Hier à Paris, le matin, l’après-midi et le soir à la république des blogs, j’ai discuté avec des militants de tous les horizons et, bien sûr, avec les jeunes Modem, en tous cas ceux qui ne m’en veulent pas de ma sortie de Seignosse.

Ils m’ont raconté leurs mésaventures et le simulacre de démocratie qui règne au cœur de leur parti. Fin novembre se tiendra un congrès qui posera les statuts du soi-disant mouvement démocrate. Il fondera ainsi sa constitution.

Si la démocratie est un maître mot, cette constitution devrait être discutée par tous, différentes versions devraient être en lice, un vote devrait choisir celle qui semble la plus pertinente.

Que nenni, hier matin les cadres du Modem réunis en huis-clos, presque secrètement, ont statué en catimini et pondu les règles qui leur conviennent. J’ai tout simplement proposé aux jeunes de faire un coup d’état.

Pour commencer, ils doivent écrire collaborativement des statuts et se débrouiller pour que les militants les votent lors du congrès. Gagner ce vote est facile car les 50 000 nouveaux membres du Modem ne sont pas sous l’emprise des vieux (c’est ainsi, grâce aux militants recrutés sur internet, que Ségolène Royal réussit à emporter les primaires du PS l’année dernière).

Les vieux auront alors le choix de se retirer ou de jouer le jeu démocratique. Si les jeunes Modem n’ont pas ce courage de l’action, j’avoue que je n’ai plus envie de discuter avec eux, car si eux n’imposent pas la démocratie personne ne le fera à leur place. S’ils s’assoient aujourd’hui sur leurs idéaux, demain, quand ils seront au pouvoir, ils n’auront plus d’idéal.

À quoi pourraient ressembler les statuts d’un parti moderne ? Je ne me suis jamais posé la question avant mais j’ai tout de suite pensé aux douze points qui régissent les alcooliques anonymes ou aux dix points qui présidèrent au développement du réseau Visa. Je suis sûr d’une chose : il ne faut pas plus d’une dizaine de points, chacun tenant en une ligne.

  1. Les statuts doivent être révisables à tout moment dès qu’un quorum est réuni.
  2. Le parti doit être ouvert. N’importe qui se sentant en accord avec les statuts peut se dire membre du parti sans ne rien demander à personne. Cette approche donne la possibilité d’un développement exponentiel.
  3. Les statuts doivent contenir en eux-mêmes les principes politiques que défend le parti. S’il se veut démocratique, la démocratie doit être partout présente.
  4. Il n’y a pas besoin d’ajouter aux statuts une charte des valeurs. Les statuts doivent contenir les valeurs. Par exemple, un parti qui veut se détourner des vieux clivages doit accepter des militants des autres partis sans leur demander de renoncer à leurs autres attachements.
  5. Un parti démocratique doit se protéger des abus de pouvoir en introduisant en son sein la séparation des pouvoirs. Les cadres du parti ne doivent pas être candidats à des postes électifs et encore moins élus.
  6. Le tirage au sort peut même être utilisé pour désigner les cadres et assurer leur constant renouvellement.
  7. Les statuts doivent ainsi imposer à l’intérieur du parti ce que le parti voudrait appliquer au reste de la société. Avant de vouloir changer le monde, il faut commencer par se changer soi-même.
  8. La transparence doit être généralisée. Dès qu’une réunion se déroule, on doit savoir qui y participe et quelles en sont les grandes lignes. Il faut être open source pour favoriser l’intelligence collective.
  9. Les quelques points définissant les statuts doivent être féconds. Chacun doit être dans un document attaché expliqué et commenté. Ces points doivent induire toutes les prises de décisions politiques. Les statuts doivent par exemple contenir en eux-mêmes l’idée d’interdépendance, idées qui elle-même contient l’écologie…
  10. Les points doivent être objectifs. Du type « Il faut un quorum de 50% pour réviser les statuts. » Dire « La liberté nous guide. » n’a aucun intérêt car chacun fera de cette phrase ce qu’il veut.

Si un parti respectait de tels principes, je serais moins mal à l’aise face à ses militants. Peut-être je cesserais alors de croire qu’ils sont inconsistants (je ne vais pas refaire le coup de la médiocrité).

