La participation est à la mode, merci à Ségolène Royal notamment. J’ai tendance souvent à parler de démocratie participative moi aussi car je crois qu’elle serait un progrès, mais je préfère encore parler de démocratie collaborative. La collaboration, le peering comme disent parfois les anglo-saxons, est le mécanisme central du cinquième pouvoir.

Ces derniers jours, j’ai pris conscience qu’il pouvait y avoir participation sans collaboration, que la participation seule était encore un moyen d’endormir les citoyens (nouvel opium du peuple). Quand j’étais à l’école, jamais je ne levais le doigt pour répondre aux questions (surtout quand je connaissais les réponses). Je ne participais donc pas. D’autres le faisaient. Mais ils ne collaboraient pas les uns avec les autres. En tout cas, les questions posées par l’institutrice qui les poussaient à participer ne les incitaient pas à collaborer.

Ségolène Royal me fait penser à une instit. Elle pose des questions, elle reçoit des réponses éparses, puis elle en fait sa salade… c’est très vieux jeu comme méthode politique. Moins archaïque que de ne pas poser de question mais c’est loin de l’esprit collaboratif qui anime le cinquième pouvoir, en tout cas son avant-garde qui construit le web depuis quelques années.

Si vous voulez écrire une définition sur wikipedia, vous ne pouvez pas vous contenter de participer, c’est-à-dire pondre votre texte et vous en désintéresser. Vous devez dialoguer avec tous ceux qui viendront le modifier, le critiquer, le compléter… Collaborer c’est travailler ensemble, c’est profiter de l’intelligence de tous.

Pour moi, le cinquième pouvoir ne peut advenir que grâce aux nouveaux outils de collaboration massive. Nous ne sommes qu’au début de cette aventure.

Certains critiques affirment que les hommes n’ont pas changé, donc qu’ils ne changeront jamais. L’homme n’a peut-être pas changé, mais les outils à sa disposition oui. Ça fait toute la différence. Génétiquement l’homo sapiens-sapiens n’a pas beaucoup évolué depuis 150 000 ans et pourtant il ne vit plus comme avant. Il y a 2500 ans en Grèce, il inventa la démocratie. Aujourd’hui, il dispose des outils pour inventer la démocratie 2.0. Ça change tout.

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32 comments

  1. Witt says:

    Oui, là tu marques un point, billet convaincant !

    Internet et les technologies à venir pourront sans doute permettre cette collaboration.

    As-tu lu le livre d’Attali ? (HS…)

  2. Witt says:

    Ah oui lol, c’est sec…

    Enfin si tu peux, va au bout, ce qu’il prévoit après l’hyperempire et l’hyperconflit, ça devrait t’intéresser.

    Enfin bon, moi j’ai apprécié ce livre… :p

  3. Sarro Philippe says:

    Pour info si ça vous interresse.

    La prochaine réunion d’ARS INDUSTRIALIS aura lieu le samedi 20 janvier 2007 au théâtre de la Colline à partir de 14 heures, 15 rue Malte Brun, Paris 20° (métro Gambetta)

    Le thème en sera

    LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

    Interventions de

    Marc CRÉPON
    Bernard STIEGLER
    Catherine PERRET

  4. Il est fantastique Attali… il prévoit pour dans 50 ans ce qui est déjà en train de se produire aujourd’hui.

  5. aztl says:

    Oui je suis d’accord il ne faut pas tout confondre.

    L’intelligence collective n’est possible qu’avec les pratiques collaboratives et non pas participatives.

    Au fait vous aves vu il y a une interview de Jacque Atali sur LeMonde aujourd’hui ?

  6. ~laurent says:

    Pour prolonger ce que tu écrit tu peux regarder du coté de l’ extreme democracy (http://www.extremedemocracy.com/).

