C’est possible mais pour s’en convaincre il faut faire un détour par Rajsamadhiya, province de Gujarat, en Inde. Dans ce village, il pleut beaucoup lors des moussons, malheureusement la plupart de cette eau s’évapore avant d’atteindre les rivières.

Pour irriguer leurs champs, les paysans pompent l’eau des nappes phréatiques. Chaque année, leurs petits moteurs électriques, souvent financés par les organisations internationales et gouvernementales, ramènent à la surface deux fois plus d’eau qu’il n’en tombe sur les terrains. En conséquence, les nappes s’épuisent peu à peu. D’ici une dizaine d’années, beaucoup risquent de se retrouver asséchées.

Partout en Inde, dans des villages comme Rajsamadhiya, plus de 21 millions de paysans puisent l’eau des réserves fossiles vieilles de plusieurs millénaires. La catastrophe humanitaire semble inévitable. Les paysans sont en train d’hypothéquer l’avenir de leurs enfants, sinon le leur.

D’après certaines estimations, un dixième de l’agriculture mondiale dépend de l’eau pompée en sous-sol et non renouvelée par les pluies. Sans le savoir, les pays riches importent des produits cultivés à l’aide des réserves fossiles – coton du Pakistan, riz de Thaïlande, tomates d’Israël, sucre d’Australie. (source New Scientist)

Nous devons réagir, d’autant plus que cette situation se répète partout dans le monde. Mais qui est ce « nous » souvent invoqué ? Vous, moi, nos gouvernements, l’ONU ? Nous tous sans aucun doute mais, parmi nous, certains sont plus compétents que d’autres, je pense aux habitants de Rajsamadhiya eux-mêmes.

L’émergence du cinquième pouvoir

Alors que le gouvernement indien semblait impuissant, incapable de contrôler les ventes de pompes électriques ou imaginant d’invraisemblables titanesques projets d’irrigation, distribuant en attendant l’eau par camion citerne, Haradevsinh Hadeja, un policier à la retraire, trouva à la fin des années 1990 une solution : capturer l’eau de la mousson.

Il imagina un réseau de mares se déversant les unes dans les autres pour ralentir l’écoulement de l’eau de pluie, la laissant pénétrer le sol et remplir les puits. Avec l’aide de photos satellites fournies par un scientifique, il repéra des fissures par lesquelles l’eau s’échappait et les colmata avec du béton. Depuis, le village de Rajsamadhiya est devenu l’un des plus verdoyants d’Inde et les pompes électriques n’y ont plus d’utilité.

Un seul homme, volontaire, courageux, qui sut motiver ses concitoyens, résolut un problème face auquel le gouvernement était impuissant. Plutôt que d’attendre une solution hypothétique venant d’en haut, il rassembla les forces locales et, avec l’inventivité de tous, la collaboration de tous, en s’appuyant sur l’intelligence collective, il sauva son village et peut-être le monde.

Aujourd’hui, la méthode imaginée par Haradevsinh Hadeja fait des émules. Elle se propage de village en village, en Inde, mais aussi par delà les frontières, gagnant l’Afrique notamment. Par devers les pouvoirs locaux comme gouvernementaux, le peuple prend son destin en main et résout les problèmes que les organisations hiérarchisées sont incapables de considérer avec pragmatisme.

Voici le cinquième pouvoir en action. Il naît en local avant de se généraliser de proche en proche. Internet lui donne des moyens de communiquer et d’échanger, il lui donne les moyens de passer de l’échelle locale à l’échelle globale. Par le passé, ces processus étaient longs et aléatoires. S’ils restent toujours incertains, leurs chances de succès viennent d’être démultipliées.

De l’eau à la politique

À l’époque des réseaux, quand une solution marche, elle se propage de proche en proche. Elle n’a pas besoin d’être émise par le haut, diffusée par les médias dominants et appuyée par le pouvoir en place. Elle passe de personne à personne, de main en main, d’oreille à oreille. La solution peut être purement pratique comme celle imaginée en Inde pour juguler la crise de l’eau mais elle peut aussi être d’ordre politique.

En France, François Bayrou était un outsider insignifiant jusqu’à ce que, en septembre 2006, il s’en prenne aux médias et à leur volonté d’imposer le duel Ségo-Sarko à la présidentielle 2007. Tout comme Haradevsinh Hadeja en Inde, il sema alors une graine dans quelques esprits, notamment chez quelques internautes qui s’empressèrent de le soutenir.

La graine germa, prospéra, donna naissance à de belles plantations. Dans les cafés, on commença à se dire : « Et s’il n’y avait pas que Ségo et Sarko ? Et s’il y avait une autre possibilité ? »

Après tout, l’UMP est au pouvoir, Sarko est au pouvoir et il ne fait pas des miracles en ce moment. Beaucoup de gens de droite, libéraux dans l’âme, n’aiment pas Sarko qui prône le libéralisme économique d’une main et l’État policier de l’autre, deux politiques dans une large mesure inconciliables.

De son côté, Ségo après des mois de débats participatifs a accouché du même programme que Lionel Jospin en 2002, concession évidente aux traditionnalistes du PS, mêmes traditionnalistes qui ont tenu le pouvoir il n’y a pas si longtemps sans faire de miracles.

