Je voudrais revenir sur la surpopulation. Mon précédent billet n’a pas été compris comme je l’entendais, en partie par ma faute car j’ai ouvert plusieurs pistes sans les approfondir.

Si nous encourageons la population mondiale grandir, notamment pour soutenir la croissance (et soutenir les régimes de retraites), nous fniront à un moment par nous heurter à un mur. Que ce mur soit haut de dix milliards d’hommes ou de vingt milliards ne change rien.

Il me paraît irresponsable d’encourager les gens à avoir plus d’enfants. J’estime que nous devons copuler quand nous en avons envie. Je suis allé un peu vite quand j’ai dis qu’il fallait pénaliser les familles nombreuses mais je crois surtout qu’il ne faut pas les avantager. C’est presque indécent. Oui, faisons-nous confiance et ne cherchons pas à tout contrôler.

Certains futurologues annoncent que la population humaine finira par atteindre un pic avant de se stabiliser puis de décroître. J’espère qu’ils ont raison mais si je reste persuadé que personne ne peut prévoir l’avenir, même les plus grands experts en peuplement (d’ailleurs ils ne sont jamais d’accord entre eux).

Il est vrai que plus le niveau de vie augmente, plus le taux de natalité baisse (voir la vidéo de Hans Rosling). Mais avec des incitations à la procréation ne risque-t-on pas d’inverser cette tendance naturelle ? Les incitations ne risquent-elles pas de devenir de plus en plus incitatives en même temps qu’il y aura de moins en moins de jeunes ? Jusqu’à entraîner un renversement de tendance ?

Vu l’état du monde : climat, famine, pauvreté, pollution… Il ne me paraît pas raisonnable de nous demander de faire plus d’enfants. Ce n’est pas parce que la France n’est pas dans une situation catastrophique qu’elle doit ignorer le reste de la planète.

Comme je l’ai écrit dans un commentaire, penser français dans un monde global est une absurdité. Nous devons trouver de nouvelles solutions pour les retraites (surtout qu’il risque d’y avoir moins de jeunes, aide ou pas aide). Dire que les jeunes payeront pour nous est une monstruosité (quel beau projet d’avenir nous leur réservons). C’est une tactique débile née à l’époque de la croissance tout azimut. Cette croissance là, cette forme de croissance, ne peut être soutenue sans nous conduire à notre perte.

Si tous les pays raisonnaient à la française, ce serait l’étouffement car il faut toujours plus d’hommes pour nourrir les vieux qui seront toujours de plus en plus nombreux. La France ne peut pas raisonner comme ça. Nos politiciens sont dangereux. Ils oublient que nous vivons dans un monde dominé par l’interdépendance. Comment dire aux autres de ne pas faire comme nous ?

Je crois à la vertu de l’exemple. Nous devons donner l’exemple. Nous appliquer les règles que nous voudrions que les autres appliquent (dans le domaine écologique – nous ne devons pas attendre le reste de la planète, même si ça doit nous coûter). L’exemple est plus efficace que les pressions qui finissent toujours par devenir conflit.

Comme l’a expliqué Axel, il y a une échappatoire à tous les problèmes. On peut espérer que la technologie nous offrira des solutions (l’espace, les océans…). C’est un pari que je faisais toujours par le passé. Je crois que l’homme une fois acculé sera prêt aux folies les plus folles. Mais devons-nous nous précipiter au pied du mur avant même d’avoir les solutions ?

Je suis optimiste, je crois que nous nous en sortirons toujours, et nos politiciens font, en fait, le même pari. Mais on ne peut pas dire « faites plus d’enfants » et ne pas penser comment faire vivre un monde plus peuplé.

Qui dit plus de Français, donc plus d’humains, implique le recours aux OGM par exemple. Combien de politiciens sont contre les OGM et pour les aides aux familles nombreuses ? Combien vivent ainsi dans la contradiction ?

PS1 : La complexité n’est pas un choix mais une conséquence de nos intéractions. Elle nous impose de trouver des solutions nouvelles. La croissance du nombre d’hommes contribue à la complexité mais pas plus que l’interconnexion technologique ou la diminution du coût des transports.

Nous ne devons pas promouvoir la surpopulation, ici ou ailleurs, non à cause de la complexité mais de la pollution et de l’épuisement des ressources naturelles.

La crise de la complexité, elle, ne se règlera que par l’adoption de nouveaux modes d’organisation (auto-organisation, bottom-up, réseaux…).

