Un commentaire sur ma note au sujet du Modem vient de me faire mettre le doigt sur le problème central de ce mouvement et de la politique de parti en général : on cherche toujours à trouver des cadres avant même de définir le projet. C’est une erreur monumentale. Les cadres ne peuvent que venir après, ils ne sont même pas nécessaires. Croire que Bayrou a défini un projet pendant la présidentielle est une illusion. Tout reste à faire pour inventer une véritable alternative au modèle gauche-droite. Il ne suffit pas de faire tantôt copain avec les uns, tantôt avec les autres. Sarkozy le fait très bien et beaucoup mieux.

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14 comments

  1. Valentin1979 says:

    Thierry,

    pour Bayrou, il ne s’agit définitivement pas de “faire tantôt copain avec les uns, tantôt avec les autres”.
    Bayrou s’est déjà souvent expliqué là-dessus.

    Il y a certes des personnalités qu’il estime à droite comme à gauche.
    Mais son but était de mettre les représentants des partis (et non pas certains membres qui seraient aussitot montrés du doigt, voire virés par leur propre parti) autour d’une table, et de dire : “réfléchissons ensemble à des réformes pour tirer le pays de la mouise où il se trouve”.
    Pas faire de débauchage, mais s’allier entre partis. Faire une sorte de coalition à l’allemande.

  2. Ax says:

    “Faire une sorte de coalition à l’allemande.”

    Valentin, ce serait bien d’arrêter la propagande et de nous prendre pour des cons.

    Ségolène Royal a expliqué qu’elle avait proposé à François Bayrou de devenir son premier ministre s’il prenait position pour elle entre les deux tours de la présidentielle, pour former précisément ce type de coalition que tu décris.

    Bayrou a refusé. C’est Ségolène qui le dit. “Il n’a pas osé faire le pas”.

    Le seul et UNIQUE but de François Bayrou est d’être élu président de la république. Il ne s’intéresse pas au reste, il veut être numéro 1 et uniquement numéro 1.

    Il ne veut pas de coalition à moins d’être le grand chef. Il n’est pas prêt à être numéro 2. Autant dire que c’est une impasse politique.

    Il n’a aucun sens des réalités politiques et a détruit de fond en comble la force politique à la tête de laquelle il avait été élu il y a quelques années.

    Ce type est un âne, permet moi de m’exprimer crûment car la propagande bayroumaniaque on commence à en avoir assez.

  3. carolus says:

    Avez-vous des exemples, dans l’histoire politique, d’oeuvres purement collectives, sans leaders à leur tête pour impulser le mouvement, pour guider la réflexion..?

  4. lény says:

    Thierry >> évidement ! tout à fait d’accord avec toi !

  5. lény says:

    Carolus >> je ne voudrais pas me placer en défenseur de Thierry mais là … il me semble que Thierry a plusieurs fois fait une différence entre “chef” et “leader” dans des posts antèrieurs.
    D’abord, à la différence du chef, plusieurs leaders peuvent fonctionner ensemble et je pense même que ça peut être au-delà de plusieurs. Ensuite des leaders impulsent une énergie à d’autres, pas forcément à tous. Ils les motivent parce que à l’instant T ils sont plus forts, mais jamais ils ne décident pour les autres. Des leaders se déplacent ne restent pas figés (centralisés) comme un chef. A partir de là comme tous nous pouvont être leader tour à tour parce que libres beaucoup est possible. Et à partir il s’agit donc de choisir un but, un avenir, un choix . Des cadres mais quoi un cadre ?! un quart de chef coincé entre celui qui est sur sa tête et la tête sur laquelle il est. Vraiment je ne comprends pas qu’on pense que ce soit d’une telle nécessité . Bon après si le MoDem se plante … ch’uis pas militant.

  6. Paul.de.Montreal says:

    > Bayrou a refusé. C’est Ségolène qui le dit. “Il n’a pas osé faire le pas”.

    Axel,
    “Pas osé” laissez moi rire.
    En affaires comme en politique, il faut savoir avec qui s’associer.
    Sans doute que s’il avait voulu a tout prix, le pouvoir il aurrait accepter ce risque (d’etre ensuite trahi) et l’offre de Sécotine … pardon de SR.
    L’offre venait trop tard pour être vraiment credible apres les attaques du PS. Rocard a essayé un rapprochement avant le 1er tour.

  7. swimmer21 says:

    Une remarque en passant : quand tu parles de cadres, c’est de personnes que tu parles ou de structures qui guident ensuite l’action ?
    Il s’agit d’une question auto-réflexive, un jeu de mots qui n’appelle pas de réponse en particulier.

  8. Jack13 says:

    “Croire que Bayrou a défini un projet pendant la présidentielle est une illusion.”

    Là je ne suis pas d’accord. Comment expliquer l’afflut d’autant de voix ou de militants durant cette période ?? A destination des cadres de l’UDF ?? Je ne crois pas…
    FB a présenté un projet de société avec assez de différences entre les deux propositions de NS et SG pour que s’opère un choix.
    Bien sûr les aspects plus détaillés du projet (quelqu’il soit) sont à travailler mais les candidats ont globalement tous proposés des mesures et autres axes politiques il me semble.
    Ou alors nous n’avons pas la même conception d’un “projet”, jusqu’où doit on aller dans sa définition à ton avis ?