Donc, peu à peu, l’idée qu’il serait temps d’essayer autre chose a germé dans l’esprit des Français et François Bayrou est venu naturellement incarner le renouveau enfin possible. En prônant l’union nationale, il veut réconcilier les deux France, celle de gauche et celle de droite.

Cette idée il ne l’a pas imposée, il l’a juste semée. Le cinquième pouvoir s’en est emparé, il l’a diffusée lentement. Aujourd’hui, elle remonte par percolation comme l’eau dans une cafetière, elle finit par atteindre la surface, et les Ségo-Sarko comme les médias ne peuvent plus l’ignorer. Alors ils la répètent, la consolident. Mais elle n’est pas née grâce à eux, elle n’a pas été calculée par eux mais par le cinquième pouvoir lui-même.

Chacun de nous a ainsi un pouvoir immense : celui d’influencer ses amis… amis qui grâce à internet peuvent se trouver à l’autre bout du monde, amis que nous n’avons même pas besoin de connaître. Tout commence au niveau local, tout commence par un ancrage profond. Sur ce substrat solide, à partir d’une multitude de ports d’attache, le buzz va se nourrir. Ainsi, le cinquième pouvoir ne décide pas du sort d’une élection mais il peut, à force d’échanges, faire émerger une tendance qui s’auto-renforce jusqu’à devenir effective.

Je crois que nous sommes en train d’assister à ce processus en France. Je crois que Bayrou, presque malgré lui, se retrouve peu à peu porté par une force née en profondeur, dans les nappes phréatiques les plus viscérales de la société.

Cette force est en train d’atteindre sa maturité. À François Bayrou de l’irriguer maintenant et de ne pas en décevoir les attentes comme vient de le faire Ségolène Royal avec la génération participation. Il y a du travail, un immense travail, à commencer par celui de proposer un vrai programme alternatif que nous attendons encore. Pour le moment, une dynamique positive est à l’œuvre. Il serait bête de ne pas le reconnaître, bête pour François Bayrou de ne pas voir le tas d’or sur lequel il est assis.

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48 comments

  1. Enfant Terrible says:

    Bon, ben…M.Bayrou,si vous entendez, venez commenter ici, au lieu d’être là-bas à compter les gros sous que Mme Royale et M.Sarkozy veulent dépenser à l’avenir.
    Montrez qu’internet ne vous est pas totalement inconnu.

    On vous y expliquera aussi que vous pourrez même avoir l’idée d’inviter dans votre région les sans logis qu’on est en train de mettre sur le dos de la légion étrangère pour préserver les caprices des propriétaires de Paris. Un coup d’éclat qui pourrait ne plus passer inaperçu (de la France qui attend bêtement, sinon des riverains).

  2. Enfant Terrible says:

    Commentaire lui aussi publié sur Agoravox 😉

  3. Garbun says:

    Et mettez en place l’école 2.0.

  4. Enfant Terrible says:

    …et tout un tas d’autres choses en passant par l’internet pour tous.
    Au fait Mister Garbun, ton projet avance?

  5. lény says:

    et bien désolé Thierry, suffit que je commente un truc (cf:post précédent) pour être contredit au post suivant… 🙂

  6. Marc says:

    Merci Thierry pour cet article que je trouve brillant … surtout la première partie.
    La transition de l’eau à la politique me laisse un peu plus sceptique même si le phénomène de propagation que tu décris est bien similaire dans les deux cas.
    Je m’explique: pour ce qui relève de l’eau et l’Inde il s’agit d’une idée qui s’est répandue parce qu’elle a prouvé son efficacité.
    Pour ce qui est de F. Bayrou il me semble que l’on est plus dans le buzz et dans un phénomène de mode viral… dailleurs tu le soulignes en fin d’article : “À François Bayrou de l’irriguer maintenant et de ne pas en décevoir les attentes” “Il y a du travail, un immense travail, à commencer par celui de proposer un vrai programme alternatif que nous attendons encore.”
    Lui n’a encore rien prouvé, je ne pense pas qu’il y ait cette force née en profondeur…
    La France a besoin d’un réel leadership politique, de rêve et d’idéal …

  7. Sarro Philippe says:

    Eh be moi, désolé, mais je me méfis de lui. Depuis 20 ans il a toujours voté du même coté, il a même été ministre de l’éducation je crois. Je pense que le 5ième pouvoir se fourvoie si il l’encourage. Ce n’est pas le bon cheval.
    Comme le dit Clémentine Autin, ce n’est pas Casimir de l’Ile aux enfants.

    A moins que vous voulez foutre vraiment la merde, pas sûr que ce soit la bonne méthode pour le 5ième pouvoir de s’imposer.

  8. Ce n’est pas un papier en faveur de Bayrou… juste pour attirer l’attention sur le fait que le buzz est en train de le faire et non pas les médias (qui s’y mettent maintenant). Ce qui se propage c’est l’idée du troisième homme par rejet des deux vedettes… il me semble. Moi, j’attends la suite, j’attends de voir maintenant… Et je me méfie de tous ceux qui aspirent au pouvoir.

