Non, je n’ai pas arrêté de bloguer

Je passe juste mon temps à écrire mon prochain livre, Ératosthène, et, tous les jours, je me dis que je vais écrire en plus un billet, celui-ci par exemple, et tous les jours le temps passe et je n’écris pas mon billet. Hier, Pacco m’a envoyé un dessin qui me force la main.

J’ai toujours mené de front deux modes d’écriture, celui fulgurant propre au carnet, donc au blog, et celui plus continu et plus réflexif du livre. Souvent, ils n’ont pas été exclusifs chez moi mais maintenant avec les enfants, coZop et mes autres sites je manque de temps pour tout concilier. C’est donc le blog qui trinque. Franchement, je trouve que c’est une bonne chose.

Depuis le début 2006, j’écris des billets qui prolongent Le peuple des connecteurs, même Le cinquième pouvoir est une excroissance d’un travail de synthèse effectué essentiellement en 2005. J’ai l’impression maintenant d’achever un cycle qui d’ailleurs pour moi a commencé avec les versions préliminaires d’Ératosthène. Je ne vais pas éternellement appliquer ma grille de lecture aux évènements qui surviennent dans le monde.

Je pourrais me moquer de presque toutes les mesures du gouvernement Sarkozy et après ? Si Ségolène Royal avait été élue, elle aurait fait preuve du même manque d’imagination. Je n’ai pas envie, plus envie, de tourner en rond.

Lorsque j’aurai achevé mon roman, je me remettrai à bloguer plus assidument car j’écris tous les jours quoi qu’il arrive. J’espère que ma pensée prendra une direction ou une forme imprévue. Je discuterai peut-être de l’idée centrale qui soutient mon Ératosthène, le généralisme. Je m’attaquerai à la brèves histoire de l’informatique, qui sera une tentative de vulgarisation de la société en réseau. Ce travail sera dans la continuité de la matière actuelle mais avec une vocation de vulgarisation, donc je devrai travailler la forme, notamment parce que le projet doit commencer par une série de conférences.

J’ai lu beaucoup de journaux intimes. La plupart, en tout cas ceux que j’ai appréciés, ont été écris en parallèle d’œuvres plus réfléchies. Je crois que c’est inévitable. D’un côté, on s’immerge dans une matière que l’ont porte parfois durant des années, d’un autre, on se laisse aller à ses intuitions et ses impulsions sans souvent prendre le temps de se relire. Le travail d’arrache-pied nourrit notre pensée mais souvent nous avons besoin de prendre un peu d’air.

Le blog est ainsi pour moi un atelier où je déverse ce que je n’ai pas casé ailleurs ou ce que, antérieurement, je n’ai pas développé. J’y propulse aussi des esquisses qui pour la plupart resteront dans cet état. Cette activité n’existe qu’en complément du travail assidu sur un livre. Je ne place pas une forme au-dessus de l’autre, elles vont côte-à-côte, elles s’alimentent l’une l’autre.

Le blog me procure un plaisir instantané. Une brusque libération. Le livre me fait partir ailleurs. C’est souvent un voyage douloureux mais, en chemin, je découvre parfois des trésors que je ne cherchais pas. J’ai besoin de cette aventure. Elle m’anime.

Notes

  1. Je conçois que pour certains auteurs le blog puisse être l’unique forme d’expression. Un art en soi. Mais je demande à voir. Pacco fait un gros un truc en ce moment mais tout cela s’inscrit dans une histoire. Les carnets de Delacroix sont sublimes mais ils n’auraient pas existé sans les toiles.
  2. Mon généralisme, que j’élève comme Ératosthène en art de vivre, m’interdit de m’enfermer dans une forme et même une matière unique. Voilà pourquoi j’attache de l’importance à la programmation. Elle fait travailler mon esprit dans une autre direction. J’ai longtemps aussi dessiné pour la même raison. Même la vie de famille a cette vertu d’ouvrir des directions imprévues.

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18 comments

  1. Iza says:

    mmmm … je suis assez d’accord avec toi. je suis une peu prolifique bloggueuse, rien à voir avec ce que tu as fait ici… mais je reconnais bien les différentes phases.

    Des bloggueuses qui ont commencé en même temps que moi et sur la même thématique (cuisine), sont devenues de méga superstars. Elles font des bouquins, des tas de trucs. Je suis bien moins douée mais surtout, je me suis lassée très vite, j’ai ressenti le besoin de garder mon blog tout ce temps, mais aussi de faire mille autres trucs aussi, pour nourrir mon chemin.

