Ségolène : l’impossible synthèse

Un an maintenant que Ségolène Royal a lancé son site Désirs d’avenir pour récolter les avis et suggestions des Français. Un an de débats participatifs sur internet mais aussi partout en France. Tout cela pourquoi ? Pour délivrer, hier dimanche, un discours qu’aurait pu donner François Mitterrand 30 ans plus tôt.

Ségolène n’a fait que répéter une partition de gauche. Se faisant, elle a démontré que la participation n’était à ses yeux qu’une arme marketing pour séduire les Français. Elle n’a pas réussi à construire un programme participatif… sinon il aurait ressemblé à autre chose. Cette incapacité à sortir du clivage droite-gauche risque de coûter cher à Ségolène car je suis sûr que beaucoup de citoyens qui ont participé à Désirs d’avenir ne se retrouveront pas dans le programme présidentiel su PS.

Quand l’histoire se répète

En 2003, aux États-Unis, Howard Dean commit la même erreur lors des primaires démocrates pour la course à la maison Blanche. Depuis internet, il lança un mouvement populaire d’une ampleur sans précédent. Son slogan était « Vous avez le pouvoir ». Autrement dit : c’est vous qui allez faire la politique dorénavant. Moi, je ne suis là que pour mettre en place vos idées.

Personnellement, j’admire un tel discours, comme j’ai admiré celui de Ségolène pendant un an. Aux États-Unis, on parle de mouvement bottom-up ou grass root, le principe étant que les idées remontent de la base et se consolident peu à peu dans une logique purement participative.

Aujourd’hui, la technologie nous permet d’envisager un tel mode politique. Dans Le cinquième pouvoir, j’ai essayé de montrer comment chacun de nous pouvait dès lors jouer un rôle dans la vie de la cité. Cette capacité que nous avons de prendre le pouvoir laisse présager des bouleversements politiques sans précédent… mais ce n’est pas Ségolène Royal qui les initiera.

Le bottom-up n’est pas simple à mettre en œuvre. Il faut un cadre législatif capable de le laisser s’exprimer. Il ne suffit pas de donner la parole aux gens pour régler tous les problèmes. Howard Dean le comprit à ses dépends. Fin 2003, il fut incapable de résumer les idées qui étaient remontées de la base. Il fut incapable de leur redonner une cohérence avant de les faire redescendre. Ségolène Royal vient de tomber dans le même piège.

Une présidentielle exige le top-down

Lors d’une présidentielle, nous jugeons le discours des rares candidats, discours qui ne peuvent que partir d’en haut et arroser le peuple. Une présidentielle, même si elle commence par le bottom-up, ne peut que se terminer par le top-down.

Le bottom-up dispose d’une puissance stupéfiante comme l’a démontré Ségolène Royal lors des primaires socialistes. Mais il ne peut porter un candidat jusqu’au bout d’une présidentielle car, à un moment donné, on attend des propositions concrètes, des propositions qui doivent être présentées à tous les citoyens. J’ai l’impression que Ségolène Royal a échoué lors de ce renversement de perspective.

À mon sens, la nécessité d’un tel revirement est un des maux de nos démocraties. J’espère qu’à l’avenir nous serons capables d’inventer de nouveaux régimes démocratiques qui permettront au bottom-up de s’exprimer jusqu’au bout, seul moyen de réellement donner le pouvoir aux citoyens. Mais en attendant, les vieilles règles doivent être respectées. Les candidats doivent être jugés sur leurs propositions, suivant les vieux critères.

Un programme inconsistant

Dans ses propositions, Ségolène Royal n’a même pas essayé de donner une chance à la démocratie participative. Elle ne remet pas le moins du monde en cause un système politique qui interdit en lui-même la réelle participation des citoyens, tant il favorise les clans et les partis.

Si la participation avait fonctionné, j’ose espérer que Ségolène Royal aurait délivré un discours nouveau. Or il ne le l’a pas été. Pour deux raisons peut-être. L’équipe de Ségolène Royal, avec son vieux filtre socialiste, n’a pas été capable de sélectionner des idées « autres ». À moins que les participants aux forums participatifs, eux-mêmes englués dans une vieille tradition, aient été, à leur tour, incapables de proposer « autre chose ».

