Entre vos commentaires et quelques brefs mails échangés avec Nassim Nicolas Taleb après la publication de mon billet sur le GIEC, j’ai peut être réussi à clarifier ma position.

Point de départ

  1. L’avenir est imprévisible.
  2. Le GIEC peut analyser justement la situation présente mais ne peut pas prévoir l’avenir.
  3. Les gouvernements se servent des prévisions, celles du GIEC entre autres, pour nous asservir.
  4. En conséquence, agissons par nous-même, au niveau local, pour empêcher d’aggraver la situation. Construisons l’avenir dont nous rêvons plutôt que d’éviter l’avenir catastrophique qu’on nous prédit.

Taleb est un empiriste comme je pense l’être. Il m’a écrit :

Je refuse de croire que nous sommes devenus soudain très intelligents et lumineux quand on n’a jamais été bons dans le passé. Donc il faut nous protéger des erreurs « scientifiques ».

Je défends la même position. Nous n’avons jamais prévu quoi que ce soit de sérieux qui touche à l’ensemble des sociétés humaines. Et quand nous l’avons fait, comme avec le bug de l’an 2000, nous nous sommes plantés. Je ne vois aucune raison pour que le GIEC fasse mieux.

Maintenant nous pouvons persévérer dans l’empirisme. La biosphère réussit fort bien à maintenir son équilibre depuis des milliards d’années. Le mieux que nous ayons à faire est donc de nous faire discrets en réduisant notre empreinte écologique. Ne jouons pas aux apprentis sorciers. Taleb invoque un « super-precautionary principle » et un « super ecological conservatism ».

Il m’a aussi rappelé, ce qui est un comble puisque c’est mon fond de commerce, que les gouvernements ne contrôlaient pas grand-chose, donc que les prévisions sur lesquelles ils s’appuyaient, qu’elles soient fausses ou non, n’avaient pas beaucoup d’influence. En résumé, laissons les oracles s’amuser et pendant ce temps agissons.

Sans l’appeler ainsi, j’ai toujours milité pour un super-principe de précaution. Pour moi, toute action globale est dangereuse même quand elle est bien intentionnée. La précaution ultime, c’est interdire les actions globales, genre déploiement massif de l’énergie nucléaire, car leurs résultats sont imprévisibles et irréversibles.

Dans une vaste perspective de décentralisation, je suis en revanche pour libérer les initiatives individuelles, les prises de risques à très petites échelles qui, si elles ne sont pas plus prévisibles, ont plus de chances d’être réversibles. Dans tous les cas, il vaut mieux de petites erreurs que de grandes erreurs. Je crois que nous devons imiter l’évolution. En fonctionnant comme elle, en adoptant une approche biologique, nous avons une chance de maintenir un vieil équilibre dont la plupart des interactions nous échappent.

Point d’arrivée

  1. L’avenir reste imprévisible mais laissons les oracles jouer avec.
  2. Le GIEC nous révèle que nous saccageons le monde en ce moment même.
  3. Les gouvernements ne contrôlant rien, nous ne pouvons pas compter sur eux pour éviter les dérèglements climatiques.
  4. Les actions globales ayant des résultats imprévisibles et irréversibles, privilégions les actions locales.

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34 comments

  1. Grodolf says:

    Bonjour,

    Je comprends les points d’arrivée 1, 2 et 4.
    Je pense comprendre le point d’arrivée n°3 : les gouvernements ne contrôlent rien, on ne peut pas compter sur eux. Mais j’ai tout de même un doute : il ,me semble que le gouvernement est bien une étape obligatoire pour les grandes orientations : utilisation massive du solaire, autorisation de la vente de voitures à moteur à air comprimé, …Non?

    Grodolf

  2. Qu’est-ce qui nous empêche de créer des boîtes et de déployer le solaire comme bon nous semble ? Les gouvernements sont coincés par les grands acteurs traditionnels comme EDF qui ne pensent souvent que centralisation… car c’est leur mode de fonctionnement…. Si nous devenons tous producteur d’énergie, EDF ne devient plus qu’un transporteur d’énergie… c’est moins juteux.

  3. Ax says:

    “toute action globale est dangereuse”

    Attention, le principe de précaution devrait t’inciter à douter aussi de ce principe général. Tu ne peux pas globaliser l’interdiction du global sans entrer en contradiction logique.

