Depuis quelques semaines, des analystes, notamment des blogueurs comme le duo de Netpolitique, utilisent une étude Ifop pour douter du cinquième pouvoir (propos d’autant plus surprenant pour un blogueur car il n’aurait aucune légitimité si le cinquième pouvoir n’existait pas un tout petit peu).

Sur le plan méthodologique, cette étude, comme beaucoup d’études actuelles, commet une erreur : elle prend un échantillon représentatif des internautes français. Ça n’a aucun sens. À une époque où la société se fractionne en niches de plus en plus étroites (niches électorales comprises), l’opinion d’ensemble n’existe tout simplement plus. Pour approfondir ce point, je renvoie au chapitre 7 du cinquième pouvoir.

Maintenant regardons un premier chiffres : 21 % des internautes feraient confiance au net comme principale source d’information politique. Certains disent que ce n’est pas beaucoup, 5 millions de Français ça ne compterait pas ! Moi je crois le contraire. En 2002, il n’y avait pratiquement personne pour dire qu’internet était une source d’information politique fiable. En 5 ans, le bouleversement est tout simplement énorme.

Par ailleurs, l’internaute qui fait l’effort d’aller chercher l’information est nécessairement un connecteur, il va plus ou moins propager cette information, au moins dans son cadre familial et social. Tenir compte de l’influence d’internet en négligeant le buzz qui est son mode même d’influence est tout simplement absurde. Ce n’est pas parce que le buzz est difficile à mesurer qu’il faut l’ignorer. Je rappelle que sans buzz, les grands services internet n’existeraient tout simplement pas.

Des millions d’internautes qui parlent de politique, ça fait beaucoup de bruit, surtout lorsque certains de ces internautes, estimés à 2 ou 3 millions, ont le courage de s’intéresser aux sources non officielles que sont les blogs, donc se construisent peu à peu une nouvelle vision politique.

Ces petits nombres énormes à mes yeux font dire à certains que le cinquième pouvoir n’existe pas et ne jouera aucun rôle politique. C’est oublier l’essentiel.

1/ Les prochaines élections en France ne constituent qu’une parcelle du champ politique, l’essentiel se passe ailleurs.

2/ Les vrais échéances sont mondiales (dérèglements climatiques, écologiques, sociaux…) et locales (à mon sens le national est dépassé). Le cinquième pouvoir sera jugé dans la durée, dans sa capacité à affronter ces problèmes. Il a commencé à le faire avec de multiples approches Open Source.

3/ Les blogs ne représentent que la partie la plus visible du cinquième pouvoir (ils le réduisent souvent à un contre-pouvoir de type presse). Des forums au wikis en passant par les services web 2.0, tous les outils collaboratifs participent à son développement.

4/ La révolution du cinquième pouvoir s’accompagne d’une prise de conscience. Elle transparaît aussi dans les médias traditionnels, car parmi les amateurs avertis de la web politique il y a beaucoup de journalistes. Il est impossible aujourd’hui de définir une frontière entre les médias off line et on line. L’influence du cinquième pouvoir se diffuse par de multiples canaux.

Le cinquième pouvoir ne fera pas la campagne présidentielle. Il influencera peut-être en faveur d’un candidat plus que d’un autre, c’est tout. Son combat va bien plus loin qu’une simple élection, c’est un combat pour reconcevoir la société.

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39 comments

  1. Axel says:

    “Des millions d’internautes qui parlent de politique, ça fait beaucoup de bruit”

    De quelques discussions que j’ai eues, au sujet du 5e pouvoir, je retiens que ce qui effraie le plus, et suscite le plus de doutes, c’est le côté très bordélique et souvent conflictuel des discussions, sur les blogs et sur les forums.

    Pour certains, quand ils voient ces échanges partir dans tous les sens, en arriver aux noms d’oiseaux, ne déboucher sur aucune construction, se finir sur des départs, des claquements de portes, ou des bannissements, cela donne une vue desespérante de la “démocratie 2.0”, et ils ne seraient pas loin de préférer un bon vieux pouvoir centralisé ordonnant les débats.

