« Non, non, nous n’avons aucune influence » disent quelques blogueurs, dont souvent Versac, notamment dans ce papier (lisez ce papier et surtout les commentaires). Est-ce par excès de modestie ou pour prendre le contre-pied de la mode à tout prix ?

J’ai l’impression de les entendre crier : « Nous n’existons pas, ne nous lisez surtout pas, nous écrivons pour tuer l’ennui, nous sommes des fous… » Ce n’est pas crédible deux secondes, pas plus qu’un journaliste qui se voudrait objectif et non influent.

Si nous écrivons sur nos blogs, c’est parce que nous sommes persuadés que nous pouvons influencer, non seulement les hommes politiques mais l’avenir tout entier. Je ne vais pas faire preuve d’humilité déplacée et dire que je fais tout ce que je fais juste pour faire plaisir à quelques lecteurs, qui seraient coupés du reste du monde.

Justement, mes quelques lecteurs sont des gens ordinaires, des gens qui parlent avec leur famille, avec leurs amis… Il y a même parmi eux des journalistes qui, consciemment ou non, sont parfois influencés. Et quand ils écrivent ou parlent à leur tour, ils influencent des gens qui ne me connaissent pas et, peut-être, que je ne connaîtrais jamais.

J’en ai marre de ces blogueurs politiques qui ne cessent de dire que les blogs n’ont pas d’influence (c’est presque méprisant pour leurs lecteurs). Je me demande pourquoi ils bloguent politique. Je me demande pourquoi ils croient que les journalistes leur donnent la parole. Ce n’est pas pour leurs beaux yeux, ni pour leur prose magnifique, ni pour leurs analyses sublimes… c’est juste parce qu’ils émergent au sommet de la blogosphère et que les médias traditionnels, par souci de concision, doivent bien se focaliser sur quelques figures symboliques.

Oui, vous n’avez aucune influence, vous les blogueurs un peu à la mode, et moi avec vous, mais les dizaines de milliers d’autres blogueurs ont de l’influence, et même beaucoup, et pas seulement les blogueurs, mais tous les citoyens qui propagent l’information, l’analysent, la déforment, l’utilisent… que ce soit sur internet ou au café du coin.

L’important n’est pas ce qui se dit ou s’écrit ici ou là mais ce qui se passe entre. Les choses importantes prennent consistance dans le lien. Sur les blogs, les commentaires sont plus importants que les articles car ils manifestent les liens qui unissent et croisent des communautés.

Du masculin au féminin

À la fin du peuple des connecteurs, je disais que nous entrions dans l’âge des qualités après avoir quitté celui des quantités propre à l’âge industriel. Il faut bien intégrer ce point si on veut comprendre ce qui se passe aujourd’hui, si on veut comprendre les phénomènes viraux qui échappent à nombre de mesures quantitatives, notamment aux bons vieux sondages.

Je rappelle que Google, par exemple, n’a prospéré que par le bouche-à-oreille. C’est un pur fruit du buzz comme la plupart des autres services internet. En 2002, Terry Semel, le nouveau parton de Yahoo, qui venait d’Hollywood, ne l’avait pas compris. Les études voyaient encore Google tout petit mais il était déjà grand dans l’esprit de ses utilisateurs. Cette grandeur n’était pas mesurable suivant les critères traditionnels mais elle n’en existait pas moins comme Yahoo ne cesse de le mesurer depuis à ses dépends.

Ce n’est pas parce qu’une chose ne se mesure pas quantitativement qu’elle n’existe pas. À l’âge des qualités, les quantités comptent de moins en moins. Voilà pourquoi les médias top down seront de moins en moins efficaces, parce que par nature ils sont quantitatifs : pour eux, c’est l’audience qui importe.

Le coming-out de Bayrou

Certes, il sera impossible de démontrer si la blogosphère a aidé ou non Bayrou dans son ascension. Dans Le cinquième pouvoir, j’essaie de montrer pourquoi dans le chapitre sur la bataille de Borodino. J’y explique justement la différence entre le quantitatif et le qualitatif. La différence entre la prévisibilité et l’imprévisibilité. J’y explique pourquoi, heureusement, l’avenir n’est pas écrit (pas plus que le passé peut être décrypté de manière déterministe).

