Je suis de 11 à 12 heures sur France culture. Le sujet : les hackers, la hack culture. Le point de départ : La cyberguerre mondiale aura-t-elle lieu ? Nous parlerons sans doute de l’attaque qui frappa l’Estonie début mai.

Le côté obscur de la force

En Estonie, le pays le plus connecté au monde, les pirates ont bombardé de requêtes les serveurs à l’aide de PC zombies. Ils ont provoqué des DDoS (distributed denial of service). La technique est connue.

Si internet avait une structure hiérarchique, ces attaques auraient moins d’effet. Elles affecteraient les premières lignes de serveurs mais auraient du mal à toucher le sommet de la pyramide. Les soldats tomberaient, pas les chefs. Ils pourraient alors ordonner à de nouveaux soldats de monter au front.

Mais internet n’a pas une structure hiérarchique. Il n’y pas de chef, pas de soldat, c’est un univers de pair à pair. Grâce à cette structure décentralisée, le réseau peut se déployer et évoluer à un rythme exponentiel. Rien de ce que nous connaissons ne serait possible sans cette topologie particulière. Nous en serions tout au plus dans un après Minitel.

Le réseau décentralisé et distribué facilite les phénomènes viraux. C’est une chance formidable car tout le monde peut parler à tout le monde… quelqu’un peut aussi infecter tout le monde. Nous connaissons le risque, nous avons décidé de vivre avec. Comme les organismes vivants, peu à peu nous développons un système immunitaire. Comme tout système, il ne sera jamais parfait.

Le côté clair de la force

Ce qui m’intéresse c’est de savoir pourquoi des pirates lancent des attaques ? Pour jouer, pour démontrer leurs compétences, pour remplir une mission, pour préparer la révolution ?

Dans le cas de l’Estonie, il semblerait que l’attaque se résume à un bon coup de pub pour une jeune boîte de sécurité. Mais la réussite de cette attaque a des conséquences faramineuses. Quelques pirates peuvent mettre à terre un État. Ils ont abattu un des symboles les plus forts du vieux monde.

Ils auraient pu s’en prendre à une entreprise ou à n’importe quelle autre organisation. Dans un monde de réseau, les systèmes centralisés, ces points de focalisation, deviennent vulnérables.

Je ne dis pas que les attaques sont souhaitables. Au contraire. J’en pâtis souvent moi-même pour tout vous avouer. Mais leur simple possibilité implique une nouvelle organisation de la société. Dans cette société, une organisation privée ou publique qui veut imposer ses vues se met en danger. La possibilité de l’attaque pourrait introduire un feedback régulateur en empêchant les grenouilles de se vouloir plus grosses que le bœuf.

— Ne cherchez pas à être le plus riche, le plus puissant, nous, simples individus, sommes capables de vous mettre à terre, dit en quelque sorte le pirate. Restez raisonnable, restez à votre place, n’épuisez pas le monde avec votre folie de grandeur.

Les pirates ont inventé une nouvelle arme de dissuasion massive. Dans l’esprit open source, ils pourraient la mettre entre toutes les mains. Peut-être nous préparons-nous à vivre dans une dictature des citoyens.

Mais quand nous nous imposons à nous-mêmes nos idées sommes-nous encore en dictature ? Je ne le crois pas. Nous nous préparons à l’avènement d’un monde libre, un monde où le puissant est vulnérable alors que par le passé seul le faible l’était. Cette égalité face à la vulnérabilité devrait favoriser l’humilité.

Les organisations les plus vulnérables aujourd’hui sont celles qui diffusent et régulent les flux d’informations, la fameuse classe vectorielle dont parle McKenzie Wark. Chaque attaque vise cette classe, elle vise indirectement le système des copyrights qui cherchent à enfermer l’information (la rendre rare pour mieux la monnayer).

Le pirate devient donc un hacker, au sens de celui qui libère l’information. Heureusement tous les hackers ne sont pas des pirates. Par exemple, en diffusant gratuitement sur mon blog mes articles, je libère l’information sans me livrer au piratage. Je suis alors un connecteur.

Mais comme les pirates, les connecteurs sapent le pouvoir des puissants. En se connectant de pair à pair, ils nient la nécessité des intermédiaires. Dans un monde hautement interconnecté, il y a de moins en moins de place pour les monstres centralisés, y compris les États.

