Lorsque je parle d’auto-organisation et de décentralisation, on me reproche de ne pas prendre en compte la nature humaine. C’est un grand classique comme si moi-même je n’étais pas humain.

Tout d’abord qui connaît cette nature ? Qui sait où la trouver ? Elle se cache dans quel coin de notre cerveau ? Qui sait la définir ? Vercors avec ses Animaux dénaturés n’a-t-il pas montré que c’était impossible ?

J’avoue avoir déjà beaucoup de mal à définir ma propre nature. Alors définir celle de l’espèce humaine dans son ensemble m’apparaît non seulement hors de mes moyens mais tout simplement absurde. Il existe sans doute presque autant de natures humaines que d’individus. Celle de l’Oriental est-elle la même que celle de l’Occidental ? Celle d’un Français du XXIe siècle est-elle la même que celle d’un Français du XIXe ?

Parler de la nature humaine, c’est faire preuve d’essentialisme. C’est croire qu’il existe une essence de l’homme. J’y crois d’autant moins à cause de l’évolution qui ne garde rien inchangé.

Affirmer qu’une théorie politique ne prend pas en compte la nature humaine est donc absurde. Au temps de l’esclavage, les esclavagistes aussi bien que les esclaves trouvaient absurde la liberté. C’était une théorie politique qui ne prenait soit disant pas en compte le désir de certains hommes d’être assujettis par d’autres. Leurs successeurs remplacent aujourd’hui « assujettir » par « commander » ou « employer ». Un jour, ils seront ridicules d’avoir tenus de tels propos.

La démocratie a longtemps été considérée comme un système qui ne tenait pas compte de la nature humaine. Ça ne me gêne pas d’entendre la même chose sur l’auto-organisation. Nous avons appris à vivre en démocratie, nous apprendrons à vivre dans des régimes plus évolués et qui conviendront aux nouveaux états du monde.

Si nous sommes incapables d’apprendre, incapables de changer, nous n’avons plus notre place dans l’histoire de l’univers. Des espèces qui s’adaptent mieux nous succèderont.

Et si la nature humaine c’était la capacité de changer de nature ? Cette nature serait plurielle, dynamique, insaisissable…

Les idéologies ont pour fonction de proposer des directions de changement. Elles contraignent nos natures individuelles. Elles n’ont pas à tenir compte d’elles mais, au contraire, nos natures humaines doivent s’adapter aux idéologies que nous sommes capables d’inventer et de mettre en œuvre.

Nous construisons notre avenir.

Je ne vais pas maintenant jusqu’à nier l’existence des traits de caractères. Certains hommes comme moi sont ingérables, d’autres travaillent mieux sous la direction d’un manager, d’autres sont fainéants, d’autres infatigables… tout cela dessine-t-il la nature humaine ?

De nombreux psychologues proposent de nous définir à partir de cinq traits plus où moins prégnants chez chacun de nous. Mais je n’ai jamais lu le moindre article qui disait que les riches possédaient tel ou tel cocktail de compétences, les élites tel autre, les politiciens tel autre. Cinq traits avec chacun une infinité de dosage donne une infinité de personnalités possibles. Encore une fois, je ne vois pas poindre une nature humaine mais quelques grands mouvements assez imprécis.

Alors les prendre en compte oui… avec nos capteurs cérébraux, chacun à notre façon… Mais que ceux qui pensent que telle ou telle idéologie ne prend pas en compte la nature humaine essaient eux-mêmes de la prendre en compte, de prendre en compte sa merveilleuse variabilité et qu’ils nous disent ce qu’ils entendent par nature humaine. Pour ma part, je ne sais toujours pas et j’aimerais être initié à ce secret.

Il m’arrive de croiser des gens très riches, d’autres toujours en galère. Entre eux, je n’ai noté qu’une différence fondamentale, les uns avaient eu de la chance, les autres pas. La chance de bien naître, la chance d’avoir reçu une meilleure éducation, la chance d’avoir bénéficié d’un environnement favorable à leurs particularités, la chance surtout d’avoir réussit les coups qu’ils ont tenté. Et quand on réussit une fois, on se lance plus facilement la seconde et on multiplie ses chances de succès. La spirale du succès est aussi infernale que celle de l’échec.

Les idéologies de droite tendent à favoriser les spirales du succès, celles de gauche à briser celles de l’échec. Je n’ai jamais compris en quoi elles étaient antagonistes.