    Dans certains cas, l’action globale est nécessaire. C’est la vaccination massive qui a permis d’éradiquer certaines épidémies, que des solutions locales toutes différentes et expérimentales n’auraient pu vaincre. On a pris le risque de graves conséquences (la vaccination n’est pas sans risques, et certains se révèlent longtemps après) pour pallier à un risque plus urgent (les décès en nombre sans vaccinations).

    Pour l’énergie, je ne crois pas à l’impact de petites solutions locales. Cela fait combien d’années que tu penses au solaire, et combien de temps aura-t-il fallu pour que ce soit actif chez toi ? S’il faut attendre que six milliards d’habitants se décident un à un à changer ainsi…
    Globaliser réduit les coûts et les délais, et cette réduction des coûts est indispensable pour beaucoup.

    Il faudra cent ans pour que les comportements individuels changent; un décret gouvernemental peut obtenir des changements en dix ans.

    Ton raisonnement néglige l’impératif du timing. La solution locale est très lente à produire un effet pour l’ensemble de la planète. Et le climat dépend d’un changement planétaire.

    Ce truc du local, ça marche à l’échelle de l’évolution; quand on a tout le temps devant soi pour expérimenter. Pas lorsqu’il faut des changements rapides à l’échelle planétaire, en un temps très court.

  4. Ax says:

    (Pendant la guerre, la résistance, action locale, a pu avoir un certain effet, mais limité. Insuffisant pour libérer le pays.
    Pour libérer le pays, face à une invasion de masse, il a fallu le débarquement de masse des armées américaines, avec des moyens étatiques.

    Le phénomène du climat est semblable : on se trouve face à un dérèglement de masse, à grande échelle, produit par de grandes industries globalisées (automobiles, pétrole…).
    Face à un tel phénomène massif, tu ne peux pas lutter simplement en local; c’est aussi peu concluant que la résistance individuelle contre les armées allemandes.
    Au bout d’un moment, si tu ne veux pas passer ta vie à résister en vain, il te faut des moyens massifs, que seuls des Etats ou de grands groupes peuvent déployer.

    Les phénomènes de résistance contre des Etats ne sont victorieux que soutenus par des Etats (la résistance indochinoise soutenue par la Chine contre la France puis les Etats-Unis; la résistance afghane soutenue par la CIA contre les soviétiques; … Il est faux de croire que la résistance triomphe seule.)

  5. Ax says:

    (Un exemple concret : l’initiative du Vélib, lancée par une grande municipalité, a un impact beaucoup plus net que d’attendre que les gens se mettent au vélo individuellement;

    demain il y aura peut-être, annonce Delanoé, un “Autolib”, des voitures électriques mises à disposition par la Ville de Paris; et l’impact sera bcp plus fort que d’attendre que tous les parisiens achètent des voitures électriques…
    Vu l’urgence, il faut passer par des initiatives centralisées)

  6. On en a déjà discuté 100 fois je ne pense pas que les décisions locales soient plus lentes. Meilleur exemple : internet. Il s’est déployé de local en local (le sida aussi… et les vaccins pourraient faire de même).

    Et puis je n’interdis pas les actions globales puisque des actions locales peuvent se renforcer et se globaliser lorsqu’elles ont fait leur preuve.

    Autrement dit je trouve l’approche bottom-up plus prudente que l’action top-down. Le super-principe de précaution consisterait à favoriser le bottom-up.

    Il n’y pas de principe de précaution possible à l’échelle globale. Ou des principes de précautions stupides contre lesquels je suis presque toujours contre.

  7. Paul de Montreal says:

    J’aimerai bien discuter avec Nassim Nicolas Taleb. 🙂
    il a probablement raison dans sa réflexion mais je mettrai davantage les choses en perspective pour éviter les malentendus.

    Pour faire court, je me méfie davantage de politiciens médiocres comme Bush, Harper ou S.zizi avec les lobby (pétroliers) puissants que des erreurs “scientifiques”.

    Tout est relatif, et un pays peut être perçu comme une entité locale. Regardons ce que font les différents pays à travers le monde. Bien sûr tout n’est pas reproductible vu le contexte qui change mais ça donne des indications précieuses.
    Ensuite ce sont les consommateurs qui décident quoi acheter. S’il y a pas de monopole c’est eux qui décident au final. Encore faut il qu’ils soient bien informés des couts directs et indirects de chaque solution énergétique pour la communauté à moyen et long terme.

    @Axel
    “La main gauche a besoin de la main droite.”
    Les initiatives locales permettent d’expérimenter avant de passer à l’étape globale.
    Que ça soit une action globale ou locale, il faut faire un suivi d’autant plus serré que les enjeux sont important. il faut se méfier du timing qui consiste à faire vite et mal.