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40 comments

  1. lény says:

    Je dois dire qu’à priori le modem je m’en fous (ça changera peut être s’ils montrent autre chose) mais que tu leur proposes de faire un “coup d’état” de cet ordre …. bravo ! A charge pour eux de ne pas se planter.

  2. Ax says:

    Voilà donc le coup d’Etat dont parlait hier Vincent

    http://vincent.ducrey.com/2007/Septembre/26/thierry_crouzet_prepare_t_il_son_coup_d_etat_en_ligne__.html

    “Les cadres du parti ne doivent pas être candidats à des postes électifs et encore moins élus.”

    Bayrou et Marielle de Sarnez viennent de faire une syncope.

  3. > c’est ainsi, grâce aux militants recrutés sur internet, que Ségolène Royal réussit à emporter les primaires du PS l’année dernière.

    A se demander si parmi ces nouveaux militants (virtuels) de la derniere heure il n’y avait pas des sympathisants de NS.
    😀

  4. Henri A says:

    Vincent Ducrey doit savoir de quoi il parle quand on parle de coup d’état, moins que son patron tout de même !
    Heu…OOOh ! Les modemistes !! Si vous comptez faire une manifestation pour la cause Birmane, faites la devant les bureaux de Total, ou celui du French doctor, ou les bureaux de L’ONU, enfin bref chez les complices. L’embargo actuel concerne exclusivement l’ananas, c’est pour dire la violence de la punition !

  5. Ax says:

    Henri, Sarkozy a demandé à Total de ne plus investir en Birmanie.
    Il a également demandé à Total de ne plus investir en Iran…
    Que demande le peuple (des connecteurs) ?

  6. Henri A says:

    A Ax:
    Si Sarkozy l’a dit, le problème est réglé ! Il a dit qu’il veut 3% de croissance, cela aussi est réglé. Tu vas pas nous faire du Tamalou !
    Petite analyse que je trouve correcte de Mélanchon ( qui n’est pas, lui non plus ma tasse de thé ):
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/article/blogview/272/1/1

  7. Ax says:

    Mélanchon n’a pas encore rejoint la “Gauche Moderne” ?

    http://www.sarkozynicolas.com/jean-marie-bockel-sarkozyste-de-gauche-annonce-la-creation-dun-nouveau-parti-gauche-moderne-allie-de-la-majorite-presidentielle/

    Et ne manquez pas à la saison prochaine, “l’extrême-gauche moderne” (les clémentinistes sarkozystes), “l’alter-mondialisme moderne” (les Zara-Whitiens sarkozystes), et même, très bientôt, les “anti-sarkozystes modernes” (ce sont des anti-sarkozystes sarkozystes, le comble de la modernité, le ying est le yang, l’opposition traditionnelle c’est has been).

  8. Henri A says:

    A Ax:
    Un différence fondamentale entre ton lien et le mien, à part l’identité des individus, d’un coté on a une opinion, de l’autre l’analyse de faits avérés.

  9. Ax says:

    Henri, il sera dit qu’en 2012 il ne restera plus que deux anti-sarkozystes en France : Dominique de Villepin et sa nièce Quitterie.

    Ne perds pas ton temps à résister tu n’es pas du lot.

    Même Carignano aura une commission.

  10. Je m’arrête sur cette phrase : “C’est comme la philosophie. Nous en faisons que nous le voulions ou non.” C’est tout à fait vrai! Et je dois ajouter que moi qui connais des professeurs et des étudiants en Philosophie qui se disent “Philosophes” (et avec qui pour certains, je suis ami) parce qu’ils connaissent quasiment tout des différents “Philosophes” au programme; je prends bien plus de plaisir à “philosopher” avec quelqu’un qui ne connaît rien à l’Histoire de la Philosophie que quelqu’un qui ne sait pas penser par lui-même et qui s’obsède à transformer l’acte de philosopher en un concours de références philosophiques. Or, la Philosophie n’est pas une contemplation, mais une pratique, un acte de réfléxion. Il ne faut pas apprendre par coeur ce qu’a dit tel ou tel Philosophe célèbre, mais confronter sa pensée avec celle des autres. Et je crois qu’Internet a un beau rôle à jouer pour rendre à la Philosophie sa vraie nature, qui n’est pas du tout une discipline réservée à certains.
    Mon conseil du jour (c’est en fait mon conseil quotidien) : Philosophez! C’est en Philosophant qu’on devient Philosophe! (non en accumulant les diplômes que certains se réservent!) Soyez tous philosophes! Vous comprendrez mieux la vie. Pas besoin de faire des études de Philosophie pour être Philosophes, bien au contraire. Là-bas, il n’y a que des tyrans de la pensée. Je les cotoie, j’en fais “en quelque sorte” partie, mais je ne pense pas comme eux. Pour moi, il est plus intéressant quelqu’un qui veut philosopher que quelqu’un qui dit ce qu’il faut penser parce qu’un tel l’a dit.