    Il y a une enfance de la démocratie 2.0, qui passe par des échanges stériles. Il faut l’accepter, et se dire qu’on apprend à nager en se jetant à l’eau.

    Le fait que les discussions politiques soient si souvent stériles sur les blogs et forums, indiquent seulement une maturation des esprits non encore faite. Il faut se donner le temps, et ne pas jeter la démocratie avec les côtés pénibles de l’agora bruyante.

  2. Axel says:

    (je sais bien que tu entendais “bruit” au sens positif, celui de buzz bousculant les lignes ; mais pour la majorité, ce bruit est entendu au sens négatif : un brouhaha d’où rien ne sort)

  3. Encore un sondage à la con, exemple dans machin Ifop:
    “Les médias auxquels on fait le plus confiance pour s’informer sur la campagne présidentielle
    Q. Parmi ces médias, quels sont les deux auxquels vous faites le plus confiance pour vous informer sur la campagne présidentielle ?”

    “DEUX”: question orientée. J’ai la flemme de voir le reste…

  4. Reivilo says:

    Ah Thierry, je vois pas comment vous allez pouvoir vous en sortir.

    Sur la méthodo, qu’auriez-vous voulu interrogé d’autres comme population si ce n’est celle des internautes ? Qu’il n’y ait pas d’opinion publique globale, c’est un truisme et cela n’a rien de nouveau. Les sociologues l’ont dit il y a 30 ans déjà. Vous pouvez demander à Yves-Marie (qui est blogueur) les tris des résultats selon les sous-populations qui vous intéressent, il vous les fournira sans doute volontiers. Certains résultats de la sorte sont d’ailleurs présentés.

    Sur les résultats. Les 21 % dont vous parlez qui font confiance au net (le seul chiffre que vous relevez), vous oubliez de dire que 63% de ceux qui cherchent des infos politiques sur internet le font par l’intermédiaire des sites de la presse écrite. Ils font confiance au net mais pas aux blogs politiques.
    2 enseignements essentiels de cette étude qui corroborent largement ce que j’ai pu dire ici. 1. 10 % seulement des internautes consultent les blogs politiques et 2. ceux-là sont proches de l’UMPS et sont d’un niveau socio-économique élevé. C’est donc un phénomène marginal dans lequel se reproduit la domination UMPS que l’on trouve dans les médias classiques. On ne voit pas comment à partir de là ce phénomène pourrait constituer un pouvoir et, surtout, un pouvoir distinct de celui des médias. Vous finissez par le concéder – force est de le constater – en disant qu’il n’y a pas de “frontière entre les médias off line et on line”. Je me suis époumoné à vous le dire. Vous en tirez la conclusion que “l’influence du cinquième pouvoir se diffuse par de multiples canaux”, pas étonnant, mais en fait c’est tout à fait autre chose : l’investissement du web par les médias classiques. Pour conclure : les blogueurs sont les journalistes de la presse et les visiteurs de ces blogs sont les lecteurs de la presse. Quelle révolution !

    Votre croyance transforme la réalité. Remettons la pyramide sur ses pieds !

  5. Axel says:

    “Ils font confiance au net mais pas aux blogs politiques.”

    C’est aussi qu’il est plus facile de connaître le site du Monde qu’un blog.

    On s’informe sur le site du Monde, mais la confiance, l’influence, c’est autre chose.

    Reprenons le cas de l’Europe, le TCE. Les médias classiques étaient les plus consultés. Ils étaient massivement pour le oui. Pourtant le non est passé.

    Que les médias classiques touchent une majorité de Français, ne signifie donc pas qu’ils sont déterminants dans l’influence, sinon le oui serait passé à 90 %.

    Attention à ne pas confondre audience et influence.

    Enfin, et surtout, le Net a quelques années d’existence. C’est assez ridicule de tirer de grandes conclusions de la répartition actuelle des audiences. Tout cela change à toute vitesse. Il y a un an, on présentait le blog de Loïc Le Meur comme un phénomène d’audience, parce qu’il rassemblait 1000 lecteurs par jour. Aujourd’hui il suffit de trois mois pour qu’un blog un peu actif rassemble ces mille lecteurs, sans passer dans les grands médias, et sans avoir le réseau de Loïc.

