À la fin de La revanche de Gaïa, Lovelock nous conseille d’imprimer et de distribuer un manuel de survie. À ses yeux, l’avenir est si noir que les hommes seront livrés à eux-mêmes sur un monde désertique. Ce manuel devrait aussi résumer les connaissances les plus élémentaires accumulées par l’humanité, jouer le rôle des monastères qui durant le moyen-âge ont préservé les textes antiques.

De mon côté, j’ai un jour imaginé un projet de roman dans la même veine. En supposant que je me retrouve projeté au cœur d’une civilisation primitive, qu’est-ce que je pourrais transmettre à ses habitants ? Qu’est-ce que j’ai dans la tête qui pourrait leur être utile ? Qu’est-ce que je sais de l’humanité ?

Pour écrire un tel livre, il m’aurait fallu me couper du monde pendant quelques mois. Refuser tout contact avec notre civilisation et voir ce que j’aurais pu reconstruire de tête.

J’ai renoncé à ce projet, en tout cas sous sa forme de roman-réalité. Ça reste, je crois, un bon sujet de fiction.

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19 comments

  1. geo says:

    Oui, que pourriez vous apporter à cette civilisation primitive ? à mon sens il y a un mot qui me choque, vous dites ’’civilisation’’, cela sous entend que ce peuple possède une structure hiérarchisée, avec vraisemblablement des valeurs, morales (à leurs yeux), religieuses en phase avec la nature….

    D’autre part vous dites ’’primitive’’, mais elle est primitive d’après vos critères, votre propre vécu. (pour un martien peut être sommes nous primitifs)

    Que pourriez apporter à ce peuple, sinon les graines pour un futur que vous ne maîtriserez pas (puisque nul ne peut prédire ce que demain sera), et puis vouloir influer sur leur devenir c’est intervenir sur leur statut d’homme libre !

    Non vous ne pouvez et ne devez intervenir, ce peuple doit se développer seul, vous pourrez tout au plus corriger certaines dérives, et cela je n’en suis pas certain.

    Mais peut être pourriez vous décider de transformer cette civilisation à l’image du monde idéal que vous souhaitez, vous vous prendriez dans ce cas pour un dieu, mais attention arrivé à un degrés de connaissance ce peuple aura la tentation de crucifier ce dieu, et pour vous cela sera un échec.

    Vous ne pourrez intervenir, et c’est vous qui devrez vous adapter.

    Alors, la machine à remonter le temps est à mettre aux oubliettes.

  2. Décidément Thierry tu attires les coupeurs de cheveux en quatre dans le sens de la longueur ! ((:
    Sauf que dans mon cas, en général, c’est juste.

  3. geo says:

    Henri Alberti a écrit :
    29 May 2007 @ 14:30

    z’avez raison, mais j’avais besoin d’une coupe 🙂

  4. C’est pour ça que je n’ai jamais aimé mes profs de français… 😉

    Croire que pour moi une civilisation est forcément hiérarchisée, c’est une farce… non?

    Je pourrais expliquer par exemple qu’il faut faire bouillir l’eau pour désinfecter, des trucs tout simples qui permettent de sauver des vies…

    Mais Geo j’en ai déjà bien assez à essayer d’apporter quelque chose à notre civilisation sans en plus me mettre dans l’idée d’en sauver d’autres… 🙂

  5. geo says:

    @ Thierry Crouzet

    Mais Geo j’en ai déjà bien assez à essayer d’apporter quelque chose à notre civilisation sans en plus me mettre dans l’idée d’en sauver d’autres…

    Ah bon! j’ai eu peur! 🙂

  6. Hugues2 says:

    Si si on peut changer le monde, pour preuve…

    Pourquoi croire le conditionnement qui nous martèle que l’on ne peut rien faire ?

    D’où l’importance de devenir un homme libre, par la conscience.

    Et la conscience n’advient jamais parmi la foule, d’où l’importance du retrait pour murir nos idées..

    Une fois que nous avons compris, nous nous devons de revenir. Ou si non à quoi ça sert, si ce n’est notre égo ?

