Après la presse, c'est l'édition qui meurt

Si les journalistes ont maintenant compris qu’Internet remettait en cause leur métier, les éditeurs vivent avec la douce illusion que tout sera comme avant. Pourtant internet se prépare à décimer leur industrie.

Que font les éditeurs ? Pas ce que vous croyez. Ils impriment des livres, qu’ils transportent en camion d’un bout à l’autre du pays, les stockent dans des librairies, puis rapatrient les invendus qui, après une seconde période indéfinie de stockage, finissent pilonnés. C’est le destin de la plupart des livres. Une gabegie irrespectueuse de l’environnement.

La profession doit se réinventer.

  1. Responsable. Ne jamais imprimer un livre avant qu’il ne soit vendu. Attendre la commande d’un lecteur. Dans les librairies, qui deviennent des lieux de rencontre, présenter les jaquettes, proposer des versions ebook aux clients, prendre des commandes papiers comme toutes les petites librairies le font.
  2. Disponibilité. Si un lecteur est pressé, il télécharge la version ebook.
  3. Sur mesure. Offrir le choix du format, tant en ebook, qu’en papier (poche, cartonné, relié…), voire en audio.
  4. Transparence. Dissocier prix du support du prix du contenu. Exemple : 3 euros pour l’auteur, 0,5 euros pour le correcteurs, 0,5 euro pour le graphiste, 2 euros pour l’éditeur. Si l’impression à la demande en format cartonné revient à 8 euros, la distribution à 4 euros, le livre est disponible à 18 euros. Si le lecteur choisit un poche et une librairie en ligne, il peut obtenir le livre peut-être pour 10 euros. Et approcher des 6 euros plancher s’il opte pour l’ebook.

Vous allez peut-être croire que ça ne change pas grand-chose, sinon que l’approche est peut-être plus écologique. Comme beaucoup d’éditeurs, vous considérez peut-être le livre électronique comme un gadget. Ne soyez pas trop catégorique avant d’avoir utilisé un de ces gadgets.

J’ai un Sony PRS-505, un appareil encore primitif mais qui me démontre chaque jour que la vie du papier est comptée. Aux USA, le Kindle fait de plus en plus d’adeptes. Qu’Apple sorte son reader et c’est la fin. Voilà pourquoi le critère de transparence est vital. Il permet, dès à présent, de rendre l’édition indépendante du support et de se réinventer sur le cœur de son métier.

Aujourd’hui, l’auteur travaille des centaines d’heures, l’éditeur quelques heures et investi quelques milliers euros. Il joue aux courses, rien de plus. De temps en temps, il mise sur le bon cheval.

De parieur, l’éditeur devrait se transformer en entraîneur et en jockey. Il devrait coopérer avec les auteurs. Aujourd’hui s’il ne le fait pas assez, s’il ne le fait pas plus, c’est parce que son modèle économique ne tient plus la route. L’essentiel de l’argent qu’il investit part en fumée dans des livres qui ne seront jamais achetés et, au contraire, détruits. Alors l’éditeur cherche sans cesse à se refaire (selon ce fameux modèle qui consume notre monde). Il a le nez dans les comptes, les tableaux Excel, plus que dans les manuscrits.

On peut concevoir le métier autrement.

  1. Personne n’investit d’argent (possible car le livre est devenu un produit immatériel – ebook et impression à la demande). N’importe qui peut devenir éditeur.
  2. Le livre est un projet coopératif qui lie auteur, correcteur, graphiste et l’éditeur.
  3. Chacun investit son temps en échange d’une rémunération qui sera pondérée sur les ventes. Si je ne vends aucun livre, personne ne gagne. Si j’en vends des millions, tout le monde gagne.
  4. L’éditeur devient l’animateur de la coopération. Il rassemble sous sa bannière les auteurs qui l’intéressent et monte des équipes liées par un intérêt commun. Il consacre son énergie à l’élaboration du contenu et à sa promotion. Il passe d’une économie où il faut miser de l’argent à une économie où il faut miser du temps et de l’intelligence.