Il y a une troisième possibilité, plus vraisemblable peut-être, Ségolène Royal est une socialiste et son programme est écrit depuis longtemps, c’est le programme invariable du PS, où on distribue de l’argent sans se préoccuper des financements sinon en augmentant encore et encore les impôts.

Le résultat est en tout cas d’un convenu affligeant. Je ne vois guère que la volonté de généraliser la décentralisation qui va dans le sens d’une société plus participative. Pour le reste, ce n’est pas en boostant les syndicats, que Ségolène Royal réussira à faire que chacun des Français participent à la politique de leur pays. Dans son programme, elle saupoudre de la participation de-ci de-là. Un petit coup du côté de l’éducation, un autre de celui de la santé.

Une véritable politique participative implique une refonte constitutionnelle qui pourrait, par exemple, s’inspirer du modèle Suisse. En tant que prédicateur de la participation, je suis catastrophé quand je lis la proposition 73 du programme.

Introduire la démocratie participative dans toutes les collectivités publiques (jurys citoyens, budgets participatifs, etc.). Des citoyens ayant recueilli un million de signatures pourront demander au Parlement l’examen d’une proposition de loi.

Un million de citoyens mobilisés juste pour attirer l’attention du parlement : ce n’est pas ça la participation, d’autant plus que les citoyens peuvent déjà proposer des lois par l’intermédiaire de leurs députés. Si, sur internet, nous attendions qu’un million d’internautes soient d’accord sur une chose avant de la faire, internet n’existerait même pas. La participation doit être favorisée à chaque seconde de notre vie de citoyen. Elle doit être un moyen de libérer les énergies et non seulement l’occasion pour le peuple de contrôler les faits et gestes des politiciens.

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23 comments

  1. Axel says:

    Thierry, tu veux que les choses aillent trop vite. Ces grosses machines politiques sont difficiles à remuer, et plus encore, les Français le sont (c’est surtout ça le problème).

    Lorsque je suis intervenu à Toulouse il y a quelques jours auprès de journalistes d’une chaîne locale, la simple idée d’expérimentations locales, que tu avances dans le 5e pouvoir, n’allait pas de soi. Et pourtant, ils protestent contre la centralisation. Ils ne veulent pas que tout se décide de Paris, mais lorsqu’on met en avant l’expérimentation locale, ils prennent peur. Pour eux c’est la porte ouverte à tous les risques, à l’anarchie, à l’inégalité, au hasard. Et ils réclament des contrôles, de l’encadrement.

    Un parti politique ne peut pas tout changer comme ça d’un coup. Le simple fait d’introduire un peu de démocratie participative a valu à Ségolène Royal la méfiance des éléphants du PS, et bcp de difficultés.

    Les sondages montrent aussi que les Français ont peur de cette méthode participative, et sont davantage rassurés par l’autoritarisme administratif de Sarkozy, qui est encore plus ringard. Royal est obligée de rassurer sinon elle perdra l’élection, et ce sera le moins participatif des candidats, Sarko, qui sera élu.

    Il y a aussi un vrai problème avec le fond idéologique du parti socialiste français, complètement archaïque. Ce n’est pas en pleine période électorale qu’on peut s’éloigner de la base idéologique du parti.

    Les choses se feront progressivement au sein des partis. Et parallèlement elles se feront, plus vite, avec des initiatives citoyennes indépendantes des partis. Le tout se rencontrera dans quelques années.

    J’étais hier à Villepinte, et j’étais assez séduit, surtout par la qualité humaine du public, et par les quelques propositions novatrices que Ségolène a introduites.

  2. Ce n’est pas en rassurant les gens qu’on sauvera le monde…

  3. Axel says:

    Je suis d’accord, mais ça ne se fera pas d’en haut. Si on reprend l’exemple du Web, si une autorité avait annoncé tous les principes de liberté, la population aurait pris peur et rien ne se serait fait.
    On n’a rien annoncé du tout, les autorités n’en ont pas bcp parlé, et les choses se sont faites toutes seules localement.

    En politique ce sera pareil. Les nouveautés ne pourront pas être décrétées d’en haut, ça fera peur et ça bloquera. Les nouveautés émergeront en local, puis remonteront et s’imposeront peu à peu.

    Ton article dit ce qu’il faut faire, mais ce n’est pas Ségolène qui peut le faire, de sa place. Tout ce que peut faire Ségolène, c’est laisser la porte ouverte à la vie locale, et c’est là que les choses bougeront, puis remonteront.

