Le sol sibérien aujourd’hui gelé contient d’immenses quantités de gaz à effet de serre.

Si le réchauffement climatique se poursuit de 1°C, un seuil critique sera franchi, dit Sim Hansen de la Nasa dans NewScientist.

Une grande partie des gaz emprisonnés sera libérée, créant une réaction en chaine qui risque fort d’être incontrôlable.

La terre n’a jamais été aussi chaude depuis 10 000 ans. Avec 1°C en plus, elle n’aurait jamais été aussi chaude depuis 1 million d’années. Si nous continuons à produire autant de gaz à effet de serre, nous risquons de franchir le seuil critique dans une dizaine d’années.

Peut-être vivrons-nous bientôt dans un monde que les homo-sapiens n’ont jamais connu.

PS1 : Comme on ne peut pas prévoir l’avenir, personne ne peut démontrer que la planète continuera de se réchauffer. Mais pour le moment, elle s’est déjà réchauffée. Du point de vue de la planète, ce n’est pas nécessairement mauvais, ça c’est déjà produit. Le problème est juste que si elle se réchauffe encore un peu, ça compliquera la vie des hommes. Nous pouvons donc légitimement nous interroger. Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour éviter une situation difficile ? Je ne suis même pas sûr que ce soit possible. Ce n’est pas une raison pour ne rien faire (au niveau local).

PS2 : L’impossibilité de prévoir ne dois pas nous empêcher d’agir. Rien d’interdit d’imaginer le pire. Et puis réduire les gaz à effet de serre ne fait aucun mal (sauf à quelques industriels qui n’ont pas compris que la croissance matérielle ne pouvait se prolonger dans un monde fini). Qu’ils inventent vite l’hyperpropulsion spatiale.

PS3 : C’est par nous que tout doit commencer. Mais, comme c’est exigeant, les alter-écolo préfèrent se tourner vers l’État. Ils renoncent à leur responsabilité.

PS4 :  Si le réchauffement climatique ne se produit pas, personne ne s’en portera plus mal. S’il se produit, oui. Alors ceux qui en ont peur, à juste ou mauvaise raison, ne nuisent en rien à la survie de l’espèce humaine. En revanche ceux qui l’ignorent, s’ils se trompent, peuvent nous coûter cher. J’ai tendance à imiter Pascal. En croyant au réchauffement climatique, j’ai beaucoup moins à perdre. Et si il y a moins de CO2 dans l’atmosphère, surtout dans celle des villes, je ne m’en porterais pas plus mal, au contraire. Je me fou de la vérité. Il n’y a pas de vérité.

PS5 : Je viens d’exposer ma version du principe de précaution. Je n’interdis rien, je dis essayons d’agir comme si nous avions déjà tout détraqué, si ce n’est pas vrai nous n’aurons rien perdu au contraire. Je crois que nous ne pouvons pas ignorer le risque, même s’il n’est que potentiel. Et même s’il n’existe pas, il aura au moins l’intérêt de nous pousser en avant. Nous avons commencé par moins abuser des hommes, maintenant il faut aussi moins abuser de la nature.

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42 comments

  1. Dilbert says:

    Soyons prudents, on ignore beaucoup de choses dans ce domaine, on n’est même pas sûr que l’activité humaine y soit pour quelque chose, et si oui, dans quelle proportion. En Europe, les glaciers fondent depuis 1850, et au Moyen-Age ils avaient aussi énormément fondu (et on ne peut pas mettre ça sur le compte de l’activité industrielle).

    Ce qui est sûr est qu’on trouvera toujours des scientifiques pour demander des crédits supplémentaires, et des politiques pour demander davantage d’intervention étatique. Et quel meilleur prétexte que TEOTWAWKI (the end of the world as we know it) ?

  2. J’ai juste donné des chiffres. Mais à force de dire qu’on ne sait pas tout, on risque de recevoir une sacrée gifle.

  3. Axel says:

    Dilbert, il faut que les libéraux cessent de faire l’autruche sous prétexte de défense de la civilisation industrielle contre les altermondialistes anti-libéraux. Plus personne ne considère aujourd’hui le réchauffement climatique comme une lubie inventée par des chercheurs écolos. L’Etat américain, qui longtemps a nié ces recherches sous l’action des lobbys énergétiques, se rend lui-même à l’évidence, et le Département d’Etat a relayé les dernières découvertes de la Nasa dont parle Thierry Crouzet.

    A une échelle de temps aussi courte, on ne peut plus rien faire pour empêcher le déréglement climatique et ses premières conséquences. Kyoto ne changerait pas grand chose au moins pour les 50 prochaines années. La recherche doit maintenant se concentrer sur les moyens de s’adapter aux changements. De ce point de vue, les OGM peuvent être une piste intéressante, pour continuer à nourrir l’humanité sous des conditions climatiques difficiles. C’est ici qu’on voit que les écolos français ne sont pas cohérents. Face aux problèmes environnementaux qu’ils dénoncent avec raison, il faudra des réponses nouvelles, des progrès techniques que souvent ils refusent : OGM, nucléaire pour remplacer le pétrole…

  4. charlie says:

    @ Dilbert :
    Soyons sérieux, je ne sais pas qui est le “on” de “on ignore”, mais il pourrait se renseigner. S’il s’agit de vous, allez donc faire un tour chez manicore http://www.manicore.com/
    [passez la page d’accueil très laide et allez directement à la FAQ]
    Pour faire court : votre exemple des glaciers au moyen âge n’a rien à voir avec la choucroute, et oui, “on” est sûr que l’activité humaine est pour quelque chose dans 1) le changement climatique et 2) le CO2.
    Votre attitude est irresponsable, ce n’est pas parce qu’on regarde ailleurs que le problème n’existe pas. Si vous ne connaissez pas du tout le sujet évoqué par Thierry, je me répète, renseignez vous. En attendant, évitez donc d’énoncer des contre-vérités aussi manifestes.

  5. Dilbert says:

    SVP ne parlez pas d’irresponsabilité si vous n’avez pas quelques notions de droit et quelques arguments de droit pour étayer votre thèse. Pour votre info, je mange bio et je n’ai pas de voiture. Je suis sûrement plus écolo que certains “écolos” qui pérorent sur les ondes. Je n’ai pas encore d’ordinateur à manivelle mais ils n’ont pas ça chez Auchan.

    Trop facile de bêler avec le reste des moutons… Les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, voyez ce que dit Allègre par exemple (c’est un géologue, et son avis en vaut bien un autre).

