Ce matin, alors que je rentre de la gare où je viens de déposer ma femme, j’entends parler à la radio de la crise financière. Quelle crise ? Les gens autour de moi travaillent, perçoivent un salaire, les supermarchés sont pleins à craquer… Je ne vois pas de crise, tout ça parce que je n’ai pas pris la voiture depuis une semaine et que je n’ai pas écouté les informations entre temps.

S’il y a crise, c’est la crise d’un système pas une crise pour nous. Que ce système soit en crise, c’est une bonne chose. Depuis quelque temps, j’ai une note incomplète qui traîne et dont je retardais la publication. La voici en l’état.

Souscrire un crédit, c’est dépenser aujourd’hui de l’argent qu’on aura plus tard. Ça veut surtout dire rouler avec une voiture qu’on ne peut pas encore se payer, soit polluer par avance un air qu’on n’a pas encore les moyens de dépolluer. Je pourrais trouver une infinité d’exemples. La révolution industrielle s’est ainsi construite à crédit, le principal bayeur étant la planète.

Dans la perspective du développement durable, nous devons renoncer à toutes formes de crédit. Nous ne devons utiliser une technologie qui si nous sommes capables d’en corriger les défauts. Le nucléaire se retrouve ainsi relégué car c’est une source d’énergie qui implique un tau d’endettement exponentiel.

J’en arrive à la conclusion que vivre à crédit n’est pas durable. Et nous avons la preuve, parce que le crédit lui-même n’est pas durable. Nous avons fonctionné comme si la réserve de liquidité était infinie tout comme nous l’avons fait avec les ressources naturelles. Stop. Nous avons compris que ce n’est plus le cas.

Quel monde allons-nous reconstruire maintenant ? Le même qu’avant ? Ou allons-nous en profiter pour changer ?

Je doute quand je vois les gouvernements qui s’agitent. Ils tentent de solutionner la crise par le haut, prenant des décisions hasardeuses, au lieu d’adopter l’approche bottom-up la seule capable de donner un peu de robustesse, en multipliant les approches concurrentes.

Le système va mal et il se tire des balles dans la tête avec une mitraillette. C’est très amusant de mon point de vue. La logique destructrice doit être consommée jusqu’au bout.

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19 comments

  1. jeromek says:

    Le crédit implique un prêt.
    Le prêt implique un partage de richesse (ou de risque).
    Je ne crois pas que supprimer un moyen de répartition des richesses soit une solution à quoi que ce soit aujourd’hui.

    Quand au côté durable du crédit, vous ne pensez pas qu’une pratique qui remonte probablement avant l’existence même de la monnaie soit quand même assez “durable”?

  2. On a dit la même chose de l’air pur… ou de la morue, c’était durable, inépuisable jusqu’au moment où on l’a épuisé.

    Je suis un ignare en finance mais j’ai l’impression que le crédit n’est pas aujourd’hui un partage. Ce n’est pas j’ai gagné 100, je t’en prête 50. C’est je t’en prête 50 et je m’en fais prêter 100 et celui qui m’en a prêté 100 s’en fait prêter 200… On partage des choses qu’on n’a pas, qu’on n’aura jamais. Il y a d’un côté ceux qui on le droit de jouer à ce jeu et de l’autre ceux qui n’ont pas le droit, c’est tout.

  3. swimmer21 says:

    Je propose une solution bien simple pour régler la crise. D’un coup de passe passe comptable, on remplace tous les comptes négatifs dûs à la prise de risque inconsidérée par des zéros et ce pour toutes les entreprises ou particuliers qui en ont besoin. Les gouvernements devraient faire une obligation de cette règle comptable très simple, en disant “les gars, vous avez vraiment déconnés. On règle ça simplement, remplaçons les moins par des zéros.” Car les règles comptables, tout comme l’économie ne sont in fine que de simples conventions pour régler les affaires du monde. On peut en changer comme on veut.
    Plusieurs avantages : personne ne croirait plus en l’apport de l’économie comme moteur du progrès, ni en la finance. C’est juste un système de convention. Un mythe serait tombé. La sortie de crise est aisée et ne coûte rien à personne. Les gouvernants s’en sortent bien, les citoyens aussi (ils gardent leur maison, leurs économies), les économistes et les financiers ont eu les moustaches bien roussies, mais sont grillés.