  9. Jacques says:

    Tes propos sont intéressant. N’empêche que la tactique de Bayrou laisse à désirer et reprend de bonnes vieilles recettes du “cartel”.
    Pour te faire une idée je t’invite à regarder :
    http://elevonsledebat.blogspot.com/2007/02/franois-bayrou-est-il-de-droite-ou-que.html
    avec le commentaire de Pascal Lalmy
    A bientôt

  10. Marsattac says:

    Je crois que François Bayrou et Haradevsinh Hadeja ont en commun d’être deux hommes attentifs aux réalités locales. Ils commencent par observer, interroger, sonder les personnes confrontées à la difficulté. Puis ils prennent de la hauteur, images satellites pour l’un, réflexion historique pour l’autre, distance géographique – distance de l’histoire d’un peuple. Ils passent en quelque sorte du local au global puis du global au local. Mouvements d’allers-retours de la réflexion et en dialogue avec les gens au plus près du terrain.
    La ressource en eau, c’est le gaspillage de la ressource énergétique, ce sont les ressources financières mal orientées, les départs des innovateurs vers l’étranger. Bayrou peut colmater les fuites, réorienter la ressource vers les petites entreprises, inerver le système par plus de recherche et d’éducation. Mais cela ne se fera pas sans nous. Je ne crois pas à l’homme ou à la femme providentiel(le). Chacun(e) d’entre nous doit être responsable de sa mare et gérer à son tour la ressource au mieux de ses capacités et en tenant compte des besoins des générations futures (ses enfants, son association, sa commune…). Enfin, c’est mon point de vue.

  11. Anonymous says:

    Thierry, tu viens de découvrir que le processus créatif n’est que très rarement collaboratif et plus rarement encore imposé du sommet. Une idée, une création, naissent, plus souvent par accident que par méthode, dans un cerveau (qui a certes auparavant accumulé et combiné toutes sortes d’informations collectées à l’extérieur).

    L’idée ou, la création fait ensuite son chemin et, de proche en proche, se répand, parfois à la vitesse de l’éclair (si elle est soutenue par un appareil de promotion ou par les circonstances), parfois sur plusieurs générations.

    Je cherche en vain la nouveauté dans tout ça. Et encore plus le rapport avec François Bayrou.

    Celui-ci a habilement récupéré un désaveu et un dégoût des médias pré-existant et à peu près généralisé, selon une tactique de victimisation vieille comme Le Pen ou, plus encore comme Georges Marchais dans les années 70. Ça fonctionne exactement de la même manière. Ce que tu appelles le 5e pouvoir, dans ce cas précis, je l’appellerais plutôt l’opinion publique.

  12. José says:

    Désolé, Thierry, Anonymous c’est moi. Le commentaire est parti tout seul, avant même que je l’ai fini ou relu… Tant pis ;))

  13. La nouveauté, c’est en Inde pas du côté de Bayrou 🙂

    La nouveauté, c’est dans la vitesse de propagation, la capacité d’échanger, de travailler en open source… tout ce que nous permet de faire internet. Ça nous permet de généraliser jusqu’au global sans jamais passer par le haut et très vite.

    L’analogie avec Bayrou est que ça part du bas… surtout si tu compares à Ségo-Sarko.

  14. Bonjour,

    Ce courrier pour vous proposer de visiter ce nouveau blog :

    DIALOGUE CITOYEN http://dialogue-citoyen.blogspot.com/

    Un blog politique au concept totalement différent :

    • Un réel Dialogue Citoyen est mis en place, un espace ouvert à toutes les idées, argumentations et réfutations qui mènent à une réflexion commune.
    • La réponse aux messages est une synthèse élaborée à partir de la réflexion d’un ensemble de personnes engagées dans l’initiative Action Citoyen Libre.
    • Avant publication, le Comité de rédaction, composé d’une dizaine de personnes, donne son accord pour la Réponse-Synthèse.

    Je vous remercie.

    Jean-Paul OZANON

    PS : Merci pour vos propositions d’échange de liens.

  15. Enfant Terrible says:

    José je ne sais pas si c’est cette partie que tu voulais reprendre, mais je pense que le processus de création est bel et bien collaboratif… Mais dans la tête de celui qui crée. Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas la manière dont il met tous les éléments recueillis en collaboration qu’il n’y en a pas collaboration.
    Je suis pratiquement sur que dans ton esprit au moment où tu écrivais ce commentaire s’opposaient recherche/découverte. Cette recherche symbolisée par un ensemble organisé de chercheurs dont un financeur optimise les moyens ne doit pas faire écran sur ce qu’est la recherche elle-même.
    Pour l’histoire, je ne sais pas comment l’indien a convaincu d’autres personnes de combler avec lui les fissurres, mais il devait en avoir une idée très claire, idée qu’il a mis en pratique.

  16. gabrouze says:

    Votre tendance se confirme bien si l’on en juge l’interet des médias dis professionnels : à voir le candidatologue sur http://gabrouze.blogspot.com

  17. Enfant Terrible says:

    Cher M.Gabrouze, ma moralité au sujet de votre petite histoire drôle est:
    Le chef ne saura de toute manière jamais profiter des occasions qui s’offrent à lui puisqu’il ne sait pas ce qu’est un voeu.
    Pour ceux qui veulent savoir de quoi il s’agit regardez en dessous du candidatologue!

  18. Enfant Terrible says:

    Aujourd’hui pour créer un produit, il faut avoir une vue multidimensionnelle globale; vue totalement occultée par les chefs pour des raisons concurrentielles. Pour eux, il ne faut plus chercher celui qui sait faire, il faut chercher celui qui saura comment miniaturiser voire éliminer ce qu’il y a en trop pour eux sur le marché.

