Je reste fidèle aux idées exprimées dans Le peuple des connecteurs. Voter n’a plus de sens dans un monde complexe où les élus n’ont aucune chance de mener à bien leurs réformes. Voter pour un Président est l’une des pires mascarades de notre temps. Voter pour une assemblée législative est tout aussi dérisoire.

À mon sens, le vote conserve son intérêt à l’échelle locale, quand d’une certaine manière les moyens d’agir subsistent (mais tout juste), et lors de référendums, quand il s’agit d’exprimer un choix de société (on choisit ce qui nous paraît bon, pas ce qui marchera).

Pour autant, je ne condamne pas le vote. Comme je l’ai écrit dans Le cinquième pouvoir, une élection est l’occasion d’exprimer des idées et de débattre. C’est une grande chance dont nous devons nous saisir. Voilà pourquoi j’ai suivi cette campagne présidentielle, pourquoi je me suis engagé de temps à autres, notamment ces deux dernières semaines pour l’organisation d’un grand débat sur internet.

Mais ce débat n’aura pas lieu

Le seul intérêt à mes yeux d’une élection est en train de s’évanouir. Car c’est au premier tour d’une présidentielle que le débat présente un intérêt, lorsque nous voyons des idées diverses s’opposer. Entre les deux tours, nous retrouvons en général les tenants de l’establishment, trop souvent pieds et poings liés à de vieilles alliances, incapables d’innover.

Pourquoi n’avons-nous pas réussi à organiser ce débat ?

  1. Le pluralisme a été piétiné par une partie des organisateurs. Pour certains (ceux qui n’ont pas publié le second communiqué du mercredi 11), la diversité des idées n’avait justement peu d’intérêt, il fallait se concentrer sur les quatre vedettes, organiser un débat à quatre, parler de ce qui intéresse les Français.
  2. Ils ont tenu cette position irrespectueuse du pluralisme alors même que Nicolas Sarkozy avait annoncé qu’il refusait un débat à quatre, justement au nom du pluralisme, et cela dès le 3 avril. Du coup, Sarkozy est devenu le défenseur des petits, c’est un comble. Il m’est arrivé de penser qu’il avait ses pions chez les opposants du débat à douze et qu’il avait piloté cette affaire. Je ne le crois pas aussi machiavélique. Dans ce cas, la position des opposants au débat à douze est tout simplement incompréhensible (leurs arguments techniques ne tenaient pas : des débats à douze se déroulent parfois lors des primaires américaines et d’autres possibilités existaient). Il ne tenait qu’à nous d’innover.
  3. Proposer un débat à quatre a bien sûr offensé les huit autres candidats, qui pour la plupart se sont empressés de refuser la tenue de débats de rattrapage. J’approuve leurs réactions. Les candidats à une élection n’ont pas à être décrétés petits ou grands avant le scrutin. Qualifier a priori les uns ou les autres de grands, c’est antidémocratique car c’est, jusqu’à preuve du contraire, les électeurs qui décident le jour du scrutin. Traiter un candidat de petit, c’est méprisant.
  4. Nous autres partisans du pluralisme avons été maladroits. Nous avons initialisé l’organisation du débat, puis nous avons contacté les grands médias et les avons introduits un à un dans la boucle. Plutôt que d’amener les grands médias sur notre terrain, internet, nous nous sommes laissés attirer sur le leur.
  5. Ce fût une erreur fatale. Ils n’ont jamais organisé de débat au premier tour et il n’y avait aucune raison qu’ils le fassent cette fois. L’avenir ne leur appartient pas, il nous faut nous mettre cette réalité dans la tête, il nous faut arrêter de succomber à leurs vieux charmes. Nous sommes l’avenir, ils appartiendront à cet avenir en venant sur notre terrain. Ils peuvent nous apporter beaucoup mais je suis persuadé que nous pouvons leur apporter encore plus.
  6. En attendant, leur terrain, c’est le star système et non pas la démocratie. Ils n’ont aucune idée que de multiples longues traînes apparaissent dans tous les domaines, en politique notamment. Ils ne savent que se concentrer sur le haut de l’iceberg et ne veulent pas voir que les choses importantes se passent ailleurs, notamment dans le web underground.
  7. En fait, nous autres blogueurs n’avons pas cru en notre capacité d’organiser le débat, non pas en notre capacité technique, mais en notre capacité à convaincre les douze candidats. Nous avons voulu bénéficier de plus de puissance, une puissance qui s’est malheureusement concentrée en vain sur les quatre candidats.
  8. En annonçant un débat à quatre, ce malgré la volonté de certains de faire débattre les huit autres en parallèle, nous n’avons trouvé que peu d’appuis dans la blogosphère massivement pluraliste. Heureusement, j’ai envie de dire.