    Il y a quelques mois, on nous bassinait avec le peak oil. Il semble que la mode ait changé et qu’on se soit trouvé un nouveau croquemitaine. Quel sera le prochain ? Ah, on a encore la Corée du Nord et l’Iran comme épouvantails valables. De plus, ils doivent pas mal contribuer à l’effet de serre, ces zigotos là…

  6. Misaelle says:

    J’ai LA preuve :
    [URL=http://imageshack.us][img]http://img169.imageshack.us/img169/8554/climatev1.jpg[/img][/URL]

  7. Vincent says:

    @Dilbert
    Il y a juste un point du raisonnement que je ne comprends pas. Même en admettant que le réchauffement actuel ne soit pas “de notre fait”, ce n’est pas une raison pour réagir.

    Si l’on admet que la Terre est en train de se réchauffer, et qu’il y a un risque que de grandes quantités de gaz à effet de serre d’origine “naturelle” va être libérée, cela veut dire que NOUS, qui ne faisons pas partie de l’écosystème naturel, devons réagir.

    C’est une espèce d’équation dans laquelle, de mon point de vue, notre “responsabilité” n’intervient pas.

    Si Terre = en réchauffement,
    Alors: risque = gaz à effet de serre naturel en hausse,
    Alors: volume total gaz à effet de serre total = en hausse,
    Alors: risque = problèmes pour l’humanité,
    Alors: si objectif = éviter problème pour l’humanité,
    Alors: action = limiter partie non-naturelle dans la production de gaz à effet de serre.

    Non?

  8. Casabaldi says:

    > Dilbert : soyons prudents, certes, mais soyons précis. Il y a eu, à ce jour, 869 études scientifiques sur le changement climatique. Elles concluent toutes, TOUTES, à un réchauffement global “anormal” et toutes également au rôle déterminant de l’activité humaine dans ce réchauffement. Mettre cette unanimité sur le compte de la “recherche de crédits” est au mieux de la mauvaise foi. D’autant que des puissances non négligeables ne demanderaient pas mieux que de financer des recherches concluant l’inverse.
    Il existe bien entendu, des divergences, des incertitudes, des différences entre ces études. Mais elles se situent au niveau de la prévision des conséquences de ce changement climatique, pas du tout au niveau de son existence ou pas.
    (et également sur le rôle des gaz à effet de serre, certains soutenant que d’autres facteurs, également d’origine humaine, agissent aussi).
    J’ajoute que Mr Allègre est effectivement géologue. Et en aucun cas climatologue.
    Quant au peak oil, ne mettez pas tout le monde dans le même sac. C’est un autre sujet (et à mon avis, un faux problème) et ce ne sont pas forcément les mêmes gens qui en parlent.

    > Axel : à propos des “altermondialistes anti-libéraux”, je ne nie pas qu’il en existe.
    (comme il semble y avoir aussi des “libéraux conservateurs” ce qui me semble absolument impensable). Mais je suis également persuadé que beaucoup d’alters sont des libéraux qui s’ignorent, et réciproquement.
    Bref, je suis un peu déçu par les caricatures de votre commentaire… On peut en effet se considérer comme “alter”, “écolo” (voire libéral) et ne pas correspondre aux clichés véhiculés par les medias. Nous sommes très nombreux à ne pas être anti-OGM ou anti-nucléaire. (le lien que donne Charlie par exemple, pointe chez un plutôt “pro nucléaire”) et en aucun cas anti-évolution et progrès scientifique, bien au contraire !!!!
    Je crois que des gens comme Thierry ou moi sont tout à fait représentatifs de cette tendance.
    En gros, j’ai fait l’effort de ne pas réduire le libéralisme à des “manifs anti-manifs”. Soyez gentil, en échange, de ne pas réduire l’altermondialisme à du fauchage de maïs….
    Nous savons les uns et les autres que ce que disent les media de nous est réducteur, voire faux. Soyons assez malin pour en déduire que c’est la même chose pour “l’autre”.

  9. Axel says:

    @ Casabaldi

    “On peut en effet se considérer comme “alter”, “écolo” (voire libéral) et ne pas correspondre aux clichés véhiculés par les medias. Nous sommes très nombreux à ne pas être anti-OGM ou anti-nucléaire.”

    Je suis de ceux-là, et j’avais diffusé l’étude climatique de la Nasa sur Page 2007 il y a plusieurs jours, avant de le lire chez Thierry Crouzet : http://www.page2007.com/?p=1412 et plusieurs autres sujets étaient consacrés à ce problème climatique depuis la naissance du site.

    Dans mon commentaire ici, je parlais justement de l’image médiatique globale des écolos en France. Alimentée il faut le dire par les Verts, par Bové… C’est-à-dire par ceux qui ont la parole médiatique sur ces sujets d’écologie, et qui se trouvent être des anti-libéraux. Hulot vient un peu changer l’équilibre, mais il est récent en politique.

    Pour avoir plusieurs fois vu le sujet du changement climatique passer sur le forum Liberaux.org, et y être décrié, j’ai constaté qu’il y avait une sorte de crispation des libéraux sur ce sujet, un déni de réalité, pour les raisons suivantes :

    – ce sujet du changement climatique est médiatiquement mis en avant par les anti-libéraux qui en profitent pour attaquer la société de consommation, et par extension le libéralisme économique, qui en font un fond de commerce. Autrefois, ils attaquaient le libéralisme économique au nom des luttes révolutionnaires, maintenant le climat leur sert d’argument. Cela provoque la méfiance de certains libéraux sur ce sujet du climat, accusé d’être une lune semblable aux précédentes rhétoriques marxistes, la “lutte des classes”, “la pente fatale du capitalisme à s’auto-détruire et détruire l’humanité”, etc.

    – dans un premier temps, on ne peut pas dire que les gouvernements aient instrumentalisé le changement climatique. Ils l’ont plutôt nié (tendance générale à nier les problèmes ; action des lobbys énergétiques poussant à la consommation…) Mais ils y sont venus sous la pression de la réalité exposée médiatiquement. Dès lors, il y a cette éternelle méfiance des libéraux face à tout problème mis en avant pour justifier une intervention étatique, de nouvelles règlementations, de nouvelles taxes.