    Du coup, j’écris presque tous les jours, mais sur trente six supports différents … plusieurs blogs, wikis et projets divers en construction.

    Bref. Je vois bien ce que tu racontes. Travaille bien, nous, on attends derrière le buisson….

    Pacco, ton dessin est trop drole !!

  2. Laure says:

    Bon courage ! Le journal libertarien attend toujours impatiemment vos billets.

  3. pacco says:

    Iza, merci, 😉

    Thierry, c’était évidemment fait pour que tu sortes du bois. 😉
    Merci pour les compliments.
    Maintenant le blog… Un art en soi… ???
    Trot tôt, pas assez de recul et pas assez d’expérimentations.
    Le projet collaboratif dont nous avions parlé et que nous ferons un jour… Ou pas…
    Est le genre d’expérimentation qui permet de commencer à poser la question.

    À très vite.

  4. jylem says:

    plutot que généraliste ce qui est important pour moi c’est une certaine transversalité et une multidisciplinarité
    dnas l’écriture et ailleurs bien sur

    je pense d’ailleurs que c’est de plus en plus nécessaire
    paradoxalement plus on est dans le détail de la spécialisation plus on a besoin du recul de la transversalité pour avancer

    bon voyage avec erasthothéne

  5. fred says:

    OUF !!!!

    J’ai eu peur que ce soit notre vengeur masqué, Demian West le bien nommé qui t’es enlevé et te retienne dans je ne sais quelle cave en t’obligeant à répertorier par ordre alphabétique toutes ces interventions depuis le début du Web ..

  6. Jeffe says:

    @ fred : Chutttttttttt ! Faut pas prononcer ce nom, ça l’attire !
    @ Thiery : Merci pour l’apéro et la suite. Je crois qu’il y a une “respiration” dans l’envie d’écriture. Aller contre, c’est risqué d’écrire mal.
    Ca te reviendra. J’ai d’ailleurs l’impression que c’est un peu une tendance générale en ce moment dans la blagosphére.

  7. “Je pourrais me moquer de presque toutes les mesures du gouvernement Sarkozy et après ? Si Ségolène Royal avait été élue, elle aurait fait preuve du même manque d’imagination.”
    Je crois que tu es dans le vrai! C’est un avis que je partage est c’est aussi pour cela que je reste dans l’apolitisme tout en ayant des idées. Mon blog me sert à dire ce que j’ai à dire.
    J’ai beaucoup rigolé en voyant le dessin et j’ai un peu la même vision du blog que toi.
    Bonne chance pour ton livre.

  8. Ax says:

    “en t’obligeant à répertorier par ordre alphabétique toutes ces interventions depuis le début du Web”

    Google a désindexé 99% des interventions de Demian West, il n’y avait plus assez de ressources disponibles, il aurait fallu ajouter 5000 nouveaux serveurs chaque jour.

    Voilà l’effet des mutants créés par Cybion. Il faut légiférer pour empêcher leur culture en plein champs.

  9. Demian West says:

    Si au moins le web servait à montrer un peu ma grande force de vie et qu’elle passe en quelques jeunes personnes qui voudraient vivre intensément en neufs peaux rouges, alors on saura, dans l’avenir que j’ai derrière moi, me pardonner mes innumérables victimes poussives.

  10. Henri A says:

    A Ax :
    Comment cela se fait que le cowboy n’aille pas chez toi ? Vous êtes concurrents quelque part…

    Damned, il est là.

  11. Ax says:

    Henri, avec Eric Douillet j’ai eu droit à mon quota de trolls pour dix ans.

  12. Henri A says:

    Ax, y aurait-il un point commun entre ces deux là ? Cela ne court pas les rues les individus capables de produire un million de commentaires par jour.

  13. Ax says:

    Il faut poser la question à Carlo Revelli.

    Je soupçonne des expériences pronétaro-cybionétiques, cybernétiquement modifiées. Auprès desquelles Monsanto mérite le label BIO.

  14. geo says:

    Ax

    Avec Vero vous avez également été gatée!non!

  15. stan says:

    @ Thierry,

    J’ai lu ton livre, et je me promene de temps en temps sur ton blog. J’ai souvent voulu essayer de jeter quelque lignes sur ce que j’ai pu lire jusqu’a maintenant… voila chose qui est faite !

    Il me semble que tu induis beaucoup de gens en erreur en associant les concepts de hierarchie et centralisation et en les opposant au concept de decentralisation, pronant l’emergence d’une structure sociale en “reseau”, creant ainsi un flou artistique qu’il me semble important de lever.

