Je voudrais terminer Blog Power en démontrant qu’internet n’est pas qu’une vaste conversation. Tout au long du livre, j’ai montré comment internet influence la politique. Mais comme la politique n’est souvent qu’une vaste conversation, il est logique qu’internet y trouve sa place. Du coup, ce n’est pas forcément convainquant.

J’ai aussi montré comment le cinquième pouvoir était un contre-pouvoir, un pouvoir de vigilance. Je veux terminer sur une image plus positive. En donnant des exemples d’actions constructives de participations citoyennes, mais autres que celles déjà en œuvre sure le web lui-même (wikipedia, open source, calcul distribué…).

Par exemple, je pourrais parler du microcrédit. Sur le modèle eBay, des sites comme prosper.com et zopa.com inventent le prêt bancaire en P2P. En France, sur ce terrain de la finance solidaire, il y a la Nef.

Le Grand Soir a publié un article critique sur le microcrédit après l’attribution du prix Nobel de la Paix à Muhammad Yunus. Je crois tout de même qu’internet facilitera les échanges monétaires. En court-circuitant les grosses structures, il devrait amoindrir les coûts du crédit.

Je suis à la recherche d’autres exemples de ce type.

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13 comments

  1. Axel says:

    “Tout au long du livre, j’ai montré comment internet influence la politique.”

    Je n’ai plus en tête si vous évoquez l’exemple historique de l’imprimerie et ses effets sociaux, dans le peuple des connecteurs. Sur ce blog, “imprimerie” ne donne aucun résultat.

    L’imprimerie a changé la structure sociale du monde occidental, c’est suite à son invention que les idées libérales ont pu se répandre, contre le monopole de l’Eglise catholique.

    Voilà un exemple d’innovation technique assez comparable au Web, dont les effets sociaux et politiques sont prouvés. Toujours bon à rappeler aux sceptiques qui jugent que tout cela se résume à des débats stériles et qu’on surinterprète les conséquences politiques du développement des blogs.

    Je suis tombé sur un article assez intéressant sur le rapport entre innovation technique et transformation sociale. C’est ici :

    http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/1995/06/document.xsp?id=bbf-1995-06-0108-007/1995/06/fam-critique/critique&statutMaitre=non&statutFils=non

    “Patrice Flichy propose dans son dernier ouvrage une analyse critique des diverses manières dont les sciences sociales ont tenté de penser les relations entre science et société, en s’intéressant notamment à l’analyse sociale des processus d’innovation scientifique.”

    “Elizabeth Eisenstein a notamment montré comment les effets de l’invention de l’imprimerie doivent être pensés avec subtilité. Ils ne sont pas uniques, mais variés et contradictoires.

    Aux analyses qui privilégient les effets directs de l’innovation sur le changement social, Patrice Flichy préfère celles qui étudient avec patience les effets de contexte, montrant les multiples manières dont les groupes sociaux s’emparent d’une innovation. ”

    Le livre date de 1995.

  2. J’évoque l’imprimerie dans Blog Power. Je veux trouver des exemples aujourd’hui. Je suis en train d’explorer l’agriculture open source. http://www.a42.com/node/308

  3. Stephane says:

    Sur le contournement des circuits d’échange traditionnels et le recyclage de tout ce qui traine dans les placards: EBay était l’année derniere, au moment des fêtes, le PREMIER site de commerce en ligne en France, devant la fnac, la Redoute, Rueducommerce, etc…
    Les médias en ont peu parlé, mais c’est tout bonnement sidérant, ne trouvez vous pas?

  4. Oui, une économie parallèle est en train d’apparaître.

  5. Axel says:

    A ce sujet des économies parallèles sur le Net, je ne sais pas ce qu’il en est des projets de l’URSSAF.

    J’avais entendu que l’URSSAF ou un autre service d’Etat voulait considérer les affiliés Amazon (particuliers proposant des livres Amazon sur leurs blogs et touchant une commission par vente) comme des salariés d’Amazon. Ce qui obligerait Amazon à payer des charges sociales pour eux. (Il est évident que dans ce cas, le système d’affiliation disparaîtrait, Amazon ne voudra pas payer ces charges pour des millions d’affiliés !)

  6. Impossible de faire marcher un truc comme ça. Suffit de s’affilier dans un autre pays.

  7. Casabaldi says:

    Economie parallèle, oui, je souscris à 100%.

    Ce que tu cherches m’a l’air un peu compliqué : des exemples, il y en a plein. Mais tu as l’air de chercher des trucs “off line” mais “issus du on line” !? bizarre, non ?

    Comme je te le disais, l’info circule on line, les contacts se nouent, des exemple apparaissent etc. Mais les “choses” ne se font pas que on line. Pour moi, le 5eme pouvoir dépasse aujourd’hui largemennt le cadre du Net.

    Des “exemples” pour moi (et hors “open source, creative commons, wikipedia, etc.) :
    – Les semences “libres” (tu es déjà sur la piste)
    – le micro-crédit (Prix Nobe, tu as déjà aussi)
    – Tout le mouvement bio en général. (tu as là des gens qui achètent volontairement plus cher, parce que de l’info a circulé avant)
    – dans le “bio”, tu n’as pas que du soja !. Aujourd’hui, tu as absolument TOUT. surgelés, viandes, alcools, bref toute la bouffe, mais aussi :
    – Cosmétiques “bio”.
    – et même “produits d’entretien” bio.