Je n’envisage pas autre chose que la complexité, car la vie tend vers la complexité dans un monde qui dans son ensemble tend vers le désordre (donc la simplicité). Soit on accepte que la vie continue son chemin et on apprend à gérer la complexité, soit on met fin à cette belle histoire.

PS2 : Ai-je dit qu’il fallait tuer des hommes ? Si vous mettez les êtres humains au-dessus de la nature, suivant le discours biblique, alors vous ne souhaitez qu’une chose : la fin des temps. L’homme n’est pas au-dessus de la nature, mais part d’elle. S’il ne le comprend pas vite, la nature trouvera une solution sans lui. Tant que nous sommes bloqués sur terre, nous devons apprendre à vivre avec des ressources limitées.

PS3 : Je n’ai jamais parler de réduire le nombre des naissances mais d’arrêter de pousser à faire plus d’enfants. Qu’on laisse les gens libres de faire ce qu’ils veulent et qu’on ne les pousse pas dans des directions dangereuses.

PS4 : Pour la fin des temps… et pour faire bref. Le message biblique dit que nous devons exploiter la nature sans relâche et y prospérer sans limite. Ça rappelle le dogme de la croissance. Dans ces conditions, il ne sert à rien de s’occuper d’écologie car, dans tous les cas, la fin des temps adviendra.

PS5 : Toute philosophie qui place l’homme au-dessus de la nature est dangereuse pour la nature et donc pour l’homme qui ne survit que grâce à cette nature.

PS6 :  Le taux de maintient d’une population est 2.1 enfants par couple, pas 3. Avec 3 enfants, la population mondiale reste en croissance. Donc à 3 en moyenne, nous allons dans le mur à plus ou moins long terme. Il n’y a aucune raison rationnelle pour favoriser les familles avec 3 enfants. On doit favoriser la qualité, pas la quantité. Donc toutes les familles doivent être égales.

PS7 : Oui à l’immigration si elle peut aider les pays moins riches que nous. Il s’agit de sauver le monde… La France ne s’en sortira pas seule. Elle doit donner l’exemple.

PS8 : L’hypothèse de la stabilisation de la population mobndiale autour de 10 milliards n’est qu’une hypothèse. Si ça ne marche pas comme ça ? C’est un peu comme avec le réchauffement climatique. Et s’il se produit ? Je suis profondément optimiste, je ne crois pas du tout à la fin des temps, voilà pourquoi je veux que nous trouvions des solutions maintenant.

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23 comments

  1. Guy Morant says:

    En somme, vous préconisez la décroissance démographique. Il est frappant, en effet, de constater que si l’idée de croissance économique a maintenant ses opposants attitrés (j’en parle sur mon blog : http://megamachine.free.fr/?p=28), la croissance démographique demeure un tabou auquel personne n’ose s’attaquer. Avons-nous peur de perdre nos droits à la retraite si nous nous opposons aux politiques natalistes en vigueur ? Je crois plutôt que nous craignons, en France comme dans le reste de l’Europe, que notre faible natalité franco-française ne nous marginalise au profit de populations hétérogènes.
    Pensez, du reste, à ce paradoxe : plus une population est éduquée, diplômée, opulente, moins elle fait d’enfants. Si l’on suit un raisonnement purement statistique, on peut en conclure que la misère et la bêtise augmenteront plus vite que l’intelligence et l’expertise économique (heureusement, d’autres facteurs sont en jeu).
    Dans tous les cas, votre billet a le mérite de poser une question totalement absente des débats contemporains !