    Pour l’aspect “timing” cadre-projet c’est le serpent qui se mord la queue, pour porter un projet il faut bien des “figures” un minimum médiatiques pour être entendues, d’où l’appel aux cadres…
    Seule différence le projet lui doit être pérenne et les cadres eux pourront être changés aux grés des besoins (en tout cas j’y compte bien :o) pour servir ce projet.

    Jacques

  9. Cher Thierry,

    Ne croyez-vous qu’il y a une certaine forme d’infantilisme à imaginer une organisation politique sans ossature ?

    Les idées, pour leur donner une réalité, il faut bien les canaliser et les organiser. Les cadres dans un parti, c’est fondamental, dès lors qu’ils ne servent pas à faire un déni dé démocratie. Mais je ne pense pas qu’ils en fassent au MoDem.

    Ils accomplissent un travail de folie dont vous n’avez pas idée.

  10. Satured de la politique says:

    C’est quoi “un travail de folie” ?
    Au lieu de croire qu’ils doivent forcément être tout seuls à le faire, ce qui devient forcément “un travail de folie”, ces cadres pourraient diminuer un peu leur égo et admettre qu’un ensemble de personnes a peut être plus de compétences et de mobilité qu’une seule, même hyerarchiquement motivée.
    monsieur Thierry Crouzet ne semble pas dire autre chose.

  11. Jack13 says:

    Je crois qu’ils ont admis depuis bien longtemps les compétences de leurs militants mais au final il faut bien condenser, synthétiser ou résumer ce travail non ?
    Nulle question d’ego mais ne faut il pas quelques personnes pour porter ce travail d’ensemble et communiquer dessu ? C’est bien le but non ? Que les résultats des travaux soient connus et compris du pplus grand nombre ?

    Sinon j’avoue que je ne vois pas votre méthode… tout le monde parle en même temps ? Chacun des 1000 contributeurs (cf. chiffre annoncé à Seignosse), dont je fais partie, lit son texte ?
    Comment canaliser cette énergie ?

  12. swimmer21 says:

    @ carolus : mauvaise pioche, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’exemple de changement à grande échelle sans leader que cela ne peut pas se passer. Tout dépend de l’envie.
    Un exemple de mouvement à grande échelle : éteindre ses lumières 5′ pour économiser l’énergie. Pas de leader, 1 millions de foyers ont participé en France.
    C’est mon opinion sur le contenu.
    Quant au processus, je préfère regarder demain et faire que cela se réalise, plutôt que de buter en rond sur la fatalité du cela s’est toujours fait ainsi, ce n’est pas possible…

  13. Satured de la politique says:

    @Jack13
    je cite: “Comment canaliser cette énergie ?”
    le problème est bien de croire qu’elle ne se canalise pas d’elle-même entre personnes de bonnes compositions désireuses de trouver ensemble une solution à un problème.
    Lorsqu’on apprend à marcher, notre partie du système nerveux qui “enregistre” cet apprentissage nous permet par la suite de le faire de manière automatique. si l’on change de paradigme l’acte de “se mouvoir” (l’eau, par exemple) on voit tout de suite qu’on a affaire à un autre environnement pour lequel de nouveaux repères sont à prendre, en état d’apesanteur ce sera encore différent, etc…

    Avant d’être traduit au niveau du système nerveux (qui dans le corps humain n’est pas prédominant sur les autres systèmes) la perception de notre environnement passe par de multiples connecteurs physiques et chimiques pour lesquels la transmission des informations internes n’est pas privilégiée par rapport a celle des informations externes.
    Pourquoi dans le système politique classique un “chef” doit-il faire la preuve qu’il est capable de gouverner ?
    A cette question, tout le monde répondra automatiquement de manière plus ou moins avouée qu’il s’agit pour ce “chef” de juguler les contradictions internes et d’aplanir les différents avec une opposition.
    Mais en répondant automatiquement ainsi, on projette déjà une certaine manière de voir les choses qui appartiennent déjà à ce système classique.

