Pas de centrale près de chez moi

En théorie, je suis pour l’énergie nucléaire. Je pense qu’elle est un moindre mal, en tout cas moins pire que le pétrole ou le charbon. Pour réduire les dégagements CO2, c’est une très bonne solution.

Problème : je ne veux pas d’une centrale près de chez moi. Du coup, je suis obligé, pour cette seule raison, d’être contre le nucléaire. Car, si je ne veux pas de centrale près de chez moi, je ne peux pas demander à d’autres citoyens de se sacrifier pour moi.

Ma position n’est pas écologique puisque écologiquement le nucléaire est peut-être la moins pire des solutions : il vaut mieux laisser aux générations à venir des déchets radioactifs dans des zones localisées plutôt qu’une atmosphère globalement détériorée (c’est la position que défend Lovelock dans son dernier livre).

Pourtant, si je suis théoriquement pour le nucléaire, je suis affectivement contre. Et je le suis doublement depuis que j’ai vu Leçon de recrutement, le film #15 d’Antoine.

En cas d’incident nucléaire, seriez-vous prêt à passer quelques minutes à colmater les brèches de la centrale ? Seriez-vous prêt à devenir un « liquidateur » ? À Tchernobyl, selon Antoine, 800 000 liquidateurs se firent irradier pour sceller le réacteur endommagé !

Non, je ne suis pas prêt et je suis donc contre le nucléaire (après m’être moqué pendant des années des écologistes qui étaient aussi contre). Que tout ceux qui se disent pour deviennent liquidateur et signent pour avoir une centrale près de chez eux.

À cause de ma poltronnerie et mon goût du confort, ma préférence va aux énergies renouvelables. Je me moque qu’elles ne soient pas rentables, je les choisis par principe (c’est pour ça que je prépare l’installation du solaire chez moi pour un prix prohibitif).

Il faut arrêter de mettre en avant le principe de rentabilité. Quand il en va de sa survie, on se moque de la rentabilité. Il doit en aller de même quand il s’agit de la survie de la biosphère.

Certains disent que, même en se moquant de la rentabilité, les sources alternatives seront incapables de produire suffisamment d’énergie. Je ne le crois pas. Nous vivons une phase de progrès exponentiel. Il faut une vingtaine d’années pour construire une centrale atomique. En vingt ans, le rendement des piles photovoltaïques aura au minimum doublé, l’électricité solaire sera alors abondante et économique. Sans parler des autres pistes comme la production d’hydrogène par photosynthèse, la géothermie ou les piles bactériennes.

Refusons les sources d’énergie que nous ne voulons pas près de chez nous.

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40 comments

  1. Yves-Marie Brault says:

    Au sujet de la soi-disant rentabilité de l’énergie nucléaire, gardons à l’esprit que seuls la construction des centrales, leur exploitation et le retraitement des déchets sont contenus dans le prix. En sont donc exclus : la recherche publique (90 % de la recherche énergétique en France), la déconstruction des centrales (une étude indique 100 milliards d’euros pour le parc britannique, 5 fois moins étandu que le français) et le gardiennage des déchets (plusieurs personnes 7j/7, 24h/24 pendant plusieurs millénaires, même au SMIC, ça fait…) qui eux ont été, sont ou seront au frais du contribuable. Sans compter les risques : un convoi de déchets intercepté par Al-Quaïda pourrait résulter en quelques valises de Pu ouvertes sur les places des grandes métropoles occidentales, et je n’ose imaginer les conséquences d’un avion s’écrasant sur Graveline avec un bon vent d’ouest. L’Ukraine et la Biélorussie sont bien moins densément peuplées que le Nord ou le Bénélux.

    Également, pour les détracteurs des énergies renouvellables, j’avais lu dans Sciences & Vie il y a quelques années qu’un nouveau type de cellules photovoltaïques avait vu le jour (et doit donc être largement en production voire même dépassé actuellement) dont la performance faisait que si l’on en couvrait l’ensemble des toits des bâtiments français, la France serait autosuffisante en électricité. Si l’on ajoute les autres sources, on est donc large.