Je suis maintenant convaincu que, si nous avions tenté d’organiser un débat à douze, si nous avions campé sur nos positions, nous aurions eu un débat. Peut-être pas à douze mais à dix sans aucun doute. Et la démocratie y aurait gagné.

J’espère qu’à l’avenir nous mesurerons mieux nos spécificités et que nous les défendrons fermement.

J’espère que, plutôt que de succomber aux charmes des grands médias, nous serons capables de leur apporter des idées nouvelles et de les aider à se renouveler. Nous n’avons pas assez joué gagnant-gagnant dans cette aventure. Nous n’avons pas su ajouter nos forces.

J’espère que nous allons très vite nous remettre à travailler ensemble et cette fois aboutir.

PS. Alors pourquoi j’ai accepté de signer les communiqués ? J’ai espéré jusqu’au bout que, en restant dans la boucle, je pourrais la tirer vers le pluralisme. Le 5 avril, plusieurs d’entre-nous, ont refusé de signer un communiqué non pluraliste, faisant pression pour un communiqué plus ouvert. Nous avons obtenu une petite victoire qui m’a laissé espérer. Au final, tout ce que nous avons obtenu, c’est la publication d’un communiqué complémentaire le 11 avril.

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27 comments

  1. Sébastien Brant says:

    Un truc m’échappe dans cette histoire :

    Si tous les candidats étaient d’accord pour un débat à 12, pourquoi ce débat n’a-t-il pas eu lieu ???

    Et rappelons en passant qu’un débat à 12, que tous les candidats ont accepté, pourrait très bien se dérouler en prime-time sur une grande chaine de télévision pour atteindre un maximum de gens.

    Alors, qui manipule qui dans cette histoire ? C’est grotesque.

  2. Je n’ai jamais dit que tous les candidats avaient accepté un débat à 12. Si les TV l’avaient proposé, ils auraient accepté, j’en suis sûr, mais les TV ne l’ont pas proposé, peut-être parce que Nicolas Sarkozy a trouvé tous les moyens pour esquiver (étant en tête il avait tout à perdre).

    Par ailleurs, de nombreuses formules à 12, notamment ma version speed dating était impossible à réaliser et à diffuser à la TV.

  3. Axel says:

    Excellent billet, qui résume l’essentiel.

  4. jugurta says:

    Merci Thierry pour ces explications. Le truc maintenant c’est de se servir de ces erreurs pour rebondir. Comme vous le précisez l’important c’est pas de voter mais de débattre et c’était certainement le seul moment important de cette campagne.

    Je suis donc asez décu comme d’ahbitude par nos politiques…. dimanche pour ma première et dernière présidentielle j’irai peut être voter blanc ou je resterai chez moi…

    Je laisse en complément un extrait d’un article du Québécois Libre.

    “Nos ancêtres se sont battus pour obtenir la séparation de l’Église et de l’État, et avec raison. La croyance religieuse est une manifestation de pure subjectivité, elle ne saurait donc légitimer une contrainte sur autrui.

    Mais la politique aussi est une affaire d’opinion, et on ne voit pas quelle raison objective nous permettrait d’imposer nos choix politiques à ceux qui ne les partagent pas, que ce soit par le vote ou par n’importe quel autre moyen.

    Séparons donc la politique de l’État, comme nous avons séparé l’Église de l’État. Arrêtons de vouloir forcer autrui à vivre comme nous.”

    http://www.quebecoislibre.org/05/050315-15.htm

    “ARRETER DE VOTER, VOUS LES ENCOURAGER”

  5. José says:

    Vieux principes de stratégie, déjà connus de Sun Tzu :

    – renforcer ses points forts, affaiblir ses points faibles ;
    – avant la bataille, choisir son terrain (celui que l’on connait mieux que l’adversaire) et ne pas se placer sur un terrain favorable à l’adversaire ;

    L’erreur, dans cette opération, a été double :

    1- s’asseoir, pour certains, un peu trop rapidement, sur leurs convictions : on ne négocie pas le pluralisme (ce qui d’ailleurs doit amener à réfléchir sur ce que peut signifer, en pratique, la longue traine dans ces domaines).

    2- placer l’internet sur un enjeu et un terrain qui, s’ils avaient une chance de réussir, auraient été récupérés, de toutes manière, par avance ou au final, par les médias traditionnels.