    Dans un an, tout aura encore changé. Pourquoi vouloir casser des dynamiques en tirant des conclusions définitives de photographies de l’instantané ?

  6. Reivilo says:

    Dans un an, tout aura changé ? Et TF1 donnera plus de places aux émissions politiques ? Les ventes de la presse écrite exploseront ?
    Pourquoi se passerait-il sur le net ce qui ne se passe pas ailleurs ? Entre ceux que le libéralisme a dépolitisé et replié sur soi et ceux, très nombreux, qui n’ont pas d’aptitudes politiques, je ne vois pas quelle dynamique pourrait conduire les Français à s’enthousiasmer pour les blogs politiques. Vos croyances me paraissent illusoires, vaines et – ce que je crains le plus – néfastes à d’autres dynamiques. Bien plus réelles : le squat du canal saint-martin, l’occupation d’immeubles vacants (place de la Bourse par exemple) pour les évènements les plus récents, la fronde anti-CPE, le non au TCE, les nombreuses manifestations chaque année d’ouvriers en passe d’être licenciés… La blogosphère doit y participer mais de toute évidence, elle ne pourra être le moteur de ces dynamiques. C’est dans la rue que les choses peuvent se faire et se défaire. Redescendez !

  7. Reivillo, la politique qui nous intéresse ici n’est pas vraiment de savoir qui sera élu, mais qui change le monde… ça c’est le job du cinquième pouvoir.

  8. Axel says:

    “Pourquoi se passerait-il sur le net ce qui ne se passe pas ailleurs ?”

    Parce que le Net repose sur un modèle financier qui permet à la diversité de vivre. Des millions d’éditeurs naissent (les blogueurs). Des millions de personnes deviennent entrepreneurs, chefs d’entreprises, apprennent à gouverner un petit univers éditorial, se mesurent à eux-mêmes et aux autres.

    Il en résulte une façon différente de structurer la société. Parce qu’une société composée de millions de créateurs indépendants, ne se gouverne pas comme une société de millions de moutons passifs devant une seule chaîne, à qui l’on peut raconter n’importe quoi.

    La structuration du Web conduit à une plus grande exigence de liberté et de pluralisme. La politique devra suivre cette exigence, et s’ouvrir.

    La plupart des gens ne voient dans le Net que la possibilité de débattre, d’informer ou de s’informer. Ce n’est pas le plus important. Le plus important c’est la possibilité que le Web offre, pour chacun, de créer son espace éditorial. C’est une école de l’esprit d’indépendance, et de l’esprit d’entreprise, d’initiative. Une école de la créativité.

  9. Reivilo says:

    @Thierry : je ne comprends ce qui peut motiver dans mon discours votre réaction, sans doute une façon de botter en touche.

    @Axel : des millions de blogueurs ? C’est bien, on va changer les pratiques de jardinage, s’échanger des recettes de cuisine…

    La société, ce n’est pas des millions de moutons passifs. Vous êtes à côté, le problème n’est pas là. C’est une structure qui se caractérise par des rapports de domination. Le pouvoir étatique et médiatique consiste à reproduire ces rapports sociaux.
    L’espace offert par les blogs politiques est occupé par les journalistes essentiellement. On voit depuis plusieurs décennies, une tendance – même si elle s’est infléchie du fait du 21 avril – à la dépolitisation des citoyens. Encore une fois, pourquoi pensez-vous que ces citoyens prendront d’assault ce nouvel espace pour se faire entendre sur un terrain (le politique) dont ils s’éloignent d’année en année ?

  10. Pour Reivilo:
    Si par “politique” vous entendez, état, gouvernement, partis ( politiques ), vos propos sont correctes.
    Si par politique, j’entends dissolution de l’état, du gouvernement et des partis nous ne parlons pas de la même chose. Evidement cela ne peut se penser qu’à long terme, voir moyen terme et pour ce qui est du court terme, nous en sommes au stade de la plomberie.