    “Extreme democracy” is a political philosophy of the information era that puts people in charge of the entire political process. It suggests a deliberative process that places total confidence in the people, opening the policy-making process to many centers of power through deeply networked coalitions that can be organized around local, national and international issues. The choice of the word “extreme” reflects the lessons of the extreme programming movement in technology that has allowed small teams to make rapid progress on complex projects through concentrated projects that yield results far greater than previous labor-intensive programming practices. Extreme democracy emphasizes the importance of tools designed to break down barriers to collaboration and access to power, acknowledging that political realities can be altered by building on rapidly advancing generations of technology and that human organizations are transformed by new political expectations and practices made possible by technology.

    Extreme democracy is not direct democracy, which assumes all people must be involved in every decision in order for the process to be just and democratic. Direct democracy is inefficient, regardless of the tools available to voters, because it creates as many, if not more, opportunities for obstruction of social decisions as a representative democracy. Rather, we assume that every debate one feels is important will be open to participation; that governance is not the realm of specialists and that activism is a critical popular element in making a just society.

  7. C’est exactement ça… je vais aller voir leur site.

  8. Reivilo says:

    Les gourous sont identifiés.

  9. Sugus says:

    Me suis permise de reprendre cette idée de démocratie 2.0 et de la mettre à ma sauce…

  10. Nous allons avoir un problème de vocabulaire, car je démontre ici le contraire : le participatif est plus puissant que le collaboratif, car le participatif rend actif les individus, ce que le collaboratif n’a jamais vraiment permis jusqu’à ce jour (cf. “Le web participatif” http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=15806).

    Les technologies collaboratives se sont toujours calquées sur les organisations et les hiérarchies existantes, empêchant leur adoption massive par les utilisateurs. Ce n’est que depuis que les technologies sont devenues participatives (“S’associer, prendre part à”, Larousse), que l’individu a pu être mis au coeur du système, car la participation rend actif l’individu, là où la collaboration ne le rendait qu’exécutant.

    Tu as réduit dans ton billet la participation à une “participation passive”, ce qui est tout le contraire de ce qui se passe sur le web depuis 3 ans. D’autre part la participation inclut la collaboration, car toutes les actions que l’on mène dans son quotidien n’imposent pas de “travailler ensemble, dans un but commun”. Par contre nous devrions passer notre temps à participatif, à prendre part, à être actif, impliqué dans tous les événements de notre vie sociale, professionnelles, politique, associative, etc… La participation est donc le moteur, la collaboration n’en est qu’un outil.

  11. Axel says:

    Il y a aussi un problème avec le mot “collaboration”, qui n’est pas d’un usage heureux en politique, depuis une certaine époque.

    Peu importe le mot, l’essentiel étant d’expliquer la chose.

  12. Miguel. Tu n’as pas démontré que je me trompais. Pour moi, on peut toujours participer sans collaborer (voir mon exemple sur l’école — à l’école la participation n’est pas nécessairement passive). Tu affirmes que la participation inclus la collaboration alors que je viens de te donner un contre exemple.

    Quand je vote je participe à une élection mais je ne collabore avec personne. Un autre exemple.

    Le mot collaboration me paraît plus fort même s’il est connoté (je ne fais pas de politique électorale donc je me moque de déplaire avec les mots). Justement ce mot, dans son sens collaboration avec l’occupant, évoque bien l’idée de travailler ensemble dans un but commun (même si ce but était détestable dans le cas de nazis).

    Bon… ce n’est pas moi qui vais jouer sur les mots alors que je tape sur tous ceux qui s’amusent à ce petit jeu. On est d’accord Miguel sur la nuance… Faut qu’on trouve un mot pour dire travailler ensemble… pour traduire peering.

  13. Thierry, je peux te démontrer avec énormément d’exemples vécus qu’on peut tout autant collaborer sans participer que participer sans collaborer 🙂 ce ne me semble pas être le bon argument.