    A l’avenir, tout ce qui ressemblera au terrain, aux enjeux, aux savoir-faire, des médias traditionnels doit être soigneusement évité. Rêver d’être TF1 à la place de TF1 est une illusion et une perte de temps. Singer les médias existants est condamné à l’échec.

    Ce qui doit être développé, ce ne sont pas des “recettes“ anciennes sur un nouveau medium, ce sont des idées, des approches, des formats, des formes de dialogues ou d’intervention nouveaux. Et hop ! Vive l’imagination 🙂

  6. Enfant Terrible says:

    Je le répète sans jouer les “cassandre”: je ne prends jamais les gens par surprise.
    (voir les commentaires de l’article, sur ce même blog: “Débattre à 12 est-ce possible?” puis “speed dating”). Je n’accablerais personne.

  7. Paul de Montréal says:

    Un débat à 12 voir même à 4 ne presente que peu d’interet pour le choix final car bien souvent l’électeur va privilegier le meilleur communicant, le plus convaincant, le plus démagogue. Hors ce n’est pas celui qui est necessairemen le plus compétent et le plus rassembleur et constructif.

    Je note trois evenement positifs importants :

    1. Ce qu’a apporté l’internet dans cette campagne politique française est énorme! J’ai découvert de chez moi à Montréal un contenu de qualité (bayrou.tv) que je n’aurrai pas vu à la TV française. Les idées de chacun sont écrites noires sur blanc et on peut les comparer plus objectivement qu’a travers les mimiques et guignols de la TV. L’acces internet se démocratise avec 30 Millions d’internautes en France.

    2. Le discours anti-clivage politique “gauche-droite” de Bayrou (ex-CDS) avec un discours de qualité plus constructif, éducatif et rassembleur autour de la social-économie.

    3. La lettre de Rocard pour une alliance Bayrou-Royal est un message fort qui va sans doute changer les choses pour ces presidentielles mais aussi les législatives de 2007 et je l’espere à l’avenir en France.

    Pourquoi certains passent à côté de tout cela ?
    ils sont sans doute trop pres de l’action, ils manquent de recul.
    Du recul pour ma part j’en ai à revendre 😉

    Le samedi 21 avril (un jour avant) je voterai avec d’autres expatriés francais situé en Amerique du Nord.

  8. Swimmer21 says:

    Eh bien, moi je suis très content de tout ce qui se passe. Je comprends la tristesse que je sens poindre au travers du post de Thierry dont j’apprécie le ton à la fois pragmatique et sincère.
    J’ai envie de vous dire que bien que le débat n’est pas lieu, c’est déjà super de l’avoir organisé, que les médias en aient parlé et que les candidats aient été interpelés. Les fruits d’une telle initiative sont pour moi déjà énormes. Le net s’est invité dans le débat public au vu et au su de tous. C’est beau ça, non ? Alors bravo à tous et en particulier à Thierry ainsi qu’aux autres organisateurs de cette initiative.

    L’un des enjeux stratégique du net c’est qu’il n’est ni vu ni reconnu IRL par ce qui sert de médias “de la réalité des français” comme disent les hommes politiques. L’expérience a permis de jauger le système de défense qui est à l’oeuvre, d’en voir les rouages r-usés. Et aussi de “fonder” l’autre, c’est à dire le considérer tel qu’il est pas plus, pas moins. En l’espèce, cet autre forme un système à bout de souffle sur le sens qu’il véhicule. Et le voile fut levé non sur des personnes mais sur cet ensemble. Laissons le s’essouffler vraiment, aucun investissement en temps et en énergie sur ce point n’est nécessaire à mon sens. Ceci implique en revanche, de poursuivre la préparation vers l’émergence du “nouveau” auquel invite l’internet. En faire une plateforme incontournable pour chacun, voilà un enjeu qui mérite à mon sens l’énergie et l’engagement que chacun souhaite y consacrer. Car en plus du contenu, le net véhicule une autre culture, en fait des processus efficaces de gestion de la complexité. Il s’agit là d’un levier stratégique de changement selon moi. Deux points me semblent ici importants : l’accueil et la disponibilité. Le premier consiste dans une posture bienveillante, ouverte et attentive à ses besoins et à ceux des autres. La disponibilité correspond au fait de pouvoir mobiliser l’énergie suffisante pour que cela se passe. Une idée comme ça pour illustrer : la mise en place d’un studio de débat en libre service pour les candidats aurait montré cette volonté d’accueil et de disponibilité. Libres à eux de l’utiliser ou pas. Perso, je veux bien verser quelques dizaines d’euros pour contribuer à la réalisation de l’expérience.
    Je crois qu’effectivement, il y a eu un manque de confiance en soi pour aller au bout de la démarche. Que fait-on de cela maintenant ? Tout d’abord, il me semble important de ne pas se cristaliser sur cette expérience et de la mettre en perspective dans la dynamique actuelle. Je pense que de plus, il est autorisé de ne pas réussir à organiser un tel débat dès la première fois. D’autres élections suivront, d’autres évènements donneront l’occasion de manifester l’efficacité des processus que proposent le web. Discrètement et puissamment.