  2. Dilbert says:

    C’est l’argument “not in my backyard” que tu nous sors là, Thierry… Mais je comprends tout à fait ton point de vue.

    Notons que les étatistes qui t’imposent une centrale près de chez toi se moquent totalement de ton point de vue. Sous l’angle libertarien qui est le mien, ils piétinent allègrement ton droit à la propriété et ton droit à ne pas subir une nuisance. La notion (fausse) d’espace public et de “biens publics” permet allègrement ce genre de comportement esclavagiste.

  3. Paul de Montréal says:

    > En cas d’incident nucléaire, seriez-vous prêt à passer quelques minutes à colmater les brèches de la centrale ?

    En cas d’écrasement d’avion, seriez vous prêt à être dans l’avion ?
    Je suis théoriquement pour l’avion mais affectivement contre les écrasements d’avion. 😀
    Vu comme cela effectivement je suis d’accord avec toi.
    Que nous dit on pour l’avion ?
    Que les probabilités sont plus faible qu’une compression de César dans sa propre automobile. Ca s’appelle la gestion des risques en tenant de compte de la probabilité ET des dégats probables. Plus les dégats sont important plus la probabilité doit être faible sinon le risque n’est pas acceptable.

    Le probleme de proximité relative des centrales nuclaires des habitations/villes tient je pense au fait des pertes de transport de l’electricité. S’il y a trop de perte il faut construire plus de centrales. il faut trouver le meilleur compromis possible. Reste que Tchernobyl est un vieux modele de centrale nucléaire qui n’existent pas en France. Les écologistes et anti-nucléaire (je precise) participe involontairement parfois à rester avec des vieilles versions de centrales alors que la technologie s’ameliore et progresse.

  4. Quand je prends l’avion, je prends un risque tant que je suis dans l’avion. Avec la centrale c’est un risque continu et qui va impliquer mes enfants. Pour moi les deux problèmes ne sont pas comparables. Je ne suis pas pour le zéro risque mais contre le risque continu et surtout inutile.

    Défendre le nucléaire par les progrès de la techno, c’est donner de l’eau au moulin des énergies alternatives qui elles progressent aussi et plus vite et qui ne dépendent pas sur d’ressource limité comme l’uranium.

  5. > Défendre le nucléaire par les progrès de la techno, c’est donner de l’eau au moulin des énergies alternatives

    Oui Thierry 🙂 mais en attendant que ces energies alternatives ou renouvelables prennent le relai de la production nucléaire actuelle francaise comment faites vous ? Vous arretez d’utilisez l’électricité d’origine nucleaire pendant 20 ou 40 ans. Electricité qui represente 90% de votre electricité ?

    > c’est un risque continu et qui va impliquer mes enfants.

    Si le risque n’est pas acceptable pour ta famille alors vends ta maison à quelqu’un qui est près à le prendre en contre partie d’un prix plus attractif pour ce fait.
    Au Quebec, j’ai pas ce probleme avec +90% de l’electricité qui vient de l’hydroélectricité mais avec une population 8 fois inferieur et un espace sans doute 4 fois superieur à la France. On en exporte une partie vers les USA.

  6. Yves-Marie Brault says:

    > en attendant que ces energies alternatives ou renouvelables prennent le relai de la production nucléaire actuelle francaise comment faites vous ?

    Il peut installer ces sources chez toi pour compenser chaque année sa consommation ; et c’est ce qu’il fait.

  7. Je ne dis pas qu’il faut arrêter les centrales qui marchent. Utilisons-les jusqu’à leur fin de vie.

    Prendre le relais? Quel relais? Le nucléaire n’est pas capable de prendre le relais du nucléaire avant vingt ans. Les nouvelles centrales ne seront pas en service avant. À ce moment, et même bien avant, les énergies nouvelles pourront prendre le relais.

  8. Avant 2020, 100% des besoins d’électricité issu des energies renouvelables en France avec le PO (Peak Oil) qui s’en vient et les voitures électriques.
    Ca me semble tres optimiste de ce que je lis sur un forum specialisé transition energetique. Ils sont d’ailleurs asses déprimés.

