PaccoAu début des années 1980, j’ai participé à l’essor du jeu de rôle. Nous avions alors l’impression d’inventer quelque chose de neuf, à la frontière de l’art et du jeu… Nous nous retrouvions dans des conventions. Quand un joueur arrivait dans une ville, il rencontrait d’autres joueurs.

Depuis deux ou trois ans, il se passe la même chose autour des blogs, j’éprouve de vieilles sensations en même temps que je rencontre de nouveaux amis. Cette fois, encore, nous inventons un nouvel art narratif, un art pour décrire notre temps et l’habiter.

À la fin des années 1980, la première génération de joueurs de jeu de rôle était épuisée. Nous n’avions pas réussi à pousser le jeu un cran plus loin, nous n’avions pas réussi à le transcender.

Nous devions trouver un job, découvrir la vraie vie, le temps nous manquait pour nous investir comme avant dans l’imaginaire et la construction d’autres possibles. Nous avions perdu la foi, nous n’éprouvions plus de plaisir. J’ai depuis tenté de rejouer de temps à autres, me retrouvant chaque fois devant la même barrière frustrante, sachant qu’elle pouvait être franchie mais rageant de ne pas trouver la solution.

L’arrivée des jeux en ligne n’arrangea rien. La plupart des joueurs se laissèrent tenter par ce mode distrayant et s’éloignèrent de l’art total dont nous rêvions à l’origine.

Le jeu de rôle est mort, en tout cas tel que je l’ai rêvé, parce qu’il n’a pas su se dépasser. Il est resté confiné à un petit milieu underground, un milieu d’initiés. Son influence sur ce début de XXIe siècle est gigantesque mais il aura manqué de hits et de vedettes pour engendrer de nouvelles vocations. Il s’est passé tout le contraire en BD et plus personne ne doute qu’elle est un art (sauf ceux qui croient encore qu’on trouve de l’art dans les galeries).

Le blog est à un point d’embranchement de son histoire. Soit des auteurs réussissent à percer, soit l’ensemble des blogueurs sombreront dans l’anonymat.

Une myriade de gens écrivent des livres parce qu’ils veulent égaler les auteurs qu’ils aiment et, pourquoi pas, connaître une forme ou une autre de gloire. Parce que depuis des lustres certains réussissent dans cette aventure il y a toujours de nouveaux auteurs (même si tous ne rêvent pas de gloire).

Mais qui réussit dans la blogosphère ? Qui a réussi à installer une réputation nationale comme n’importe quel auteur moyen de roman ? En France, personne, même pas Loïc Le Meur… et même Loïc était un cas à part. Bloguer était son travail et, maintenant qu’il a changé de travail, il a moins envie de bloguer, du moins il doit repenser sa façon de le faire.

Pour que les blogs survivent, il faut qu’une émulation se crée comme en BD ou en littérature. Il faut que le blog gagne ses lettres de noblesses. Mais est-ce possible ?

Certains blogs réussissent à faire vivre leur auteur, notamment aux États-Unis, mais il s’agit avant tout de blogs de nature médiatique. Si le blog doit se substituer à la presse, je ne vois pas l’intérêt. Si les blogueurs ne rêvent que de devenir journalistes ou animateurs de télé, je vois encore moins l’intérêt. Les blogs ne survivront que s’ils se trouvent des voies originales.

L’activisme au sein du cinquième pouvoir en est une. Participer à l’émergence de la conscience collective en est une autre. Je crois aussi que les blogs doivent avoir une dimension esthétique. On peut imaginer beaucoup de choses mais il faut vite en trouver. Sinon, les blogueurs se lasseront comme les joueurs de jeu de rôle se sont lassés.

Bloguer demande de l’énergie. Pour qu’elle continue à nous irriguer, il faut que nous ayons l’impression d’aller quelque-part. Il nous faut emporter des victoires sur nous-même comme sur le monde.