    Le parti politique vraiment moderne sera celui qui philosophera pour construire un programme au lieu de regarder ce qu’il ne s’est pas encore fait parce que l’opinion a envie d’autre chose ou qui ne fait que suivre la tendance journalière de l’opinion.

  11. Boréale says:

    Ax écrit : “il sera dit qu’en 2012 il ne restera plus que deux anti-sarkozystes en France : Dominique de Villepin et sa nièce Quitterie. ”
    Il y en a qui prennent leurs rêves pour la réalité.

    Au sujet du Modem, bravo d’avoir lancé cette idée !! 🙂
    J’espère qu’elle sera reprise au vol.

  12. Je suis d’accord avec Richard Patrosso. Bienvenue au philosophe 🙂
    La philosophie c’est comme la politique il y a plusieurs courants et ce n’est pas parce qu’on nous a montré un ou deux et avec un style donné que ca doit se limiter à cela.

    Quand j’étais en Terminale C, c’est vrai que j’essayais parfois pour avoir de bonne notes de transformer l’acte de philosopher en un concours de références philosophiques. Quand j’essayais de réfléchir par moi-même et que c’était trop matérialiste je me prenais une mauvaise note. De toute façon c’était simple peu importe la stratégie que j’employais j’avais une mauvaise note. Ca me surprenait assez vu mes dispositions en raisonnement (logique).

    Maintenant avoir un peu de culture et de lecture philosophique, permet de progresser plus vite si on a de bonnes dispositions un peu comme un engrais sur une terre fertile. Ca apprend à s’exprimer mieux nos idées et les précautions à prendre pour éviter le flou. Ca donne des éléments de réflexion. Maintenant je suis assez étonné quand je vois un philosophe universitaire, véritable encyclopédie vivante (dont j’ai déja cité le nom), raisonnait mal des qu’on sort de son domaine d’études.

  13. swimmer21 says:

    Hello à tous,
    Encore bravo pour les commentaires et le post de Thierry.
    Je trouve intéressant de gérer le paradoxe entre des statuts et donc à prioiri figés et l’ouverture. Belle expérience que des statuts révisables à tous moments!
    J’admets que je suis un peu moins sur le fait de se protéger des abus de pouvoir ? Pourquoi ? Je pense plus intéressant de prévoir un réceptacle pour les accueillir, leur souhaiter la bienvenue à eux aussi car ils forment partie de notre société. Donc bon accueil à ceux là aussi, avec respect et sympathie.
    Pour moi, des statuts doivent se focaliser sur le processus ainsi que l’ouverture à d’autres processus, y compris celui de se faire hara-kiri d’emblée.

  14. Paul de Montréal, je vous remercie pour votre bienvenue.

    Je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il faut aussi connaître les autres Philosophes. Comme je dis souvent, mon but n’est pas d’ignorer les autres Philosophes car si j’ignorais les autres Philosophes, pourquoi faudrait-il m’écouter, à moi? Et pourquoi ne pas lire les autres Philosophes alors qu’ils se sont bien souvent posé les mêmes questions que nous? C’est humain.

    En revanche, ce que je reproche à mes collègues, c’est de croire qu’ils ont le monopole de la Philosophie. S’il y a bien quelque chose qui est libre, c’est la Philosophie. Ce n’est pas tout le monde qui peut devenir chimiste, en revanche, tout le monde peut être philosophe. C’est pourquoi j’utilise Internet et le journalisme citoyen pour porter un regard philosophique sur l’actualité. Je crois que je serai bien plus utile sur Internet où je peux interpeller la conscience de chacun qu’en étant professeur de Philosophie où je demanderais à 30 élèves par an d’apprendre par cœur et sans comprendre la théorie des morts. Ce n’est pas que je ne respecte pas les Philosophes du programme (bien au contraire!), mais je conteste le fait qu’il faut être mort pour être une référence. Si on philosophe, c’est d’abord pour parler à nos contemporains.