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25 comments

  1. J says:

    j’ai répondu à ton post précédent dans l’autre billet.

    1. je ne suis pas d’accord avec ta conclusion sur vercors.
    s’il n’a pas dit ce qu’était la nature humaine, si tant est qu’elle existe, il a tout de même clairement fait le distinguo entre deux types de comportements très différents des tropis vis à vis des humains, catégorisant les tropis en deux groupes sans comparaison autre que leur apparence, ce qui rendit impossible le fait de juger de l’humanité ou non humanité de l’espèce tropis dans son ensemble.
    ceci est à mon avis une piste montrée par vercors pour s’interroger sur le fait de savoir si la nature humaine n’est pas étroitement liée à l’individualité et au degré de liberté possible vis à vis des normes collectives (ou même naturelles pourquoi pas, c’est un autre débat).
    par ailleurs, ceci doit il être une quête sans fin ou un objectif à atteindre, pas simple.
    quoi qu’il en soit, ces deux groupes de tropis esquissent une sérieuse limite à l’autoorganisation.

    2. le problème n’est pas de se poser la question de ce qu’est la nature humaine quand on propose un système d’organisation, mais de prendre en compte la manière dont les humains se comportent, et de dégager des risques et des opportunités comme on dit.
    une des raisons de l’échec du communisme quand il fut appliqué dans les kolkhozes, reposa sur le refus individuel de donner autant à ceux qui ne travaillaient pas qu’à ceux qui travaillaient dur. intéressant n’est ce pas? ceci est il une norme, une loi naturelle, une faiblesse humaine…? peu importe à la limite, c’est une contrainte qu’il faut prendre en compte quand on veut instaurer un système d’organisation ou un poignée de règles censées réguler.

  2. Je devrais coller mon billet pour te répondre en remplaçant nature humaine par comportement. Tu as lu la fin ? C’est quoi les manières dont les humains se comportent. Ouvre un blog et raconte-nous ?

    Moi j’ai découvert tant d’exemples d’auto-organisation que je suis sûr qu’il s’auto-organisent dans 99% des cas. Le 1% restant c’est là où ça merde.

  3. cyberpoete says:

    Vaste question.

    Je crains qu’il n’y ai pas véritablement de comportement humains typé et que chacun suivant sa personnalité, son expérience, son humeurs du moment réagira différemment face a un situation identique. Il n’y a pas une nature humaine mais des natures humaines.

    En tenir compte relève de l’impossibilité, tellement il y a de facteurs entrant en ligne de compte.

    On peut cependant sans trop se tromper prévoir des comportements humains car dans une grosse mesure, la société dictent ceux ci bien plus que la nature de l’individu.

    En bref, nos réactions face a une situations sont largement stéréotypé et “reglementé” par nos habitudes sociale. Les analyses de Thierry décrivent bien plus les modes comportement sociaux que réèllement une pseudo nature humaine que les psychanalyste eux même ont du mal a décrire.

  4. Paul .ca says:

    La “corruption” ou motivation ne marche pas normalement de la même façon avec un homme affamé, un homme d’affaire et un célibataire hétérosexuel. Le premier recherche avant tout de la nourriture, le second de l’argent vite gagné et le troisième une blonde.
    Sans aller trop dans les détails philosophiques et s’y perdre, il faut remarquer les mentalités “nationales” qui pour un même système d’organisation aboutira a des résultats et comportement +/- différent. C’est plus une approche pragmatique que théorique.
    Maintenant ça évolue avec le temps et le système d’organisation a une incidence sur elle. Il faut juste éviter les erreurs trop lourdes qui dissocient trop ou exigent trop de nous des vertus. Là il y a un travail philosophique à faire.
    La justice par ex. qui exige de nous que nous connaissions toutes les lois alors que même un avocat ne peut les connaitre toutes vu la quantité colossale. Etc…

  5. Diogène says:

    “c’est un système où plus personne ne fait de la politique”

    Ben voyons !

    Lorsqu’il s’agit de décider de la construction d’un barrage, d’une centrale nucléaire, du taux de remboursement de la sécurité sociale pour tel médicament, de l’autorisation de mise sur le marché d’une nouvelle molécule, du traitement judiciaire et pénitencière à réserver aux délinquants et criminels, de l’intervention dans un pays du monde pour aider une population opprimée, d’une subvention à donner à un laboratoire de recherche……………….