    – il y a cette crispation des libéraux sur un sujet qui conduit à limiter les libertés individuelles : limitation du nombre de voitures, limitation de la vitesse pour économiser l’énergie, etc

    – philosophiquement, ce changement climatique sonne comme un coup d’arrêt au progrès continu amené par la société industrielle. Pour la première fois, cette société industrielle qui a amené un progrès continu du confort de vie, qui a fait passer la population mondiale de 1 milliard en 1800 à + de 6 milliards aujourd’hui, menace ce confort de vie et la survie humaine en créant de multiples problèmes liés au changement climatique qu’elle a engendré. Pour certains, ce fait n’est pas facile à admettre, et bcp de libéraux préfèrent nier le changement climatique, y voir une manipulation gauchiste ou étatiste ou lobbyiste ou irrationnelle, que d’admettre qu’il faille brutalement contrôler le développement libre des individus et des entreprises.

    – chez bon nombre d’esprits libres, il y a une attitude suspicieuse à l’égard de tout sujet “à la mode”, accusé d’être surfait, exagéré, de n’être qu’un soufflé catastrophiste. Comme on a vu avec la vache folle, etc. Ce serait alors une marque d’intelligence de ne pas céder à la mode, d’apporter une vue contradictoire, de se montrer sceptique, de mettre en avant le doute prudent. Un doute qui va rarement jusqu’à douter de son doute, comme chez Montaigne. On est plus proche du déni systématique accordé à tout sujet médiatique, que d’un réel doute scientifique étudiant les faits avec impartialité.

  10. Belle analyse Axel.

  11. Sarro Philippe says:

    Le 4ième rapport du GIEC (composé d’une centaine de scientifiques de plusieurs nationalités: dont le glaciologue et médaille d’or du CNRS Jean Jouzel) doit être livré au 1er semestre 2007. Les 1er échos ne semblent pas optimistes.

  12. Aurel says:

    Que pensez-vous des propos d’un fameux libéral, Claude Allègre ?

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],[email protected],0.html

    Puis, en réponse aux attaques et invectives des scientifiques français :
    http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=6159

  13. Axel says:

    Pour l’article de Allègre dans l’Express :

    “Troisième point de désaccord, nous pensons qu’il est impossible de prévoir à long terme l’évolution du climat, car il dépend de la logique des phénomènes chaotiques, comme l’a montré Edward Lorenz.”

    Avec ça on est bien avancé… La médecine non plus n’est pas une science parfaite. Est-ce une raison pour ne pas se soigner selon la plus forte probabilité médicale du moment ?

    Allègre : “ce qui me distingue des fanatiques de l’effet de serre, c’est que leurs proclamations consistent à dénoncer le rôle de l’homme sur le climat sans rien faire pour combattre ce danger, si ce n’est organiser des colloques et préparer des protocoles qui restent lettre morte. C’est l’attitude de l’écologie dénonciatrice. Je me situe clairement dans l’écologie réparatrice.”

    ok pour ça. La querelle d’Allègre avec certains climatologues relève davantage de querelles entre scientifiques, soit pour des raisons philosophiques, soit pour des raisons de vanité entre chercheurs (“je touche mieux du doigt le problème que toi”, “déjà en 19.. je publiais cet article qui mettait en évidence, etc”), soit pour des divergences d’interprétation microscopiques, qui ne changent pas vraiment la nature du problème.

    On sait qu’Allègre adore provoquer, rentrer dans le lard, ébranler les mammouths, dire qu’il comprend mieux que les autres… Au final, avec son côté “je rentre dans le lard vous êtes tous des cons”, il n’a pas montré, quand il était au pouvoir, une plus grande capacité à régler les problèmes, que ceux qu’ils dénoncent sous prétexte qu’ils se contentent “d’organiser des colloques”.

  14. Dilbert says:

    Je vous conseille une émission sur la TSR qui personnellement me confirme dans mon scepticisme, et me montre que je ne suis pas le seul à l’être, loin de là :

    http://www.tsr.ch/ (Emission : “Terre – et pourtant elle chauffe”)

    Quand on sait que la météo est infoutue de prévoir le temps à plus de 5 jours, on ne peut que sourire quand on écoute les doomsayers…

  15. On ne peut pas prévoir l’avenir c’est sûr. Personne ne peut démontrer que la planète VA continuer de se réchauffer. Mais pour le moment, elle s’est réchauffée. Du point de vue de la planète, ce n’est pas nécessairement mauvais, ça c’est déjà produit. Le problème est JUSTE que si elle se réchauffe encore un peu, ça va compliquer la vie des hommes. Et c’est ça qui interroge. Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour éviter une situation difficile? Je ne suis même pas sûr que ce soit possible. Ce n’est pas une raison pour ne rien faire (au niveau local).

  16. Axel says:

    Dilbert, je ne vois pas dans la vidéo TSR des arguments très solides allant dans ton sens. La femme est plus convainquante. Son opposant ne fait qu’opposer un doute de principe, sans réels éléments.

    Autre chose : sur le fait qu’il avance, que la Terre a connu des périodes plus chaudes, au Moyen Age par exemple, sans que l’homme en soit tourmenté. C’est ultra simpliste comme argument. Au Moyen Age, la Terre comptait dans les 500 à 800 millions d’habitants. Aujourd’hui c’est six milliards. Et nos vies sont devenues complètement dépendantes d’infrastructures électriques, électroniques, réseaux de distribution d’énergies, sans parler d’Internet, du nucléaire, etc. Si des perturbations climatiques, tornades, glaciations locales par disparition du gulf stream, etc, détruisent ces infrastructures, dans un monde hyper peuplé et hyper technique, les conséquences sont autres qu’au Moyen Age. Les citadins ne sont plus autosuffisants en nourriture, ni même en eau potable, ils dépendent des réseaux de distribution pour tout.

    L’étude du Pentagon sur le climat, publiée il y a quelques années déjà, concluait que les pires effets à attendre du changement climatique étaient les exodes massifs avec leurs conséquences géopolitiques, voire un conflit nucléaire pour l’accès à l’énergie et aux ressources naturelles. Au Moyen Age c’était bcp plus simple de s’adapter au changement climatique, l’organisation de la société était très simple, locale, sans réseaux mondiaux dont la coupure pouvait amener des catastrophes en chaîne.

    Ces réseaux de distribution sont bcp plus fragiles que les hommes, en fin de compte. Et avec six milliards d’habitants on ne peut plus s’en passer, on ne peut pas chacun retourner à son jardin. Le retour en arrière vers un monde naturel n’est plus possible.

    Ce qui reste possible, c’est de donner plus de moyens à la recherche, et de commencer à construire des infrastructures capables de résister aux perturbations attendues. Cette question de la résistance des infrastructures aux intempéries est la plus fondamentale. On a vu les effets sur le cours du pétrole des tornades dévastant les raffineries et puits de pétrole dans le golf du Mexique, ce n’est pas du fantasme c’est déjà le présent.