Notes

  1. La mode du blog est dépassée, c’est aujourd’hui la mode Twitter et Facebook, demain elles seront aussi dépassées (comme l’est déjà la mode Second Life).
  2. Twitter comme Facebook sont des régressions centralisatrices… elles préfigurent un internet qui ne me plait pas.
  3. Par blog, j’entends un site personnel, un espace où des gens s’expriment depuis chez eux. J’espère que ces espaces décentralisés auront la vie longue, quel que soit le nom que nous leur donneront demain.
  4. La forme blog, le journal, n’est qu’une forme possible pour les espaces personnels.
  5. Tout a commencé par les sites fourre-tout avant de s’organiser en blog. D’autres formes sont à découvrir. La littérature a le journal, le roman, l’essai, la poésie…, internet a le site personnel bordélique, le blog, le wiki, le dashboard de Facebook…
  6. Je rêve de structures plus biologiques et moins linéaires, des formes où lire procurerait une expérience inédite.
  7. Par rapport aux sites personnels, les blogs ont d’ailleurs procuré une telle expérience grâce aux commentaires et aux trackbacks, ce qui explique et résume leur succès. D’une certaine façon, Twitter et Facebook proposent de nouvelles expériences.
  8. Le jeu de rôle n’est jamais devenu un marché. Il a donné naissance à des marchés : les cartes à collectionner, les jeux vidéo, des romans… La BD comme la littérature sont des marchés. Nous vivons une époque de marché. Certains blogs doivent devenir marchands pour entraîner tous les autres.
  9. Nous pouvons être optimistes. Les premiers auteurs stars du web apparaissent, par exemple, Mike Krahulik et Jerry Holkin, auteur de Penny Arcade, une BD hebdomadaire vue par 500 000 internautes dans les 24 heures qui suivent sa parution. Leur site affiche 50 millions de pages chaque mois ! Il nous prouve qu’il est possible de toucher un public.
  10. Je voulais écrire ce billet depuis longtemps. Je me suis décidé en découvrant les billets de Versac, embruns, blog de mec… C’est aussi ça le blog, cette mutuelle émulation, c’est très bien, mais nous ne vivrons pas longtemps en auto-sustentation. Notre écosystème est trop réduit (plutôt nos divers écosystèmes son trop réduits).
  11. J’ai pensé publier avant ce billet un autre billet où j’aurais annoncé que je fermais mon blog. Puis je me suis ravisé, de peur que ça ne fasse ni chaud ni froid à tout le monde. Et que, du coup, je sois forcé de le fermer vraiment.
  12. Mais ne vaudrait-il pas mieux tenir un blog qui serait publié d’un seul coup, une fois par ans, comme un livre ? Au moins, une attente se créerait… comme elle se crée pour les autres auteurs. C’est ce que m’a suggéré Nassim Nicolas Taleb.
  13. Peu importe le moyen mais il faut créer l’attente… faire du blog une chose rare, c’est ce à quoi j’aspire.
  14. En tout cas le blog comme commentaire de l’actualité n’a aucun intérêt car cette actualité elle-même est sans intérêt.

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31 comments

  1. Garbun says:

    “J’ai pensé publier avant ce billet un autre billet où j’aurais annoncé que je fermais mon blog. Puis je me suis ravisé, de peur que ça ne fasse ni chaud ni froid à tout le monde.”

    T’as bien fait de te raviser, je n’aurais pas aimé voir ton blog fermer. Je ne suis sûrement pas le seul.

  2. Paul.de.Montreal says:

    Vouloir découvrir et ressortir à chaque fois une tendance, une mode et le péché mignon de plusieurs journalistes/auteurs dont fait partie on le voit bien notre ami Thierry. Si elle n’existe pas vraiment, ils sont capables de la créer de toute piece ou presque pour peu que leur auditoire est suffisament large et docile comme un joli troupeau de moutons. Behehehe !