    Il faut avoir envie de changer le monde, ou de mettre notre grain de sel dans notre société, même si l’on dérange !

    Et tant mieux si l’on dérange !!!

    Amitiés à vous 😉

    ps) – pour info :

    http://lespacearcencielblog.free.fr/?p=287

  7. fred says:

    l’idée de faire un livre “synthèse” est vraiment intéressante .. (nous qui nageons dans la sur-information)

    on a un peu la même démarche dans le disque mis dans la sonde voyager en 77 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Voyager_Golden_Record) .. au cas des E.T. la récuperais .

    “Pour écrire un tel livre, il m’aurait fallu me couper du monde pendant quelques mois. Refuser tout contact avec notre civilisation et voir ce que j’aurais pu reconstruire de tête.”

    je ne pense pas que ce livre puisse sortir de la tête de personne en particulier mais de tout le monde en général ..

    Bonne idée de Wiki .. avec un vote pour affiner ..

    On pourrait classer en catégorie : santé, physique, philosophie, écologie… etc .. bien sur sans en faire un wikipédia exhaustif ..

    l’intérêt c’est la synthèse ..

    il y a des bouquins (souvent écrit pour les enfants mais dont les adultes ignorent 75 % du contenu 🙂 qui ont un peu ce genre de démarche ..

    Enfin je me dit que plus que pour le futur, cette démarche servirait surtout .. pour le présent ..

    A creuser ..

  8. Iza says:

    marrant ça, depuis mon plus jeune age, je pense comme lui… très jeune déjà je m’entrainais à la survie extrême… dans ma tête… juste pour voir…

    Depuis je fais un peu de travaux pratiques mais ça vient doucement tout de même…je sais faire quelques noeuds, des soins de premier secours, manger quelques herbes sauvages….

    mais il y a quelques petits problèmes que je n’ai pas encore vraiment résolu. Par exemple, si t’y vas sans ton briquet, dans le monde impitoyable… t’es quand même dans la merde pour faire du feu (la théorie, c’est bien joli, mais pour trouver tes deux pierres qui vont bien….)… et je te parle même pas de la casserole…

    Par contre pour inventer la roue, on est bons je pense. Mais le différentiel ??? mon mec m’a expliqué ça l’autre jour, je me suis sentie toute chose…

    ou alors faut être quelques uns, avec mon homme au milieu, sinon c’est sur, on est tous morts….

    (excusez, je suis dans un état limite, donc pas très cohérente, mais cette idée me distrait bien !)

  9. Ben voyons ! Refaisons exactement le même chemin pour se retrouver 10 000 ans après à l’endroit ou nous sommes aujourd’hui.
    Personnellement je ferais à chaque fois les choix contraires. J’inventerai la non-roue.

  10. Iza says:

    vous connaissez “Ravage” de Barjavel ? j’adore ce bouquin. Tout est détruit … parce qu’un jour il n’y a plus d’électricité et il y a des réactions en chaîne… et puis il y a juste quelques survivants, qui repartent de zéro. Et le héros justement, veut éviter de re-tout détruire la planête et interdit le progrès technique….. mais cette dictature là trouvera aussi ces limites…

    Sais-tu toi Henri, où nous conduirait la non-roue ???

  11. A Izanohé:
    Justement non, je ne sais pas, là est l’intérêt.
    Imagines un monde, depuis la première minute du réveil jusqu’à la dernière avant de s’endormir, sans roues. Imagines le quotidien, l’actualité dans le monde sans roues.
    La quantité gigantesque d’idées qui surviennent pour palier ce manque. Cela m’arrive de penser à ce genre de chose pendant des semaines.

  12. Garbun says:

    Le monde moderne, avec toutes les absurdités et horreurs qu’il comporte me semble quand même largement préférable à celui d’il y a 1000 ans.

    Sans compter que stopper le progrès, c’est stopper tout espoir d’amélioration (si ce n’est de moeurs, mais l’éthique n’empêchera jamais la maladie d’exister).