Des éditeurs ont peut-être déjà choisi cette stratégie mais je doute qu’ils rafleront les prochains prix littéraires. En attendant, je crois qu’ils peuvent attirer l’attention vers des livres différents porteurs en eux-mêmes d’une nouvelle philosophie. Imprimer n’est plus un passage obligé pour un livre.

Notes

  1. Je vis de plus en plus mal l’ancienne logique qui consiste à imprimer pour imprimer. D’un autre côté, l’auto-publication ne me satisfait pas. Un livre est aussi un travail d’équipe.
  2. Alors je pousse des amis à créer, sur le modèle de Veja, une maison d’édition respectueuse de l’environnement qui tiendrait compte des évolutions technologiques.
  3. Elle utiliserait des machines d’impression à la demande les plus proches du client (lulu.com imprime aux USA ou en Espagne) tout en choisissant des encres naturelles.
  4. Elle optimiserait la livraison des ventes qu’elle effectuerait directement sur son site, là encore comme le fait Veja (proposant le livre moins cher que sur les plateformes comme Amazon – design un poil différent pour ne pas enfreindre le prix unique du livre).
  5. Chaque livre donnerait lieu à un contrat entre l’éditeur, l’auteur, les correcteurs et le graphiste. Ils seraient partenaires, partageant les risques, partageant les bénéfices, n’investissant que leur temps.
  6. Il ne s’agit pas de créer une maison 2.0 qui accepterait tous les manuscrits comme le fait lulu.com ou scriptbd.com. Il s’agit de reconnaître le rôle vital de l’éditeur et de la chaîne du livre, de la revigorer sur des bases financières seines.
  7. Si Veja connaît autant de succès, c’est parce que les basquets Veja rivalisent en qualité et en look avec ceux de la concurrence. Comme Veja, le nouvel éditeur devrait aussi se construire une âme, avoir une politique éditoriale, un style… Sur ce point, rien ne change.

Annexe

J’ai à mon compteur des livres dans des domaines différents et qui ont été publiés chez des éditeurs différents, j’ai des amis auteurs de livres pratiques, d’essais, de romans, je connais un peu le métier. À quoi se résume-t-il aujourd’hui ?

  1. L’éditeur croit savoir ce que veulent les lecteurs. Il le croit parce comme il investit son argent il lui faut rentabiliser et taper juste. S’il investissait moins, ou pas du tout, il publierait ce qu’il aime vraiment.
  2. Il recherche les textes qui correspondent à son idée de ce que veulent les lecteurs. Si ces textes n’arrivent pas par magie (par la poste, par copinage, plus souvent encore via les auteurs maisons), il en commande l’écriture.
  3. Il laisse alors l’auteur travailler seul et ne s’inquiète que quand le manuscrit n’arrive pas à l’heure.
  4. Quand le manuscrit arrive, il le critique parfois car il doit prouver son utilité et surtout rendre le livre conforme à la croyance initiale. Parfois le livre y gagne, parfois il y perd, souvent aucun travail d’équipe n’est effectué (on fait confiance).
  5. L’éditeur paye la correction et la mise en page et obtient un produit fini.
  6. Pendant ce temps, ses commerciaux font le tour des librairies et obtiennent des précommandes qui permettent de fixer le tirage initial.
  7. À la sortie du livre, il envoie des exemplaires à la presse (qu’on retrouve sur les marchés aux puces ou sur eBay). Son travail s’arrête souvent là. Parfois, il fait un peu de publicité.
  8. Il laisse l’auteur faire la promotion (c’est un peu comme si les ouvriers de Renault faisaient aussi la publicité des Renault, jouaient aux représentants, aux vendeurs, aux mécaniciens…).
  9. Les livres finissent dans les librairies où, pour la plupart ils ne s’attardent guère, avant d’aller moisir dans des entrepôts après moult transports.
  10. L’éditeur ne reconnaît pas qu’il s’est trompé et qu’il ne sait pas ce que veulent les lecteurs. Mais il continue à faire la pluie et le beau temps avec ses auteurs alors qu’il ne sait qu’une chose : un auteur qui vend continue à vendre en général.
  11. Il finit par pilonner le livre car le stockage coûte.
  12. Il verse à l’auteur entre 6 et 14 % de droit.
  13. Au final, et en général, il gagne peu, les auteurs gagnent peu. Au passage, les uns et les autres on a pollué la planète au nom de la culture.