  4. Tu sais ce que je pense d’une élection… Un Président ne peut pas faire grand chose sauf à être un peu fou… comme Gorbatchev. J’attends ça d’un élu, qu’il change la direction de la société, sinon ça ne vaut pas la peine de se préoccuper de lui. Comme tu le dis, nous ferons la révolution nous-même, sans lui… Mais je veux encore croire qu’un Président éclairé pourrait faciliter la transition.

  5. Patrick says:

    Excellent commentaire…
    L’utilité d’un homme d’Etat semble n’être que de porter le drapeau de ceux qui lui ont permis de gravir les échelons du pouvoir et ainsi rejouer la même partition.

    Effectivement, cela n’est guère motivant lorsqu’on attend du changement ou des améliorations…

    Actuellement, le “vrai” monde des décisions politiques est structuré en pyramide gigantesque de concensus même si dans certains pays l’approche participative est plus développée que dans d’autres. Il faut être accepté par la pyramide pour avoir son mot à dire et donc… modifier la pyramide ou en créer une nouvelle deviennent tâche très complexe… Je me réjouis de vivre encore 40 ans pour, peut-être, constater… une révolution que personne n’aurait remarqué ou que 2 mondes cohabitent : le “vrai” et “l’autre”.

  6. Axel says:

    Pour Gorbatchev, s’il a changé les choses, c’est une fois au pouvoir. Pas dans le cadre d’une campagne électorale.
    Il est arrivé au pouvoir en étant conservateur, et ensuite il a été révolutionnaire.
    La phrase célèbre de Reagan : “Mr Gorbatchev, tear down this wall”, montre bien que rien n’était contenu dans le projet de Gorbatchev.

    Les périodes de campagnes électorales sont des périodes pourries où seuls les démagos sont élus. Tous ceux qui tiennent un discours de vérité sont battus.

    Le 5e pouvoir est beaucoup trop jeune pour disposer d’une force allant contre ça. Il faudra passer par le meetup que tu prépares, et booster les inter-connections entre nous tous.

  7. Ségogole says:

    Pourquoi appeler quelqu’un par son prénom pour lui donner un côté sympa qu’elle n’a pas? Même traitement pour tout le monde: C’est Royal, Sarkozy, Buffet et Besancenot ou bien alors Ségolène, Nicolas, Marie george et Olivier.

  8. Axel says:

    “À moins que les participants aux forums participatifs, eux-mêmes englués dans une vieille tradition, aient été, à leur tour, incapables de proposer « autre chose ».”

    Je crois bien que c’est ça. Les peuples sont très conservateurs, et il ne suffit pas de lancer la démocratie participative pour voir de l’original arriver.

    J’assistais à la présentation des coulisses de la démocratie participative au siège du PS il y a quelques jours, et une participante, face au problème du pouvoir d’achat, ne trouvait rien de mieux à proposer que le contrôle des prix par l’Etat.

    Dans un premier temps, la démocratie participative produit une régression politique : ce sont mille revendications catégorielles sans cohérence, très souvent contre-productives, et très souvent se résumant à une demande d’assistance.

    L’usage de la liberté s’apprend, et il faudra du temps pour que la démocratie participative dépasse la demande d’assistance. De même que quand on donne une feuille blanche et un crayon à un enfant, il commence par un gribouillis, et c’est avec l’usage qu’il peut devenir Turner.

  9. Patrick says:

    Dans le cadre de projet de mise en oeuvre de système d’information, on distingue plusieurs types de personnalités en interaction :

    . ceux qui décident
    . ceux qui veulent
    . ceux qui agissent
    . ceux qui participent
    . ceux qui subissent.

    “Ceux qui participent” ne sont qu’une partie de ceux qui sont “présents” et chacune des personnalités a sa raison d’être et influence la vision globale du projet.

    Les mêmes types de personnalité existent certainement dans le cadre de projet de “vie” tels que les projets politiques.

  10. Sarro Philippe says:

    Je rajoute ici un post que je viens de mettre aussi sous un autre article, mais comme il est un peu ancien, j’ai peur qu’il passe inaperçu.

    J’insiste peut être lourdement mais je signale que Stiegler et Marc Crépon vont sortir un ouvrage intitulée “De la démocratie participative” chez Fayard. Nous y retrouverons peut être des réponses à nos interrogations ici.

