La ligne droite n’est pas le plus court chemin

Un ami engagé en politique m’a demandé avec quel parti politique j’aimerais collaborer. Je lui ai répondu que ce parti n’aurait aucune ambition électorale, ce serait donc un a-parti, un à côté des partis, son ambition serait de faire émerger un sentiment collectif de vaste ampleur qui accessoirement viserait, peut-être, à un moment lointain de son histoire, si rien n’avance, quelques positions électives.

Ce a-parti s’inspirerait des mouvements de consommateurs initiés par Ralph Nader et de la lutte non violente de Gandhi. En refusant avant sa vieillesse les confrontations électorales, il s’engagerait franchement dans le gagnant-gagnant, acceptant en son sein des membres des autres formations dont il ne serait en aucune manière l’adversaire. Au contraire, son but serait d’aider tous ceux qui exercent le pouvoir à mieux l’exercer.

Pacco

Comme l’a fait remarquer Casabaldi qui participait à la conversation, la ligne droite n’est pas toujours le plus court chemin. Quand on veut changer la société, viser un poste électif n’est pas la seule méthode… j’ai même tendance à croire, au regard d’expériences récentes dont je parlerai un jour, que cette voie directe est si parsemée de chausse-trappes qu’elle ne présente aucun intérêt, sinon celui de nous faire perdre beaucoup de temps en conciliabules.

Pour moi, il est temps de réinventer de grandes idéologies. Contrairement à ce que supposait Fukuyama, l’histoire ne s’est pas arrêtée à la fin du XXe siècle. L’histoire ne s’arrêtera pas tant qu’il y aura des hommes qui respireront. Nous avons besoin de grandes idées pour nous pousser en avant, aujourd’hui plus que jamais. Nous avons besoin de nous enflammer pour des rêves.

Si j’en avais le courage, je me lancerais dans l’écriture d’un livre idéologique, un anti-Fukuyama. Mais n’est-ce pas ce que j’ai déjà fait avec Le Peuple des connecteurs et ce que je fais sans cesse ici. Je ne prétends pas décrire la réalité mais proposer des pistes pour remodeler notre réalité. C’est une approche idéologique. Elle se résume en trois points.

Objectif 1 : protéger le patrimoine commun

Nous avons hérité de nombreuses ressources naturelles en quantité limitée, ces ressources doivent être préservées car elles n’appartiennent à personne, surtout pas à ceux qui vivent au-dessus. Nous devons au plus vite renoncer à réduire le stock des ressources non renouvelables, le pétrole par exemple. Nous pouvons consommer de l’eau mais pas amoindrir le stock d’eau. Nous pouvons pêcher mais pas abaisser le stock de poissons.

Nous devons replacer nos actes dans un monde actuellement fini. Nous devons préserver l’avenir de ce monde pour y préserver notre santé et celle des générations à venir.

Objectif 2 : libérer le travail

Tout comme les ressources communes ne peuvent être accaparées et exploitées par les uns ou les autres, le fruit du travail ne peut être accaparé, enfermé, maintenu à l’état de rareté pour lui maintenir une valeur marchande sans rapport avec le coût de production.

Certaines de nos créations, notamment les créations intellectuelles et culturelles, constituent nos nourritures spirituelles. Restreindre leur circulation équivaut à polluer l’air et restreindre notre capacité à respirer. Nous devons non seulement préserver ces créations mais, profitant du fait qu’elles sont renouvelables, les rendre plus abondantes et disponibles pour maximiser la puissance de notre intelligence collective.

La société des connecteurs

Décider de préserver le pétrole comme l’uranium, ressources non renouvelables aujourd’hui, implique le passage aux énergies renouvelables, énergies qui ne peuvent être produites efficacement que de manière décentralisée.

La culture ne peut être libérée que si elle circule de point à point et évite d’être concentrée entre les mains de Majors tentaculaires.

Ces deux exemples montrent que les deux objectifs ne peuvent être atteints que par une réorganisation de la société. La préservation des ressources et la libération du travail passe par un changement de méthode : le développement de la longue traîne.

Ce développement peut être initié, développé, favorisé par les citoyens libres. Un a-parti pourrait le promouvoir. Chacun de ses membres serait un activiste de la longue traîne.

Nous devons construire une société d’hommes et non d’organisations, nous devons favoriser le réseau plutôt que le pyramidal car l’un coûte moins que l’autre dans la poursuite des deux objectifs.

Je ne viens même pas d’esquisser une idéologie, juste une collection d’idées évidentes, déjà rabâchées, mais pourtant encore combattues. La droite s’accroche à la propriété intellectuelle, elle croit que quelques hommes doivent commander à tous, elle croit que les Majors sont plus rentables que les petits. La gauche lutte pour défendre les privilèges de quelques uns et oublie de défendre la Terre sans laquelle rien ne serait possible. Sur cette voie, elle s’enlise dans une lutte des classes éculées alors qu’il s’agit de préserver notre santé à tous, non pas de nous affronter les uns les autres.

Ces quelques idées, aussi triviales soient-elles, ne sont jamais défendues en même temps par aucun parti politique. Elles s’inspirent des écologistes, des alters, des hackers, des libéraux… mouvements qui se parlent peu car ils n’ont pas mesuré combien leurs idées fondamentales se tiennent et se soutiennent en un tout cohérent.

Notes

  1. Sur une Terre peu peuplée et technologiquement peu développée, les ressources naturelles étaient quasi inépuisables. C’est parce que nous avons la capacité d’épuiser les ressources, et que ce faisant nous mettons en danger l’équilibre de la biosphère, que nous devons changer de méthodologie. La menace du réchauffement climatique n’est qu’un problème particulier. L’épuisement des stocks et la pollution généralisée sont plus dangereux encore.
  2. Les ressources naturelles sont rares, le travail abondant. Notre société dilapide ce qui est rare et enferme ce qui est abondant pour en restreindre la créativité. Il faut lever cette contradiction.
  3. La préservation des ressources non renouvelable est-elle possible ? Le premier objectif est-il accessible ? Sommes-nous capables de nous auto-suffire avec pour seul apport externe l’énergie solaire ? J’ai des doutes : nous sommes presque sept milliards, bientôt dix. Nous devons viser cet objectif tout en sachant que nous risquons de ne jamais l’atteindre.
  4. D’un autre côté, comme certains conservateurs ultralibéraux, nous ne pouvons pas parier sur des innovations technologiques qui nous permettraient de nous affranchir des stocks en cours d’épuisement. Si l’innovation tardait trop, ce serait la catastrophe.
  5. Au cours de l’évolution, certaines catastrophes ont été salutaires parce qu’elles ont conduit à la vie telle que nous la connaissons. Je parle de catastrophe au regard de notre mode de vie et de l’humanité actuelle.
  6. Parce que le premier objectif est surement inaccessible, l’innovation technologique est indispensable. Plus nous innovons, plus nous allongeons la durée de vie des ressources planétaires.
  7. Si le premier objectif s’avérait inaccessible, un principe de précaution trop dur pourrait nous être fatal. L’épuisement inéluctable de certains stocks ne pourra être combattu sans prise de risque. Pour minimiser les risques, nous devons adopter des approches distribuées… elles distribuent les risques tout en multipliant les initiatives et donc les solutions.
  8. Durant la campagne présidentielle 2007, François Bayrou a réveillé certaines des idées que je viens d’évoquer pour les trahir aussitôt en créant le Modem, un parti démocratique qui n’a de démocratique que le nom, un parti qui s’engage dans le vieux modèle perdant-gagnant, tout en l’honneur de son fondateur divinisé.
  9. Je crois que beaucoup de gens qui ont rejoint le Modem pourraient être tentés par un a-parti, beaucoup de gens qui n’ont jamais voulu faire de politique aussi… un a-parti pourrait rassembler des centaines milliers d’hommes et de femmes, ce n’est qu’à cette condition qu’il deviendra un mouvement politique effectif.
  10. Le a-parti, ne visant aucun poste électif, n’a aucune raison de s’en tenir à la législation qui régit les partis politiques. Par exemple, il pourra se financer par les dons. Ses membres pourront créer des banques, des assurances, des réseaux de distribution… la politique du XXIe siècle doit être dans l’action et non dans la revendication.