    Sinon le point sur les réacteurs de Génération 4
    http://www.oleocene.org/phpBB2/viewtopic.php?t=4237&highlight=

  9. En 2020 d’après ce que je crois savoir il n’y aura pas de nouvelles centrales atomiques en France. Donc on est dans la merde ! Les énergies alternatives sont donc la seule solution (ou le charbon :-))

  10. Yves-Marie Brault says:

    En se passant tous d’EDF pour Enercoop, on pourra peut-être s’en sortir…

  11. Enfant Terrible says:

    Nous vivons une époque de transitions, ce sujet fait partie des opérations de combinaisons transitoires (l’un nous a permis de gagner du temps pour développer l’autre etc…ainsi de suite). le problème est que beaucoup de gens envisagent chaque moyen d’obtenir de l’énergie comme une fin en soi, comme autant de pistes à poursuivre et à perfectionner (à l’image du barrage électrique), chacun défend la sienne comme prévalant sur toutes les autres.

    Le cerveau ne fonctionne lui- même pas comme ça, l’orsque nous avons en vue un objectif, mais que certaines zones sont “indisponibles”, notre système nerveux combine ses autres ressources pour surmonter les obstacles qui s’interposent en utilisant pour chaque obstacle la ressource la plus adaptée.
    Pour lui, c’est la philosophie du non qui l’emporte.

    Pour ce qui est de l’énergie, j’aurais tendance à envisager le problème de l’énergie de la même manière. Selon notre age, il ne nous viendrait plus à l’idée de tous utiliser les mêmes ressources énergétiques corporelles, ce serait vain.
    Qu’en est-il pour l’âge de chaque nation.
    Par exemple, les Etats unis ne veulent pas envisager de changement et conserveront leur ligne de conduite archaïque, le résultat et l’impact sur la planète commence a devenir visible…

    Malgré toutes les techniques de développement personnel qui à peu de chose près envisagent toutes de mettre de son côté toutes les possibilités (les unes en connaissant moins que d’autres au fur et a mesure de l’avancement des recherches),certains disent que nous n’avons pas le choix, d’autres ne nous proposent de choisir qu’une seule direction.
    Avançons encore comme ça et nous sommes surs et certains de n’avoir toujours pas résolu le problème dans deux siècles…

  12. Swimmer21 says:

    Je crois que le problème est en fait dans la manière dont Thierry décrit son opinion. Il y autant de pour que de contre et l’on peut discourir longtemps sans rien faire avancer. C’est peut être ça le débat ?
    Alors bas les masques les amis !! La question du nucléaire est à traiter et si ce n’est pas chez nous, ce sera chez le voisin. Et qui même bien que lointain reste très voisin comme l’a montré Tchernobyl.
    Je rejoins Paul de Montréal quand il compare aux avions. C’est le même type de question à savoir comment je gère le risque nucléaire, moi même et avec les autres. Comme ça ne rigole pas, nos enfants et ceux qui suivent pendant fort longtemps sont et seront impliqués, je pense qu’il est souhaitable de répondre à cette question. Personnellement, je suis d’accord pour le nucléaire à condition de savoir et pouvoir influer sur la manière dont ce risque est géré. Cela implique transparence et ouverture de tout, y compris des centrales avec des visites guidées. Pour info, qui a des pastilles d’iode chez lui. Bon moi non plus je n’en ai pas. Je pense que l’on revient aux questions que posent le web et Cie : transparence, ouverture et ubiquité qui génèrent une nouvelle culture de responsabilité, à construire. Plus qu’en oui ou nan, j’en veux, j’en veux pas, na! Il est aussi possible de rester dans ce type d’alternative. Je vous quitte, je vais m’acheter des pastilles d’iode !!

  13. sophie says:

    très amusant cet embourgeoisement des convictions, aux ames bien nées …

  14. Paul de Montréal says:

    Dans le débat NS-SR
    Ils se sont trompés tous les deux sur la part de l’electricité nuclaire par rapport à l’electricité en France.
    NS a dit 50% et SR 17% (= chiffre exact par rapport à l’ensemble des energies).