    En Terminale ou à l’université, l’élève (l’étudiant) doit penser par les autres. Je reconnais que pour noter un élève, il n’y a que cette façon de faire parce que je pense qu’on ne peut pas noter une personne en fonction de son opinion : ce serait de la dictature. En revanche, je pense que là où c’est un problème, c’est qu’avant de se confronter aux autres, il faut d’abord penser par soi-même, se construire une pensée, puis la confronter à celles des autres pour ensuite construire sa pensée, sa Philosophie définitive. Sans oublier bien sûr que sa pensée se construit toute sa vie. C’est pourquoi d’ailleurs, on philosophe.

    Paul, comme je n’ai pas connaissance de tous vos commentaires, je ne vois pas de quel « Philosophe » vous voulez parler. Une fois, j’avais lu je ne sais plus où quelqu’un qui reprochait à Michel Onfray de ne pas pouvoir s’empêcher de citer les autres Philosophes. Cela m’avait surpris car ce dernier a démissionné de l’éducation nationale justement parce qu’il juge qu’on n’y philosophe pas. Je dois reconnaître que quand on connaît les Philosophes les plus connus/de référence (appelons-les comme on veut!), il est parfois difficile de ne pas les citer. A chaque fois que j’écris une note sur mon blog ou un article, je sais que je pourrais ne pas m’arrêter de me référencer aux autres Philosophes, mais comme ce n’est pas mon but, ni ma conception du Philosophe, je ne le fais pas.

    En première année de Philosophie à l’université, j’avais un professeur (je crois qu’il avait la chair) qui nous avait dit un jour que les cafés philo, c’était du n’importe quoi. Je n’avais rien dit, mais j’avais bien envie de dire à ce monsieur que c’était lui le n’importe quoi parce que les cafés philo, ça aurait beaucoup intéresser Socrate et Platon n’aurait pas alors écrit « le banquet », mais le café. Surtout que ce prof, que je ne nommerais pas, était fou de Platon. C’est dommage que des gens comme ce prof se prennent pour ce qu’ils ne sont pas. La Philosophie mérite mieux. Bien mieux!

  15. Henri A says:

    Je ne peux philosopher qu’en position couchée, est-ce normal ?

  16. Jack13 says:

    Bonjour,

    Petits commentaires sur cet aspects ‘statuts’. Ceux d’un parti politique sont basés sur la loi 1901 concernant les associations, pilier des activités sociales, sportives et culturelles de la France…

    * Les statuts d’associations sont révisables (1) à tout moment dès qu’un qurom est réuni, c’est un des fondamentaux …
    * Concernant le point (2), je serais curieux de voir une application concrête de ce fonctionnement, en plus de 100 ans cela à bien dû exister… Cependant de mon expérience associative je prédis un beau ‘bazar’ s’il on ne définit précisemment un critère d’adhésion à une structure et donc un droit de vote dans les décisions de celle-ci…
    * En (4), on ne peut (normalement) conditionner l’adhésion à une association à l’adhésion ou la non adhésion à une autre. On adhère librement. Il est donc tout à fait possible légalement d’être membre PS, UMP, MoDem, FN et LCR en même temps…
    * 101% d’accord avec le (5), valable à tous les niveaux de l’organisation. Cette idée a été très présente dans les échanges à Seignosse.
    * (6) tirage au sort parmis des candidats potentiels bien sûr…
    * (7) cf. discours de Bayrou sur la charte éthique
    * (1°) Voir mon premier commentaire, cela fait partie des fondamentaux de tous les statuts d’association de définir le mode précis des modifications (quorum, type de vote, modalité, scrutin, etc.)

    Jacques, militant médiocre & inconsistant ;o)

  17. A Henri A!

    Pourquoi ne pas avoir une position spéciale pour philosopher? Tant que tu philosophes, je ne peux que m’en réjouir!

  18. @Richard Patrosso
    Je ne voulais pas le citer avec une critique négative à côté mais vous l’avez nommé à ma place.

