), il n’existait que deux magazines informatiques (01 et l’OI), deux formations/métiers informatiques (pupitreur, analyste). Maintenant l’informatique, c’est des centaines de métiers, un pan entier de l’économie et de l’édition. D’ailleurs, c’est bien pour ça qu’on est là! Et je préfère mon job, qu’être employé aux écritures dans un cabinet de comptes.

    ::

  9. Anonyme says:

    “Je l’ai souvent dit, j’éprouve toujours une certaine gêne quand quelqu’un parle au nom des Autres. De quel droit ? Est-il un Autre ?”

    Précisément du droit que je m’estime effectivement faire partie des autres, sans prétendre toutefois en être pleinement représentatif.

    “Alors pourquoi ne pas dire je ?”

    Parce que je prétends (je assume ici !) être suffisament représentatif pour dire nous, ce qui est l’objet de mon propos : le collectif est ici plus intéressant que le je-moi. Mais au besoin je sais parler de moi-je. Et même plutôt bien… Enfin je veux dire beaucoup !

    “Et s’il n’est pas Autre que sait-il vraiment des Autres s’ils sont sensés être silencieux ?”

    J’ai donc répondu que je me considère (beaucoup) comme autre, mais aussi pour être tout à fait franc (un peu) comme pareil (que toi, que vous, que le peuple des connecteurs !). On peut parler dans la vrai vie et être silencieux sur le Net là où la future vie se cherche et se met au point…

    “Et s’il parle en leur nom, c’est donc qu’ils ne sont pas silencieux, c’est donc qu’ils participent d’une certaine façon à notre débat.”

    Superbe le sophisme : une belle pièce de réthorique. Sincèrement, j’apprécie à sa juste valeur (avec juste une pointe d’esprit polémique) ce syllogisme !

    “Je” = les autres
    “Je” parle
    preuve est faite que les autres parlent

    Un exemple maintenant : je sais pas toi Thierry, mais pour ma part j’en vois pas beaucoup des gars et des filles qui prennent la paroles sur les forums consacré à l’avenir du salariat pour dire quelque chose dans le genre :
    “Ecouté les gars les fille. J’ai 40 piges et je suis rincé. La vie pour moi s’est pas coton. J’en est toujour baver. J’ai eu des boulos que j’aimai mais j’ai pas pu les gardés. J’ai été marié, mais c’est fini. J’ai un gosse, je l’adore mais j’ai peur pour son avenir. Je suis fatiguer (dans ma tête surtou, mais ça prend le corp aussi). J’ai du boulo de temps en temps , tout juste assé d’argent pour couvrir tan bien que mal mes besoin. Je suis mal par rapport à mon entourage parce que j’ai honte. Je bosse peu, j’y arrive pas. Pas de fric, pas de vie sociale. Et qu’elle immage je donne à mon fils pour se construire ? Surtou quant j’ai pas le morale et que je déprime un peu (beaucou des foi). Encore heureux, je suis pas attiré par la bouteille, parce que y a des fois je me dis que je comprends ce qui succcombe à force d’être déçu d’essayé de sans sortir sans pouvoir. On devient désespérer. Et en plus, c’est dur à dire ça aux gens qui le vive pas. Parceque déja que t’ai pas fier de toi, mais en plus tu doi dire aux autres que tu en baves et que tu y arrive pas. Là je suis e train d’écraser une larme parce que ça fait mal quelque part dedans, dans sa tête, de se dire qu’on est pa dans le cou. Etc. Alors tu comprends, pour les gens comme moi, le salariat c’est bien. Que je serais content d’avoir un salaire assuré. En fin, plus tot un revenu minimal garanti et au moins un petit travail tous les jours pur que je serve à quelque chose et que mon fils il puisse dire : “papa il nettoie la ville” ou “papa aujourd’hui il peut pas parce que il travail”. Vous savez cest pas tout les jour que je trouve quelqun qui meprête un ordi pour que je surfe. Et j’ai eu de a chance parceque elle m’a expliqué comment ça marche les blog. Et puis j’ai eu de la chance je suis tombé sur le votre. Et je me suis dit vas y dis ce que tu as à dire. T’es nul en ortografe t’a toujour était faible en rédaction mais tu t’en fou. Il faut le dire ce que tu vis, sinon qui c ‘est qui va le dir ? Tant pis s’y ils en ont rien à foutre et si ils se foutent de ma tronche pour ce que je di.