    Il faut aussi envisager la construction de digues dans certains endroits menacés par l’élévation du niveau de la mer, ou bien il faudra organiser des exodes. Quand on voit les problèmes suscités en Palestine par un exode de quelques millions de personnes, tu peux imaginer qu’un exode climatique ne se gèrera pas facilement.

  17. Dilbert says:

    Tiens, il y a quelqu’un qui a eu la même objection que moi, du genre “ils ne sont pas fichus de prévoir la météo à cinq jours, et ils nous parlent du climat qu’il fera dans 5, 10 ou 20 ans” (sans avoir besoin d’approfondir davantage sur la théorie du chaos, qui explique cette incertitude). C’est ici : Réchauffement climatique et Extrapolation» dans Le Meilleur Des Mondes.

  18. Ne pas pouvoir prévoir ne dois pas nous empêcher d’agir. Rien d’interdit d’imaginer le pire en plus. Et puis baisser les gaz à effet de serre ça ne fait pas de mal il me semble (sauf à quelques industriels qui n’ont pas compris que la croissance matérielle ne pouvait pas être infinie dans un monde fini). Qu’ils inventent vite l’hyperpropulsion spatiale.

  19. Casabaldi says:

    Dilbert, nous sommes tous d’accord ici (je crois) que prédire l’avenir est impossible. Comprends qu’il ne s’agit absolument pas de ça.
    le changement climatique est DEJA en cours et il est DEJA prouvé, en se basant sur l’observation du présent et du passé (par sur d’hypothétiques projections), que ce changement est du à l’activité humaine.
    A partir de là, chacun choisit son propre comportement, chaque jour, en fonction d’une estimation de la suite des événements. Il ne faut pas faire dire n’importe quoi à la théorie du Chaos. Même si, oui, on ne peut en aucun cas le prédire, nous n’avons pas d’autre choix que de nous comporter aujourd’hui en “estimant” par exemple, qu’il est probable que le soleil se lèvera à nouveau demain.
    De la même manière, il semble aujourd’hui plus que raisonnable de prendre en compte le fait que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, si nous ne changeons pas notre comportement, la terre va continuer à se réchauffer.
    Ce n’est en aucun cas une prédiction. C’est une estimation basée sur l’observation de ce qui s’est déjà passé. et ces conséquences possibles sont assez graves pour qu’on ne prenne pas ce sujet trop à la légère.

    (@ Axel : désolé, je découvre à l’instant ta belle réponse du 11 octobre. Je poursuis très vite dans un autre commentaire).

  20. Stéphane says:

    Concernant le réchauffement climatique, et surtout son origine humaine, il y a plus qu’un doute raisonnable. Je crois que vous en conviendriez si vous preniez la peine de lire les articles scientifiques (puisque seuls ceux-là trouvent grâce à vos yeux) qui expriment leurs réserves, documentées, sur la “vérité absolue” du réchauffement que les journalistes nous resservent à chaque repas.

    La certitude est ce qui sépare le scientifique du politicien. Il ne s’agit pas de prétendre par extension qu’il est impossible d’affirmer quoi que ce soit, mais je crois que “l’unanimité” autour du réchauffement est bien plus un concensus acquis au forceps et par la censure, qu’une réelle vérité.

  21. Bon, justement vous pouvez lire ma tentative de dialogue avec Alternative Liberale sur ce sujet:
    http://spoirier.lautre.net/taxe-pollution.htm

    Et puisqu’ils sont resolument indecrottables de fanatisme, autant constituer un autre mouvement politique concurrent, incluant une grosse reforme fiscale : le remplacement des impots sur le travail par des impots sur la pollution, principalement les emissions de CO2 d’origine fossile:

    http://spoirier.lautre.net/dissolution-etat.htm

  22. Stéphane says:

    Bah, un fanatisme en vaut un autre.

    Quant à REMPLACER l’impôt sur le travail par un impôt sur la pollution, ma foi, ça me semble une idée à creuser. En tout cas, quelque chose qui mérite une discussion.

    Ce que je regrette, c’est que les mouvements alter-écolo-verts-etc. proposent avant tout d’AJOUTER l’imot sur la pollution à l’impôt sur le travail. Comme si l’impôt était la panacée à tous les problèmes du monde!! Mais que je sache, les endroits où les impôts sont les plus élevés du monde (Cuba, URSS quand elle existait) ne passent pas vraiment pour des paradis idylliques et préservés.

    J’entends beaucoup de bloggueurs et autres vedettes du cinéma, du gotha (comme le Prince Albert de Monaco) qui évangélisent sans cesse sur la “nécéssité” de changer les comportements des gens. Mais que changent-ils, eux, à leur comportement? J’ai des écologistes dans mon entourage, et le moins que je puisse dire, c’est qu’ils sont à cent lieues de donner l’exemple. Alors que moi, je prends le train et le bus…

  23. Tu as raison Stéphane… c’est par nous que tout doit commencer. Mais comme c’est exigeant les alter-écolo préfèrent se tourner vers l’État. Ils renoncent à leur responsabilité.

  24. Casabaldi says:

    Non, les “alters-écolos” ne se tournent pas systématiquement vers l’Etat, Thierry. ce réflexe archaique ne concerne que la partie “de gauche” d’entre eux, qui est , certes, la plus nombreuse, mais pas la plus dynamique et en aucun cas représentative de l’ensemble.

    Pour ma part, je suis absolument contre une “taxation” de la pollution qui reviendrait à alourdir encore le poids de l’Etat et serait vulnérable à toutes les “exceptions”, négociées par des lobbys et accordées à des fins électorales.
    Le seule possibilité crédibe me semble être d’inclure les couts de dépollution (et plus largement de ce que les économistes appellent les “externalités négatives) DANS les coûts de production. Aujourd’hui, ces couts sont assumés par les contribuables. C’est intolérable.
    Un agriculteur ou un industriel qui pollue de l’eau ou de l’air, détruit (dénature, dévalorise) un bien qui ne lui appartient pas. Il est indispensable d’intégrer ce coût dans son coût de production. Après, libre à lui de choisir de produire bio ou pas.
    Libre au consommateur d’acheter des productions “bio” ou pas. (je dis bio au sens la plus large, ok, pas juste le label actuel).
    Mais tout ça doit se passer à un cout réel !
    Aujourd’hui l’ensemble de la production “polluante” est subventionnée puisque son coût est pris en charge par la collectivité.
    Tout libéral qui se respecte ne peut qu’être infiniment d’accord avec cette approche. Elle vise à réintroduire de “vraies” règles de marché, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui.
    Et toute autre approche me semble dirigiste, étatiste, donc vouée à l’échec.