    Ce n’est pas de la politique ? Qui va prendre ces décisions ? Comment ? Il faut bien étudier les dossiers, cela demande du travail, des connaissances.

    Comment croire que le citoyen pourra directement décider de cela sans faire de la politique, sans passer des heures à étudier ces dossiers ?

    Comment imaginer que les citoyens prennent le temps de cela ?

    Ils sont minoritaires à se rendre dans les conseils d’arrondissement pour se prononcer sur l’ouverture d’une ligne de bus. La majorité ne veut pas s’occuper de cela.

    Vous n’arrivez pas à comprendre que la majorité NE VEUT PAS PERDRE SON TEMPS à lire des dossiers techniques pour décider des choix à faire pour son avenir, même local.
    Elle veut DELEGUER à des politiciens dont c’est le métier à temps plein.

  6. Henri A says:

    “Lorsqu’il s’agit de décider de la construction d’un barrage, d’une centrale nucléaire, du taux de remboursement de la sécurité sociale pour tel médicament, de l’autorisation de mise sur le marché d’une nouvelle molécule, du traitement judiciaire et pénitencière à réserver aux délinquants et criminels, de l’intervention dans un pays du monde pour aider une population opprimée, d’une subvention à donner à un laboratoire de recherche……”

    Pour ces exemples, les décisions ne sont pas prises par des politiciens, pas de chance…Mais par ceux qui prêtent.

  7. Diogène says:

    Il y a des décisions administratives, qui sont bien d’ordre politique.

    Thierry Crouzet voudrait nous forcer à nous passer des politiciens et des experts administratifs.

    Je lui réponds avec ma petite voix citoyenne: je ne veux pas.

    Je ne veux pas prendre sur mon temps l’examen des dossiers qui sont du domaine des politiciens, des experts et des administrations.

    Comme moi, de nombreux citoyens ne veulent pas y passer leur temps.

    **** CONCLUSION **** : vous voulez remplacer l’autorité politique, qui a un visage, qui est élue par le peuple, qui est responsable de ses actes, par une autorité composée d’une minorité de citoyens activistes (la majorité des citoyens ne suivant pas les dossiers).

    C’est à une minorité d’agités du bocal, sans visages, irresponsables de leurs actes puisque non nommés ni élus, se désignant eux-même, que vous voulez confier les décisions politiques. Ce sont eux qui vont s’impliquer dans la démocratie décentralisée, surfant sur l’absence d’hommes politiques.

    Si une décision est prise “par les citoyens”, et que seulement 10 % des citoyens font l’effort de suivre le dossier et de voter, quelle valeur a cette décision ?

    ******* Au nom de quoi laisser la minorité de citoyens qui a du temps à perdre avec ces questions, décider pour les autres ?

    Au moins l’homme politique est élu ; au moins l’administration est-elle validée par un processus : diplômes, etc.

    Quelle légitimité possède une minorité citoyenne activiste pour décider à la place des autres ? AUCUNE.

    Je ne reconnais pas à cette minorité le droit de décider pour la collectivité.

    Je préfère confier le soin de mon avenir à un politicien élu, identifié ; à une administration répondant à des critères solides.

    Hors de question de remplacer les politiciens et les administrations par des activistes citoyens validés par rien du tout sinon par le temps qu’ils sont prêts à consacrer à la démocratie participative, pendant que les autres citoyens ont une vie à vivre.

    **** La démocratie participative est une REGRESSION par rapport à la démocratie représentative.

    Le progrès conduit à la spécialisation des tâches. Ce n’est pas à un citoyen de jouer le rôle d’une administration ou d’un député, et de se farcir tous les dossiers techniques à étudier pour décider par lui-même de tout ce qu’il faut faire pour la Cité.

  8. @Diogène Je ne sais pas de quoi tu parles. Ça te demande trop d’effort de ne pas manger de la bouffe bourrée de pesticides ?

    “Le progrès conduit à la spécialisation des tâches…” Je devrais encadrer cette phrase au début de mon prochain livre… Tu y découvriras justement que le progrès comme tu l’appelles a presque toujours était l’œuvre de généralistes.