    La bonne réponse etait 78% et je me suis légerement trompé avec 90%.

  15. Michel says:

    Bonjour

    En ce moment des tractations ont lieu entre l’Allemagne et le royaume du Maroc
    concernant la livraison d’une centrale solaire , pouvant couvrir l’ensemble des besoins en electricité pour les deux pays.

    @+

  16. Garbun says:

    On pourrait avoir des précision ou des liens, Michel?

  17. Michel says:

    Bonjour

    Je suis en train d’élaborer un projet bioponique, mes recherches sur certaines variétés de plantes m’ont mené vers le royaume du Maroc.

    Le problème souvent soulevé est la raréfaction future de l’eau dans certains pays arides ou semi-arides.

    Ce qui a mené tout naturellement la conversation vers d’autres raréfaction énergétiques, notament le pétrole et l’uranium.

    Le seul lien que je peux te fournir est le blog sur lequel tu lis mon post.

    Un ami marocain m’a dit il y a pas longtemp, le Maroc est un grand journal oral dans lequel il y a 30 millions de journalistes.

    @+

  18. Michel says:

    PS:

    L’info ne date pas d’aujourd’hui, mais le chantier est toujours en cours.

    Le Maroc est, pour de nombreux experts internationaux, un site potentiel pour la production d’énergie solaire qui est capable d’assurer la couverture des besoins mondiaux en électricité dans les décennies à venir.

    http://www.bladi.net/forum/1812-maroc-site-denergie-solaire-besoins-mondiaux/

  19. Michel says:

    Une info un peu plus récente sur le sujet

    06/04/2007
    Dans 15 ans, l’Allemagne pourrait importer du courant électrique produit dans le désert d’Afrique du Nord à partir d’énergie solaire thermique.

    http://www.btponet.com.tn/btp/actu_dArticle.wml?Tcode_article=1578

    Michel @+

  20. Michel says:

    Bonjour

    @ >Elysee2007

    Je vous propose un marché, il y a deux enveloppes:
    l’une est vide et l’autre contient la cessation de votre véhicule.
    Vous tirez une enveloppe au hasard,
    Vous avez la chance de ne pas perdre votre véhicule
    et j’ai la chance d’obtenir gratuitement votre véhicule.
    c’est équitable, NON ? nous avons tous les deux une chance de gagner.

    Voyez vous, dans cette élection,
    un des deux candidats, a glissé deux cessations de véhicule,
    il vous offre quand même le choix de choisir l’une des deux enveloppes
    en revenche, vous ne serez jamais gagnant.

    Faire un choix n’est pas chose facile, je vous le concède.

    @+

  21. Avez-vous attendu ça pour avoir peur des cultures OGM médicales et autres à l’air libre, des déversements toxiques dans l’eau, du massacre de la biodiversité, du clônage chimérique, etc.. Des évènements qui touchent tout le monde et en continu également. Ca s’empire de jour en jour et ca aterrit directement dans l’assiette, l’eau et l’air que vous respirez non ?

    http://peuplequicause.canalblog.com

  22. Et pour le TGV, faut appliquer le même raisonnement ? Personne le veut à côté de son jardin mais tout le monde apprécie de le prendre…

  23. Laurent says:

    Comme le dit Dilbet, vous êtes touché par le phénomène NIMBy (“not in my backyard”). C’est bien humain. On peut, en passant, ramener cette posture à beaucoup de combats écologistes des années 70 : le Larzac, Plogoff…
    Cela dit, il s’agissait aussi d’engagements politiques fort de la part de militants qui étaient capables de traverser la France pour prendre la défense d’une bourgade bretonne ou d’une poignée d’éleveurs de moutons. On était donc au-delà du NIMBY qui, en revanche, aujourd’hui semble prévaloir. Ainsi, peut-être, ne verrions-nous aucun inconvénient à ce qu’une population locale ne voit aucun inconvénient à l’enfouissement de déchets hautement radioactifs sous ses jardins…
    Le problème, c’est que tant que les citoyens sauront qu’une centrale nucléaire ne sera jamais, – vraiment jamais – construite devant la fenêtre d’un ministre ou d’un président, ils disposeront d’arguments légitimes pour dire non à un projet, fut-il nécessaire.
    Cette absence d’exemplarité chez les élite me paraît être au centre du problème.