  11. @Reivilo Je réponds laconiquement parce que vous croyez à une sorte d’état immuable où des hommes dominent d’autres hommes… Croire en l’immuable me paraît d’un pessimisme consommé. Moi, je pense que ce n’est pas une fatalité. Je ne cesse d’expliquer tout ça ici, je me suis expliqué aussi dans Le peuple des connecteurs. Lisez la bataille de Borodino dans mon nouveau livre, dès qu’il sort. En une époque de réseaux, plus personne ne va pouvoir dominer les autres… sauf en renonçant aux bénéfices que nous offrent les réseaux, mais ce serait alors suicidaire vis-à-vis de tous ceux qui choisiront les réseaux. Lisez par exemple Wikinomics pour bien comprendre ce phénomène.

  12. charlie says:

    @ Reivilo,

    “On voit depuis plusieurs décennies, une tendance – même si elle s’est infléchie du fait du 21 avril – à la dépolitisation des citoyens”

    Non. Ce qu’on voit, c’est une augmentation du taux d’abstention à la plupart des élections nationales et une baisse des effectifs partisans. Toute l’histoire de l’institution républicaine c’est précisemment de réussir cet amalgame : politique légitime = le vote ; régime légitime = démocratie représentative.
    Mais il y a d’autres manières d’être “politisé” que le fait d’utiliser sa carte d’électeur. Tout comme il y a d’autres manières de faire de la politique que de militer à l’UMPS ou autre stucture traditionnelle.

    Qu’elles soient nouvelles ou non, on line ou non, il existe plein d’autres possibilités.

    Si par politique on entend “ce qui concerne la vie d’une communauté”, il y a beaucoup de blogs “politiques”, pas forcemment tenus par des journalistes.

    Pourquoi penser “que ces citoyens prendront d’assault ce nouvel espace pour se faire entendre sur un terrain (le politique)” ?
    Parce que c’est déjà le cas 🙂

  13. Internet deviendra à terme le média dominant. C’est certain.

  14. Sarro Philippe says:

    Mais il n’y a t’il pas un risque de dérive populiste de ce 5ième pouvoir.
    Vous croyez vraiment que plus personne ne pourra dominer les autres ? C’est sans compter sur le flicage, les armes, les conflits violents.

    Pour en revenir a Pierre Rosanvalon, pour lui le contre pouvoir ne peut se faire qu’en complément de la démocratie représentative pour résoudre les tensions structurante de la société. Pas sûr que ce nouveau modèle d’organisation de celle-ci qu’est ce 5ième pouvoir dont vous parlez n’est pas pas lui aussi besoin d’un contre pouvoir.
    En tout cas si vous discutez un jour avec lui, il vous le rappelera, ce qui devrait se faire car hier soir à la suite d’une conférence qu’il a donné hier soir, il m’a confirmé qu’il faut qu’il vous réponde si il retrouve votre mail.

    Il fait quand même en matière d’histoire de la démocratie contemporaine autorité. Je me doute que vous n’aimez pas ce mot. Mais il est pris dans le sens d’augmentation avec lequel il a une même origine étymologique.

  15. Iza says:

    @Charlie : j’ai rédigé hier un commentaire que je n’ai pas posté finalement parce que pas fini. Mon intention était d’exprimer ce que vous avez fort bien dit.

    Pour moi, débattre, c’est déjà faire de la politique. Eduquer, créer, travailler, et parfois consommer c’est encore et plus que jamais faire de la politique. Et là l’influence du web devient beaucoup plus importante.

    “Vos croyances me paraissent illusoires, vaines et – ce que je crains le plus – néfastes à d’autres dynamiques.”

    ça par contre, c’est un argument que j’ai beaucoup entendu. Moi je crois au contraire que le web est un formidable outil à booster d’autres dynamiques (j’ai en tête des tes d”exemples mais je pense qu’on en trouvera moult dans le bouquin de Thierry.

    “Vous croyez vraiment que plus personne ne pourra dominer les autres ? C’est sans compter sur le flicage, les armes, les conflits violents.”

    ça aussi on me l’a déjà dit. Il y aura toujours des méchants, des intérêts particuliers, des puissants, des qui voudraient réduire les libertés individuelles et j’en passe. Nous pointons simplement qu’ils auront plus de mal à sévir..