    Monsieur Thierry Crouzet ne dit pas qu’il peut TOUT SEUL apporter pour TOUT LE MONDE une solution UNIQUE. Il dit simplement, avec son expérience du réseau, que les conditions dans votre groupe ne sont pas encore propices à permettre à CHACUN d’entre vous d’élaborer avec TOUS les autres UN ENSEMBLE DE SOLUTIONs qui répondraient à l’énergie locale.
    Le symbole fort à donner dans un réseau n’est plus celui d’une régulation unidirectionnelle, mais multidirectionnelle. Les rôles que l’on veut définir dans un réseau doivent tourner sans toujours être attribuées aux mêmes personnes. Il s’agit de remplacer un “taylorisme” politique qui se contente de la manière dont les personnes timides ou moins timides prennent les rôles qu’elles sentent qu’on leur désignera à l’avance, par un système dans lequel chacun d’entre vous sera amené à prendre les mêmes niveaux de responsabilités que ceux qui ont l’expérience de certaines situations.
    Monsieur Thierry Crouzet ne parle pas de création d’une organisation avec des cellules indifférenciées (les cellules doivent s’équilibrer les unes les autres pour former un organe) mais remarque tout simplement que la faiblesse, alors que tout le monde croit que c’en est la force, d’un parti est de vouloir motiver l’adhésion des gens autour de “places à prendre “dans une hyérarchie, plus qu’autour de “rôles à jouer” dans l’élaboration d’un programme.
    Et il a observé, assez justement, que lors de votre rendez-vous certaines personnes était venues dans l’intention de jouer un rôle et qu’elle ont été décues de n’avoir rencontré que des “places à prendre” et qui, en plus, étaient désignées à l’avance. Vous avouerez que c’est tout de même assez bizarre pour un parti qui voudrait faire de son cheval de bataille “l’ouverture”.
    Mais tout ceci ne se fait pas en une seule rencontre, vous avez cinq ans (moins le temps de la campagne) pour vous “acclimater” à un nouveau système politique qui vaille la peine d’être mis au choix de l’ensemble de la nation. prenez ceci en considération avant de vous faire doubler une nouvelle fois par les “fortes personnalités” qui vous diront tout de suite de cèder à la facilité et de reprendre les structures déjà créées et utilisées par les autres, pour les résultats que nous connaissons bien.
    Nous vivons une ère où tout nouveau résultat (en politique, en économie et ailleurs aussi…) effraie tout le monde. Cette peur que provoque l’habitude d’un système à plus ou moins désavantagé de multiples partis lors de cette campagne présidentielle.
    Les économistes vous disent “mais ne faites pas celà malheureux, ou nous ne pourrons plus utiliser nos formules habituelles pour calculer les résultats !” pour eux nous sommes tous des SIMS sur lesquels on peut agir en modifiant tel ou tel paramètre. Vous vous êtes donnés pour but de créer une nouvelle politique.
    Maintenant il s’agirait de vous en convaincre…et d’aller au devant de nouveaux résultats 🙂

  14. Jack13 says:

    @Satured de la politique

    Soit, j’ai bien conscience, heureusement, des travers du “système” actuel et du risque à le répéter une nouvelle fois malgrès des aspirations toutes autres qui semblent se réunir au MoDem.

    J’ai “simplement” l’espoir que cet apport massif de militants soit assez fort pour imposer ces attentes d’une autre façon de pratiquer la politique. Pour moi peu importe le leader qui portera les idées de tout un groupe mais celui-ci (ou celle-là) devra adhérer ou être contraint par son réseau (les miltants d’un parti constitue bien un réseau) à répondre à ses attentes et idées.

    Jusqu’à ce jour aucun candidat extérieur à un parti n’a réussi à s’approcher des cordons du pouvoir et modifier les archaïsmes. Je rêve aussi d’un programme qui se constitue de lui-même par tous les réseaux possibles et d’un candidat isolé (hors parti) qui s’engage à le respecter.
    Cependant la société française et sa cohésion de citoyens est cadrée par des textes et lois. Les partis politiques ont pour buts de proposer des projets de vie à un peuple et promet de les appliquer si celui-ci lui donne sa confiance.
    Pourquoi alors ne pas créer un Cyber Parti ?
    Ce que je trouve dommage alors est que cela mettrait à l’écart une bonne partie de la population qui n’a pas accès à la toile.

    Tous les réseaux citoyens sont bénéfiques à l’évolution et à la formation d’une conscience collective et de l’esprit critique. Tous les bloggeurs sont des militants. Mais combien d’internautes franchissent le pas en créant un blog ? Politique de surcroit ?
    Comme dans toute société humaine vous trouverez toutes sortes de personnes et toutes sortes de motivations. Tous les internautes ne sont pas bloggeurs, tous les militants ne sont pas candidats à une “place”, certains sont observateurs, suiveurs, timides, ambitieux, naïfs, calculateurs, etc.
    Bref, ce que je crois est que les réseaux sont presque tous identiques à partir du moment où ils sont constitués d’humains et que seul le mode de les relier change.

    L’objectif est de faire ressortir les meilleures décisions après avoir récolté le plus d’avis, expériences et idées, en cela les moyens actuels sont prometteurs (même s’il faut maintenant faire le tri dans un plus grand nombre d’informations).
    Contrainte principale : le temps. Pour des problèmes de société de fond, le temps de réflexion nécessaire est très souvent bien plus long que le calendrier politique du pays…
    Plus les réseaux seront réactifs mieux cela sera. Thierry parle surtout des réseaux “modernes” mais il faut aussi se rendre compte de l’évolution que doivent subir les réseaux “classiques” pour sortir des rouages archaïques. Je crois que les adhérents récents du MoDem croient eux aussi en cette évolution même si les difficultés sont nombreuses et le combat pour une politique plus saine est loin d’être gagnée. Dans le paysage politique français elle est la seule formation à offrir une oportunité de changement, y arrivea-t-elle ? je ne sais pas mais je l’espère et j’y participerai de mon mieux. Cette formation est en construction donc merci de ne pas juger trop vite ;o)

    Au plaisir

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