    Pas facile de prendre son clavier pour mettre ça en ligne. Un peu hors sujet ici. mais pourtant tellement d’actualité aujourd’hui et demain.
    Conclusion : toutes les réflexions sont souhitables quant à notre avenir à condition de toujours faire savoir que les moins performants auront leur place dans la belle société de la liberté individuelle à laquelle vous aspirez (à juste titre) et à laquelle j’aspire, sous certaines conditions cependant. Et il ne suffit pas de dire “oui oui on est d’accord. Bien sûr.” Il faut vraiment une prise de conscience de celà et une prise en charge du problème. Car la population concernée ne saura pas s’organiser en collectif pour faire entendre les besoins afférants à sa condition.

  10. Ce message que tu reproduis est bouleversant. Si tu as le mail du gars, un moyen de le contacter, de lui faire signe, je vous invite à déjeuner, essayons de le reconnecter.

  11. Anonymous says:

    Ravi d’avoir initié un débat à la fois très intéressant et très important à mes yeux.

    Quand on lit mon billet puis celui de Thierry Crouzet, la facilité est de se dire “ils ne sont pas d’accord, ils se fritent”. La réalité me semble un tout petit peu plus complexe. Si on lit bien mon billet, on y voit :
    – une gêne vis-à-vis de certaines pratiques de “travail gratuit”
    – une interrogation générale sur l’impact d’Internet sur certaines activités économiques
    – une conclusion assez ouverte qui évoque l’idée que les formes de travail menacées par Internet jouissent actuellement d’un privilège artificiel, et une vision positive de l’enthousiasme des internautes qui collaborent.

    Ce billet est complexe, comme le sont souvent ceux que j’écris, car il me semble que les blogs sont un lieu où l’on peut affronter la complexité, l’assumer, la traiter, qu’on n’est pas obligé de dire tout blanc ou tout noir même si ce serait plus simple.

    Je ne me reconnais donc pas complètement dans l’introduction du billet ci-dessus : “Kesher me reproche en gros de vous exploiter, vous lecteurs qui avez gentiment proposé des idées de titres pour mon prochain livre.” Tout est dans le “en gros”.

    Par ailleurs je trouve archi démago la formule “vous lecteurs qui avez gentiment proposé des idées”… Mais c’est une autre histoire.

    De toute façon il n’est pas très important de savoir si Thierry Crouzet et moi nous nous opposons frontalement ou pas. Ce qui est important, c’est le sujet qui nous occupe. J’ai plusieurs réactions à la lecture du billet ci-dessus, et je m’en excuse par avance, elles sont complexes !

    Que se passerait-il si un internaute trouvait le titre qui allait permettre de vendre deux fois plus de bouquins ? Car il faut bien se rendre compte que le titre d’un bouquin est absolument clé pour ses ventes. Au mieux, il reçoit de la reconnaissance et de l’image. Au pire, il est négligé, oublié, il est le seul à s’en souvenir. Comme tous ses stagiaires en agence de pub qui ont trouvé des slogans qui ont fait la fortune non seulement des marques… mais aussi de leur directeur de création qui leur en a piqué l’idée.

    A mon sens ce n’est pas parce qu’un travail prend deux minutes qu’il n’a aucune valeur. Cela pose la question de la relation entre le temps et le travail. Dans les activités intellectuelles, celles du conseil par exemple, on se rémunère en général sur le temps passé. Un consultant facture à son client un certain nombre d’heures par rapport à son tarif horaire qui est censé représenter sa valeur. Mais les meilleurs conseils, les meilleurs idées, qui font gagner beaucoup d’argent à ceux qui les reçoivent, ne prennent parfois que quelques minutes ou quelques secondes à être formulés. Il y a donc un vrai problème de reconnaissance de la valeur de certaines activités dans la société, qui est loin d’être résolu.

    Ensuite, ce qui me gêne, ce n’est pas que des internautes collaborent, échangent, dialoguent. Au contraire ! Mais quand une personne qui est dans une logique économique, comme la prochaine publication d’un bouquin (que cela paie bien ou non) demande des conseils gratuits, cela me gêne. Cela ne me gêne pas quand les personnes qui échangent n’ont aucun intérêt économique. C’est là qu’on retrouve l’envie d’échanger, l’amitié, le désir de reconnaissance évoqués par Thierry Crouzet.

    Donc, une personne qui donne gratuitement des conseils à une personne qui peut en retenir un bénéfice financier, cela m’interroge. Je pense que celui qui donne des conseils gratuits doit au moins avoir conscience de ce qu’il fait, et non pas agir par naïveté ou besoin de reconnaissance. C’est là mon point clé.

    Quand Thierry Crouzet écrit “nous pouvons aussi agir par amitié, par désir de partage, de reconnaissance, par pur altruisme…”, je crois que le facteur “recherche de reconnaissance” est extrêmement important. J’en ai beaucoup parlé sur mon blog.