    Il ne faut pas se déterminer contre quelque chose bien que c’est le réflexe quand on nous impose pendant longtemps un mode de pensée mais définir sa propre référence qu’elle soit ou non reconnue comme tel de notre vivant. D’ailleurs je pense qu’il en va de même pour tous les philosophes anciens qui n’étaient probablement pas des références de leur vivant à part quelques uns qui se sont autoproclamé surhomme ou génie. Le philosophe a un avantage sur le politicien il n’a pas besoin de l’adhésion de la majorité. Il travaille selon moi davantage pour la postérité et faire progresser le raisonnement humain. Au final, les erreurs sont éliminées sur le long terme avec la confrontation de la réalité.

    Il faut surtout découvrir les philosophes qui raisonnent bien et juste. Ceux dont les théories résistent au temps et aux découvertes scientifiques. Je n’ai pas une âme d’archiviste et je laisse cela à d’autres qui le font très bien. Je m’attache à découvrir ce qui a de l’intérêt pour moi et pas ce qu’on me met sous le nez comme un Platon. Les références, il faut les connaître un minimum pour pouvoir discuter avec d’autres philosophes ou hommes de lettres. C’est de la culture mais ca devient philosophique d’après moi que si on adhère à cette vision et qu’on y trouve pas d’erreur de raisonnement ou des hypothèses de travail douteuses.

    Les références il faut les indiquer suivant son auditoire quand c’est nécessaire et s’abstenir quand ca n’ajoute rien au discours et que ca devient une forme de pédantisme. Ce qui m’a bloqué plus jeune c’est davantage le vocabulaire et la terminologie philosophique de théoricien comme un Kant. Je suis un peu feignant 😉 et réapprendre une langue m’ennuie un peu pour comprendre le contenu.

    Sinon je prefere le Jardin d’Épicure.

  19. Paul de Montreal, il est vrai que bien que je n’ai pas de problèmes à utiliser le jargon philosophique qui paraît “a priori” compliqué, il est vrai que je ne l’emploie pas en général. Mais tout dépend, comme vous le dîtes avec raison, de l’auditoire. (et comme vous l’avez compris, l’auditoire que je préfère, c’est celui qui est “pur”, qui ne se prend pas la tête, etc.)

    Pour Kant, il est vrai qu’il est considéré par certains comme le plus grand. Ce qui est faux : pour moi, il n’y a pas de plus grand : il y en a qui philosophe et d’autres qui font un concours d’intelligence. Mais Kant, bien qu’il ait écrit des livres impossible à lire (comme la Critique de la raison pure) pour qui veut philosopher simplement, je le recommande volontier pour qui veut étudier les Philosophes car il est très intéressant. Je donnerai un conseil : bien qu’il faille se forcer parfois, inutile de lire “les pavés” comme la Critique de la raison pure. Commencer par les textes les plus courts de Kant, c’est vraiment une bonne mise en bouche. Et franchement, je trouve qu’un texte comme “Réponse à la question : qu’est-ce que les Lumières?” est bien plus essentiel pour comprendre Kant que la Critique de la raison pure.

    S’il y a des personnes qui veulent faire des études de Philosophie ici, si je devais leur donner un conseil, ce serait de commencer par Kant. Et surtout, ne jamais se dire que c’est dur.

  20. GuillaumeD says:

    Juste un bonsoir pour dire que:
    Une amie, faisant partie des jeunes MoDem que vous évoquez, m’a reproché de ne pas être venu hier soir… j’étais malade 🙁
    Mais Internet m’a été plus profitable que la Sécu: elle ne m’aurait jamais remboursé la discussion d’hier comme votre blog l’a fait. Merci !!

    En ce qui concerne “le courage de l’action”, nous l’avons, point-barre.

    Néanmoins, un groupe formé de personnes courageuses peut se démobiliser s’il n’est pas sûr de pousser dans la même direction. Et le diagnostic du manque de démocratie au MoDem n’est que global. Le manque de précision quant à l’origine et au développement du cancer nous laisse dans le flou.

    Alors, monsieur Crouzet, on l’applique où, la chimiothérapie?

    Parce que nous donner la recette, c’est bien, ça va nous permettre d’affiner celle que certains d’entre nous avaient mise au point (cf Cercle des méthodes) .

    Mais où est la cible?