    Jetez vous sur vos dictionnaires et veuillez notez que contrairement a ce que tu suggeres, une hierarchie peut etre decentralisee et q’un reseau peut etre centralise. Enfin veuillez aussi noter qu’une hierarchie est un reseau, et qu’un reseau est la plupart du temps hierarchique (a moins d’etre complet)… Bref, il est incorrect d’associer hierarchie et centralisation.

    Permets moi d’illustrer mon point avec un exemple : Il est tres amusant de voir que tu prends appui sur les nouvelles technologies de l’information pour justifier la possibilite maintenant acquise par l’homme de s’organiser en “reseau” decentralise. Figures toi que la totalite des technologies qui rendent possible notre interaction aujourd’hui sont des techologies decentralisees extremement hierarchiques. Tu prones que l’informatique va nous permettre de nous transformer a son image distribuee et decentralisee, nous liberant ainsi de cette hierarchie monolithique qu’est le politique aujourd’hui…

    Allo ? Nous sommes deja distribues et decentralises, et ce ne sont pas ces technologies qui vont nous priver de hierarchie : ces technologies sont elles meme hierarchiques et ne pourraient tout simplement pas fonctionner sans etre pyramidales. Encore plus mauvaise nouvelle, la tendance (a mon grand desespoir d’ailleurs) est a la centralisation dans la conception de systemes distribues…

    faisons un tour d’horizon de la technologie qui me permet de poster cet article :

    ton serveur Web : ouahou… carrement centralise !
    DNS : hierarchique (zut tiens dis donc, les noms de domaines sont payants ?)
    IP : aie… la totalite du traffic mondial passe systematiquement par une poignee de machines
    allez parlons de l’OS qui tourne en dessous :
    LINUX : dont le developpement open source est decentralise mais aussi hautement hierarchique, hierarchie etant dominee par notre cher ami Linus qui est le seul a merger les differentes branches de developpement, ayant ainsi le dernier mot sur tout changement !

    devions un peu et parlons de P2P… magnifique concept non hierarchique… voyons voir ce qu’on a : Gnutella, Kazaa : decentralises et… inefficaces. Qui les a remplace ? BitTorrent ! Un systeme non pas hierarchique mais tout simplement centralise.

    Etudions plus precisemment le cas de la resolution de nom sur Internet. Je pense que c’est un parfait exemple, puisque c’est le mecanisme qui a emerge afin de permettre la mise en contact de deux noeuds sur Internet. Et je pense d’ailleurs que ca illustre parfaitement le point sur lequel je pense que ta “theorie” fait defaut :

    Il est necessaire de distinguer la possibilite de communiquer avec la necessite inherente a toute communication d’etre prealablement mis en relation ou plus precisemment d’etre capable de nommer son interlocuteur.

    Or ce systeme existant aujourd’hui sur Internet est tres fortement hierarchique, c’est ce qui permet son efficacite et sa stabilite. Je ne m’ettendrai pas sur les raisons techniques qui rendent impossible un systeme de nommage non hierarchique, mais je souhaiterais juste noter que ce systeme de nommage est un candidat parfait pour etre une analogie de ce vers quoi nous devrions tendre dans le cadre de nos interactions sociales ou la technologie nous permet de communiquer de noeud a noeud.

    [Citation : http://blog.tcrouzet.com/2008/04/17/epoque-de-transition-ou-pas/#comments%5D
    “Différence par rapport à la pyramide, elle est ouverte. Tu peux devenir expert si tu le veux. Tu peux leur parler. Et avoir accès à leurs données. Car la société en réseau ne peut fonctionner qu’associée à l’open source. Ce qui compte c’est la possibilité de rejoindre les experts si tu en éprouves la nécessité, et pourquoi pas devenir toi-même expert.”

    Exemple parfait ou je pense que ta vison est incomplete… comment ces experts pouraient-ils etre mis en relation dans le cadre de la “networked civilisation” que tu prones, liberee de toute hierarchie ? La possibilite de communiquer n’implique pas directement la capacite a s’organiser.

    Pour conclure, apres avoir montre que la technologie elle meme semble avoir besoin d’etre hierarchique, en tout cas c’est ce que nous montre nos 20 ans d’experience avec Internet, j’invite tout le monde a arreter de precher le faux pour “chercher” le vrai. Il est certain que notre systeme politique en France a de grandes faiblesses, mais je pense qu’il est aussi illusoire de croire que nous pourrions vivre sans “systeme”.