  24. De toutes façons, la plus grande marge du développement le plus durable, en France, ce sont les énergies renouvelables.
    Cela étant, l’axiome selon lequel “le progrès c’est bien, pourvu que les inconvénients soient chez le voisin” est hélas le mieux partagé. Bravo pour votre honnêteté.

  25. Garbun says:

    Vivement que le pétrole disparaisse, qu’ils laissent enfin les vraies technologies émerger et se mettre en place…

  26. Il est une question qu’on ne se pose jamais, c’est combien est-on prêt à payer pour résoudre la contradiction du nimby.

    Il faudrait commencer par savoir s’il existe un niveau de sécurité acceptable à partir duquel M. Crouzet et nous autres citoyens gênés aux entournures accepterions de vivre avec notre famille à côté d’une centrale.

    Si ces critères existent, et j’imagine qu’ils sont draconiens (type bouclier contre les crash d’avion et dépôt des déchets sur une autre planète), combien de centaines de milliards nous coûteraient leur application ? Si ce coût peut être calculé, cela permettrait d’avancer dans la réflexion, sans être constamment bloqués par le syndrôme nimby.

  27. Michel says:

    Bonsoir

    @ Xavier

    “combien de centaines de milliards nous coûteraient leur application ?”

    Combien, sommes nous prêt a gagner ?

    @=

  28. HOPI says:

    Le Soleil, notre etoile, emet une energie considerable. Celle qui atteint la terre, principalement la lumiere visible et la chaleur represente suivant les modes de calculs 10 000 a 15 000 fois la consommaton actuelle des Terriens.

    Meme en prenant en compte, tous les parametres qui constitueraient une deperdition entre l’energie recue et l’energie recolte (i.e. surface des oceans, transport, efficacite des systemes capteurs etc…) il y a une marge considerable, inexploitee, ignoree, politiquement, economiquement, philosophiquement.

    Il est facile d’imaginer que si les meme ressources (essentiellement publiques et ce quels que soient les pays) avaient ete mobilisees dans la recherche solaire ou autres energies renouvelables que celles qui ont ete liberalement mises a disposition du nucleaire (aux USA avant l’accident de Three Miles Island), en ex URSS, en GB et en France… on aurait des rendements tres superieurs a ceux des technologies actuelles.

    La station spatiale internationale, comme d’autres ressources spatiales (Hubble) sonr alimentes uniquement en energie solaire. Ils sont fait l’objet d’upgrade reguliers, et compte tenu des conditions extremes dans lesquels ils operent peuvent constituer des bancs d’essais remarquables.

    Aux USA les commandes de panneaux solaires mettaient 3 mois a etre honorees peu apres Katrina et l’augmentation sensible du petrole qui a suivi.

    Si la rentabilite est un frein certain a l’avenement de ressources renouvelables, le fait que le petrole reste si peu cher reste la reference de cette “rentabilite” toute provisoire et destructrice.

    Des que le petrole augmente sensiblement, les habitudes individuelles changent, les esprits s’ouvrent sensiblement au meme rythme le les portefeuilles se vident a la pompe… CQFD.

  29. Kristel says:

    Je voudrais revenir sur la notion de rentabilité du nucléaire. Comment peut-on imaginer, sachant qu’il faut 30 ans pour démanteler une centrale et 600 générations pour gérer les déchets (à entreposer, reconditionner, surveiller,…) que l’énergie nucléaire est rentable ? Sans parler du coût en cas d’accident ! Là où les états investissent à fonds perdus dans le nucléaire, ils n’investissent pas (ou très peu) dans les énergies renouvelables. Et que dire des milliers de travailleurs sous-traitants qui opèrent dans les centrales et qui prennent d’importantes doses de radioactivité ?
    Voir à ce propos : http://antoinecitoyen.eu

  30. Garbun says:

    Allons allons, le nucléaire n’est pas parfait, mais si vous voulez être crédible, autant être pragmatique.