    Je viens de passer presque 15 ans à essayer d’aider des centaines de milliers de gens à mieux “collaborer” ensemble, et ayant constaté combien ils avaient du mal à “travailler ensemble” alors qu’on essayait de les aider en leur mettant à disposition des outils de travail sensés leur faciliter le “travailler ensemble”, sous quelques formes que ce soit, la conclusion finale a été que la “collaboration” est beaucoup trop restrictive comme concept, car en fait elle n’est pas porteuse d’action, de changement. D’ailleurs, comme tu le rappelle, il est effectivement possible de collaborer dans le cadre d’un système totalitaire, mais si un système totalitaire laisse “participer” ses citoyens, c’est à dire prendre la parole, leur permettre de “prendre part à”, de “s’engager”, tous les exemples récents que l’on a sous la main, et que tu défends à longueur de ton blog et de tes ouvrages, montrent que la participation des individus libère leur énergie et leur besoins d’expression et de liberté, là où la collaboration ne libère rien car elle ne fait que plaquer un processus “neutre” sur des mécanismes organisationnels existants. La collaboration relève donc du moyen, utilisé dans le bon ou le mauvais sens, là où la participation induit un impact social de par la possibilité d’engagement donnée à l’individu. Bien entendu il y aura toujours plein d’individus qui ne participeront jamais, ou qui ne prendront pas en compte l’avis de ceux qui ont participé, mais ce n’est pas pour cela qu’il faut en tirer une règle générale, car elle est bien entendu valable dans l’autre sens..

    L’avénement de la participation avec le web 2.0 (et non de la collaboration, car il ya très peu de collaboration dans le web 2.0, elle n’est qu’une conséquence de la participation) a au contraire démontré que cette notion de participation, beaucoup plus large, possédant une puissance d’adoption que ne possède pas la “collaboration”, a donc un véritable impact sur les individus, car elle induit un changement profond, dans les mentalités, dans l’organisation, dans les hiérarchies, dans la société, ce que la collaboration ne permet pas et n’a jamais permis.

    Je pense donc que ce serait une énorme erreur que de revenir au terme de collaboration, au moment où on peut se débarasser de ce carcan qui n’apportait rien de constructif, puisqu’il n’a jamais été capable de vraiment faire évoluer les organisations dans lesquelles les gens collaboraient. Seul donner la parole à l’individu permet de franchir cette étape. Bien entendu donner la parole peut aboutir à une collaboration, mais cette collaboration ne sera pertinente dans le sens qui nous intéresse que s’il y a eu participation avant. D’où le fait que dans mes travaux, la participation est une étape supérieure à la collaboration. La participation telle que vécue actuellement est un véritable changement organisationnel et sociétal, la collaboration n’est qu’un moyen à notre disposition pour travailler ensemble, pouvant ou non être mis au service de la participation.

    Sinon peering ne veut pas dire “travailler ensemble”. Il veut plutôt dire “entrer en relation” ou “mettre en relation”. “Participation” est pour moi beaucoup plus proche de peering que “collaboration”. Dur dur 😉

  14. aztl says:

    Miguel, tu dit :
    “la participation avec le web 2.0 (et non de la collaboration, car il ya très peu de collaboration dans le web 2.0, elle n’est qu’une conséquence de la participation”
    Pour moi cela veut dire que la participation est inclus dans la collaboration. Ou encore que c’est une condition nécessaire.

    Pour ce qui est du vocabulaire on pourrait alors parler de Coopération ?

  15. Tout ce que je veux dire c’est que participer à flickr, par exemple, ne nous fait pas pour autant travailler ensemble à un projet commun, sinon flickr lui-même. Mais sans doute que la collaboration apparaît comme une conséquence de la collaboration, elle émerge peut-être par auto-organisation. Je l’espère.

    Mon billet visait l’usage restrictif qui est fait de la participation en politique.

    Miguel je serais tout de même curieux de savoir comment on peut collaborer sans participer. Si je joue au foot, je participe à la partie et collabore, coopère, avec mes partenaires. Le joueur trop peu collaboratif n’est généralement pas très bon.