  21. En lisant ton billet, j’ai eu un flash qui m’a projecté au moins 25 ans en arrière….
    Richard Sanderson – Dreams are my Reality (La Boum)
    http://www.youtube.com/watch?v=EQDHCyFe2rY

    Dans ton Top 10 des “dreams” le meilleur est le numéro 8 : les réunions open-source

    🙂 🙂 🙂

  22. Merci Richard Patrosso pour la référence que je lirais

    et bonne nuit aux français de France. 😉

  23. Boréale says:

    Ah ouais, tiens, il fait nuit ! 😉

  24. @GuillaumeD La cible pour commencer sont les statuts. Commencez pas gagner cette bataille et échappez à la dictature qu’on vous a déjà préparé. Autrement fuyez. Car si vous restez dans ce qu’on vous concocte, vous serez dans un parti comme un autre. Si c’est ça que vous voulez, ce n’est plus mon problème.

  25. Boréale says:

    Le cycle de conférences de cet été de Michel Onfray est passé sur France Culture. Je viens de vérifier : on peut encore l’écouter !! 🙂
    Ici les archives :
    http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/archives.php
    Je me suis régalée à l’écouter, et certaines émissions sont passionnantes, notamment sur les utilitaristes anglo-saxons (les 2 1ères semaines).
    J’ai écrit un texte sur eux, mais je viens de quitter le blog où j’écrivais… En tout cas, je vous conseille ces émissions.

    A écouter allongé !! 😉

  26. Boréale says:

    HELP !! Ca fait 3 fois que j’envoie un commentaire, qui n’apparaît pas ! Que se passe-t-il ?

  27. GuillaumeD says:

    @Thierry Crouzet
    Non, je vous rassure, beaucoup de militants s’en iraient si ce parti devenait comme les autres.
    Mais il est vrai que certains sont prêts à vivre à l’intérieur d’un parti en espérant le changer petit à petit.
    Et, après tout, on pourra peut-être changer les statuts au fur et à mesure, si on tient sur le point que vous avez mentionné à ce sujet.

    (Personnellement, je ne sais pas encore quels éléments me feraient hésiter à partir , mais je sais ce qui me fait rester et ce qui me ferait partir sans transiger)

    Quoi qu’il en soit, merci de votre réponse… car je craignais qu’à ma question, vous répondiez : “la cible est Bayrou et son entourage proche” …

    Au final, nous sommes d’accord. Et quelques-uns d’entre nous vont continuer le boulot sur les statuts en s’efforçant de peser un max sur le Congrès constitutif du MoDem.

    Alors, espérons qu’en 2008, nous pourrons boire un coup ensemble à la santé du Mouvement Démocrate, sans aucune inquiétude à son sujet!!

    A bientôt.

  28. @Boréale L’antispam t’avais viré… sais pas pourquoi.

  29. Boréale says:

    Bon, je viens de réessayer, ça bloque toujours. Je copie le message sans le lien, j’imagine que c’est lui qui bloque. Pour le lien… Tiens, je vous l’envoie en 2 parties, à recoller !! 🙂

    Le cycle de conférences de cet été de Michel Onfray est passé sur France Culture. Je viens de vérifier : on peut encore l’écouter !! 🙂
    Ici les archives :
    http://www.radiofrance.fr/chaines/france-cul

    ture2/emissions_ete/caen/archives.php
    Je me suis régalée à l’écouter, et certaines émissions sont passionnantes, notamment sur les utilitaristes anglo-saxons (les 2 1ères semaines).
    J’ai écrit un texte sur eux, mais je viens de quitter le blog où j’écrivais… En tout cas, je vous conseille ces émissions.

    A écouter allongé !! 😉

  30. Boréale says:

    Ben ouais, c’était le lien !! 🙂

  31. Ax says:

    “Et, après tout, on pourra peut-être changer les statuts au fur et à mesure”

    eh eh
    Je ne doute pas que tout le monde va rester, acceptant tout de Dieu le père et sauveur François Bayrou.

    Espérant vaguement avec le temps changer les choses de l’intérieur petit à petit…

    Bref, la mécanique ultra-classique de tous les partis, absorbant peu à peu les militants les plus trublions.