    Je ne suis ni pour la démocratie représentative, ni pour la démocratie participative… mais pour une démocratie 2.0 que j’ai parfois appelée métalocale. Je te donne donc raison, la démocratie participative, surtout l’idée que tu en as, sans doute héritée de Ségolène Royal, c’est de la foutaise.

  9. J says:

    je travaille depuis quelques mois dans la cadre d’une association sur le sujet des institutions.
    eh bien diogène vous délirez un peu.
    autant ce que vous dites sur le non intérêt de la majorité des citoyens pour gérer la chose publique est vrai, autant quand vous écrivez ce genre de choses :
    “vous voulez remplacer l’autorité politique, qui a un visage, qui est élue par le peuple, qui est responsable de ses actes”

    vous faites preuve d’un grave aveuglement sur la nature actuelle des démocraties occidentales et pour ce qui regarde la France de la désactivation des mécanismes républicains censés apporter légitimité, responsabilité, compétence, identification de l’élu, etc

    d’une manière ou d’une autre, il faudra changer les choses vers plus de participation citoyenne et de feedbacks de contrôle et réajustements en cours d’exercice, car cette démocratie représentative où entre autre les représentants représentent tout sauf leurs électeurs n’est plus tenable ; trop contre productive du point de vue des intérêts collectifs.

    des pages je pourrai écrire si j’en avais le goût ici, d’exemples, d’analyses, de références, pour vous prouver que ce que vous semblez croire sur les qualités de la démocratie représentative est devenu à ce jour une illusion absolue, et entretenue sciemment d’ailleurs.

  10. Emmamour says:

    J’ai enfin découvert aujourd’hui quelqu’un qui quelque part, peu importe où, peu importe qui, vit, pense et réagit comme je le fais depuis plusieurs années sans vraiment être bien comprise de mon entourage.
    Je me suis affranchie d’un maximum de normes, d’une majorité de contraintes de la vie en société quand j’ai compris que le web pouvait changer ma vie et offrir un tremplin fabuleux à mes capacités multiformes et à mes aspirations de liberté, que le travail pouvait devenir loisir et la vie un jeu divertissant.
    Anarchiste dans l’âme et dans le sens noble du terme, je ne conçois plus l’existence telle que je la vivais autrefois, rythmée par les contraintes imposées par la hiérarchie, mais soumise à mes propres règles de vie décalée dans les horaires, décalée dans les priorités mais aussi régie par une profonde honnêteté, celle qui s’impose naturellement quand aucune autre règle n’est disponible.
    Je crois que la nature humaine est foncièrement bonne mais que c’est le joug d’une profusion de normes absurdes souvent héritées de temps héroïques où l’échelle des valeurs était imposée d’en haut, qui rend trop souvent l’être humain agressif, bête et méchant.
    Aujourd’hui, j’ai découvert quelqu’un dont le vécu ne doit pas être très éloigné du mien, même s’il se développe à des kilomètres de distance géographique.
    Jusqu’ici j’avais conscience d’appartenir à une minorité privilégiée, celle des gens doués, brillants ou audacieux, capables de prendre en main leur destin et de changer le cours de leur existence soutenus par le potentiel fabuleux du web.
    Aujourd’hui, j’ai appris que je ne fais plus partie des connectés (cela j’en suis depuis fort longtemps) mais du peuple des connecteurs, et là, tout de suite, je me sens moins seule !
    Affaire à suivre…

  11. J says:

    c’est un mec plutôt bien ce thierry crouzet, c’est sûr 😉
    mais emmamour, sachez qu’il a déjà une femme et trois maitresses m’a t’on dit, ce qui limite tout de même les possibilités de connecteurisations.
    reste l’esprit pour vous, c’est pas mal…

    oups, désolé, mais ca partait tellement du fond du coeur votre post, que je n’ai pu m’empêcher d’être taquin façe à ce cri d’amour. sans rancune j’espère 🙂

  12. Equilibrium says:

    Je ne répèterais pas ce que j’ai écris concernant la politique et le jeu stupide majorité/minorité. Mais force m’est de constater qu’un “citoyen” qui n’a pas la moindre once de curiosité pour l’organisation et le fonctionnement d’une “cité” simplement parce qu’il croit que c’est une perte de temps n’est pas à désigner sous le terme de “citoyen”, justement.
    Je suis désolé pour vous monsieur Diogène.