  25. Casabaldi says:

    > Stéphane : ce sujet a, je crois, déjà été traité plus haut. Si tu cites un papier scientifique, un seul, merci de mettre un lien, une source, quelque chose.
    Personne, absolument personne ne remet en cause aujourd’hui le réchauffement et son origine humaine.
    Les seuls divergences portent sur la suite des événements. Pas sur le passé qui est connu, observable et sur lequel il n’y a plus aucun doute.
    Je le redis, il y a eu 869 études dans le monde sur la question, elles concluent TOUTES sans aucune exception à un réchauffement avéré.

    Faites un tour sur http://www.manicore.com, où vous voulez, il recense et explique les travaux actuels. J’ajoute qu’il n’est pas militant écolo ou quoique ce soit de ce genre (et même plutôt très critique à leur égard).
    Nous avons mis des années à faire comprendre aux journalistes qu’il se passait effectivement quelque chose de grave. Ils ont enfin compris. et racontent toujours, la plupart du temps, n’importe quoi. Mais ça n’enlève rien à la gravité de ce qui se passe effectivement.

  26. Stéphane says:

    Pour une discussion de fond sur le réchauffement:
    http://www.junkscience.com/Greenhouse/cause.htm

    Et pour ce qui est du réchauffement lui-même, un “certain nombre” d’éléments permettent de penser que la température actuelle n’est pas en train d’augmenter à-mort-et-à-cause-des-hommes, comme le veut la théorie du “bâton de hockey”.

    http://www.junkscience.com/MSU_Temps/Warming_Proxies.htm

    junkscience n’est pas le seul site à éclairer d’un jour nouveau la panique du réchauffement, mais c’est un excellent portail avec une tonne de liens vers des études scientifiques royalement ignorées de médias absolument-pas-partisans.

    Mais c’est vrai, j’oubliais:

    “Personne, absolument personne ne remet en cause aujourd’hui le réchauffement et son origine humaine.”

    Mon nom est personne… 🙂

  27. Casabaldi says:

    Bon, Stéphane, je suis désolé, mais franchement y a pas photo !
    c’est même finalement très drôle.
    🙂
    Tu as forcément remarqué que tous les liens de ton site vont au même endroit. Qu’il n’y a qu’une seule source, en l’occurence , la NGDC de la NOAA, qui dépend du… Département du Commerce US !!!
    Soyons sérieux deux secondes 🙂
    C’est le gouvernement US, ta source ! tu m’accorderas, que comme organisme scientifique indépendant, on fait mieux quand même :-).
    C’est les mêmes gens qui avaient des preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak.

    Quant au sérieux de l’éditeur Junkscience, je laisse chacun en juger : http://www.junkscience.com/
    Ils m’ont quand même l’air, dès le premier coup d’oeil, plus spécialisés dans la vente de T-shirts et le lobbying foireux à deux francs cinquante que dans la climatologie.

    Bon allez, pour les feignants, j’ajoute que l’éditeur de Junkscience, Mr. Steven Milloy, est journaliste chez Fox news, dont on connait le sérieux et l’indépendance vis-à-vis des républicains. Qu’il est par ailleurs avocat pour Phillip Morris, la Reynolds Tobacco Company et Exxon Mobil.
    Et enfin que le contenu de Junkscience est revu, corrigé et édité par la Reynolds Tobacco Company.

    allez… parlons d’autre chose.
    🙂

  28. Stéphane says:

    …Si tu t’étais donné la peine de lire le contenu du site, tu aurais vu qu’il s’agit de copies des articles concernés, dans une perspective de backup au cas où les originaux disparaîtraient ou verraient leur URL changée.

    Du reste, en prenant un des articles mentionnés, je compte comme références:
    – Nature
    – Histoire du Climat depuis l’An Mil., Champs Flammarion, Paris, 1983.
    – Geophysical Research Letters
    – Institute of Cold and Arid Regions Environmental and Engineering, Chinese Academy of Sciences, China
    – Institute for Geography, University of Stuttgart, Stuttgart, Germany
    – Department of Earth and Planetary Science, University of California, Berkeley, CA, USA
    – Institute of Geography and Limnology, Chinese Academy of Sciences, Nanjing, China
    – Climate Dynamics

    Pas vraiment “que le gouvernement US”, à moins que celui-ci comprenne aussi l’Allemagne et la Chine, et pas mal de revues scientifiques dont Nature. Mais je suppose que tous ces gens sont manipulés contre leur gré par les multinationales tentaculaires ultranéocapitalistes libérales avides de transformer la planète en désert.

    (Je vois pas le rapport entre l’industrie du tabac et le réchauffement, d’ailleurs)

    Tu as raison, parlons d’autre chose 🙂

  29. Stéphane says:

    (evidemment, ce n’est pas comme si de gentils promoteurs de l’énergie nucléaire payaient, de leur côté, pour que la théorie du réchauffement climatique leur permette de construire de nouvelles centrales, hmmm?)

    http://www.llrx.com/extras/nuclearenergy.htm

    (les écolos ont de bien curieux alliés dans leur combat…)

  30. casabaldi says:

    Ecoute, stephane, soit honnete.
    Tu trouves ça tout à fait normal toi, qu’un site édité par une société de tabac (et que tu présentes comme un portail scientifique), fasse ses sauvegardes sur le site du département du commerce US ?

    Le rapport entre le changement climatique et l’industrie du tabac ?
    Pas direct. Mais avec Steven Milloy, pas photo.
    Ce monsieur et son site junkscience pensent en effet, et ont sans doute plein de papiers scientifiques sur la question, que le tabagisme passif est une blague.

    Par ailleurs, il a été également lobbyiste pour l’american Petroleum Institute.
    Et là le rapport est direct.

    Bref, si vous passez par là, lisez ça : http://en.wikipedia.org/wiki/Steven_Milloy
    la bio et le tableau de chasse du Monsieur sont tout à fait cocasses.
    Le lobbyiste dans toute sa splendeur.

  31. Axel says:

    “ce n’est pas comme si de gentils promoteurs de l’énergie nucléaire payaient, de leur côté, pour que la théorie du réchauffement climatique leur permette de construire de nouvelles centrales”

    il y a toujours des gens pour vouloir faire de l’argent avec tout. Avec les blogs aussi bien en récupérant la notoriété d’un bloggeur pour vendre un produit. Et après ? Que les lobbyistes du nucléaire se frottent les mains en voyant que le réchauffement climatique condamne le pétrole plus que l’atome, c’est logique. Qu’au besoin ils financent pour donner de la pub à cette question du réchauffement climatique, pour construire des centrales, logique aussi. Mais il ne suffit pas de trouver de l’argent du nucléaire derrière quelques recherches sur la crise climatique pour dire que ces recherches sont truquées.