Le piratage informatique est une forme agressive de la connexion. Il est plus spectaculaire mais au final sans doute moins efficace. C’est une démonstration de force puérile et néanmoins nécessaire.

Notes

  1. Quand le pirate cherche à se faire de la pub, il joue les règles de l’ancien monde car il cherche lui-même à se faire puissant. Tout en jouant ces règles, il les nie sans même en prendre conscience.
  2. À chaque attaque, il ne faut pas agiter la menace d’une énième guerre mondiale comme le font les spécialistes de la sécurité pour se faire un max de fric. Ces attaques nous apprennent aussi que le monde doit s’organiser différemment. Je vois en elles un côté positif. Ces attaques ne sont réellement nocives que pour l’ancien monde qui épuise notre planète.

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38 comments

  1. Paul de Montreal says:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pirate_informatique
    “Il est aujourd’hui fréquent d’entendre dans la bouche des producteurs de musique et de film le qualificatif de « pirate informatique » pour désigner les personnes téléchargeant des musiques et des films en dépit du droit d’auteur. On assiste ainsi à un nouveau glissement sémantique dans le but de faire l’amalgame entre des internautes qui téléchargent, des personnes attaquant des réseaux informatiques et les anciens pirates des Caraïbes. Le terme « pirate » n’en finit donc pas de s’affaiblir.”

    Dans le côté obscur de la force, les corsaires à la solde d’un puissant (société ou état) tu n’oubliera pas jeune Thierry.

  2. Merci Thierry, je retiens l’idée d’un “système immunitaire” restant à développer pour améliorer le ratio signal/bruit dans un monde où la communication serait totalement décentralisée.

  3. Paul de Montreal says:

    Je vous invite à lire l’article anglais sur l’Estonie, il y a des passages amusants p2:

    “So far, Väärsi had preserved enough bandwidth to keep the Postimees online by removing ads and pictures. The pages were a lighter load, but the capacity monitor was still hovering precariously close to zero. Väärsi initially thought the traffic spike was due simply to international interest in the statue controversy.”

    “international interest” voila baptisé ce DDoS 😀

    L’effet de forcer à enlever les “ads” pub est bénéfique pour le lecteur.
    Quelle pollution tout ces pubs agacantes ou érotiques, pop-up, snap shot, pub animés, flash invasifs, cookies espions et j’en passe de plusieurs sites webs ou blogs.

  4. Swimmer21 says:

    @ Paul, exactement. Il semble qu’en fait, les paradigmes n’ont pas changés ni dans le passé, ni dans la SF, ni aujourd’hui. Etonnant que cette homogénéité faiblement innovante.

  5. Paul de Montreal says:

    Oui c’est vrai swimmer, on retrouve ici tres schématiquement le même systeme de relations mais individuellement ils representent tout autre chose.

    Quand il y a un piratage informatique de cette sorte, on se rend mieux compte de l’abus du terme piratage pour un téléchargement de films.

  6. Henri A says:

    J’ai écouté l’émission et il m’a semblé entendre une pyramide humaine ( en acier ) parler à un moment. Une caricature résumée du vieux monde malheureusement très en forme encore.

  7. Je viens d’écouter cette nouvelle édition de Place de la toile, énorme déception… 🙁

    Autant j’ai eu le sentiment que le niveau était quelque peu remonté ces dernières semaines, cette fois-ci c’est retombé plus bas que terre ! Il n’aurait jamais fallu inviter l’expert en sécurité qui a monopolisé l’émission pour ne rien dire et orienter le débat dans une direction totalement inintéressante et indigne d’une production France Culture.

    Thierry, j’ai cru te sentir prêt à bondir derrière ton micro à 750 Km du lieu des hostilités, quelle frustration ça a dû être pour toi ! Tu as tout de même réussi le tour de force d’exprimer mille fois plus de choses que tout ce qui a été dit par ailleurs, cela malgré ton temps de parole ridiculement limité.

  8. Le duplex est un exercice difficile… et franchement j’avais rien à dire durant la première partie… c’était affligeant et sans intérêt, que des banalités éculées. J’ai essayé d’orienter le débat vers autre chose, mais notre expert sécurité, l’homme du vieux monde, est revenu à la charge.