  8. Ax says:

    “Meilleur exemple : internet. Il s’est déployé de local en local”

    Internet n’existerait pas sans les grands groupes.

    Au départ, financement par le Pentagon.

    Ensuite, généralisation grâce à l’investissement des grands groupes que sont les fournisseurs d’accès Internet.

    Les tuyaux se sont répandus sur tout le territoire grâce aux grands groupes.

    Ce qu’a apporté le local, c’est la profusion de créativité, mais pas la diffusion de masse.

  9. Henri A says:

    A Ax:
    Extravagant pour un libéral ; demander l’action de l’état ( à condition que cet état soit les Etats-Unis, évidement ).
    Voir les exemples:
    « Pour libérer le pays, face à une invasion de masse, il a fallu le débarquement de masse des armées américaines, avec des moyens étatiques. »
    « la résistance afghane soutenue par la CIA contre les soviétiques »
    « Au départ, financement par le Pentagon ».
    A ton avis Ax que pourrais-je objecter sur ces trois exemples ?

  10. Quel rapport AX entre les grands groupes et l’action locale ?

    Je ne vois pas l’incompatibilité ?

    Ou même entre État et action locale ?

    Je n’ai jamais dit que la solution ne venait que des individus mais que des actions locales. Internet s’est développé suivant une approche biologique point à point… et puis il s’est globalisé quand l’architecture a fait ses preuves. Je n’ai jamais dit le contraire. Surtout pas que des mecs seuls allaient changer le monde seuls et surtout sans travailler ensemble. Je n’ai rien contre les grosses boîtes. Mais les grosses boîtes en général déploient des solutions locales avant de se jeter tête baisser dans un nouveau truc. Exemple le livre électronique en ce moment.

    On teste localement, on généralise…

  11. Ax says:

    “A ton avis Ax que pourrais-je objecter sur ces trois exemples ?”

    Que notre principal “ennemi” c’est le rousseauisme quand il veut oublier la réalité (“oublions les faits”).

    Je suis volontiers futuriste, je crois en l’avenir, je ne souhaite pas la reproduction d’une société passée;

    mais pour autant je ne crois pas qu’on puisse balayer les grandes logiques historiques.

    On ne fait pas tout avec n’importe quoi.

    Le local est très puissant pour libérer la créativité;
    lorsqu’ensuite il s’agit de diffuser à grande échelle, le local bute sur les hermétismes individuels; et ce sont les grandes sociétés qui, par appétit lucratif, dépassent ces hermétismes et parviennent à diffuser en masse.

    La logique évolutive c’est la collaboration entre les créativités locales, et les grandes sociétés qui diffusent. Il est aussi vain de vouloir nier l’un que l’autre.

    Je ne crois pas au local qui se regarde le nombril sans se soucier des grands agents de diffusion.

  12. Ax says:

    “On teste localement, on généralise…”

    Oui, là on est d’accord, mais dans plein de cas on a déjà dépassé le stade du test, non ?

    Par exemple pour la voiture électrique. La solution est maintenant dans la main des grands groupes (privés, municipalités, Etats), et il faut faire pression sur ces grands groupes. On ne va pas chacun construire et tester des voitures électriques dans notre coin pendant encore mille ans.

  13. Paul de Montreal says:

    Pour la voiture électrique, il reste encore le problème des batteries avec l’autonomie à améliorer pour une automobile d’un poids “classique”. Il faudra aussi trouver des composants plus répandu pour en fabriquer suffisamment sans épuiser les stocks mondiaux.
    Je pense qu’il faudra convaincre progressivement les consommateurs de rouler plus léger et moins vite.

    J’ai davantage espoir dans la pression lié au marché international qu’aux politiciens financés par les industriels. Regardez aux USA avec les voitures asiatiques (plus économique en essence et les hybrides).
    Reste les incitations fiscales, pour indiquer ce qui coutent cher à la communauté au delà du simple cout direct pour le consommateur.

  14. Ax says:

    Les incitations fiscales, ou des initiatives de grandes municipalités, qui feront tache d’huile.

    Voir le projet d’autolibs de Delanoé:

    http://oreadecentriste.blog.20minutes.fr/archive/2008/01/25/des-autolib-en-banlieue.html

    On peut dire que c’est du local, mais c’est déjà du macro-local, du local à grosse échelle.
    Le macro-local est sans doute une bonne voie permettant de passer de l’expérimentation isolée à la généralisation.