    D’une manière plus générale, je ccrois que les internautes, les consommateurs, les citoyens doivent avoir davantage conscience de la valeur de leurs opinions et de leurs idées dans le système économique.

    Quand on regarde la chaîne économique entre une entreprise et ses consommateurs, on se rend compte que la connaissance de l’opinion des consommateurs est un facteur clé de la réussite des stratégies d’entreprise. Les consommateurs sont fréquemment sollicités : études quanti, focus groups, sans compter l’information qui remonte aux services consommateurs… Et ce sont les sociétés d’étude qui se rémunèrent pour cette activité.

    Mais la matière, le contenu, la richesse, appartiennent aux consommateurs qui n’en ont pas conscience. Pour une heure de focus group, je reçois un petit cadeau d’une valeur de 50 euros, mettons. mais j’ai peut-être émis l’idée ou l’opinion qui va être décisive pour le clients et ses millions d’euros d’enjeux ! Donc, le consommateur est, d’une certaine façon, exploité économiquement. On compte sur sa gentillesse.

    Avec Internet, on récupère l’information gratuitement. L’autre jour, j’assistais à une présentationd e quelqu’un de chez Skyrock qui disait “baladez vous sur les skyblogs, vous en saurez dix fois plus sur ce qu’on pense de vos produits qu’en investissants des dizaines de milliers d’euros dans des études”. C’est vrai et tout est dit. Internet menace l’équilibre ou au moins le modèle économique des sociétés d’étude. Quand on regarde les choses de cette façon on voit que c’est une chance pour les grandes marques : si elles s’en rendent compte, elles peuvent renforcer leur pouvoir grâce à Internet et la gratuité des infos qui circulent. Je ne dis pas que c’est bien ou pas bien, mais cela va plaire à certains et déplaire à d’autres.

    Ensuite, on dit que celui qui apporte l’idée gratutement se rémunère en image. C’est vrai, mais est-ce suffisant ?

    Je suis ravi que l’on intègre le rôle et la valeur de l’image dans la société, puisque c’est un des sujets que je traite le plus sur mon blog. Mais il me semble qu’à certains égards, le bénéfice d’image a bon dos. Par exemple, quand un “expert” est invité à faire une présentation dans une conférence, il va partager son savoir, sa valeur ajoutée et donner de son temps. Ce savoir peut-être réutilisé par d’autres. Il ne faut donc pas nier la très grande valeur que peuvent avoir certaines interventions de ce genre. Pourtant, souvent, on va demander à l’expert d’intervenir gratuitement. Pourquoi ? Au nom du bénéfice d’image. “il peut y avoir de futurs clients dans la salle, etc.”.

    Mais de ce que je vois, j’ai l’impression que certains sont bonnes poires et que d’autres, qui se font payer, ont mieux compris le système.

    Cela pose la question de la valeur de l’image dans la société, qui est loin d’être épuisée. En attendant et jusqu’à preuve du contraire, la valeur dans la société est mesurée par l’argent.

    Gagnant-gagnant ? Je ne suis pas convaincu. Je suis davantage sensible à l’argument de Thierry Crouzet sur le “tout-financier” qui est une menace. Effectivement, heureusement que l’argent n’est pas partout. Mais quand un acteur qui a un enjeu économique reçoit des conseils gratuits, je trouve qu’il y a un problème. Et encore une fois, mon point le plus important est : “que ceux qui donnent les conseils le fassent en connaissance de cause”.

    J’en reste donc à la conclusion de mon billet initial :

    “as normal : qu’une bonne idée de titre de bouquin, qui permet à son auteur de mieux le vendre, ne soit pas rémunérée.
    Pas normal : qu’un bon article, qui attire du monde sur un site et permet de mieux valoriser le prix de l’espace, ne donne pas lieu à une rémunération.
    Normal : que l’information circule, que les gens s’expriment et communiquent, que le monde devienne plus fluide, que les rémunérations des individus ne reposent pas sur un droit d’exclusivité plutôt qu’un savoir-faire.

    Autrement dit, on peut considérer que si Internet permet à tous de s’exprimer et tue la presse écrite, c’est que cette dernière aura joui d’un privilège artificiel reposant sur l’exclusion des citoyens de la rédaction de médias. On peut considérer que si les blogs tuent les agences RP, c’est que ces dernières apportaient un service qui reposait sur l’exclusion artificielle de leurs clients de l’accès aux outils de communication. (Mais rassurez-vous, cela n’arrivera pas).

    De toute façon, il y aura toujours des Internautes pour participer au système gratuitement. Par enthousiasme, par absence de calcul – et pour cela, on peut aussi se dire tant mieux.”