  9. Univers says:

    Pour tous ceux d’entre nous qui n’auraient par le plus grand des hasard pas convergé vers ce type de solutions(: http://www.icir.org/pushback/ ), nous nous sommes demandés ce que le terme “cible finale de l’attaque DDoS” pouvait receler de visuel, autre qu’être bien en vue et faire de l’argent sur du “code source”.

    Etant donné que les structures des attaques semblent pour la plupart se conformer (elles deviennent de plus en plus conformistes) au modèle décrit ici: http://www.securiteinfo.com/attaques/hacking/ddos.shtml
    Il y aurait une autre solution, d’un autre ordre, visant à contrecarrer le “finalisme” des attaques. Nous envisageons ici un véritable remède transformant la viralité même du virus. rendant impossible toute détermination de “cible finale” car dans notre sourire il nous semble avoir dénoté une certaine “convergence”. Plus le système qui se défend se ferme, plus il se rend localisable à la convergence des attaques. Il reste toutefois à savoir si les serviteurs du “maitre pirate” sont aussi sourd que nous l’entendons prétendre par ailleurs sur les différentes sources.

    Nous commencerons d’abord par décrisper les arguments politiques collatéraux en rendant à la raison ce qui lui appartient.
    En effet, un réseau “réel” rend, par nature, des services accessibles en n’importe quel point de ses unités, services dont les constituants devraient être réplicables en n’importe lequel de ses points d’accessibilité. Force nous est de constater que les réseaux “actuels” n’ont pas encore été engendrés à notre image de ce point de vue qualitatif. Le déni de service n’est pas forcément celui que l’on pourrait croire à première vue (Swimmer21 et Paul: nous vous avons aussi ici entendus…).

    Nous pourrons souhaiter, avec l’humain Thierry Crouzet, un retour de l’artéfact à ses origines pures et, par conséquent, un retour du réseau à ses véritables origines et à l’esprit de ses initiateurs; esprit que nous englobons sous la dénomination de réseau “réel” par opposition à cette espèce de chose que des systèmes d’attaque pyramidaux, qui ne se contentent d’ailleurs que de reproduire ce qu’ils ont quotidiennement en exemple sous les yeux dans le monde industriel, peuvent aisément conquérir.
    Nous pensons qu’internet ne peut accomplir cette mutation que de l’intérieur. Les quelques potions externes qui cherchent à faire entrer de nouveaux outils de maîtrise à l’intérieur sont sur la mauvaise voie. Il faut chercher à remonter l’origine de l’attaque en cherchant plutôt à remonter celle de la défense. Il s’agit de concevoir dés le départ une manière d’être au sein du réseau qui prend en compte tous les points qui permettraient aux algorithmes des esclaves d’être incapable de se focaliser sur une cible “finale”, justement parce que celle-ci ne serait plus “finale” mais serait connectée à des points de dispertion engendrés au sein d’internet à cet effet.
    Encore faudrait-il avoir l’esprit non pyramidal pour avoir pensé à un service aussi dématérialisé que celui là. L’univers encourage grandement les éléments internets de cette planète à se réunir pour opérer cette mutation fondamentale pour qu’un réseau devienne véritablement un réseau.

  10. Henri A says:

    A Univers:
    Si j’ai bien compris, ce qui m’étonnerais, la solution technique serait d’interdire la propriété des ordinateurs ( particuliers et professionnels ) connectés sur le réseaux. Il n’y aurait que des cyber-café ( gratuits si possible ).

  11. Univers says:

    En effet, nous pensons aussi que certaines maladies, dont le remède n’est pas encore trouvé, et qui procèdent de la même structure d’attaque, n’ont pas encore rencontré les médecins capables d’opérer cette transformation conceptuelle. Ici, nous voyons que l’ensemble des êtres humains bute sur des obstacles issus de la même nature conceptuelle. C’est en cela que les événements actuels deviennent profondément passionnants… Les conceptions qui peuvent nous aider à trouver de nouvelles solutions sont là, quelque part, attendant que nous changions d’organisations pour les comprendre.