  2. Ralala says:

    “Je crois plutôt que nous craignons, en France comme dans le reste de l’Europe, que notre faible natalité franco-française ne nous marginalise au profit de populations hétérogènes.”
    Tiens,serait-ce là le noeud du problème?
    Nos vieux politiciens (en âge et dans leur tête) garderaient encore les schémas de “gestion humaine” considérés comme allant de soi depuis les premières sociétés/civilisations:pour garantir un “bon” niveau de vie à ses membres,être forte face aux agressions extérieures,il semblait logique d’encourager la natalité pour disposer de plus de bras pour les récoltes et la guerre (et pour combattre une sélection naturelle (maladies) encore rigoureuse).
    Le problème,c’est effectivement que lorsque une société “réussit” …pardon,se développe vraiment très bien,ses membrers pensent plus à profiter de la vie qu’à assurer une descendance nombreuse…mais si d’autres sociétés sont restées à un niveau moindre de développement,elles vont lorgner avec envie chez le voisin (version médiatico-fasciste 😉 …ou tout simplement,la faible natalité des sociétés riches combinée à un flux d’immigration constant (en pourcentage) va évidemment entrainer une modification des structures sociales des sociétés riches Des immigrés vont venir temporairement pour travailler,mais d’autres vont rester et s’installer;malheureusement pour eux,ce sera souvent pour occuper les emplois subalternes,et en période de récession,ils sont quasi-automatiquement accusés de “voler l’emploi/le pain/etc…”.Par ailleurs,les différences de cultures nécessitent (de la part de CHACUN) de la bonne volonté pour éviter les malentendus et “accorder les violons” (ce qui est naturel/peu important pour certains ne l’est pas pour d’autres).
    Résultat:les sociétés riches craignent de se faire “coloniser” (ah!l’ironie de l’Histoire…) culturellement/envahir ethniquement.

    On connaissait déjà les champs d’affrontement géostratégiques,militaires,économiques,culturel.Ouvrons-en officiellement un nouveau:le champ socio-culturo-démographique (désolé,pas de meilleur nom pour l’instant 😛 ).
    Paf!Ca évitera au moins de tergiverser 107 ans autour des mots et des concepts,comme d’habitude…

    Bon.Donc on a une planète “surpeuplée” avec des sociétés hétérogènes (riche/natalité faible/environ 1/3 de la population totale ,et pauvre/natalité forte/les 2/3 restants).

    La question est-elle “comment parvenir à faire retourner le vaisseau à un niveau de population “correct?” ?
    Ou est-ce:”comment conserver le calme sur Terre en tenant compte des possibilités techniques pour gérer la population humaine (possibilités de l’agriculture,gestion des ressources en eau/énergie/matières premières,infrastructures adaptées,…),et éviter que ce ramassis de #$!*&@ d’êtres humains ne déclenche la troisième guerre mondiale (signifiant la fin de l’humanité:au XXIème siècle,même à la guerre,”tous les coups ne sont pas permis”)?!!” ?

    Une note d’humour pour finir:quelle que soit la question,voici un début de réponse… 😉
    -aider les pays en voie de développement?Oui,il faudra soutenir les gouvernements stables (de façon officielle ou “discrète” quand il le faut:inutile de jeter des cris d’orfraie,on a toujours fait comme ça…),apporter les investissements pour développer les infrastructures,les tissus économiques;et il faudra faire cela de manière raisonnée (inutile de développer des PMEs d’aéronautique au mileu de la brousse ou d’envoyer des ordinateurs quand il n’y a pas d’électricité…ni même de puits.)
    Mais cela suffira-t-il?A quoi sert d’envoyer des milliards quand une guerre en préparation va ravager le pays cinq ans plus tard?Peut-on espérer sincèrement oeuvrer pour le bien de l’Homme quand on soutient un gouvernenement uniquement pour se garantir un accés sûr à un pétrole pas cher?Est-il réaliste de penser établir des relations désintéressées avec des pays riches en ressources naturelles quand on nous parle chaque jour de la “compétition” entre les grandes puissances et pour l’accés aux ressources?Jusqu’à quand peut-on faire l’économie d’une réflexion globale,et du croisement des points de vue?

    …et quand est-ce qu’on se décide?

  3. Garbun says:

    Je crois que les problèmes de surpeuplement seront à tèrme reglés définitivement grâce à un moyen beaucoup plus simple : la réalité virtuelle.

    Comme le dit Kurzweil, d’ici 2030 on aura la technologie pour s’immerger totalement dans des mondes artificiels. Rien n’empechera alors d’y faire des enfants (qui auront le génôme des 2 parents, comme en vrai; on pourra même zapper la période de 9 mois pour celles qui le veulent). Ça peut paraître impensable mais je ne vois rien qui pourrait s’y opposer, techniquement parlant. Et à ceux qui diront “mais c’est que du faux, du virtuel, c’est pas un vrai enfant”, il suffira de télécharger le cortex de l’enfant dans un robot du monde réel (qui aura une apparence tout à fait humaine), et de les laisser discuter, pour qu’ils changent d’avis dans la seconde.