    > Le blog est à un point d’embranchement de son histoire. Soit des auteurs réussissent à percer, soit l’ensemble des blogueurs sombreront dans l’anonymat.

    C’est carré mais as tu pensé a une troisieme voir quatrieme possibilité ?
    Limiter le choix à deux possibilité est une vieille technique que Platon utilisait déja pour pieger ses interlocuteurs. Ne vous laisser pas enfermer là dedans.

  3. Bonjour Thierry,

    Tu n’avais pas déjà écris un billet dans le style, il y a quelques mois… ?

    Amitiés 😉

  4. jylem says:

    thierry
    il y a un mot japonais intraduisible pour dire autrement la rareté nécessaire des blogs:
    KI DO MA
    KI c’est l’énergie, l’intensité
    Do c’est l’intervalle ( vide donc)
    et MA c’est à la fois le temps et l’espace ( intéressant le japonais)

    cela peut être une philosophie de la vie
    exister avec suffisamment d’intensité pendant un certain temps, puis disparaitre un autre certain temps pour bien sur reparaître ailleurs avec une autre énergie pendant une autre durée

    un peu compliqué, mais j’aie bien ce mot

  5. Je suis pas dans le kidoma mais dans le speed !

  6. C’est une histoire d’envies et de priorités, je trouve cela normal.
    Par contre ce qui l’est moins, c’est d’être fourré très souvent devant l’écran en période de vacances !
    L’analyse à chaud d’une certaine fatigue du concept blog ne peut être que mauvaise comme les arguments d’ Ax à propos des ogms.

  7. swimmer21 says:

    Je trouve ton billet très rafraichissant, s’il était besoin. Ainsi que ses commentaires. Tu mets des mots sur des choses que je vis c’est à dire des périodes d’entre deux, de faible énergie. Alors le regard se porte sur ce qui ne s’est pas réalisé et le doute émerge. A la lecture de ton billet, j’ai plusieurs remarques : le blog est peut être passé de mode et c’est peut être son destin. Cela se ressent dans l’ambiance de tes derniers billets, je trouve. Les questions se font plus profondes et plus sombres. J’accompagne ce mouvement dans la joie. Car il est pour moi source d’un renouveau.
    Sur le contenu, je suis d’accord avec toi sur la question des écosystèmes limités. La résilience en écologie (un peu ma patrie professionnelle) propose des phases de développement et de destruction des écosystèmes. Qui renaissent de manière inattendue pour en construire de nouveaux. Tout cela pour dire que peut être la blogosphère a atteint une phase qui l’amène à s’effacer. Je trouve courageux de continuer ton blog alors que la tendance “naturelle” serait d’arrêter. Je pense que tu peux accompagner de bien belle manière ton blog jusqu’à sa fin (double sens du mot, NdA).
    Je distingue plusieurs échelles dans tes propos : celle de ton blog, celle de la blogosphère, celle de la conscience que j’appelle commune plus que collective. Ces échelles s’accompagnent de pas de temps différents (3-5 ans pour un blog, 10-15 ans pour blogosphère, le temps nécessaire pour la conscience commune). A chacun de ces niveaux correspond un écosystème différent. Et c’est dans le DO, l’intervalle entre ces écosystèmes, que réside l’une des clés.
    Je suis marqué par l’idée d’espaces personnels que tu mentionnes en passant. Il s’agit pour moi d’un point clé. Le blog n’est qu’une facette de cet espace et je pense que l’innovation viendra du lien entre ces différentes facettes : un lien unique entre des espaces de détente, des espaces créatifs (blogs, BD), professionnels et plus si affinités… Pour les expériences inédites. Un fil à suivre.