  4. Manuel Vila says:

    Ça me fait penser à une petite vidéo très intéressante sur le sujet :

    http://www.nous-les-dieux.org/L%27Argent_Dette

    À voir si comme moi vous vous êtes toujours demandés comment l’argent était créé.

  5. phyrezo says:

    Merci Manuel de diffuser cette execellente video.

    Il est important que tout le monde prenne définitivement conscience de ce qu’est l’argent.

    C’est amusant parce qu’on ne se pose pas cette question, on utilise des billets tous les jours, on ne se demande pas d’ou il viennent de quels mines. L’argent définit nos vie, mais on ne s’interroge pas comment il fonctionne, jamais à l’école, mais meme pas en cours d’économie, on nous apprends que l’argent est créé de toutes pièces par les banques sous forme de crédit.

    jeromek croit que le crédit est un partage de richesse, non, car celui qui te prête n’a pas ce qu’il te prête, il a juste reçut de droit contre naturel de te prêter quelque chose qu’il n’a pas et de te réclamer des intérêts dessus; ce n’est donc pas un partage de richesse mais une forme d’exploitation. L’économie au service des financiers.

    C’est aussi cet argent, meta système de notre économie, qui nous impose la croissance. En effet, soit X la masse monétaire totale, celle-ci étant sous forme de crédit, il faudra rembourser X+n%. Seulement ou trouver les n% quand la masse monétaire est X ? Alors il faut forcemment faire de la croissance pour justifier d’un nouveau crédit de n% qui permettra de rembourser le premier emprunt, mais ne ferra que repousser le Pb…

    Et c’est ainsi que nous avançons allégrement en accèlerant exponentiellement vers le mur.

    Thierry a donc eu une intuition tout à fait juste, notre système basé sur le crédit n’est pas durable.

  6. Paul .ca says:

    > Je suis un ignare en finance

    Inutile de le dire, je l’avais remarqué Thierry et je me laisse pas avoir si facilement avec les tirs en touche. Que compte tu faire pour remédier à celà ? Le reste c’est que du baratin.

    Le crédit est un formidable effet de levier. Dans la crise des subprimes, il y a eu accumulations d’erreurs humaines. Un bon système doit gérer les erreurs et avoir une marge suffisante de sécurité. C’est un peu moins optimum hors crise.

  7. AlbertL says:

    “S’il y a crise, c’est la crise d’un système pas une crise pour nous.”

    Un peu léger. Dites cela aux patrons de PME qui doivent licencier parce qu’ils n’ont plus d’investissements.

    Le chômage a explosé en septembre.

    Les commandes n’arrivent plus ou sont annulées.

    La publicité aura moins d’argent à distribuer, et une bonne partie de l’économie d’Internet sera à son tour menacée.

    Seesmic vient de licencier le tiers de son personnel.

    La crise rattrapera Cozop et vos revenus publicitaires, vous verrez.

    Google a perdu la moitié de sa valeur en quelques mois.

    Passer d’un système vivant sur le crédit à un système vivant sur les revenus réels ne se fera pas sans une énorme casse, qui touchera les gens, des millions de gens, adaptés au système actuel. L’innovation sera à son tour touchée.

  8. @Paul Je suis ignare en finance parce que c’est pour moi du bull shit… on vient d’en avoir la preuve… et si tu as l’impression que je ne propose rien en remplacement je me demande pourquoi tu viens ici. Tu fais parti de ces gens qui ne veulent rien changer alors que le système ne peut pas continuer ainsi…

    @AlbertL On ne peut pas continuer à flinguer la planète et déprimer les gens pour sauver nos revenus publicitaires. Jamais un changement de régime ne se fait tout en douceur. J’espère juste qu’il ne sera pas trop cassant… de toute façon on va nous resservir le même plat. Nous ne sommes pas prêts pour le grand saut vers l’inconnu.