  15. Dans le peuple des connecteurs je parle de méta-local… de chose qui s’expérimentent en même temps en plein d’endroit et qui se rejoignent. Encore une fois, des individus, des entreprises, des états… peuvent expérimenter. Ce qui compte c’est la méthode de l’essai et de l’erreur… Pour la voiture électrique l’essai n’a jamais encore convaincu c’est tout… idem pour l’ebook.

  16. julien says:

    j’avais il y a une dizaine d’années assisté à un café philo qui avait pour thème : “peut-on libérer l’avenir du futur déjà présent ?”.
    une référence centrale du débat était la préface de : Le Naufrage de l’Université (Michel Freitag, 1995); préface intitulée : la gestion technocratique du social.
    13 ans d’internet après, tu pourras à profit lire cette préface sur le site du MAUSS
    http://www.revuedumauss.com.fr/Pages/NAUF.html
    je pense que cela va élargir le débat sur les futurologues…
    après je ne suis qu’un bibliothécaire, un passeur, ce n’est pas moi qui vais de ma voix nourrir ce débat…

  17. julien says:

    lisant plus en détail les commentaires et y trouvant citée la Résistance, une autre référence m’est revenue, hors-sujet sur ce billet, mais qui rentre bien dans tes thématiques (que tu aies déjà lu cet article ne m’étonnerai pas à vrai dire…) :
    Laurent Douzou, La démocratie sans le vote : la question de la décision dans la Résistance, Actes de la recherche en sciences sociales, n°140 – 2001/5
    http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ARSS_140_0057
    c’est très mal écrit mais le sujet est passionant.

  18. julien says:

    maudit décembre ! ton fil est pourtant sur mon premier onglet netvibes (à côté des mails et de la météo)…
    pour un peu la référence venait de toi (c’est très possible indirectement : je suis tombé sur cet article la semaine dernière, ton article est de décembre, il faudrait que je retrouve ma source)
    [et j’avais raté aussi ton beau billet sur les nant’an, merci de cette piqûre de rappel]

  19. Paul de Montreal says:

    Thierry,
    régional voir macro-local …
    méta-local peut porter à confusion même si en grec méta signifie aussi au delà.

    wikipedia:
    [ méta est souvent utilisé dans le vocabulaire scientifique pour indiquer l’auto-référence (réflexion) :
    * méta-langage = système ou langage permettant de décrire d’autres langages
    * méta-livre = livre à propos d’un livre
    * méta-documentation = documentation sur la documentation
    méta est aussi très souvent utilisé en science pour désigner un niveau d’abstraction supérieur, un modèle
    ]
    Avec ce sens, “méta-local” signifierait le local du local comme méta-connaissances en IA.

    Le nouveau eBook portable arrive et les stocks de plusieurs constructeurs semblent avoir fondu rapidement pour Noël 2007 avec un prix autour de $300.
    Je parle des nouveaux eBook Reader avec la technologie de “l’encre” eLink.

  20. Ax says:

    @ Paul

    est-ce que le meta de Thierry n’est pas ici celui de métastases ?

    Thierry évoque des actions locales multiples, disséminées.

    C’est donc différent du macro-local qui signifie une grosse expérience locale.

    (Et les deux peuvent se développer conjointement;
    on peut avoir des expériences macro-locales et méta-locales)

  21. Ax says:

    le ebook percera avec l’écran souple qu’on tiendra en main comme un journal

  22. @Paul Ax vient de répondre pour moi… 😉

  23. reivilo says:

    Les scientifiques n’ont jamais eu raison, donc ils ont tort, donc nous avons raison. Sans commentaire.

  24. satured de la politique says:

    @Ax: Pour l’exemple du débarquement, je ne sais pas trop, il faudrait voir les archives pour constater comment Roosevelt a du batailler localement afin de sortir les Etats-Unis de l’isolationnisme…
    Je pense que derrière tout grand mouvement de l’état, il y a eu une volonté d’appliquer “en masse” une solution locale. C’est là que les choses se sont mis systématiquement à cafouiller. Et c’était (je me mets ici à sourire) parfaitement prévisible. Thierry l’explique par ailleurs: Toutes les solutions locales qui ne sont pas transposables intégralement ailleurs doivent forcément passer par la population locale qui connait mieux l’endroit où elle vit afin de procéder à une transformation adaptée après avoir déterminé s’il était possible de l’appliquer. J’ai cru lire quelque part l’exemple d’un indien qui…

  25. satured de la politique says:

    Je voulais aussi savoir: Ax, parlez-vous du macro-local en termes commun ou en termes économique ?