  8. Tu as raison Thierry, il faut que ça aille vite. Maintenant que je viens de lancer mon nouveau site “lespacearcenciel.com”, moi aussi j’essaye tant bien que mal de survivre, tout en essayant de faire bouger les choses…

    Cet après midi en allant prospecter auprès des petites entreprises ou commerces de ma ville – Arles – je me suis de nouveau rendu compte de la difficultés qu’ont ces petites entreprises pour survivre.
    On leur parle d’Internet et de cette importance de participer au changement, mais sur dix entreprises visités, la moitié étaient dégoutés de tout notre système.
    J’en ai donc profité du coup pour leur parler du cinquième pouvoir et de l’importance de tenir un blog pour de ce fait participer à ce changement !

    La tache est sacrément dure. Les gens autour de moi sont pour la plupart écoeurés et à plus d’un titre. Certains le disent tout haut, d’autres ont peur de passer pour des extras-terrestres. Quoi qu’il en soit, il suffit de pas beaucoup de temps pour se rendre compte qu’il y a quelque chose qui ne tourne plus rond !!!

    A moins que ça vienne de moi, mais bon j’en doute ! En ce qui me concerne ça fait plus de quinze ans que j’essaye tant bien que mal de faire évoluer ce système…

    Les gens se plaignent, mais dés qu’il ont à faire un petit effort, en général très vite on se rend compte qu’il ne reste plus personne…

    C’est fatiguant, énervant, épuisant et puis il faut bien continuer de vivre…

    Alors comment faire ? Faut il attendre une prochaine révolution… ? Qui de toute façon ne se fera jamais et pour cause… De toute façon, il ne vaut mieux pas !!! Les morts innocents des deux côté, ce n’est vraiment pas une solution “du cinquième pouvoir, auquel cas je n’ai vraiment rien compris au schmilblic…”

    Pas étonnant que Loïc Le Meur se soit cassé à San Francisco, on peut très facilement le comprendre !!! Mais bon il n’est pas donné à tous le monde de pouvoir se casser… Encore faut-il avoir certaines compétences pour commencer là bas quelque choses que nous ne pouvons pas faire ici !

    Nul n’est prophète en son pays dit le proverbe. Un autre dit qu’il ne sert à rien de chercher ailleurs ce que l’on a sous les mains ! Car, chacun, nous avons tout sous les mains. Encore faut-il en prendre conscience !

    Hier soir au Resto, nous discutions avec une étudiante en droit qui me disait qu’elle se languissait de terminer ses exams pour se casser très vite. (La nana doit avoir 18, 19 ans !) Elle m’a dit : Je ne crois plus en la France, la France est morte !!! Et en quelque part elle n’a pas tord ! Mon frère à fait aussi ce choix il y a une dizaine d’années. Ingénieur informatique (Lui aussi..), il s’est d’abord cassé aux States, puis des States, à présent il est en Inde. (Mon ancien associé, lui, il a choisit le Luxembourg)

    Pour ma part, je pense, qu’il ne sert à rien de partir. La fuite n’est jamais bonne. Je pense qu’il faut combattre !!! Même si nous crions dans le vide… Je pense qu’un jour ou l’autre et à court moyen ou long terme nous auront le retour d’échos !
    L’Europe ne pourra pas continuer ainsi ! Idem chez nous en France ! Un nouveau changement est en train de se faire. Rien ne va plus… Mais pour cela il faut la mort de l’ancien monde… Notre système économique actuel ne peut plus durer. De moins en moins de personnes s’en sortent… Pour cela, il n’y a qu’à ouvrir les yeux. Les gens tiennent parce qu’ils ont des crédits. Ils sont sur endettées ! Voilà ce qui leur permet de tenir… La question est pour combien de temps encore ?

    A cette question, il n’y a pas de réponse ! Du moins en ce qui me concerne, je n’en voit plus ! Et ceci depuis les résultats de nos dernières élections… Je ne comprends plus rien çà rien ! Donc comme vous, à présent j’attends de voir. Mais cela ne m’empêche pas de poursuivre la lutte, d’une autre manière certe, je l’avoue…

    Amitiés à vous toutes et à vous tous 😉

    ps. Bon sur ce, ce soir je suis épuisé ! Vite au dodo…

  9. jépatouvu says:

    Vous dites ceci
    “Je crois aussi que les blogs doivent avoir une dimension esthétique”
    Alors vous avez un travail énorme a fournir quand a “l’esthétique” de votre blog.