  19. Enfant Terrible says:

    quand miniaturisation allait de paire avec intégration cela a donné la technologie incroyable que nous connaissons. Aujourd’hui miniaturisation rime avec élimination et cela donne les désastres que nous subissons…

  20. Je poste sur ce billet parce que je ne sais pas ou mettre l’information.
    Pour Thierry et ceux qui n’ont pas froid au yeux:
    Pourrais tu, si tu as le temps, jeter un coup d’oeil la dessus et dire ce que tu en penses ?

    http://spoirier.lautre.net/revenu-capital-travail.htm

    Quelques précautions: lire d’abord ce qui suit ( Henri pose les questions, Sylvain répond ):
    > Je vois deux problèmes pour faire de la pub à ton texte:
    > 1) Cette manie de dénigrer la gauche ( ce qui est normal ), mais tout en
    > applaudissant la droite, ou en excusant la droite, alors que de plus en
    > plus de gens veulent se débarrasser de ces termes gauche/droite.

    Mon intention n’est pas d’applaudir la droite en tant que classe
    politique, mais en tant que principes théoriques (à préciser sans trop
    faire confiance à l’UMP pour cela).

    > Sans être économiste, il me semble que ces quinze dernières années, la
    > dette a augmentée sauvagement plus ou moins dans les mêmes proportions,
    > que le gouvernement soit de droite ou de gauche.

    Effectivement, les hommes de droite ayant imité les vices de la gauche.

    > 2)”Sur la répartition du revenu entre capital et travail” : tu utilises
    > une définition de “capital” qui ne doit pas être la même que ceux qui
    > feraient un bond au plafond en te lisant. Cela m’étonnerait que pour toi
    > revenu du capital veut dire bénéfices des actionnaires seulement.

    Effectivement, pas seulement les actionnaires. De manière générale, je
    définirais en gros le revenu du capital comme taux d’intérêt réel moyen
    sûr, à multiplier par la somme de tous les avoirs présents: toutes les
    richesses réelles représentées par leurs titres de propriété que possèdent
    les individus: actions, obligations, placements bancaires (qui par
    l’emprunt bancaire effectué par une entreprise représente une part de la
    valeur réelle de l’entreprise), propriétés immobilières, autres
    possessions personnelles d’entreprises par leurs dirigeants ou coopérants,
    etc. J’ai un peu évoqué cela dans mon texte /classique.htm.

    > je ne trouve pas la faille ( si il y en a une, mais
    > je n’y connais rien en économie mondiale ).

    La seule faille réelle qu’on pourrait trouver en tordant un peu, c’est le
    fait que l’ensemble des Etats du monde constituant une sorte d’entente
    commerciale, les capitaux seraient taxés où qu’ils se trouvent, de sorte
    que leurs titulaires se retrouvent réellement avec un revenu effectif du
    capital inférieur à ce que dicterait l’équilibre du système productif.
    Cependant il s’agit d’une situation malsaine car:
    1) elle est illégitime : les capitaux sont réellement productifs, en ce
    sens que choisir de dépenser 20 euros dans 10 ans plutôt que 10 euros
    maintenant si tel est le taux de croissance d’un capital dont on ne
    taxerait pas le revenu, ne dépouille personne car cela correspond à
    l’amélioration des moyens de production qu’a permis l’épargne au départ.
    2) elle avantage tout Etat qui taxerait moins
    3) Il n’y a même pas besoin d’un territoire de paradis fiscal pour
    permettre l’évasion fiscale des capitaux, une sous-évaluation (un défaut
    de déclaration) de leur présence suffit, et il y a sûrement déjà beaucoup
    de petits malins qui font ça industriellement.
    4) En particulier, si tu considères l’argument que j’ai mis dans mon
    texte, d’équilibre entre les besoins de capitaux pour le système productif
    d’un pays et les investisseurs étrangers individuels qui envisageraient de
    venir placer leur argent dans ce pays, ça apparaît comme une voie royale à
    une telle évasion fiscale.

  21. Mais c’est un véritable travail ça 🙂
    J’essaie dès que j’ai du courage.

  22. Enfant Terrible says:

    Juste une autre question: C’est quoi l’intelligence pour Sylvain Poirier?
    Il a forcément du s’intéresser à ce problème et je trouve intéressante sa démarche à ce sujet. Pourrait-il nous en donner la primeur?

  23. Enfant Terrible says:

    Je fais toutes mes excuses à M.Brouze(Ga Brouze): Je n’avais pas vu son post du vendredi 2 Février 2007.

  24. Iza says:

    Mouaich mouaich… j’ai lu Henri… un peu vite… mais…

    La faille je la vois parfaitement, je dirais même qu’elle est béante à mes yeux (mais ils sont comme qui dirait… euh… enfin il regardent en biais, vu de l’autre côté de ce machin idéologique qui nous sépare encore).

    J’en parlais une fois dans un post. Sylvain Poirier fait exactement ce que je critiquais alors, c’est à dire une pseudo démonstration économique à coups de serpette.

