Au dix-huitième siècle, l’esclavage était une tradition millénaire mais des hommes commencèrent à se dresser contre lui. Ce n’était pas la première fois dans l’histoire mais cette fois ils allaient gagner une bataille sans doute décisive. On les traita de fous. L’économie ne pouvait soit disant pas fonctionner sans esclaves. Nous avons démontré depuis que ce postulat était faux.

Au dix-neuvième siècle, l’égalité des sexes étaient une chimère mais quelques femmes commencèrent à se dresser contre cette inégalité. On les traita de folles. Les hommes étaient plus forts et plus intelligents que les femmes. Nous avons démontré depuis que ce postulat était faux.

Je pourrais ainsi retrouver de nombreux faits de sociétés jugés impossibles en un temps et devenus plus tard des évidences.

Aujourd’hui, nous avons un nouveau combat à mener. Il nous faut démontrer qu’un monde sans gouvernement est possible. La plupart de nos contemporains jugent cette idée absurde mais, demain, elle sera une évidence. Je crois même qu’il n’y aura pas de demain sans cette transition vers l’auto-organisation humaine. Elle s’inscrit dans une tradition :

  1. la fin de l’esclavage, refus de la soumission aux maîtres,
  2. la fin du patriarcat, refus de la soumission aux hommes,
  3. la fin du management, refus de la soumission aux chefs.

Il n’y a aucune raison de s’arrêter en chemin. Il ne faut pas oublier que les hommes de pouvoirs sont aujourd’hui les descendants des esclavagistes. Ils sont exactement dans le même camp. Ils usent des mêmes arguments contre ceux qui se battent contre toute forme de soumission. En fait, ils ont renoncé à l’esclavagisme juste pour lui donner un peu de respectabilité (salariat, droit de vote, sécurité sociale…).

Nous devons encore une fois les faire reculer. Il en va de la décence, il va aussi du destin de notre monde. Qui dit gouvernement, dit management par le haut. Or, ce management est incapable de gérer harmonieusement les temps de crise. Il ne sait les régler que dans le sang. Quand la complexité domine, le manager cherche à la réduire alors qu’il faut au contraire la nourrir.

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36 comments

  1. lény says:

    malheureusement, dans les exemples que tu donnes, thierry, et d’autres à coup sûr, il n’y à pas de refus de chefs en tant qu’ entité. Juste le refus d’une oppression et comme l’oppression n’est pas toujours comprise comme venant d’une hierarchie pyramidale …

  2. Justement… il faut faire comprendre que tout vient de la pyramide. C’est ma mission 😉

  3. lény says:

    NOTRE mission !
    à des niveaux hierarchiques différents ça va s’en dire !
    😉

  4. J’ai di “ma” parce que chaque fois que je dis “nous” quelqu’un me fait remarquer que je me prends pour un gourou 🙂

  5. je me permets de signaler une initiative qui pourrait aller dans le sens de cet excellent billet: http://mensonges.info

  6. @Olivier tu connais http://www.factcheck.org je supose…

  7. Guy says:

    Si je comprends bien, dans un tel schéma, la décision du chef se verrait substituée par une décision collective, une sorte de référendum en quelque sorte à tous les niveaux de décision lorsqu’il s’agit de changer un mode de fonctionnement existant.

    Reste à faire que tout le monde puisse s’exprimer lors de ce référendum, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

    Comment peut-on juger qu’une décision a été suffisamment discutée et qu’il s’agit maintenant de la mettre en application si ce n’est par l’impulsion d’un individu?

    Plutôt que de parler de la disparition du chef, ne faut-il pas plutôt parler de la multiplication des chefs; il y aurait potentiellement autant de chefs que de décision?

