Après avoir laissé hier la parole à Mimie in Vivo sur le blog présidentiel de MSN, je continue mes travaux imposés. Aujourd’hui, je dois me demander quelles sont les thématiques politiques les plus abordées en ligne ? Vous ne serez pas surpris si je réponds abruptement que ce ne sont pas celles abordées par les médias traditionnels.

Mon billet sur la cartographie de la blogosphère politique justifie cette réponse. Puisque les forces indépendantes y sont les plus représentées, les thèmes indépendants, loin du clivage gauche-droite, y sont aussi les plus abondamment traités.

Parenthèse avant de vraiment répondre

Je pense que les internautes sont des citoyens responsables, j’ose espérer un peu en avance quant à la prise de conscience globale. Pour la plupart, ils savent que la société va dans le mur. Les problèmes écologiques et sociaux risquent d’être bientôt ingérables si nous n’adoptons pas des solutions originales.

Or nos partis traditionnels s’imposent des partitions éculées, réactionnaires, tout cela pour séduire une population de plus en plus inquiète. Pour la rassurer, ils s’adonnent au conformisme à l’origine même des maux qui aiguillonnent cette inquiétude.

Mais je ne crois pas qu’ils agissent seulement par démagogie électorale. Non, nos politiciens n’ont pas d’idées nouvelles, ils sont incapables d’écouter celles qu’on leur chuchote sur le web notamment. Pour ne pas déranger, ils se répètent. Une telle attitude nous sera fatale à court-terme.

En attendant, les indépendants du web, auxquels j’appartiens, proposent de nouvelles approches. Une chose est sûre : les vieilles méthodes ne marchent plus et il nous faut innover. Le politiquement correct, la modération, la temporisation, l’entre-deux ne sont plus possibles. Il faut prendre le risque de se tromper. C’est la seule façon de se donner une chance de s’en sortir.

Alors oui, nous sommes parfois utopistes, mais l’utopie n’a jamais été aussi nécessaire. Beaucoup d’entre nous, avec nos hypothèses et nos solutions, aurons tort au regard de l’histoire mais certains découvrirons la voie de salut, voie que les aficionados de l’immobilisme politique de droite comme de gauche n’ont même pas la force d’imaginer.

Nous prenons le risque de nous tromper que ça plaise ou non à ceux qui ne prennent aucun risque. Pour se tirer d’une situation périlleuse, il faut souvent se mettre en danger. Voilà ce que je réponds aux parasites qui envahissent le ventre mou de la politique. Qui passent leur temps à se citer les uns les autres sans être capables d’avancer vers l’inconnu.

Plus que jamais, nous avons besoin d’aventuriers.

Fin de parenthèse

Quels territoires encore vierges commencent donc à explorer nos aventuriers ? Je ne peux qu’esquisser une liste très incomplète.

  • Nous devons apprendre à mesurer la croissance autrement qu’avec le seul PIB afin d’évaluer si nos sociétés progressent ou non.
  • Nous devons nous débrouiller pour que les externalités négatives soient prises en compte dans le coût de tous les produits.
  • Nous devons tenir compte de l’interdépendance à chaque seconde.
  • Nous devons décentraliser car la centralisation est coûteuse et inefficace dès que les structures se complexifient.
  • En conséquence, nous devons favoriser les actions locales car les décisions globales peuvent avoir des conséquences irréversibles et dangereuses, tant bien même elles sont bien intentionnées.
  • Nous devons nous appuyer sur l’intelligence collective car aucun homme n’a la solution aux maux du monde.
  • Nous devons tout faire pour que chacun des humains soit le plus éduqué possible afin que, à son niveau, il soit le plus apte à trouver des solutions responsables.

D’autres possibilités politiques existent, il suffit d’ouvrir les yeux. Mais ces autres possibilités, à cause même de leur diversité, mettent mal à l’aise les médias traditionnels habitués aux oppositions schématiques.

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55 comments

  1. Garbun says:

    “Nous devons tout faire pour que chacun des humains soit le plus éduqué possible afin que, à son niveau, il soit le plus apte à trouver des solutions responsables.”

    C’est ce que je disais dans un récent post, et à ce sujet, j’avais eu une idée révolutionnaire en matière d’éducation, la voici :

    Creer une cyber-école dont les cours sont gratuitement accessibles sur le net et à tout le monde. Des sessions d’examens seraient organisées fréquemment, et les revenus de l’école viendraient de ce que que les candidats qui réussiraient les tests et obtiendraient leur diplôme devraient payer une somme X fixée à l’avance. Les candidats ayant échoué n’auraient rien à payer (ou alors un droit d’inscription très faible).

    De cette façon, la connaissance seraient à la base disponible à tous, et de très bonne qualité (il est de l’intérêt de l’école que les cours soient extrèmement pédagogiques pour qu’un maximum d’élèves réussissent). Tout serait totalement transparant, il pourrait y avoir des exemples d’examens types en ligne pour que chacun puisse juger de leur difficulté et ainsi se lancer dans tel ou tel apprentissage en toute connaissance de cause (alors que même pour les plus grandes écoles, on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, sinon que le diplôme est renommé).

    Le système actuel m’a toujours paru terriblement archaïque : des professeurs qui doivent répéter comme des machines des centaines de fois le même cours (et pas forcément de la meilleure façon), des élèves qui doivent avancer à un rythme totalement figé (alors que chacun est différent) et qui doivent passer une vingtaine d’années de leur vie dans des établissements pas forcément agréables, une opacité des programmes, et le comble : tout cela nous coûte une fortune.

    Des cours sur support informatiques pourraient être bien plus ludiques (professeurs virtuels sur vidéo, animations de synthèse…) et infiniment moins cher. Chacun pourrait travailler de chez lui à son rythme, etc.

    Bien sûr pour ceux qu’il le souhaitent il pourrait toujours y avoir des professeurs

    J’en ai

  2. Génial ton idée… tu lances ça quand ? 🙂

  3. Garbun says:

    Oups, fausse manip, Thierry si tu pouvais souder mes 2 posts…

    Donc :

    Bien sûr pour ceux qu’il le souhaitent il pourrait toujours y avoir des professeurs en cours particuliers (sur le net ou non), voir même des écoles pour les élèves qui n’arrivent pas à travailler chez eux et/ou qui aiment la compagnie d’autres élèves.

    C’est donc chacun comme il l’entend, mais je parierais fort que la majorité des gens préfèrerait la méthode Internet.

    J’en ai parlé à une personne de ma famille qui est calée en droit, et il m’a dit “ce serait génial, seulement tu ne pourras pas faire une telle école, parce que – tenez vous bien – des lois sur la discrimination t’en empècheront. C’est gratuit pour tout le monde ou payant pour tout le monde. On ne peut pas faire payer que ceux qui réussissent, quand bien même ça serait la méthode la plus intelligente et la moins discriminante.

    Je vais me pencher sur ces lois pour voir clairement ce qu’elles disent, mais c’est un scandale qu’on ne puisse monter un tel projet. Ce serait une superbe réussite si le 5ème pouvoir arrivait à débloquer tout ça. J’en appelle donc à chacun pour dire ce qu’il – ou ce qu’on – pourrait faire.

    Si l’enseignement 2.0 peut-être mis en place (et je ne vois pas pourquoi il ne le pourrait pas), ce sera à nous de le faire.

  4. Garbun says:

    Thierry pour répondre à ta question, quand ça sera possible, je lancerai ça dès que je le pourrais et avec tous les moyens possible.

    (ah et si tu pouvais remplacer mon “qu’il le souhaitent” par “qui le souhaitent”, merci et décolé d’être maladroit mais je suis super pressé là ;))

  5. A Garbun:
    Tu pourrais en parler à Sylvain Poirier qui a longuement réfléchi la dessus, en plus il est prof de math dans une fac. Il me semble que plus que l’aspect juridique, c’est l’aspect dit des mammouths qui va poser problème. ( éducation nationale + ses lobbys, apprentissage professionnel + ses lobbys ). Si cela se trouve, il existe quelque chose de ressemblant quelque part sur notre planète. A suivre.

  6. Marie-Alix says:

    Garbun, la faculté de droit de Montpellier avait été à l’origine d’un projet de cours en ligne (payant) “Université 3000” (si ma mémoire est bonne), en 2000. Ce fut un échec.

    Toujours cette même faculté (Et oui, j’en suis un “mammouth”) propose déjà certaines formations totalement dématérialisées (pas de cours en présentiel, une simple platerforme Claroline). Les IUT proposent des formations (principalement des formations continues, certes) en ligne avec vidéo des profs, shéma de modélisation animée pour l’avancement du cours, TP/TD avec notation etc … avec des conf’ traditionnelles pour les volontaires de temps en temps.

    Il me semble qu’il existe, reconnu par l’éducation nationale/ministère de la recherche plus de 10 campus numérique, avec plus de 200 diplomes …

    Certains membres de mon labo travaille sur l’e-learning, principalement pour le droit … Si tu lances ton projet, peut-être qu’un échange serait bénéfique 😉

  7. Dans la série, Henri nous gonfle avec son auteur: Thierry laches le verre ! C’est le genre de citation qui aurait pu apparaitre dans ton bouquin !

    L’EUROPE DÉSEMPARÉE
    ou
    PETIT VOYAGE DU COQ À L’ÂNE ( Musil 1922 )

    L’auteur est plus modeste et moins secourable que le titre ne le ferait croire. Je suis convaincu de la fausseté non seulement de ce que je dis, mais aussi de ce qu’on y objectera. Il n’en faut pas moins commencer à parler; en pareil sujet, la vérité ne se trouve pas au milieu, mais tout autour, pareille à un sac qui, à chaque opinion qu’on y fourre, change de forme, mais gagne en consistance.

    […]
    2
    Telle apparaît l’histoire mondiale vue de près : on ne voit rien.
    Sans doute objectera-t-on que nous sommes trop près. C’est une comparaison empruntée au sens de la vue: il arrive qu’on soit trop près d’un objet pour l’embrasser du regard. Mais peut-on être trop près d’une vérité pour la reconnaître ? La comparaison ne joue pas. Nous en saurions assez pour nous former un jugement sur le moment présent et sur le passé récent; nous en savons plus, en tout cas, que n’en sauront les temps à venir. Autre source de la comparaison : nous étions trop engagés. L’avons-nous jamais été ?
    Le fameux « recul historique » consiste en ceci que sur cent faits passés ayant sombré dans l’oubli, on peut accommoder le cinq pour cent restant à sa guise. Mais l’objectivité se manifeste en ceci que les uns voient dans ces cinq survivants une mode d’il y a vingt ans, et les autres une conversation animée entre des interlocuteurs qu’on n’entend pas. Le grotesque des actions humaines, à peine ont-elles perdu de leur fraîcheur, effraie; et nous mobilisons pour les expliquer toutes les circonstances qui nous sont étrangères, donc celles de l’histoire.
    Est historique tout ce que l’on ne ferait pas soi-même; le contraire, c’est le vivant. Si notre temps était une « époque », on serait en droit de se demander si nous en sommes au début, à la fin ou au milieu. S’il y a eu un homme gothique – avec prégothique, gothique primitif, flamboyant et tardif -, quelle est la position de l’homme moderne par rapport à son zénith ? S’il y a une race allemande, ou une race blanche : dans quelle phase biologique se trouvent-elles ? Pour que ces images d’ascension et de déclin ne restent pas une simple allégation gratuite à posteriori, il faudrait disposer d’un tableau symptomatologique de leurs courbes générales. Ce serait là une tout autre objectivité, mais on en est encore loin. Peut-être les faits historiques vivants ne sont-ils nullement univoques, et ne le deviennent-ils qu’une fois morts ? Et l’histoire vivante n’est-elle finalement pas du tout l’histoire, c’est-à-dire rien que l’on puisse enfermer dans les catégories ordinaires de l’histoire ?
    Intervient là, en effet, un étrange sentiment de hasard.