  16. Cette question de vocabulaire et de sens est fondamentale, il faut absolument l’éclaicir car il nous devons la “bonne parole” avec le même discours 🙂 Donc approfondissons :

    D’un point de vue strictement logique, s’il était possible de participer sans collaborer, mais impossible de collaborer sans participer, cela signifierait que la participation englobe la collaboration, cette dernière n’étant qu’un état donné d’un processus participatif global, ou dit autrement qu’un sous-ensemble de l’ensemble participatif. Donc le champs sémantique de la participation serait plus vaste que celui de la collaboration, la collaboration étant incluse dans la participation (ce qui est le contraire de la conclusion d’aztl)

    D’un point de vue expérimental, on constate que :
    (1) je dépose une photo dans FlickR, j’ai participé à l’alimentation d’un système global. Je n’ai pas collaborer, car je n’ai pas travaillé ensemble
    (2) je dépose un commentaire sur une photo stockée dans FlickR, j’ai participé à champs sémantique de la photo, mais je n’ai toujours pas collaborer. De même pour la plupart des commentaires dans les blogs
    (3) je coordonne un groupe d’ami à l’issue d’une randonnée et nous nous fixons comme objectif de publier toutes les photos dans FlickR, nous collaborons pour atteindre cette objectif. Et j’ai aussi participer à la réalisation de l’objectif. Et je peux même décomposer cet objectif en sous-objectifs, auxquels je peux participer au sens du point (2) ou collaborer.

    Donc quand tu dis dans ton billet :

    “ces derniers jours, j’ai pris conscience qu’il pouvait y avoir participation sans collaboration”

    je suis d’accord. Par contre quand tu conclus :

    “Si vous voulez écrire une définition sur wikipedia, vous ne pouvez pas vous contenter de participer, c’est-à-dire pondre votre texte et vous en désintéresser. Vous devez dialoguer avec tous ceux qui viendront le modifier, le critiquer, le compléter… Collaborer c’est travailler ensemble, c’est profiter de l’intelligence de tous.
    Pour moi, le cinquième pouvoir ne peut advenir que grâce aux nouveaux outils de collaboration massive. Nous ne sommes qu’au début de cette aventure.”

    en sous-entendant que la participation/sans-collaboration ne permet pas d’avancer et que l’obligation est de collaborer, je ne suis pas d’accord. Tout d’abord plein de gens participent à wikipedia sans collaborer, et d’autre part la très grande majorité des succès du web 2.0 impliquent participation mais pas collaboration.

    Si on revient sur ton exemple de FlickR, le fait d’avoir créer FlickR et d’avoir permis aux gens d’y participer librement (sans forcément collaborer) a libéré des énergies extraordinaires qui se sont retrouvées partout ailleurs. Quelqu’un qui participe à FlickR se dit mais pourquoi je n’ai pas le droit de faire la même chose dans tel autre site, ou pour telle autre donnée, ou même dans la vie réelle ? Là démarre le processus mental de modification de nos comportements. Si FlickR avait imposé aux utilisateurs de collaborer pour pouvoir publier leurs photos, d’une part il n’aurait pas eu le succès qu’il a eu, d’autre part l’effet libérateur d’énergie participative n’aurait pas eu lieu (le tagging par exemple n’est pas collaboratif, il est participatif, d’où son succès)

    Par contre d’un point de vue humain, je suis obligé de constater une chose de plus, que jévoquais dans mon commentaire précédent : j’ai souvent vu des membres d’équipes “collaborant” sans “participer”. C’est à dire faisant bêtement ce qu’on leur demandait de faire dans le cadre du processus organisationnel dans lequel ils étaient impliqués, sans aucune implication quelconque, sans en fait “participer” au processus, sans rien y apporter de plus que l’exécution bête et méchante de leur tâche. On les remplace par un robot, et le résultat est le même. Or la participation nécessite “prendre part” et “engagement” et je ne peux, avec le web 2.0, que constater la force des outils de participation, force que l’on n’a jamais constaté à ce jour dans les outils de collaboration. Il faut donc en chercher l’origine dans la participation, pas dans la collaboration.