  4. Oelita says:

    Pourquoi réduire le besoin d’un renouvellement démographique uniquement à un problème de paiement des retraites ? La question est sans aucun doute bien plus vaste que cela, c’est très réducteur !
    Actuellement, le taux de renouvellement n’est pas assuré dans notre pays, bien que notre taux de fécondité soit un des plus hauts d’Europe. Les familles nombreuses, bien qu’encouragées financièrement, ne suffisent pas à compenser ceux qui font 1 ou aucun enfant.

  5. On se moque du taux de renouvellement. Nous sommes trop nombreux sur la planète, nous polluons trop. C’est ça le seul vrai problème.

  6. Axel says:

    “votre billet a le mérite de poser une question totalement absente des débats contemporains ”

    la question de la démographie mondiale est surtout tabou en France, régulièrement soulevée par quelques esprits, puis chaque fois aussitôt étouffée parce que toutes les solutions paraissent monstrueuses ou trop globales pour être appliquées partout localement, donc on fait le choix de l’autruche et on oublie, en s’appuyant sur les mêmes oppositions faites au déréglement climatique : “on n’est sûr de rien ; les experts peuvent se tromper ; et après? vous voulez tuer tous les Chinois pour régler le problème? etc etc”.

    Le doute ou l’impossibilité de trouver une bonne solution profitent alors à la négation du problème. Et on sort toujours le seul argument de la nourriture : “la terre peut nourrir 20 milliards…”

    Et la vieille lune de l’auto-régulation par le développement économique. Alors que d’ici à ce que 6 milliards d’êtres puissent atteindre le développement économique d’une Allemande ou Française moyenne, qui conduit à la limitation des enfantements, nous serons déjà 9 milliards, et les ressources énergétiques ne suffiront pas à atteindre ce développement pour tous, ni la Terre ne pourra supporter leurs déchets.

    Aux USA cette question est prise très au sérieux depuis longtemps. Chaque rapport prospectif de la CIA revient sans arrêt sur cette question de l’explosion démographique.

    Jusqu’à une période récente, ce n’était ni le climat ni la pollution la menace directe liée à la croissance démographique, mais plus simplement les désordres géopolitiques et la concurrence pour l’accès aux ressources énergétiques, l’explosion des guerres et des violences qu’on rencontre en cas de surpopulation.

    Sans parler de la dévalorisation du travail humain quand la concurrence est infinie.

    La question démographique est au coeur de l’invasion de l’Irak, il s’agissait pour les Américains de contrôler l’accès à l’énergie en prévision de la croissance de la demande chinoise.

    Si la Chine arme le Soudan c’est pour se fournir le pétrole nécessaire à sa croissance.

    On dit qu’on retrouve le pétrole au coeur de toutes les guerres modernes ; mais au coeur de toutes les guerres de l’histoire il y a toujours eu l’explosion démographique et la concurrence qu’elle crée.
    L’expansion de la population allemande motivait les deux premières guerres mondiales.

    Le silence sur le Sida en Afrique, l’inaction au Darfour, la relative indifférence sur le génocide rwandais… derrière l’acceptation de ces horreurs il y a aussi la conviction de nombreux gouvernements que la terre étant trop peuplée, après tout, quelques millions d’hommes qui meurent… A force de refuser de poser le débat publiquement pour trouver des solutions humaines, on finit par accepter des horreurs dans l’ombre, pires que les solutions qu’on rejette.

    Chaque fois qu’on pose cette question de la démographie mondiale et ses conséquences, on se trouve obligé de dresser un tableau tellement apocalyptique qu’un réflexe pousse chacun à détourner la tête face à tant de pessimisme. Le sujet est alors oublié. Et cinq ans après il revient. Pour être oublié…

    Nous avons vaincu la sélection naturelle, désormais nous ne laissons plus la nature gérer l’équilibre démographique à coups de mortalité infantile, et c’est un progrès humain indiscutable. Il faudra pourtant en venir à la dure réalité qu’aucun système n’est viable sans un minimum d’adéquation entre son développement, son environnement et ses ressources. Notre modèle économique devra trouvera un autre business model que la seule croissance annuelle infinie, sans pour autant en revenir à l’utopie morne de la vie naturelle ancestrale.

    En espérant que cette question difficile ne sera pas résolue brutalement par une solution efficace mais effroyable, comme une pandémie mondiale de H5N1. Certes ce sont les pandémies qui tout au long de l’histoire ont permis de réguler la population mondiale, mais on peut espérer trouver mieux aujourd’hui pour s’en sortir.