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    Il y a dans tout ce qui est arrivé de quoi donner un sentiment, très actuel, de hasard. Ce serait solliciter par trop la croyance en la nécessité historique que de chercher, dans toutes les décisions que nous avons subies, l’expression d’un sens cohérent. On peut bien, par exemple, après coup, voir dans l’échec de la diplomatie et de la stratégie allemandes une nécessité ; chacun n’en sait pas moins que les choses auraient pu aussi bien tourner autrement, et que la décision a tenu, plus d’une fois, à un cheveu. A croire que le cours des événements n’est nullement nécessaire, et ne tolère qu’après coup ce qualificatif.
    Je ne veux pas faire de philosophie, Dieu m’en garde, en des temps aussi graves ; mais je ne peux m’empêcher de penser à l’homme fameux qui passe sous le fameux toit dont une tuile se détache. Était-ce une nécessité ? Sûrement oui et sûrement non. Que la fameuse tuile se soit détachée et que le fameux homme soit passé, voilà qui, sans nul doute – dirons-nous en faisant abstraction de la doctrine de la volonté libre ou non, selon laquelle toute l’histoire se répète -, a un lien avec la loi et la nécessité; mais que ces deux faits se soient produits au même moment n’en a aucun, à moins de croire au bon Dieu ou au règne, dans l’histoire, d’une raison plus puissante encore. De là que l’on peut bien conclure de Dieu ou d’un Ordre supérieur aux accidents, mais non l’inverse.
    Pour parler simplement : ce que l’on nomme nécessité historique n’est évidemment pas une nécessité de la nature de ces lois où d’un facteur A découle un facteur B; c’est une nécessité du type qui règne dans les choses, « où l’une entraîne l’autre ». Sans doute des lois jouent-elles là aussi – comme le lien entre l’évolution intellectuelle et l’évolution économique ou le facteur topologique dans les beaux-arts ; mais il reste toujours un élément qui ne se présente tel qu’une fois, que cette unique fois. Rappelons en passant que, parmi ces faits uniques, il faut nous compter aussi, pour une part, nous autres humains.

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    Notre image du monde en perd un peu de sa prétendue sublimité. Consolons-nous avec une échappée.
    Dans la verte forêt, un vert chasseur abat un brun cerf. Essayons de rétrograder. La balle a jailli du fusil, l’éclair a suivi, puis le coup de tonnerre, le cerf s’est effondré sur le flanc, ses bois ont heurté le sol, et le voilà gisant. Marche arrière : le corps se redresse – mais il ne pourrait pas tenir debout, il devrait « tomber » en l’air, ses bois devraient d’abord mimer à rebours le heurt contre le sol, et il lui faudrait commencer à la vitesse finale et finir à la vitesse initiale. La balle devrait revenir au fusil le culot en avant, la fumée de la poudre reprendre forme solide avec la détonation, et ainsi de suite. Ne voudrait-on modifier qu’un seul détail au cours des événements, il ne suffirait pas de le remonter, il faudrait encore pour cela disposer de pleins pouvoirs absolus pour la reconstruction du monde tout entier. La pesanteur devrait agir vers le haut, la terre devrait faire dans l’air un plan vertical, la balistique subir des modifications tout à fait inconcevables ; en bref : une mélodie jouée à l’envers n’est plus une mélodie du tout, et il faudrait, pour qu’il en allât autrement, bouleverser le temps et l’espace.
    En fait, rien que pour remettre sur ses pattes un cerf abattu, il faut un événement radicalement nouveau : conversion et réparations ne suffisent pas ! Le monde éclate d’une volonté effrénée de nouveauté, hanté par l’idée-force du changement et du progrès !

  8. Un autre extrait à lire de toute urgence: surtout par désir d’avenir.

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    Nous voilà revenus à l’actualité. Les concepts qui pourraient ordonner la vie qui nous entoure font défaut. Les faits du passé, les faits des diverses sciences et les faits de la vie nous submergent pêle-mêle. Quand la philosophie vulgarisée et les discussions quotidiennes ne se contentaient pas des défroques du libéralisme avec sa croyance aveugle en la raison et le progrès, elles inventaient ces trop fameuses idoles que sont l’époque, la nation, la race, le catholicisme, l’homme intuitif ; toutes ayant pour dénominateur commun négatif une hargne sentimentale à l’égard de l’intellect et, en positif, le besoin d’un étai, de grands squelettes fantômes où accrocher les impressions à quoi l’on s’était laissé réduire. ( C’est là, soit dit en passant, le centre même du débat littéraire entre culture et civilisation ; et l’une des grandes raisons pour lesquelles l’expressionnisme n’a guère dépassé le niveau de la pitrerie : sur un terrain resté essentiellement impressionniste, il ne pouvait aller plus loin. ) Du coup, une telle lâcheté affecte le jugement et le façonnement directs qu’on a pris le pli de juger même le présent d’un point de vue historique ; à peine un nouvel « isme » a-t-il surgi, on croit qu’un homme nouveau est né, et chaque fin d’année scolaire représente l’avènement d’une époque nouvelle.
    Tout ce qui relève de l’esprit est livré désormais au chaos. Par tradition et sans plus bien savoir pourquoi, on combat l’esprit fondé sur les faits et les nombres, mais sans avoir rien d’autre à lui opposer que la pure négation. Quand on proclame, en effet – et qui ne fait plus ou moins chorus ? -, que notre temps manque de synthèse, de culture, d’esprit religieux ou communautaire, cela ne dépasse guère l’éloge du « bon vieux temps », personne n’étant en mesure d’expliquer ce que devraient être aujourd’hui une culture, une religion ou une communauté pour peu qu’on voulût vraiment intégrer dans sa synthèse les laboratoires, les avions et le dinosaure social, au lieu de les juger simplement dépassés. Au fond, cela revient à exiger l’abdication pure et simple du présent. L’incertitude, l’apathie et une teinte de pessimisme, voilà ce qui caractérise tout ce qui est « âme » aujourd’hui.
    Cela se traduit naturellement sur le plan de l’esprit par une sorte d’extraordinaire détaillisme. Notre temps abrite côte à côte et dans la plus totale dysharmonie tous les contraires : individualisme et sens communautaire, aristocratisme et socialisme, pacifisme et bellicisme, exaltation de la culture et industrie de la civilisation, nationalisme et internationalisme, religion et sciences de la nature, intuition et rationalisme, et bien d’autres encore. Qu’on me pardonne la comparaison : notre temps souffre d’embarras gastrique et ne cesse de rejeter, en des mélanges divers, les débris mal digérés des mêmes aliments. Même à ne la considérer que du dehors, on devine que cette typologie antithétique – cette façon d’exposer les problèmes par couples d’opposés, cette multiplication des « ou bien… ou bien » – dénote un travail intellectuel insuffisant; toute alternative de ce genre suppose une certaine naïveté qui peut convenir à l’homme qui évalue, mais non à celui qui pense et pour qui les contraires se résolvent en des séries de transitions. Dans la réalité pratique, notre paysage intellectuel offre, en pendant à cette problématique, un collectivisme de chapelles poussé à l’extrême. Chaque communauté de lecteurs a son écrivain, le parti des agriculteurs et celui des ouvriers ont chacun sa philosophie ; il y a peut-être en Allemagne une centaine de maisons d’édition dont chacune a son cercle de lecteurs plus ou moins étroitement liés par une sensibilité commune ; le clergé a son réseau, mais les anthroposophes ont leurs millions et les universités leur crédit ; j’ai pu lire un jour dans l’organe du syndicat des garçons de café quelque chose sur la philosophie des grooms dont il était dit qu’il fallait la tenir en haute estime.
    C’est une maison de fous babélique ; de ses milliers de fenêtres, des milliers de voix, de pensées, de musiques différentes agressent en même temps le passant ; dans ces conditions, il est clair que l’individu devient une arène où s’affrontent des motifs anarchiques et que la morale, à l’instar de l’esprit, se désagrège. Dans les sous-sols de cet asile, cependant, le Vulcain de la volonté créatrice continue à forger ; les plus vieux rêves de l’homme : le vol, les bottes de sept lieues, la vision à travers les corps opaques se réalisent, ainsi qu’un nombre infini de chimères qui relevaient encore aux siècles passés de la pure magie ; notre époque donne réalité à des prodiges, mais elle n’y est plus sensible.
    Notre époque est une époque de rêves exaucés, et tout exaucement est déception; il lui manque le désir, le quelque chose qui vous ronge le cœur aussi longtemps qu’on ne l’a pas obtenu.

  9. Garbun says:

    @Henri, je viens de voir ce qu’en dit Sylvain Poirier, il fait exactement le même constat que moi, et propose à peu de choses près la même solution. Sauf que la sienne devra se faire d’en haut, avec par exemple une refonte des statuts des universités et professeurs via une libéralisation du secondaire. Je suis à 100% d’accord avec lui, mais ses idées exigent qu’il soit élu, car je vois mal comment un politicien actuel pourrait faire tout ces changements.

    Mon projet en revanche peut se mettre en place dès maintenant et sans dépendre de quelque changement que ce soit (hormis législatif, mais avec un peu de chance ça doit pouvoir se faire).

    @Marie-Alix : Cette solution est différente du e-learning (que je connais bien puisque j’ai pris des cours de physique par correpondance, que j’ai vite abandonnés puisqu’ils étaient totalement incompréhensibles…). L’e-learning actuel est opaque (on ne connait pas la qualité des cours à l’avance), on est engagé et bloqué dès le début puisqu’on doit payer pour l’année, il implique de suivre un rythme bien précis, puis, si l’on échoue, on a tout perdu (du temps et de l’argent). Il a en réalité beaucoup de défauts de l’enseignement classique, pas étonnant donc que c’ait été un échec.

    Or les gens devraient pouvoir apprendre une matière à leur manière et passer l’examen n’importe quand, au moment où ils s’y sentent prêts, et pas pile au bout d’un an (ou 2, ou 3). Quelqu’un de doué devrait pouvoir obtenir un diplôme supérieur en maths en 3 mois, de même que quelqu’un de plus lent devrait pouvoir mettre 1 an et demi, plutôt que de faire une année qui va trop vite pour lui, la louper, redoubler, refaire les même cours, et repasser les examens un an après…

    Ça permettrait aussi aux gens de voir ce qu’ils aiment, de piocher à droite à gauche, sans avoir à faire un choix important à l’aveuglette qui les bloque à chaque fois pour un an.

    En toute logique, il suffirait d’engager quelques profs pour faire des cours à mettre en ligne (ça pourrait même au début se faire comme le dit Sylvain en filmant des cours en classe). De mettre ça gratuitement sur le net (c’est primordial) et au final de faire payer les étudiants qui réussiraient les examens, ce qui rend le projet viable sans avoir à lever des subventions. C’est un projet libéral qui n’aurait même pas besoin d’impots pour tourner, qui est simplissime et qu’il me semble urgent de mettre en place.

    Au sujet des lobbies universitaires ou autres… eh bien à nous de faire un scandale si un tel projet est refusé au nom de la loi sans argument crédible.

  10. Marie-Alix says:

    @Garbun : Pour une matière, pour un diplôme (c’est peu mais un début) … C’est un peu ce que nous avons faits : Cours en ligne (comme suggéré : cours en amphi filmé + animation) avec un délai d’un an pour passer l’examen … C’est tout ce que nous avions obtenu de l’administration !

    “L’e-learning actuel est opaque (on ne connait pas la qualité des cours à l’avance), on est engagé et bloqué dès le début puisqu’on doit payer pour l’année”

    si le diplôme est universitaire, c’est plus l’inscription à la faculté qui est payante, pas le diplôme …

    “il implique de suivre un rythme bien précis, puis, si l’on échoue, on a tout perdu (du temps et de l’argent)”.