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54 comments

  1. Paul de Montreal says:

    Quel ambitieux projet ! Si ambitieux qu’il en devient “philosophique” pour moi.
    Je suis assez d’accord avec cette synthèse et j’ai juste quelques petites précisions et remarques.

    En géométrie, la ligne droite est le plus court chemin.
    En automobile, il faut tenir compte du trafic et des embouteillages. 😉

    Le pétrole est une ressource renouvelable pour la planète mais sur plusieurs (500?) milliers d’années. A notre échelle humaine (de temps) c’est considéré comme non renouvelable.

    8. Un parti démocratique n’a pas à être démocratique dans son fonctionnement mais à gagner les élections démocratiques et s’il est élu d’avoir un gouvernement qui respecte la constitution républicaine.

    Concernant la propriété intellectuelle (ou matérielle), sans l’abolir il faudrait la repenser pour éviter certains abus actuels.
    Est ce qu’une fortune a le droit d’acheter et s’approprier tout les terrains d’une région, toute l’œuvre d’un artiste, l’usage exclusif d’une plante médicinale ?

  2. lény says:

    Ce que j’apprécie qu’il se passe ici, contrairement à ce que peuvent penser certains, c’est que tu proposes un axe de recherches suffisemment large et libre pour que tous y trouvions notre chemin, fassions nos propres axes dans l’esprit d’avancer, de s’enrichir collectivement d’idées, d’énergies.Tu n’es évidemment pas un gourou même si ton égo affleure parfois, tu voudrais juste que des choses changent, voir que LES choses changent. Ce que certains ne comprennent pas c’est que pour avancer des idées il faut se construire des “vérités” à soi qui ne sont là que pour être bousculées, modifiées, ratatinées mais par d’autres idées ….uniquement. La seule chose qui nous rassemble c’est cette même envie de voir autrement, penser autrement et les habitudes ont la tête dure.
    Bref, souvent je ne sais quoi dire je n’ai pas toujours les bons outils pour analyser correctement mais, ce qui est certain, c’est que je prends à mon compte l’échos que peuvent avoir Tes idées dans les miennes. Je ne supporte pas d’entendre parler de pragmatisme en permanence, de réalité et de pieds sur terre.
    Soit ceux qui rabachent ça ont un manque chronique d’imagination soit un intérêt à concerver leur pouvoir ou concerver le dur travail accompli qui fonde leurs espoir d’être chef un jour à la place du chef soit surement tout à la fois.

  3. Swimmer21 says:

    Bravo Thierry ! Je te remercie de ce post dans lequel je me retrouve bien. La systémique indique que pour résoudre un problème ou une question, il est souvent fructueux d’aller voir ailleurs, plus loin, à côté là où généralement les effets de levier sont disponibles. Illustration de la fin de la pensée aristotélicienne.
    Je me suis beaucoup intéressé à cette question de non-parti. Ma conclusion principal repose sur le fonctionnement des communautés du logiciel libre. Elles reposent pour les plus efficaces sur deux éléments : un dispensiateur de ressources qui fonctionne sur les dons. Il fournit les ressources et infrastructures nécessaires à l’accomplissement d’un projet. Pour réaliser ce dernier, un réseau structuré qui fonctionne sur le bénévolat met en oeuvre les actions que les personnes jugent nécessaires pour accomplir les objectifs du projet. La structure, par exemple du projet debian, présente une vision commune (réaliser un système d’exploitation open-source et gratuit), une constitution qui gère les processus internes à la communauté (qui fait quoi et comment sont gérées les relations entre les personnes, pas le comment technique qui est laissé à l’appréciation de chacun, moyennant quelques règles souples et révisables à tout moment).
    Cette structure à deux pôles et une relation (collecte de ressources matérielles d’un côté, énergie humaine (créativité, intelligence collective, expertise technique…) de l’autre, et accompagnement de projets qui fait le lien) me semble particulièrement efficace. Je suis tout prêt à aider ceux qui souhaitent avancer en ce sens notamment pour ce qui est du dispensiateur de ressources. Constituer un ?-parti pourrrait être un premier projet. Une plateforme web pourrait mettre en discussion la vision partagée, la constitution (règles de fonctionnement entre les membres de la communauté) et l’implémentation des premiers modules (plan général des modules, articulations entre celles-ci, projets à disposition, tâches à réaliser). Le tout étant ouvert, gratuit et faisant appel au bénévolat seulement. C’est le wiki du réseau libre, ça non ?

  4. Comme tu le dis, cette démarche “a-partisane” et la démarche partisane ne sont pas opposées, elles sont complémentaires. C’est d’ailleurs plus ou moins la méthode choisie par Nicolas Hulot, qu’on pourrait résumer par: “L’enjeu est trop important pour se permettre d’attendre de gagner les élections avant d’appliquer notre programme”.

    Mais tu es un peu dur avec le Modem, qui reste le meilleur relais électoral possible de cette “idéologie” (je déteste ce mot, mais admettons); certes François Bayrou a une culture politique démocrate-chrétienne et non libertaire, sans même parler de l’écart de génération. Mais ce qui est important est que le Modem permet un rassemblement de militants, intransigeants sur les impératifs démocratiques, qui constituent la prochaine génération d’élus.

  5. Ax says:

    Le seul point qui est négligé, c’est le facteur temps.

    Pour changer l’organisation politique du monde, en finir avec le modèle pyramidal, il n’y a pas d’impératif temporel. Cela peut prendre 50 ans, ce n’est pas un souci. La révolution française, de moindre ampleur, s’est préparée pendant des décennies, dans les salons littéraires, les cafés, les loges et les clubs.

    Mais pour plusieurs objectifs que tu donnes à cette réorganisation du monde (tout ce qui est lié à la prévention du réchauffement climatique), le facteur temps est majeur : il faut prendre les décisions très vite, dans les quelques années à venir.

    C’est la contradiction que je vois entre les deux mouvements.

    Pour pouvoir prendre des décisions très vite au niveau mondial contre le RC, il faut obligatoirement passer par les vieilles structures.
    Ce n’est qu’à long terme qu’on pourra faire émerger de nouvelles structures.