  9. Paul .ca says:

    > finance parce que c’est pour moi du bull shit… on vient d’en avoir la preuve…

    Oh le joli amalgame. Encore un tir en touches.
    Attention je vise le but. Si je tire j’ai une chance qu’il rentre dans le filet.
    Sinon j’ai passé l’âge de jouer au train Tututuuuuuuuu !
    😀

    Je me demande aussi parfois ce que je fais ici mais je garde espoir que la raison va l’emporter sur les émotions. Et puis je te suis redevable de liens et auteurs. On apprend mutuellement. Enfin c’est mon approche. J’apprends et j’enseigne ce que je sais. L’échange qui enrichit au lieu d’appauvrir.

  10. Ame Nomade says:

    Pour une tentative d’explication complète (et entre autres du crédit) de la crise :

    http://www.ici-bas.fr/blog/pensees/68/la-crise-analysee-et-propositions-pour-l-avenir

    Je crois que de nos jours il est urgent que tout le monde en comprenne le plus possible, le fonctionnement du système ne doit pas être sujet à croyances. Car autrement l’erreur de chacun se propage et conduit inexorablement à la faillit du système tout entier.

    Ce n’est pas à coup de rustines qu’on sauvera l’ensemble, il s’écroule parce que c’était devenu inévitable : trop d’erreurs se sont cumulées et les sonnettes d’alarme n’ont pas été entendus par la majorité.

    En réponse à l’article, vivre à crédit est tout à faire non seulement possible mais même recommandé, par contre ça a un coût qu’il faut maitriser : il ne faut pas se sur-endetter. Et en réponse à phyrezo, l’argent n’apparait pas : il provient de la poche de ceux qui épargnent. On ne pourrait donc pas épargner si d’autres n’empruntaient pas !

  11. phyrezo says:

    Je conseil à ame nomade, à qui l’on ne peut pas reprocher de croire ce dont 99% de la population est convaincu, mais qui est faux, de regarder la vidéo conseillé par Manuel Vila, de faire un tour sur mon blog en cliquant sur le tag argent, pour essayer d’approfondir sa connaissance de notre système monétaire.

    Les banques ne prêtent pas l’argent qu’on leur confie en épargne, mais plus ou moins 10x le montant, et elle garde les dépots en garantie. ce qui permet un effet de levier, qui assure aux banques de pouvoir gagner de l’argent.

    @Paul,
    c’est effectivement un super effet, lorsqu”on commence à le maitrisé, c’est grisant, de pouvoir décupler ses gains ainsi ! Cependant cet effet est contre naturel, et il faudrait analyser à grande échelle (l’ensemble d’une économie et sur un temps long, +ou- 2 cycles économiques) si il est positif ou négatif.

    A propos effet de levier, vous avez aimé la crise des subprime, vous allez adorer celle des LBO !!
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44874

  12. Paul .ca says:

    Thierry,
    J’ai pas de blog financier mais sur Facebook j’ai publié plusieurs articles intéressants.

    Après la crise financière arrive la crise économique.
    que la crise commence ! par Delhommais

    Je suis un autodidacte en finance depuis que j’ai boursicoté en 2000. C’est sur que ça m’aide actuellement mais je pense qu’une mise à niveau pour un ingénieur ou un mathématicien ignare ne doit pas prendre beaucoup de temps.

    @phyrezo
    Le crédit est positif quand on regarde notre histoire économique maintenant les krachs boursiers liés à une crise de solvabilité doivent nous éviter à l’avenir de sous évaluer trop les risques.

    Les banques ne prêtent pas l’argent qu’on leur confie en épargne, mais plus ou moins 10x le montant, et elle garde les dépots en garantie. ce qui permet un effet de levier, qui assure aux banques de pouvoir gagner de l’argent.