    Enfin, je rejoins les excellents commentaires des uns et des autres sur ton post.

  9. Axel says:

    “C’est beau ça, non ?”

    Non, ça n’est pas beau. Car une poignée d’acteurs du Web, en connivence avec quelques médias traditionnels, a récupéré une opération qui au départ était censée être un mouvement citoyen, des Internautes, du moins c’est ce que Bayrou disait.

    Ce qui s’est passé est très moche. C’était un rapt démocratique, au mépris du pluralisme des candidats, et au mépris du pluralisme des acteurs Internautes, qui ont très vite été écartés de l’organisation et des informations.

    Ce qui s’est passé, c’est le pire de toute cette campagne présidentielle : le 5e pouvoir s’est ridiculisé en singeant les pratiques du 4e.

    Thierry est sans doute le seul, de toute l’organisation, à avoir conservé ses principes jusqu’au bout, même s’il a sans doute eu un moment de naïveté, en croyant qu’ouvrir la boucle aux médias traditionnels allait permettre de sauver le principe de l’opération.

    Les autres acteurs de l’opération font mal au coeur, et ont perdu pas mal de leur crédibilité pour défendre une autre politique, une autre vision de la démocratie.
    Il a suffi que quelques grands médias se tournent vers eux, pour qu’ils abandonnent toutes les valeurs défendues auparavant.

  10. Enfant Terrible says:

    @Paul de Montréal: L’électeur a le candidat qu’il mérite. Nous n’avons pas, lorsque nous organisons, à orienter le choix de l’électeur. Même si ce choix n’a que peu d’intérêt pour vous, c’est le choix qu’il a fait. il est au contraire TRES IMPORTANT de respecter ce choix et de comprendre derrière, la mosaïque de l’électorat français. De savoir dans quel pays vont vivre nos enfants

    La véritable différence avec internet, c’est que tous les électeurs pouvaient avoir avec les dossiers la possibilité de déterminer à tête reposée si tel ou tel argument était ou non démagogique, Si les projets faits par nos candidats étaient ou non réellement tenables au vu des réalités qu’ils vivent.
    Cela pouvait même donner lieu à d’autres organisations de débats locaux avec les maires qui sont en première ligne lorsqu’il s’agit déterminer à quelle restrictions ils doivent faire façe sur tel point d’un dossier.
    Bref, UNE OCCASION SANS PRECEDENT pour tous de véritablement savoir à quoi les candidats font réellement référence lorsqu’ils opposent un argument à leurs concurrents (qui bien souvent est plus d’ordre factuel et relayé par les deux ou trois grands groupes de presse selon les événements, que d’ordre fondamental sur la manière dont sont stratifiés actuellement les problèmes sociaux).

    Pour citer Gandhi ” Il ne s’agit pas de condamner les autres pour des erreurs que nous nous réservons à nous mëmes”La manière dont les candidats utilisent leurs connaissances aurait été plus révélatrice en soi que les bourdes auquelles chacun d’entre eux est coutumier. Si l’on veut voir un beau combat, je conseille plutôt de se diriger vers les ring de boxe, les tatamis de judo, voire même encore mieux les salles de tournois d’échecs, puis de revenir à tête reposée, l’esprit aéré de toute cette merde agressive, l’esprit affuté et calme pour faire les choix qui vont déterminer cinq ans qui peuvent être plus importants dans une vie que les autres années. Sun Tsu abonde ici dans mon sens.

    Et enfin, en se creusant la tête pour trouver une rencontre satisfaisante entre les candidats et les électeurs, le bénéfice que les candidats pouvaient retirer de l’expérience internet était de connaitre une autre France que celle des poignées de mains, de leur faire comprendre qu’internet pouvait leur permettre de faire de la politique réelle. ET LA, leur refus aurait été très significatif si refus il y avait. Comment allaient ils aborder le monde s’ils refusaient déjà d’aborder la France.