    Sur le rythme : Je suis étonnée de voir à quels points les étudiants, dans leur grande majorité sont en demande de rythme, de cadre, de contrôle … Je suis frappée par leur manque d’autonomie … Dans ce genre de projet, au moins dans un premier temps, il est à mon avis indispensable de proposer des cadres, des rythmes pour ceux qui le désirent (c’est ce que proposent d’ailleurs la majorité des diplômes “en ligne”).
    Un exemple : J’ai essayé de trouver un stagiaire informaticien pour une boite que Thierry connait bien avec éventuellement débauché = Aucune étudiant n’ait particulièrement interressé car le travail serait dématérialisé, ils recherchent tous (là c’est sûr pour le coup) une entreprise avec des jolis bureaux, des maitres de stage bien directifs…

    Ce n’est qu’un exemple, mais les formes traditionnelles ne sont pas toujours demandées par les administrations, les “usagés” ne sont pas toujours aussi ouverts…

    “Il a en réalité beaucoup de défauts de l’enseignement classique, pas étonnant donc que c’ait été un échec.”

    Autre question à laquelle vous avez du réfléchir : les profs, notamment d’université, sont très attachés à leurs cours et à leur droit d’auteur … Quid ?

    Sur la viabilité du projet : C’est évident. Les questions demeurent administratives : la nécessité d’une “inscription” qu’elle soit gratuite ou payante, Le statut de l'”étudiant” aussi.

  11. Tataiza says:

    Hello, juste un mot en passant parce que c’est mon job.

    @Garbun : j’apprécie ton énergie, ton enthousiame et ta bonne volonté, il y a vriament quelquechose à faire.

    En revanche, je repère comme Marie Alix plein de choses à éclaircir, à préciser,voire à remettre en question.

    Comme elle, je pense qu’il faut certainement examiner toute sles expériences qui existent parce q’uil il a certainement des choses à piocher et à abandonner. j’ai aussi deux supers docs qu’il faudrait que je te fasse lire (deux nouvelles de Pierre Bordage et Ayerdhal inédites sur le thème de l’éducation, très instructives, utopiques et visionnaires, tout ce qu’on aime).

    Je n’ai pas du tout le temps hélas mais il faut que je revienne… pourquoi ne pas lancer une partie du WIKI sur ce thème, ouvrir le chantier en quelque sorte ?

  12. Garbun says:

    @Iza : bonne idée le wiki.

    @Marie-Alix :

    “si le diplôme est universitaire, c’est plus l’inscription à la faculté qui est payante, pas le diplôme …”

    Oui mais ça ne change pas le problème, les étudiants doivent payer sans pouvoir vérifier la qualité des cours. Le plus gênant étant surtout le fait qu’ils doivent s’engager sans savoir s’ils vont aimer, beaucoup perdent plusieurs années à “tester” telle ou telle filière, alors qu’avec ce système, il suffirait de quelques jours pour se rendre compte de celles qui peuvent vraiment les interesser. A titre d’exemple, 46% des étudiants qui s’inscrivent en filière littéraire la quittent au bout d’un an… Je ne vous parle pas du prix que ça coûte ni du dégoût qu’ont les étudiants envers les études après ça (et je ne parle pas non plus de ceux qui ont dû faire une centaine de km chaque jour pour aller à leur établissement, ni de ceux qui on loué un appartement pour rien).

    Sinon, au niveau de la méthode de travail, je ne suis pas certain qu’un travail de fond soit nécessaire, si ce n’est niveau communication : j’ai souvent entendu des lycéens dire qu’ils ne pourraient pas travailler à l’université à cause du manque d’encadrement (alors qu’ils n’en savent rien, n’ayant jamais eu l’occasion de travailler autrement qu’en étant encadrés), et qui une fois à la fac s’en sortent très bien. Ce n’est pas le cas de tous, mais de manière générale les gens sous-estiment leur potentiel à travailler de manière libre.

    S’ils sont aujourd’hui peu à être prêts à se lancer de cette manière (et encore c’est à vérifier), je ne doute pas une seconde qu’ils seront de plus-en plus. C’est ce qu’il se passe avec la plupart des technologies : quand c’est efficace, même si au départ beaucoup en doutent, voire les dénigrent, il finissent pratiquement tous par s’en servir (cf. les premiers ordinateurs, le téléphone portable, internet…).

    La question du rythme est probablement du même acabit, tout comme le phénomène des nouvelles générations avec les ordinateurs (les jeunes qui maîtrisent bien mieux que leurs parents et de plus en plus tôt), si les étudiants sont habitués dès le lycée (voir le collège ou pourquoi pas la primaire) à utiliser des cours sur support audovisuel, ils n’auront aucun mal à le faire par la suite, ça deviendra même sûrement leur premier reflexe de travail.

    “ils recherchent tous (là c’est sûr pour le coup) une entreprise avec des jolis bureaux”

    Là je dois dire que je suis étonné, je connais beaucoup de gens qui rêveraient de travailler de chez eux (c’est particulèrement vrai chez les informaticiens en plus). Vous avez dû tomber sur une série malchanceuse. Quoi qu’il en soit, même s’ils sont pour l’instant peu, on devrait pouvoir leur fournir cette possibilité.

    En ce qui concerne les profs et les droits d’auteur, il y a plusieurs solutions :

    -Soit les profs qui créent les cours sont aussi ceux qui corrigent, auquel cas ils peuvent proposer leurs cours gratuitement en sachant que ça leur sera bénéfique (je pense que certains le feraient ne serait-ce que pour leur notoriété). Si ce n’est pas le cas, l’école peut toujours leur acheter leurs cours, qui seront de toute façon rentabilisés par la suite. Dans les 2 cas les profs ont interêt à faire des cours les meilleurs possibles, puisque plus haute sera leur qualité, plus nombreux seront les étudiants qui se pencheront dessus et passeront les tests, et plus leur salaire sera élevé. C’est un point très important de ce projet : des cours d’une qualité qui tendra toujours vers le haut, et qui pourront être corrigés ou discutés en temps réel sur le net par tout le monde.

    -Soit ceux qui créent de sont pas seux qui corrigent, et là idem, on peut toujours les acheter (donc là encore l’école prendra les cours les meilleurs qu’elle trouvera). Et sinon là aussi certains pourront les proposer gratuitement (comme c’est déjà le cas sur certains sites, par hobby ou pour améliorer leur cv par exemple).

    Ce ne sont donc pas les solutions qui manquent.

    Au sujet de la fac de Montpellier, est-ce que toutes les matières dont était composé le diplôme étaient en ligne ou seulement une partie?

  13. Je m’excuse de couper cette discussion importante que je suis avec intérêt, je vais en parler de ce pas avec Sylvain, mais pour information :
    Casabaldi, Tataiza et d’autres avaient apprécié des morceaux de Musil, j’ai mis le dernier en entier sur ce que j’appelle abusivement mon blog.
    L’EUROPE DÉSEMPARÉE ou PETIT VOYAGE DU COQ À L’ÂNE ( Musil 1922 )
    http://henrialberti.blogspot.com/2007/02/leurope-dsempare-ou-petit-voyage-du-coq.html

  14. Marie-Alix says:

    @Garbun : Pardon de ne réagir que sur un point, les autres viendront demain 😉

    Sur la question des droits d’auteur : même si les cours sont achetés, celà ne change rien. Les droits patrimoniaux seront cédés,ok. Mais quelles tolérances auront les profs à voir leurs droits moraux détournés ?
    Avez-vous discuté avec des profs d’unviersité ? Ou je n’ai pas de chance et ma “maison” n’est pas très ouverte ou la majorité des profs préfèrent écrire des articles de doctrine dans des revues papier pour améliorer leur réputation plutot que de mettre leurs cours en accès libre…

    Nous sommes 2 à avoir accepté de mettre nos cours en ligne … le 2ème a donné son accord si et seulement si l’accès était restreint (inscription à la fac = identifiant+mot de passe, puis nouvelle inscription contrôlée pour le diplôme pour un accès à la plateforme).

    “Au sujet de la fac de Montpellier, est-ce que toutes les matières dont était composé le diplôme étaient en ligne ou seulement une partie? ”

    Une toute petite partie (et là, je voudrai bien mettre un smiley qui pleure, mais comment ?)

  15. Garbun says:

    Pas de soucis Henri, t’as bien fait.

  16. Garbun says:

    @Marie-Alix : je comprends que certains professeurs, en l’état actuel des choses, rechignent à mettre leur cours en accès libre (bien que je trouve ça très égoïste), en revanche bien que n’ayant pas encore discuté de ça avec eux, je doute qu’ils refusent à le faire si on les paye. Et de toutes façons dans l’absolu nous n’avons besoin que d’un seul prof qui accepterait de le faire pour chacune des matières. Sur des centaines ou milliers à travers toute la france (suivant les domaines), ça ne devrait pas poser de problème.

    Pour en revenir à la fac de Montpellier, ne mettre qu’une partie des cours en ligne est un début mais qui ne sert quasiment à rien, puisque la force d’un enseignement totalement en ligne est précisément d’éviter que les étudiants aient à vivre près de telle ou telle école. De cette façon les étudiants potentiels sont répartis dans tout le pays (et même au-delà), ce qui peut multiplier les effectifs de plusieurs ordres de grandeur. C’est ce qui me fait penser que ce projet est crédible.

  17. Enfant Terrible says:

    @Garbun, Tataiza et Marie-Alix:
    Le mot est lâché….. Réputation.
    Et là les enfants, la mentalité du “pays des idées ” est très claire la dessus, ce n’est pas parce qu’Einstein, Hilbert et bien d’autres étaient autodidactes qu’ils attiraient les étudiants. C’est par contre beaucoup plus parce que les étudiants se réclamaient de tel ou telle professeur bien établi(e) et connu de tous(tes) que, comme par enchantement, ce qu’ils avaient à dire est devenu parole d’évangile.
    Hé oui, il faut qu’il y ait évangile, avant que l’on puisse parler au “pays des idées”.

    L’expérience que Thierry accumule au sujet de ses deux livres nous le montre tous les jours.
    TataIza…Avoues que le nom de Ayerdahl n’est pas venu au hasard dans ta bibliothèque. A coté il y avait bien le bouquin de Tartenpion mais il n’était pas reconnu par ses pairs, il n’a pas eu de promotion corporatiste.

    Marie-Alix, en cherchant bien, tu trouveras sûrement dans la communauté des professeurs, un ou deux professeurs mis au placard parce qu’il a voulu penser par lui-même. Celui-là sera pret à élaborer un cours et à te cèder ses droits d’auteurs. Mais il faut bien se poser une question, son passif ne te rebutera-t’il pas?
    Tout comme le CV d’un étudiant qui se présente à une boite ou comme l’homme plein de ressources qui se trouve à coté d’une jolie fille ou d’une star de quelque chose, la sollicitation aura la trajectoire la plus courte, elle atteindra celui qui a déjà eu l’expérience du succès, de la renommée et de la gloire.
    Même M.Stiegler a avoué avoir eu “de la chance” d’avoir rencontré les personnes qu’il fallait.
    Plouf…Nous tombons dans un parisianisme effrayant.

    Non..en fait il vous faudra aller à l’essentiel!
    Trouvez d’abord une boite qui est interressée par le tarif avantageux de vos formations, ça c’est une relation gagnant-gagnant:
    L’entreprise qui innove dans son domaine est sûre d’obtenir un gain de temps et d’argent, et vous vous aurez tout le bénéfice du buzz qui attirera les plus attirants.

    y a pas de secret les enfants !

  18. Garbun says:

    Oui la renommée d’une école peut aussi passer par la formation à distance de personnels d’entreprise.

