Pour comprendre son époque, il faut parfois prendre du recul (ce que je fais peu en ce moment avec cette maudite campagne présidentielle). Comme je ne peux voyager dans le futur, j’essaie de regarder en arrière vers des époques qui auraient pu ressembler à la notre et, au cœur de ces époques, je m’intéresse aux hommes qui ont réussi les traverser avec bonheur.

Notre époque me semble caractérisée par une grande convergence : tous les savoirs, toutes les traditions, toutes les politiques se rencontrent pour diverger vers quelque chose du neuf. Nous vivons un big bang culturel qui, au passage, détruit tous les repères.

D’un côté les conservateurs s’accrochent aux vieux modèles, font preuve d’autoritarisme pour le préserver, de l’autre des gens lucides comprennent qu’il est temps de reconstruire sur de nouvelles bases.

La confrontation entre les conservateurs et les novateurs, que je qualifie de freemen puisqu’ils se sont libérés des carcans, me paraît redoubler de nos jours. Elle sera le sujet de Croisade, le prochain livre auquel je travaillerai.

Mais, en attendant, je reviens à mon Ératosthène. J’ai écrit ce roman historique entre 2000 et 2003 lorsque je vivais à Londres. J’y raconte la vie d’Ératosthène de Cyrène, un des hommes les plus extraordinaires de tous les temps, avant tout extraordinaire par sa liberté. Il était déjà un freemen.

Sa vie peut nous apprendre à mener la notre car lui aussi vécut au cœur d’une époque de convergence extraordinaire, la bibliothèque d’Alexandrie dont il fut le directeur pouvant être regardée comme une métaphore d’internet. Ce troisième siècle avant Jésus-Christ fut flamboyant, plein de promesses et il se termina dans le sang. J’espère que nous ne suivrons pas le même chemin.

Comme je n’aime pas les métaphores cachées et les livres à clés, mon roman se trouve entrecroisé de mini essais où j’explicite les parallèles entre les époques de convergence, notamment entre notre vingt-et-unième siècle et le troisième siècle alexandrin. Je réécris ces essais en ce moment et je voudrais procéder comme avec Le cinquième pouvoir, partager ce travail avec vous.

Comme je ne sais pas encore qui éditera ce livre (Bourin est tenté mais comme ce livre sort de son créneau ça risque ne ne pas se faire), je ne peux pas mettre en ligne l’ensemble du texte, car ça risque de refroidir les velléités de pas mal d’éditeurs. Je publierai donc uniquement les essais sur le blog et je mettrai le reste du texte sur lulu.com.

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14 comments

  1. jugurta says:

    Salut Thierry,

    Je n’ai pas pu participer à l’aventure du 5 pouvoir…j’espère que je pourrai vous être d’une certaine utilité pour le prochain…j’ai lu le cinquième et je l’ai trouvé intéressant parfois naïf, mais posant des bonnes questions qui m’avaient aussi turlupinées quand je me suis mis à écrire sur le net en 2004.

    Je crois aussi que nous sommes à l’aube de quelque chose de nouveau mais qui se passe si rapidement, en constante évolution, que nous ne pouvons réellement l’appréhender…un peu comme le passage de l’homme chasseur à l’homme cultivateur…ce que certains ont appelé la « révolution néolithique »…

    Bref, bonne continuation à vous

  2. Pour me faire avancer, je veux bien que vous pointiez des doigts mes naïvetés. 🙂

    L’utopisme n’est pas de la naïveté… sinon, à ces conditions, les anti-esclavagistes ont longtemps été des naïfs.

  3. Iza says:

    Faudrait sans doute faire un post sur la naïveté. Quand j’ai travaillé sur les bouquins d’Ayerdhal, les intervenants que j’avais choisi ont refusé de faire le travail car ils trouvaient ses bouquins “naïfs”. ça m’a posé question à l’époque.
    Et voilà que je me retrouve à nouveau “connectée” à un auteur qualifié de “naïf”. marrant tout de même, faut croire que c’est mon truc.