    Ce qui est certain c’est que pendant longtemps, c’est l’argent des pétroliers qui a bloqué les recherches sur le climat, comme il a bloqué le développement des voitures électriques, solaires etc.

    Comme les marchands de poudre de lessive ont bloqué les recherches sur les machines à laver sans détergents, fonctionnant par micro-ondes désintégrant la saleté.

    On trouvera toujours des sociétés véreuses derrière tout, pour tenter de tout pourrir ou tout récupérer. Un chercheur a besoin d’argent pour faire ses recherches, cet argent a souvent une origine intéressée, ce n’est pas un argument.

  32. Job says:

    Belle discussion. Et polie dans l’ensemble ce qui est rare sur le Net.

    Je ne connais rien au domaine climatique. Mais avant de lancer des données, il est bon, me semble-t-il, de faire ce que Casabaldi a fait : identifier les producteurs de données.

    Une des forces de l’Occident est la culture du doute. Quelle que soit la thèse avancée, on peut être sûr qu’elle sera dépassée d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard. Il est normal de rester sceptique, et ce d’autant plus que nous sommes dans un monde où bon nombre d’opérateurs ont des raisons d’intoxiquer les opinions publiques.

    Toutefois, sans être scientifique, il me semble que les faits suivants sont assez bien établis :

    en 1800, la Révolution Industrielle naissante en Angleterre et en France s’est heurtée à un problème important : le manque de ressources en bois. Les sociétés technologiques jusqu’à lors reposaient sur l’usage massif du bois, de la pierre, du fer, du vent et de l’eau.

    Avec la révolution industrielle, il a fallu passer à autre chose car les domaines forestiers étaient presque réduits à rien (nous avons plus de forêts aujourd’hui qu’à l’époque…ce n’est pas pour rien que le braconnage et la coupe du bois étaient sévérement réglés).

    Les machines à vapeur nécéssitaient de très grandes quantités d’énergie, le bois n’était plus une source suffisante et satisfaisante. Il fallait autre chose.

    On est passé alors au charbon (qu’on connaissait parfaitement depuis longtemps). Mais le charbon est enfoui (en général). Il est donc dans des couches isolées. Quand on le consomme, il change d’état. Et finalement nous avons un dégagement d’énergie directement dans l’atmosphère.

    On a généralisé à toutes les branches de tous les secteurs économiques la machine. Et ce mouvement a concerné le monde entier de proche en proche.

    On a fait de même avec le pétrole et le gaz. On a changé la flore de régions entières de la planète afin de pratiquer des monocultures rentables pour alimenter nos systèmes économiques.

    Quant au nucléaire, comme le reste, il modifie le milieu puisqu’il faut placer ces objets que sont les centrales le long de cours d’eau importants. Et on sait que la température de l’eau avant entrée et après sortie du dispositif de refroidissement n’est plus la même. Elle a augmenté. Le milieu aqueux s’en trouve modifié.

    La terre peut être schématiquement vue comme une sphère (patatoïdale). Et il me semble que toutes ces activités de transformation énergétique, régulières et croissantes depuis les années 1820-1830 ne peuvent que produire des effets physico-chimiques. Ou bien alors on ne croit plus aux bases des sciences. On renonce à la théorie des gaz (à la géométrie analytique), à la table de Mendeliev, etc…

    Le problème est simple : à force de faire changer d’état certaines matières, qui étaient d’ailleurs dans des emplacements globalement isolés de l’atmosphère, il faut bien s’attendre à des changements qui se manifesteront par la pression, la température et la masse (çà aussi on n’y pense pas…il n’y a pas que la température et ses effets immédiatement perceptibles sur l’environnement connu).

    Donc voilà, ou bien on n’adhère pas à l’esprit scientifique ou bien on y adhère . Là, c’est clair. C’est une alternative. Si on accepte, on admet des lois, des axiomes, etc. alors il faut en admettre les conséquences (la logique) puis les effets (la réalité).

    Quant à prédire l’avenir, personne ne le peut. On peut se douter de ce qui va se passer mais quand et comment, c’est une autre affaire.

    Ensuite, je pense qu’au fond les scientifiques lucides ont tout simplement peurs. De quoi : de leurs propres pensées en la matière. Ceux sont des humains, ils aiment, ils souffrent, ils ont des habitudes…bref ils connaissent un état des choses : là, tout peut être changé et on ne sait pas dans quel sens. Ce qui signifie un effort d’adaptation majeure. Et on ne peut même pas l’anticiper, se préparer, étant donné qu’on ne sait pas dans quel sans le jeu des précipitations-interactions va jouer. Par définition, une précipitation est le moment du changement d’état. Une chaîne de précipitations va forcément accélerer les modifications. Qu’est ce que çà va donner ? Très fort celui qui le sait ou qui peut le dire.

    Quant à fuir dans l’espace, on n’en aura probablement pas le temps. Il va falloir affronter le truc : et là, plus question de savoir si on est écolo, libéral, alter-mondialiste, communiste ou autre chose. Plus question de se demander si on y croit ou pas. Tant qu’on discute comme çà, on joue, on croit que la réalité est modelable. On croit qu’il s’agit d’évenements lointains.

    Ce mois-ci, en plein octobre, j’ai remarqué (je vis dans le bordelais) les faits suivants : les feuilles des arbres ne sont pas encore bien rousses, de gros insectes sortent en très grande quantité (araignées, punaises, mantes religieuses).
    C’est une observation d’un non scientifique, locale, et probablement sans aucune importance. C’est sûrement un accident d’une année spéciale qui arrive une fois tout les…

    Voilà, c’est çà qui va nous faire sombrer ensemble. Ce genre de réflexe.
    La science n’appartient pas qu’aux gens diplômés des grandes écoles.

    Newton n’était pas diplômé d’une grande école. À bien des égards, on le classerait aujourd’hui parmi les non scientifiques pour cause de jeux alchimiques.
    Darwin, idem, il a voyagé et étudié par lui-même.
    Einstein a eu son diplôme de physique parce qu’il était chef de famille : il a eu 4.5 sur 10. On lui a donné pour qu’il fasse manger sa famille. Sa femme, elle, n’a pas eu le diplôme (elle a eu la même note) parce qu’elle était la dite famille.