    Il y a des éléments positifs : en développant des systèmes à énergies propres, les entreprises pourraient trouver un moyen de créer de la richesse et des emplois, sans se contenter de pousser chacun à remplacer son téléphone tous les 3 mois pour un qui dispose de trois fonctions inutiles supplémentaires.

    Rien qu’en développant la voiture solaire, des entreprises automobiles pourraient gagner bcp d’argent autrement qu’en poussant un milliard de Chinois à s’acheter des automobiles à pétrole polluant. Les Jésuites, hommes réalistes, recommandaient d’utiliser les péchés véniels pour combattre les péchés mortels. Il faut pousser les entreprises à gagner de l’argent d’une façon qui ne soit pas négative pour le développement humain.

    C’est bien pourquoi il est sot de reprocher aux entreprises de vouloir gagner de l’argent en surfant sur la mode de la crise climatique. Qu’elles surfent dessus, qu’elles gagnent de l’argent avec ça en produisant de meilleurs produits, ce sera très bien !

  7. Paull says:

    “On peut espérer que la technologie nous offrira des solutions (l’espace, les océans…). ”

    La technologie peut également être notre némésis. Imaginez qu’un jour, quelqu’un crée une bombe atomique pouvant faire exploser 1/3 de la masse de la Terre et qu’un terroriste s’en empare et la fasse détonner. J’espère que d’ici là, nos arrière-arrière… petits-enfants seront installés ailleurs dans l’univers (cf www point math.tulane.edu/~tipler/)

  8. Sterne says:

    Bonjour à tous,

    Quelles solutions préconisez-vous face à la surpopulation, aux pollutions dans le monde? Il me semble que vous avez esquissez un début de réponse dans votre dernier livre: “Le peuple des connecteurs” à savoir une résolution à travers une meilleure complexité. Mais est-ce suffisant? Est-ce que la complexité sera-t-elle la panacée à ces problèmes récurrents?

    Il est possible que la complexité nous permettent de nous atteler à ces graves questions qui nous concernent tous. Toutefois, je ne suis pas certain qu’elle puisse nous permettre de les résoudre. En effet, il ne suffit pas de faire remonter les idées du bas vers le haut et de les organiser pour déterminer que telle ou telle option marchera plutôt qu’une autre.

    D’ailleurs ce qui manque à notre monde est une démarche à long terme qui puisse intégrer les nouveautés. Cela fait défaut. Or, les simulations même d’une grande complexité ne peuvent pas tout intégrer, car elles ne sont que des modèles pensés à une époque donnée sans possibilité de réelle évolution pour l’avenir si ce n’est de les recréer complètement. Cette rigidité implique que les simulations ne sont pas totalement auto-évolutives. C’est pourquoi, la résolution de ces graves problèmes tel que nous le pensons actuellement me parait insoluble pour le moment.

    Ce qui serait intéressant de nous poser comme question est:
    “En dehors de la Complexité, quelle autre solution envisagez-vous? ”

    Amicalement et Bien à Vous,

    Sterne

  9. MrKiwi says:

    “la terre peut nourrir 20 milliards…” Oui mais doit elle le faire ?

    Est ce que c’est raisonnable d’avoir 13 milliards de personnes en plus alors que aujourd’hui plus de la moitié de la population meurt de faim.

  10. @Sterne La complexité n’est pas une solution mais un fait. Devant ce fait, nous devons trouver des solutions. La croissance du nombre d’hommes contribue à la complexité mais pas plus que l’interconnexion technologique ou la diminution du coût des transports.

    Nous ne devons pas promouvoir la surpopulation, ici ou ailleurs, non à cause de la complexité mais de la pollution et de l’épuisement des ressources naturelles.

    La crise de la complexité, elle, ne se règlera que par l’adoption de nouveaux modes d’organisation (auto-organisation, bottom-up, réseaux…).

    Je n’envisage pas autre chose que la complexité, car la vie tend vers la complexité dans un monde qui dans son ensemble tend vers le désordre (donc la simplicité). Soit on accepte que la vie continue son chemin et on apprend à gérer la complexité, soit on met fin à cette belle histoire.

  11. Polydamas says:

    “Nous ne devons pas promouvoir la surpopulation, ici ou ailleurs, non à cause de la complexité mais de la pollution et de l’épuisement des ressources naturelles.”

    Desolé, mais je mets n’importe quel être humain au-dessus d’une réserve naturelle, quelqu’elle soit.