Consacrer du temps à dire que nous n’avons pas de preuve de l’influence du cinquième pourvoir, c’est une perte de temps car c’est une évidence. Maintenant nous ne devons pas oublier que nous avons des lecteurs, que nous avons avec eux des échanges de qualité et non de quantité, et que de ce fait nous avons une influence. Quelle soit minime n’a aucune importance. Dans une réaction en chaîne, la taille de l’étincelle initiale n’a aucune conséquence.

Peut-être que pour mettre fin à ce débat au sujet de Bayrou faut-il demander à Bayrou lui-même de se prononcer. « Avez-vous oui ou non été influencé par la blogosphère ? Par nos articles et nos rencontres de l’automne dernier, n’avons-nous pas contribué à vous donner du courage, à vous donner une nouvelle base sur laquelle vous vous appuyez maintenant ? Peut-être même avons-nous glissé quelques idées dans votre esprit. »

À l’âge des qualités, c’est aux hommes de s’expliquer et d’exprimer leur ressenti. Notre cerveau, totalement irrationnel, reste le meilleur instrument pour mesurer ce qui échappe aux sondages. Heureusement !

Alors, oui, je demande à Bayrou de nous donner son éclairage sur cette affaire. Elle ne nous révèlera pas la vérité mais mettra plus de qualité dans ce que nous faisons.

Ce n’est pas internet ou les médias qui feront la prochaine élection présidentielle mais chacun des hommes libres de ce pays, c’est eux, tous ensemble, qui forment le cinquième pouvoir.

Et si Bayrou ne répond pas, ou n’entend même pas cette question, ce sera peut-être la preuve que nous n’avons effectivement aucune influence… sur lui mais ça ne nous empêchera pas de façonner le monde de demain.

Article aussi publié sur Agoravox.

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27 comments

  1. versac says:

    Tu y vas quand mêm très fort, là, avec le négationnisme. Je ne nie pas l’influence des blogueurs, mais crois qu’elle se niche dans des rôles un peu plus fins que “faire monter Bayrou” ou que “c’est X qui fait l’opinion”. Je ne suis en aucun cas dans la négation, j’essaie de creuser au delà de “l’élection se jouera sur internet”.

    A titre personnel, je n’ai pas d’ambition d’influence sur le débat, comme des tas de personnes. Je ne rêve pas de modifier à tout prix l’agenda, et je pense que l’immense majorité des blogueurs sont comme ça. Les blogueurs que je connais, ppur leur immense majorité, sont animés par le plaisir de l’échange et du débat, pas par le fait de convaincre, transformer, orienter leurs pairs.

    Il suffit pour s’en convaincre de fréquenter des blogueurs “normaux”, qui n’ont pas d’entreprise ou de livre sur le sujet ou qui ne sont pas venus au blog pour soutenir tel candidat : leur enjeu est ailleurs. Leur pratique est celle d’un échange social, entre pairs, leur ambition est souvent mesurée.

    Cela ne les empêche pas de se mobilsier, de temps à aute, pour telle cause, ou de
    participer à l’émergence, consciemment ou non, d’un thème, d’un cadrage, d’un candidat…

    Sur Bayrou, si l’influence consiste en lui avoir donné quelques signaux d’attention ert de potentiel qui lui ont donné du courage, tu donnes toi même des gages aux sceptiques du cinquième pouvoir.

    Je partage ta passion pour cet espace fantastique que constituent les blogs. J’essie d’approfondir, comme toi, où se nichent ces changements, ces ruptures, pas de nier quoi que ce soit.

  2. Mon défaut est de toujours exagérer 🙂

    Moi, aussi, je ne cesse de le répéter que cette élection est un détail dans ce qui est en train de se jouer dans le monde aujourd’hui. Le cinquième pouvoir n’est pas le mieux placé pour jouer un rôle dans cette élection car elle est d’un autre temps (élire un mec qui sera en haut de la pyramide).