    On a oublié ces dernières années que prendre position depuis sa fonction sociale, c’est produire un argument d’autorité dans le champ social.

    La science, c’est aussi une morale et donc des valeurs : l’honnêteté, la probité, le doute, l’examen, l’enquête, la reconnaissance, etc…

    Evidemment, avec ces valeurs, il n’est pas sûr que vous arriverez à fair ebouillir la marmite.

    Sinon et en conclusion : je dirai que tous le monde devrait aller faire un tour à Pompéi et au Musée de Naples. Aller ensuite sur le Vésuve. Regarder. Puis retourner à Pompéi et au Musée.
    Ou bien, un petit tour sur l’île de Terra (Nord de la Crète). Jolie cratère. Méditer sur la condition humaine nous ferait du bien à tous.

  33. Stéphane says:

    Moi, je ne trouve pas que ce débat soit de bonne tenue, mais simplement qu’il est caractéristique: dès que quelqu’un remet en cause de quelque manière que ce soit le dogme du réchauffement, nous voyons apparaître mauvaise foi, attaques ad hominem, et un mutisme total sur le moindre argument avancé.

    Le site de junkscience correspond ni plus ni moins à une émission éponyme sur Fox News. Il sera de plus en plus difficile d’ignorer FN sur un débat, quel qu’il soit, simplement parce que c’est la plus regardée des chaînes d’information américaine. Et en quoi l’industrie du tabac aurait intérêt à combattre la théorie du réchauffement climatique est une question sans réponse.

    Casabaldi a aussi joyeusement ignoré les références allemandes, chinoises, et françaises citées ci-dessus et qui contredisent la théorie du “bâton de hockey” – c’est-à-dire, la stabilité des températures du passé de notre terre avant une hausse soudaine.

    Quant à Steven Milloy, l’article entier qui lui est consacré sur Wiki n’est qu’un procès du peuple des plus honteux, comme s’en indignent des internautes dans la page de discussion de l’article consacré (ce que Casabaldi n’a peut-être pas vu, tout content qu’il était de descendre l’individu en flammes, ce qui lui économisait de répondre à ses interrogations)

    http://en.wikipedia.org/wiki/Talk:Steven_Milloy

    Bref, certains sont imperméables au doute. Dans mon vocabulaire, cela s’appelle des fanatiques.

  34. Il y a un moyen simple de mettre tout le monde d’accord.

    Si le réchauffement climatique ne se produit pas, personne ne s’en portera plus mal. S’il se produit, oui. Alors ceux qui en ont peur, à juste ou mauvaise raison, ne nuisent en rien à la survie de l’espèce humaine. En revanche ceux qui l’ignorent, s’ils se trompent, peuvent nous coûter très cher.

    J’ai tendance à imiter Pascal. En croyant au réchauffement climatique, j’ai beaucoup moins à perdre. Et si il y a moins de CO2 dans l’atmosphère, surtout dans celle des villes, je ne m’en porterais pas plus mal, au contraire.

    Je me fou de la vérité. Il n’y a pas de vérité.

  35. Job says:

    Bonjour Stéphane,

    je crois qu’il faut se méfier des données “internet”. Internet est un espace virtuel complètement ouvert. Il suffit de brancher un sous-réseau de serveurs et d’y mettre des données plus ou moins bien présentées pour faire illusion.

    Wikipédia n’est exploitable que si on a déjà une culture générale suffisante. Ce qui permet de garder un regard critique sur ce qui nous est proposé.

    Quant aux médias installés, on ne peut pas vraiment dire qu’ils nous informent correctement. Un média est un outil de présentation-orientation de l’information voire de censure (et oui, ne pas parler de quelque chose, c’est aussi faire comme si çà n’existait pas).

    Historiquement, la presse, premier vrai média de masse, a été un outil de cette sorte. On appelait çà les journaux d’opinions. Ils le sont toujours.

    Le monde du web n’échappe pas à cet état de chose.

    Je crois que c’est l’auteur du Blog, Thierry Crouzet qui dit qu’il s’est rendu à une réunion de bloggeurs. Et qu’il fut surpris de trouver des gens encartés. Le groupe des libres penseurs représentait à cette réunion environ un quart de l’effectif (26%, je crois que c’est ce qu’il écrit).

    Quant à Fox News : Ses journalistes ont expliqué, 24/24H, qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak. Et je crois que étant donné la liste des morts américains qui s’allonge chaque jour, cette chaine, dans pas longtemps, va faire le ménage dans ses rangs. Afin de survivre à la crise, à savoir sa contribution en tant qu’incitateur à la guerre et donc en tant que co-responsable des morts. Ne pas oublier qu’aux Etats Unis, les citoyens règlent leurs comptes devant les tribunaux. Et que çà peut coûter très très cher.

    Combien coûte la vie d’un fils ou d’une fille perdu ?
    Combien coûte le fait d’avoir délibéremment tromper le peuple des Etats Unis d’Amérique ?

    Rien qu’en l’écrivant, j’en tremble. Avoir soutenu cette guerre qui a conduit le pays de la Liberté à détruire une fraction de sa propre constitution pour établir une prison digne d’un régime totalitaire…à mon avis, connaissant les américains, je crois que l’affaire ne fait que commencer. Ils voudront la tête de Bush, des Faucons et je pense de ceux qui ont relayé cette politique. Destituer un Président, çà ne leur fait pas peur à eux. Les chasses aux sorcières, ils connaissent.

    Quant à l’Irak, c’est un bon exemple car il faut lire des journaux un peu pointus pour qu’on nous montre l’exode des irakiens vers les pays adjacents (Jordanie, Syrie, Arabie, Palestine et autres). çà aussi, çà reste sous le boisseau. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux s’enrôle dans je ne sais trop quelle organisation de dingues. Et qu’il se fasse exploser chez nous. Là, on relatera les événements.

    De même, n’est-ce pas troublant le peu d’informations sur l’Afghanistan ? Nos soldats y sont. Et franchement, le peu qui filtre laisse à penser qu’on prend une raclée…ou tout du moins qu’on ne maitrise plus rien. Après tout les talibans avaient vaincu les soviets. Nos armées ressemblent à celle des soviets. Nos soldats sont peut être désormais cantonnés à quelques villes. Mais en période pré-électorale, il ne fait pas bon d’expliquer qu’on a envoyé nos troupes dans un guépier. Surtout quand la Ministre en charge de la question a des envies de Présidence. On verra.

    Donc méfiance. Et encore méfiance.