Ce billet se prolonge par une expérience pratique.

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43 comments

  1. Raffa says:

    Bonjour Thierry,

    petit complément d’info

    Le succès des livres écolo d’InLibroVeritas – Blog InLibroVeritas

    Entièrement composé d’œuvres choisies, personnalisé en ligne, imprimé à la demande dans la quantité voulue par le lecteur, le livre unique à a carte de InLibroVeritas est en lui même une petite révolution : rentable et sans stock. Il est en plus possible pour l’acheteur de le créer avec du papier recyclé depuis quelques semaines, moyennant finance. Ainsi les livres uniques à la carte sont plus chers, on aura pu très justement penser que cela rende le modèle économique plus difficile. D’autant plus que l’on achète des livres qu’on peut lire et/ou télécharger gratuitement en ligne. Aujourd’hui, un livre unique à la carte sur deux est aujourd’hui vendu en papier recyclé sur InLibroVeritas.

    Source : http://www.ilv-bibliotheca.net/blog/index.php?post/2009/07/16/Le-succ%C3%A8s-des-livres-%C3%A9colo-d%E2%80%99InLibroVeritas

  2. A ma connaissance, manque une passerelle automatique vers Amazon avec ISBN et tout le bazar. Si je me trompe c’est surtout une plate-forme d’auto-publication.

    Je prépare un billet où je vais tester des plateformes avec un de mes anciens romans (un polard écolo écrit en 1993!).

    PS : je dis des bêtises link ok vers Amazon mais c’est beaucoup plus cher que sur lulu!!! Et ils prennent pas les PDF j’ai l’impression. Site style 1995!

    Je continue mon exploration: C’est nul.
    Format unique, plus cher que lulu même sur papier standard (alors que c’est produit en France). Pas réellement d’impression à la demande puisque tu payes d’entrée pour trois. C’est eux qui fixent les royalties.

  3. Hervé says:

    Lulu.com a aussi une imprimerie au Pays-Bas.

  4. J’ajoute dans le papier.

  5. Hervé says:

    J’ai voulu éditer mais trop tard, le temps de trouver des références. C’est en Espagne.

    Ici une interview du fondateur de Lulu : http://billaut.typepad.com/jm/2006/06/connaissezvous__7.html

    Apparemment c’est cet imprimeur : http://www.publidisa.com/index_ing.html

  6. E says:

    Il y a Leo Scheer aussi, auteur traditionnel qui s’ouvre à l’édition en ligne, en proposant à des inconnus de bénéficier de son exposition en ligne: leurs livres sont publiés intégralement et gratuitement.
    Certains peuvent être choisis pour une édition par l’éditeur.

    http://www.leoscheer.com/spip.php?page=manuscrit

  7. À titre d’auteure de livre sur l’environnement, ce sujet me préoccupe, surtout l’impression en trop…
    Si on imprime selon la demande, cela coûtera une fortune aux éditeurs. Les imprimeurs ne partent pas les machines pour un petit nombre. Quoiqu’avec les nouvelles technologies…

    Aussi, un livre ne se vend pas si les gens ne le voient pas et ne l’ont pas dans les mains…Ça va aller pour les vedettes mais pour les autres moins connus?