    Peut-être que ce qui nous différencie, toi et moi, c’est l’ambition personnelle. Je veux vraiment influencer, je veux vraiment que les choses changent parce que je ne les vois pas aller dans le bon sens. Je suis un militant de l’avenir. Je me moque de savoir qui sera élu pour peu qu’il ouvre les yeux sur ce qui se passe. Et je ne crois pas au pouvoir des hommes politiques placés tout en haut de la pyramide, je ne crois qu’au pouvoir des hommes libres. C’est nous qui avons fait internet. Je crois que nous pouvons faire beaucoup plus. C’est mon espoir. Une utopie qui réunit déjà un milliard d’êtres humains ce n’est plus une utopie.

    Quand tu dis « Leur pratique est celle d’un échange social, entre pairs, leur ambition est souvent mesurée. », je suis d’accord avec toi. C’est essentiel, mais c’est là que tout se joue, que le nouveau discours se construit, que la nouvelle conscience du monde se cristallise. Je ne suis pas un blogueur important, toi non plus, personne… mais tous ensembles nous créons quelque chose de neuf.

    Par rapport à Bayrou ma position est claire. Nous ne sommes pas là pour le soutenir mais pour lui glisser, à lui comme à ses adversaires, des idées nouvelles. Que les uns et les autres s’appuient sur ces idées pour rebondir et nous sommes tous gagnants.

  3. Je me permets de citer une partie d’un commentaire de Iza:
    “Ce qui me tue chaque fois qu’on bosse là dessus , c’est de voir combien les personnes les plus aguerries, à priori les plus critiques, sont elle mêmes soumises à la ronde des illusions et peu critiques (cela rejoins le post de Thierry d’aujoud’hui).

    Je garde toujours en mémoire un exemple. Il y a une dizaine d’années, j’ai travaillé pour la rédaction de France 2. Le journal télévisé.

    Je ne vous fais pas un dessin avec des flèches, voir les choses de l’intérieur vidait singulièrement le produit fini (le journal) de son sens. Aucun d’entre nous n’aurait pu le regarder vraiment à l’époque. Nous regardions pour surveiller des trucs techniques ou juger des performances des copains mais jamais nous n’accordions de crédit à ce que nous entendions. Pour être au courant de l’actu nous lisions les dépêches de l’AFP. Les journalistes faisaient la même chose, ajoutaient des images achetées au pool international (très peu de choix) et faisaient leur sauce. Très peu de reportages étaient réellement tournés par nos équipes, et quand cela était le cas, nous savions que souvent le gars était arrivé sur les lieux la veille… donc avait lu les dépèches pour faire son papier… and so on.

    Deux remarques :

    – Je rigole doucement quand j’entends ceux là (parfois les mêmes, au sens propre) parler de la “dérive” représentée par le journalisme citoyen, le journaliste bien formé ayant lui, une déontologie, de vraies pratiques professionnelles….pfff foutaises !!!!!

    J’ai rencontré peu de gens malhonnêtes c’est vrai. Mais 95% de braves gens aveuglés par le pouvoir et l’audience, persuadés de faire un boulot bien carré alors que la plupart produisaient des petits ramassis de reproduction sociale et de politiquement super bien correct… dans le meilleur des cas.

    C’est eux auprès desquels il aurait fallu faire de l”éducation à l’image” un peu à l’envers, pour leur montrer à quel point leur sens critique et leur libre arbitre avait délaissé depuis longtemps les lieux.

    (restait tout de même 5%, peut être moins, de vrais gens, très intelligents et capables encore d’agir… chapeau bas !!!)

    – alors que cela était très présent… que je l’ai vu et vécu….. très vite après mon départ… mon cerveau à oublié. J’ai pu à nouveau regarder les infos et y croire… c’est inoui !!!! il fallait que je pince consciemment pour penser à tout l’envers du décor… et avec le temps il m’est arrivé d’oublier pendant longtemps. D’absorber le flux d’infos sans broncher…

    ça m’arrive encore.