    Mais je suis à peu près sûr qu’il suffirait de trouver quelques professeurs (pas forcément connus) qui fassent du bon boulot, et tout le monde serait là pour juger de la qualité de leurs cours, l’info serait relayée par les médias qui devraient normalement féliciter la démarche, et zou…

    Cette renommée est à l’heure actuelle importante puisque justement les cours ne sont pas accessibles et qu’elle est la seule chose sur laquelle les potentiels étudiants puissent se baser. Il en ira en revanche tout autrement quand ils pourront juger directement par eux-mêmes.

    A noter d’ailleurs qu’il pourrait tout à fait y avoir plusieurs méthodes différentes pour chaque matière, ainsi certains élèves préfèreront un cours avec beaucoup de schémas, qui va dans le détail, donne des informations plus générales, ou ponctuées d’anecdotes, tandis que d’autres choisiront un cours qui va directement à l’essentiel. Tout pourrait être paramétrable.

  19. Enfant Terrible says:

    @Garbun:
    ” Il en ira en revanche tout autrement quand ils pourront juger directement par eux-mêmes.”
    Le fait est qu’il faudra aussi leur proposer de quoi juger (toujours travailler sur les repères) parce que ce débat ne date pas d’hier:
    Ils vont s’appuyer soit sur un succès abstrait, soit sur une efficacité opérationnelle. Un diplôme, ou la réussite d’un projet en entreprise. c’est à dire les deux clivage qui ont secoué le monde de l’enseignement de son début à nos jours, avec les questionnements qui leurs sont associés:
    -doit-on former des machines à produire?
    -doit on former des êtres doués de pensées?

    Avant de vous entendre répondre tous en coeur “les deux mon capitaine !”, analysez d’abord la faillite de ces deux objectifs dans notre monde et forgez de nouveaux outils d’expérience sans jamais vous laisser dominer par ceux qui voudront vous entrainer à ces deux finalités.

    Vous tiendrez alors, sans doute, les moyens de redistribuer de nouvelles cartes de jugement que pourront utiliser vos étudiants avec succès.

    Votre idée sur le rythme des cours mérite amplement d’être approfondie et confrontée à la pensée en réseau. C a c’est quelque chose qui ne passera pas inaperçu !

  20. On en revient toujours au même problème; Internet est un outil ( voir un outil à fabriquer des outils ) qui potentiellement peut changer nos vies de font en comble à condition que nous nous identifions en tant qu’utilisateurs de ces outils. Je m’explique “nous” utilisateurs abusifs de ces outils, devons essayer en permanence de nous mettre à la place du profane que nous étions, de tout les obstacles techniques, psychologiques et idéologiques que nous subissions. Apprendre quelque chose avec Internet est facile, après; la boite, la banque et toutes les choses du même genre devraient reconnaitre cet apprentissage.

  21. Garbun says:

    Encore un message un peu long, mais qui vaut le coup. 😉

    En écrivant ”Il en ira en revanche tout autrement quand ils pourront juger directement par eux-mêmes.”, je veux dire que selon leurs préférences et leur façon personnelle d’appréhender une leçon, ils pourront juger si les cours leurs conviennent ou non. Ainsi on empêche tout risque de déception, que ce soit sur la méthode ou sur le domaine d’étude.

    Ensuite, au sujet de la dualité de l’enseignement (apprentissage/reflexion), j’aurais effectivement envie de répondre que ce projet proposera forcément les deux, mon capitaine, car l’intérêt d’un diplôme est d’abord de trouver un travail, et que, contrairement à ce que l’on peut entendre, la plupart des entreprises ne veulent pas de “moutons”. Elles veulent des gens qui savent réfléchir, surtout dans une société en constante complexification. Et pour celles qui se moquent que leurs employés sachent réfléchir, eh bien ça ne change au fait qu’il est scandaleux de faire apprendre de force des choses inutiles aux élèves et que l’on doit proposer – j’insiste sur ce mot – des cours diversifiés que chacun pourra choisir en fonction de ses besoins et envies (et pas au bon vouloir de quelques “experts” de l’éducation).

    Car l’enseignement actuel est une abérration, il est très clairement axé sur l’assimilation bête et méchante d’informations rarement pertinentes, surtout sur la période de 6 à 18 ans (hem.) Il existe de nombreux articles là-dessus. L’apprentissage de la logique est absent alors qu’il devrait être à la base de tout.

    Un exemple frappant : je me souviens qu’en terminale S, alors que nous devions faire des exercices de maths qui utilisaient des outils relativement complexes (intégrales, équations différentielles, etc), il m’arrivait souvent de voir certains de mes camarades réussir ces exercices, puis par la suite bloquer face à un problème de logique tout bête. La raison est que ces exercices ne consistaient en fait qu’à appliquer ce qui était dit dans le cours (Si A, alors B).

    Aucune reflexion, que du par coeur.

    On retrouve ce constat fréquemment, d’ailleurs Sylvain Poirier (encore lui), raconte la même chose, j’ai pourtant 10 ans de moins que lui, visiblement les choses ne vont pas en s’arrangeant.

    Alors quel est l’intérêt de tels programmes ? Ils ne servent en rien au développement personnel des jeunes (ils sont au contraire abrutissants et frustrants), et sont inutiles dans les milieux professionnels (sauf si l’on veut faire prof (sic!), ou à la limite pour certains postes pointus, mais c’est très exceptionnel). Si j’étais mauvaise langue je dirais que l’Etat a tout intérêt à ce que les citoyens aient le moins de potentiel de reflexion possible, mais je m’abstiendrai.

    En effet pourquoi impose-t-on des matières bien précises en fonction des cursus? Pourquoi par exemple ai-je dû faire environ 300 heures de biologie lors de mes 2 dernières années de lycée sous pretexte que j’aimais les sciences plus que la littérature, alors que je savais pourtant que je n’en ferai pas mon métier ? Pourquoi n’ai-je pas eu le choix ? Pour ma culture générale ? Si c’était le cas alors c’est un enseignement qui devrait en toute logique être donné à TOUS les élèves. Mais non, alors, peut-être est-ce pour mon futur travail ? Je l’ai dit, ça ne m’intéressait pas. Je devais suivre ces centaines d’heures de cours qui ne m’intéressaient pas en sachant que ça ne m’apporterait rien, à aucun niveau.

    Tout cela n’a donc aucun sens, et en suivant ce raisonnement pour chaque matière, on se rend compte de l’absurdité du système.

    Donc : le meilleur moyen pour que chacun soit pleinement épanoui est qu’il puisse choisir et tester les connaissances à loisir, sans engagement de temps ni d’argent. Le problème de savoir si l’on doit former des “machines” ou des “êtres doués de pensées” se résoudra alors de lui-même puisque le choix se fera d’en bas et non plus d’en haut.

    CQFD, 20/20.

  22. Krysztoff says:

    Garbun ou le nouveau Mao?

    L’Education (d’ailleurs, il vaudrait mieux parler d’Instruction) est un sujet passionnant, la preuve cette discussion, sur lequel tout le monde a un avis bien arrêté. Et pour cause, c’est peut-être l’un des seuls endroits, l’Ecole, où nous sommes tous passés. Et c’est bien là le problème. C’est que nous avons chacun une expérience particulière de notre parcours scolaire, une expérience unique, et la tentation est grande de généraliser notre expérience propre (et dans les faist souvent nos frustrations, nos désillusions) et de s’en prévaloir pour avancer des idées toutes plus intéressantes les unes que les autres pour changer cette foutue école.

    Alors, quelques réflexions assez lapidaires (mais je suis prêt à développer chacun des points si vous le souhaitez) suite aux propositions pour le moins révolutionnaires de Garbun.

    Comment se fait-il que nous tous débattons avec intelligence et esprit sur ce blog et ailleurs alors même que nous sommes de purs produits de ce système tellement absurde, castrateur, enfermant, contraignant, que vous décrivez? Expliquez moi par quel miracle nous avons échappé à la fabrique à moutons dont vous nous dressez un portrait totalement à charge?

    Pourquoi Gardun le nouveau Mao? Parce que l’un des derniers (avec ses cousins les Khmers Rouges) a avoir voulu supprimer l’Enseignant, et l’autorité du savoir qu’il incarnait, c’est justement ce cher Mao lors de sa tristement célèbre Révolution Culturelle, durant laquelle il ne faisait pas bon d’être enseignant effectivement. Non pas que je doute des meilleures intentions qui vous animent en appelant à la libération de nos chères têtes blondes du joug d’enseignants au mieux machines à faire apprendre (souvent mal) au pire gardiens d’une prison mentale, mais la route de l’enfer est souvent pavée des meilleures intentions.

    A ce sujet, l’Ecole n’est pas “simplement” un lieu où l’on enseigne. En particulier pour les plus jeunes. C’est aussi et surtout un lieu de socialisation, un lieu où l’on apprend des règles de vie commune, un lieu qui permet le détachement de la cellule familiale (parfois elle réellement oppressante, castratrice, violente).

    C’est aussi une Institution de la République. Relisez Condorcet, relisez Ferry (Jules, par Luc). Oui, l’Ecole forme des citoyens de la République (je parle bien de l’école obligatoire, jusqu’à 16 ans, après c’est une toute autre histoire). Et plutôt pas mal jusqu’à quelques années. Jusqu’à ce que l’on décrète que justement, elle n’avait plus à le faire, qu’elle devait mettre l’enfant (et non plus l’élève, intéressant glissement sémantique) au centre, avec ses envies, ses plaisirs, ses désirs. Tenez, cette Ecole avec tous ses défauts, elle avait pourtant conduit toute une génération à se rebeller contre elle (mai 68), alors même qu’elle les avaient formés tous ses esprits proprement révolutionnaires. Et bien je suis prêt à parier que l’élève d’aujourd’hui, l’enfant au centre de l’Ecole n’est même plus en état de se révolter contre celle qui lui cède tout.

    Et puis oui, l’Ecole de la République est aussi un facteur d’Egalité. En tout cas lorsqu’elle fait preuve d’exigence.

    Pourquoi pensez-vous qu’il y a un Temps Scolaire (comme il y a un Temps de Travail)? Parce qu’il y a un temps pour apprendre, un temps pour se divertir, un temps pour travailler et même un temps pour dormir… Et que, sans cette contrainte temporelle, il est fort à parier qu’un enfant trouvera toujours quelque chose de mieux à faire que d’apprendre ou qu’on lui trouvera quelque chose de mieux à faire (travailler par exemple). Parce que tout apprentissage n’est pas forcément un plaisir. Apprendre, c’est aussi apprendre la contrainte, l’obligation. Pensez vous faire toujours ce que vous voulez dans votre vie, selon votre plaisir? Croyez vous que le monde de l’entreprise est toujours un monde d’épanouisssement, sans contrainte? L’Ecole prépare aussi à cela: à apprendre à gérer des contraintes.

    Vous parlez d’opacité des programmes. Ah bon? Mais les programmes sont publics. Ils sont publiés au Journal Officiel.
    Vous parlez de cours pédagogiques. Mais cela n’existe pas un cours pédagogique. Il n’y a que des enseignants pédagogues (et là je suis d’accord avec vous, il y a du travail à faire).
    Vous parlez de connaissances disponibles pour tous. Mais aujourd’hui la connaissance est déjà disponible pour tous. Rien de vous empêche de lire des livres, rien ne vous empêche de partir explorer cet immense continent de la connaissance que devient Internet.

    Bon je m’arrête là pour l’instant, je constate que mes réflexions lapidaires se sont développées d’elles mêmes. Vous remarquerez qu’à aucun moment, je n’ai parlé de ma propre expérience scolaire, alors que, si ça se trouve, j’ai moi aussi été traumatisé par un quelconque obscur et pervers prof de math qui m’a humilié en me traitant d’imbécile. Mais c’est mon problème 🙂

  23. Enfant Terrible says:

    @Krystoff et Garbun: Je rappelle le sujet, juste en passant:

    “Nous devons tout faire pour que chacun des humains soit le plus éduqué possible afin que, à son niveau, il soit le plus apte à trouver des solutions responsables.”