    “il faut 30 ans pour démanteler une centrale et 600 générations pour gérer les déchets”

    En imaginant que l’esperance de vie moyenne des pays développés stagne à 80 ans dans les siècles à venir, ce qui est plus qu’improbable, 600 générations représentent 48 000 ans. Vous pensez SERIEUSEMENT que d’ici là une solution n’aura pas été trouvée? Voyez les progrès scientifiques qui ont été accomplis en un siècle. On ne peut tout simplement pas s’imaginer les changements futurs. Ni dans un siècle, sûrement pas un millénaire, et encore moins des dizaines de millénaires.

    Effectivement y a aussi des alternatives : le solaire est vraisemblablement l’énergie du futur ; mais les besoins énergétiques explosent dans le monde, il faut pouvoir y répondre dès aujourd’hui, et s’il y avait une solution miracle on ne serait pas en train de débattre.

  31. Cookie says:

    Je viens de tomber par hasard sur cette discussion.

    Juste pour apporter quelques éclairages (sans mauvais jeu de mots !)

    – il est exclu que de nouvelles centrales nucléaires soient un jour construites sous vos fenêtres… Sachant que les terrains encore disponibles sur les sites nucléaires français actuels sont largement suffisants pour accueillir de nouvelles tranches (exemple de l’EPR construit sur le site de Flamanville). Donc, pas de panique…

    – les énergies renouvelables, c’est très bien. Installer des panneaux solaires sur son toit, c’est très chouette. N’oublions pas tout de même que la consommation d’électricité par les particuliers ne représente que 30% environ de la consommation totale du pays. J’imagine quand même assez mal les industries électro-intensives fonctionner avec des panneaux solaires…

    – le coup des centrales solaires au Maroc pour alimenter l’Allemagne, alors là je me bidonne carrément, excusez-moi… Si on lit l’article dont le lien est donné plus haut, déjà il ne s’agit pas de couvrir la totalité des besoins de l’Allemagne, mais seulement, et hypothétiquement en 2050, 15%… (on n’est pas rendus…). D’autre part, je vous dis pas les pylônes qu’il va falloir monter, les câbles sous-marin pour traverser la Méditerranée, et j’en passe… L’article mentionne que soi-disant on sait déjà transporter du courant continu en 600 kV, faudra me dire où parce qu’en France on n’a pas encore inventé le moyen… (c’est du 440 kV maxi, en alternatif). Sans parler des fameuses pertes en ligne qui augmentent avec la longueur des câbles… Loin de moi l’idée de remettre en cause la fiabilité du portail tunisien du BTP, mais bon……

    – concernant le message de Kristel sur la rentabilité, je voudrais juste rappeler que les centrales thermiques classiques AUSSI doivent être démantelées, de même que toute installation de production d’énergie (OK, ça sera sûrement un peu moins compliqué qu’une centrale nucléaire, mais bon…) que les déchets une fois entreposés ne demandent pas tant de personnel que ça… Sur l’aspect des “importantes doses de radioactivité” reçues par les pauvres sous-traitants du nucléaire, peut-être faudrait-il déjà savoir comment ça se passe avant de juger… Savoir que les travailleurs du nucléaire bénéficient probablement d’un meilleur suivi médical que la plupart des travailleurs, car c’est obligatoire pour maintenir leur habilitation. Que chaque chantier en zone nucléaire est systématiquement conçu de manière à réduire autant qu’il est possible les doses intégrées. Que ces doses, sauf incident exceptionnel, demeurent largement acceptables par l’organisme humain… D’ailleurs au passage, quand vous faites une radio des poumons, une radio des dents, chez votre dentiste, etc… vous prenez vous-mêmes de la dose, et je ne pense pas que ça traumatise grand’monde…

    Bref, à chaque argument “contre” avancé ci-dessus, il existe l’argument “pour” qui va avec, et c’est là tout le problème… Ne nions pas qu’il s’agit d’abord et avant tout de positions idéologiques de principe, plus souvent que de réactions raisonnées et réfléchies, non ??