    Un parti est une machine à diviser et à cliver. Il n’existe, par définition, que sur le mode du clivage et de sa différenciation d’avec les autres partis. Il n’y a rien à espérer de neuf d’un parti.
    Sarkozy n’a commencé à faire du neuf (l’ouverture) qu’en étant président et non chef de parti. Au grand dam d’ailleurs des membres de son ancien parti.

    N’importe quelle Lorie change plus le monde en poussant la chansonnette qu’un parti politique avec ses militants enthousiastes qui ne tardent pas à buter contre le mur de l’inertie partisane.

  32. Henri A says:

    A Ax:
    Arrêtes de dire des conneries sur le sujet spécifique de l’ “ouverture” ! Il n’y a aucune ouverture dans le sens mélange d’idéologies et/ou d’idées diverses.
    C’est de la propagande que tu fais là !

  33. Merci Boréale 🙂 voyons voir cette 5e année …
    C’est dommage que France culture ne propose pas directement une archive zip (au format mp3) que je peux écouter sur mon lecteur mp3 quand je me promene.
    C’est disponible sur emule.

    Le sommaire de ses 5 séries de conférences
    http://perso.orange.fr/michel.onfray/programme_up_Michel_Onfray.htm

  34. Ax says:

    Henri

    sur la question de l’ouverture, tu ne peux pas faire à la fois une politique A et une politique B. Il y a forcément des choix, une ligne.

    Ce qu’on entend par ouverture, ça ne peut pas être prendre les idées du PS, les idées de l’UMP, et tout mélanger même quand c’est contradictoire (par exemple dans le domaine des libertés économiques, choix du temps de travail etc. Ou bien tu as les 35 heures obligatoires pour tous, ou bien ce n’est pas obligatoire, pas facile de ménager l’un et l’autre).

    Le concept d’ouverture part d’abord de l’idée, du constat, que les hommes, dans leur logique de pouvoir, s’inscrivent dans des partis, puis défendent des logiques de partis indépendamment même de leurs convictions propres et du bien du pays.
    On se retrouve ainsi avec des lignes dures, clivantes, qui dépassent le souci de résoudre un problème de fond.

    L’ouverture cherche à débloquer ces oppositions partisanes lorsqu’elles ne sont que des frontières de pouvoir, elle ne peut pas aller au-delà et mélanger toutes les politiques contradictoires.

    Au nom d’une logique de parti, tu retrouves dans des accords électoraux des PS libéraux type DSK et des communistes très anti-libéraux. C’est du non sens, en dehors des logiques électorales. DSK est beaucoup plus proche de Sarkozy, politiquement, que de Marie-George Buffet. Ce serait un non sens de le voir, en tant que PS, pour une logique partisane, favoriser un accord avec le PC plutôt que de travailler avec Sarkozy. Seule la logique partisane juge plus normal de voir DSK faire un accord avec Buffet qu’avec Sarkozy.

    L’ouverture consiste à rassembler des hommes au-delà des logiques partisanes traditionnelles, mais tu ne peux guère faire autrement que de rassembler, pour gouverner, des hommes qui n’ont pas des idéologies complètement contraires.

    ça n’empêche pas de chercher aussi à s’ouvrir sur le plan des idées, à incorporer certaines idées de l’autre (par exemple le small business act de Bayrou), en cherchant à sortir de concepts pré-établis, mais dans la limite de ne pas faire un jour ce qu’on défait le lendemain, de ne pas être un mélange contradictoire pour plaire à tout le monde.

    L’ouverture est davantage un concept stratégique qui modifie les rapports de force, pour pouvoir mener des réformes, qu’un rêve de voir tout le monde s’entendre sur une politique.

  35. Henri A says:

    A Ax:
    Je trouve ta description de ce que l’on entend par “ouverture” pertinente et je suis donc tout à fait d’accord !
    Mais quel est le rapport avec ce que fabrique Sarkozy et sa famille ( dans le sens premier du terme ) ?
    “L’ouverture consiste à rassembler des hommes au-delà des logiques partisanes traditionnelles”
    Yes, mais doit-on obligatoirement prendre les plus minables, incompétents ou soumis ?
    Même par calcul à plusieurs bandes cynique, le résultat est et sera désespérant.
    L’UMPS décomplexé est devenu visible sans choquer, visiblement.

  36. Ax says:

    “Yes, mais doit-on obligatoirement prendre les plus minables, incompétents ou soumis ?”