    Même en abandonnant la forme “parti”, on tombe très vite dans les réseaux sur des querelles d’égo, qui à chaque fois font perdre un temps considérable.
    En un an, presque rien ne bouge politiquement en France. Ici on parle de choses qui doivent bouger dans le monde entier en quelques années !

    Bref, je suis intéressé par cette révolution au long cours ; mais elle prendra tellement de temps que ce n’est pas elle qui nous sauvera du RC, elle arrivera trop tard pour prendre les décisions.

  6. Swimmer21 says:

    @ Ax : la révolution française, ce n’est pas celle qui est derrière nous depuis plus de deux siècles dont tu veux parler ?
    Pour ma part, je pense que nous sommes en 2007 et que les choses ne sont pas analogues à celles de 1789. Dès lors, je pense qu’un changement à grande échelle peut se passer rapidement. Les smart mobs m’incitent à penser que sur des pas de temps court, une mobilisation de masse peut se dérouler. Dès beaucoup, beaucoup de choses sont possibles.
    Sur les querelles d’égo, bon point. Il me semble important de structurer et réduire la perte de temps en créant des mécanismes régulateurs d’emblée efficace sur ce point. Et puis, rien n’empêche de changer d’habitude et de laisser son égo de côté.

  7. Le RC ne sera jamais réglé par les structures centrales… car elles l’induisent. Le RC ne se réglera qui si nous changeons d’organisation. Je crois que nous n’avons pas le choix. Essayons, si ça merde nous aurons essayé.

    Pour le Modem, je n’y crois pas depuis que j’ai compris que Bayrou n’était pas un démocrate. Il a peur des responsabilités comme de la délégation. Il continue de designer les candidats pour avoir des hommes à lui. SI les candidats étaient élus, Bayrou n’aurait pas de pouvoir sur eux.

    Et puis tu peux pas avoir crié au gagnant-gagnant puis faire le contraire tout de suite…

  8. Henri A says:

    Ben c’est ce que je disais en gros à Ax la dernière fois.

  9. Ax says:

    “Ben c’est ce que je disais en gros à Ax la dernière fois”

    Je suis d’accord sur le fond mais pas sur l’échelle temporelle.

    Je crois que les choses se feront en deux temps :
    – des actions importantes prises par les structures centrales, les seules à pouvoir agir rapidement
    – d’autres réformes plus profondes de façon décentralisée, mais plus lentes à opérer.

    Par exemple, au niveau de l’énergie, 60 millions de Français baissant leur consommation ne changera rien du tout au niveau mondial.

    C’est en Chine et en Inde que tout va se jouer. Croire qu’une révolution décentralisée est possible en Chine et en Inde dans les 5 ans, me paraît pousser un peu loin la maxime “ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait”.

    Le RC dépendra de la décision prise par les autorités centrales en Chine et en Inde : se développer avec les nouvelles énergies vertes, ou se développer avec les vieilles.

  10. Paul de Montreal says:

    [humour on]
    Axel,
    Je sais comment ca va se terminer ce RC. Pleins d’immigrés français dans notre beau pays le Canada. On devra fermer nos frontières et faire des expulsions par cargo de tous ces illégaux mais à regret croyez le bien. 😀
    [humour off]

    Les querelles d’égo doivent exister j’imagine quelque soit la structure même si elles peuvent être moins visible avec une structure plus pyramidale, hiérarchisée et policée.
    L’égo c’est un peu comme le stress. Il y a un de “positif” qui permet d’avancer et un autre “négatif” (souvent à trop haute dose) qui détruit, mine la cohésion et l’intérêt global de la communauté.

    Reste qu’il faut expérimenter des solutions locales, nationales et pas penser solution mondiale qui est irréaliste politiquement et même contre-productive avec le principe d’essai-erreurs et du “travail en parallèle”. De toute façon le RC ne vas pas toucher tout les pays de la même manière donc les solutions doivent être adapté au contexte et mentalité.

    Pour Bayrou, j’ai parlé d’un homme politique de transition. Il a fait un effort évident de réflexion (que j’avais trouvé assez intéressant) mais le naturel semble revenir aux premières difficultés sérieuses d’apres ce que j’en sais. Dans sa situation actuelle, je trouve ca un peu normal qu’il essaye d’assurer une certaine solidité de ses appuis. S’il représente une étape de transition c’est acceptable mais tout dépend de l’environnement immédiat (que je connais moins bien).

  11. À t’écouter Ax internet n’aurait jamais pu se développer en 10 ans… et pourtant ça s’est fait… grâce à des initiatives qui ont fusé dans tous les sens… le coup d’accélérateur s’est produit lors de l’ouverture et du passage au décentralisé… on va dire début des années 1990.

    Ce sera idem pour le RC… le coup d’accélérateur viendra de nous non des gouvernements.

  12. Et comme le remarque Paul… l’approche centralisée ne règlera rien, elle a même de forte chance d’aggraver la situation… car l’essai et l’erreur n’est possible que de façon décentralisée… et personne ne connaît vraiment la solution… donc va falloir essayer et beaucoup… ce qui condamne l’approche centralisée.

  13. Mais comment arrive t-on à une structure décentralisée ?

    La voie politique est “tentable”, au moins en tant qu’accompagnement, mais j’imagine mal les responsables politiques abandonner leur pouvoir si facilement.

    La voie “révolutionnaire” semble alors toute désignée, mais là encore j’ai du mal à imaginer qu’un mouvement révolutionnaire puisse être déconnecté du seul véritable moteur politique: l’état du compte en banque des masses populaires.

    Ou alors, existe t-il une troisième voie ?

  14. Ax says:

    “internet n’aurait jamais pu se développer en 10 ans”

    internet c’est quelque chose de nouveau qui s’est créé.

    Il est plus facile de viraliser du neuf qui s’ajoute à l’ancien, que de déconstruire de l’ancien.

    Par exemple, Internet s’est développé très vite, mais sans faire perdre à la télé son rôle de mass media. Il y a toujours 8 millions de spectateurs chaque soir devant le JT de TF1.
    Il faudra encore cinq ou dix ans pour émietter cette audience.

    Contre le RC il ne faut pas seulement développer du neuf s’ajoutant au reste, il faut que des milliards d’individus abandonnent leurs anciennes habitudes et leurs infrastructures. Et cela, très vite.

    Ne pas oublier qu’Internet n’est même pas libre en Chine, on ne peut pas parler aux Chinois librement, et ils sont une des clefs du RC avec leur population.

    Je pense que des actions décentralisées, ça va marcher pour le bio, le commerce équitable, le micro-crédit… On est d’accord là-dessus, et ça changera bcp de choses sur le plan de l’organisation sociale, donc il faut le faire.

    Mais c’est beaucoup trop peu et lent pour empêcher le réchauffement climatique.

    Les solutions contre le RC sont à des échelles qui dépassent les individus ; cela implique la question du nucléaire, du pétrole, du gaz, de l’automobile…
    Des domaines qui sont verrouillés par les Etats et les grands groupes.
    Ce n’est pas la même chose que de développer le commerce équitable du café.