  8. Ben oui. Il n’existe rien de tel à ma connaissance en France. Cela pourrait être le rôle de mensonges.info. Enfin dans une autre acception peut-être. Si j’en juge par http://www.factcheck.org/about/ Factcheck est le fait d’une institution privée, certainement honorable, constituée essentiellement d’universitaires et de journalistes. Mais en quoi Factcheck s’écarte t’il vraiment des us et coutumes de l’industrie politique? En quoi n’en fait il pas partie? Factcheck ne fait pas appel aux contributions des “consommateurs” si ce n’est pour consommer ses analyses. Factcheck ne propose pas de base de données comme nous voulons le faire. Factcheck ne propose pas une pratique des réseaux qui s’écarterait de la norme et qui serait susceptible de faire en sorte que les “consommateurs” se prennent en main, etc.
    Bien à toi–OA

  9. Garbun says:

    “Plutôt que de parler de la disparition du chef, ne faut-il pas plutôt parler de la multiplication des chefs; il y aurait potentiellement autant de chefs que de décision?”

    Il faut voir de quelles décisions l’on parle. Sans gouvernement, il n’y a plus de mesure étatique de grande échelle necessitant un référendum national.

    Dans un tel monde, rien n’empêche ensuite les gens d’utiliser le vote (en entreprise par exemple), si c’est la méthode qu’ils préfèrent pour agir en groupe, mais dans ce cas ils le font volontairement, et ça change tout.

    Comme le disait Lysander Spooner: “Un homme n’en est pas moins un esclave parce qu’on lui permet de choisir un nouveau maître une fois tous les tant d’années.”

  10. @Guy Surtout pas de référendum.
    Une décision collective n’implique pas que tous les membres de la communauté participent à toutes les décisions.
    Il faut aller plutôt vers l’auto-organisation et la prise de décision dynamique, mode propre à toutes les structures décentralisées.

  11. Guy says:

    Je vois 2 types de décisions :
    – celles qui ne remettent pas en cause ce qui existe, mais créent des choses qui n’existent pas : Internet par exemple, tous les blog, forums …. Libre à chacun, ou à chaque groupe de créer et de débattre ensemble, de prendre des décisions qui concerne le groupe
    – Celles qui remettent en cause l’existant. Si l’on veut changer le fonctionnement d’une institution quelle qu’elle soit, il est certes nécessaire d’en débattre et d’arriver à une position commune, mais il y a un moment où il faut passer à l’action et on se trouve alors confronté aux structures hiérarchiques telles que nous les connaissons

  12. Oui Guy. Mais une voie pour permettre aux institutions de se réformer elles-mêmes est de les placer devant un miroir qui leur renvoie leur propre image. Tu vas me dire que les institutions sont toutes les miroirs les unes des autres. Certes, mais certains miroirs n’ont pas encore vu le jour… des miroirs qui pourraient être construits par les réseaux. Mensonges.info pourrait contribuer à construire l’un d’eux.

  13. Guy says:

    je pense que les institutions ne sont pas dupes de leur inefficacité. De là à accepter que la situation lui échappe, voire même à l’encourager, il y a loin. Les gens restent attachés à leurs privilèges et on a beau clammer haut et fort que l’on va tout réformer, on ne va tout de même pas se couper le bras, il ne faut pas rêver.
    c’et ce qui fait que la remise en cause de l’existant me parait délicate. Le réeau peut faire émerger des forces d’influence c’est certain, mais celà ne fait pas pour autant disparaitre les instances de décisions.

  14. L’esclavage était une institution. Non? Il a été changé par la base, les politiques n’ont rien décidé… sinon quand ils n’avaient plus le choix (je n’appelle pas ça une décision mais une simple validation).

  15. Vous oubliez un petit détail, l’abolition de l’esclavage s’est passé dans un contexte de guerres, avant, pendant et après, pour des causes directes ou indirectes liées à ces abolitions.

  16. Garbun says:

    Reste donc à réfléchir à comment faire pour qu’ils n’aient plus le choix.

    Ils n’auront par exemple plus le choix quand les moeurs auront suffisamment changé au point que tout politicien qui affiche des tendances étatistes (i.e. constructiviste, i.e. top-down) soit montré du doigt et n’accède plus au pouvoir.