    Il démontre tout ça en s’appuyant sur des lois économiques qu’il présente comme “mathématiques”, “immuables” ou encore “inéluctables”. On se demande bien comment des générations de keynesiens ont pu faire science-po ou l’ena par wagons pendant des années sans s’en rendre compte, tant cela saute aux yeux d’un enfant de 4ème qui lirait son texte.

    Euh… un peu caricatural non?

    Je disais il y a quelques temps que mes souvenirs de mes études d’éco datent, mais pas suffisamment pour oublier que tout cela est bien plus complexe justement. Alors on peut ensuite trouver Smith plus pertinent que Keynes, je veux bien l’admettre, mais de là à présenter ce qui est ni plus ni moins que l’argument traditionnel des libéraux (Garbun exposait il y a peu un raisonnement très similaire) comme une démonstration économique brillante… hum hum…

    Ce raisonnement se tient, comme d’autres se tiennent tout aussi bien. Tous ceux qui ont fait des maths le comprennent, tout dépend des hypothèses (souvent trop réductrices) que l’on pose au début de sa démonstration. La simplification permet ainsi de lever bien des écueils.

    Quand je lis par exemple que la seule façon de tout résoudre et de créer plus, toujours plus d’activité… ça me laisse douloureusement perplexe. Je trouve ça si ringard (en plus que dangereux). Je sais bien que les théories de décroissance ne tiennent pas bien debout économiquement pour l’instant, mais je persiste à rêver d’un futur qui saurait faire autre chose que du bizness.

    Ok gauche, droite, c’est dépassé. Ok ici nous discutons tous ensemble. Reste ce à quoi nous rêvons, restent nos valeurs. Reste chevillé au fond de moi une vieille méfiance… autant Garbun est arrivé à me montrer sa bonne foi (à défaut de me convaincre de l’efficacité des thèses libérales), autant la lecture des écrits de Sylvain Poirier me hérisse mon vieux poil de mon vieux manteau de gauchiste primaire. Désolée, mais beurk.

  25. A Iza qui n’est plus tata:
    ” Ce raisonnement se tient, comme d’autres se tiennent tout aussi bien. Tous ceux qui ont fait des maths le comprennent, tout dépend des hypothèses (souvent trop réductrices) que l’on pose au début de sa démonstration. La simplification permet ainsi de lever bien des écueils.”
    Exactement, et c’est par rapport à ces hypothèses du début que je ne trouvais pas une faille ( logique, parce que en économie je n’y connais que tchi ). Je porte à gauche ( la gauche d’avant 81 ). J’ai mes propres préjugés, mais je peux en faire complètement abstraction. Il a les siens et il n’arrive pas à s’en débarrasser ( on s’est assez disputer la dessus ); je connais la bète et son humanisme est réel.
    Pour ce qui est de la croissance ou de la décroissance, le problème c’est que nous ne sommes pas des Vénusiens formés au non A.
    Je ne vois pas comment nous, en tant que européennes occidentaux, après s’être saouler de croissance, dirions au chinois, indiens ou autres; on rigole plus, on va tous se calmer alors que ceux-ci ont bue deux gorgettes et commençaient à devenir gais.

  26. Iza says:

    yes yes Henri, c’est pourquoi je prends ça avec des pincettes (l’idée de décroissance).
    Par contre, je me dis qu’une autre voie ne serais pas forcément austère et tristounette, mais tout simplement moderne peut être. Genre, raisonnée, plus juste, permettant de penser un monde meilleur.
    Si vraiment nous trouvions une solution, les autres pays suivraient très vite, sans passer par la case “consommation-pollution-destruction”. Sont quand même pas couillons.
    Bref, faudrait qu’on invente mieux et vite.

    Sinon je ne mets pas en cause l’humanisme de Sylvain, je ne me permettrais pas, je dis juste combien son discours m’effraies

  27. Tiens, justement il vient de m’envoyer un truc qui est le contraire de ce qu’il préconise:

    “A part ça il y a bien quelqu’un qui a mené des réflexions aussi
    intelligentes que possible en tenant absolument à taxer les capitaux:”

    http://www.geocities.com/~newsociety/706.html

    Bon évidement il critique:
    “Problèmes:
    – il envisage de taxer toute possession même si elle est redondante (si A
    possède B qui possède C qui possède des murs, ceux-ci sont taxés
    quadruplement)
    – Les capitaux intellectuels sont un lieu d’évasion fiscal accepté
    – Rien n’appartient vraiment à quiconque car chacun risque de se faire
    acheter ce qu’il possède. En cas de spéculation immobilière, ça craint; ce
    n’est pas un monde où on pourrait vraiment se sentir chez soi et mener des
    projets avec la sécurité nécessaire pour être cohérent.
    – Gros risque d’évasion fiscale à grande échelle des capitaux en dehors de
    la zone, de sorte que celle-ci se retrouvera sous-développée et les
    revenus du travail finiront par bien baisser
    – Même en interne, je pense qu’on doit toujours pouvoir trouver des
    échappatoires, notamment des trucs cachés bien protégés contre le vol mais
    déplaçables en cas de rachat immobilier.
    – De toute manière il y a à mon sens un bien meilleur et just objet de
    taxation que les capitaux: les pollutions, extractions de matières
    premières et diverses atteintes à l’environnement.”

  28. Enfant Terrible says:

    Avant même de se poser de véritables questions sur les outils qui leur permettaient de faire remonter les informations du local, les sciences économiques ont posé comme postulat de base que le local était un gouffre sans fond de gaspillage.