  16. @Philippe Je veux vraiment parler avec Rosanvallon. Comme je l’ai dit dans ce post, nous avons besoin de lui, parce qu’il connaît l’histoire démocratique mieux que personne. Je lui ai renvoyé un mail la semaine dernière.

  17. Reivilo says:

    @Thierry, je réponds à votre commentaire du 11 à 17h55, “vous croyez que, vous croyez que “,je ne suis pas sûr que vous en sachiez suffisamment pour vous exprimer sur mes croyances. Alors naturellement, vous vous trompez. Les sociétés sont sans cesse en mouvement au contraire et j’ai justement pointé du doigt dans mon commentaire précédent certaines dynamiques qui en relèvent. Alors user de ces procédés fallacieux pour conclure que je suis pessimiste et fataliste, c’est faire preuve de dogmatisme. Vous vous refusez à entendre mon raisonnement, pour un aficionados du cinquième pouvoir, c’est un comble non ?

    Je ne nie pas le phénomène internet globalement, ce que je conteste est qu’il puisse constituer un pouvoir (contre- ou cinquième) et générer un nouveau modèle social. Idée que vous défendez à coup de poncifs “En une époque de réseaux, plus personne ne va pouvoir dominer les autres” qui sont croyances eux plutôt que raisonnements. Je vous invite à quitter les concepts de journaliste et à venir sur le terrain des sciences sociales. Il n’y sera plus question de rhétorique et on commencera à réfléchir.

  18. charlie says:

    @ Reivilo : ce n’est pas internet qui constitue un pouvoir [ou non-pouvoir, contre pouvoir, premier ou cinquième pouvoir ;)]. Internet c’est un outil. Qui facilite plein de processus, notamment la constitution de réseaux, mais tout simplement l’échange, les rencontres. On se focalise tous assez facilement sur le web, sur la nouveauté. Mais le cinquième pouvoir ce sont les individus, les manifestations du cinquième pouvoir ne se trouvant pas exclusivement sur le net.

    @ iza : ça m’est souvent arrivé avec vos commentaires, du coup, je propose qu’on se dise “tu” 😉

    @ Thierry : sur Rosanvallon, j’ai quelques réserves. Oui, c’est une autorité sur l’histoire démocratique. Cependant, je lui reproche de faire quand même pas mal l’histoire assez institutionnelle, quitte à participer à la légitimation du régime démocratique. On peut voir, comme lui, la démocratie comme un processus allant vers de plus en plus de droits [je simplifie à outrance et je n’ai pas lu son dernier bouquin]. Pour cela, il faut éluder certains épisodes historiques, certaines luttes, certains conflits.
    On peut aussi voir la démocratie comme un processus de définition de la légitimité politique de plus en plus restrictif au point qu’il ne reste plus la place qu’au suffrage et aux partis. Tous les autres modes d’action sont illégitimes parce que définis comme “violents” ou sont dépolitisés.
    [c’est sans doute un peu confus, désolée, on en reparlera sans doute 😉
    Là, je peux pas faire mieux, ma fille a les dents qui poussent, je dors 3 heures par nuit depuis dimanche :(]

  19. Reivilo says:

    @ Charlie, vos réponses à mes commentaires ne sont par deux fois que de la rhétorique. Vous jouez sur les mots. 1. Je n’ai pas dit politisé = encarté, 2. Moi qui écoute Thierry, le cinquième pouvoir est bien celui qui se constitue au moyen des nouvelles technologies. Elles ne peuvent pas bien entendu constituer un pouvoir en soi. Cela va de soi.

    Encore une fois, je vous invite à priviliégier la réflexion à la rhétorique.

  20. charlie says:

    @ Reivilo :
    non, ce n’est pas que de la rhétorique. Vous n’avez pas dit “politisé = encarté”, mais vous avez évoqué “une tendance – même si elle s’est infléchie du fait du 21 avril – à la dépolitisation des citoyens”. J’ai écrit que cette phrase n’était exacte que si on considérait que la politisation ne passait que par l’expression du suffrage ou l’adhésion à un parti politique. J’ai écrit cela parce que le taux d’abstention et la baisse des effectifs partisans sont les seuls indicateurs qui permettent d’évoquer la fameuse “dépolitisation” des citoyens.