    Puisque tu parles de Bayrou (et je partage ton analyse à son sujet 🙂 ), ne pas oublier ce que Bayrou disait en lançant son idée du grand débat à 3 semaines du premier tour :
    “trois semaines, c’est plus de temps qu’il n’en fallut pour faire la révolution française”.
    OK, mais ça n’a pas permis d’organiser le grand débat !

    Tout n’est pas possible avec la volonté, il faut aussi percevoir un peu les domaines où c’est possible, et les domaines où les blocages sont trop forts pour le temps imparti.

    Contre le RC, je place plus d’espoir dans les solutions centrales, pour les dix ans à venir.

    Ne pas oublier qu’en un an, les Freemen n’ont pas gagné un poil d’audience, ils ont plutôt perdu. C’est facile de dire qu’on va tout changer dans le monde en cinq ans, mais bon… Les faits sont têtus.

    Le volontarisme implique aussi une juste appréciation des objectifs et des forces en présence. Surtout quand on n’a pas le droit à l’erreur, comme c’est le cas pour prévenir le RC.

  15. Ax says:

    “donc va falloir essayer et beaucoup… ce qui condamne l’approche centralisée.”

    Tout dépend de quoi on parle.

    Pour que deux milliards d’habitants en Chine et en Inde ne s’achètent pas des automobiles polluantes à pétrole, je ne vois pas où est l’approche décentralisée possible.

    C’est une décision qui implique les constructeurs automobiles, les lobbys pétroliers, et les Etats.

  16. Henri A says:

    A Ax le plus idéaliste d’entre nous:
    “C’est une décision qui implique les constructeurs automobiles, les lobbys pétroliers, et les Etats.”
    Ces choses font aux gens ce que je fais aux mouches !
    Convaincre ces choses en 5 ans, c’est possible ?

  17. Ax says:

    (La clef du RC est clairement en Asie.

    Si la Chine décide de se lancer à fond dans la voiture électrique, dans dix ans toute la terre ne comptera que des voitures électriques.

    On peut passer 20 ans à réseauter dans notre petit bout d’Europe occidentale sans rien changer au RC, en comparaison d’une solution centrale lancée par l’Etat chinois et un grand industriel de l’automobile.)

  18. Ax says:

    “Convaincre ces choses en 5 ans, c’est possible ?”

    Si ces gens ne le font pas, on n’échappera pas au RC.

    Je ne parle que du RC. Pour tout le reste, je suis favorable aux solutions décentralisées. Mais pour le RC le problème est trop gros et le temps trop court.

  19. Henri A says:

    A Ax:
    Autant convaincre le pape de ce convertir à l’islam l’année prochaine, je ne vois qu’une solution :
    Un calendrier, comme les rugbymen. Tous à poil en tenant dans les mains des objets se rapportant au RC.

  20. Henri, Axel, Thierry, Paul et les autres :
    au boulot ! C’est un très bonne idée, ce calendrier.

  21. Ax says:

    Si Charlie en avait, comme jadis Clotilde convertissant Clovis au christianisme, ce qui allait changer l’Europe, elle prendrait son baton de pellerine (et ses gants de boxe) et elle irait en Chine convertir le président chinois à l’énergie propre. Si la Chine se convertit, le monde suivra 🙂

  22. Je n’arrive déjà pas à vous convaincre de poser nus…

  23. Henri A says:

    Heu…Je pensais aux free(WO)men évidement !
    Déjà que Ax veut être invisible habillé…

  24. Ax says:

    Et puis vu la température glaciaire ici dans l’Abbaye… Charlie veut ma mort c’est tout.

  25. Cette réflexion sur un a-parti ne pourra aboutir que si des personnalités politiques connues viennent lui donner du poids et faire sa publicité. Une approche décentralisée a besoin de hubs.

    @Tristan Un a-parti n’est pas déconnecté puisqu’il est à côté, puisqu’il influence…Décentralisé, ça signifie que chacun de ses membres ont les mêmes prérogatives. Ceux qui veulent le pouvoir peuvent toujours aller dans les organisations classiques et chercher à se faire élire.

    @Ax Une structure centralisée ne peut pas réagir en un temps court. L’évolution a éliminé ces solutions pour cette raison. En théorie elles le peuvent, je suis d’accord, mais ça ne se produit pas parce que les décisions ne sont jamais prises faute d’accord. Les États centralisés ne s’attaqueront aux problèmes climatiques que quand nous seront en réel danger, c’est-à-dire quand il sera trop tard. Sinon pourquoi n’ont-ils pas déjà réagi ?

    À t’écouter laissons faire le travail à la Chine puisque rien ne se fera sans la Chine. Je te rappelle que si nous cessons d’acheter Chinois la Chine sera bien forcée de faire les choses comme nous le lui demanderons, nous autres consommateurs occidentaux.

  26. utremager says:

    O Dieu Internet ! Sauve-nous! En un clic!
    Géocidaires amis, là c’est Ax qui dispute et stalinement est mandée de s’aligner au nom du volontarisme, de l’action, du restons positif, en rang. L’a-parti est dans l’air – ça fait un bail – et surtout chez les éminences grises; le marketing évolue : tautologie (même si le vieil espoir de l’automatisme alignant les coûts de chaînes sur la standardisation n’est pas encore effectif). Oui Paul Virilio m’interpèle plus que l’extase et le fol espoir qu’un outil né du techno délire qui nous habite nous en sauve. TC comme tu l’écris tes idées sont rabâchées et les assénées encore et encore ne leur donnera ni plus de réalité ni plus de poids. J’attends d’avoir qq chose de plus substantielle sur quoi réagir ou applaudir. Et t’as raison la longue traîne connais pas – voudrais surtout pas te contredire.

  27. Manuel Vila says:

    « Une approche décentralisée a besoin de hubs. »

    Des hubs certes, mais ceux-ci doivent être parfaitement neutres, ce n’est pas eux qui prennent les décisions, ils ne sont là que pour faciliter le transit et agréger les choses qui doivent l’être.

    Pour le reste on peut toujours rêver mais je crois que rien ne pourra se faire tant qu’on n’aura pas terminé la mise au point de l’outil de la prochaine révolution.

    Partant du constat que les livres n’ont pas tellement changé depuis leur création il y a plusieurs siècles, je crois qu’on peut aujourd’hui créer un nouvel outil capable de durer autant. Qu’on se le dise, cet outil n’est pas le web d’aujourd’hui, je pense qu’il faut totalement oublier l’existant et sérieusement envisager la création de quelque chose de nouveau qui prendra en compte à la fois les outils de communication passés tels que les livres, les journaux, le téléphone, la radio ou la télévision, mais également les nombreux nouveaux outils comme l’e-mail, les newsletters, le chat, les forums, les blogs, les podcasts, les réseaux sociaux, etc. Cet outil de convergence ultime reste à inventer, les navigateurs web actuels ne sont pas adaptés à la diffusion des objets (voir mon blog) et je crois qu’il est temps de créer quelque chose qui dépasse le concept de “navigation” pour aller vers celui plus général de “communication”.