    Kouchner, DSK, Védrine, Rocard, le président d’Emmaüs, Bockel, la fondatrice de l’association Ni putes ni soumises…

    Ce ne sont pas les plus minables. En tout cas c’était aussi, pour plusieurs, les noms avancés par Bayrou lorsqu’il parlait d’union nationale.

    Quant aux gens du Nouveau Centre, qui sont maintenant couverts d’injures, c’était il y a encore quelques mois les “bédouins” de Bayrou, qui ne les trouvait pas minables alors, et qui pensait leur confier des postes importants s’il était élu.

    Eric Besson était l’expert économique du PS.
    Tu retrouves aussi avec Sarko l’ancien responsable du programme de Bayrou…

    Alors s’ils sont tous minables, le PS et Bayrou sont aussi minables qu’eux, de leur avoir donné ces responsabilités.

  37. Henri A says:

    A Ax Copé:
    -Si je critique le président, je ne pense pas obligatoirement être un modemiste. Donc, ce que fait ou imagine Bayrou est son problème et le problème des modemistes.
    -Tu utilises la technique des journaleux ( ce qui veut dire pas de technique du tout, à part un certain sens du vague et de l’amalgame ):
    Kouchner, le président d’Emmaüs, Bockel, la fondatrice de l’association Ni putes ni soumises… sont ministres ou secrétaires d’états.
    Vedrine, Rocard et ce génie de la pensée spéculative à l’envers qu’est Attali sont dans des commissions.
    DSK, chef du FMI, encouragé par le gouvernement Bush ( Sarcozy ne l’a pas nommé ou proposé, mais il la encouragé aussi… ).
    Je parlais de minablerie:
    source wiki: « Ca fait dix ans que j’oeuvre, que je milite sans grand succès pour la modernisation du PS, pour y prôner en tout cas des idées davantage sociales-libérales, blairistes, des idées qui peut-être nous auraient permis d’ailleurs de gagner la présidentielle si on avait su davantage les défendre » Bockel.
    L’exemplarité du Blairisme que la Grande Bretagne rejette avec effrois.
    Le french doctor qui connaît bien la Birmanie, L’Irak, la Somalie et le Biafra et qui voudrait connaitre un peu mieux l’Iran.
    Le président d’Emmaüs qui passe sa vie à critiquer toutes les mesures du gouvernement.
    La fondatrice de l’association Ni putes ni soumises peut se comparer aux fondateurs de SOS rascisme et ce qu’ils sont devenus.
    Le bédouin ministre de la guerre dans l’otan… Enfin bref, tu as raison, que des boules !

  38. Grosso modo d’accord avec tout le billet y compris les 10 points.

    Une nuance sur le 5. La “séparation des pouvoirs” (5a) est une nécessité. Ce principe devrait interdire d’avoir un “pouvoir de droit” (être “membre de droit” d’une instance) dans le parti, simplement parce qu’on est élu du peuple. En revanche, il ne suffit pas à interdire d’être à la fois député et président de parti (par exemple ; 5b).

    C’est ailleurs, à mon avis, que gît la nécessaire séparation des pouvoirs dans un parti : c’est dans la séparation des fonctions et des modes d’élection entre trésorerie, adhésions, investitures, arbitrage … tout ceci doit relever de personnes responsables à ce titre devant une instance, et non du Président lui-même ou de gens qui ne seraient responsables que devant lui (bref, comme dans toute démocratie qui se respecte).

    (Je dois cette idée à l’atelier “Le MoDem, un mouvement… démocrate” à Seignosse).

  39. La seule chose avec laquelle je suis d’accord, c’est qu’il ne faut pas plus d’une dizaine de points.
    Tout le reste est largement discutable.

  40. FixPenicaud says:

    Oui Thierry, je crois que tu as raison. Nous devons nous retrousser les manches et s’il le faut imposer la direction aux dirigeants.

    Et si rien de satisfaisant n’émerge, nous ferons ce que se doit : nous les abandonnerons au sort qu’ils auront souhaité qu’on leur laisse. Mais il y a suffisamment de force dans les militants pour qu’ils rappellent et imposent les règles de la démocratie à ceux qui en font le discours.

    Tu connais ma démarche, je la mènerais jusqu’au bout.

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