    Donc non seulement la logique voudrait que la participation soit un terme plus vaste que celui de simple collaboration, et le retour d’expérience du web 2.0 que la participation est bien plus efficace que la collaboration pour faire bouger les choses, mais en plus, réduire un concept à sa simple dimension “collaborative” est dangereux, car c’est permettre sa réduction à une mécanique, un automatisme, un “workflow procédural” sans âme, vide de sa dimension participative..

    Ma conclusion est donc que la démocratie doit être participative, car elle doit permettre la prise en compte de toutes les dimensions d’implication et la libération de toutes les énergies, incluant la collaboration ou pas. Faire entrer la démocratie 2.0 dans une “démocratie collaborative” reviendrait à tuer sa capacité à générer une nouvelle démocratie et à empêcher l’implication de la majorité des citoyens à ce nouveau processus.

  17. aztl says:

    Oui erreur de ma part la collaboration est bien incluse dans la participation.
    Et même si tu estimes avoir vu des gens avoir collaboré sans participer c’est que tu n’as pas placé ton observation à la bonne échelle.
    En effet, même s’ils faisaient des choses dans leur coins (à l’échelle des collaborateurs) ils participaient à leur manière à la production globale (à l’échelle de l’entreprise ou du projet).
    En fait tu mets le doigt sur des cas où l’on a 1+1 = 2 alors que si c’était réellement de la collaboration il y aurait eu 1+1=3. La collaboration au sens de l’intelligence collective c’est faire en sorte que le tout soit plus que la somme des parties.

    Je suis néanmoins d’accord avec le fait qu’un processus volontairement collaboratif n’est pas forcément la clé de la collaboration.
    Cela rejoint le problème qu’à connu le knowledge management (qui a connu son heure de gloire il 2/3 ans) qui s’est asphixié dans des outils trop contraignant qu’on a voulu mettre en place pour le développer.

    Peut etre faut il alors dépasser les concepts de inclus/exclus de la théorie classique des ensembles. La collaboration est peut etre alors une propriété émergente d’un système participatif …

  18. Pour Miguel
    « Cette question de vocabulaire et de sens est fondamentale, il faut absolument l’éclaicir »
    En tant que maniaque du sens et de la logique je ne peux qu’être d’accord avec cette proposition. Mais en ce qui me concerne le verbe « éclaircir », se remplace par « simplifier ». Donc sur ce coup là je serais moins maniaque parce que les mots « participation » et « collaboration » et pourquoi pas « coopération » ne sont pas assez précis. Ces mots traînent derrière eux trop de définitions et de sens contradictoires.
    Si on s’amuse à faire une démonstration en langage courant avec des termes vagues, on arrive obligatoirement à plusieurs interprétations possible selon la psychologie du lecteur. En vulgarisation, il vaut mieux utiliser des exemples, des analogies.
    Votre point de vue est valable, mais c’est un point de vue pas une démonstration.
    Un mélange de logique, de psychologie, d’empirisme et d’histoire ne donnera qu’une opinion.

  19. Je sors de ce dialogue en me disant une fois de plus que ça sert à rien de se prendre la tête avec le sens des mots. Ça ne nous fait pas beaucoup avancer. Je dois avouer que j’ai rien compris à ton explication Miguel. Tu me raconteras ça autour d’un verre 😉

  20. Axel says:

    “autour d’un verre” … à Asnières 🙂

  21. Axel, tu es sur Asnières ?

  22. virginie says:

    Et les gars, si vous arretiez vos mondanités, faut bosser un peu non ? y a pas des élections à gagner ? 😉

  23. Axel says:

    “Axel, tu es sur Asnières ?”

    Non, Paris.

    Je parlais d’Asnières, car Thierry en parle longuement dans son livre, et cela concerne Miguel (affaire Aeschlimann).

