Quels seraient d’après toi les 5 points clés de ton écriture blog ? m’a demandé François Lamotte pour une petite enquête de shoob.com. Ça fait penser à la question qu’on pose souvent aux écrivains ? Pourquoi écrivez-vous ? Moi, je blogue parce que j’écris. Mais bon c’est pas tout à fait la question.

1/ Paradoxalement, je blogue peu souvent en direct. Depuis plus de vingt ans, je tiens un journal qui lui est en pur direct. Pour le blog, il m’arrive souvent de laisser trainer des billets inachevés plusieurs semaines. J’en ai au moins une cinquantaine en stand by.

2/ Mon blog est l’atelier de mes livres. J’y évoque mes idées en cours de formation et mes lecteurs travaillent avec moi. J’expérimente tous les jours l’intelligence collective grâce aux commentaires. C’est une de mes grandes satisfactions. Grâce à vous, je suis un peu moins bête.

3/ Je pense que j’use du même style dans mes carnets, mon blog et mes livres. La différence est dans ma présence en tant qu’auteur. Dans mon journal, je parle de moi, de mes sentiments, de mes impressions, de mes expériences esthétiques… Dans mes livres, je suis beaucoup plus lointain. Même si je raconte parfois des anecdotes de ma vie, je les montre un peu comme au cinéma, avec une certaine distance. Dans le blog, les idées passent souvent en premier car c’est en partie là qu’elles se fabriquent aujourd’hui. Mais je revendique toujours le « je » car je crois que l’objectivité n’existe pas.

4/ Mon écriture blog ressemble à celle de mon journal en ce sens que je n’ai pas besoin de tout réexpliquer à chaque billet. Je suppose que mon lecteur me connaît. Et s’il ne me connaît pas, j’essaie de mettre des liens vers les billets qui peuvent l’éclairer. C’est une écriture beaucoup plus compacte que l’écriture journalistique où un papier doit se suffire à lui-même.

5/ Je pense mon blog comme un livre. À la fin de l’année, j’ai l’intention d’en remasteriser une version papier que je diffuserai sur lulu.com. Comme j’ai cette idée derrière la tête, mon blog se suffit à lui-même. Ce n’est pas en général un couper-coller de l’actualité ou une collection de liens. Je crois que je n’aurais pas grand-chose à retoucher pour que le tout soit lisible chronologiquement… ainsi je fais le grand écart entre mon journal et mes livres.

PS : En général, je lis la plupart des blogs qui pointent vers le mien. Je me dis qu’il y a soit affinité, soit au contraire opposition, dans les deux cas ça me fait avancer. Quand j’étudie une question, je visite des blogs au hasard des trouvailles. J’avance comme ça, je m’informe comme ça, sans privilégier de source.

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7 comments

  1. Francois says:

    Merci pour ta réponse 🙂

  2. EricB says:

    Tes 5 points sont très intéressants. L’écriture d’un ouvrage tout en maintenant un contact direct avec tes lecteurs est certainement très enrichissante.
    T’arrive-t-il aussi de trouver de l’inspiration sur d’autres blogs et participes-tu aussi aux discussions qui peuvent y avoir lieu ? Et si oui aurais-tu quelques recommandations qui ne seraient pas encore dans ta Blogroll ?

  3. Je pique pas mal d’infos ailleurs aussi. En général, je lis la plupart des blogs qui pointent vers le mien, le tien par exemple. 🙂 Je me dis qu’il y a une affinité, donc que ça avance plus ou moins dans le même sens, mais je vais aussi ailleurs. En général quand j’étudie une question, je visite des blogs au hasard des trouvailles. Et comme je suis sûr presque toujours sur des questions, j’avance comme ça. Faire une blogroll m’est alors impossible.

  4. EricB says:

    Tu seras toujours le bien venu sur mon blog ;-). Je viens d’écouter la conférence téléphonique de Yahoo! qui a terriblement souffert durant le 3e trimestre. Jeudi se sera le tour de Google d’annoncer ses résultats. Il sera alors intéressant de comparer les résultats et d’éventuellement en tirer un trend pour le marché de la publicité en ligne. Bonweb doit suivre tout ceci certainement de près également 😉

  5. Merci pour ce partage. Il existe de nombreuses notes sur la “bonne” forme des blogs et trés peu sur la méthode. Donc encore merci.