    Si on commençait plutôt à faire émerger des outils de maîtrise venant du local pour changer?

  29. Garbun says:

    Les outils sont là, suffit de s’en servir, mais ça va se généraliser tout seul avec le temps, c’est inéluctable.

  30. Iza says:

    c’est ce que je veux dire quand je parle d’hypothèses de départ. Ces soit disant “lois” économiques sont à la base le reflet de choix.

    Il en est de même pour celles qui régissent le commerce international, bien sûr tous les aspects monétaires et tout le reste.

    D’autre part, et Thierry le montre bien dans ses bouquins, les choses dans la réalité fonctionnent tout de même différemment … car celle ci est tout bonnement trop complexe !!! Sinon, tous nos brillants gouvernements auraient abouti en deux trois mesures bien senties … il s’entourent généralement des meilleurs économistes… qui échouent à chaque fois car de nombreux impondérables viennent brouiller les choses.

    A la fin de mes études commençait à émerger des théories intéressantes mettant en avant … l’aspect incontrolable et imprévisible de tout ça….

    Mais hélas, elles se bornaient à décrire… j’en suis restée là.

    Le local oui..

  31. Enfant Terrible says:

    Les outils sont là?! Première nouvelle…
    Bon, il est vrai que l’idée du triage des déchets commence petit à petit à gagner du terrain mais il y a encore des CET qui se créent et des filières assez douteuses pour l’électroménager (ne parlons pas des dépotoirs sauvages).
    Le problème des crèches est encore plus criant…
    Les tarifs des leçons de conduites ne sont pas au niveau. Résultat: Dans une région où l’on a fortement besoin d’un véhicule personnel, je fais appel au covoiturage. Mais pour ce qui est des courses, je suis parfois seul dans des cars qui sont obligés de maintenir des horaires qui coutent en essence…
    Non Garbun, les outils ne sont pas encore là.

  32. Garbun says:

    Je comprends ce que tu veux dire, mais des problèmes de tarifs ne sont pas un problème d’outil. A ce propos je ne sais pas quelle est la législation là dessus, mais si les écoles de conduite avaient une rentabilité énorme, ça voudrait dire qu’il y a une niche de marché intéressante, dans ce cas pourquoi est-ce qu’une école ne se monte pas près de chez toi en proposant des prix plus abordables pour raffler tous les clients de l’autre ?

  33. Enfant Terrible says:

    Parce que pour l’instant il y en a 3 qui proposent toutes trois une pédagogie et des méthodes différentes sans pour autant se concurrencer sur les prix. Le logement est une donnée qui entre dans l’équation (je suis à 6 km du terminus d’un transport public qui donne sur une localité plutôt verte et dortoir, et je peux te dire que tous les commerces et même la distribution générale en profitent un max).

  34. Garbun says:

    Dis-moi ou tu habites, que je monte un truc… 😉

  35. Enfant Terrible says:

    Inutile, la location où l’achat de locaux vont te coûter une petite fortune… :-))

  36. Enfant Terrible says:

    Et il ne reste quasiment plus rien d’abordable, à moins que tu veuilles construire, mais là ce sera encore plus cher 🙂

  37. Enfant Terrible says:

    De plus tu vas devoir lutter contre la politique du député de ce département, il trouve qu’il y a déjà trop de personnel dans l’éducation. Vous avez surement du le voir faire le guignol à la tv dans l’émission d’Yves Calvi sur france 2….

  38. Garbun says:

    S’il trouve qu’il y a trop de personnel dans l’education, qu’il mette en place l’école telle que je l’ai proposée. D’ailleurs j’ai vu qu’il y avait déjà une page wiki en anglais sur l’école 2.0. Mais il n’y a rien de proposé, et dans le manifeste (http://school20.wikispaces.com/School+2.0+Manifesto) ce ne sont que des citations et des constats.

    Allez un petit coup de motivation et je m’y colle.

  39. Droite et gauche, les balises de la démocratie.

    Je viens d’entendre Jacques ATTALI sur BFM/RMC, interviewé par BOURDIN, un des rares journalistes qui, à mon sens, fasse une vraie interview politique. Il présentait son dernier livre « une brève histoire de l’avenir », que je suis en train de lire… entre autres.
    Je suis, comme beaucoup, surtout en ce moment, en train de chercher à comprendre comment fonctionne la politique dans notre pays, c’est pas simple mais passionnant et c’est sûr, il faut s’en donner la peine et prendre du temps ! Difficile de ne pas voter comme on parie !
    Pour élever le débat, tout le monde devrait commencer par lire ce livre, le sien, ou des livres de cette qualité. Entre temps, j’ai lu « le cinquième pouvoir ». Merci Thierry.

    Question du choix du candidat, je l’ai déjà fait pour des raisons de fond, confortées au cours de mes engagements. Au nom de ces mêmes engagements, j’ai toujours considéré que la forme (système gauche-droite,) était surtout un carcan qui bridait les initiatives et nous obligeait à des choix impossibles ou par défaut.