  26. Ax says:

    Par macro-local je désignais une initiative locale mais centralisée et à grosse échelle (macro pour gros).

    Exemple : le vélib lancé par la mairie de Paris (et son prolongement souhaitable par un autolib de voitures électriques).

    Géographiquement, l’initiative est locale, mais elle concerne une population importante, et est lancée par un pouvoir central ayant les moyens de financer et populariser un concept rapidement.

    C’est différent du local individuel, quand quelques citoyens lancent une initiative à très petite échelle, sans grands moyens de production et diffusion.

    En d’autres termes, le Vélib, ce n’est pas du 5e pouvoir.

    Avant le vélib, il y avait certainement des associations (=5e pouvoir) ayant lancé le concept de vélos en libre accès, mais seule l’implication d’un pouvoir central a permis de donner une dimension importante au concept, dans la réalité.

    Il faudrait maintenant une implication du pouvoir central supérieur (étatique ou européen) pour aller encore plus loin.

    Je crois au 5e pouvoir pour tous les domaines où le créatif est plus important que le quantitatif. Quand il faut passer à une échelle de masse rapidement, on a besoin des pouvoirs traditionnels pour standardiser et investir dans le déploiement.

    Avec la question du climat, il nous faut des solutions de masse, mises en oeuvre rapidement à échelle mondiale (dans les 20 ans si l’on croit les études actuelles).
    Je ne crois pas que 6 milliards d’habitants vont se mettre au solaire tout seuls comme a fait Thierry.

  27. Ax says:

    “comment Roosevelt a du batailler localement afin de sortir les Etats-Unis de l’isolationnisme”

    ça c’est autre chose. Une action locale peut être nécessaire pour engager une action globale. C’est ce qu’on appelle le lobbying ou l’influence. Au final le travail n’est gagnant qu’à partir du moment où la structure centrale se met en marche, convaincue par l’action locale.

    Ce n’est pas une action locale auto-suffisante sans centralisme. L’action locale est juste un détonateur.

    Lobbying et marketing viral, ce sont deux approches différentes.

    Le marketing viral peut se passer de toute implication des structures centrales, fonctionnant entièrement entre consommateurs / consomm’acteurs.

    Le lobbying agit sur les structures centrales pour les mettre en marche dans le sens souhaité.

    Pour le climat je ne crois pas que le marketing viral soit suffisant, car les solutions sont trop coûteuses et nécessitent l’implication des structures centrales.

    On peut donc tout au plus, ici, utiliser le marketing viral comme force de lobbying, avec la conscience qu’au final on attend une décision des Etats et des grands groupes industriels, sans laquelle l’action locale même viralisée n’aura jamais la puissance nécessaire à remplir l’objectif dans les temps voulus)

  28. Henri A says:

    Ax est sur son axe et il tourne.

  29. Ax says:

    Et les freemen ils en sont où, Henri ?

    Quel résultat pour ces 150 blogueurs liés autour d’un as du marketing viral ?

    Combien de consommateurs ont changé leur mode de consommation par leur influence ?

    On est dans l’infinitésimal.

    La moindre décision imparfaite d’un Delanoë ou d’un Sarkozy a plus d’impact.

    Faut arrêter de prendre des idéaux puristes pour des promesses d’un monde meilleur.

  30. Henri A says:

    “Ax est sur son axe et il tourne”
    Ce que je veux dire par là c’est que Satured ( il me semble ) et moi avons fait un commentaire et que tu réponds complètement à coté. Nous ne parlions pas du global-local-méta-macro, en ce qui me concerne je suis plutôt d’accord avec Thierry et toi.
    Mon commentaire plus haut traitait de cette espèce de fascination et d’évidences sur les U.S. ; pris quelque soit le sujet comme référence historique ou économique. Et exactement, le contraire pour cette chose tabou que l’on ne nommera pas ( urss ), une détestation complètement irrationnelle.
    Un peu ce que je reprochais aux libéraux pseudo philosophiques, voilà tout !
    ps: je ne vois pas ce que fabriquent les malheureux freemens dans cette histoire.

  31. Ax says:

    (je te réponds à la fin sur les US)

    De quelle partie du commentaire de Satured parles-tu ?

    ceci : “volonté d’appliquer “en masse” une solution locale” ?

    Le problème c’est que ce défaut (et je suis d’accord, avec Satured, toi et Thierry, que toute application en masse a des effets pervers) est aussi inhérent à l’objectif visé.