    L’un nous dit qu’il faut supprimer toute responsabilité et se met 20/20 de surcroit.Tout cela au risque de n’avoir que des spécialistes incapables de sauver la vie de quelqun de leur entourage.

    L’autre nous dit que la seule responsabilité à prendre est d’attendre ce que nous dit le journal officiel, au risque même de déclencher une “révolution” maoïste.

    Le débat reste encore ouvert pour ceux qui considèrent que l’émancipation ne doit pas forcément être une révolution…..

  24. Pour Krystoff:
    D’après ce que j’ai compris, Garbun parle d’études universitaires, ce qui vous mets hors sujet.
    Si je me trompe et le projet concerne le lycée, voir le collège, vos arguments peuvent se discuter:
    “Comment se fait-il que nous tous débattons avec intelligence et esprit sur ce blog et ailleurs alors même que nous sommes de purs produits de ce système tellement absurde, castrateur, enfermant, contraignant, que vous décrivez? Expliquez moi par quel miracle nous avons échappé à la fabrique à moutons dont vous nous dressez un portrait totalement à charge?”
    En ce qui me concerne, j’ai été légèrement en marge pour le coup. Considéré comme cancre à bonnes notes, élève pénible, mise à part dans un coin de la classe, j’ai beaucoup dormis aussi.

    “A ce sujet, l’Ecole n’est pas “simplement” un lieu où l’on enseigne. En particulier pour les plus jeunes. C’est aussi et surtout un lieu de socialisation, un lieu où l’on apprend des règles de vie commune, un lieu qui permet le détachement de la cellule familiale (parfois elle réellement oppressante, castratrice, violente). ”
    Si devais faire une comparaison, cela serait de décrire la circulation des voitures en général dans le monde et dire qu’on roule à droite. Si on se mets à rouler à gauche c’est le chaos. En effet tant que la règle générale est de rouler à droite, mais si tout le monde se mets à rouler à gauche et si la règle change ? Ce que je veux dire c’est que vous décrivez des lois sociales et non des lois de la nature.
    Ce que vous décrivez peut être correcte, mais on reste dans un cadre social conçu pour que cela en soit ainsi.

  25. Krysztoff says:

    @ Enfant terrible

    Réduire un texte (je parle de mon argumentation) de plus de 60 lignes à une histoire de JO est pour le moins intellectuellement malhonnête. Mais bon…

    @ Henri

    Quand je lis “Le système actuel m’a toujours paru terriblement archaïque : des professeurs qui doivent répéter comme des machines des centaines de fois le même cours (et pas forcément de la meilleure façon), des élèves qui doivent avancer à un rythme totalement figé (alors que chacun est différent) et qui doivent passer une vingtaine d’années de leur vie dans des établissements pas forcément agréables, une opacité des programmes, et le comble : tout cela nous coûte une fortune”, il me semble bien comprendre que nous parlons du système éducatif dans son ensemble et très clairement de l’école publique obligatoire.

    Pour le reste tout peut être discuté, bien évidemment. Y compris la remise en cause de nos principes républicains, à condition de le dire clairement.

  26. Krysztoff says:

    Si l’on parle de l’université, alors effectivement c’est un tout autre problème. Si vous jetez un coup d’oeil au dernier post de mon blog, vous constaterez que j’ai peut-être deux ou trois choses à dire en termes d’expérience de campus virtuel…

  27. Enfant Terrible says:

    @Kristoff: Il est vrai qu’opposer une argumention républicaine qui ne représente la réalité que de pas plus de 10% des établissements actuels tellement elle s’est figée en 1 siècle, est intellectuellement honnête. Mais bon…

    Je préfère “intellectuellement” réduire votre propos, qui vente le lieu de socialisation alors qu’en réalité la majorité des professeurs pensent que cela ne doit être un lieu fait que pour enseigner (vous êtes en effet l’un des seuls à interpreter les lois républicaines en ce sens et je vous en félicite). Il y en a même(des professeurs) qui ne se socialisent que lors des évaluations, au moment même où ils devraient valoriser le lieu d’enseignement.

    Pour le reste, c’est bien parce que le journal officiel est le seul à imposer ses responsabilités dans tout ce système, que le glissement de sens “élève/enfant” a été appliqué à la lettre en grande majorité dans tous nos établissements et que lorsque l’on tente une initiative bien locale, on se trouve invariablement ramenés, par la même argumentation “institution républicaine”que vous développez, au journal officiel, fondement, bible de décision de la hyérarchie des établissements.

    Oui, en théorie on peut parler de Ferry et des autres, mais en pratique on vous dit “ah, là monsieur vous déclenchez une révolution parce que vous n’appliquez pas à la lettre les prophéties bibliques du journal officiel ! Et moi qui suis carieriste je vais vous mettre dedans !”

    Moi, monsieur, je vis au jour le jour la terrible réalité qui se cache derrière ce discours républicain “d’égalité pour tous” alors même que des gens se débrouillent pour que des initiatives locales, gratuites et efficaces froissent le plus grand nombre de personnes en haut lieu.
    Aussi vous m’excuserez, si ma malhonnetteté intellectuelle réduit un peu ce discours et donne un peu plus de champ libre à une amélioration de la réalité scolaire !

  28. Enfant Terrible says:

    Ceci dit Krysztoff, je trouve votre dernier post particulièrement interessant ! 🙂

  29. Krysztoff says:

    @ Enfant terrible

    Oui, vous avez sûrement raison. Mais la dérive ne date pas d’un siècle mais plutôt, je dirais, d’une petite vingtaine d’années (oserais-je dire depuis 1998 et un certain Jospin ministre de l’EN). Et le JO ainsi que toute la structure hiérarchique est justement le bras armé d’idéologues qui ont petit à petit vidé l’école de ses principes républicains en même temps qu’ils vidaient de l’esprit des futurs enseignants ces mêmes principes dans la machine à produire des enseignants qui n’enseignent plus rien que sont les IUFM. Ce qui conduit effectivement à voir émerger des idées comme celle de Garbun, ce qui conduit également à l’explosion des cours particuliers en dehors de l’institution scolaire. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage…

    Fondamentalement, je crois que nous pourrions nous retrouver autour d’un combat commun, améliorer la réalité scolaire.

  30. Garbun says:

    Heureux de voir que cette discussion anime les coeurs.

    Alors pour clarifier mon point de vue, je parlais initialement des universités (“46% des étudiants qui s’inscrivent en classe littéraire ont arrêté au bout d’un an”), et j’ai ensuite dérivé sur la primaire et le secondaire qui, s’ils sont loins d’être parfaits, sont plus délicats à réformer pour les raisons que tu levais, Krysztoff. (note : je vous invite tous à vous tutoyer, c’est plus simple, on fini souvent par faire un mix et on s’emmèle rapidement après).

    Mais au sujet de ces dernières, c’était le contenu des cours que je critiquais et non le fait que l’école soit obligatoire. Je pense en effet que, de la même façon qu’il est normal de fixer des limites à son enfant pour qu’il ait des repères et éviter qu’il devienne capricieux, il est probablement plus intelligent que l’école reste obligatoire (jusqu’à quel âge, c’est encore un autre sujet, mais au moins dans les premières années).

    En tant que libéral, on pourrait s’étonner que je ne dise pas “c’est aux parents de décider si leurs enfants doivent aller à l’école”, mais trop de parents ne savent pas se faire respecter et n’arriveraient pas les y forcer alors que ça me semble capital.

    “Comment se fait-il que nous tous débattons avec intelligence et esprit sur ce blog et ailleurs alors même que nous sommes de purs produits de ce système”

    Le fait que certaines personnes soient intelligentes à la sortie ne prouve pas que ce système est bon, puisque nous n’avons pas d’autre point de comparaison que le notre, peut-être serions nous encore bien plus intelligents (ou plus épanoui, plus curieux, etc.) si le système avait été différent. De même : ceux qui ont bien vécu leur scolarité l’auraient sûrement adorée si elle avait été mieux conçue.

    Je ne veux en aucun cas supprimer l’enseignement, en revanche j’affirme qu’il faut sérieusement le remodeler, en finir avec ces schémas figés et convenus des filières “scientifiques”, “littéraires” ou “techniques”, car ils seront obligatoirement frustrant à un moment ou à un autre (par quel miracle est-ce qu’un étudiant aura pile toute les matières qui lui conviennent, et surtout avec le nombre d’heures approprié pour lui?).

    Ensuite je ne dis pas que tous les professeurs sont mauvais (en généralisant on se plante 99% du temps), mais il y en a certains qui le sont, j’ai par exemple toujours eu des professeurs d’italiens très mauvais, j’appréciais pourtant la langue, ce qui fait que j’ai eu 7 au bac en italien, alors que j’ai eu 15 en anglais.

    Là, il est important de trouver une solution. Par exemple au collège et lycée on pourrait donner les cours de chaque matière sur support audiovisuel aux élèves, ils pourront ainsi choisir de travailler chez eux ou à l’école, puis, si un élève a une mauvaise note à un examen, on l’obligera à venir en cours jusqu’au prochain test. Ainsi, ceux qui veulent rester chez eux auront tout intérêt à travailler. C’est une façon efficace de motiver les jeunes tout en leur laissant un choix.

    Bien sûr pour ceux qui préfèrent rester en cours pour l’aspect social bien qu’ayant de bonnes notes, libre à eux.

    “Pourquoi pensez-vous qu’il y a un Temps Scolaire (comme il y a un Temps de Travail)? Parce qu’il y a un temps pour apprendre, un temps pour se divertir, un temps pour travailler et même un temps pour dormir…”

    C’est un problème reglé par la solution précédente, laquelle a le chic de résoudre par la même occasion le problème que le “Temps scolaire” dont vous parlez est aujourd’hui fixe alors que chaque élève apprend à une vitesse différente.

    Sinon, pour Enfant terrible :

    “L’un nous dit qu’il faut supprimer toute responsabilité et se met 20/20 de surcroit.Tout cela au risque de n’avoir que des spécialistes incapables de sauver la vie de quelqun de leur entourage.”

    Je vois mal comment on peut déduire ça de mes propos, qui tendraient plutôt d’après moi à engendrer l’exact opposé. Pourrais-tu t’expliquer ?

  31. Marie-Noëlle says:

    Il faut revenir au système de l’école mutualiste qui a tant fait peur aux bourgeois du 19ème..et pour cause (révoltes ouvrières) et qui a conduit à l’enfermement des apprenants dans des écoles construites à l’image des prisons et des casernes : des salles d’enfermement et une cour de récréation pour se défouler.
    L’enfer est pavé de bonnes intentions.
    Un petit Gavroche connaissait ses humanités…s’il chantait c’est la faute à Voltaire…

    Il me semble que l’Internet correspond tout à fait à ce système. Une personne fait état de ses connaissances. ….Ceux qui ont compris l’expliquent à d’autres…..qui l’expliquent à d’autres…à chaque étape, celui qui a compris conforte ses connaissances en les transmettant…une tache d’huile ou plutôt une araignée!
    Une émission sur la 5 montrait très bien tout ce processus où dans le même mouvement, les dames patronesses isolaient les ménages en créant les foyers, sur le modèle bourgeois….Là aussi pour isoler les familles et les rendre plus vulnérables, car moins solidaires. Ces familles ont regardé le feu brûler dans le foyer de leur cheminée, plus tard leur télévision..grâce à l’internet, ces mêmes familles vont pouvoir recréer les liens de la solidarité. Il semblerait que ce mouvement ait commencé.

  32. Krysztoff says:

    Ok, c’est plus clair si l’on se concentre sur l’université. Mais encore une fois, il existe déjà des campus totalement virtuels où il n’y a aucune heure en présentiel, je parle en connaissance de cause pour suivre en ce moment même un DESS sur un tel campus. Et il y aurait là aussi beaucoup à dire, tant sur le niveau des cours, que sur le niveau des enseignants.