    Sur ce, je souhaite un bon vote à ceux qui se contentent apparemment des dossiers chétifs qu’on leur a présenté !

  11. D’une pierre je ne vais pas faire deux coups, mais une demie douzaine ! Pourquoi ? Comment ? Parce que ! Je vais faire un peu de pub pour Bové, mais ce n’est pas lui qu’il faut regarder et écouter la dessus:
    http://www.europe1.fr/presidentielle-2007/videos/687611/jean-pierre-elkabbach-recoit-jose-bove-

  12. Enfant Terrible says:

    Je voyais les choses plutôt dans ce sens là : http://www.commentonfait.fr/
    mais pas uniquement que pour la société civile.

    J’ajouterais juste une chose à mon commentaire:
    De toutes ces 50 dernières années en France nous avions enfin les possibilités d’écrire les meilleures pages de la démocratie, car les plus complètes.
    J’enjoins les autres pays du monde à en tirer les leçons. Car ce rendez-vous là, nous l’avons manqué.

  13. Garbun says:

    Je l’avais déjà dit ici, mais je vais répeter ce qui me semble être le plus intelligent et naturel comme fonctionnement, pour la prochaine fois. D’abord, voir les 2 gros défauts des débats habituels, qui sont les suivants :

    – Les débats à plus de 2 sont rarement intéressants : tout le monde coupe la parole de tout le monde (même quand il y a un journaliste modérateur), on ne reste qu’en surface et au final, personne ne réussit à convaincre les autres ne serait-ce qu’un peu. Car quand on est 5, la moindre prise de position sera forcément en contradiction totale avec le point de vue de l’un des participants, et celui-ci ne manquera pas de le faire savoir, en fustigeant la plupart du temps. Donc ça piétine.

    – Tout ce qui est télévisé est chronométré. Certains sujets sont bien trop complexes pour n’être traités qu’en quelques minutes, ils impliquent certaines conséquences qui elles mêmes doivent débattues, sans quoi le débat est sans intérêt. Il est donc vain de vouloir traiter ces sujet dans un temps si court.

    Il faut pouvoir avoir le temps d’analyser les fonctionnements de chaque mesure Aujourd’hui c’est un miracle quand un politicien nous décrit les rouages d’une réforme. Il se contentera de dire la plupart du temps “je veux que chacun puisse vivre convenablement”, comme si ce n’était pas l’avis de tous… Les détails des phénomènes économiques (qui sont la véritable question) sont soigneusement évités.

    Entend-t-on souvent parler des conséquences des mouvements des taux d’intérêts, ou de l’effet Laffer ? Pourquoi n’entend-t-ton jamais l’expression “création de richesse” alors que c’est la clé du système économique ? Combien de gens pensent que l’économie est un jeu à somme nulle ?

    Tant que nous n’aurons pas reglé ces problèmes, nous n’avancerons pas.

    La seule solution d’après moi, c’est donc que les candidats puissent débattrent avec qui ils veulent, et le temps qu’ils veulent. S’ils décident de causer pendant 5 heures de la question de l’emploi, il faut leur en donner l’occasion, il n’y a qu’en creusant vraiment qu’on progresse. Toute règle extérieure sera une contrainte au débat (à un niveau ou à un autre), et doit donc être évitée.

    Tout ce que nous pouvons faire est donc de les encourager à se rencontrer, par exemple via un site qui proposerait toutes les rencontres possibles, les candidats accèpteraient ou non, ils pourraient en proposer eux-mêmes certaines, etc. Il faut en réalité faire en sorte de voir 2 personnes qui discutent yeux dans les yeux, et non 2 personnes qui vendent leur image à la caméra.

    Des débats choisis par eux, sans plateau de télé ni public pour applaudir ou huer, et d’une durée non limitée, sont un moyen de les forcer à aller, pour une fois, au bout des choses.

  14. tk says:

    Même si certains ici semble désabusés par la tournure de ces élections, il n’en reste pas moins que certains veulent voter mais ne savent pas pour qui.

    Aujourd’hui, je viens de mettre en ligne un bloc note interactif vraiment pas comme les autres pour aider les 40% d’indécis a choisir leur candidat pour la fin de la semaine.
    http://www.nosvies.fr/2007/04/14/elections-prsidentielles-un-bloc-note-interactif-original-pour-mieux-voter/

    Attention c’est du sérieux, ca fait reflechir mais la situation vaut bien cela, n’est ce pas ?