  28. @Manuel L’outil n’est pas parfait, un outil parfait n’existe pas, le livre n’a cessé pas d’évoluer, il évolue beaucoup aujourd’hui… la BD par exemple. Un outil s’utilise et se transforme, c’est ce que nous faisons en ce moment. S’il faut attendre l’outil parfait avant d’agir, on ne fait rien.

    Le a-parti tel que je le propose n’a pas besoin d’internet, ou juste un peu pour faciliter le déploiement de la longue traîne.

  29. Paul de Montreal says:

    Un peu H-S et pour aller dans le sens de Thierry, je dirais que parfois l’outil est indispensable pour accomplir une révolution comme l’imprimerie du temps de Gutenberg.

    L’outil informatique et le réseau peut proposer un vote électronique étendu que ne peut le bulletin papier sans explosion des coûts et du temps du décompte. On peut même imaginer aller vers une démocratie directe au lieu de nos démocraties représentatives par nécessité vu les volumes et les outils disponibles avant. En tous cas, j’aimerai bien voter pour le ministre des affaires étrangères, le ministre de l’économie, de l’environnement … et pas me limiter à élire une seule personne qui décide pour moi de tous ses sujets.

  30. On ne s’est pas compris… Je ne parlais pas de déconnection avec la politique partisane, mais de l’impossibilité pour un mouvement politique révolutionnaire de mobiliser les masses s’il n’a aucun bénéfice “monétaire” à leur apporter. Or non seulement le projet que tu dessines n’a pas de vocation sociale, mais c’est même l’inverse puisque pour répondre aux défis écologiques il faudra bien que les gens renoncent à une partie du confort gagné grace au productivisme.

  31. satured de la politique says:

    @Ax “Si la Chine se convertit, le monde suivra” :
    Reste à savoir si le communisme chinois peut accepter une solution, quelle quelle soit, venant de l’occident.
    Au niveau de l’agriculture (seul circuit de mutation que j’ai vraiment pu suivre avec les informations que j’avais) toute initiative personnelle que le gouvernement chinois approuve fait l’objet d’une règlementation tellement dense et d’une fourniture de moyens tellement drastique qu’elle est condamnée à rester locale.
    Le fait que l’application spécifiqe reste locale n’est pas un mal en soi. Mais l’idée elle-même a énormément de mal à se répandre. Certaines choses inchangeables en Chine sont:
    1) Le “multitraditionalisme” et le “pluriethnisme” sous jacent: certaines des traditions plus fortes que d’autres n’ont été amplifiées qu’avec l’apprentissage de la langue commune (je ne vais pas vous refaire le topo sur la longue marche…) Tout ce qui vient de l’occident n’intéressera en réalité que les bassins de la côte, les seuls à vraiment possèder les infrastructures de réplication de tout ce qui se fait en occident.

    2) Les distances à franchir: Ca a toujours été le principal problème de tout centralisme en Chine. De ce point vue, si le gouvernenement veut faire passer quelque chose au reste des populations centrales et “pamiriennes”, c’est en general par l’intermédiaire de l’armée rouge qu’il le fait. Je suis à même de dire que la Chine est l’un des pays les moins centralistes du monde. Les seuls à vouloir “unifier la Chine” sont le gouvernement et l’armée rouge. Ce n’est pas pour rien que le communisme a éjecté tout autre canal d’information que le sien. Après l’empire, l’Union soviétique à été le seul ensemble de régions à fournir des infrastructures à la Chine. Et c’était uniquement pour répandre le communisme (chaque idée devant être appliquée et reproduite rigoureusement avec exactitude dans toutes les fermes).

    3) En Chine, jusqu’à maintenant, jamais aucun marché ouvert ne franchira la barrière “occidentalisée de la côte. Pour de multiples raisons, le “domino” chinois n’a changé, au niveau des idées, que par les voies qui se sont acheminées par l’ouest de ce vaste pays. Même si le président Hu Jintao en 2004 a fait un discours à l’assemblée, dans lequel il dit implicitement qu’il espère moderniser le pays par l’est, il reste vrai que tout ce qui se fait à l’est, dans son esprit, doit rester à l’est afin de continuer à s’appuyer sur le marché humain fourni par le centre et l’ouest du pays. Et pour cette principale raison, tout ce qui vient de l’occident ne sera estampillé que si c’est garanti et appuyé par un pouvoir exécutif occidental qui a fait ses preuves aileurs dans le monde en matière de garantie.

    4) En raison du 1,2 et 3 la seule plateforme qui sera visible de la Chine en ce moment devra soit trouver un débouché exemplaire sur la surface de contact économique que représente actuellement l’Afrique, soit manifester une volonté surhumaine d’établir un pont par la voie de l’ouest (un peu comme le tunnel de la manche) qui pour certains en France s’arrête en Turquie.

    Bref, si vous êtes en France, vous pouvez dores et déjà oublier de faire quelquechose de durable en Chine sans changer ce qui se passe actuellement à la communauté européenne. A ce propos j’ai entendu une élite venant d’Afrique (ancien étudiant en France,assistant puis prof. à Assas, a écrit un bouquin sur les maths en économie) dire que l’Europe avait DEJA perdu le canal économique africain au profit de la Chine.

    Ou alors, dernière solution: il faudra que quelqu’un se dévoue pour aller vivre en Chine de l’ouest, là ou l’armée rouge est la moins présente mais s’exprime le plus violamment (forcément) pour y faire des miracles liés à une auto organisation en jumelage avec un pays industrialisé et attirer l’attention du gouvernement qui pourra y voir une “preuve évidente du miracle que représente le communisme”
    Mais quelque chose me dit que cette personne n’est pas encore née 🙂

  32. satured de la politique says:

    Et quand cette personne aura convaincu le président chinois, il faudra qu’elle parvienne aussi à convaincre “l’autre ” président chinois en passant par la Grande Bretagne…ce qui me semble impossible pour un français 🙂 .

  33. Manuel Vila says:

    @Thierry En évoquant les livres je voulais parler de l’outil lui-même, la “forme” et non pas le contenu. Depuis toujours les livres se présentent grosso-modo de la même façon, ce sont des pages qu’on tourne. Ma réfléxion n’allait pas plus loin. 😉

    « Le a-parti tel que je le propose n’a pas besoin d’internet, ou juste un peu pour faciliter le déploiement de la longue traîne. »

    Un peu ou pas du tout ? Attention Monsieur Crouzet, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous ! :-p

  34. satured de la politique says:

    En effet, en ce moment tous les français qui ont une “ambition pour la France” sont obsédés par les US, seuls dépositaires, pour eux, des “modèles” de l’économie, de la communication, de la recherche, et accessoirement du “système judiciaire et policier”. 😉

  35. satured de la politique says:

    Le saviez-vous: Il a fallu toute une vie, pour un architecte chinois, et pas moins des Jeux olympiques pour qu’il parvienne à réaliser un simple projet de stade.

  36. Ax says:

    @ “satured de la politique”

    Convertir le président chinois était bien sûr une blague.

    Ce que tu dis va dans le sens que j’indiquais : la Chine reste largement à l’écart de l’influence extérieure d’une poignée de blogueurs créant un mouvement en France.
    Et s’agissant du RC, on ne pourra rien faire en laissant une bonne part de la population du monde à l’écart.