    C’est surtout parce qu’on est tous noyés dans beaucoup d’informations qui confondent le fond et la forme qu’on cède, de guerre lasse à des propos du genre : « gauche droite, tous pareils et même tous pourris » ! Cette confusion est entretenue par nombre de politiques pour en tirer avantage, c’est de bonne guerre, puisque ça a toujours marché comme ça !
    Espérons que c’est en train de changer et que nous en soyons les maillons de ce changement. Le cinquième pouvoir doit vraiment être le contre pouvoir pour faire la part des choses. A chacun de nous quand il croit comprendre quelque chose d’en faire part pour nous éviter de nous « panurger » (tiens un nouveau mot…là je me Ségolénise !) C’est pour ça que je participe à ce forum.

    Pour moi, Jacques Attali fait partie de ces accélérateurs de pensée dont on a bien besoin.

    En répondant à la question du journaliste sur la percée de Bayrou, Jacques ATTALI explique que « son discours le met assez mal à l’aise ». Si le choix d’un président se fait sur gauche et droite confondues, comment, lors des élections législatives, ce président pourra-t-il gouverner avec une majorité choisie dans la gauche et la droite alors que le système de vote sera inchangé ?

    Et Attali explique que cette opposition, droite gauche est, de fait, la base de la démocratie.

    J’explique ce que j’ai compris : Ce qui apparaît comme un clivage est en fait un cadre, une sorte de repères, de balises pour permettre à chacun de se définir. Imaginons un instant qu’il n’y en ait plus…comment définir des idées extrémistes ?
    Sur un terrain de foot, imaginons qu’il n’y ait plus de tracés !!!Au début ça n’empêcherait pas de jouer, mais très vite, ce serait invivable, puisque sans tracé visible, quand serait-on hors jeu ? On se définit par rapport à une valeur ! Comment se définir, où ranger les concepts. !

    Comme pour beaucoup, le système gauche-droite semble fait pour les hautes sphères et bien loin des préoccupations quotidiennes ; j’ai, moi aussi, du mal à faire coïncider ce système politique, et mon fonctionnement de simple citoyenne.
    Personnellement j’utilisais déjà deux balises : différence entre la gauche et la droite : la gauche, c’est chacun selon ses besoins, la droite, chacun selon ses moyens. Bien sûr, après on affine, mais au moins, on part de quelque chose de clair à comprendre !

    Ce qui nous gêne tous, en fait, c’est que ce cadre, qui n’est qu’une forme pratique devienne plus important que le fond. Après tout, c’est la place géographique des députés dans l’hémicycle qui a défini cette terminologie.
    Ce qui nous agace et nous fait rejeter ce système gauche-droite, c’est qu’on nous focalise d’abord sur lui, comme si c’était le préalable alors que ce n’est qu’une grille de lecture pour construire un projet et le mener à bien.

    A toujours utiliser cette seule entrée, on nous nous écoeure de ce système, on le rejette, comme si on restait à la porte avec un trousseau de clés sans trouver la bonne…On trépigne et à la fin, on a envie de tout envoyer balader et de renoncer à entrer !
    C’est le cas de beaucoup de monde en ce moment.
    Mais comment François BAYROU peut-il à la fois crier avec les citoyens, ce qui le rend sympathique et frappé au coin du bon sens, et se conformer à la réalité du système politique en place ? C’est ce qui met sans doute Jacques ATTALI mal à l’aise ?

    Personnellement, et surtout , au cours de 25 ans de vie associative, j’ai toujours défendu le pluralisme politique dans les associations que j’ai dirigées, en ayant chaque fois des arguments de faits pour les appuyer.
    Je remercie Jacques Attali de me montrer ce nouvel angle , fondé sur l’organisation politique .
    Son point de vue est celui d’un observateur très fin de la politique, d’autant plus crédible qu’il a été au cœur du système et donc le plus à même de nous l’expliquer.
    Voilà ce que j’en ai compris. Il va me permettre de continuer à avancer dans ma réflexion et dans mes choix. Si je peux en faire profiter quelqu’un ?

  40. Bonjour Marie Noelle,
    Lire ce texte d’un auteur qui n’accélère pas la pensée mais qui au contraire la freine et qui en tire un maximum:
    http://henrialberti.blogspot.com/2006/12/confessions-politiques-dun-jeune-homme.html

  41. prevalli says:

    A Marie Noelle

    Bravo pour ce post tres interessant. Pour moi je ne crois pas que FB ai jamais dit qu’il n’était ni de gauche ni de droite, mais qu’il était pragmatique.
    A titre personnel je le classe trés clairement social démocrate, ou encore chrétien de gauche.
    Alors certes cela nous donne une identité, mais face au réel, on arbitre en gardant un équilibre avec ses lignes rouges et en privilégiant certaines valeurs.

    N’oublions jamais qu’un président est d’abord celui de tous les français, avant d’être un homme de clan ou un homme de clientéle comme on pourrait le croire trop souvent à voir comment se comporte nos politiciens.

    Pour moi un président est quelqu’un qui a l’âme française chevillée au corps (indépendance, laicite intelligente, sens du dialogue) et qui connait l’importance du sens des mots et l’histoire des institutions.

    Or moi ce que je sens c’est justement cela chez FB, quelqu’un qui sait être indépendant et en même temps rassembleur car stable et solide sur l’essentiel (les valeurs, honnêteté, république, etc..).

  42. Iza says:

    Encore un super texte Henri. Quelle classe ce Robert ! J’ai trop envie de copier coller des trucs….