    Je lis tous vos billets, je lis toutes les réponses ou commentaires et je dois admettre que, si c’est cela le 5ème pouvoir, le monde peut dormir tranquille.

    Mais vous avez raison quand au manque d’intérêt des blogs et de l’actualité.

    Vous voyez Mr Crouzet, votre principe de 5ème pouvoir n’est pas mauvais en lui même, c’est la maniére dont vous assénez vos idées comme des vérités, comme si vous seul aviez raison.Vous vous dites libéral, laissez moi sourire si vous le permettez, comme vous l’avez dit il y a quelque temps, vous utilisez des mots sans trop connaitre leur signification, c’est génant

    Allez sans rancunes, je vais attirer les foudres de vos courtisans qui dans leurs domaines ne sont pas mal non plus.

  10. Paul.de.Montreal says:

    Quand on écrit sur des technologies qui évoluent vite comme celles reliés a l’internet actuellement, c’est normal d’être dans le “speed” sinon le temps que l’éditeur le publie, le livre est déja obsolete. C’est d’ailleurs en passant l’interet des encyclopédies on-line qui se mettent à jour quotidiennement sans attendre la prochaine édition. Microsoft entretien au passage cette frénésie en faisant des mises a jour “sécurité” presque quotidiennes de son OS. Ca fait 3 ou 4 ans que j’utilise plus winupdate et je m’en porte pas plus mal (en utilisant un bon firewall).

    Reste que chaque cas de figure est different comme dans la nature ou tu as une gazelle et un gorille adulte qui lui n’est pas dans le “speed”. lol

    @lespacearcenciel
    il faut connaitre son marché et ses potentialités. Savoir adapter son discours en fonction de son auditoire en faisant des analogies comprehensibles, pratiques et simples. Montrer les gains d’une technologie en étant honnete et transparent pour instaurer un climat de confiance. Voila dit tres rapidement.

    Sinon ton frere a probablement fait le bon choix avec l’Inde s’il a l’esprit et les moyens d’un entrepreneur. J’ai un voisin indien informaticien qui y retournerait bien si ces enfants (nés aux USA) comprenaient la langue pour l’école.

  11. @jépatouvu Que vous lisiez tous mes billets malgré vos réticence est encourageant !
    Juste trois choses.

    1/ L’esthétique comme nous en avons souvent parlé est relative à l’observateur (il va s’en dire que je parle de l’esthétique dans le texte et non pas dans le look — j’essaie colle pour celui-ci aux règles de lisibilité sur écran).

    2/ Le cinquième pouvoir n’a jamais été ici, je n’ai fait qu’en parler… Un philosophe qui parle de conscience n’est pas la conscience. Je ne suis pas sensé faire du cinquième pouvoir… je suis déjà passé à autre chose d’ailleurs.

    3/ En tant qu’antiessentialiste, je suppose que les définitions n’existent pas. Et que tant que nous nous comprenons plus ou moins ça suffit. Le langage est imprécis par nature quoi qu’en pense Henri Alberti.

  12. Swimmer21 says:

    Une petite phrase vue sur un pochoir de Misstic (celle qui a fait l’affiche de la fille coupée en deux) : l’éthique, c’est l’esthétique du dedans

  13. “Un nouvel art narratif” : je pense que c’est plus que cela, car il s’agit d’une arme de communication politique, surtout avec la vidéo comme support.