    Il faudra déjà dix ans pour établir des connections solides entre citoyens occidentaux et citoyens chinois, de nature à avoir un peu d’influence là-bas, compte tenu de toutes les barrières à la liberté d’expression en Chine, sans parler de la langue et des barrières culturelles.

    Bref, je vois mal comment un mouvement n’incluant pas les puissants de ce monde pourra avoir l’influence nécessaire, à temps, pour modifier les structures énergétiques et le mode de consommation en Chine en l’espace de dix ans.

    Qu’on le veuille ou non, une solution contre le RC, à l’échelle mondiale, devra passer par les structures existantes : Etats, armées, ONU, OTAN, grandes compagnies, diplomatie…

    Tout ce qui peut disposer de leviers d’influences suffisants pour obtenir des mutations rapides du paysage industrielle et économique.

    Si ces structures ne font pas cela, les citoyens seuls ne pourront rien faire à temps.

    Donc à ce stade, dans les dix ans à venir, je vois plutôt la solution sur le mode des actions de lobbying et d’influence à destination des puissants, (comme a fait Nicolas Hulot, comme fait Al-Gore), que sur le mode d’une action citoyenne parallèle cherchant à court-circuiter les puissants de ce monde pour construire un autre monde sans eux (comme veut faire Bové), ce qui ne marchera que pour des zones du monde beaucoup trop réduites pour avoir une influence contre le RC.

  37. Ax says:

    “Une structure centralisée ne peut pas réagir en un temps court”

    Quand on a vu les citoyens organiser le débat à quatre en avril dernier, chacun cherchant à tirer la couverture à soi, n’écoutant pas l’autre, se butant dans ses rêves, on comprend qu’il faudra dix ans pour qu’un mouvement citoyen sorte un peu des problèmes de management de base.

    Franchement, tout ce que j’ai vu des mouvements citoyens pendant la campagne présidentielle, c’est la reproduction exacte des vices de l’ancien système (clanisme, sectarisme, volonté d’être calife à la place du calife…), l’efficacité en moins.
    ça m’a un peu guéri des tartes à la crème sur la politique citoyenne.

    Sur le long terme tu as raison : il y a un mouvement qui va vers cela, la décentralisation ; du moins il y a des possibilités nouvelles qui s’ouvrent (même si parallèlement d’autres forces tendent à tout centraliser).
    Mais tout cela va prendre beaucoup beaucoup de temps. Le RC c’est rapidement qu’il faut agir.

    La structure centralisée est capable d’agir en un temps court dans certains domaines. Quand le réacteur nucléaire de Tchernobyl explose, qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que ce sont des citoyens qui spontanément vont, au risque de leur vie, recouvrir le réacteur d’un sarcophage ? Non, c’est l’armée qui peut agir très vite, en donnant un ordre.

  38. @Ax Tu es en train de nous dire ne faites rien, c’est la Chine sinon rien. C’est stupide parce que nous c’est notre pays, les autres pays, le monde entier… les Chinois aussi… les citoyens peuvent dépasser les structures qui les représentent…

    Je te signale que tu as décidé de t’éloigner de la chose politique, donc tu as décidé de ne rien faire puisque selon toi c’est par la représentation que nous règlerons les problèmes de notre monde. Ta position est donc défaitiste. Je ne l’ai jamais été.

    Quand les gens aurons chaud aux fesses, quand ils en auront pris conscience, ils se bougeront que leurs gouvernements prennent ou non des décisions. Je te rappelle qu’un gouvernement ne peut prendre, à moins d’un fantastique coup de chance, que des mauvaises décisions au regard des problèmes complexes. Le RC en est un. Voilà pourquoi je n’ai aucun espoir que la solution vienne de là.

    Et puis quel rapport entre ce que je suggère, ce a-parti, et cette mascarade de présidentielle 2007 ? Une présidentielle est monarchiste, centralisée, comment un mouvement décentralisé pourrait y jouer un rôle ? C’est un non sens, je n’ai cessé de le clamer tout au long de la campagne.

    La solution au RC passera par nous ou ne passera pas. J’en suis persuadé.

  39. Ax says:

    Je ne dis pas qu’il faut rien faire. Je pense que les décisions contre le RC ne pourront être prises que par les grandes structures. ça laisse la possibilité d’agir pour faire pression sur ces grandes structures.

    Il y a deux voies d’action politique:

    – l’influence sur les grandes structures

    – la politique parallèle : on agit localement, sans se soucier des grandes structures.

    Aimant la liberté comme je l’aime, ma préférence va à la deuxième voie, celle qu’on trouve dans le peuple des connecteurs. Mais elle a ses domaines d’application, ne s’applique pas à tout.
    Cette deuxième voie permet de développer Internet ; elle permet de développer le micro-crédit ; elle permet de développer le commerce équitable, la recherche locale, l’expérimentation locale, etc.

    Cette deuxième voie ne s’applique pas au nucléaire : on ne peut pas construire une centrale nucléaire dans son jardin, même en se regroupant avec des voisins.

    Contre le RC, ce qu’il faut changer est trop important pour la deuxième voie. C’est la première qui doit s’appliquer : faire pression sur les grandes structures.
    C’est du lobbying classique.
    Internet et les mouvements citoyens peuvent accentuer la pression, mais on reste dans le cadre du lobbying classique : au final les puissants décident, sous la pression des électeurs ou de la rue.
    On ne pourra pas se passer de décisions prises au sommet par les chefs d’Etat, industriels, etc.

    Tu oublies que je ne parle ici que du RC, pas de l’action politique en général, pour laquelle, dans plein de domaines, ce que tu proposes pourra marcher.

  40. Ax says:

    (Plus fondamentalement, plus qu’à un nouveau mouvement politique, qui perdra un temps fou en querelles de management et d’idéologies, je crois qu’il faut dé-politiser les actions citoyennes.

    Il est par exemple possible de développer un mouvement de consommateurs favorables à la voiture électrique ; ce sera plus efficace que de créer un mouvement politique, qui va forcément se déchirer sur la vision du monde.

    La politique pourrit tout et divise aussitôt les hommes. Les actions de consommateurs cela implique moins de querelles sur la weltanschauung de chacun.)

  41. La politique est nauséeuse car les gens s’engagent pour le pouvoir… tu enlèves le pouvoir, tu te retrouves dans la démarche citoyenne, c’est ce que je propose, c’est la politique des connecteurs.

    Ton exemple de centrale ne tient pas. Un citoyen n’a pas besoin d’autant d’énergie, il produit pour lui, c’est aujourd’hui envisageable à court terme… j’ai commencé chez moi. Il ne faut pas demander aux citoyens de monter des projets centralisés, une centrale atomique, un tunnel sous la manche… les citoyens développent avant tout des solutions locales qui peuvent être interconnectées et devenir globales.

    Un a-parti peut commencer par faire du lobbying sur les grandes structures (qui existent et il faut faire avec). Devenir un activiste de la longue traîne, c’est exercer une pression. C’est aussi commencer par appliquer les idées qu’on veut voir généraliser. C’est une politique de l’action.

    On a besoin de cette politique pour expérimenter et trouver des solutions qui pourront être généralisées. Personne n’a les solutions pour l’instant, les grands comme les petits, il faut essayer avant d’agir sinon ce sera la catastrophe assurée.