    Je ne prone pas la cenralisation, tout au contraire. Je crois simplement que tout systeme non hierarchique est voue a l’echec du fait de ses innefficacites inherentes. Je pense donc qu’il est idiot de ne pas obeir, de ne pas voter, de ne pas legiferer, de ne pas etudier, de ne pas promettre, de ne pas manifester, de ne pas travailler, ne pas rationaliser, et enfin, de ne pas croire !

  16. Paul .ca says:

    Merci Stan. 🙂
    Ton texte me fait plaisir même s’il y a qq inexactitudes et raccourcis abusifs et que j’aurai préféré le mot “savoir” pour la fin. il justifie un peu ma présence passée et actuelle sur ce blog.

    C’est l’approche plus technique par opposition à l’approche littéraire, politique, imaginaire, extraordinaire etc …
    Elle est sans doute moins attrayante (et accessible) pour la masse.

    Quand j’ai parlé de dictionnaire et du sens commun, je m’attire les critiques. L’auteur Crouzet ré-invente parfois le sens des mots et s’étonne quand on l’interprète mal.
    “Le monde appartient a ceux qui changent le sens des mots”
    Je m’intéresse de moins en moins aux “propriétaires”, c’est pas eux qui font avancer (directement) la connaissance et le savoir. ils exploitent les gens et leur ignorance qu’ils soient diplômés ou pas.

    Pour le P2P, http://fr.wikipedia.org/wiki/Peer-to-peer
    n’oublions pas Emule assez efficace qui combine 2 systèmes distribués : le 1er semi-décentralisé avec des serveurs pour la recherche et le second décentralisé avec kad (Kademlia).

    Maintenant les autres approches sont intéressantes malgré les erreurs et sophismes.

  17. Satured de la politique says:

    Cher Stan, ne perds pas ton temps ici, passes ton chemin…
    Tes arguments sont pertinents et on voit que tu connais bien ce dont tu parles.
    Avant d’être abîmé par les réponses incohérentes et désorganisées que ton travail de lecture pourrait reçevoir dans le coin, saches qu’ici toute notion de communication est en ce moment décrédibilisée. Un nommé Demian et un nommé Ax sont actuellement en train de te mâcher tout le travail.
    La plupart du temps tu tomberas sur des gens qui font semblant de ne pas étudier, semblant de ne pas croire, semblant de ne pas travailler et semblant de ne pas légiférer.
    S’il en était autrement ils seraient tous ici 7/7, 24/24, à s’entraider pour réaliser les flux dont il est question. On peut observer que c’est tout le contraire qui se passe.

    Ceci dit, on peut malgré tout penser qu’à l’intérieur de cette hiérarchie du réseau mécanique que tu t’es donné la peine de décrire pourrait se trouver une circulation différente des idées. C’est cette organisation là qui est en route et non pas une structure équivalente à ces interfaces matérielles de connection. Et c’est cette organisation là qui a commencé à supplanter la hérarchie traditionnelle dans le monde du travail. Le monde de l’entreprise à déjà été bouleversé, dans certains secteurs, par la net économie. Des entreprises qui autrefois avaient besoin d’une infrastructure très lourde pour se créer dans le monde matériel peuvent aujourd’hui (et c’est le cas de quelques unes) réduire les coûts liés à l’installation d’usines en fédérant, pour les besoins de leur production, et sans hyérarchie de production, des usines déjà installées.
    Ceci est effectivement le résultat d’un travail, même si par ici on aura tendance à te dire le contraire ou bien à masquer ce fait. Penses donc, ils en sont encore à chercher des exemples pour appuyer leur non-thèse 😉 .
    Par contre, je m’aperçois qu’à la fin de ton commentaire tu saute très vite à des conclusions qui ne découlent pas nécessairement de ce que tu avances plus haut. Il est évident que la législation, les études, les promesses, qui découlent d’une rationalisation sont les fruits de l’organisation d’un système de pensée antérieur au réseau (hiérarchie dans le temps) mais il se pourrait bien qu’à force de congestion et d’inefficacité ils perdent petit à petit de leur légitimité première vis à vis des problèmes qu’ils étaient censés combattre. Et qu’à l’aide d’un travail, que l’on est pas vraiment décidé et préparé à produire ici, ils soient tout bonnement supplantés par une organisation créé pour réintroduire des acteurs, disons “moins experts”, ou qui prétendent à moins d’expertise que les premiers en la matière. Car la notion même d’expertise, confrontée à une obligation et à des contraintes de précisions de plus en plus grandes, se révèle être un mythe qui tend à disparaître. Du génie pluridisciplinaire d’hier à l’armée de spécialistes d’aujourd’hui, elle a tout de même pris de sérieux coups dans l’aile. On se retrouve actuellement face à des matières et des disciplines parfois uniquement créés pour des besoins de communication avec le “grand public ” lorsqu’il s’agit de rendre un rapport sur l’état du monde dans un domaine particulier.