    Pour le prochain Grenelle de l’environnement, informez-vous sur ce site :
    http://fne-grenelle.blogspot.com/

  14. @ Paul.de.Montréal,

    Je sais bien tout ce que tu me dis. (Je suis aussi un ancien commerçant. J’ai eu trois boutiques en trois ans…)
    Mais vois-tu, je suis un peu comme Thierry. Je suis convaincu depuis des années qu’il faut que ça change. Je ne peux pas non plus venir sur ce site parler de changement, sans rien faire non plus chez moi en local. Auquel cas ce discours n’aurait plus aucun sens. D’ailleurs Thierry le dit très bien dans ses ouvrages, ainsi que sur ce site !
    Qu’est ce que tu veux faire de plus ? Le monde des assos, merci, je connais déjà… Il ne reste plus qu’internet, selon moi aujourd’hui pour faire évoluer notre société !!!

    Je pense, que nous sommes à la limite entre le web 2.0 et le 3.0. Pour moi le web 2.0 aura été le web participatif. Le web 3.0, celui qui permettra une fusion entre la participation et la rémunération. Un système économique différent de celui que nous connaissons aujourd’hui… Pour faire évoluer le système…

    C’est ce que j’essaye de faire à mon niveau de mon côté. Je pense vraiment qu’il nous faut penser l’économie différemment. C’est une de nos priorité en tant que contemporains ! Reproduire, ça suffit !!! Le souci, c’est qu’à l’école ou dans la société, tout nous pousse à reproduire. Heureusement qu’il y a le monde de l’art, pour nous éveiller à la prise de risque, à la nouveauté ainsi que la créativité…

    Mais bon, les racines comportementales de nos ailleux sont tellement enracinées dans nos gènes depuis des générations et des générations, que je ne sais quel miracle il va falloir pour déboulonner tout ça !!!

    Mais bon, j’admets aussi la possibilité d’une vision faussée…

    Et puis il y a la commission Attali sur les freins à la croissance, dirigée par Jacques Attali et installée le 30 août 2007 par Nicolas Sarkozy…

    Notre sauveur accompagné de son armée d’anges vont bien sur, nous trouver des solutions pour relancer l’économie… Faites moi rire…

    Amitiés A+ 😉

  15. José says:

    Salut Thierry,

    Ton post est étonnant :). Tu demandes “qui réussit dans la blogosphère ?“. Mais réussir quoi ?

    Réussir une carrière ? Je croyais que l’on ne parlait pas de “carrière“ dans les blogs, ni d’argent, mais de liberté d’expression.

    Réussir à être “influent“ ou “réputé“ ? J’espère que je n’étonnerai personne en disant qu’on a plus de chances de réussite en se plaçant au centre plutôt qu’à la périphérie, en écrivant dans un grand quotidien plutôt que dans une feuille de chou, en publiant chez un éditeur “réputé“ plutôt que chez un obscur libraire. Réussir, ce doit être pour ceux qui y aspirent, une démarche globale, incluant le choix des bonnes armes ou des médias les plus “réputés“ ou les plus “influents“. Avec ce que cela suppose d’abandons, de concessions, de compromis, de compromissions parfois.

    Etre influent, ce n’est pas forcément tenir le discours le plus pertinent, c’est être au bon endroit, au bon moment, pour être entendu. Les blogs sont-ils le bon endroit pour cela ? On peut effectivement se le demander.

    Mais tenir un blog, je crois que ce n’est pas cela. C’est même l’inverse de cela. C’est d’abord une démarche d’expression personnelle, responsable et “hors circuit“ : hors-circuit des mondes de l’édition, de l’économie ou de l’argent, de celui des médias de masse et des réseaux de mondanités qui leur sont consubstantiels. Tenir un blog, c’est privilégier une liberté de parole et une liberté tout court que pas grand-chose, à part soi-même, ne limite.

    Pourquoi ? Parce que, justement, il n’y a pas d’enjeux de carrière, de réussite, d’argent ou d’influence. Si la liberté a un prix, ce pourrait être celui-là.