  15. Swimmer21 says:

    @ Axel : je comprends ta déception et ta colère. Ma vision est la suivante : l’apport de cette initiative est aussi une prise de conscience du fait que si le net s’oriente vers le 4ème pouvoir, et ben, ça ne marche pas. Ainsi, vont les processus : j’entends et j’oublie, je regarde et je retiens, j’agis et je comprends. Il est parfois nécessaire de faire des choses, y compris celles qui n’atteignent pas les objectifs que l’on s’est fixé, pour comprendre ce qui fonctionne ou pas.
    Dans cette histoire là, nous en sommes tous au même niveau. On découvre la nouveauté et là, il n’y a pas de recette miracle, seulement des histoires personnelles. Alors, allons y et quoi qu’il se passe, il y a du bon à tirer ! Même si cela ne correspond pas à l’objectif que l’on s’est fixé au départ. L’important, à mon sens, est de savoir ce que l’on en fait après.
    Je signale le site de la Fondation pour le Progrès de l’Homme (http://www.fph.ch/) qui réfléchit depuis plusieurs années sur les questions de gouvernance en univers complexe et tutti quanti.

  16. Flo says:

    Finalement, à vous lire et en repensant à celui d’agoravox de Carlo, et les commentaires qui suivent, je me dis au final vous aurriez du maintenir ce débat avec seulement ceux qui étaient d’accord pour le faire…

    Vous vous êtes finalement fait mener par le bout du nez et vous avez accepté leurs refus – c’est dommage – leur prouver qu’internet le le débat politique poeut continuer même sans eux (et seulement par ce qu’ils l’ont refusé !)

  17. Axel says:

    @ Swimmer21

    Oui, excuse-moi, je passais en coup de vent et j’ai réagis au début de ton message sans tout lire, j’ai fait un contresens.

    Je croyais que tu voulais dire (musique qu’on a entendue chez d’autres) : “c’est beau, le 5e pouvoir et le 4e ont commencé de travailler ensemble, la prochaine fois sera la bonne, continuons d’entretenir ces bonnes relations avec les journalistes”.

    Il est évident que lorsque tu écris :

    “si le net s’oriente vers le 4ème pouvoir, et ben, ça ne marche pas. ”

    nous sommes sur la même longueur d’onde.

    Les logiques poursuivies par le 5e et le 4e pouvoir sont antinomiques.

    Il faut lire l’article du Monde de ce soir, qui est incroyable de mauvaise foi, et accuse le média Internet d’être à l’origine de l’échec. Ben voyons !

    Et Le Monde de justifier le choix de “4 candidats”, en parlant de choix le plus “réaliste”, alors qu’il menait à l’impasse ! ça en dit long !

    Je ne peux pas croire que Le Monde ait pu être aussi naïf. J’en déduis que Le Monde n’a pas voulu du débat, d’aucun débat.

  18. Guillaume says:

    Tout est résumé, Il faut voter Bayrou parce qu’il réconcillira les français… Parce qu’il ne dégradera pas la France dans le monde.

  19. Enfant Terrible says:

    Et en plus, le 4 ème est en train de déclarer la guerre au 5ème:
    A cause des résultats diffusés soi disant en avance sur internet, il y en a qui veulent demander aux FAI de couper la ligne à tout le monde pendant la durée du vote !

  20. Garbun says:

    Excellent texte, merci i.a.

  21. Superbe lettre en effet… je crois que je vais la reproduire tant elle dit ce que je dis trop souvent.

  22. Dilbert says:

    Très bon !! Hélas, la victimologie n’a plus beaucoup d’avenir, elle a fait son temps dans la Ripoublique Fromagère, elle disparaîtra quand les victimes auront disparu (et le fromage aussi).

    Rien à voir, mais “voter c’est abdiquer”, je suis mille fois d’accord. Je l’ai d’ailleurs repiqué pour enrichir (eh eh, j’aime ce mot) notre article politique.

  23. Swimmer21 says:

    Ce que j’aime beaucoup dans ce que vous écrivez et proposez, c’est que ça dépotte. Il y a de la variété, de l’énergie, du rire et du fond. De la vie quoi !!
    Pour moi, c’est un indicateur qui ne trompe pas et qui me guide pour m’engager. C’est aussi sans doute cela le 5ème pouvoir, l’autorisation d’exprimer son énergie à fond de manière relax (en toute sécurité et confiance) et selon son envie.
    Continuez, continuons !

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