    Nous avons désespérément besoin de l’approche décentralisée, ne serait-ce que pour trouver les solutions. Sinon on va essayer une ou deux solutions hasardeuses.

  42. Iza says:

    Juste un mot pour Utremager. Je ne sais pas bien comment te dire , mais là tu vois, les uns et autres ne sont pas d’accord, et discutent. Ils avancent des arguments et les défendent.

    Note juste la très grande différence avec tes interventions. Je suis rarement d’accord avec Ax, mais jamais nous ne nous insultons (enfin presque pas disons 😉 ), et quand nous nous frittons, c’est toujours au sujet de telle ou telle chose qui a été effectivement écrite. Tes interventions en revanche, bien que souvent riches, s’attachent principalement à ironiser sur ce qu’écrit Thierry… souvent en lui prêtant des desseins… euh…projetés. Mais “ironiser sur” (pour ne pas dire plus), ce n’est pas “contre argumenter”, ou “discuter”.

    Et si ce n’est pas contructif, ça s’appelle “troller”. Je vois là une explication au fait qu’on ne réponde pas souvent à tes coms. le dernier que je lis par exemple… ????… bon, tu trouves ça nul… ok… mais encore ?? Ce que voulais dire Thierry quelques coms plus tôt, si tu ne connais pas la longue traine, à quoi réagis tu ??? à ce que tu penses savoir de Thierry, de ce qu’il est. Bon, c’est ton truc ça, car tu ne crois qu’aux gens qui mettent leurs idées en rapport avec leur mode de vie. Bon. Va plus loin alors. Va au bout de ton idée, car en l’occurence, Thierry essaie de le faire.

    Sinon quoi ? qu’est ce qui coince ? tu ne peux pas te contenter de dire : c’est nul. Trouve autre chose. Des eclaircissements ? il y en a plein le blog, plein les bouquins de Thierry. ça ne te convainc pas ? mets le doigt sur ce qui ne va pas… je sens bien ta colère, mais franchement, je ne vois pas bien contre quoi elle s’exprime. Et si j’ai une petite idée, elle me vient de ce que je sais de toi, mais certainement pas de ce que je lis de toi par ici.

    Et enfin, si je puis me permettre, si tout ça est vraiment sans intérêt pour toi, pourquoi viens tu encore ? quel est ton enjeu ? Si ton intention est vraiment d’entrer en contact avec les gens par ici, il faut faire plus d’efforts, et lire ce que nous écrivons à ton endroit. On en parle quand tu veux.

  43. Iza says:

    Sur le fond :

    “Or non seulement le projet que tu dessines n’a pas de vocation sociale, mais c’est même l’inverse puisque pour répondre aux défis écologiques il faudra bien que les gens renoncent à une partie du confort gagné grace au productivisme.”

    Et l’état actuel des choses, je trouve que “renoncer à une partie du confort” représente un véritable enjeu de transformation sociale justement. A troquer contre du sens, ce qui ne serait déjà pas si mal. En effet, si en réalité, on devrait être riche de peu, l’occident est plutôt pauvre de beaucoup.

    Nos “pauvres” le sont pour beaucoup, d’une accumulation de frustrations tout à fait intenables..et pafaitement frelatées, fabriquées. Il y a moyen, pour gagner plus, de dépenser moins. Et làs, beaucoup de chemin à faire sur lequel les uns les eutres nous pouvons sans doute beaucoup.

  44. Philippe says:

    Je suis obligé de reconnaître que ce que dit Ax par rapport au Rc me parait réaliste bien que cela me fasse mal de le reconnaître. Il y a un problème de d’échelle temporel. Ton action Thierry est une action de fond. On ne fera pas changer le comportement d’un aussi grand nombre de personnes en 5 ans.

    Il faut regarder autour de soi. Quand je parle d’AMAP à mes relations, ils ouvrent de grands yeux et sont unanimes pour dire c’est super. Mais dans les faits, je n’ai pas réussi à en attirer plus de 10%. Il y a une inertie liées à la grande difficulté d’accepter de déformer son esprit pour penser autrement.

    En lisant ton blog depuis quelques mois, je m’en rend compte. Comprendre ce que tu défends est une chose, arriver à penser comme toi en est une autre. Cela demande de la volonté pour chasser les vieux réflexes. Ce n’est pas une mutation que l’on peut faire en 5 minutes. Changer les esprits est possible cela prend du temps.

    Cependant, qu’est ce qui nous prouve que nous pouvons de toute façon faire quoi que ce soit contre le Rc ? N’est-ce-pas là aussi un stéréotype de pensée ? Les mécanismes en oeuvre sont d’une telle complexité. Convaincre les chinois de rouler en voiture électrique ne changera peut-être rien au problème car ils mettrons en orbite d’énormes panneaux solaires qui auront la fâcheuse manie de dériver et de passer des centaines de milliers de personnes au micro-onde, ou alors ils construiront encore plus de centrale électrique au charbon.

    Reste donc bien comme seule alternative de tenter des choses à son propre niveau et de diffuser tout cela dans son réseau de connaissances en comptant sur l’effet papillon.

  45. Pourquoi 5 ans ? Qui a décidé que dans 5 ans la terre explosera? Personne ne peut prévoir l’avenir. Donc je propose une solution que j’applique à mon niveau un petit peu (solaire, amap, vélo, longue traîne à 1000%…) et j’espère qu’elle aura le temps de se généraliser et d’être effective (j’essaie d’y travailler). Si dans l’intervalle nos centraliens règlent le problème, tant mieux, sauf que je suis persuadé qu’ils ne le feront pas. Je croise donc les doigts pour que l’autre méthode ait le temps de marcher. Je ne vois aucune autre alternative.

  46. Ax says:

    “qu’est ce qui nous prouve que nous pouvons de toute façon faire quoi que ce soit contre le Rc ? ”

    “Pourquoi 5 ans ? ”

    Deux bonnes questions. Je ne sais pas qui a les réponses. Le climat est si complexe qu’il est difficile de savoir ce qu’il faut faire exactement, et en combien de temps, pour éviter le pire.

    Il semble acquis qu’il y a déjà un effet retard. Même en arrêtant les mauvaises conduites maintenant, des changements climatiques se feront.

    Si l’on continue comme ça encore dix ans, que se passera-t-il ?

    A partir de quel niveau de baisse de rejet de CO2 améliore-t-on significativement les choses ?

    Quels sont les éléments les plus importants à modifier, ceux qui ont le plus grand impact mondial ? (c’est idiot de conduire les gens à se priver pour un faible impact, ce qui en même temps détourne des modifications de conduite les plus importantes).