    Je pense que nous y viendront de toute manière, car même si nous ne changeons rien à notre pays, l’épreuve du temps suffira à la prise de conscience générale, via de simples comparaisons avec certains autres pays, dont l’écart avec le notre, en termes de réussite sociale et économique, va et ira grandissant, et deviendra, à terme, énorme (au train où vont les choses).

    Nous verrons très probablement de plus en plus précisément quelles sont les causes exactes de chaque inefficacité de fonctionnement d’un pays, grâce a des banques de données très complètes, des outils de mesures et des analyses macro économiques toujours plus poussées.

    Après rien ne nous empêche d’accélérer cette évolution, par des blogs comme celui-ci; ça peut avoir une importance plus grande qu’on se l’imagine. Nous ne le voyons pas, mais chaque jour qui passe où le progrès stagne à cause d’un gouvernement omnipotent recule d’autant le moment où nous aurons vaincu la maladie, la faim, etc. C’est donc sauver des vies que d’accélerer ces réformes (au vrai sens du terme) nécessaires.

    (Pour éviter toute cuillerée intempestive, j’ajoute un bémol: dans l’optique où le progrès s’avèrerait, dans le futur, nous avoir mené à une catastrophe nucléaire, virale, nanotechnologique ou autre, effectivement à ce moment là il aurait peut-être mieux vallu le ralentir et continuer à vivre mal bien que plus longtemps. Mais c’est un principe de précaution qui couterait de manière sûre la vie à des millions de gens (morts de maladie ou de faim, pour rester sur le même exemple), dans le but de sauver POTENTIELLEMENT autant de monde d’une éventuelle catastrophe, ce qui est crétin)

    Dans le même registre, lire absolument le billet suivant :

    http://h16.free.fr/index.php?2006/09/19/252-le-fluffy-massacreur

  17. Fab says:

    Ce que tu présentes Thierry (je me permets évidemment de te tutoyer), s’intègre dans le champs beaucoup plus large des réflexions libertaires depuis Bakounine, Proudhon, Louise Michel jusqu’à Deleuze et Ferré. Courant philosophique souvent délaissé, dénigré, caricaturé, la (ou plutôt les) pensée libertaire

    Il est intéressant de penser la remise en cause de la société étatique et hiérarchisée dans laquelle nous vivons sous l’angle de l’anthropologie. Connais-tu le livre formidable de Pierre Clastres, la société contre l’Etat. Cet illustre anthropologue, à travers une étude de cas chez les indiens Tupi Guarani d’Amazonie, montre comment leur société est organisée de manière à ce que JAMAIS n’apparaisse un quelqconque pouvoir coercitif. Les ethnologues qualifient les sociétés sans Etats de sociétés primitives (cf. le musée des arts premiers de Jacquot). On retrouve à travers cette expression les traces d’un ethnocentrisme latent, qui ne considère ces sociétés que comme des embryons d’une société qui devra un jour s'”étatiser” (cf. anthropologie évolutionniste : Morgan ou Tylor http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89volutionnisme_%28anthropologie%29): au début, l’ apparition de la discipline anthropologique à coincidé avec la nécessité de trouver des justifications à la colonisation de l’Afrique.

    Passons à quelques passages marquants de ce livre:

    “Nombreuses sont les tribus où le chef doit tous les jours, soit à l’aube, soit au crépuscule, gratifier d’un discours édifiant les gens de son groupe […]. Sans doute le chef prêche-t-il parfois dans le désert.: les Toba du Chaco ou les Trumai du Haut-Xingu ne prêtent souvent pas la moindre attention aux discours de leur leader, qui parle ainsi dans l’indifférence générale. ”