    Or, cela repose sur une définition restrictive de la “politisation”, de la politique en général. Il ne s’agit donc pas de “jouer sur les mots” mais d’essayer de donner une définition de certains termes dont la polysémie peut provoquer des incompréhensions [au minimum].

    La réflexion et la discussion ne peuvent que se baser sur la précision. On peut “réfléchir” pendant longtemps à l’aide de concepts fumeux, ça n’a jamais fait avancer quoique ce soit.

  21. Iza says:

    “au moyen de” : un outil donc. On est bien tous d’accord. l’imprimerie, le téléphone, la voiture… n’étaient aussi “que” des outils, mais les usages qui sont nés de leur utilisation ont changé le monde.

    @Reivilo : vous contestez que cela puisse générer un nouveau modèle social, vous parlez “d’aficionados”… ma foi, que ça vous agace ou pas ne change rien au fait que ça se passe. ça existe. Vous craignez même que ce soit néfaste à d’autres dynamiques.

    Donc en somme, vous niez l’émergence de ce pouvoir et pourtant vous craignez son influence (que vous jugez négative). ça me paraît contradictoire.

    Sans préjuger de vos croyances, je vous trouve quand même un brin agressif. Pourriez vous nous dire (plus en détail), d’où vous vient celà ? en quoi finalement des utopistes comme nous pourraient vous déranger. Soyez plus précis.

    J’ai ma petite idée là-dessus (pure supposition, je ne conclus pas hâtivement) : je l’ai pointé plusieurs fois : je lis dans vos avis que vous pensez que notre aveuglement pourrait nous empecher de faire des choses utiles et concrètes comme descendre dans la rue. Je ne descends plus dans la rue depuis des lustres…. je n’y crois pas, je n’y crois plus, je crois avoir trop servi le pouvoir en servant de bouc émissaire, j’ai trop respiré de lacrymos et trop versé de larmes sur ce à quoi nous mène parfois certains engagements. merci bien.

    Donc mon engagement sur le web ne prive en aucun cas la rue de ma force de conviction, bien au contraire. J’ai retrouvé la flamme militante, et il me semble pouvoir peser bien plus de mon fauteuil qu’avant. J’agis, sans attendre qui que soit. Je pense que nous sommes nombreux. Et quand bien même faudrait-il redescendre dans la rue, je pense qu’il faudra qu’internet m’y pousse, ce qui me parait en revanche tout à fait possible.

    @Charlie : bien volontiers ;-). J’ai honte avec ce truc de vouvoyer tout le monde… je suis désolée, c’est ridicule… je n’ai pas le tutoiement facile.

  22. Reivilo says:

    @Tous

    On m’envoie à l’instant un petit article de Dominique Cardon, sociologue à la prestigieuse EHESS, traitant de la blogosphère. Je vous invite à le lire, je vous livre simplement l’accroche : “Sans doute faut-il se méfier de l’engouement actuel pour l’Internet politique. Après l’avoir souvent ignoré, beaucoup, sans plus de mesure, lui prête aujourd’hui des vertus qui risquent fort d’être illusoires.” Je n’ai rien avoir avec Dominique Cardon !

    Disponible ici : http://grit-transversales.org/dossier_article.php3?id_article=100

    J’espère que cette lecture vous sortira de votre angélisme.

  23. Reivilo says:

    PS : Iza, votre veau aux olives mode corse me plaît beaucoup…

    Erratum : “rien à voir” bien sûr plutôt que “rien avoir”.