    Je termine en rappelant qu’une source d’énergie “propre et sans déchets” ça n’existe pas. A commencer par le corps humain : il nous faut du combustible pour fonctionner, et à la fin, ça pue… Et oui…..

  32. Garbun says:

    Cookie, ta conclusion est un collector… 😉

  33. Michel says:

    Bonjour

    Centrale solaire de séville.
    D’une capacité de 11 MW, elle doit produire 23 GWh d’électricité par an – de quoi répondre aux besoins d’une population de 10 000 habitants. Cette production d’électricité solaire évitera le rejet dans l’atmosphère de près de 16 000 tonnes de CO2 par an. La centrale a été inaugurée le 30 mars et a bénéficié d’un cofinancement avec l’Union européenne.

    la plus grande centrale solaire photovoltaïque au monde dénommée «Bavaria solarpark». Installés en Bavière, les panneaux solaires recouvrent au total une surface de 250.000 mètres carrés, répartie sur trois sites. La puissance électrique de cette installation peut atteindre jusqu’à 10 mégawatts (en comparaison, un réacteur nucléaire produit environ 1500 mégawatts). Mühlhausen est le principal site avec 6,3 MW. Günching et Minihof produisent 1,9 MW chacun.

    Les câble sous-marin, ont une capacité de transport énergétique de 1000 mégawatts, les travaux devraient se terminer en 2010.

    confondre déchets du corps et déchets nucléaires est très simpliste et pas vraiment convaincant, ça a le mérite d’être drole.

    Pour ce qui est de la fiabilité des centrales révise tes sources, j’ai connu un type
    qui bossait sur la centrale de Belleville-sur-Loire, cet homme ne savait pas si il allait vivre encore longtemp, tous les 6mois il colmatait des brèches dans la centrale.
    Cette centrale me disait-il à été construite en partie par des sous traitants sans scrupules qui pour des raisons de fric n’auraient pas respecté les consignes de sécurité sur le traitement du béton.

    Pourquoi y a t’il une ditribution de cachets d’iode à ceux qui habitent à 30km d’une centrale ?

    @+

  34. Cookie says:

    Je commence par répondre à ta dernière question : cette distribution est faite à titre préventif, au cas où, un jour, il y ait un incident avec rejets d’iode radioactive à l’extérieur d’une centrale. L’absorption d’une pastille d’iode permettrait alors une saturation ën iode de la thyroïde, évitant ainsi la fixation d’iode radioactive.

    Même si ce type d’événement reste hautement improbable, le risque zéro n’existe pas, bien entendu…

    Concernant la personne que tu cites sur la centrale de Belleville, il a probablement ses raisons pour réagir comme cela. Si tu peux, demande-lui de te montrer son dernier relevé dosimétrique mensuel (si il travaille en zone, il reçoit obligatoirement ce relevé chaque mois) : cela te permettra d’avoir des chiffres tangibles, je serais intéressée de savoir combien il a pris depuis le début de sa carrière ?

    A propos des centrales solaires, je ne conteste pas que ce soit un mode de production tout à fait respectable, j’ai juste des doutes sur leur dimensionnement, et la possibilité, comme tu l’avançais dans l’un de tes premiers messages, de fournir la totalité de la consommation de l’Allemagne ! Surtout à partir du Maroc. Quand on parle de rentabilité, là pour le coup ça me paraît ahurissant…

    Juste pour remettre quelques chiffres en perspectives, à partir de ce que tu cites toi-même :
    – puissance électrique d’une centrale solaire de grande capacité = 10 MW
    – puissance électrique d’un réacteur nucléaire moderne = 1500 MW. En réalité, la puissance installée actuellement en France au travers des 58 réacteurs est je crois d’environ 65000 MW. Il faudrait donc 6500 centrales solaires similaires pour produire autant d’électricité (dans un monde où il fait beau tous les jours, bien sûr… 😉 )