    Depuis des années qu’on parle du RC, il n’y a même pas de réponse vraiment claire dans l’esprit du grand public à toutes ces questions…

  47. Henri A says:

    A Ax et tous les humains:
    « “qu’est ce qui nous prouve que nous pouvons de toute façon faire quoi que ce soit contre le Rc ? ”
    “Pourquoi 5 ans ? ”
    Deux bonnes questions. Je ne sais pas qui a les réponses. »

    En tous les cas je sais qui ne les a pas ces réponses. Ce « on » décrit par Charlie:

    [“on”, flou, vague, imprécis et se prêtant à toutes les dénonciations et toutes les ignorances, désigne ici la majeure partie de celles et ceux qui ont accès à la parole publique [et avec lesquels je ne suis pas d’accord]. J’avoue y confondre pèle-mêle les journalistes [catégorie elle-même confondant la presse écrite, la télé, la radio, les chroniqueurs, les pigistes, les stars, les larbins], les politiques [idem] et des syndicalistes [jaunes ou crétins], des actrices de cinéma et des publicitaires, des maires de Paris, des économistes, des intellectuels de révérences, le chien de mon père.]
    Il serait peut-être temps de faire confiance à ceux qui étudient ce problème depuis 30 ans. Juste une fois en 200 ans, faire confiance aux scientifiques.

  48. Ax says:

    “faire confiance aux scientifiques”

    Henri, ici “on” ne refait pas le débat d’il y a un an sur le RC.

    A part Fillias, “on” est tous OK sur le problème du RC d’origine humaine, décrit par les scientifiques.

    La question était plutôt pratique : que faire exactement, en combien de temps ?

    Les scientifiques sont flous à ce sujet, parce qu’il n’y a pas de réponse scientifique, le sujet est trop complexe.

    Par exemple : une catastrophe pour l’Europe serait l’arrêt du Gulf Stream, qui nous plongerait dans une ère glaciaire.

    Que faire exactement pour prévenir cet arrêt ?

    Combien de voitures arrêter ? Combien de barils de pétrole produire en moins ? Jusqu’à quel point se priver ? Personne ne sait. Les scientifiques ne savent pas les conditions exactes qui produiraient cet arrêt.

    Tant qu’on ne donne pas au public des indications un peu précises à ce sujet, il ne fait rien.

  49. Paul de Montreal says:

    A Henri :
    > faire confiance aux scientifiques

    Ca dépend des scientifiques et aussi des commanditaires.

    > une catastrophe pour l’Europe serait l’arrêt du Gulf Stream, qui nous plongerait dans une ère glaciaire.

    Catastrophe comme tu y vas, vous auriez le même climat en hiver qu’on a au sud du Québec. Ca sera “fun” pour le ski de fond à Paris. 😀

    Avec mon experience, je pourrai vous donner des conseils pour s’habiller chaudement. 😉

    Une concentration élevée de CO2 devient génant pour les personnes agées et asthmatiques à 1000 ppm. Certains le prévoient pour 2100 d’apres mes souvenirs (à verifier).

  50. Paul de Montreal says:

    la 2e citation est d’Axel (et non d’Henri)

  51. Ax says:

    “Catastrophe comme tu y vas”

    la catastrophe est surtout dans la phase de transition. Les infrastructures en Europe ne sont pas conçues pour supporter le climat du Canada.
    La densité n’est pas la même aussi.

    A terme, on s’adapte à tout.

  52. J’interviens tard sur cette note et en visiteur de très loin en très loin, mais puisqu’il est question de Bayrou et du MoDem, et que le congrès fondateur de ce parti est terminé, voici trois observations :

    – Bayrou est vulnérable à l’intelligence. je veux dire par là qu’il peut être orienté et impressionné par la pédagogie, on peut le faire évoluer vers plus de démocratie, c’est un comportement qui, lorsqu’il ne se protège pas, lui est confortable.

    – Battu à la présidentielle, bousculé depuis, il est fragilisé, non pas tant dans ses alliances et ses soutiens que dans sa confiance en lui-même. Il est nerveux. De là une parano qui explique une partie de ses raideurs face à la pratique démocratique. Il ne faut jamais oublier que le centre est l’espace traditionnel des trahisons. Il le sait, il s’en méfie et sa méfiance nuit à sa capacité de démocratie. De surcroît, il est un déçu des conceptions qu’il a défendues pendant la présidentielle, car il estime que l’élection de Sarkozy a légitimé tous les travers qu’une décennie au moins s’était employée à bannir : corruption, cumul, contrôle de la presse etc.

    – Thierry Crouzet a fait des articles sur le MoDem qui ont fortement impressionné les commentateurs. On ne peut pas lui donner tort, parce qu’il défend une opinion. La vision participative qu’il promeut est, de surcroît, une évolution évidente et nécessaire. Peut-être la radicalité de sa conception est-elle sa seule fragilité. Pour atteindre le but qu’il définit, je crois que l’action seule est pertinente, y compris par l’intervention sur le jeu politique. Le MoDem est démocratisable. L’élection interne qui aura lieu dans la deuxième moitié du mois, quels qu’en soient les défauts, est une occasion d’attirer Bayrou vers des pratiques plus démocratiques, de le rafraîchir en quelque sorte. De modifier le réseau d’influence auquel il est exposé.

  53. Ax says:

    “Bayrou est vulnérable à l’intelligence”

    Hervé, vous n’avez pas l’impression d’être un peu naif ?

    Bayrou vous donne 3 cacahuètes et vous vous dites “chouette, on avance”.

    Vous vous faites berner par les plus grosses ficelles de la politique.

    En politique, ce n’est pas d’obtenir les premières petites avancées symboliques qui comptent ; on croit que c’est un début, mais c’est une fin. Ce sont les avancées essentielles qui restent bloquées.

    Pour l’essentiel, on retient que Bayrou a acheté l’opposition interne en nommant Quitterie au bureau, mais absolument rien n’a changé sur le fond. Il était seul candidat à la présidence et a eu le score d’un président bananier. Il n’y a pas eu de primaire à Paris donc Cavada est parti, sachant très bien que Sarnez verrouillait tout.

    Et n’oubliez pas une chose : aujourd’hui Bayrou est faible, n’a plus de cadres, alors il vous écoute. Ce n’est pas vraiment un signe de reconnaissance, plutôt de solitude.
    C’est parce qu’il est fragilisé qu’il vous écoute. Quand il sera plus fort il ne vous écoutera plus du tout, et sera encore moins démocrate.

    On l’a vu pendant la présidentielle : quand les médias ne s’intéressaient pas à lui, Bayrou faisait les yeux doux à la blogosphère. Quand les grands médias se sont intéressés à lui, Bayrou n’en avait plus rien à faire de la blogosphère et n’avait d’yeux que pour les télés.

    Quand il était petit candidat, il défendait le pluralisme.

    Quand il est devenu un grand candidat, il voulait organiser un débat réservé aux seuls 4 grands candidats, les petits n’avaient plus aucune importance.

    Le pluralisme commence et finit selon qu’il sert les intérêts de M. Bayrou.
    Et tous ceux qui l’ont entouré disent aujourd’hui la même chose à son sujet.

  54. @ Axel

    Il est vulnérable à l’intelligence et j’ajoute, pour vous faire plaisir, soumis à des influences contradictoires qui rendent utiles le rapport de force pour que l’intelligence puisse l’atteindre là où il y est vulnérable.

    Sur le pluralisme, je ne peux pas vous donner entièrement tort. Il avait un paradoxe évident. Mais il me semble qu’à ce moment-là, il pensait déjà avoir perdu. La machine était enrayée.

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