    Après, laissons faire les choses ou, plutôt, donnons du temps au temps. Les premiers bouquins imprimés par Gutemberg devaient avoir moins de lecteurs que le blog du premier analphabète venu. Déclarer dès aujourd’hui que les blogs sont démodés ou ringards, comme le fait Embruns, c’est aussi pertinent que d’affirmer, en 1460, que le livre est passé de mode. Il est trop tôt pour déterminer si des talents émergeront de l’univers des blogs. Un talent, c’est aussi du souffle et de la durée : combien d’écrivains passent les 500 lecteurs avec leur premier ouvrage ?

    Dans un second temps, tenir un blog -et c’est ce qui le distingue d’un simple journal intime, caché au fond d’un tiroir- c’est aussi jeter une bouteille à la mer. Ramasse qui veut, ou qui peut. Mais si l’on est obsédé par la volonté que la bouteille parvienne à destination (laquelle ?), la Poste est encore plus sûre que le post, ou que la mer. 🙂

    Un blog, c’est, au sens propre, un média, un moyen, qui rend possible pour chacun de s’exprimer comme il l’entend, mais qui n’oblige personne à l’écouter.

    Facebook -sur lequel je me suis inscrit, pour voir :)- ou les machins de ce genre, c’est quoi ? C’est quasiment le contraire. L’expression y est tellement formatée qu’on n’a même plus à écrire. Il ne s’y passe rien. Il ne peut rien s’y passer. A part du vide.

    Facebook, c’est le néant absolu de l’expression et de la communication : tu colles ta gueule, tu affiches des vignettes de gens que tu connais un peu, voire pas du tout, tu les appelles tes “amis“ (en vrai, les mots ne veulent-ils tellement plus rien dire qu’on puisse se vanter, croire ou faire croire qu’on à 50 ou 250 “amis“ ?) et tu leur envoie des poissons pour leur aquarium. Whaou ! La belle affaire ! Quel progrès !

    Une dernière chose : tu dis “en tout cas le blog comme commentaire de l’actualité n’a aucun intérêt car cette actualité elle-même est sans intérêt.“ Je suppose donc qu’un panier de pommes peint par Cézanne n’a aucun intérêt puisque, au fond, les pommes, ça n’a pas grand intérêt.

    En disant cela, tu oublies évidemment que dans le “commentaire de l’actualité“, il y a “commentaire“. Dans cet exercice, l’œil de l’écrivant -comme celui du peintre- est la vraie valeur ajoutée. Après, évidemment, tout le monde n’a pas l’œil de Cézanne. Mais c’est une autre affaire… 🙂

  16. lény says:

    En découvrant ce billet ce matin, je ne savais comment y répondre car je n’étais pas sûr du gout étrange qu’il me laissait. José y répond brillamment.
    Thierry, y a des trucs qui cloches ….

  17. Les rats resteront dans le navire et moi le premier.

  18. lény says:

    Henri>> si Thierry fermait son blog, ça m’ferais chier. Vraiment. En découvrant ce blog il y a un an j’y ai découvert des perspectives auquelles je n’avais pas pensé et peut être la possibilité de travailler sur des projets avec des gens que je ne connaissais pas.J’y vais tous les jours. Mais je suis désapointé par le post de Thierry, j’y sens, peut être à tord, une rancoeur.

  19. Ax says:

    “Au moins, une attente se créerait… comme elle se crée pour les autres auteurs.”

    Dans le Fil de l’Epée, de Gaulle avait théorisé le concept d’attente, de vide, d’absence, calculés, destinés à créer le besoin et le désir.

    Dans la pratique il l’a fait en 46 : il est parti, persuadé qu’on le rappelerait dans les six mois ou un an.
    En réalité, tout le monde est passé à autre chose, et de Gaulle est resté dans la solitude et l’indifférence de tous pendant 12 ans.