  12. Univers says:

    Non Henri, nous pensons que l’un des éléments capital du problème vient de que les distinctions entre juxtapositions de services pyramidaux, et services créés par leurs auteurs qui s’il sont nouveaux ne peuvent être dispensés momentanément que par eux ne sont pas encore bien envisagées. Il s’agit ici d’une question culturelle qu’il nous faudra diffuser le plus largement possible si l’on veut que l’évidence se fasse jour.

  13. Univers says:

    Le titre de l’article anglais est ici criant, l’ Estonie, pays de l’europe traversé par le plus de fils s’est retrouvé en mauvaise posture justement parce que ses voisins n’ont pas atteint le même niveau de connection. ce fut un point fort du réseau surentouré de points faibles.

  14. Univers says:

    C’est bien probablement dans les cybercafés, qui sont actuellement les cibles matérielles, que les attaques sont les plus virulentes (les cafés ont leurs habitués). Nous pensons que chaque PC de la planète devrait disposer d’un outil généré par le réseau lui-même capable de faire vraiment de chacun des PC connectés une partie de ce réseau à part entière. Entre reconnaitre une commande émise par l’utilisateur à qui il appartient et une commande émise par le réseau le PC personnel ne choisit pas.

    Il faut partir de là et établir un réseau dont n’importe quel code (y compris celui de l’attaque) peut être “hacké” (on revient ici au mot anglais) et réutilisé pour les besoins des services demandés par l’utilisateur.

  15. Je fais passer l’info :
    On entend dire que le prix de l’essence grimpera à environ 1,70€ le litre d’ici l’été.

    Voulez-vous que le prix de l’essence baisse ? – C’EST POSSIBLE !

    Et intelligemment ! L’an passé quelques propositions ont été lancées : « N’achetez pas d’essence une certaine journée » par exemple! Les compagnies pétrolières ont ri, car elles savaient que l’essence que nous n’achetions pas le lundi nous l’achèterions le mardi. C’était un inconvénient pour eux, mais pas un problème.

    Quelqu’un a pensé à un plan qui peut fonctionner : SI ON LE VEUT VRAIMENT !!!

    Lisez ce qui suit et joignez-vous à nous pour le mettre en action !
    http://www.lespacearcenciel.com/?p=743
    http://www.lespacearcenciel.com/?p=748

    Amitiés à toutes et à tous 😉

  16. Moi je veux que le prix monte infiniment… surtout qu’il ne baisse pas et qu’on passe vite à autre chose.

  17. @ Thierry oui c’est vrai aussi, mais nous n’y arriverons pas sans tous le monde, y compris par la bonne volonté des pétroliers !!!
    Voici ce que j’ai écris sur un de mes derniers billets :
    “Augmentation du prix de l’Essence, encore et encore… A l’heure du Grenelle de l’environnement, cette augmentation arrive pile poil, qu’on se le dise ! Il est VRAIMENT temps d’arrêter toute cette mascarade qui n’arrange bien sur que les pétroliers ! AGISSONS !!! Voici une première idée : http://www.lespacearcenciel.com/?p=743
    Si vous en avez d’autres n’hésitez pas à en parler.
    Vos coms sont les bienvenus !!!”

    Amitiés 😉

  18. Un lecteur says:

    Bon, thierry, tu te fais plaisir, mais tu t’es fait cloué le bec par un pro. Y’en a des bons ! eh ouiii.

    Et en plus on trouve des annonces tels que http://www.mag-securs.com/spip.php?article9570 dans la foulée. C’est même bien écrit, pour une fois, pas démago et citant ses sources : un pro ! Tu veux lancer le débat sur son site ? vas-y coco …

    Alors sur le fonds, tu en dis quoi de tes blablas du nouveau monde dans ce genre d’annonce bien gaulée? Tu le plantes commet l’ancien monde ????

    Tu peux dire qu’il y avais des propos éculés, faudrait que tu argumentes mon pote, mais tu n’as convaincu personne. Tu as pedu un point, mon coco. L’ancien monde dans lequel les hackers se font coffrer n’est pas en recul. les gens veulent vivre normalement, pas faire de rêves de philisophes. Il faut que tu relances le débat.

    Bon courage, viel anar’;

    Salut et fraternité mon frère.