    Pour ce qui est de l’obéïssance, elle consiste aujourd’hui à agir sur les ordres d’une élite de moins en moins en moins experte face à la précision que recquiert une mondialisation et qui, en plus, prône la réduction de ses coûts et de son personnel (théorie libérale) pour rendre aux anciens acteurs (notez qu’on retire du même coup la possibilité à d’autre types d’acteurs d’apparaître) entrepreneuriaux et autres (on en dénombre en général 5) la liberté qui n’aurait “probablement” jamais du être réglementée (j’épargne ici les discours pro et anti keynes). Bref, aujourd’hui il s’agit plus d’obéïr aux désordres qu’aux ordres généralement accompagnés de leur contre-ordres. Et beaucoup de guerres actuelles tendent à prouver que sur le long terme, l’obéïssance finisse par créer plus de désastres qu’elle n’en résoud. Pour la simple et bonne raison que l’ordre est en fait créé pour éviter à celui qui le donne d’avoir à se trouver sur place.

    Le vote, maintenant .
    Le vote, dans quelque situation qu’il puisse intervenir consiste, pour une majorité, à se prononcer de façon binaire, alors que l’on sait que le langage machine et le langage humain sont deux choses qui ne se rejoindront probablement jamais, sur des idées qui ont, pour la plupart, des arguments qui peuvent aller d’une expression à son contraire en fonction des intérêts mis en jeu. Selon les défenseurs de ce système la mécanique doit produire le gain d’une majorité sur une minorité. Or l’argument le plus utilisé contre les non-votants est que malgré leur minorité, ils ont le pouvoir de fausser le résultat d’une majorité qui n’aurait pas du devenir une majorité s’ils avaient votés. Je trouve cela tout de même un peu fort, non?
    Bien sur qu’il y en a qui se sont battus pour que soit mimé en collectif des décisions qui se prenaient avant par des gens connus et en nombre réduit. Bien sur que l’idée même de démocratie républicaine s’effondrerait si les appareils éxecutif, législatif et judiciaire ne trouveraient aucun moyen de s’opposer pour le profit de notre société.
    Mais interrogeons nous tout de même: les gens connus et en nombre réduit qui sont élus pour éxécuter les actions votées les éxécutent de moins en moins et ils ont de plus en plus besoin d’une garde rapprochée pour justifier du fait qu’ils ne les éxécutent pas.
    Les saufs conduits mis en place pour contourner l’opposition des institutions entre elles sont de plus en plus utilisés parce que la programmation de l’action envisagée correspond de moins en moins aux résultats qu’elle devrait donner.
    Outre la raison de l’interprétation (qui fait plancher 6/7 et 22/24 les analystes et politologues de tous poils lors des élections sur des informations faussées dés le départ), il y en a au moins une qui invalide la légitimité du vote pour améliorer notre société: il consiste à faire passer dans un goulot d’étranglement les aspirations d’un peuple composé de plus de 70 millions de personnes vers une absence de représentation réelle et de plus en plus contestée par des commissions d’enquêtes (nos fameux “experts” qui entrent à nouveaux en scène).
    Et enfin, l’argument selon lequel “des gens se sont sacrifiés pour” n’est aujourd’hui plus recevable car c’est, d’une part, pour quelque chose de bien différent de ce que nous vivons actuellement qu’ils se sont battus et, d’autre part, les sacrifices réalisés ne sont malheureusement pas toujours garants de la pertinence des objectifs visés tellement la possibilité devient grande de faire changer les contextes autour de ces objectifs afin de les rendre caduques.
    Le vote, passé au crible d’une véritable réflexion liminaire sur l’action, n’est plus qu’un faux semblant visant à donner un visage plus ou moins humain à l’arbitraire qu’il était au départ hiérarchiquement censé combattre.