    Gageons qu’ils vont encore dénoncer l’abus populiste de la télévision fait par les politiques et les candidats à la Présidentielle qui s’en servent comme arme de séduction. Je rajouterais qu’avec cette proposition de nouvelle politique industrielle de l’esprit porté par une une nouvelle puissance publique, j’y vois personnelement des analogies à ce que Thierry Crouzet appelle “Le cinquième pouvoir”, à la différence que pour celui-ci ce n’est pas une institution qui peut porter cela. C’est pour ça que je crois qu’une rencontre entre les 2 pour discuter de cela serait interessante.

  11. Garbun says:

    La participation n’amènera rien de bon tant que la majorité des gens n’aura pas compris que le progrès social est indissociable du progrès économique, et qu’une économie qui n’est pas libre ne peux pas progresser.

    Imaginez que Royal passe et qu’elle se mette à faire ce dont tu parles, Axel, qu’elle donne vraiment le pouvoir aux citoyens, mais que ceux-là décident comme tu l’as entendu que l’Etat doit contrôler les prix (bon, c’était au PS, mais quand même), ou toute autre aberration économique. S’en suivrait une catastrophe dont Je vois 2 conséquences possibles:

    – Les politiciens diront “vous voyez, quand les citoyens prennent le pouvoir, ça ne marche pas, il faut donc que ce soit l’Etat qui décide seul”.

    – Les gens, voyant enfin clairement les changements provoqués par telle ou telle mesure, verront que c’est finalement en diminuant le contrôle étatique que les choses s’améliorent.

    Le tout est de voir laquelle de ses 2 options prendra le pas sur l’autre.

    Le pays ne pourra sortir la tête que quand les gens comprendront mieux les mécanismes économiques. Bien sûr il serait préférable que cela se fasse grâce à la reflexion et à l’analyse empirique, plutôt que par l’observation – à terme – de notre propre échec, mais vu la quasi-impossibilité de tout dialogue aujourd’hui en France, j’ai malheureusement un doute.

  12. L’idée de Ségolène d’encadrer les jeunes DÉLINQUANTS PAR DES MILITAIRES est vraiment très bonne.

    Je propose, pour ma part, d’embarquer les jeunes en grande difficulté sur DES GRANDS VOILIERS, exploités par la Marine nationale.

    Ce projet, Euroclippers, est développé sur mon Blog :

    http://euroclippers.typepad.fr/

    Bonne lecture et bonne découverte.

    Jean-Charles DUBOC

  13. Paul says:

    Pourtant les synthéses de son site sont détaillées et tranchent un peu.
    http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=synthese

    ou est la synthése (écrite) de “l’autre” ?

  14. Enfant Terrible says:

    Quant à moi je préfère encore “Le dernier vol du phoenix” c’est encore mieux comme film…

    1) Il ya plus de 66 députés en France et si je comprends bien l’analyse de Thierry sur la prop.73, le citoyen moyen devrait représenter plus de monde que les députés eux-mêmes ? quand on ose encore appeler ça “participation” je ne peux que m’esclaffer ! Combien de maires essayent de mettre en valeur des communes de plus d’1 million de personnes, déjà?… Faites le calcul.

    2)Le fait est que chacun veut s’attribuer la paternité (ou la maternité) de telle ou telle idée avant même que l’on puisse se réunir autour. Voilà où mène le désir de pouvoir…Il nous entrainera tous jusque dans l’abîme.
    Vous ne pourrez pas dire que je ne l’ai pas dit:
    Pour gagner du temps abandonnez la notion même de “pouvoir” les gens qui savaient le mieux s’en servir sont déjà mort (Alexandre, César,Charlemagne etc…)!
    Ceux d’aujourd’hui qui le veulent ne pourront que répéter ce que les morts ont déjà fait !
    Le seul rêve qu’un homme de pouvoir peut faire pour son pays, c’est d’être un géant qui dirige un peuple de gnômes. Pour vivre ce “grand moment” combien de vies aura-t’il sacrifié?

    Je vous propose de nous réunir autour de l’idée de Thierry pour fonder un “open source 2.0” qui pourra aider tout le monde à combler les fossés que tous ces gens de pouvoir veulent approfondir encore plus, d’année en année.
    Aucun d’entre nous ne sera de trop pour trainer tous ces “boulets ” qui ne nous souhaitent, sans aucune imagination, que le pouvoir.