    Et puis, il y a de quoi relativiser les chiffres. Je reviens de Chine où ils s’apercoivent que la politique de l’enfant unique leur mis une balle dans le pied. La Chine est le pays qui vieillit actuellement le plus rapidement au monde. En Inde, il y a un déficit de plusieurs dizaines de millions de femmes, du fait des avortements précoces. Et en Afrique, dés que les sociétés atteignent un certain niveau de vie, le nombre d’enfants diminuent, comme vous l’affirmiez.

    Enfin, c’est à nos sociétés d’adapter leur mode de vie, de faire en sorte de moins polluer, pas à nous de réduire la fécondité qui est, en Europe, encore trop peu importante. Et la manière la plus efficace est d’encourager les entreprises à modifier nos façons de vivre.

    Ca fait quatre siècles que le malthusianisme et ses descendants viennent périodiquement nous sortir le même refrain. On commence à avoir l’habitude…

    “Comme je l’ai écrit dans un commentaire, penser français dans un monde global est une absurdité. Nous devons trouver de nouvelles solutions pour les retraites (surtout qu’il risque d’y avoir moins de jeunes, aide ou pas aide). Dire que les jeunes payeront pour nous est une monstruosité (quel beau projet d’avenir nous leur réservons). C’est une tactique débile née à l’époque de la croissance tout azimut.”

    Et non, ça ne vient pas de la croissance tout azimut, cela vient de l’abolition du régime par capitalisation, réalisée par le Mal Pétain, pour pouvoir mettre la main sur l’argent durant la guerre. Il se trouve que le système a trés bien fonctionné grâce à la politique démographique mise en place par le même maréchal, démographie qui a permis la croissance des Trente Glorieuses….

    Et face à la denatalité, personne n’a pensé aux retraites, c’est vrai. Mais encourager la natalité n’est pas aussi criminel que vous le suggérez, ça permet la croissance économique.

    “penser français dans un monde global est une absurdité”
    Je partage ce point de vue pour les flux d’immigration. Cependant un état a quand même le droit de se préoccuper du renouvellement de sa population, surtout si la machine à intégration est en panne….

  12. Polydamas says:

    Dans votre précédent billet, vous avez mis:

    “Plus les élus donnent d’argent aux familles nombreuses, plus ils récoltent de voix.”

    Je serais trés curieux de savoir d’où vous tenez cet argument. Je n’ai jamais vu cela nulle part….

  13. Sterne says:

    Bonjour à tous,

    Est-ce que l’auto-organisation est la seule solution que vous proposez pour résoudre les problèmes de surpopulation et de pollution? Sinon, quelles sont les autres solutions?

    Amicalement et Bien à Vous,

    Sterne

  14. @Polydamas Ai-je dit qu’il fallait tuer des hommes ? Si vous mettez les êtres humains au-dessus de la nature, suivant le discours biblique, alors vous ne souhaitez qu’une chose : la fin des temps. L’homme n’est pas au-dessus de la nature, mais part d’elle, égal à elle. S’il ne comprend pas vite ça, la nature trouvera à coup sûr une solution sans lui. Tant que nous sommes bloqués sur terre, nous devons apprendre à vivre avec des ressources limitées.

    @Sterne Oui, je ne vois pas d’autre solution. Je manque peut-être d’imagination, mais j’ai au moins une solution.

  15. Polydamas says:

    J’ai du mal à voir le lien entre mettre les êtres humains en priorité et la fin des temps.

    Je ne souhaite qu’une seule chose: qu’on arrête de dramatiser à loisir, rien de plus. Le nombre de personnes sur cette planète est pour ma part un faux problème. Que notre mode de vie doive changer, je vous suis totalement, mais de là à réduire le nombre de naissances, ça me paraît beaucoup plus contestable.

  16. Je n’ai jamais dit réduire le nombre de naissances mais simplement arrêter de pousser à faire plus d’enfants. Qu’on laisse les gens libres de faire ce qu’ils veulent et qu’on ne les pousse pas dans des directions dangereuses.

    Pour la fin des temps… et pour faire bref. Le message biblique dit que nous devons exploiter la nature sans relâche et y prospérer sans limite. Ça rappelle le dogme de la croissance. Il ne sert à rien de s’occuper d’écologie car dans tous les cas la fin des temps adviendra.