    ENsuite, certaines boites commencent à fonctionner en réseau et sur d’autres modèles. (assez souvent encore claquer sur l’ancien mode des “coopératives”, mais ça évolue très vite.
    Par exemple, l’éditeur Syllepse.
    Si tu développes l’exemple du livre…
    Il se développe de nouvelles “idées”.
    Donc de nouevaux “auteurs” qui écrivent des bouquins sur ces idées.
    Déjà quelques nouveaux “éditeurs”.
    Ensuite tu passes à la distrib (je zappe l’imprimeur).
    Les librairies on line sont en train de se faire grignotter (pas leur business, qui augmente encore, mais une partie de leur métier) : de plus en plus, la partie “recommandation”, mise en avant, voire la “vente” elle-même n’est pas effectuée par Amazon, mais par les individus eux-mêmes et entre eux.
    Du coup, amazon se trouve obligé (et n’est pas contre) de rétribuer ce travail –> c’est l’affiliation.
    Demain, chaque individu devient la librairie des autres, et Amazon ne fait plus QUE le stockage et l’envoi.
    C’est le portage de la long tail depuis les ventes (ce qui est acheté) jusqu’au métier de libraire lui-même.
    Jusqu’à ce que le nouveau monde monte ses propres “distributeurs” et zappe amazon. Et ces propres “transporteurs”, puis ses camions, etc.

  8. Casabaldi says:

    Et c’est juste comme ça un peu partout (il ya aurait bcp à discuter, j’en suis conscient, mais disons que la tendance est là).

    Dans le même genre et sur la bouffe, les “AMAP”. (mises en relation directe des paysans producteurs avec les consommateurs).

  9. Casabaldi says:

    un dernier et j’y vais :
    sur les AMAP, je conseille vivement à tous (et particulièrement aux libéraux !) la lecture de ça :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_pour_le_maintien_d'une_agriculture_paysanne

    voilà.
    ALors ?
    C’est pas du beau libéralisme comme on l’aime ça ?
    Y a tout.
    Le contrat, la responsabilisation, etc.
    Je vous le dis, le libéralisme, ce sont les libéraux qui en parlent et les alters qui le font. (et réciproquement).

    (il y a d’ailleurs une petite erreur dans le descriptif wikipedia : il y est dit quelque part “le producteur sort alors de l’économie de marché”. à mon avis, c’est faux. Au contraire, il sort du capitalisme actuel et entre dans une véritable économie de marché !)

  10. pankkake says:

    Très drôle, la “critique” du Grand Soir.

  11. jylem says:

    je vois plutot une solution beaucoup plus alternative et beaucoup moins “directement” honête
    Elle est librement inspirée des conseils de lecture de thierry demain une oasis le très bon livre d’ayerdhal.
    il faudrait réunir les connecteurs, surtout les meilleur shackeurs, les meilleurs bidouilleurs, les meilleurs roublards, la version robin des bois des freemen. Et chacun selon ses capacités piraterait qui un bout de pain, qui un bout d’information, qui de l’argent aux banques, qui des armes pourquoi pas et tout serait reversé à ces gens qu’on ne voit lus qu’on ne veut plus voir et qu’on laisse crever. On ne saurait pas qui commet le forfait ce serait la communauté des connecteurs freemen robin des bois.
    il y aurait simplement quelques individus qui vivent mieux. Un peu.
    est ce que le cinquième pouvoir ne pourrait pas oeuvrer un peu à cela, même de façon politiquement plus honnête et peut -être moins efficace?

  12. C’est pas ce que nous faisons tous en ce moment? 🙂

  13. Iza says:

    Disons que c’est ce qu’on aimerait sans doute bien faire, mais qu’on ne sait pas toujours par quel bout prendre (enfin, certains ont plus d’idées que d’autres ;))…

    Après, il y a la question de “l’honnêteté” qui est plus vaste qu’il n’y paraît… parce que dans un monde peu libéral et très règlementé… il est plus facile de sortir des clous dès lors que l’on veut voir les choses sous un autre angle.. (hou là, c’est que je suis de plus en plus contaminée par certaines idées moi..)

    Enfin, il y a la question de l ‘efficacité : Jylem dans ton commentaire tu dis “des armes pourquoi, pas” .. en voilà une autre de question qu’elle est intéressante. La “fin” (la “faim” chez Ayerdhal) justifie t-elle les moyens ? toujours, pas toujours ? dans quel cas ? sommes nous prêts ? à l’action violente ? à la révolution ? à quel prix?

    Bref, tu as raison Thierry, ce que nous faisons là est plus “honnête” (je dirais plutôt : légal) et moins efficace que dans “Demain, une oasis”. Mais peut être parce qu’on est juste un peu en amont d’actions de ce type. (c’est un peu “retour vers le futur” ce queje dis là, non ? faut qu’on arrête de lire de la SF d’anticipation datant d’il y a 10 ans et qui parle de notre présent, ou de notre avenir très proche…)

    Pour tes exemples : comme l’a dit Casabaldi je te proposerais bien le sujet des cosmétiques et produits d’entretiens naturels dont l’usage s’est largement répandu grâce au Web (voir par exemple le livret “le grand ménage” de Raffa). c’est concret, simple et efficace…

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