    Alors je m’oblige à penser à ça. Parce que je mesure à quel point c’est sournois, insidieux et puissant…

    Pensez y la prochaine fois que vous écoutez ou que vous regardez les infos……”

    Sans commentaires.

  4. BITALY Marie-Noelle says:

    Il serait nécessaire comme je le demande sur le blog de DLR que tous ceux qui sont au courant sur ce site et sur d’autres sites ou blog que cette pétition existe en parle à d’autres personnes autour d’eux afin que ces personnes en parlent autour d’eux egalement et qu’ainsi celà face boule de neige afin que cette pétition augmente en nombre de signataires si non nous n’avancerons qu’a petits pas et ne seront pas pris ou encore moins pris en considération par ces ursupateurs qui nous gouvernent depuis =de 30 ans en nous menant droit au mur et se moquent du peuple en bafouant son vote et en les considérant en quantité négligeable . Il n’y a qu’a entendre l’arrogance et l’insouciance de roselyne Bachelot .

    En ce qui me concerne j’en ai parlé autour de moi .
    En Souhaitant que mon message passe sans que j’ai besoin à nouveau d’intervenir .
    Bien Cordialement .

    Marie-Noelle Bitaly .

  5. Enfant Terrible says:

    Thierry….Tu es énooorrrmmme! Chapeau bas…
    merci pour ta compréhension.

    Heu… J’aimerais te demander un ou deux trucs d’ordre technique, sur le fonctionnement d’un blog. Puis-je t’envoyer un mail ?

  6. Ben alors Enfant Terrible, qu’est-ce que nous sommes censé comprendre dans la vidéo ?

  7. Axel says:

    @ Henri

    c’est bien de rappeler qu’une bonne part des papiers des journalistes est constituée à partir de dépêches AFP.

    Cela relativise la critique souvent faite aux blogueurs, de n’être que des relais d’informations produites ailleurs. Très souvent, les journalistes ne sont eux-mêmes que des relais, pas des producteurs d’infos.

    Et ce rôle de relais est d’ailleurs très important.

    Je dis souvent que Montaigne n’a pas écrit grand chose de vraiment neuf, il se fait surtout le relais du monde antique qu’il cite abondamment dans ses Essais, qui sont un gigantesque travail de “copier-coller”. Et au final, ce travail de relais a changé l’évolution du monde, de nombreux esprits ayant lu dans Montaigne ce qu’ils ne seraient jamais allés lire chez les auteurs originaux. Montaigne est le premier blogueur influent du monde francophone.

  8. Enfant Terrible says:

    @Axel: Reprends “Le retour des histoires” depuis le commentaire de Leny du 22 février 2007 à 22h57 c’est IZA qui le rappelle.

  9. Marrant que ce post arrive en même temps que Loic le Meur interrompt les commentaires sur son blog… Ca devrait faire réflechir sur la capacité réelle des blogs à entretenir des “conversations”…

    Il me semble qu’il y a une contradiction ici. D’un côté le constat d’un phénomène qui n’est pas né avec les blogs, mais avec l’essor des mass media qui a fait baisser le coût de diffusion de l’information : il n’est plus possible, aujourd’hui, d’écrire un livre et de changer le monde. Il y a une trop grande masse d’informations disponibles, un flux trop important de messages pour que l’un d’entre eux puisse à un moment donner lieu à un monopole de la pensée. Les intellectuels déplorent ce qu’ils appellent à juste titre un règne de la médiocrité, et ils n’ont pas forcément tort; mais cela vaut mieux que le règne des leaders idéologiques comme on a pu le voir au 20ème siècle.
    Mais dans le même temps, beaucoup de gens s’imaginent que les circonstances sont identiques, qu’ils sont simplement dans un processus de remplacement des leaders d’opinion; sans l’affirmer vraiment, il y a des gens qui se disent qu’ils peuvent poster un article et changer le monde, que les blogs ne font que remplacer le mode de transmission, mais que les hiérarchies vont subsister. Les discours du genre “la blogosphère a découvert machin avant les grands médias” traduisent cette tendance de gens qui considèrent l’internet comme un simple moyen de devenir califes à la place des califes. C’est ce que l’on retrouve dans le discours des journalistes, qui cherchent implicitement en désignant des “blogueurs influents” à reconstituer la hiérarchie existant dans la presse. Et certains blogueurs jouent à ce jeu en se croyant des gens importants parce qu’ils ont x milliers de hits par jour.