    J’avoue que l’industrie du livre doit se mettre à l’électronique et vite sauf que j’achèterai toujours des livres. Je travaille sur mon ordi à longueur de journée, une pause avec un véritable livre de papier est parfaite. Mais ceux qui veulent un ebook peuvent avoir le choix.

    Finalement, 3 euros pour l’auteur et 2 pour l’éditeur ??? J’ai jamais vu ça un auteur qui ramasse plus que l’éditeur… Généralement c’est la librairie, puis le distributeur, l’éditeur et enfin l’auteur qui ramasse le plus petit pourcentage sur la vente.

  8. Houlà , je viens de lire le post innitial. Je trouve que vos conclusions sont réductrices et parfois rapides. Mais je crois que vous avez raison de soulever la question. Je suis éditrice , entre Paris et Bruxelles où nous avons notre siège principal ( réduction des coûts de bureaux et ville incroyablement agréable à 1h20 de Paris) Cela fait 18 ans que je fais de l’édition. Et je ne me reconnais pas dans le tableau que vous dressez de l’Editeur. Je ne sais pas qui vous avez rencontré mais certains sont loin de cela. Je lis tous mes manuscrits , je travaille avec mes auteurs, je défend des positions et je suis souvent menacée ( par mail ou par télphone) pour les livres que je publie . Quant à la pub , je fais pour chacun de mes auteurs un plan de promotion sur mesure. Ah oui ,j’oubliais , je ne pilonne jamais , mes livres vivent et sont réédités. J’aime mon métier et les idées de mes auteurs.Le livre est l’outil le plus écolo ( pas de batterie , pas de prise électrique nécéssaire) simplement des yeux pour lire et un doigt pour tourner des pages. Vous parlez d’e-book et d’édition en ligne? Pour les référentiels certainement ( encyclopédies , livres scientifiques etc..) par pour un roman ou une biographie , comment voulez-vous que les larmes s’impriment sur la page ? que le stylo souligne des passages et que l’on écrive une dédicace trendrement pensée sur la première page?..
    Véronique – directrcie des editions de l’arbre.www.leseditionsdelarbre.fr

  9. @Véronique J’ai pas dis que tous les éditeurs fonctionnaient comme ça. Il y a des exceptions comme toujours. Je suis heureux de vous entendre (je vais vous envoyer des manuscrits :-)). Plus les éditeurs sont petits moins ils ont les moyens de pilonner (c’est un peu la logique capitaliste). Mais j’aimerais savoir combien de livres sont pilonnés par rapport à ceux qui sont vendus chaque année.

    eBook. La révolution est en marche. Personne ne l’arrêtera. Les avantages pour le lecteurs seront bientôt trop gigantesques. Vous parlez des larmes. les lecteurs pourront commenter les textes, dire là où ils sont touchés, là où ils aiment…. ils pourront partager avec d’autres lecteurs, débattre à chaque endroit du livre. J’ai la maison pleine de livres mais je sais qu’elle ressemblera bientôt à un musée.

    @Cécile. C’est pas parce que ça marche pas comme ça aujourd’hui que ça va pas changer. Bientôt c’est Amazon qui sera éditeur (c’est presque le cas avec les interfaces directes avec les services comme lulu.com). Si les éditeurs veulent pas donner aux auteurs ce qu’ils peuvent avoir ailleurs ils partiront. Surtout les gros. Très vite ils auront intérêt à faire du direct pour multiplier leur revenu (comme certains le font en musique — la même histoire se rejouera — faut pas être devin).

    Quant à Leo Scheer, il a créé une espèce Scriptbd arcahïque. J’ai participé en 2000 à la création d’Olympio, on faisait déjà ça. C’est un bon moyen de trouver de nouveaux auteurs, ce n’est pas une révolution.

  10. E says:

    Enfin tout cela passe par la lutte contre le piratage.

    Si je pirate ton ebook et le redistribue gratuitement, c’est est fini de ton calcul économique.