    Il a fallu la guerre d’Algérie, et une sorte de coup d’Etat légal organisé par quelques proches, pour que de Gaulle revienne au pouvoir.

    René Girard parle aussi beaucoup de la dialectique de l’attente et du désir ; mais ça ne marche jamais comme recette. Si parfois la femme qui se dérobe devient un amour fou qu’on poursuit parce qu’il fuit, le plus souvent, la femme qui se dérobe est oubliée au profit d’une autre plus facile.

    “Loin des yeux loin du coeur” est une règle plus commune que celle selon laquelle l’éloignement crée le désir.

    Les animateurs de télé très populaires, qui quittent d’un coup la télé, sont très vite oubliés. Il leur est très difficile de revenir après quelques années d’absence. D’autres ont pris la place.

    On vit dans un tel monde de l’abondance d’hommes, que je ne suis pas sûr que le concept d’attente soit une telle recette que le disent certains… C’est joli en théorie mais peu efficace en pratique.

    ça fonctionne dans un petit nombre de cas (le dernier Harry Potter que les fans attendent…), mais en fait ce sont surtout ceux qui sont déjà fans qui attendent. L’attente ne crée pas vraiment un public supplémentaire.

    Quand les fans sont des millions, comme pour Harry Potter, tout d’un coup des millons de gens achètent le livre à sa sortie.
    Mais quand un auteur n’est connu que d’un noyau de lecteurs passionnés, l’attente n’augmente pas son lectorat.

    Quoi qu’on dise c’est la présence qui augmente ce lectorat. Chaque fois qu’on est absent d’un événement mondain, ou qu’on s’éloigne quelque temps de la production sur son blog, on perd des liens, des relais, une audience, des habitudes de consultation d’un flux, et il faut à chaque fois du temps pour regagner tout cela.

    Les grosses productions, spécialistes en marketing, créent une fausse attente : le livre ou le film est constamment PRESENT, annoncé comme à venir. Donc en fait il occupe constamment les esprits, non par son absence, mais par le fait que certains parlent de son absence, et de sa présence à venir.

    Si personne ne parle de l’absence, l’effet d’attente ne crée pas le public.

  20. A Ax:
    Bizarre que tu n’ai pas pris l’exemple suprême: Notre président !
    J’étais en train de démonter un meuble et impossible de retrouver le tournevis cruciforme ! Heureusement Nicolas passait par là et m’a vendu le sien ( qu’il avait volé à son chauffeur ).

  21. Paul.de.Montreal says:

    Mince Thierry, t’es envahi de quebecois maintenant avec ce Michel Blanc dont je t’avais signalé le blog. il n’a pas lu ton 2e billet.
    En tous cas ca fait parler de toi dans la blogsphere québécoise. 😉

    J’aime bien sa catégorie de blog “professionnel”. Ca sous entend simplement qu’il existe un blog “amateur” qui ne répond pas aux mêmes objectifs et contraintes.
    C’est un peu ce que j’ai voulu exprimé hier.

  22. Paul.de.Montreal says:

    Thierry,
    Je viens d’apprendre un vieux contentieux avec Michel Blanc autour de BonWeb.
    Ce qui explique le ton de ses 2 articles plutôt rude et inhabituel.
    C’est sans doute un mauvais concours de circonstance à l’époque. Je suis désolé de la tournure des choses.

  23. Oui

    Qu’est-ce que tu veux j’y fasse. Le danger c’est de se croire expert de quelque chose… ça entraîne à se croire encore plus expert qu’on ne l’est. Donc à prendre les autres pour des cons.

    Oublier par exemple que les mails peuvent finir dans une boîte spam… quand tu en reçois 2000 par jours pas difficile à comprendre… depuis cette affaire nous avons ouvert un numéro de tel pour les complaintes.

  24. oaihjezd says:

    Toujours les mêmes conneries, et toujours le même ton péremptoire

  25. MxSz says:

    … et sinon vous vous jouiez à quoi ? 😉

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