    La réalité c’est que “l’influence” est noyée dans la complexité sociale. S’imaginer que les blogs sont “influents” c’est aller à l’encontre du phénomène même à qui ils doivent leur origine : un vaste foutoir anarchique. A ceux qui pensent que le “phénomène bayrou” illustre la puissance de l’internet, on pourrait rappeler que cette campagne électorale ne manque pas de “phénomènes” provoqués et détruits par divers médias. D’où est venu le “phénomène ségolène”? Et comment a évolué le “phénomène hulot”? D’où sont sortis, en 2002, les phénomènes “besancenot” ou “lepen”? en 1995, le “phénomène cheminade”? Certains blogs peuvent avoir leur quart d’heure de célébrité à un moment donné; cela ne traduit que l’écume d’une opinion qui échappe désormais largement à quelque leader que ce soit, fût-il blogueur qui lance des conversations.

  10. Bravo pour ce commentaire… vous avez décrit notre monde… cette écume c’est nous… c’est ça que j’appelle le cinquième pouvoir.

  11. Pour Alexandre Delaigue:
    Je vous préconiserais bien d’aller jeter un oeil sur mon non-blog, mais à quoi bon…ou alors lire les bouquins de Mr Crouzet.
    “Les intellectuels déplorent ce qu’ils appellent à juste titre un règne de la médiocrité, et ils n’ont pas forcément tort; mais cela vaut mieux que le règne des leaders idéologiques comme on a pu le voir au 20ème siècle.”
    Lesquels ? Parce que cela fait 2000 ans que certains “intellectuels” déplorent le règne de la médiocrité, chacun dans leur contexte historique.

  12. versac says:

    On est pas mal d’accord, alors. Fallait pas s’énerver, hein, ou m’appeler avant de dire que je suis un négationniste, parce que je ne suis pas un machant négationniste (même si je ne suis pas un exalté non plus : on a le droit de jeter un regard froid, de faire réfléchir autrement qu’en disant “la révolution nous attend, camarades !) ?

    Le problème, c’est que beaucoup voudraient me faire jouer un rôle que je n’ai aucunement envie de jouer. J’ai toujours été un observateur autant qu’un acteur. Quelqu’un qui lance des initiatives, et qui laisse les gens s’en emparer. Ca me suffit. Je lance des outils, on voit si ça marche, ou pas. Publius, c’était ça, ça a marché tu n’en parles pas assez, comme exemple, je trouve, dans ton bouquin, sur le referendum, de mobilisation volontaire, spontanée, qui a recueilli un impact presque aussi fort que Chouard). République des blogs, c’est ça aussi. Débat2007, un peu sur la même logique, ou divers blogs que j’ai aidé à se monter, personens que j’ai aidé à se rencontrer…

    Comprendre et participer, ça peut suffire. Il me semble qu’il y ade la place pour des facilitateurs, aussi, des noeuds de réseau, des pivots. Que tout le monde n’a pas à être un révolutionnaire des idées, avec un objectif politique engagé.

    Pour Bayrou : ce qui (me) séduit dans son hypothèse, c’est effectivement de favoriser cette redistribution que son succès occasionnerait. A mettre en balance avec le reste…

  13. Axel says:

    “Les discours du genre “la blogosphère a découvert machin avant les grands médias” traduisent cette tendance de gens qui considèrent l’internet comme un simple moyen de devenir califes à la place des califes.”