    Ok aussi pour décloisonner les filières.

    Ceci dit, si tu conserves les deux systèmes (tu dis que ceux qui veulent conserver l’aspect social pourront continuer à venir en cour), l’argument économique ne tient plus. Cela devient même beaucoup plus cher par élève présent!

  33. Garbun says:

    L’argument économique concernait l’enseignement supérieur. En ce qui concerne le reste, ça reviendrait effectivement plus cher par élève présent, mais moins cher sur la totalité.

    Les campus totalement virtuels existent mais sont encore bien trop rare et loin d’être parfaits.

    D’ailleurs tu pourrais nous parler de ton DESS ?

  34. Enfant Terrible says:

    @Garbun:
    “En effet pourquoi impose-t-on des matières bien précises en fonction des cursus? Pourquoi par exemple ai-je dû faire environ 300 heures de biologie lors de mes 2 dernières années de lycée sous pretexte que j’aimais les sciences plus que la littérature, alors que je savais pourtant que je n’en ferai pas mon métier ? Pourquoi n’ai-je pas eu le choix ? Pour ma culture générale ?”

    Ce passage de ta réflexion me semblait un peu confus, mais ce que tu as dis auparavant en a éclairci le sens. En fait il ne s’agissait pas à proprement parler de “culture générale” mais bien d’un décloisonnement des filières, comme Krysztoff je dis ok 🙂

  35. Enfant Terrible says:

    Sur l’aspect “lieu social” modulable, il faudrait faire un essai pour voir ce que cela peut donner. Car comme je l’ai précisé quelques mois auparavant, je travaille avec des collègues, sur l’insertion du handicap en milieu scolaire et cette proposition peut améliorer la brutalité du contact avec la classe, pour certains élèves qui ont beaucoup de mal à gérer ce contexte. Intéressant….

  36. Garbun says:

    Oui, pour les handicapés ça pourrait être aussi un gros soulagement. Je suis sûr qu’on peut encore trouver un bon nombre de points positifs du même genre. C’est ce qu’il se passe en général quand on débloque et qu’on libère les choses, ça peut avoir des aspects négatifs, mais qui sont largement compensés par le fait que chacun peut enfin faire selon ce qui l’arrange le plus.

  37. Enfant Terrible says:

    “cette proposition peut améliorer la brutalité du contact avec la classe, pour certains élèves qui ont beaucoup de mal à gérer ce contexte.”
    Attention, j’espère qu’il aura bien été compris que dans “certains élèves” je parlais aussi des élèves de la classe d’accueil. Sinon, pour des raison évidentes , il fallait que je le précise.

  38. Garbun says:

    Je ne sais pas combien de gens ont suivi cette discussion, mais pour ceux qui l’ont fait, n’hésitez pas à donner votre avis, critiquer, apporter des idées, etc. C’est aussi pour en évaluer les failles et l’améliorer que j’expose ici ce projet.

  39. Sylvain est interessé, mais il a perdu sa connexion depuis une semaine, il squatte chez un familier, je pense qu’il se manifestera quand cela remarchera, il serait très utile.

  40. Garbun says:

    Je lui ai envoyé un mail hier soir.

  41. Tataiza says:

    Je suis désolée chers vous tous, la discussion m’intéresse au plus haut point, et j’aurais bien des choses à dire mais je ne suis pas dispo en ce moment.. hélas !

    En deux mots :
    Il existe bien des experiences de formation à distance et depuis longtemps. Effectivement, ton idée est nouvelle sur l’accessibilité, car bon nombre de ces expériences sont payantes et fermées.

    Par contre il existe aussi tout le savoir nécessaire à dispo. Quelle valur ajoutée de ton système puisque tu mets en avant la capacité des élèves à travailler suels, ce qui, comme quelqu’un le remarque plus haut, peut être fait sans support spécifique… avec les ressources seules d’internet. Il suffirait d’apprendre à les trier… tiens !!!! mot clé. Qui peut apprendre ça aux étudiants ??? (ce qui reste le plus intéressant) : le pédagogue.

    C’est ce qui manque à mon avis à ton idée. la place du pédagogue et surtout : sa stratégie.

    J’ai personnellement mené quelques actions de FOAD…. j’y ai beuacoup appris. Schématiquement, de façon très très grossière, la clé de la réussite se trouve selon moi (et selon beaucoup d’auterus) dans le tutorat. C à d que le “Savoir” (les cours, si brillants soient ils) ne vaut que tripette si les étudiants ne sont pas, au moins, stimulés et encouragés à apprendre à réfléchir.

    J’ai compris cependant que la “stratégie” (la pédagogie de la FOAD en fait) pouvait quand même être anticipée, pensée en fonction de l’outil…. mais rien pour l’instant en remplace la subtilité de l’intervention du pédagogue à des moements clés (à mon avis).

    Concrêtement, ça nous coute plus cher que de faire du présentiel, à qualité équivalente, ene temps de travail de l’ingénieur de formation et du formateur.

    ça pose donc quelques questions de faisabilité économique.

    Autre chose : comme le dit Henri, il nous faut pas sous estimer la solitude de l’étudiant lambda devant l’écran. Malgré tous nos efforts, le taux d’abandons est énorme.

    Enfin : si cette action d’individualisation, d’adaptation n’est pas pensée… alors seuls les meilleurs ont une chance avec ton système. C’est déjà assez vrai à l’université… mais là…. je ne vois aucune voie pour donner une chance aux moins bien barrés.

    Bon, c’est bref, mais on en reparle … à plus !

  42. Tataiza says:

    désolée pour les fautes, je fais trop vite….

  43. Garbun says:

    Je vais encore battre mon record de longueur, mais ça va être funky :

    @Iza : Il est vrai que beaucoup de savoir est déjà disponible sur le net, mais comme tu l’as dit encore faut-il le trouver, et je doute que l’on trouve tout sur tout (à fortifiori si l’on recherche des cours bien faits). Le principal problème restant la question du diplôme, car à moins que les entreprises mettent en place elles-même des tests qui remplaceraient les diplômes*, trouver un travail en disant “j’ai appris sur le net tel domaine” me semble improbable…

    *Ce doit être faisable mais un test réussi chez une première entreprise pourra n’avoir aucune valeur pour seconde. Donc le “tampon” d’une école (qui doit maintenant sa réputation) me semble la meilleure solution.

    Il est vrai aussi que je n’ai pas parlé de la place du pédagogue, mais c’est parce que je m’imagine des cours qui seraient vraiment ludiques, efficaces et faciles de compréhension, je pense par exemple au programme télévisé pour petits que vous connaissez sûrement, j’ai nommé “La vie”, ce dessin animé qui doit avoir 20 ans, qui parlait de la biologie et de l’histoire, et qui était si instructif et intéressant.

    Je te suis totalement sur le fait que la principale utilité du pédagogue est de donner envie, j’ajouterai qu’il doit aussi faire en sorte que l’élève ait confiance en son potentiel. Ce devrait être la mission premiere de tout instit/prof. Personnellement, pour avoir fait du tutorat en lycée, je sais qu’un élève qui n’est pas motivé n’avancera jamais, pas plus qu’un élève motivé mais qui ne croit pas en lui.

    Ces 2 éléments peuvent être rattrapés, plus ou moins facilement, à tout moment de la scolarité, le plus tôt étant le mieux, et donc, proposer des cours nouveaux, qui font envie (chaque matière peut être passionnante) et accessibles de chez eux, avec la possibilité de dialoguer sur le net avec les autres élèves pour s’entraider, serait une des solutions au problème de la motivation.

    En ce qui concerne la confiance, elle peut revenir d’elle-même si l’élève a des meilleures notes grace à la méthode précédente, et sinon on peut toujours proposer des aides, que ce soit sur le net ou dans leur établissement. Je pense d’ailleurs que les élèves plus agés se feraient une joie d’aider leurs cadets si besoin est.

    Une telle entraide est très difficile actuellement puisque chacun est enfermé toute la journée dans des salles de classes, et que quand ils rentrent chez eux ils n’ont pas forcément envie de se plonger dans les cours. Mais si les élèves en apprenaient une partie chez eux, ils créeraient rapidement un réseau sur lequel ils échangeraient constament (et pas seulement avec ceux de leur classe). Ce retrait partiel entrainerait donc en réalité une socialisation plus grande. Nous avons eu une discussion sur ce sujet ici il y a peu de temps (à propos de l’individualisme et d’internet).

    Pour illustrer ce phénomène, voici un exemple que j’ai vécu plusieurs fois : il arrivait qu’en fin d’année scolaire certains professeurs avaient accumulé un retard sur le programme. Ils nous donnaient alors des polycopiés des cours que nous aurions dû voir en classe pour que nous les potassions tous seuls. La plupart du temps, et bien que nous ayions des journées chargées, nous nous regroupions dans des salles d’études et nous penchions ensemble sur ces cours. Je me souviens bien de ces moments car c’étaient les rares ou il y avait un réel échange entre nous par rapport au contenu des matières. Et chacun expliquait à celui qui avait mal compris (pour l’aider et pour mieux assimiler lui-même, comme l’explique Marie-Noëlle).

    Nous apprenions beaucoup plus vite que lorsque ces cours nous étaient dictés (c’est en effet une méthode très peu efficace, les élèves se mettant généralement en mode “passif” dans ces moments là : combien de fois me suis-je retrouvé au bout de 2 heures de copiage à ne pas savoir de quoi parlait le cours que je venais de copier…). On pouvait ainsi apprendre l’équivalent de 2 ou 3 heures de cours en une seule heure “collective” (et je n’exagère pas). Les rares questions qui restaient sans réponses étaient posées au professeur le lendemain, ce qui ne prenait pas plus de quelques minutes (et qui peut sans problème être fait sur le net).

    “si cette action d’individualisation, d’adaptation n’est pas pensée… alors seuls les meilleurs ont une chance avec ton système. C’est déjà assez vrai à l’université… mais là…. je ne vois aucune voie pour donner une chance aux moins bien barrés.”

    Comme je le disais, chacun aidait automatiquement ceux qui ne comprenaient pas, et à ce sujet, voici plusieurs points intéressants que l’on a tous pu observer à plusieurs reprises :

    – Un élève comprend bien plus vite une chose quand c’est quelqu’un du même âge qui lui explique.

    – Ce ne sont pas forcément ceux qui avaient les meilleures note qui étaient les plus “utiles” dans ces moments. Petite anecdote troublante mais pas illogique : un élève qui était dans la moyenne basse de la classe s’est avéré comprendre bien plus vite que les autres et aidait parfois les premiers, je me souviens l’avoir entendu dire “en fait c’est facile les cours quand on regarde bien”; l’année suivante, en terminale, il avait une bien meilleure moyenne que l’année d’avant…

    – Certains élèves que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre ou de cotoyer finissaient par se mêler aux autres et à poser des questions. Chose qu’il n’avaient jamais osé fait en classe par peur du ridicule (quelquefois à raison, certains professeurs pouvant se montrer très “directs”, pour ne pas dire autre chose. Ils sont une minorité heureusement, mais qui suffit à creer un blocage terrible chez des jeunes fragiles).

    Conclusion, pour paraphraser Krysztoff, oui je pense réellement que ce système est “absurde, castrateur, enfermant, contraignant” et qu’il est important de proposer une alternative, d’autant plus qu’elle me semble assez simple à mettre en place.

  44. Marie-Alix says:

    Et bien, il ne faut pas s’absenter quelques jours …. !!!

    Je reviendrai juste sur quelques points (pardon, je sélectionne)

    Sur la réputation des profs : Je crains que ce soit inhérent à leur statut. Le milieu universitaire n’est pas joli-joli… Petite guerre en fait. Un ATER n’est pas maitre de conf’ qui n’est pas professeur.
    La réputation est essentielle, on ne suit pas un cours d’histoire du droit, on suit le cours de X…
    Il faudra tenir compte de celà pour des versions en ligne dans différents aspects : Qui pour faire les cours ? Qui pour les suivre ?