    Le fait de croire:
    Hé bien le fait de croire n’implique pas forcément l’étude d’un champ de données pour les organiser en informations. Croire, c’est interpréter une idée (qui n’est pas forcément basée sur un phénomène réel) en fonction de la perception incomplète d’un événement pour se donner un motif à une action. Autrement dit c’est ce que nous faisons la plupart du temps lorsque nous cessons de rationnaliser. Et justement, la croyance n’est liée à aucun impératif hiérarchique (ou catégorique, je vous épargne ici des longs passages de la critique de la raison pure de Kant qui détaillent comment la métaphysique est un déraillement de l’entendement ou du raisonnement) légitime.
    Ici on fait communément à tort un parallèle entre “le besoin de croire” et “le besoin d’éspèrer” qui sont des objet de conscience sensiblements différents.

    La législation:
    Ici on touche à une organisation encore en devenir qui a de moins en moins de rapport avec son premier principe : j’ai nommé la connaissance.
    Il faut se rendre compte qu’une augmentation éxagérée du nombre de lois ne donne pas forcément la conduite à tenir dans tel ou tel domaine. Elle favorise, en revanche, grandement la disparition de pratiques qui peuvent améliorer la vie en société. Des exemples de “désertification” des services, dus au caractère procédurier et particulièrement efficace du système juridique, pleuvent de toute part. Mais on peut toujours trouver des contre-exemples. Les uns et les autres sont d’ailleurs employés pour plonger la population dans le doute et l’indécision à seule visée de rétablir, non pas un ordre, mais l’argument autoritaire que l’on confond souvent avec l’argument d’autorité.
    De plus, les étapes du système juridictionnel allongent de plusieurs années le rendement d’un verdict. Cela modifie sensiblement la position des parties qui voient toute leur vie détaillée sur des critères qui peuvent ne rien avoir à faire avec l’affaire en cours. l’opiniatreté n’est pas forcément un élément de justice.
    Et enfin il y a la jurisprudence qui vient pondérer selon les époques et les modes d’une façon significativement inverse les jugements rendus antérieurement.
    Les dossiers disparaissent, les enquêtes sont plus ou moins bâclées, des pièces à conviction peuvent être “fabriquées” et apparaître au moment opportun.
    Plus rien, dans les pratiques, ne correspond à la théorie ancienne de ” l’innocence et de la culpabilité”. Les plus cyniques vous diront que ce sont devenu des croyances.

    Pour la manifestation, les promesses et le travail, comme je vous l’ai indiqué plus haut ce n’est pas ici que vous trouverez des réponses cohérentes, certains vous ayant prémâché dans les faits, les dispositions inhérentes à l’inefficacité.

    Merci de votre attention. et peut être touvrez vous mieux ailleurs…

  18. Paul .ca says:

    S’il te plait Thierry, ne censures pas Satured de la politique ! 😀

    Merci Satured de la politique de perd.. de consacrer votre temps de loisir. 😉

    Je ne pense pas que nous perdons notre temps ici …
    mais il y a clairement un tri à faire (comme ailleurs) et des insultes sous la ceinture à ignorer.

    Pour le vote,
    Je m’arrange pour ne pas faire la queue. Au Canada, je vote 1 fois pour le fédéral et 1 fois pour le provincial. (vote à un seul tour)
    Pour les présidentielles françaises de 2007, je me suis déplacé uniquement pour le 1er tour et j’ai vu tout un quartier de Montréal envahi par une tribu gauloise. 😀
    C’était sympathique et ce long détour était aussi justifié par une bonne boulangerie française du quartier.
    Si vous apprenez que l’actuel président français, élu pour 5 ans, veut devenir président à vie, et de père en fils (ou épouse) via un référendum, allez vous votez contre ou pas ?
    L’idée “humoristique” de Guy Bedos, d’instaurer un permis de voter je l’ai déjà eu quand je vois les candidats sélectionnés dans un parti ou la nation.
    Vous parlez de l’élite sans précisez si c’est l’élite politique ou des élites en général.
    Il y a l’élite de fait en fonction et l’élite réellement compétente. Les deux ne coïncident pas nécessairement on s’en rend bien compte en politique.
    Bush Junior, Sarkozy.zy, Berlusconi font partie de cette élite politique (et parfois économique). ils ont des conseillers mais c’est eux qui décident en fin de compte.
    Qui a élu ces … incapables ? Une majorité d’électeurs mal informés parmi certes un choix restreint je suis d’accord mais qui offrait des alternatives moins catastrophiques.
    Si notre équipe de football perd souvent on change l’entraineur avec qq joueurs médiocres et pas les règles ou la taille des buts adverses. 😀

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