    Quant au changement climatique de toute manière, il aura lieu avec ou sans notre activité. C’est ce que montre l’étude du passé de la planète : le climat connaît des variations importantes. Et les changements arrivent très rapidement. En quelques années, point de vue conforme à la nature d’une précipitation physiquo-chimique.

    À mon humble avis, nos activités en quelques générations ont contribué efficacement à l’accélération de ce phénomène naturel. J’espère seulement que la planète ne deviendra pas invivable.

    Inutile de se battre pour çà.

  36. Oui, essayons de trouver des solutions pour que notre planète reste vivable.

  37. Axel says:

    “Une des forces de l’Occident est la culture du doute. Quelle que soit la thèse avancée, on peut être sûr qu’elle sera dépassée d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard. Il est normal de rester sceptique”

    Certes, mais n’oublie pas cette autre force de l’Occident, amenée par Montaigne : le doute du doute.
    Le doute est une bonne attitude de principe, mais qui peut amener la paralysie, l’indifférence, le renoncement à agir. “Après tout, le pire n’est jamais sûr, etc”. On peut aussi déboucher sur l’ “à quoi bon?” dans lequel Nietzsche voyait le symptôme du nihilisme suicidaire.

    Le doute du doute est ce qui permet de dire : “après tout, mon doute sur ce sujet n’est peut-être pas plus scientifique que la proposition que je mets en doute, et n’a pas de validité suffisante pour me faire renoncer à l’action préventive.”

    “certains sont imperméables au doute. Dans mon vocabulaire, cela s’appelle des fanatiques.”

    Il existe aussi un fanatisme qui consiste à douter de tout, à opposer le doute systématique à toute parole, jusqu’à ruiner toute vie sociale.

    Je crois que tous les commentateurs de ce blog sont des gens évolués, pas des spectateurs abrutis de TF1 qui découvrant le spot de pub du film d’Al Gore prennent tout pour vérité absolue. Simplement nous avons cette attitude :

    “un grand nombre d’éléments laissent penser que les conséquences seront graves si nous continuons de libérer des gaz à effet de serre en telle quantité. Dans le doute, mieux vaut agir, prévenir qu’attendre la catastrophe. Peut-être aussi devrions-nous douter de ce doute, ne pas nous alarmer et ne rien faire, considérant qu’il ne s’agit que d’une théorie à la mode ou mise en avant par des lobbys ? Mais l’examen global des faits nous fait pencher du côté d’un réchauffement climatique, et, toutes choses étant égales par ailleurs, réduire les gaz à effet de serre ne peut pas faire de mal. C’est aussi un moyen de pousser la recherche et la technologie en avant en inventant de nouveaux systèmes énergétiques. C’est aussi un moyen de rappeler aux hommes que nous vivons sur un espace limité, limité dans ses ressources et limité dans ses capacités d’absorber les déchets, ce qui invite à s’interroger sur le concept de croissance infinie.”

  38. Job says:

    “Si le réchauffement climatique ne se produit pas, personne ne s’en portera plus mal. S’il se produit, oui. Alors ceux qui en ont peur, à juste ou mauvaise raison, ne nuisent en rien à la survie de l’espèce humaine. En revanche ceux qui l’ignorent, s’ils se trompent, peuvent nous coûter très cher.

    J’ai tendance à imiter Pascal. En croyant au réchauffement climatique, j’ai beaucoup moins à perdre. Et si il y a moins de CO2 dans l’atmosphère, surtout dans celle des villes, je ne m’en porterais pas plus mal, au contraire.”

    Efficace.

    J’espère ne pas vous avoir agacé. Je vous remercie de nous faire de la place dans votre espace.

    J’aime la discussion libre.

    Je déplore malheureusement le fait suivant :

    beaucoup de gens adoptent un mode de communication oppositionnel alors que dans une discussion, il me semble, qu’on devrait évoluer vers des positions communes en ayant explicité tous les implicites qui font problème et produit les exemples ad hoc mais reconnus comme vrais ou vraisemblables dans le champ commun des savoirs.

    Je préfère un mode de communication coopératif qui repose sur la négociation.

    Le mode oppositionnel pour moi n’est rien d’autre que l’éristique grecque. L’enjeu étant de savoir qui va vaincre qui, et non pas de faire un point sur une question donnée commune.

    Donc, trancher à la manière de Pascal (que j’apprécie) me semble être une façon de renvoyer la discussion pour éviter la poursuite de tout affrontement.

    Dans son introduction à la “Critique de la Raison Pure”, Kant évoque cette tendance problématique à travers sa métaphore des philosophes-champions qui s’affrontent dans une arène.

    Je parle de celà car sur les blogs comme sur les forums, c’est un phénomène assez récurrent. Je pense que vous devriez approfondir cette question de la communication entre internautes.

    çà donne envie de couper court et de s’enfuir. Et j’avoue que moi-même après des mois d’internet, j’ai fini par apprendre à ne faire que passer pour éviter les agressions et les discussions qui finalement ne sont que des disputes (au sens commun du terme).

    Et comme les Anciens, j’aimerais que nos écrits minuscules disparaissent peu après notre passage. Que la parole soit volatile. Au profit d’une pensée toujours mouvante, évolutive.

    Merci à vous. Ne vous découragez pas.

  39. Job says:

    Pour Axel :

    oui, je te suis dans ton raisonnement. Mais je crois encore car un sentiment de morbidité ne m’habite pas encore totalement. Bref, je suis encore un peu vivant. Et mon esprit est tourné vers la vie et les savoirs.

    Donc, je ne suis aps prêt à grimper en haut d’une montagne pour écrire.

    Je n’ai pas TF1, c’est dommage car comme dit Mickaël Moore, il faut regarder ce qu’ils regardent pour les comprendre. Je l’aime bien à cause de son culot. çà nous manque en France.

    Je crois que ce qui ne va pas chez nous, c’est aussi le non renouvellement d’un certain type d’artistes intellectuels. Capables de dire haut et fort ce que tous pensent. Sans se préoccuper du caractère commercial de la parole.

  40. @Job Non, je ne jette pas l’éponge. C’était ma version du principe de précaution. Même si je ne suis pas un fan du truc. Je crois vraiment que nous ne pouvons pas ignorer le risque, même s’il n’est que potentiel. Et même s’il n’existe pas, il aura au moins l’intérêt de nous pousser, j’espère, à moins d’abus.

    Nous avons commencé par moins abuser des hommes, maintenant il faut aussi moins abuser de la nature.

  41. Job says:

    Je vous suis sur ce chemin.

    Bonne soirée.

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