  6. Axel says:

    “Il existe de nombreuses notes sur la “bonne” forme des blogs et trés peu sur la méthode”

    Il existe surtout bcp de notes sur les bonnes techniques pour rendre un blog populaire, influent, etc. Le “comment je blogue” est différent si le but est d’être populaire, ou s’il est comme ici de développer un contenu.

    La folie des classements Technorati fait trop souvent oublier que le plus important dans un blog, c’est la qualité du contenu, la nature du projet qui motive sa création. Nature éditoriale du projet, et pas simplement objectif d’ouvrir un blog pour développer une audience et se faire connaître.

    Pour être populaire, c’est parfois tout le contraire du principe de qualité qui prime :
    en dire peu, pour laisser le lecteur sur sa faim et motiver artificiellement des commentaires, au lieu de chercher à bien se faire comprendre en faisant le tour d’une question ;
    ne pas avoir un contenu trop dense intellectuellement (fuite du grand public) ;
    dire une énorme connerie ou une provocation, pour forcer là encore la blogosphère à réagir ;
    parler des derniers gadgets multimedia ou des polémiques secouant la blogosphère…

    Le fond du fond c’est quand on trouve sur un blog de cybermilitantisme des conseils comme :

    “2. Poster régulièrement afin de : clientéliser vos visiteurs et d’être plus référencé par les moteurs de recherche. Pour poster régulièrement, je vous conseille de copier-coller les Communiqués de Presse (du parti). mettez alors toujours un lien vers le site (du parti)”

    C’est là le degré zéro du bloggisme, quand le contenu n’a plus d’importance, seule la technique visant le référencement compte et justifie l’ouverture du blog.

    Quand le copier-coller est fait dans le cadre d’un objectif d’information, il est justifié, (même si le mieux est de chercher au moins une originalité, en mettant en avant une partie originale du discours, pour éviter le clonage plat d’un autre site) ;

    mais quand il est répété en chaîne sur toute une série de blogs affiliés au parti, et cela uniquement pour poster régulièrement, dans l’idée que Google tient compte de cette actualisation, on marche sur la tête.

    Les pseudo-Machiavel et vrais-naïfs auteurs de ces conseils de cybermilitantisme ne se rendent pas compte du discrédit qu’ils causent à leurs idées et à leur parti en diffusant de tels conseils vieux-jeu, routiniers, sans imagination, qui sont de vraies offenses à la blogosphère naturelle, non truquée, celle qui vient chercher du contenu sur un blog, celle qui cherche sur Google des résultats pertinents, et pas le résultat du travail de clonage/prise d’otage des fourmis militantes.

    Au sujet du bloggisme “à la Howard Dean”, où l’objectif est de percer dans la blogosphère, ceci est assez intéressant :

    http://www.wsws.org/francais/News/2004/mars04/199204_ChuteDean_pml.shtml

    L’essor et la chute de Howard Dean :

    “Au fur et à mesure que l’insurrection de Dean au sein du Parti démocrate recueillait du soutien, la confusion montait sur la direction que ce mouvement pourrait prendre et sur l’inconsistance de la politique de l’ancien gouverneur du Vermont. Dès que la campagne rencontra de sérieuses difficultés, Dean n’eut guère mieux à proposer en terme de réponses politiques que des bravades creuses.

    Dans une certaine mesure, la campagne de Dean fut victime de ses propres succès précoces.”

    Victime de ses propres succès précoces… Se faire connaître à toute vitesse dans la blogosphère n’est pas forcément le plus intelligent si derrière l’immaturité de fond et le côté “pur arrivisme” de la campagne de com apparaissent avec d’autant plus de netteté. Gare aux effets boomerang d’une notoriété créée artificiellement !

    Avec la multiplication des campagnes virales “à la Howard Dean”, le Cinquième Pouvoir sera souvent encombré de vrais-faux pouvoirs d’influence, reposant sur du vide, fidélisant au fond très peu, amenant très peu le lecteur à modifier réellement sa trajectoire.

    Le zapping est le pire ennemi de l’influence, et il est inévitable quand l’influence ne repose pas sur des qualités réelles mais sur des techniques artificielles de référencement.

    Le zapping sauvera peut-être le Cinquième Pouvoir de toutes ces tentatives parasitaires qui visent à s’emparer frauduleusement du pouvoir de la blogosphère.

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