  15. Salut Thierry, le décalage entre ton attente et la réalité est beaucoup trop grand, car tu es à fond dans tes idées (que je partage) et tu aimerais que Ségolène Royal applique tes idées. Mais ce n’est pas le cas, elle a sa propre façon de faire, même si elle ne va pas jusqu’au bout de ce que tu penses qu’elle devrait faire.

    Le problème par contre en étant si dur avec son résultat, c’est que tu dessers complètement la seule personne dans notre vie politique française qui a réellement créé un mouvement participatif en France, qui s’est très bien déroulé et que des dizaines de milliers de personnes ont adoré, car c’était la première fois depuis bien longtemps qu’on leur redonnait la parole. Il ne faut donc pas casser cette dynamique en fustigeant des soi-disants mauvais résultats.

    Car les résultats ne sont pas mauvais du tout, bien au contraire ! Les cahiers d’espérance publiés montrent que le débat est là, et que les idées en provenance de la base sont là aussi, et qu’elles sont de surcroit fort intéressantes, car elles réflètent une vision pragmatique des problèmes et solutions français, et pas une vision idéologique. Pari réussi donc.

    Et tous les témoignages recueillis auprès de proches de Ségolène Royal montrent que sa façon de faire participative ne s’arrêtera pas au 11 février et qu’elle va continuer jusqu’à l’élection et après quand elle sera présidente. Et cette force populaire, qui l’a portée et qui a participé aux quatre coins de la France à ses débats, a découvert une autre façon de faire la politique, la vraie façon, celle dans laquelle tout le monde est impliqué.

    Il faut donc encore une fois applaudir ce travail, et pousser de toutes nos forces pour qu’il continue et que peu à peu (car rares sont les révolutions réussies du jour au lendemain) une véritable démocratie participative voit le jour.

    Ségolène Royal est la seule capable d’aller dans ce sens, elle en a la volonté profonde, et elle l’a démontré en agissant réellement pendant un an. Aucun autre candidat à cette élection présidentielle n’a cet objectif, ni cette volonté, ni ce passé.

  16. charlie says:

    Sujet de l’exercice : lisez attentivement les deux documents suivants : le programme du PS de 2006 et le pacte de Ségolène Royal de février 2007. Comparez…

    Je n’ai ni le temps ni le courage de le faire vraiment, j’ai juste jeté un oeil sur quelques rubriques, écologie, égalité… Etonnant : si certains points sont plus développés dans l’un ou l’autre des programmes, sur le fond et la plupart des mesures, c’est la même chose.

    Faisant confiance aux déclarations de la candidate, je ne doute pas que son programme ait été élaboré dans un grand élan de démocratie participative et qu’il traduise les attentes des Français. C’est la conclusion à en tirer qui m’étonne : la France est socialiste et on ne le savais pas 😉

    sinon, je ne peux pas m’en empêcher : @ Garbun qui écrit “La participation n’amènera rien de bon tant que la majorité des gens n’aura pas compris que le progrès social est indissociable du progrès économique, et qu’une économie qui n’est pas libre ne peux pas progresser”. Veux-tu dire que la participation n’amènera rien de bon tant que… les gens ne seront pas d’accord avec toi ?

  17. Garbun says:

    @Charlie,

    Non, je voulais dire que si la participation est vraiment appliquée, elle sera sur le long terme forcément bénéfique, puisque nous aurons enfin pu tester toutes les idées et que nous auront vu lesquelles fonctionnent vraiment (si tant est qu’on puisse tester chaque idée, localement par exemple, et pas seulement les idées que partage la majorité). Sur le court terme par contre, cela peut mener à des mesures farfelues et dangereuses, n’est pas prix Nobel en économie qui veut (encore que ce n’est même pas un gage de sûreté absolue). Dans ce cas je dirais qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs et que tant qu’on apprend de nos erreurs, c’est tout benef.

    En revanche si la participation est mise en place de manière totalement centralisée et générale (c’est à dire qu’on ne teste rien localement), là ça peut poser des problèmes à long terme, et il est important que tout le monde accepte la remise en cause et le dialogue. C’est cette possibilité qui me dérange.