    Par ailleurs, je me suis fait la réflexion que ce que vous décrivez dans le passage de votre commentaire (que je citerais après les 2 points) est une description, somme toute et à peu de choses prêt, assez réaliste, de ce qui est arrivé à force de voir des gens qui, comme vous, pronent une certaine “négligence” culturelle au sujet de l’organisation des cités dans lesquelles nous VIVONS :

    ” vous avez remplacé la réflexion publique, qui a un visage, qui est garante de tout un pays, qui est responsable de ses actes, par une autorité composée d’une minorité de citoyens politiques activistes (la majorité des citoyens ne suivant plus des dossiers qui ne correspondent plus à ce qu’ils vivent au quotidien).

    C’est à une minorité d’agités du bocal, sans visages et à fonction unique, qui s’abritent derrière et s’appuient sur une majoritée influencée, aveuglée, parce qu’ irresponsable de ses actes puisque non nommée ni élue, cherchant des responsables à tous leurs problèmes, que vous voulez confier les décisions politiques. Ce sont eux qui vont s’impliquer à notre place dans la démocratie centralisée, surfant sur l’omniprésence d’hommes ultra-politiciens et les agitant comme des épouvantails.
    Le saviez vous (?) : la République est (Rei = chose), en premier lieu, PUBLIQUE.

    Je terminerais en faisant remarquer à monsieur Diogène que c’est bien souvent parce que le nombre de malades augmente dans une population qu’une molécule utile est mise en circulation, pas le contraire. Il en va de ces molécules utiles comme d’autre chose. Mais ce type de dossier, vous vous en êtes, je suppose, déjà dés-intéressé…
    Quels pourraient bien être vos intérêts dailleurs pour les choses, si à chaque chose, vous postez une élite qui va pouvoir endosser à votre place la responsabilité de problèmes générés par une entité brassant un certain nombre de personnes…Oh! désolé! c’est ce qui se produit en ce moment même dans une majeure partie du monde gouvernée par vos élites si compétentes alors que dans d’autres domaines que la politique, quand on laisse faire les gens, ils arrivent à s’entendre…
    Bravo monsieur Diogène, pour votre leçon de politique 🙂 combien de gens a-t-elle sacrifié déjà ?
    Vous devriez aussi laisser vos élites écrire vos commentaire à votre place, ils nous expliqueraient, bien mieux que vous, comment ils vous ont convaincu de leur laisser la chose publique, car vous n’êtes déjà même plus en mesure de le faire vous même.

  13. Diogène says:

    “Ça te demande trop d’effort de ne pas manger de la bouffe bourrée de pesticides ?”

    Je ne comprends pas. Je peux acheter du bio aujourd’hui. Pourquoi changer l’organisation de la Cité pour cela ?

    Je ne comprends pas quel genre de décisions vous voulez faire passer en auto-organisation.

    ****Quel genre de décisions voulez-vous enlever au pouvoir politique & administratif, pour transfert au citoyen ?****

    Nous vivons déjà dans un système libéral qui offre une grande variété soumise au libre choix du consommateur.

    Pour suivre votre exemple des pesticides: la nourriture bio peut contenir des substances naturelles cancérigènes, 60 millions de consommateurs en avait retrouvé dans de nombreux jus de fruits bio.

    Les moisissures naturelles qu’on retrouve dans l’alimentation bio sont cancérigènes.

    L’alimentation naturelle, sans pesticides, a tué des millions d’hommes au cours des âges: bactéries, virus, moisissures, oxydations, mauvaises graisses naturelles, grillé toxique, pénuries…

    L’alimentation AVEC pesticides a multiplié par 3 la population terrestre.

    Pour diminuer les doses de pesticides, pas besoin de changer toute l’organisation sociale. L’Allemagne utilise moins de pesticides.

    Le gouverneur de Californie est parti en guerre contre les mauvaises graisses hydrogénées. Le pouvoir politique peut agir.

  14. Henri A says:

    Marcel Diogène, on t’a reconnu !

  15. J says:

    sacré diogène, il a l’opium chargé pour réciter ses leçons bien apprises de manière aussi croyante et dévouée.
    heureux les simples d’esprit… il avait raison dans le fond, car la réalité dévoilée est plus crue et amère qu’une endive bio à peine ramassée!