    C’est un peu plus compliqué que cela, quand même.
    On peut relativiser le rôle des “grands hommes”, qui à l’échelle de l’histoire ne sont rien, sans aller jusqu’à nier le rôle des initiatives, très souvent individuelles, pour changer le cours des choses.

    Un exemple : si Bové est candidat, plutôt que Clémentine Autain, c’est parce que quelques personnes ont lancé une pétition de soutien online à son sujet, et quelques autres personnes l’ont relayée. Il n’y a pas eu cette initiative pour Clémentine Autain. Et cela a fait la différence.

    Tout s’est joué au sein d’une “minorité influente online”, que vous le vouliez ou non. Oui, quelques personnes ont jugé qu’elles avaient de l’influence, qu’elles pouvaient lancer cette pétition et la diffuser, et que cela allait changer le cours des choses. Et cela s’est produit.

    Ce qui me gène dans le discours de versac, c’est qu’il est de nature à pouvoir décourager ce genre d’initiatives, en diffusant l’idée qu’agir ne sert à rien, que nous n’influons rien du tout.

    … alors même que lui agit sans arrêt, et propose plein d’initiatives, comme la République des blogs.

    Le discours relativiste de versac, quand il discourt sur la faible importance des blogs, est en contradiction avec son activisme personnel, qui produit souvent de très bons résultats. Nous sommes nombreux à avoir fait pas mal de choses ensemble, suite à une rencontre à la république des blogs. Et tout cela influe par ricochets successifs sur le cours de la campagne.

  14. charlie says:

    @ Axel : tu sous-estimes la moustache dans ton analyse de la différence entre Clémentine et José. Ca m’étonne de toi 😉

  15. Versac tu es un gentleman, moi un paysan. Je dis pas ça pour me moquer, c’est la vérité. Tu agis en douceur, moi je défonce tout. Chacun son style. On va pas se changer.

    Toutes les initiatives que tu as lancées sont fondamentales. Nous sommes beaucoup à faire ce que nous faisons en partie grâce à toi. C’est aussi pour ça que je t’ai souvent cité dans le cinquième pourvoir car tu es un de ses initiateurs en France (que tu le veuilles ou non… si si).

    Mais je crois qu’il ne faut pas nier notre pouvoir car cela reviendrait à dire que nous ne sommes pas responsables. Au contraire, nous le sommes, chaque citoyen l’est, nous un peu plus parce que nous avons pris la parole publiquement.

    Nous devons assumer cette responsabilité, nous ne pouvons pas nous cacher derrière un voile de neutralité.

    Pour Bayrou, je suis exactement sur la même position que toi. J’enrage de le voir piétiner, de ne pas mettre en œuvre dès aujoud’hui ce qu’il promet. Du coup, je doute de plus en plus.

  16. Axel says:

    @ Charlie

    Un “camarade” libéral avait pensé lui ajouter une moustache, à Clémentine :

    http://www.page2007.com/2006/12/15/clementine-autain-versus-clementir-ilitch-autaniov/

    A quels détails se jouent l’Histoire, un nez pour Cléopâtre, une moustache pour Clémentine, le froid en février pour Casabaldi, qui ne peut faire la révolution qu’au soleil… 🙂

  17. Garbun says:

    Thierry, pourquoi ne pas parler de tout ça directement avec Bayrou – lors d’un podcast? -.

    Je suis sûr qu’il t’écouterait avec un l’esprit ouvert et je suis curieux d’entendre ce qu’il en dirait.

  18. Pour tout avouer, j’ai envoyé aujourd’hui un mail à Bayrou pour lui proposer de discuter de tout ça ouvertement. On va voir s’il se manifeste. Depuis quelque temps, il ne répond plus vraiment à ses (mes) mails. 😉

  19. Iza says:

    @Henri : merci de citer mon commentaire. @Enfant terrible : merci d’avoir précisé pour Axel
    @tous les deux : il me semble qu’on commence à faire une drôle de petite équipe tous les trois 😉

    Sinon, à propos du sujet de ce post et de “l’écume”… j’avais écrit il y a un certain temps un post là-dessus (c’est déjà loin derrière -fin 2005- mais je crois encore d’actualité).