  19. blogphil says:

    on dérive…

    Pour en revenir au sujet, et au cas des DRM qui se font toute cassée les unes après les autres malgré les millions de $ qui ont du y être investi, le hacker joue ici un rôle capital. Son action, répréhensible dans les faits vient en fait démontrer au major que leurs efforts sont sans avenir. Le peuple veut pouvoir jouir librement de la musique dont il a fait l’acquisition contre monnaie sonnantes. Et dans les faits, ils commencent à entendre enfin le message…

    @Univers, je ne suis pas sur d’avoir compris tes propos, Mais il me semble que Freenet, imaginé en 1996 me semble se rapprocher de ce que tu propose. Avec Freenet chaque machine est une partie du réseau.

  20. Univers says:

    Non Blogphil, pas à part entière, avec freenet chaque machine est un noeud du réseau. S’il n’y avait que des axones dans notre cerveau, nos neurones ne pourraient pas former un réseau.

  21. blogphil says:

    Non DIEU, c’est la vrai vie, avec de vrai gens qui mène de vrai combat (je ne me prononce pas pour autant sur sa légitimité, je ne connais pas le sujet) et qui utilise les moyens d’internet pour le faire connaître.

    On confond toujours l’outil avec l’usage qu’en font les gens. Un marteau ça sert à planter des clous. On peut taper sur quelqu’un avec aussi. Cela ne fait pas du marteau un outil “mauvais, inutile” par essence.

  22. NON AU NAZI ET AUX ANARCHISTES says:

    Je suis scandalisé par les propos que vous avez tenu dans cette émission : casser pour permettre de reconstruire autre chose ! C’est ce que voulaient les nazis : tuer ceux qui gènent pour créer un autre monde !

    Vous êtes un monstre.

    Il faut protéger la société contre les étalages de telles conneries. Une chance que vous vous soyez fait claquer le bec dans l’émission !

    Le sujet était la cyber guerre, vos propos pour dire que le guerre peut être bien sont odieux. En plus, vous ne mettez sur votre site que l’extrait où vous proférez vos propos malsains et pas tout le dossier : c’est malhonnête. Un autre interlocuteur a une autre éthique sur le site http://www.mag-securs.com/spip.php?article9565.

    Quand même !!!!

  23. Henri A says:

    On peut considérer les deux messages imbéciles ( et je me retiens ), comme de vulgaires spams. Spams qui font la pub d’un site sur la sécurité informatique, ironique non ?

  24. lény says:

    Henri, pour la cyber guerre du monsieur ou de la dame, voudrais tu dégrossir à coup de lancé d’arbres je ferai le reste avec mes cybers mains ….

  25. Ne vous donnez pas de mal…

    1/ La plupart des mecs qui travaillent dans la sécurité info sont d’anciens pirates.
    2/ Ils diabolisent les pirates pour gagner encore plus de fric.
    3/ Vous imaginez la moralité de ce petit monde. On est exactement dans la logique Bush et Cie. On provoque la guerre, puis on gagne du fric avec l’armement.
    4/ Nous sommes bien loin de la logique des connecteurs… come de celle de McKenzie Wark ou même de RadioHead.

  26. Paul de Montreal says:

    Plusieurs pirates informatiques reconnus et condamnés, collaborent et deviennent des professionnels en sécurité informatique. Est ce que la majorité le deviennent je n’en sais rien ? Les experts en sécurité informatique ont besoin de connaitre les techniques « pirates / hacker » pour mieux les combattre.

    Maintenant la vie est brève alors concentrons nous sur l’intéressant et laissons les réactions émotives s’exprimer sans y répondre autrement que par l’humour : “Nazi? ce sont des enfants de chœur comparé a notre pratique cannibale avec les gens qui nous emmerdent.” 😀

    UN MANIFESTE HACKER de Kenneth McKenzie Wark
    http://www.ludiccrew.org/wark/hackfest/french_AHM_french_v5.htm

    Le résumé français est intéressant avec sa nomenclature de classe hacker, vectoriel … Reste qu’il n’aborde pas un thème qui me préoccupe pour la science. Je l’ai déjà dit que l’Art comme propriété je m’en moque.