  43. Iza says:

    ça par exemple :

    “Cette attitude comportait (…) l’appréciation du grand désordre intérieur que suppose le fait de pouvoir à la fois exploiter notre prochain et le plaindre, nous soumettre à lui et ne pas prendre cette soumission au sérieux, ou encore parler d’un meurtre avec effroi, et de mille avec sérénité. Il me semblait en effet qu’un désordre à ce point illogique, un tel relâchement des liens qu’avaient constitués autrefois certaines forces et certains idéaux, devait être un bon terrain pour un grand logicien des valeurs d’âme. Puisque cette vie, dans son couplage d’éléments antagonistes, est extraordinairement hardie – même si c’est à force d’inconséquence et de lâcheté -, il ne reste plus qu’à se montrer soi-même encore plus hardi, mais à force de lucidité. Et dans une période, la nôtre, où chaque sentiment lorgne dans deux directions, où tout flotte, où plus rien n’est tenu, où plus rien n’est associable à rien, on devrait réussir à tester une fois encore et à réinventer toutes ses possibilités intérieures, à transférer enfin des laboratoires de physique à la morale les avantages d’une technique d’expérimentation sans préjugés. Que cela nous aide à sortir de la lente évolution qui a conduit, à travers bien des échecs, de l’homme des cavernes à celui d’à présent, pour entrer dans une ère nouvelle”

  44. Iza:
    Justement !
    Je suis en train de scanner un texte qui devrait intéresser spécialement Enfant Terrible et Thierry, le titre: « Livres et littérature ».
    Un second texte étonnant attirera, il me semble Charlie ( vu son dernier billet ) et toi.
    Titre : « La femme hier et demain ».

  45. Pour Enfant Terrible qui ne ma parle plus ( snif ), Thierry, tout ce qui ressemble de près ou de loin à un écrivain et les autres :

    http://henrialberti.blogspot.com/2007/03/extrait-de-littrateur-et-littrature.html

    “On ne saurait toutefois, bien entendu, confondre poésie et forme. Car une pensée scientifique a aussi une forme, et non seulement la forme ornementale de sa plus ou moins belle présentation, généralement vantée à tort, mais une forme intérieure, organique ; laquelle se manifeste surtout dans le fait que cette pensée, même dans son expression la plus objective, n’est jamais entendue par celui qui la reçoit exactement comme l’auteur l’entendait, mais subit toujours une transformation qui l’adapte à la compréhension de chacun. Dans ce domaine, toutefois, la forme reste très en retrait par rapport au fond invariant, purement rationnel. Mais dans l’essai déjà, dans les « considérations » ou les « réflexions », la pensée dépend entièrement de sa forme ; et l’on a fait remarquer plus haut que cette dépendance est liée au fond qui accède à la représentation, dans un essai authentique et non pas pseudo-scientifique. Dans le poème, enfin, ce qu’il faut exprimer n’est ce qu’il est que sous la forme où on l’exprime. Là, la pensée est aussi purement contingente qu’un geste ; elle éveille moins des sentiments que ceux-ci n’en constituent, presque exclusivement, la signification. Dans le roman et le drame, en revanche – et dans les formes intermédiaires entre essai et traité, l’essai pur étant une abstraction presque sans exemple -, la pensée, la combinaison discursive des idées apparaissent à nu. Il n’empêche que ce genre de passages, dans un récit, donne toujours une impression désagréable d’impromptu, d’intervention déplacée, de confusion entre l’espace de la représentation et l’espace privé de l’auteur ; à moins qu’ils n’aient eux aussi la nature d’un élément formel. Et c’est précisément dans le roman, parce qu’il est plus apte qu’aucune autre forme d’art à refléter le contenu intellectuel d’une époque, que l’on peut observer le mieux le difficile problème de leur intégration, en mesurant la complexité des superpositions et des imbrications qui cherchent quelquefois à le résoudre.”

  46. Enfant Terrible says:

    @Henri Alberti: Si si, ne t’inquiètes pas, je ne t’oublies pas. Mais en ce moment j’ai atteint un nouveau stade et je dois me l’approprier (beaucoup de choses à comprendre en même temps).
    N’oublies pas non plus que dans ce monde du net je n’ai encore que quelques mois.

    Le texte que tu as scanné arrive encore une fois à point nommé. Si tu vas voir mon commentaire dans l’article de Thierry “la nethique” tu imagineras à quel point le concept de “bande passante” m’interresse.
    Et ce texte de Musil qui parle de la bande passante du langage, m’éclaire un peu plus encore sur quelque chose que j’avais observé lorsque j’étais arrivé à un certain stade de mes études.
    De surcroit, j’y retrouve la passion du vrai mathématicien pour le monde.

    J’aurais juste une petite question à te poser: l’ordre dans lequel tu as diffusé ces textes depuis le début était-il intentionnel ?

  47. Enfant Terrible:
    L’ordre est intentionnel par hasard, parce que l’ordre chronologique des textes correspondent à mes intentions sauf pour “l’homme mathématique” qui se trouvait déjà sur un site et que j’ai copié opportunément.
    Pour la bande passante, la théorie est à chercher du coté de Shannon et d’une branche des maths: recherche opérationnelle.

  48. sga75 says:

    j’adore les contes pour les enfants, moi je ne crois qu’aux résultat du 22 avril au soir.

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