  13. Luc says:

    Bonjour,

    Je me permets de vous signaler qu’un article du Point.fr mentionne votre livre “Le cinquième pouvoir”.

    http://www.lepoint.fr/content/direct_qg/article.html?id=185259

    Cordialement,

    Luc

  14. Tataiza says:

    bien sûr, j’avais écrit “ses” limites.

    Je trouvais déjà ça dingue qu’on pense à des trucs comme le manuel de survie, mais j’avoue que dans le genre, tu es encore plus barré Mr le tableratiboiseur….

    “Ravage” est souvent denoncé comme un livre facho avec sa drôle de fin et sa société patriarcale et très ractionnaire… moi je trouve au contraire que cette drôle de fin souligne l’absurdité de la reflexion. Pour contrer l’affreuse dérive que l’on sait, le héros interdit le progrès technique….mais en meurt…. et on ne sait pas bien ce que devient le monde après…

    Que ferions nous à la place de François dans le monde desertique ????

    Le choix qu’il fait fabrique une société terriblement facho effectivement…

    Et la non-roue, nous menerait-elle à mieux ou mille fois pire…. tu as sans doute raison, on ne sait pas et c’est ça qui est bien.

    ça rejoint etrangement quelques discussions sur la frilosité que nous avons souvent ça , non ?

  15. Garbun says:

    “ça rejoint etrangement quelques discussions sur la frilosité que nous avons souvent ça , non ?”

    Ouais, en plein dedans.

    Les gens ont beaucoup trop l’impression que le monde dans lequel ils vivent est le seul qui puisse marcher et qu’il est parfaitement normal dans l’ensemble. Mais comme le disait Chouard dans un podcast, à l’époque d’Athènes, tout le monde était esclavagiste, ils n’imaginaient pas qu’une société fonctionner sans ça.

    C’est pour ça qu’il ne faut pas être frileux et que le changement peut-être énorme tout en allant dans le bon sens.

    Or l’histoire a montré x fois que quand ce changement réduit la liberté, c’est toujours une catastrophe (rebellions, génocides, etc.), donc… bon vous me voyez venir avec mes gros sabots alors je m’arrête là.

  16. Iza:
    On ne peut pas observer le monde en dehors du monde, nous en faisons parti. Autant il peut etre amusant ou interessant d’imaginer un monde avec un ciel violet, rouge ou qui change constement de couleurs, autant il est impossible d’imaginer un monde sans ciel. C’est la différence entre une pensée qui a un sens et une autre qui en a pas, parce que impossible. Penser un monde sans roue parait fou d’accord.
    Mais c’est un entrainement pour penser dans les moindres détails par exemple que je sois un africain noir en Afrique, en Europe, etc… Un irakien, un chinois…
    Une bestiole quelconque, une mouche ( Ai ! ). Ces représentations ne seront jamais exacte, une approximation grossière, mais cela permet d’imaginer des points de vues.

  17. Iza says:

    oui oui, j’avais bien saisi l’esprit de l’entrainement mental…

    Garbun : oui oui, on te voir parfaitement venir 🙂

  18. brakk says:

    des civilisations sans roue (ni cheval ni métaux):
    – aztèques, toltèques, mayas… (un continent rien que çà)
    Pourtant elles sont arrivées à leur apogée (donc leur destruction).
    De Dune a ravage le même message: ne pas se soumettre à la technologie de telle manière que quand elle disparait nous suivons dans la foulée.
    Rien de fasciste là dedans, je comprends même pas qu’on puisse rapprocher un ‘culte de l’homme’ à une vision globale et philosophique, pas comme on le fait actuelement dans les seules sphères autorisées.
    Mais c’est pratique l’étiquette fasciste, l’épouventail à moineau: detournez les yeux et oreilles vous humains qui êtes pures et sans tâches parce que vous optez pour les non-choix, pour une conspiration du silence, de l’égoïsme ou toute autre case à penser. ^^
    J’applaudis de tous mes membres.. qu’on en finisse

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