    Les trois traits caractéristiques de la chefferie des indiens d’Amazonie:
    “1° Les chef est un faiseur de paix; il est l’instance modératrice du groupe…
    2° Il doit être généreux de ses biens, et ne peut se permettre, sans se déjuger, de repousser les incessantes demandes de ses administré […] danscertaines tribus indiennes, on reconnait toujours le chef à ce qu’il possède moins que les autres et porte les ornements les plus minables…
    3° Seul un non orateur peut accéder à la chefferie”

    Pour en finir avec ce post, je vous laisserai avec une citation de Clastre lui-même à propos de ces sociétés que l’on dit “sans histoire”
    « L’histoire des peuples sans histoire, c’est […] l’histoire de leur lutte contre l’État. »

  18. Fab says:

    Excusez moi pour la dernière phrase du premier paragraphe qui n’est pas terminée.

    Je voulais dire que la pensée anarchiste est une des plus riches qui soit et qui donne à l’homme, enfin un rôle à sa mesure: les bases d’une réflexion pour que l’humanité ait enfin la possibilité de se détacher de cet ordre naturel, animal, à savoir celui de la domination du plus fort sur le plus faible, et cela en fondant sa philosophie sur la lutte totale et sans concession contre toute forme d’oppression (étatique, religieuse, économique, financière).

  19. @Fab Merci pour ces exemples. Encore un livre que je dois lire. J’essaierai de parler de l’exemple des Apaches dans les jours qui arrivent.

    J’évite d’employer le mot anarchiste car il est trop souvent synonyme d’absence d’ordre. Par ailleurs, l’anarchisme a été imaginé à une époque où nous n’avions aucune idée de l’universalité de l’auto-organisation dans la nature. C’était un rêve. Nous savons maintenant qu’il peut devenir réalité comme internet le prouve.

  20. Hugues2 says:

    “Il n’y a aucune raison de s’arrêter en chemin. Il ne faut pas oublier que les hommes de pouvoirs sont aujourd’hui les descendants des esclavagistes. Ils sont exactement dans le même camp. Ils usent des mêmes arguments contre ceux qui se battent contre toute forme de soumission. En fait, ils ont renoncé à l’esclavagisme juste pour lui donner un peu de respectabilité (salariat, droit de vote, sécurité sociale…).

    Nous devons encore une fois les faire reculer. Il en va de la décence, il va aussi du destin de notre monde. Qui dit gouvernement, dit management par le haut. Or, ce management est incapable de gérer harmonieusement les temps de crise. Il ne sait les régler que dans le sang. Quand la complexité domine, le manager cherche à la réduire alors qu’il faut au contraire la nourrir.”

    Je n’aurais pas dit mieux !

    La question est de savoir : Est-ce qu’un simple réseau va suffire ? Je ne le crois pas. Certes, c’est un bon début ! La France à un rôle à jouer, nous avons tous un rôle à jouer, mais de là à ce que la masse se réveille…

    Tout le monde se plaint, mais en fait tout le monde va bien, puisque grâce aux crédits bancaire nous pouvons reporter à demain notre mal être, notre souffrance …
    Les politiques sont là et pour continuer l’esclavage tout en nous rassurant que grâce à eux tout va s’arranger… Illusion !
    Mais bon en attendant on continu à les croire… Merci qui ? Merci les médias !
    C’est tellement bon de se faire conditionner et croire naïvement que tout va s’arranger grâce à un nouveau sauveur ?ù*£?::!;£*$%

    Mais bon, comme le dit le proverbe : “plus c’est gros et plus ça passe !”

    Excellent post Thierry 😉

  21. Hugues2 says:

    Mince, j’ai encore oublier le lien…

    http://www.dailymotion.com/video/x1vfyt_gerard-miller-analyse-sarkozy

    Amitiés à tous 🙂

  22. Fran says:

    Redirigé ici grace à un lien sur le web2zero (de Monsieur Hugues2), j’y decouvre des discussions polies et argumentées. Je l’ajoute à mes favoris.
    Apres les politesses je me permet de signaler une phrase du texte initial, choquante à mes yeux:
    “les hommes de pouvoirs sont aujourd’hui les descendants des esclavagistes…”.
    S’agit il d’un sous entendu du genre la pédophilie, l’homosexualité ou le pouvoir sont génétiquement transmissibles ?