  4. jugurta says:

    🙂
    alors les naïvetés du 5 ième pouvoir sur le chapitre politique 2.0 :

    “économes : les ressources de la biosphère sont limitées”

    Thierry, les ressources naturelles, n’existent pas en tant que telles, elles ne sont que ce que l’intelligence humaine en fait…vous qui comme moi faites confiance à l’intelligence humaine, savait que quand le pétrole ne sera plus la première ressources on trouvera autre chose….on est déjà entrain de trouver autre chose…le silicium…du sable qui nous permet de communiquer…

    “Mondialiste : comme tout est lié réduire une politique à un pays n’a aucun sens”

    Certes, mais nié les cultures différentes de chaque pays c’est aussi faire fi du réel, le réel c’est des antagonismes entre des cultures, mais ces différences sont aussi un atout dont chaque culture peut se nourrir et créer une Civilisation…

    Bref il y a des naïvetés ou peut être une utopie dans le 5ième, ce qui ne veut pas dire que sur les fondamentaux, réseaux contre pyramide, coopération contre autoritarisme, collaboration contre privilège, je suis en parfait accord avec vous

  5. Je regrette mais je ne suis du tout d’accord. Le naïf c’est vous dans l’affaire 🙂

    E=mc2. L’énergie terrestre est donc limitée (même si elle est très grande). Votre argument est monstrueusement dangereux. Il revient à dire qu’on trouvera toujours une solution (c’est du pur Bush ça). Je crois qu’on trouvera une solution mais je n’en suis pas sûr.

    Par ailleurs, l’atmosphère est une matière première, c’est elle qui est en danger en ce moment. Nous sommes en train de piquer aux générations futures.

    Dans cette perspective, les approches nationales sont aussi très dangereuses car elles n’adressent pas les problèmes transversaux (l’atmosphère par exemple, le réchauffement climatique…). Or voici les véritables problèmes contemporains.

  6. Thierry ne te fatigues pas, Jugurta le lucide est adepte de édouard fillias !

  7. Sardanapale says:

    Résumer le débat entre novation et conservation… et en chercher les traces dans le passé historique… mais on pourra toujours trouver des exemples qui préservent l’ambivalence des situations ! Le léninisme en son temps, c’était le progrès (et selon les données de l’époque dont un ouvrier pouvait disposer, c’était la liberté pour le plus grand nombre).

    Et même pour internet, j’ai du mal à comprendre cette fixation utopique entre passéisme et lendemains qui chantent…

    http://le-derviche-fou.blogspot.com/2007/03/la-rpublique-des-blogs.html

  8. Nico says:

    “Votre argument est monstrueusement dangereux. Il revient à dire qu’on trouvera toujours une solution (c’est du pur Bush ça)”.

    Je dirais plutot que c’est du Darwin que du Bush, et je suis plutôt d’accord avec le propos. Se dire aujourd’hui qu’on fait des erreurs que nos enfants paieront demain relève d’un principe de précaution que je trouve manipulateur et dangereux. Et quand il est considéré à l’échelle de notre planète, il est autant ridicule qu’effrayant. En poussant un peu, on va dire que la durée de la vie sur terre, est de toute façon limitée, et qu’on ne pourra rien y faire pour la prolonger. Je trouve que prétendre le contraire, c’est de la manipulation pour animer et entretenir la grande peur pour mieux régner (et là, on peut revenir à Bush, effectivement).

    “Je crois qu’on trouvera une solution mais je n’en suis pas sûr.” Moi, j’en suis certain ! Je ne sais pas quand, où ni comment mais j’ai cette confiance en l’homme et en l’individu. J’aime l’idée qu’il soit suffisamment responsable pour savoir ce qui est bien pour lui et pour la communauté sans qu’on lui dicte ce qu’il doit faire ou ne pas faire au nom du catastrophisme. Je suis sans doute un grand naïf, mais je vis mieux avec cet optimiste libertaire, qu’avec l’idée du grand traumatisme qui doit me culpabiliser. Ce n’est pas ce que veulent les freemen ou j’ai rien compris ?

  9. Il n’est pas question de demain mais d’aujourd’hui. Les glaces polaires fondent aujourd’hui. Non? Votre certitude fait plaisir mais elle est absurde à moins que vous n’ayez la solution.