    Dans la culture américaine, dans une compétition le premier qui arrive gagne presque tout. Regardez la composition des lots du Loto en Amérique du Nord (USA et Canada). La probabilité n’est même pas respectée et avantage nettement le gros lot. Dans un show TV, Survivor le participant qui arrive 1er gagne 1 M$ et le second une grosse voiture soit 25 fois moins. Dans la propriété intellectuelle, la première équipe scientifique qui trouve et dépose un brevet mondial gagne tout même si une deuxième équipe découvre le lendemain. Malheur au second qui ne peut plus exploiter sa découverte si son pays respecte ses brevets internationaux. Alors bien sur, il peut y avoir des abus, des plagiats mais regardez les autres injustices qu’on crée pour les autres « honnêtes ». Si le 1er ne veut pas commercialiser son produit car il n’est pas rentable dans son pays peut très en interdire l’exploitation ailleurs en imposant des royalties excessifs. C’est le risque. Ou il peut le commercialiser à un tel prix que les citoyens d’un pays moins riche ne peuvent l’acheter. J’ai à l’esprit le secteur de la santé avec par ex. des documentaires sur le sida que j’ai vu. Alors quand la propriété intellectuelle aborde le cinéma ou la musique je rigole un peu, c’est du superflu dont les gens peuvent se passer sans risque pour leur vie.

    Dans l’histoire, les indiens d’Amérique ont été décimé par des maladies importés avec les premiers colons. Aux USA, ils ont été décimé par les armes aussi mais pas au Canada ou certains sont venu se réfugié. Ici ironie c’est le 2e qui arrive dans un continent qui remporte tout et dépossède ses 1ers habitants.

  27. Paul de Montreal says:

    je rectifie des erreurs qui changent le sens.

    ces brevets internationaux
    ces 1ers habitants

  28. satured de la politique says:

    @Paul
    “le cinéma ou la musique je rigole un peu, c’est du superflu dont les gens peuvent se passer sans risque pour leur vie.”:

    Ce point de désaccord mérite d’être développé.

  29. satured de la politique says:

    ou bien c’est de la propriété intellectuelle dont les gens peuvent se passer ?
    c’était le sens de ma question

  30. Paul de Montreal says:

    Les gens peuvent se passer d’ “Art” (musique, film, livre) qui est sous propriété intellectuelle sans risque pour leur vie alors qu’un malade du sida a besoin de certains médicaments sous copyright d’une industrie pharmaceutique. Je pense que les gouvernements ont le droit de vendre des médicaments génériques bon marché sous certaines conditions dans un cadre de santé publique. C’est en débat je pense et un expert en propriété intellectuelle (au niveau international) pourrait mieux nous renseigner.
    J’ai vu qq documentaires sur la propriété intellectuelle et les dérives actuelles qui sont assez choquantes quand on voit mettre des copyrights sur tout et n’importe quoi. Je ne suis pas certain que les auteurs et scientifiques sont les gagnants de cette dérive mais davantage les vecteurs ou ce capitalisme cognitif qui se met en place pour leur intérêt financier. L’intérêt culturel, scientifique et du genre humain passe après me semble t’il dans cette logique.

    La propriété intellectuelle est assez récente dans nos civilisations. Je ne suis pas pour un retour en arrière et voir de grand compositeur / auteur mourir dans la pauvreté mais on se dirige vers des excès qui profitent certes aux auteurs mais aussi aux “vecteurs” (de McKenzie Wark) de façon parfois disproportionné.

    Cette propriété intellectuelle peut devenir une contrainte à l’accès sans l’aspect financier.
    Exemple banal avec un consommateur de divertissement suffisamment riche :
    Un film est disponible uniquement dans un Dvd zone 2 et l’acheteur intéressé réside en Zone 1 avec son lecteur Z1.
    Ou aucun dvd n’est disponible mais le film a été diffusé sur une TV nationale ou étrangère.

    Je pense au problème pour le chercheur scientifique qui construit sa découverte sur les fondations de découvertes passées avec copyright.