  23. Gadrel says:

    “Les hommes étaient plus forts et plus intelligents que les femmes. Nous avons démontré depuis que ce postulat était faux.”

    Je crains que le nous en question se trompe.

    http://en.wikipedia.org/wiki/Sex_and_intelligence
    http://en.wikipedia.org/wiki/Sexual_dimorphism

    Sinon, j’ai beaucoup de mal à voir dans l’Internet une validation de votre théorie, ou alors n’importe quelle activité la confirme. En quoi l’Internet est-il différent du marché de la nourriture préparée, par exemple ? La même liberté (présence d’acteurs particuliers : vous faites à manger chez vous et vous invitez à la limite qq’un ; et présence d’acteurs économiques : les restaurants, traiteurs, snacks, etc.) et la même absence de centralisation y règnent (les gens peuvent parler de ce qu’ils veulent dans un restaurant ou chez eux, il y a des millions de restaurants qui s’organisent (tant du point de vue des prix que des cartes, des décors, des emplacements, des employés, etc.) sans structure centralisée, les patrons, malgré ce qu’on pense, sont loins d’avoir un pouvoir absolu sur les employés, etc.). Le web, ce sont des millions d’entreprises qui proposent du contenu, des millions de personnes privées idem, le tout sans structure. Auraient-ils un pouvoir ? Le même que ceux qui discutent en public. Mais comme on ne peut changer la déco ou la carte des restos, on ne peut changer les sites qu’on visite. Et les politiciens nous écouteraient ? Pas encore, on en est très loin. Le web n’a pas le dixième de la puissance de feu des médias traditionnels. Sa seule influence en la matière, c’est de toucher les journalistes, ce qu’on peut faire en allant dans une loge ou dans n’importe quel “club de réflexion” parisien, voire en écrivant au courrier des lecteurs. J’ai du mal à voir les merveilles que vous décrivez, Thierry, et pourtant j’essaie.

  24. elesire says:

    “culturellement transmissible” suffirait à bien comprendre. Disons “les hommes de pouvoirs sont aujourd’hui les fils spirituels des esclavagistes…”

    Je lis avec grand intêret tous les fils de discussions de ce blog, il est peut-être temps d’y participer, j’amène ma contributuion par une question, désolé.
    Comment faire cohabiter un réseau décentralisé de reflexion et de décision, avec ces lignes, noeuds, coupures, et un réseau de personnes physique, avec ces états, villes, villages ? Pour être plus clair, j’espère, comment dans le futur superposer/adapter les deux cartes/topologies de ces réseaux et ainsi pouvoir conserver la richesse de la proximité et du partage humain avec ce qui pourrait malheureusement se réduire à une “société de l’information” et éviter une dichotomie entre des acteurs devenant trop distants?

    Il est vrai que j’habite en milieu rural de montagne, ici les idées nouvelles sont souvent ressenties comme hostiles, de nombreux réseaux existent, dans une grande diversitée, et c’est le genre d’endroit (milieu local restreint) ou pourrait se développer différents systèmes de coexistence, qu’ils naissent de l’éloignement de l’état centralisé, de sa fierté historique en tant que peuple, ou d’une conscience écologique croissante.
    La culture en est encore au patriarcat malheureusement, les politiciens le sont pour la vie, les femmes bien trop soumises, et l’église importante. Je sens pourtant qu’il peut se passer quelquechose de bien dans ce coin, un jour, j’aimerais les y pousser, discrètement et humblement essentiellement par la mise en réseau d’idées et de personnes.
    En tout cas merci pour l’initiative de ce blog, c’est juste génial.
    Amitiés.