    Sur le décloisonnement : Je ne sais pas par où il faudrait commencer. Faire accepter aux entreprises, aux organisateurs de concours que l’on peut avoir suivi des matières choisies et être compétent pour un poste ou commencer à décloissonner les matières, les filières…
    Je continue avec mon exemple “fac de droit” (pardon) : Si on laisse les étudiants libres de choisir leur matière, certains ne pourront pas passer le CAPA (avocat) puisque ce concours impose certaines matières, le choix sera-t-il vraiment libre ?

    Affaire à suivre.

  45. Tataiza says:

    en passant, deux trois choses.

    “un élève qui n’est pas motivé n’avancera jamais, pas plus qu’un élève motivé mais qui ne croit pas en lui. Ces 2 éléments peuvent être rattrapés, plus ou moins facilement, à tout moment de la scolarité, le plus tôt étant le mieux, et donc, proposer des cours nouveaux, qui font envie (chaque matière peut être passionnante) et accessibles de chez eux,”

    C’est marrant, je serais presque tentée de faire une grossière analogie mais… tu sembles penser qu’une amélioration qualitative de l’offre éducative pourrait changer la donne… je pense au contraire qu’il faut soigner, réparer, développer la “demande”. C’est à dire faire en sorte de développer, la curiosité, l’autonomie, l’esprit critique, et bien d’autres choses encore..; chez l’élève.
    Ceci est pour moins presque indépendant de la connaissance qui, je le redis, est massivement disponible un peu partout. Certes, il faut la trier, discriminer, hierarchiser, vérifier….c’est précisément ça que je propose de faire. Mais c’est difficile en self service, ça suppose des stratégies pédagogiques complexes… du temps de présence… et donc des sous.

    OK pour l’argument “tampon”, diplôme… ça reste une question importante, d’autant qu”on ne peut pas faire l’économie d’une réflexion sur les systèmes d’évaluation : notes, examens…. je les trouve personnellement archaïques aussi.
    Comment donc “labelliser” un cursus, valider des compétences ???? il y a eu beaucoup d’évolutions ces dernières années : la VAE, la renovation de certains diplômes … la logique utilisée est peu connue mais déjà assez révolutionnaire; il faut sans doute creuser ces idées… ancrer les propositions “révolutionnaires” à ces wagons là…

    “ces cours nous étaient dictés (c’est en effet une méthode très peu efficace, les élèves se mettant généralement en mode “passif””
    C’est bien ce qu’il y a de pire à mon avis. Mais il y a en présentiel des choses bien meilleures. Si c’est pour faire du cours magistral, tu as raison, je n’ai plus aucune objection, l’outil à distance est très performant, et bien meilleur sans doute. Mais quand on ne fait pas du cours magistral… c’est plus compliqué à penser…

    Tutorat par les pairs, réseau : là, tu tiens à mon avis l’idée force (d’ailleurs, c’est un peu l’idée d’Ayerdhal dans la fameuse nouvelle). On est en plein dans ce que nous rêvons.. c’est ça qu’il faut mettre en place, plus encore qu’un nouveau système diplômant.

    Imaginer quelque chose de vraiment novateur mixant ces différents éléments… pourquoi pas ?? mais il faut travailler beaucoup, beaucoup plus. C’est un sujet complexe et, je le répète, en expérimentant, on découvre de drôles de choses.

    Nous sommes nombreux à travailler depuis un certain temps sur ces thèmes… et on est pas rendus…

  46. Cela devient bordélique tout ça, de l’énergie se perd !
    De quoi parle-t-on ? Cursus plus ou moins universitaire ou plus tot ?
    Parle-t-on de connaissances pour s’enrichir en tant qu’humain ou pour s’enrichir tout court ?
    Les professions doivent dicter la formation ou le contraire ? Transposer les cursus existant sur Internet ou faire table rase ? Les problèmes de motivations ne sont pas les mêmes pour un adulte confirmé ou un jeune étudiant.

  47. Garbun says:

    Encore un pavé, mais on se servira de ces messages par la suite dans une page wiki comme ç’a été proposé, donc je vais développer un brin.

    @Iza : Merci pour tes remarques, ce post devrait y répondre.

    @Henri : Effectivement il faut clarifier tout ça. Mon message n’était au départ pas prévu pour entraîner une telle série de posts donc j’avais tout englobé. On parle donc du système éducatif dans son ensemble. Je suis d’accord que pour que tout devienne limpide il faudra faire 2 parties distinctes (pré et post-bac, en admettant que le bac s’avère être une bonne chose, ce qui reste à prouver; c’est une question qui se résoudra au fil des discussions).

    Mais pour faire simple : mon “projet” ne concerne que la partie post-bac, il représente une solution de formation qui vient simplement s’ajouter à celles déjà existantes. Les propos qui touchent au pré-bac en revanche sont plutôt une critique de l’école contemporaine, une discussion sur comment pourrait fonctionner un système scolaire qui soit le plus efficace et intelligent possible. C’est au moins aussi important que le post-bac mais c’est bien plus compliqué à mettre en place puisqu’il faudrait alors tout remodeler.

    “Parle-t-on de connaissances pour s’enrichir en tant qu’humain ou pour s’enrichir tout court ?”

    Ce problème concerne principalement la période pré-bac donc je vais me focaliser sur celle-ci. Avant de répondre, un constat : l’école actuelle n’est de toute évidence pas faite pour s’enrichir en tant qu’humain, sinon elle développerait – comme le dit Iza – la curiosité, l’esprit critique, et l’autonomie. Elle n’est pas non plus faite pour s’enrichir “tout court” puisque quelqu’un qui n’a que le bac ne trouvera pratiquement aucun travail. On pourra me répondre ici que le bac sert à rentrer dans des formations supérieures qui elles permettent de trouver un emploi, mais combien de matières vues au lycée seront réellement utiles pour ces études? Ce fonctionnement est manifestement bancale car l’utilité des cours dans ces conditions est pour le moins difficile à cerner.

    Notre reflexion doit donc partir de zéro, et à la question “l’école doit elle procèder au développement personnel des élèves ou doit-elle se contenter de transmettre des connaissances ?”, je répondrais qu’elle doit selon toute logique faire les deux, car à la limite un enfant qui a envie d’apprendre pourra normalement trouver n’importe quelle information par lui-même, notamment grâce au net; tandis que s’il n’a pas envie, comme je le disais, même en “l’enfermant” en classe, il n’apprendra pas grand chose. C’est pourquoi la notion de développement personnelle me semble même plus importante que l’autre.

    Pour aller plus loin, je pense que le meilleur moyen pour l’école de former des gens ouverts, curieux, motivés et épanouis, est de procèder en 3 temps, en le faisant de la manière la plus ludique possible et en leur expliquant toujours pourquoi on leur fait faire telle ou telle chose. Ces 3 temps correspondent grosso-modo aux 3 périodes scolaires (primaire/secondaire/supérieur) mais en sont très éloignés sur le fonctionnement général :

    1. Enseigner les fondamentaux (savoir lire, écrire, compter, et raisonner logiquement). Quand cela peut se faire, utiliser l’apprentissage par le jeu, c’est une méthode très efficace mais rarement appliquée (comme s’il fallait rester strict en toutes circonstances).

    2. Les rendre curieux sur le plus grand nombre de sujets possible (l’histoire, les cultures à travers le monde, les bases de la science, les différents métiers, etc). La meilleure façon d’y parvenir n’étant certainement pas de les forcer à apprendre sous la pression des contrôles, mais de leur faire aimer toutes ces choses via des documentaires par exemple, en leur montrant ce qu’elles ont de beau et d’intéressant, en leur expliquant aussi tout ce qu’elles impliquent, comment elles évoluent…

    Il est important de ne pas juger l’élève à ce moment là, il faut qu’il soit libéré de tout stress, il n’y aurait donc pas de note. Il faut que l’école soit un lieu de stimulation, non d’évaluation. J’en vois déjà certains me dire : “et comme ça ils travailleront encore moins que maintenant”. Faux, car ce ne sera plus tellement du travail, mais plutôt un façon d’appréhender les différents domaines et ainsi de permettre aux élèves de connaitre leurs goûts, pour par la suite apprendre “volontairement” ce dont ils veulent faire leur métier. De plus, bien que n’étant pas notés, ils apprendront peut-être plus de choses quand même, toujours pour cette raison que le plaisir est un bien meilleur vecteur de connaissances que la contrainte. Si vous avez un enfant qui aime le foot et qui connait tous les noms des joueurs des équipes de ligue 1, vous savez de quoi je parle (j’aurais aussi pu choisir les pokémons, pour les plus petits, ou les textes d’un quelconque jeune chanteur en vogue, pour les adolescentes en fleur).

    Je ne sais pas s’il est mieux de rendre ces enseignements obligatoires. Si on les impose, cela veut dire que l’on considère que la curiosité et la connaissance du monde sont des choses trop importantes pour que le choix de les aquérir ou non soit laissé aux parents et à leurs enfants. J’aurais envie de dire que les parents veulent tous la meilleure chose pour leurs enfants et donc qu’ils auront de toute façon tendance à les y inscrire, mais ça implique beaucoup de sous-conséquences. Vos opinions sont les bienvenues.

    Donc de 2 choses l’une :

    – Si cet enseignement est facultatif, alors il devient semblable à n’importe quel enseignement privé, en conséquence de quoi les écoles qui le proposent seront libres de le faire finaliser par un diplôme et d’en choisir le fonctionnement.

    – S’il est obligatoire par contre, en voici le fonctionnement (que j’avais déjà énoncé brièvement) :

    L’élève pourra choisir de suivre certains enseignements chez lui et d’autres en classe. Pour ceux suivis en classe il ne sera pas évalué, car encore une fois l’unique but est qu’il ait une vision globale d’un sujet, et on peut raisonnablement considérer que ce sera le cas pour un élève se trouvant dans la salle (je pourrai développer ce point dans un autre post ou sur la page wiki, car il est important). Et pour les enseignements qu’il aura choisi de suivre chez lui, il faudra bien qu’il prouve qu’il les a effectivement vus, ce qui peut être fait par un rapide examen (non noté, devant simplement permettre au professeur de juger si l’élève devra les revoir en classe). Bien sûr pour que ce système fonctionne il faut qu’un cours suivi à domicile ainsi que sa “vérification” de contrôle se fassent avant celui qui se déroulera en classe.

    3. Cette phase correspond à la période durant laquelle la personne pense avoir trouvé sa voie, ou tout du moins veut tenter le coup dans un certain domaine, en apprenant tout ce qui lui servira pour le métier ou secteur qu’elle s’est fixée. On rejoint ici le projet d’études “libres” dont je parlais, l’étudiant aura le choix entre un enseignement encadré comme ceux qui existent déjà, ou bien d’apprendre de lui-même via le net et de passer un diplôme qui devrait normalement être “labellisé” comme le sont ceux des écoles classiques, sachant que cette solution sera forcément bien moins couteuse. Il est également possible de faire un mix des deux si l’école le permet.

    Les phases 1 et 2 peuvent aisément se chevaucher. Pour la 3ème, elle pourrait se faire une fois la 2ème terminée, voire pendant celle-ci, pour peu que la 2ème n’ait pas de durée minimale obligatoire ou que cette durée soit déjà effectuée.

    Tiens, bah j’ai viré le bac…

  48. Enfant Terrible says:

    Désolé de ne pas être bref, mais c’est l’expérience qui veut cela 🙂

    Coder dans la génétique des cours ce que l’on veut développer nécessite d’avoir à la base une plus grande compréhension de l’organisation et de la restitution des connaissances (croisements de beaucoup de sciences). Ca, cela peut nous donner une avance extraordinaire sur un système qui se veut fixe. Je peux vous dire qu’à ce niveau, j’ai énormément travaillé sur le jeu d’échecs. Résultat : tous les élèves que j’ai eu ont passé leur bac avec mention.