    En gros c’est le problème de la standardisation.

    La bonne évolution se produit en l’absence de standardisation; nous sommes d’accord, théoriquement. (Tu connais ma fascination pour les électrons libres, vrais moteurs de l’évolution).

    mais cette bonne évolution, naturelle, prend du temps, un temps très long. Et sacrifie beaucoup d’individus au passage.

    L’ère industrielle c’est une ère du temps accéléré, et une ère où l’on refuse le sacrifice des individus (au moins par le discours ; on peut sacrifier des individus en cachette, en fermant les yeux, à l’autre bout du monde ; – malgré tout, malgré ces tueries, la population mondiale est six fois plus forte en ère industrielle qu’en ère naturelle).

    Dans cette ère du temps accéléré tu ne peux plus avoir de solution naturelle. Tu es condamné à la standardisation et donc tu assumes ses effets pervers.

    On en a déjà parlé ici : Hubert Reeves situe à environ 1 milliard la population terrestre naturelle soutenable à long terme.
    Quand tu dépasses ce cap, tu n’es plus dans un monde naturel. Tu es dans un monde artificiel, issu de l’ère industrielle, et tu dois accepter la standardisation et ses effets pervers.

    Renoncer à la standardisation maintenant, c’est comme remettre en liberté des animaux élevés en zoo: ils ne survivent pas.

    On peut améliorer la standardisation, mais on ne reviendra pas au modèle naturel de l’évolution, celui qui prend du temps et sacrifie 3 lionceaux sur 4.

    (Ce que je trouve intéressant dans les US, c’est un modèle où standardisation et libertés individuelles survivent pas trop mal côtes à côtes;

    ce n’est pas une fascination, je n’y passe pas mes vacances et je ne reçois pas d’enveloppes de la NED.

    l’URSS ne permettait même pas à ses concitoyens de quitter le territoire : construction du mur, mur destiné à empêcher les habitants de sortir, pas à empêcher les voisins d’entrer : littéralement, ils vivaient dans une prison.

    Je fais une grande différence entre une prison et un pays qui accorde la liberté de sortie. Même si par ailleurs les USA se sont mal comportés dans le monde.
    – Tous les Etats sont cyniques et égoistes, mais tous ne sont pas des prisons.)

  32. @Ax L’exemple du Vélib confirme justement l’approche locale. Il y a beaucoup d’autres villes, bien plus petites que Paris, qui ont expérimenté le vélib avant. Montpellier par exemple en France. Paris a déployé le système justement dans une pure logique bottom-up… une fois qu’il avait montré sa robustesse à petite échelle.

    Peu importe qui expérimente au local : un individu, une mairie, une entreprise, un état… L’approche locale est une méthodologie que même les monstres centralisés peuvent appliquer.

    Quant au RC, je suis prêt à parier que si les solutions ne viennent pas de nous, il n’y aura pas de solution.

    Sinon je montre dans le peuple des connecteurs que l’approche évolutive peut-être extrêmement rapide dans la nature… qu’elle est hyperrapide dans nos simulations… et que dire dans la propagation des modes et des nouvelles habitudes.

    C’est une idée reçue de croire que cette méthode est lente. Regarde le sida… qui mute en permanence.

  33. swimmer21 says:

    Merci à Thierry et aux commentateurs fort prolifiques et passionants.
    L’avenir reste imprévisible. Il s’agit pour moi d’une tautologie qui présuppose une conception linéaire et parcellisée du temps. Vous savez la ligne de gauche à droite avec la petite flèche au bout. Si l’on abandonne cette conception, la notion d’avenir se dissout d’elle même. Donc l’avenir reste imprévisible si l’on présuppose une conception du temps linéaire. Remarquez que d’autres n’ont pas la même que nous.
    J’accepte les 2 et 3 même si je ne partage pas les formulations.
    Le 4 pose la modélisation du changement des macro-systèmes. Plusieurs manière de considérer les choses : soit on décide que le global est le système le plus large et les boucles de modifications ne peuvent être alors que des boucles “révolte” venant du bas. Soit on décide que le global est un global parmi d’autres éléments et deux boucles peuvent être activées : la boucle “révolte” venant de système d’échelle inférieure et la boucle “mémoire” venant de système d’échelle supérieure (le climat par exemple, l’espèce, l’univers fondent ces boucles “mémoires”). Pour ceux qu’un détail sur les boucles “révolte” et “mémoire” intéressent, rendez-vous sur la page expliquant les panarchies

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