  18. charlie says:

    @ Garbun : tout à fait d’accord avec toi. Pour moi, participation et centralisation sont incompatibles ! Ou devraient l’être… C’est pour cela que je trouve que les bidules “désirs d’avenir” ne sont qu’un coup de pub : une structure centrale collecte des propositions, trie les propositions et présente un programme qui était pour la majeure partie déjà écrite…
    Quid du débat ? Et de la prise de décision ? Et de la responsabilité qui s’y attache ? Il faut pousser la logique jusqu’au bout. C’est aussi pour cela que je suis très attachée au “penser global, agir local”, qui, pour peu qu’on pense “5ème pouvoir” peut être beaucoup plus qu’une formule 🙂

  19. HANOUTI says:

    je pense que soutenir bayrou est une grave erreur étant donné qu’il prend toujours ses distances avec la droite au moment des éléctions ensuite quand il est au parlement il se ralie toujours à droite ce n’est pas un vrai centriste surtout quand quelqu’un vous dit qu’il ne veut chiffrer son programme car s’il connaît pas les recettes de l’Etat étant député je ne sais ce qui fait à l’assemblée

  20. Cratyle says:

    Je voudrais signaler quelque chose: Bayrou n’a pas fondé sa campagne sur des débats participatifs… mais sa campagne est la seule dans laquelle le candidat écoute le peuple depuis un an (débats ou non, ça n’est pas le cas de Royal qui s’est intéressée aux coups médiatiques pendant ce temps-là). Et cela précise le diagnostic, le change parfois, et donc les mesures qu’il décide (il suffit de comparer avec ce que l’UDF proposait il y a un an), même si cela ne modifie pas le cadre idéologique qui est le sien, celui de sa famille politique (et après tout cela ne doit pas lui être reproché d’être lui-même).
    Si cela fonctionne, c’est qu’il est dans une démarche expérimentale depuis un an: confronter ses solutions avec la réalité en permanence, prendre le temps de parler, bien plus que la publicité électorale ne l’exige, etc. A l’arrivée, il a un discours qui va descendre vers le peuple… après en être monté. Cela s’entend.

    Au passage, pour Hanouti: “quand il est au parlement il se rallie toujours à droite”: avez-vous entendu parler du vote de censure, du refus de la confiance à Villepin, des deux budgets non votés, de GDF-Suez, de la privatisation des autoroutes, de la Dadvsi, et j’en oublie?

  21. delavant says:

    Vous etes de mauvaise foi (ou de peu de foi) à propos de la capacité de Ségolène à intégrer les idées des citoyens participants à l’élaboraton du projet et du futur programme. Lors de ces fameux débats participatifs auquel j’ai encore l’occasion d’assister.

    Oui, ce n’est pas facile, le travail de synthese, mais je compte tout de même, que nous y soyons tous associés, -tel un 5eme pouvoir selon la terminologie-
    Faisons lui confiance et lous interviendrons si besoin dans le debat pour la soutenir.

    Quand à Bayrou c’est comme Canada Dry c’est comme du vrai mais c’est de l’imitation.
    Il a le gout de l’UMP, la couleur du PS, mais çà n’est ni l’un ni l’autre
    comment va -t-il pouvoir contenter tout le monde ?
    En effet il prends de bonnes idées de tous cotés, il a pris toutes les meilleures mesures, mais il faut qu’il prenne parti pour les plus démuni ou pour les richesu milieu.

  22. ops aitho says:

    Pour moi,la menace est Le Pen,touS’EGO, mode’M etc… ne devraient
    même pas exister! Y’en a marre du système pyramidal, y’en a marre
    de ceux à qui ça profite, que ce soit d’un côté comme de l’autre, politiquement, économiquement ou les deux à la fois… au pire!
    Redescendez sur Terre, sur les bancs de l’école, et voyez la misère
    philosophique avant de parler délinquance entre autres
    ” participations “… Parlez de continuer, construire l’Europe,
    de Solidarité Volontaire afin que Pouvoir soit le verbe du mot
    chance et Naître le temps indéterminé de Vivre Liberté.
    Notre société est mal foutue et dès le moindre problème c’est déjà une multiplication dont ont bénéfice tous ces pouvoirs de merde.
    Conserver sa merde, c’est p-ê bien mais en chier pour quelque chose d’autre, c’est mieux!

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