  25. Iza says:

    Elesire, je ne sais pas où est ton coin, mais il ressemble à bien des coins de par chez moi. Je crois moi que nous tenons là un bel outil, qui peut changer bien des choses, discrètement et humblement comme tu le dis, et essentiellement par la mise en réseau.

    Les réseaux ont toujours existé, mais disons qu’ils sont consommateurs d’une énergie phénoménales, surtout pour sortir du néant.

    Dans mon coin, réseau associatif très très light (pas de tradition associative), réseau de type paroissial et interparoissial actif, mais très peu de liens intergénérationnels… réseaux d’influences liés au politique et très indéboulonables…. réseaux familiaux forts, mais assez peu interpenetrès finalement.

    Dans les zones rurales et de montagne, c’est exactement comme tu le dis. ça me frappe toujours comme les villages peuvent être distants de quelques kilomètres seulement et si éloignés.

    Je crois qu’on peut développer des choses, créer ces liens entre ces différents cercles… juste en s’informant mutuellement, en restant en contact, en faisant connaissance.

    Tout reste à faire mais je m’y lance, il y a d’autres acteurs, nous nous repérons, nous apprenons doucement à nous connaître… et puis à un moment je pourrais surement leur parler de vous…. and so on…

    En parlant de ça, j’y pense, je dois vous présenter un réseau avec lequel le “reseau libre” devrait se connecter, mais RDV pour ça sur le forum …

  26. Iza et Garbun:
    Jetez un oeil au bistrot du forum.

  27. José says:

    Salut Thierry,

    J’ai beau savoir que l’Histoire est un miroir perpétuellement déformé par ceux qui la racontent, ta vision de l’Histoire est parfois surprenante 🙂

    Où as-tu vu qu’il n’y a plus d’esclaves ? Parce qu’on commémore, en grande pompe, chaque année “l’abolition de l’eclavage“ ? As-tu des informations qui m’auraient échappé ?

    Va faire un tour pour commencer sur l’article “Esclavage moderne“ dans Wikipedia. Tu y verras qu’on peut évaluer à 400 ou 500 millions le nombre actuel des esclaves de genres.

    Puis interroge-toi sur la condition actuelle des femmes dans pas mal de pays (et pas que dans les pays musulmans, de préférence), puis sur celle des enfants dans beaucoup de pays du sud…

    Plus généralement, demande-toi si les pays développés qui ont pillé les ressources et le travail de trois continents et demi depuis cinq siècles ne poursuivraient pas, aujourd’hui encore, le même cours pour maintenir, de plus en plus difficilement d’ailleurs (parce que ça commence à faire la gueule, de l’autre côté :), notre niveau de confort et de pouvoir d’achat.

    Demande-toi enfin si le monde est composé de quelques méchants et de plein “d’innocents“ et compte dans ta maison le nombre d’objets fabriqués en Chine par des ouvriers, chassés des campagnes par la misère et payés entre 50 et 200 € par mois. Ça calme sur la bonne conscience et sur “l’esclavagisme, c’est pas moi, c’est l’autre.“

    Une fois cela fait, n’hésite pas à passer sur mon blog où j’ai pondu hier un article assez chiant sur les structures de pouvoir infra-départemental en France : tu y verras qu’on va peut-être vers un monde sans gouvernement, mais à reculons et en multipliant, toujours un peu plus depuis deux siècles, les structures intermédiaires.

    La réalité de la vie locale, à laquelle tu t’intéresses et qui pourrait devenir le modèle de “l’auto-organisation“ est loin de ça. C’est peut-être là-dessus qu’il faut se concentrer, avant de refaire un monde qui ne se laisse pas faire.

    Tu évoques, comme une tradition, la fin de la soumission au maîtres, aux hommes et aux chefs : j’aimerais te croire, mais la réalité d’aujourd’hui ne nous dit pas ça du tout.