  16. Equilibrium says:

    ” ****Quel GENRE de décisions voulez-vous enlever au pouvoir politique & administratif, pour transfert au citoyen ?**** ”
    Le problème de compréhension est bien résumé ici:

    Pour ce qui est de mon avis, il n’a jamais été question du genre, mais plutôt du nombre il vous faudrait remettre le pluriel au bons endroits.

    Ils n’a jamais été question que quelques citoyens, fussent-ils diplômés par quelques autres, se coltinent les responsabilités de tout un peuple. Il ne vous est jamais venu à l’esprit que certaines des gueulantes poussées dans les couloirs de l’élysée (et ailleurs aussi, mais prenons vos élites en exemple)pouvaient aussi avoir un rapport avec l’irresponsabilité de gens qui confient trop facilement leur sort entre les mains de quelques mandarins.
    Ce qui me donne d’ailleurs l’occasion d’une réflexion, sur les allusions de ce post de Thierry, au sujet de l’esclavage: C’est effectivement parce que certaines élites ont décidé qu’il serait trop choquant pour nos “anciennes” civilisations industrialisées de voir des êtres humains donner l’exemple d’autres coutûmes que les notres, que l’indigène d’un autre lieu a été montré dans un zoo…
    Les voilà bien, vos élites, toujours à décider qui doit vivre de qui doit mourrir puisque, vu le nombre de problèmes en face desquels vous les laissez seuls, ce choix là, vous le leur donnez !

  17. Paul .ca says:

    Diogène
    > L’alimentation AVEC pesticides a multiplié par 3 la population terrestre.

    C’est bien la preuve que les pesticides sont nuisibles à l’humanité. 😀

  18. Diogène says:

    “vu le nombre de problèmes en face desquels vous les laissez seuls, ce choix là, vous le leur donnez”

    Je n’ai absolument pas le temps de faire un choix sur tous ces problèmes.

    Par conséquent, je dois forcément déléguer.

    Je préfère déléguer à des acteurs politiques élus et identifiés, plutôt qu’à une poignée de citoyens inconnus et sans légitimité, qui seront ceux qui squatteront les débats délibératifs si l’on passe à l’auto-organisation.

    C’est le vice qui sape toute la logique de Crouzet: il ne peut échapper à un choix fait par des minorités engageant des collectivités.

    Remplacer les politiciens élus par des activistes obscurs n’est pas un progrès.

    Etant entendu que le peuple NE PEUT PAS décider directement sur autant de sujets, enlever les politiciens c’est confier le choix à qui ?

    Il suffit de voir le niveau d’idiotie de la minorité activiste qui a du temps à perdre pour voter sur Agoravox pour NE PAS VOULOIR d’un tel système généralisé aux décisions politiques.

  19. Equilibrium says:

    ” C’est le vice qui sape toute la logique de Crouzet: il ne peut échapper à un choix fait par des minorités engageant des collectivités. ” :
    Heu…si vous, vous savez déjà comment les choses vont s’organiser, pas moi.
    Cela peut être très différent de la manière dont vous voyez les choses dans cette description.
    Déjà vous avancez que les problèmes seraient tous automatiquement règlés de la même manière, sur le même modèle, issu du même moule… Je suis très loin de parvenir à cette conclusion hative et calquée sur les systèmes déjà en place.
    Je dirais même qu’on est à mille lieues du travail à fournir dans ce domaine.

    Si vous voulez en rester à cette version un peu étroite, dites que vous avez tout simplement peur de l’inconnu et que, pour vous, Thierry risque d’ouvrir une boite de pandore. Vous n’êtes pas le seul, et personne ne vous en voudra. Mais évitez de dire que c’est le seul point de vue possible, car par le passé il y en a eu d’autres qui ont très bien fonctionné EN LEUR TEMPS.
    Vous prenez Agoravox comme référence (d’ailleurs, faut qu’on m’explique ce que vient faire là une manière de gérer un média), je ne sait pas si cela fait partie des fameux exemples dénichés par Thierry mais quelque chose me dit déjà que c’est un contre sens de votre part.