    Pourquoi ne pas parler de COOPERATION ?
    La coopération c’est un mixte de collaboration et participation.

  24. Mais tu es un misérable pompeur Axel ! ((-:

  25. Axel says:

    oups. effectivement Henri, tu avais cité le mot coopération plus haut. 😉

    sur le fond, cette question de vocabulaire, je ne suis pas d’accord avec Miguel qui la juge fondamentale. Les discussions de vocabulaire sont sans fin. Aucune langue n’est assez précise, et chaque terme évolue avec le temps. Il est impossible de s’entendre sur un terme. Le moindre terme peut avoir des sens multiples. Une langue historique n’est pas une science. Il faut dépasser les mots et s’entendre sur les objectifs principaux.

  26. aztl says:

    sans vouloir être prétentieux merci de voir encore plus ‘haut’ pour “coopération”.

    Ceci dit je crois que le vocabulaire est extrèmement important car même si on s’attache à un objectif celui s’exprime par … des mots.

    De plus c’est par l’utilisation d’un mot que bien souvent s’agrège toutes les intentions liées à un objectif donné. Ces temps de campagne éléctorale sont la pour le montrer (‘rupture tranquile’ etc…)

  27. Axel says:

    “même si on s’attache à un objectif celui s’exprime par … des mots.”

    oui : des mots. Au pluriel. Plusieurs mots, formant un discours, une pensée. C’est cela l’important. Pas de se battre pour UN mot en particulier, parce que le langage n’est pas assez précis pour donner un sens univoque à UN mot.

  28. aztl says:

    ok je suis d’accord.

  29. gaia says:

    salut Mr Connecteur.

    90% OK avec toi.

    bemol : Wikimedia : il est encore trop tôt pour évaluer ses bienfaits. Et pourtant j’y participe ! j’y collabore !

    Mais la Fondation reste opaque. Attention àaux mirages …

    Sinon je te signales un autre mode de collaboration typique réseau :

    la grippe sociale !

    En voici un virus sur mon blog appel de raspail :

    “”LES SONDAGES SONT FAUSSÉS PARCE QUE CE MESSAGE CIRCULE. FAITES PASSER !””

    C’est de la Métaheuristique en fait ! De la Stigmergie !

    Ai lieu d’une fourmi qui balise un chemin vers la bouffe pour la fourmilière , c’est un humain qui trouve un truc et remplace le chemin et le but par une information.

    le code génétique du virus social.

    Ensuite, les visites mutuelles et tou les moyens de diffusion permettent à d’autres fourmis concernées par l’objectif posé d’adopter le code proposé et de le répandre autour d’elles.

    Vu de haut c’est une épidémie comportementale . L’objectf étant de rendre les anciens procédés de contrôle inopérants face à une socialisation P2P.

  30. Désolé pour ma réaction tardive, j’ai été absent ces deniers jours.

    @Thierry: avec grand plaisir pour le verre et une discussion sur le sujet, car il est pour moi fondamental que nous parlions tous d’une voix unique en la matière. Sinon pour le coup nous ne ferions que tout rendre ambigu, alors qu’il faut au contraire être très clair. Mais surtout pas à Asnières (je parle du verre bien sûr…) 😉

    @Axel: tout d’abord, bien que victime de cette affaire asniéroise, je n’habite pas Asnières et n’y ai jamais habité ! Sinon pour revenir au sujet, le sens des mots est vraiment fondamental, et ces deux mots ne sont pas du tout neutres, ni évasifs, ni vides de sens ou trop plein de sens. Au sens littéral (dans le dictionnaire), on peut déjà leur attribuer un sens bien précis, mais en plus ils sont chargés d’histoire, aussi bien dans le domaine informatique que dans le domaine social ou politique. Je pense qu’il est très important de tenir compte dans l’utilisation d’un mot de l’histoire et de sa charge sémantique associée. En l’occurence le mot collaboration est très riche, car utilisé depuis plus de trente ans dans le monde informatique, avec une mise en situation auprès de millions d’utilisateurs de par le monde, et cela même donc bien avant l’avènement de l’internet. Il me semble difficile de tirer un trait aussi bien sur les sens cumulés que sur les retours d’expérience de l’usage des outils de travail collaboratif depuis toutes ces années.