    10 MW solaires = 250 000 m² de panneaux, toujours selon tes chiffres.

    Nous aurions donc besoin de 1,6 milliards de m² de panneaux solaires (ce qui représente en surface 7 terrains de foot par commune française) pour remplacer l’ensemble du parc nucléaire français actuel par de l’énergie solaire…

    Ma conviction ferme est que “la” solution (en tout cas la moins pire…) réside d’une part dans le mix énergétique, c’est-à-dire développer les ENR là où c’est possible et pertinent, et utiliser le nucléaire pour le reste, et d’autre part dans la limitation de la croissance exponentielle de nos consommations…

  35. Michel says:

    Bonsoir

    Les panneaux se miniaturisent de plus en plus ainsi que les accus,
    nous pouvons donc réduire les calculs de surface par 50.

    ” (dans un monde où il fait beau tous les jours, bien sûr) ”

    Comment expliques-tu, que les pays Nordique soit de plus en plus équipés d’énergie solaire, alors que le soleil ne fait pas la même recette qu’en Afrique du nord ?
    La preuve, cette centrale allemande.

    Tu prévois d’acheter des actions dans les futures centrales privées ?

    Il y a une énergie dont nous parlons peu , c’est La pile à combustible .

    @+

  36. Cookie says:

    LOL je suis CONTRE la privatisation des centrales, je pense que c’est l’une des plus grosses boulettes que nos dirigeants nous font pendre au nez… Le jour où le nucléaire sera confié uniquement à des intérêts privés, là oui, il sera temps d’en avoir peur…

    La pile à combustible, c’est très bien, oui ! D’ailleurs je le répète : je pense que TOUTES les sources d’énergie sont bonnes à prendre (sauf bien sûr le thermique classique polluant type charbon pas propre), du moment que le mix est fait de façon sensée et raisonnée.

    Ah oui, au fait, j’avais oublié de le dire plus haut (mais a priori les gens qui participent à cette discussion connaissent leur sujet donc ça ne doit être un scoop pour personne) : le nucléaire ne dégage aucun gaz à effet de serre 🙂

  37. Michel says:

    Bonsoir

    @ > Cookie

    Merci pour tes éclaircissements, tu me rassure ;-).

    “le nucléaire ne dégage aucun gaz à effet de serre”
    c’est sur, mais pour son extraction et son transport,
    c’est pas le cas et je te parle pas du recyclage.

    @+

  38. Cookie says:

    Et oui, exactement comme les autres sources d’énergie… Construire, puis recycler des panneaux photovoltaïques, c’est polluant… Fabriquer et monter des éoliennes, c’est polluant… Construire des barrages, c’est polluant, etc…. 😉

    Le démantèlement des centrales, qu’elles soient nucléaires ou non, est fait dans le souci de recycler autant que possible ce qui en est extrait (ferraille, gravats, tout ce qui est non “pollué” par les produits chimiques ou la radoactivité). Tout ce qu’il est possible de réutiliser repart dans l’industrie et évite ainsi l’extraction et la fabrication de matériaux “neufs”… c’est pas si mal…

  39. Caramba says:

    Documentez vous sur un gros problème qui mettra à mal l’industrie nucléaire :
    http://travail-chomage.site.voila.fr/energie/fin_uranium.htm

    En attendant, le prix de l’électricité nucléaire va doubler (faites le calcul).

    Mieux vaut passer tout de suite à autre chose que de perdre son argent avec cette énergie sans avenir.

  40. Benoit Gil says:

    Vous feriez bien d’aller voir les liens indiqués sur cette page :
    http://futura24.site.voila.fr/futura01/energie.htm

    Par exemple :
    – L’électricité solaire pour plus d’un milliard de personnes en 2020
    – La moitié de l’énergie fournie par des énergies renouvelables en 2040

    Les dossiers en anglais sont les plus complets, mais vous pouvez toujours vous rabattre sur les autres.

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