    Si ça vous dit : http://tataiza.viabloga.com/news/un-monde-meilleur

    (si je vous l’ai déjà signalé, excusez moi, je radote un peu parfois)

  20. Thierry,
    comment peut-on savoir que c’est bien Mr Bayrou qui a fait le commentaire ?

  21. Axel says:

    Carlo a vérifié, Henri. C’est son IP. C’est bien Bayrou.

  22. Pour les pingouins qui ont besoin de voir pour croire, alors qu’il suffit de réfléchir sérieusement:
    Thierry n’est pas fou !

  23. vin100 says:

    Thierry, ta démarche est peut-être argumentée, ça ne l’empêche pas d’être nulle. Tu excuseras versac de n’avoir ni prétention ou ambition et de n’avoir, surtout, aucun volonté commerciale… A la différence de certains autres (suivez mon regard… toi parmis d’autres).
    Merci à versac d’être versac. Quant à toi, il faudra tenter de faire mieux et notamment de banir certains termes de ton vocabulaire, ça t’évitera des maladresses…

  24. Nous avons tous des intérêts, Versac autant que moi, car à côté de nos blogs nous avons des business. Et mon business n’est pas d’écrire des livres car mes livres ne me rapportent rien, ils me coûtent même beaucoup si vous voulez tout savoir.

  25. Je trouve ce débat étrange. Dès qu’on ouvre la bouche on a une influence. Quelque fois même en se taisant. Les blogs dans leur ensemble sont un amplificateur de cet état de fait, comme tout média. Simplement celui-là est d’un nouveau genre puisque interactif et piloté par d’innombrables mains dont il est rigoureusement impossible de penser pouvoir toutes les contrôler et les diriger.

    Donc cela n’a aucun sens d’après moi de dire que les blogs qui sont dans leur ensemble devenu un énorme média n’ont pas d’influence. Leur influence collective est gigantesque, tant au niveau local que national et même international. Sous l’effet de cette vague, tout observateur quelque peu attentif peut voir le monde local, national et international secoué, et ce sous ses propres yeux. Comment peut-on encore se poser même la question ?

    Pour chacun d’entre-nous, je ne crois pas prendre un gros risque en disant qu’on est tous plus influençables par les blogueurs que l’on apprécie le plus que par ceux que l’on apprécie le moins.

    Un blogueur que l’on apprécie devient donc naturellement une source de réflexion. Par exemple, les billets de Thierry me font beaucoup réfléchir et me donne des idées, comme pas mal d’entre-nous j’imagine. Donc Thierry m’influence, il n’y a aucun doute là-dessus en ce qui me concerne. Les commentaires de ses billets sont souvent source d’idées également.

    Donc plus un blogueur est apprécié plus il a potentiellement de l’influence. N’est-ce pas la même chose dans la vie “normale” ?

  26. Pour Iza:
    Dans la drôle d’équipe, il ne faut pas oublier Garbun , Leny et d’autres.
    J’ai lu ton article repris de ton article qui est en effet pertinent, on a l’impression d’entendre de la harpe vers le fond, enfin plutôt de la harpe électrique, ce qui nous change d’une certaine sauvagerie qui va croitre de plus en plus à l’approche du premier tour.
    Je n’ai pas osé laisser un commentaire, j’aurais eu l’impression de marcher avec des bottes pleines de boue en plein milieu d’un jardin japonais, tellement l’harmonie y règne. (-:

  27. iza says:

    Bien sûr je n’oublie pas les autres. C’est juste que la rafale était drôle.

    Merci pour ta visite et tes jolis mots. Tu aurais largement pu laisser un mot, la blogosphère est fréquentée par des gens bien moins élégants que toi !

    Pour le jardin japonais, c’est sûrement l’influence de Cléa… 😉

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