    Un petit mot à l’attention de Laurent Bervas :

    Je suis bien d’accord quand tu dis qu’il faut donner pour recevoir. D’ailleurs je donne beaucoup sur mon blog qui propose de nombreuses réflexions gratuites sur des sujets très variés 🙂

    Mais quand tu écris :

    “Dans la réaction d’Adam, qui n’a pas se fond rationnel, je ressens comme une réaction émotionnelle, comme un petite jalousie. Cela semble souvant le cas avec quelques membres fondateurs des freeman. J’en suis personnellement sorti à cause justement de ces vaines querelles d’égos.”

    Je ne saurais que trop te demander de garder pour toi des spéculations d’ordre personnel qui concernent quelqu’un que tu n’as jamais rencontré.

    En revanche si un freemen qu passe par là avait l’idée de republier les e-mails que tu avais envoyé pour te plaindre d’être exclu du projet Imagine (projet qui voulait seulement reposer sur un groupe restreint de personnes pour être efficace avant de s’ouvrir par la suite), ce serait très drôle !

    J’ai été long, j’ai été complexe, mais aurai-je été bien lu ?

  12. adam kesher says:

    Pardon pour le poste anonyme. Il s’agit d’Adam Kesher.

  13. Tu peux pas dire normal, pas normal, classer les choses comme ça. Comme tu dis, c’est complexe. Je ne suis pas pour qu’il y ait des règles a priori. J’espère que des gens intelligents discutent et savent ce qu’ils font. Si quelqu’un trouve un titre génial, il peut essayer de me le vendre, c’est son droit. J’ai pas dit que j’allais faire un chèque :-). Et si quelqu’un trouve le titre que j’utiliserai effectivement, j’espère ne pas l’oublier. Qu’est-ce que je peux dire d’autre ?

    Pour ma part, je donne de temps en temps des conférences, je ne me fais quasiment jamais payer, souvent même pas payer les déplacements. Et ça m’a déjà coûté plus que ne me rapportera jamais Le peuple des connecteurs. Je le fais parce que je crois que certaines idées méritent une plus large audience.

    Donner une idée, ça ne coûte rien. Les idées ne coûtent rien. C’est leur mise en application qui est coûteuse. J’ai commencé un bouquin qui s’appelle J’ai eu l’idée. C’est une liste d’idées que je distribuerai gratuitement. J’attends d’avoir 500 entrées pour que ça ressemble au Je me souviens de Perec. Je ne vois pas pourquoi nous n’aurions pas envie de faire des cadeaux. J’ai un jour donné une voiture à une amie. Chaque fois qu’elle va au travail avec doit-elle me payer quelque chose ?

    Je sais que je caricature, c’est juste pour redire qu’il n’y a pas de règle. Je peux inviter des gens à bosser gratuitement pour moi, s’ils acceptent je suppose qu’ils sont intelligents et qu’ils trouvent leur compte à cette collaboration. Combien de petits soldats travaillent gratuitement pour nos hommes politiques ?

    Quand j’écris un papier dans Agoravox, je fais un cadeau, non pas à Carlo Revelli, mais aux lecteurs d’Agoravox qui vont me lire. Je pourrais très bien aller vendre certains de mes papiers à des magazines. J’ai vécu de ça il y a plus de dix ans, c’est pas un problème, c’est pas difficile. Si je ne le fais pas, c’est pas que Carlo me flouse, c’est que j’ai envie d’entrer dans son jeu.

    Dee Hock explique que personne n’a jamais été récompensé pour avoir proposé le nom Visa. Ça s’est fait comme ça. Et je trouve que c’est bien. Quelle importance que nous ayons presque tous aujoud’hui le logo Visa collé sur notre carte de crédit ? Si j’avais trouvé le nom, ça m’aurait amusé.

    Je crois que nous devons laisser les gens libres se débrouiller entre eux. Je suis sûr que ceux qui m’ont proposé des titres ont accepté cette règle tacite. Je crois qu’ils étaient tous conscients de ce qu’ils faisaient. Que ceux qui ne l’ont pas fait ne soient pas nécessairement conscient ce n’est même pas un problème. Pour résumer, je crois qu’il ne faut pas prendre les gens pour plus con qu’ils ne sont… même si c’est dans leur intérêt. Je parts toujours du principe que les gens avec qui je discute sont intelligents.

  14. ~laurent says:

    > En revanche si un freemen qu passe par là avait l’idée de republier
    > les e-mails que tu avais envoyé pour te plaindre d’être exclu du projet
    > Imagine (projet qui voulait seulement reposer sur un groupe restreint de
    > personnes pour être efficace avant de s’ouvrir par la suite), ce serait très drôle !