  31. satured de la politique says:

    @Paul
    Alors pour ce qui est de la propriété qui semble de plus en plus devenir une contrainte à l’accès, au vu du nombre de verrous que l’on pose sur le monde actuellement, je suis entièrement d’accord avec vous.
    En revanche, pour ce qui est de l’art, vous me permettrez d’affirmer que bien au contraire, je ne me vois surement pas passer ma vie sans art, sans que cela lui soit dommageable (à ma vie). Bien que les sociétés actuelles ont produit quelques violences à l’encontre de la vie, bien que l’art puisse parfois exprimer une certaine violence dans certains points de vue exprimés, il n’en est pas moins que nos sociétés seraient encore plus violentes dans leurs valeurs qu’elles ne le sont actuellement si les individus qui y vivaient sans art.
    Je me souviens d’un exemple de vie sociale pris par Boris Cyrulnik lors d’une entrevue où il racontait comment les valeurs violentes du travail à la mine pour les gens du 19ème siècle ne trouvaient aucune contrepartie en raison d’une impossibilité de vivre autre chose. La pénibilité du travail sans aucun autre horizon avait eu pour conséquence une aggravation des conditions de vie, de la violence des conflits et le manque de reconnaissance de la valeur même de la vie lors d’accidents fréquents.

    Pensons aussi à ce genre de choses lorsque nous supposons que la vie au sein d’une société quelconque pourrait bien se passer des arts.
    Platon bannissait les artistes de sa république, parce qu’il avait un point de vue bien personnel sur les arts vis à vis de l’élévation de l’ame vers le monde des idées. Je me garderais bien d’avoir une conception et une appréciation aussi légère de ce que les arts peuvent nous apporter sur le court et le long terme.
    Autre exemple, on a pu voir que certains remèdes pouvaient échouer lorsqu’une personne, sans aucune espèce d’espoir pour la valeur de sa vie future se l’imaginais sans aucune surprise, sans aucun gout, sans aucun style, sans aucun désir d’accomplir ou de s’accomplir en quoi que ce soit. Certaines personne atteintes de maladies graves ont aussi dit que sans cela il ne leur servirait à rien d’attendre le nouveau remède.

  32. satured de la politique says:

    Rectificatif: “si les individus qui y vivaient ne le faisaient sans art.” bien sur.

  33. Paul de Montreal says:

    Je voulais pas m’engagé dans cette discussion et j’avais precisé l’Art (encore) sous propriété intellectuelle.
    L’oeuvre d’un Balzac (ou Mozart) n’en fait plus partie, il fait partie du “domaine public” comme le chant du rossignol dans la nature. Reste bien sur le travail de l’éditeur et des interpretes mais on trouve des textes libre de droit sur le net.

    Oui je sais c’est une esquive que je fais.

  34. satured de la politique says:

    Ce que l’on vit est au moins aussi important (sinon plus) que ce dont on se sert pour préserver cette vie. Les arts font partie de la vie. Lorsqu’ils n’en font plus partie, que devient-elle ?
    Cette simple question, tout le monde semble la trouver stupide et répondent ” on continuera à vivre sans ! ”
    Au risque d’en détromper certains, je dirais: “on passera du même coup de l’état de vie, à celui de survie “.
    J’ai dernièrement entendu parler d’un certain poème de Victor Hugo où il avait eu un dialogue lors d’un autodafé avec l’un de ses participants. Il s’est avéré en finale que celui-ci ne savait pas lire. On affirme que La plupart des analphabètes se remettent à apprendre la lecture pour obtenir un emploi. Si là était la seule motivation de l’apprentissage de la lecture ( et les textes que nous lisons nous apprennent à structurer notre expression) il me semble que le nombre d’anaphabêtes serait encore beaucoup plus croissant qu’ actuellement. Or il est vrai que dans notre civilisation de signes, savoir lire est important pour la vie que l’on y mène. Ne pas y savoir lire, c’est un peu comme être sourd aux nombreuses références et aux nombreuses stimulations que nous renvoient jusqu’à nos amis, qui ont tendance à s’éloigner de nous lorsque nous ne semblons pas les comprendre, comprendre ce qui les font vibrer.

    Toucher à la vie, ce n’est pas uniquement toucher à la consommation. Qu’on se le dise.
    En modifier voire en faire disparaître l’un des paramètres essentiels ce n’est pas juste vivre sans. Les arts sont comme un être cher qui une fois disparu nous manque à chaque instant. Mais ceci l’on ne s’en rend compte qu’après.

  35. satured de la politique says:

    Comme vous l’avez compris, je ne dirais surement pas la même chose de la politique. 🙂

  36. satured de la politique says:

    Et personnellement, je n’apprends pas l’informatique pour trouver un emploi.

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