    En guise de petite conclusion à mes propos pour tenter de les simplifier, l’expérience a démontré à ce jour que la courbe d’adoption par les utilisateurs des technologies de collaboration était extrêmement lente, alors que celle des technologies participatives révélées par le web 2.0 est au contraire extrêmement rapide. De ce constat, il est important à mon sens, transposé à l’entreprise ou à la démocratie, de préconiser l’usage de la participation (à définir peut-être plus précisemment) plutôt que de la collaboration. L’autre constat en terme organisationnel, sur vingt années d’utilisation de technos collaboratives, c’est qu’elles ont n’ont pas modifié les organisations existantes, alors qu’en 2 ou 3 ans d’usages de technologies purement participatives, les verrous organisationnels sont en train de complètement sauter ! Il y a donc bien une différence de nature entre participation et collaboration dont il faut réellement tenir compte.

  31. Enfant Terrible says:

    Ce témoignage de Thierry Crouzet et les commentaires qui ont suivi placent le philosophe devant une double interrogation:
    (Ne t’inquiètes pas Thierry, je resterais sobre pour prendre le volant à votre place.)

    1)Peut-on collaborer sans le vouloir?
    et
    2)Peut-on croire qu’on participe alors qu’on ne le fait pas?

    Après cet article, et surtout en France, où ces deux mots sont revenus dans l’histoire à chaque fois que ces 2 questions se sont posées (“l’important c’est de participer” “le régime hitlérien à trouvé en France des collabos” etc…) il ne pouvait naturellement pas susciter d’autres commentaires. Pourquoi?

    Ces vingt dernières années, le point de vue communément admis sur la sémantique s’est arrêté à une seule définition et a bel et bien marqué le pas:
    “Sémantique = analyse du sens des mots!”
    simple, mnémotechnique… mais on se demande encore a quoi ça peut réellement servir, autant qu’on se demande à quoi peut réellement servir l’étude du langage.

    Beaucoup de sophistes, de rhéteurs…trop peu de philosophes. En clair, aujourd’hui l’étude du langage sert à convaincre…mais plus du tout à comprendre les pratiques humaines qui l’ont egendré. on extrait les mots de leur environnement et on s’étonne de ne rien pouvoir comprendre de leur analyse.

    Lorsqu’ils sont replacés dans leur contexte descriptif, c’est à dire dans l’article de Thierry, ils expriment un point de vue sur la tâche (ou le labeur) à accomplir (Comme toujours lorsque l’on crée un mot à partir d’un verbe). Donc, dans un cas (participation) on ne connait pas exactement la nature du travail, tout ce que l’on sait c’est qu’on le tient en haute estime. dans l’autre cas (collaboration) on sait exactement de quel travail il s’agit sans se preoccuper de sa valeur.
    De ce fait, ta prise de conscience est tout à fait normale Thierry (vieux motard que jamais :-)).

    Pour ce qui est des deux questions que se pose notre philosophe du début, il a au moins pu comprendre que tout le monde aimerait répondre que non, mais qu’en réalité la réponse est oui. Et en particulier lorsqu’il s’agit d’une action aussi périmée que le vote.
    Les méthodes employées ne peuvent que correspondre au point de vue que l’on a sur le travail à accomplir, cette règle générative des verbes n’est pas due au hasard.
    J’ajouterais au passage, et c’est mon opinion sur le sujet:
    Celui qui a créé les verbes collaborer et participer n’avait surement pas le désir de comprendre les gens, il voulait simplement une execution des tâches, même si les gens n’étaient pas prêts à les faire…

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