    Ce serait en effet très drôle 🙂 Je dois avoir quelque part la trace de ces email, si cela t’intéresse.

    La chose que je reprochais à certains certains membres fondateurs des freemen était :
    1) de blogger (on-line et off-line) sous des pseudos
    2) de ne pas être transparent dans leur projet vis à vis des freemen

    Etre exclu du projet “imagine” ? amusant, j’ai simplement indiqué que le manque de transparence me dérangeait, c’est pour cela que j’ai quitté le groupe.

  15. adam kesher says:

    Thierry :

    Normal, pas normal : à mes yeux, bien sûr. Je n’ai pas de prétention à l’universalité. J’ai bien compris ta logique et elle a un vrai mérite. Simplement, j’en reviens aux “pouvoirs économiques” qui se servent des opinions ou des idées des consommateurs. Et les gens ont beau être intelligents (je suis d’accord avec toi, on a beaucoup trop tendance à prendre les gens pour des cons), je ne pense pas qu’ils aient une vraie conscience de la valeur de ce qu’ils ont dans la tête pour les acteurs économiques. Mon propos est très pro-consommateur.

    C’est là que ça me choque : il y a un déséquilibre entre des acteurs économiques qui profitent du système pour s’enrichir (et là j’élargis, je ne parle pas de ton bouquin, je pense que tu l’auras compris) et des citoyens qui agissent juste “gentiment”. Quand tu donnes ta voiture à une amie, vous n’êtes pas en relation économique, c’est juste de la générosité. Mais je ne comprends pas bien qu’on soit généreux avec des entreprises ou des acteurs qui retirent un bénéfice financier de ce que je peux leur dire, sans avoir bien étudié l’intérêt pour moi.

    Le fait de demander des idées pour le titre de ton bouquin ne me choque pas plus que ça. J’ai saisi cet exemple parce que je trouve que ça illustre une tendance assez courante. J’espère que ceux qui ont proposé des idées connaissent bien ta “vision”. Quand j’ai vu le post, je me suis demandé si j’allais répondre, puis je me suis dit que je ne connaissais pas assez bien ton propos et que je n’étais pas certain de le soutenir. Ensuite, cela m’a “inspiré” sur le travail gratuit.

    Pour ma part je diffuse aussi beaucoup d’idées gratuitement, d’autant plus gratuitement que je blogue sous un pseudo. Je ne veux pas en retirer le moindre bénéfice (ou le moindre risque, bien entendu, cela marche ensemble) dans ma vie non-virtuelle. Du fait de bloguer et de diffuser des idées, j’en retire un enrichissement personnel. Je participe à Agoravox qui est une expérience très intéressante avec un modèle économique qui se construit. Mais je ne participe pas à des focus groups par exemple et je me méfie énormément des “abus” : ces situations où on te demande gentiment un petit service qui a en réalité une grande valeur pour l’intéressé et ne correspond pas nécessairement à ton intérêt propre. Générosité oui, naïveté non.

    En tout cas cela est l’occasion d’un bon débat, complexe encore une fois, avec de multiples facettes et enjeux.

    Laurent : dans ce commentaire tu as quitté le réseau freemen à cause du “manque de transparence”, une dizaine de commentaires plus haut tu l’avais quitté à cause de “vaines querelles d’égos” ! Amusant, définitivement.

  16. Je suis assez d’accord avec toi. Les grosses boîtes prennent souvent les consommateurs pour des cons. C’est à nous, comme tu le fais avec les focus group, de juger jusqu’où nous voulons aller.

    Est-ce que Google nous prends pour des cons ? Il utilise nos contenus pour enrichir son index. Mais comme il nous envoie des clients, nous pouvons dire que c’est du gagnant-gagnant.

    En fait, il ne faudrait accepter que les échanges gagnant-gagnant. Si tu trouves un titre pour mon livre, je t’attribue le titre dans les remerciements, tu bénéficies d’un peu de pub ou de reconnaissance, c’est une façon de jouer gagnant-gagnant, même si nous ne gagnons pas nécessairement à 50/50. Avec Google, ce n’est jamais du 50/50 n’ont plus. Ce qui importe, c’est de gagner des deux côté.

    Avec Google, tu as un contrat tacite. Tant que Google exploite ton contenu, tu gagnes. Avec mon histoire de titre, c’est la même chose. Tant que le livre est disponible, tu gagnes en visibilité. Avec les focus group, on t’achète avec un joujou et après tu gagnes rien. C’est ça sans doute qui n’est pas acceptable. Qu’on t’utilise et puis qu’on te jette.

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