    Mise au point. Vous n’êtes pas du tout libertaire mais un libéral aveugle. Le libertaire sait où s’arrêtent sa liberté, quand elle piétine celle des autres. Vous êtes en train de piétiner ceux qui crèvent déjà à cause des dérèglements climatiques, comme au Darfour.

  10. Nico says:

    ah bon ? ils crèvent à cause des dérèglements climatiques au Darfour ?????
    Ne seriez-vous pas en train de mélanger un peu les problèmes ?

    En ce qui concerne la fonte des glaces, elles fondent effectivement. Comme elles ont fondu il y a 1000 ans. Si vous ne connaissez pas, je vous recommande la lecture ce site, très instructif sur le sujet: http://www.climat-sceptique.com. Ils sont au moins aussi convaincant que leurs adversaires. Visionnez également, si ce n’est déjà fait, le reportage de Channel 4 (dont les sous-titres sont téléchargeables sur leur site) “The great global warming swindle”. Personnellement, j’y ai appris beaucoup de choses, et je me suis dit que leur discours était proche des causes que vous pouviez défendre, notamment dans l’esprit que la centralisation du pouvoir au main d’une poignée d’individus n’allait pas toujours dans l’intérêt générale.

    Et je ne crois pas avoir piétiner la liberté de personne, ou alors je vous remercie de me l’expliquer plus clairement.

  11. alban says:

    Comme je te l’avais dit, je serais ton premier acheteur, hésite pas à m’envoyer l’URL où il sera vendu. Je peux aussi te faire une relecture globale si tu veux. Comme éditeur, tu devrais tenter M2 edition, chez Malo Girod de l’ain: tu veux son contact?
    A bientôt !

  12. @Nico Si tu dégages 10 fois plus de Co2 qu’un autre homme tu crois que tu n’entraves pas un peu sa liberté ?
    1/ Tu lui fais respirer tes miasmes.
    2/ Si lui aussi se met à dégager autant de Co2 que toi, là ça devient vraiment irrespirable.
    Voilà le mondialisme… c’est que beaucoup de choses ne s’arrêtent pas aux frontières.

  13. Nico says:

    Je serais d’accord si on me démontre que ce dégagement de Co2 nuit à sa liberté, ce qui n’est pas du tout évident (cf “The Great Global Warming Swindle” qui tend plutôt à montrer que ce n’est pas vraiment le cas).

    Le corollaire de votre 2ème point rejoint l’ultra-écologie, comme quoi la terre ne peut supporter plus de 500 millions d’êtres humains, sans être altérée raisonnablement, ce qui est sans doute une position un peu extrême, vous en conviendrez. J’avoue ne pas trop comprendre comment on peut défendre des thèses comme celle-ci actuellement. Vous excuserez mon cynisme, mais faut il décimer 80% de la population au nom de la sauvegarde de la planète ? organiser un suicide collectif ? Ah non, ca, on est déjà en train de le faire, nous dit-on…

    Je préfère garder un peu de raison et d’optimiste (quitte à passer pour un naïf !), et considérer l’écologie comme un progrès. Je pense même qu’on est bien meilleur qu’on ne l’était il y a 20, 30 ou 50 ans, et que l’environnement est nettement mieux préservé qu’il ne l’a jamais été. Et il n’y a pas besoin d’être alarmiste pour avancer dans cette voie. On peut faire de l’écologie et de la protection de l’environnement, sans être extrémiste, et contre le progrès. Faire des économies d’énergies, et essayer de faire plus propre, c’est bien, culpabiliser la moitié de la planète, parfois pour des raisons très discutables, j’ai un peu plus de mal à l’accepter.

    Et je suis d’accord que beaucoup de choses ne s’arrêtent pas aux frontières; je suis même pour dire que l’on devrait arrêter de moins en moins de choses aux frontières.

  14. Michel says:

    Bonjour

    je partage cette notion de “culpabilité” avec Nico,
    c’est pas aux citoyens du monde de culpabiliser
    mais aux industriels de cette planète.

    Il est maintenant possible de faire du tout non-poluant
    pourquoi n’est-ce pas appliqué à l’ensemble de notre quotidien.

    Alors les débats toi t’es propre et toi t’es pas propre,
    ça fait un peu clochemerle (pour être poli)

    @+

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