    Comme Garbun je dis, Attention quand on parle de système d’évaluation, on parle aussi de celle qui se fait naturellement au sein d’un cours, repenser les interactions entre le professeur et l’étudiant c’est déjà repenser le système d’évaluation, y compris la manière d’insuffler la motivation manquante de celui que l’on enrichit de connaissances. Il ne faudrait pas invalider une nouvelle structure avec des arguments tirés d’une vision de l’ancienne. J’ai entendu parler dans différentes émissions, pour les meetics ou les sites de rencontre, d’investissement en sciences humaines. Vous connaissez tous le problème pour l’avoir évoqué ici : la psychologie du développement (et non pas le développement personnel) qui est à la croisée de beaucoup d’autres psychologies (pour n’évoquer qu’une seule science). Là où nous pouvons avoir une formidable avance sur les anciens systèmes, sera dans notre manière de concevoir les choses : exigerons-nous du personnel enseignant l’impossible ou bien retrouverons-nous les avantages d’un réseau de pensées, celui même qu’internet nous propose. Car c’est effectivement aux étudiants/élèves/formés de répondre aux sollicitations de restitution. Si nous voulons la faire à leur place j’ai bien peur que nous n’atteignions pas les objectifs que nous nous posons.
    Dans l’ancien système, les professeurs qui ont l’obligation d’interagir avec une trentaine d’élèves sont débordés et ne doivent (la devise de l’état : quand on ne peut pas, on ne doit pas !) se faire qu’une brève idée (appréciation) de chacun d’entre eux. Pour certains ils aimeraient en dire plus long que pour d’autres.
    La demande de personnel est devenue obligatoire. Nos ministres, qui voulaient faire des économies, avaient opté pour le « conseil de classe », organisation dans laquelle les professeurs croisent leurs idées au sujet de tel ou tel élève. Malheureusement nous savons tous que cela n’a jamais été le lieu de l’élaboration d’une meilleure motivation de l’élève, un avis général est donné, puis, basta. L’élève retrouve ses camarades pour leur dire qu’il s’en est plus ou moins bien tiré.

    En ce qui concerne la validation des compétences (et c’est là que je disais qu’on pouvait avoir une relation gagnant-gagnant par rapport au système traditionnaliste) la communication que l’on peut avoir avec l’entreprise est déterminante. Soit celle-ci juge que c’est un gain de nous communiquer les situations complexes qu’elle rencontre, pour un meilleur cadrage des connaissances de l’employé, soit elle pense le contraire. Il faut mettre en place un véritable « partenariat » (comme si nous sous traitions la valorisation du personnel) pour ceux qui connaissent les différents systèmes de management du personnel il y a là matière à faire un travail énorme. Travail qui, je le rappelle, n’a pas pu concrètement se faire dans les systèmes classiques faute de partenariat. De ce point de vue on doit aussi éduquer les DRH sur nos objectifs. Ainsi que les Conseils d’Administration et les actionnaires. Avons-nous aussi les connaissances du DRH ? Autre question à laquelle il nous faudra répondre si l’on veut pouvoir proposer quelque chose de mieux (faire comprendre les avantages)

    Sinon, pour le reste il ne s’agit, encore une fois, pas d’aller à l’encontre des lois de la communication. Cette communication impose certaines contraintes qui ne peuvent être réductibles sans tronquer le matériel que l’on met à la disposition de l’élève/étudiant/formé.
    C’est une loi naturelle inconditionnelle ! Avons-nous bien repérés tous les obstacles à la transmission des connaissances, dans le chaînage de la communication ? La neuropsychologie, née à la fin des années 60 à l’arrière d’un taxi New Yorkais n’a pas fini de se développer. D’autres données exploitables (autrement que comme le fait TF1) nous attendent sur ce projet passionnant…
    Donnons-nous les moyens de les intégrer. Apprenons, nous aussi…

  49. Tataiza says:

    “Soit celle-ci juge que c’est un gain de nous communiquer les situations complexes qu’elle rencontre, pour un meilleur cadrage des connaissances de l’employé, soit elle pense le contraire. Il faut mettre en place un véritable « partenariat » (comme si nous sous traitions la valorisation du personnel) pour ceux qui connaissent les différents systèmes de management du personnel il y a là matière à faire un travail énorme”

    Je parlais de rénovation des diplômes dans mon secteur (jeunesse et sports). Nous avons surtout des diplômes de niveau IV (bientôt III et II). Des stagiaires en formation initiale (qui nous viennent de l’école direct) et d’autres en formation professionnelle (adultes en formation).

    Les innovations vont tout à fait dans le sens que tu décris plus haut. Collaboration avec les professionnels, véritable pédagogie de l’alternance avec explicitation des situations complexes rencontrées sur le terrain pour construire les compétences, élaboration des contenus avec les pros ( en principe).

    Ce n’est pas la panacée mais c’est déjà pas mal..

    sinon, le dernier “sciences humaines” fait le point sur les pédas alternatives…. bien des trucs supers pensés il y a bien longtemps n’ont jamais été vraiment testés. ça vaut le coup d’y réfléchir…

    Sinon, pour Henri : “l’énergie se perd”
    au début de la discussion, je me suis dit ; pffuuuu, grosse fatigue !!! tout ça est si complexe… il y a tant de choses à dire, à préciser…. c’est déjà si difficile quand on ne fit que ça… à quoi sert d’en discuter ici avec (parfois) des néophytes..?…

    En fait, j’y prends goût à chaque fois… ça fait du bien de se forcer à formuler des évidences, ça oblige à se reposer des questions…

    Enfin, je parlais de l’acte éducatif en général. A tous les âges de la vie, je pense qu’on peut se poser les mêmes questions.

  50. Tataiza says:

    C’est marrant, je voulais aller pécher le lien de sciences humaines et je tombe sur un dossier sur l’éducation :

    http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_dossier_web=22

  51. A ceux qui réfléchissent la dessus, une doc pus ou moins alternative:
    http://atheles.org/lyber_pdf/lyber_403.pdf

  52. ptitesouris says:

    Pédagogie – programmes – informatique

    Combien d’enseignants sont prêts à remettre en cause leur pédagogie, à s’investir dans de nouveaux modes d’apprentissage, à mettre leurs cours en ligne, à contester le contenu opaque des programmes officiels, même si ils sont nombreux à douter ?
    Quelques enseignants (qui bénéficient d’une liberté accordée par des chefs d’établissement ouverts) tentent et réussissent à innover de nouvelles manières d’enseigner, principalement pour s’adapter aux nouveaux profils (de plus en plus hétérogènes) des enfants ou des jeunes “élèves” et avec le souci principal de favoriser la réussite* pour tous (*qu’est-ce que “réussir” ? assimilation des programmes ? bonnes notes ?… ). Et les résultats sont là, surtout grâce à la motivation créée, même s’il subsiste toujours des échecs pour d’autres raisons (là, ce sont encore d’autres moyens à mettre en œuvre, peut-être aussi en direction et avec les parents).
    Pour qu’un apprenant s’intéresse à un sujet, (je dirais au moins jusqu’à Bac +2), il doit d’abord y trouver du plaisir avant de l’intérêt (comme pour faire un gâteau : il ne suffit pas de prendre son pied à le faire, il faut aussi pouvoir le déguster !). Car nos chères têtes blondes, rousses et brunes, formatés par la société de consommation qui les place sur un piedestal, exigent d’abord du plaisir immédiat. Mais dans l’enseignement comme pour faire le gâteau, on peut associer la difficulté au plaisir : il faut aussi savoir chercher les ingrédients et les ustensiles par soi-même, y trouver un peu de nouveauté (dur d’apprendre à casser un œuf !), trouver le truc pour bien mélanger, faire plusieurs choses en même temps (allumer le four, faire fondre le beurre…), et sans oublier les contraintes moins plaisantes (ranger les ingrédients, laver les ustensiles, surveiller la cuisson…). Introduire le ludique est devenu une nécessité, mais pour donner le goût d’apprendre, il n’y a pas que ça : créer des objectifs, éveiller et développer des passions, respecter les individualités… Et il faut distinguer l’école maternelle, du primaire, du collège, du lycée, de l’université, des écoles supérieures, etc.
    Quant à l’enseignement virtuel, pour y avoir participé, ce n’est pas chose facile, même si cela est réalisable. Il y a de nombreux profils d’apprenants, certains s’y plaisent, d’autres ont besoin du groupe. Les moyens pédagogiques doivent convenir à tous les esprits. Les cours doivent être accompagnés de tests de démarrage pour définir les parcours, suivis d’entraînements, d’exercices de vérification des acquis, des corrections et des appréciations, de possibilités d’aller plus loin, et doivent permettre à chacun d’avancer à son rythme et en fonction de ses aptitudes. Sans parler des ouvertures à créer sur les autres enseignements. L’enseignement à distance exige une interactivité permanente. C’est réalisable, ça marche, autant pour l’enseignement général que pour la formation continue. Mais que de temps, donc d’argent, à y consacrer. Et reste le problème de la rémunération de ce temps, du plagiat, de l’évolution nécessaire des contenus et des méthodes, de la sanction par les diplômes…
    Des moyens informatiques sont mis à la disposition des établissements ou des élèves de secondaire (par qq conseils généraux), mais sont insuffisamment exploités, soit par manque d’investissement de l’outil par les enseignants, soit par manque de temps pour refondre les méthodes pédagogiques, et en tout cas, restent des cas individuels et éparpillés sur le territoire. Il existe donc des expériences et des projets intéressants, mais très peu d’officiels de l’EN s’y intéressent (et même, de quel pouvoir disposent-ils pour faire bouger les choses ?). Par contre, tant qu’il y aura des inspecteurs “d’académie” plus soucieux de vérifier l’application des textes officiels que de la réussite pour tous, rien ne changera. Et tant que les IUFM continueront à ne pas mieux sélectionner et former les vrais futurs enseignants et ne changeront pas eux non plus leurs programmes… Tant que des politiciens ne proposeront comme solution de se retourner sur le passé…
    Je dirais pour conclure qu’avant de penser à virtualiser l’enseignement, il faudrait déjà changer les mentalités des enseignants et des parents. Un autre enjeu ? A eux d’exiger. Et de s’investir.
    PS : un site canadien intéressant sur les pédagogies (il y a encore de quoi innover !) : http://www.pedagonet.com/other/franciweb.htm

  53. Enfant Terrible says:

    ALERTE!!:
    Il est urgent, pour le sérieux de l’entreprise wikipédia de contribuer à l’article “enseignement”.
    Je bosses déjà sur un article que j’intitulerai
    “instituer|éduquer|instruire|enseigner: une brève histoire de l’enseignement”
    il s’agira de remetre un peu d’ordre dans la confusion…

  54. Il va falloir qu’on se mette au wiki… je manque de temps en ce moment !
    J’essaie d’ouvrir ça au plus vite.

  55. Garbun says:

    Je m’attaquerai à la partie pratique, en reprenant tout ce que j’avais cité et en le développant dans le détail. Tout le monde est bien sûr invité à participer.

    L’idée telle que je la conçois, puisque visiblement il y a des problèmes législatifs, serait que l’on arrive à monter un dossier suffisamment pertinent pour que tout chef d’Etat à qui on l’aurait présenté et qui refuserait de le lancer – ou de faire en sorte qu’il puisse l’être – soit critiqué par suffisament de monde pour que ça finisse par se débloquer.

    Il me semble qu’une telle chose est possible, si ce n’est pas maintenant ce sera probablement dans un futur proche, auquel cas le projet sera tout prêt et pourra accélèrer les choses.

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