  24. A Reivilo:
    1) Avez vous lu l’article jusqu’au bout ? Le développement de l’accroche fait un tiers de l’article, à partir de “Ces réserves faites, il reste que les mobilisations ayant Internet pour support entretiennent une étroite correspondance avec les idéaux de démocratie directe.” c’est autre chose.
    2) “Dominique Cardon, sociologue à la prestigieuse EHESS” : c’est ce que j’appelle de la rhétorique ! Si je suis Charlie ( ce que je fais sans effort ) : “La réflexion et la discussion ne peuvent que se baser sur la précision. On peut “réfléchir” pendant longtemps à l’aide de concepts fumeux, ça n’a jamais fait avancer quoique ce soit.”, je présenterais sobrement l’individu ainsi: Dominique Cardon est sociologue au Laboratoire des usages de France Télécom R&D et chercheur associé au Centre d’étude des mouvements sociaux de l’École des Hautes Études en Sciences sociales (CEMS/EHESS).
    3) Que vient faire le veau aux olives d’Iza dans cette discussion après vouloir la sortir de son angélisme supposé ?

  25. Reivilo says:

    1. Naturellement. Sur l’accroche qui fait un tiers du l’article, merci de faire la démonstration de votre mauvaise foi, chacun pourra le vérifier.

    2. Votre présentation de DC est un peu lourde non ? Le labo de FT, vous le connaissiez ? Il s’agissait de faire simple et claire. La présentation complète est sur la page que je vous ai indiquée et que vous avez donc comme chacun retrouvée.

    3. Vous êtes rabat-joie…

    Vous me faites un faux procès, chacun y verra ce qu’il voudra.

  26. Reivilo says:

    1. Sur le développement de l’accroche pardon, oui bien un tiers. Mais le reste ne tranche pas avec le premier paragraphe. Il parle des modes particuliers de fonctionnement de la “composante numérique de l’espace public médiatique”. Composante…

  27. Sarro Philippe says:

    Pour Reivilo:
    Savez vous que Dominique Cardon et collègue de Christophe Aguiton ?

  28. Reivilo says:

    France Telecom est une grande entreprise. Que voulez-vous dire par là ?

  29. paul says:

    La structuration des sites sous-forme de blocs-notes n’a pas l’air super.
    Les sites politiques avec des forums ont l’air beaucoup plus fréquentés, rien qu’au nombre de messages, plus lisibles et moins fouillis.

  30. Sarro Philippe says:

    Ils sont dans le même service, et on étudié Foules intelligentes d’Howard Reinghold.

  31. Iza says:

    @Reivilo : merci, il ne vous reste plus qu’à le préparer..et le goûter. Vive le lien interculturel concret 😉

    @Henri : euh.. j’imagine que c’est une gentille réponse de Reivilo à mon commentaire dans lequel je disais le trouver un brin agressif… il me montre qu’il est allé voir mon site et qui lui a trouvé quelque intérêt. C’est de l’angélisme appliqué ça… mais c’est vrai que c’est tout moi 🙂

  32. Autant pour moi, je présente mes excuses à Reivilo. (-:

  33. BITALY Marie-Noelle says:

    Oui une fois de plus Sarkozy en reprenant son faux nez gaulliste , en essayant de récupérer Les Vrais Gaullistes Qu’il a si gentiment écarté depuis longtemps et en revenant sur ses prises de position antérieures en disant Blanc et son Contraire , nous démontre sa vraie nature et le degré de son Imposture et de sa dictature , mais arretons d’essayer d’attraper les Gaullistes avec du vinaigre de qui se moque cet Imposteur Dictateur . Chassez le Naturel il revient au Galop .

    Bien Cordialement .

    Maovelle 33 .

  34. BITALY Marie-Noelle says:

    Oui une fois de plus Sarkozy en reprenant son faux nez gaulliste , en essayant de récupérer Les Vrais Gaullistes Qu’il a si gentiment écarté depuis longtemps et en revenant sur ses prises de position antérieures en disant Blanc et son Contraire , nous démontre sa vraie nature et le degré de son Imposture et de sa dictature , mais arretons d’essayer d’attraper les Gaullistes avec du vinaigre de qui se moque cet Imposteur Dictateur . Chassez le Naturel il revient au Galop .

    Bien Cordialement .

    J’aimerais que ce Message soit publié sur votre site . Merci d’avance .

    Maovelle 33 .

  35. Anonymous says:

    c’est lamentable beaucoup de commerce mediatique

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