    Toute philosophie qui place l’homme au-dessus de la nature est dangereuse pour la nature et donc pour l’homme qui ne survit que grâce à cette nature.

  17. Jean Salim R says:

    A chacun sa liberté, mais si son choix est de procréer, alors à chacun d’assumer sa propre responsabilité, à partir du quatrième enfant, afin d’opérer un renouvellement des générations, ne serait ce que pour assurer…nos retraites futures : Il me semble que les allocations familiales sont nécessaires jusqu’au troisième enfant, et peut être même au delà de la seule scolarité, mais il est clair que la possibilité de continuer à percevoir des subsides de la collectivité, pour et à compter du quatrième, est une erreur, que nous reprocherons nos enfants, au moment de payer de payer nos retraites…Notamment.

    Car nous en avons conscience, l’accroissement du niveau de vie de chacun se fera au détriment de nos environnements, naturels, sociaux et économiques : Ce seront les salaires de nos enfants qui régleront…les retraites, certes, mais aussi l’éducation, la santé, les infrastructures, et j’en passe, de tous ces nouveaux-nés, qui tous, ne bénéfieront pas de la chance d’obtenir un emploi, même avec un diplome, et qui donc, seront bien obligés de “compter” sur la solidarité de la République : Je doute que les travailleurs de demain seront suffisamment riches pour honorer cet avenir hypothétique que nous leur réservons…

    Qui vivra verra, dit on, alors souhaitons qu’ils aient les moyens de se protéger de ceux qui les regarderont manger, à défaut de pouvoir les aider à survivre.

  18. Garbun says:

    “Il me semble que les allocations familiales sont nécessaires jusqu’au troisième enfant”.

    Mais de quel droit est-ce qu’une famille qui n’a pas les moyens de faire toujours plus d’enfants devrait le faire sur le dos des autres ?

  19. charlie says:

    Commentaire qui n’a rien à voir [quoique…] :
    As-tu lu l’odyssée marsienne de Kim Stanley (trois tomes, Mars la rouge, Mars la verte, Mars la bleue) ? De la grande SF, qui parle de… surpopulation, auto-organisation et systèmes de gouvernement, écologie, pft ! Si ce n’est pas un pote à toi, ça pourrait sans doute le devenir 😉

  20. Jean Salim R says:

    Bonjour Garbun,

    Ainsi posé, je comprends ton questionnement, car il reléve du plus simple bon sens, mais permets que j’y réponde avec autant de véhémence : Il me semble même qu’il s’agit là d’un devoir (et pas seulement d’un droit) à l’égard des générations futures.

    Je m’explique, et pardon si je me répéte : Deux enfants permet un renouvellement à l’identique de la population, quand trois permet de tenir compte, certes des aléas malheureux de la vie (handicap, décès…), mais surtout autorise l’adéquation de la démographie en rapport avec la croissance économique, dont il est souhaité qu’elle reste positive, afin de maintenir, et pourquoi d’accroitre, nos richesses et notre niveau de vie de facon plus générale.

    A contrario, si cet objectif ne se réalise pas, nous serons (nous sommes ?) dans l’obligation de mettre en oeuvre une politique d’immigration, avec les problèmes collatéraux que nous connaissons déjà : Débauches de mesures couteuses pour pallier notre dénatalité (j’allais dire notre absence de sens civique), et asséchement des élites dans des pays déjà outrageusement appauvris.

    Bien évidemment, il serait souhaitable que chacun bénéficie d’un travail, digne de ce nom, facteur de dignité sociale, et surtout familiale, moteur surtout d’exemple éducatif, devant des enfants désemparés, face à des situations de chomage chronique, mais ne rêvons pas : Avec la mondialisation, nous vivons des temps de transition, voire d’enfantement d’un monde nouveau, qui ne s’opére pas sans douleurs, sans cris ni sans larmes, nous le savons que trop bien.

    Ré-inventons plutôt cette notion traditionnelle du travail, en cessant de la considérer seulement sous les angles de la compétition et du profit : Elever des enfants est une activité noble, peut être la plus belle d’ailleurs, pour ne prendre que cet exemple. Et des occupations similaires…il y en a…pour qui veut s’y pencher.

    Alors, donner des moyens à des parents d’éduquer des enfants, c’est aussi une simple mesure de bon sens, pour qui demain souhaite recevoir en retour l’assurance d’une retraite paisible, je crois.

  21. @Charlie J’ai lu Stanley.