  28. Garbun says:

    Un court article qui devrait tous vous intéresser :

    http://jesrad.wordpress.com/2007/06/03/bellegarrigue-vit-encore/

  29. Superbe Garbun… ça va dans le sens du papier que j’essaierai d’écrire demain sur les Apaches.

  30. Jesrad says:

    Quitte à parler de pays qui ont prospéré sans gouvernement digne de ce nom, allez directement aux meilleurs exemples plutôt que les petites communautés anarchistes que j’ai cité dans l’article. Par exemple, l’état libre islandais (930 à 1262) où les services de police et de justice étaient quasi-complètement privés et où la loi était discutée et décidée unanimement une fois l’an.

    Il y a aussi l’Irlande celtique, et son système de Tuatha, l’incarnation même du modèle Lockéen de gouvernance sans gouvernement: chaque propriétaire de terre ou de commerce joignait le Tuath de son choix, sorte de conseil de copropriétaire décidant en commun de la loi s’appliquant sur les terres amenées par les participants, et élisant un “roi”, en fait un assureur contre le crime.

    Il y a aussi certaines civilisation mésopotamiennes, plusieurs tribus africaines, etc… Les exemples de civilisations sans gouvernement central ne manquent pas, mais comme l’Histoire est écrite par les vainqueurs, en l’occurence les états, on les passe trop facilement sous silence.

  31. “Les exemples de civilisations sans gouvernement central ne manquent pas, mais comme l’Histoire est écrite par les vainqueurs, en l’occurence les états, on les passe trop facilement sous silence.”
    Cette phrase qui est vrai ne vous pose pas problème ?

  32. Jesrad says:

    “Plus généralement, demande-toi si les pays développés qui ont pillé les ressources et le travail de trois continents et demi depuis cinq siècles ne poursuivraient pas, aujourd’hui encore, le même cours pour maintenir, de plus en plus difficilement d’ailleurs (parce que ça commence à faire la gueule, de l’autre côté :), notre niveau de confort et de pouvoir d’achat.”

    Les “pays développés” sont partis coloniser les autres il y a un peu plus d’un siècle pour mettre fin à l’esclavage qui avait cours dans ces pays.

    Mais ça je parie que vous l’ignoriez.

    Autre chose qui risque de vous déranger: les pays musulmans ont utilisé des esclaves depuis bien plus longtemps que l’Europe, au moins depuis le 7ème siècle. Et ils ont continué jusqu’à bien plus tard. Sans compter qu’ils asservissaient beaucoup plus de gens, dix à quarante fois plus chaque année suivant les témoignages des missionaires qui parcouraient ces pays, et qu’il y avait énormément de blancs dans le lot (faites une recherche sur “barbaresques”). Donc j’ai de bonne raison de croire que, entre moi et un type comme Dieudonné, celui qui a le plus de négriers ou d’esclaves dans sa généalogie n’est pas celui qu’on croit.

  33. @Henri À moi aucun. 🙂

    Les conditions sont en train de changer. Les structures décentralisées sont avantageuses en situation complexe.

  34. Jesrad says:

    @Henri:

    Perso, je ne juge pas de la légitimité d’un système social à l’aune de ses conquêtes militaires. L’URSS avait conquis plein de colonies, ça n’en fait pas un optimum de société.

  35. Ma question portait sur la difficulté d’inverser la tendance: états vainqueurs.

    A Jesrad; la phrase que j’ai cité contredit celle là:

    “Les “pays développés” sont partis coloniser les autres il y a un peu plus d’un siècle pour mettre fin à l’esclavage qui avait cours dans ces pays.
    Mais ça je parie que vous l’ignoriez.”

    La “colonisation” est l’une des causes principales de la première guerre mondiale et par conséquent et automatisme la deuxième guerre mondiale aussi. Et à la suite, au découpage des frontières en carré en Afrique et en Orient.
    Pour ce qui est de la généalogie, nous sommes tous plus ou moins cousins à partir seulement de 500 à 1000 ans.

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