  20. J says:

    ce qui m’ennuie chez vous diogène, c’est que vous menez de front deux logiques en les opposant l’une à l’autre, ce qui vous dispense d’en analyser les tenants et aboutissants :
    – l’autoorganisation
    – la représentativité

    cette démarche est stupide.

    d’une part vous vous privez de voir ce qui dans les principes liés à l’autoorganisation pourraient permettre d’améliorer la vie de la cité, sans pour autant basculer dans une autoorganisation totale.
    vous avez ainsi l’esprit étroit et fermé à toute innovation possible.

    d’autre part, vous récitez littéralement les vertus du système de représentativité actuel alors que ces 30 dernières années ont vu ce système dériver de telle sorte que légitimité et représentativité n’existent pour ainsi plus du tout.
    vous ainsi l’esprit soit superficiel soit serviteur, et inadapté à tenir des propos sur un système d’organisation politique que vous n’avez manifestement pas intellectualisé.

    je vous propose donc de commencer à réfléchir et analyser sérieusement en oubliant vos récitations pro & con, tout simplement. 🙁

  21. Paul .ca says:

    Je souhaiterai lire une réfutation du raisonnement de Diogène sans qu’on l’insulte d’aucune façon. Ce genre de contradicteur est l’occasion ou jamais de consolider une théorie et de mieux la présenter au public. Et si la personne est convaincu du bien fondé, elle devient elle-même un vecteur de diffusion.
    Stratégie Win – Win.

    > Je préfère confier le soin de mon avenir à un politicien élu, identifié

    > Le gouverneur de Californie est parti en guerre contre les mauvaises graisses hydrogénées. Le pouvoir politique peut agir.

    Oh bel exemple le gouverneur de Californie manque plus que Bush Junior. 😀
    Arnold, tout un programme sa campagne électorale avec un balai. Incroyable !

    Aucun système d’organisation n’est bon en soi pour la collectivité mais dépend d’un contexte qu’on prend souvent pour acquis et immuable. On peut chercher un nouveau système plus adapté à notre époque et notre développement économique, social et technologique.

  22. J says:

    Pour info et alimenter les idées sur l’organisation sociale :
    http://constitution.blog.tdg.ch/

    @paul
    merde bitte poil cul zob connard chier mort aux cons pendez les trous du cul par les couilles que les récitants obtus pourrissent dans l’enfer des culs-bénis brulez le dalai lama et le pape sodomisez l’hémicycle, eccetera eccetera 🙂 😉
    je hais cette société policée et stérilisée sans insultes ni rien de choquant ni rien qui dépasse qu’on veut nous installer, où tout est mou et soft en apparence mais extrêmement violent en substance! on a besoin de punks plus que jamais, pensez y.

  23. @Paul Le relativisme a jamais été mon truc… toutes les idées ne sont pas pour moi équivalentes.

    C’est pas une raison pour s’insulter car ça tire le débat vers le bas et laisse supposer qu’on est à cours d’argument.

    Je n’argumente pas contre Diogène car tout ce que j’écris depuis des 2005 est déjà une contre-argumentation à Diogène.

    Qu’il ne l’ait pas lu directement en réponse à ses commentaires ne veut pas dire qu’elle n’existe pas mais juste que j’ai la flemme de me répéter. C’est toujours la même chose.

    Tu remarqueras que j’essaie toujours de répondre aux nouvelles objections. Et comme tu le dis il faudrait une base de données intelligente pour s’y retrouver. Mais elle existe. Mes livres et les versions papiers.

  24. swimmer21 says:

    La nature humaine est un pléonasme comme le constate Thierry. Il est intéressant de se poser à la suite de Teilhard de Chardin la place de l’homme dans cette nature.
    Quant aux cinq traits, moi j’utilise un grille qui en pointe six (process com). Je crois que l’essentiel dans ces bidules c’est de les oublier. En fait, c’est assez difficile. Le processus de désapprentissage n’est pas si évident comme le montre aussi quelques comments.

  25. J says:

    @swimmer
    j’ai écris ca plus haut :
    le problème n’est pas de se poser la question de ce qu’est la nature humaine quand on propose un système d’organisation, mais de prendre en compte la manière dont les humains se comportent, et de dégager des risques et des opportunités comme on dit.
    une des raisons de l’échec du communisme quand il fut appliqué dans les kolkhozes, reposa sur le refus individuel de donner autant à ceux qui ne travaillaient pas qu’à ceux qui travaillaient dur. intéressant n’est ce pas? ceci est il une norme sociale, une loi naturelle, une faiblesse humaine…? peu importe à la limite, c’est une contrainte qu’il faut prendre en compte quand on veut instaurer un système d’organisation ou un poignée de règles censées réguler.

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