    @Jean Salim R Le taux de maintient est 2.1, pas de 3. Avec 3 enfants, la population mondiale reste en croissance. Donc à 3 en moyenne on va dans le mur à plus ou moins long terme.

    Il n’y a aucune raison rationnelle pour favoriser les familles avec 3 enfants. On doit favoriser la qualité, pas la quantité. Donc toutes les familles doivent être égales.

    Et oui à l’immigration. Si ça peut aider les pays moins riches que nous. Il s’agit de sauver le monde… La France ne s’en sortira pas seule. Elle doit donner l’exemple.

  22. Jean Salim R says:

    Bonjour Thierry,

    Sans vouloir paraphraser Coluche, je vois mal une maman accoucher d’un 0,1 enfant…Je plaisante, car je comprends que tu parles d’une moyenne, mais dans ce cas, il y a contradiction, car les familles ne peuvent être “égales” (en nombre d’enfants s’entend).

    Pour ma part, je crois que si nous tous, sur cette petite boule bleue, nous pouvions bénéficier d’un même niveau de pouvoir d’achat, la population mondiale verrait sa courbe tendre vers un niveau de renouvellement équilibré : Je ne suis pas démographe, mais j’ai le sentiment qu’elle finirait à terme par se stabiliser, en raison tout simplement des contraintes de notre mieux-vivre en commun.

    Quand à “favoriser la qualité”, pour te citer…je crains de ne pas comprendre ce que tu entends par là : Un enfant peux vivre dans un milieu “aisé”, mais ne pas recevoir l’essentiel à son épanouissement, c’est à dire l’amour, ou pour le moins, l’affection de ses parents, bousculés par leurs soucis au quotidien, et principalement centrés sur ses performances scolaires…dont personne ne peut prédire qu’elles lui garantiront une vie d’adulte équilibré, c’est à dire inséré socialement et professionnellement, avec des références morales et éthiques solides.

    En effet, quand bien même ses acquis, technologiques et/ou universitaires lui apporteraient une satisfaction salariale, rien ne dit qu’il en sera pour autant un adulte heureux : Ce n’est pas un chiffre en bas d’une fiche de paie qui fait un homme, mais sa capacité à affronter l’imprévu, quelqu’il soit, un simple embouteillage, une rupture, un licenciement, et autres joyeusetés de bas-monde…

    Pour ce qui est de “sauver le monde” pour te citer de nouveau, ce n’est pas précisément avec une société d’adultes compétiteurs et profiteurs, moralement immatures et irresponsables, que nous y arriveront, si tant est il que cela soit faisable, dans nos contextes actuels : J’en veux pour preuve la déliquescence des moeurs de nos hommes politiques, qui ne sont pas pires que nous, soyons lucides, mais malheureusement bien représentatifs de ce que nous sommes, c’est à dire des égoïstes cupides, seulement préoccupés du goût de notre repas du soir.

    La seule différence aujourd’hui, c’est que les soirées ne sont pas les mêmes pour tout le monde, alors ne parlons pas des journées, et encore moins des lendemains.

    Personnellement, j’attends sereinement le Chaos, tôt ou tard, même si je ne suis plus de ce monde, lorsqu’il surviendra : Ce jour là, l’Humanité, je crois, se réveillera, peut être, du moins je l’espère. N’oublions pas que l’homme ne peut rien pour l’homme, sinon seulement être à l’écoute, dans la mesure de ses capacités, des souffrances et des douleurs de son prochain, et c’est déjà beaucoup, beaucoup trop même, pour tous ces nombreux et pitoyables êtres dits humains, obéses d’arrogance, d’ignorance et d’indifférence, qui souillent, bafouent et pillent, tout ce qui, ici-bas, n’appartient à personne, sinon peut être à notre descendance, si nous réussissons un jour, à nous en montrer dignes.

    Je ne sais pas si la France doit en donner l’exemple, prioritairement s’entend, mais oui, il est grand temps que l’Esprit Humain finisse enfin par triompher, aussi restons optimistes…et patients, pour ce qui ne saurait plus tarder maintenant, je crois.

  23. L’hypothèse de la stabilisation n’est qu’une hypothèse. Et si ça ne marche pas comme ça ? C’est un peu comme avec le réchauffement climatique. Et s’il se produit ? Je suis profondément optimiste, je ne crois pas du tout à la fin des temps, c’est pour ça que je veux que nous trouvions des solutions maintenant.

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