    Pas au temps que ça puisque plusieurs sont en faillite et seront +/- nationalisé.
    Ce système “contre naturel” permet aux emprunteurs de ne pas payer des taux trop élevés comme avec les usuriers au temps de Balzac.

  13. jeromek says:

    @Thierry : “Je suis un ignare en finance mais j’ai l’impression que le crédit n’est pas aujourd’hui un partage”
    Que le crédit soit mal utilisé, c’est un fait que plus personne ne conteste.
    Mais on ne peut remettre en question son utilité seulement à cause de ça.

    Un exemple suffit pour le crédit : le microcrédit.

    Il y a plein de choses mal utilisées par la majorité des gens et des entreprises aujourd’hui (dont internet), faut-il les supprimer pour autant? Non.

  14. Hayek says:

    Les bulles spéculatives sont de formidables accélérateurs de l’histoire et du développement.

    Internet ne serait pas ce qu’il est sans les diverses bulles spéculatives qui ont traversé son histoire, boostant l’innovation.

    Qu’est-ce que c’est que ces conseils économiques de grand-père frileux, “vivre sans crédit” ?

    C’est le discours de “bon sens” d’un paysan, et avec ce discours l’humanité serait toujours au cul des vaches. Au cul des vaches et pas sauvée pour autant ! La grande peste a détruit la moitié de l’humanité bien avant les “dégâts” de la révolution industrielle.

    Les dinosaures sont morts sans intervention de la pollution industrielle et sans emprunter chez Lehman Bro’ !

    Il faut arrêter de craindre le développement. Lorsque les abeilles auront disparu, d’autres espèces prendront leur place et joueront leur rôle. On ne peut pas vivre en craignant toujours la disparition des tigres et des abeilles, la vie ne s’arrête pas aux espèces qu’ont connu vos ancètres à leur naissance.

    Emprunter c’est être forcé d’aller de l’avant pour rembourser. Vivre sur son acquis sans emprunt c’est stagner et ronronner au creux de l’arbre, mentalité de polochon.

  15. Paul .ca says:

    La crise financière commence à se répercuter sur l’activité des petites et moyennes entreprises

    “Vivre n’est pas durable”

    Oui je suis d’accord.

    J’ai vu hier soir un documentaire de la BBC sur la terre, ses volcans et le dégagement de gaz carbonique qui a permit au climat de se réchauffer après l’âge glaciaire. Le plancton absorbe ce gaz carbonique et quand il meurt il se dépose sur les fonds marins. Quand ces sols marins passent sous l’écorce terrestre, dans les couches très chaudes, les volcans rejettent à nouveau ce gaz carbonique. C’est un système “thermostat” sur plusieurs milliers de millions d’années. Sans ce gaz carbonique on aurait un climat d’hiver canadien ou sibérien toute l’année. Maintenant trop de gaz carbonique et on atteint des températures trop élevés pour l’espèce humaine et plusieurs espèces animales et végétales.

  16. Hayek says:

    Les déchets nucléaires, ils sont déjà là, dispersés un peu partout.

    Et dans quelques décennies ils fuiront !

    La nature de votre grand-père sera incapable de vous en débarrasser avant des centaines de milliers d’années.

    Alors si vous voulez sauver votre descendance, une seule solution:

    encourager la recherche OGM pour créer des bactéries capables de digérer et neutraliser les déchets nucléaires.

    Si vous ne faites pas cela, si vous freinez les OGM au nom de l’agri biologique, alors vous laissez à vos ancêtres la bombe de déchets nucléaires qu’ils ne pourront pas neutraliser naturellement.

    Vous êtes embarqué, que vous le vouliez ou non, vers une course sans retour.

    Ce ne sont pas les abeilles qui sauront dégrader les déchets nucléaires. Les abeilles c’est le passé.

  17. phyrezo says:

    il a fumer de l’herbe transgénique Hayek ?

  18. Nessy Lupino says:

    Vivre à crédit n’est pas durable http://is.gd/403f

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