  11. Je me disais que tu tardais à lâcher ta rangaine 🙂

    Peu importe de savoir d’où viendront les revenus, soit des ventes, soit des dons, soit d’autre chose que nous n’imaginons pas encore. C’est un système de partage des bénéfices quels qu’ils soient. Au moins, si tu te fais pirater, t’imprime pas pour rien.

  12. E says:

    “Peu importe…”
    “Au moins…”

    Yep, mais tu ne peux pas osciller toujours entre:

    – annonce d’un nouveau modèle économique
    – déclaration que ce qui compte c’est l’échange, peu importe si le modèle économique n’existe pas.

    Les éditeurs pro veulent un modèle économique,
    idem pour les auteurs pro.

    Tu as fait la même chose avec Cozop:

    – annonce d’un nouveau modèle économique: fin du vampirisme 2.0, les revenus sont désormais partagés entre diffuseur et créateur de contenu

    – constatation que ça ne marche pas: la gratuité ne lève pas assez de fonds, la pub a ses limites.
    –> Abandon conceptuel de l’objectif de modèle économique:
    “ce qui compte c’est d’être lu”.

    Il est capital d’arriver à des modèles économiques viables. Sinon c’est encore reservé aux rentiers et aux chômeurs assistés.

  13. coZop c’est pas que ça marche pas, c’est qu’on travaille pas (on a pas développé le moteur qui devait être au coeur du système, aujourd’hui on entre juste de quoi payer des deux serveurs). Avec 15 000 visiteurs uniques jour, tu vas pas loin. Donc en gros rien à partager car personne ne gagne.

    Mon idée est qu’on doit partager ce qu’on gagne (selon une formule de partage transparente).

    Demain les livres seront piratés quels que soit le modèle proposé. Mon papier n’avait pas pour but de lutter contre le piratage mais de proposer un nouveau modèle de coopération entre les gens qui font un livre. Je vais publier la suite de ce billet pour donner un exemple précis et pratique.

  14. Votre vision du Futur ne tient pas compte de l’évolution beaucoup plus pragmatique du marché. Et l’Edition fait partie d’un mécanisme d’une économie de marché. Ce que l’on a encore inventé de mieux pour que chacun puisse accéder à un développement. Comme le disait mon prof d’histoire contemporaine ” Au temps du Mur , personne ne partait pour aller dans l’autre sens..” Le temps des mastodontes de l’Edition est certainement en voie de fin le New York Times écrivait il y 3 mois , que” le temps des énormes maisons d’édition était fini que l’avenir serait à des entités moyennes et petites , flexibles , capables d’anticiper , et qui seriont proche de leurs lecteurs tout en préservant des réseaux de distribution à la fois classiques aux côtés de réseaux innovateurs. Dans votre réponse vous parlez encore de l’E -book ( voir article dans le Point de cette semaine) mais le problème reste le m^me , il faut une prise pour alimenter une batterie…sans cela ..pas de lecture possible. Que fais-t-on quand on est en plein désert Mauritanien , sans prise électrique pour lire ? Fini le plaisir de tirer un livre de poche de son sac , dans un métro , une file d’attente , les toilettes. Je sais vous allez me parler d’ondes qui bientôt rechargeront les e-book où que l’on soit. Peut-être , mais dans longtemps et le livre aura toujours la place d’un objet de plaisir. Quant à partager ce que l’on a sans en tirer une juste rémunération. Je pense que c’est bien mal connaître le comportement humain.. A un moment donné , tout le monde veut être payé.

  15. E says:

    @ Veronique de Montfort

    Au sujet des ebooks, les derniers modèles ne consomment presque plus d’énergie:

    en-effet, les écrans ne sont plus éclairés. L’énergie sert une fois pour former les caractères, et ensuite pendant la lecture la consommation est nulle, puisqu’il n’y a pas d’éclairage.

    C’est aussi ce qui rend la lecture très agréable, comme celle d’un livre.
    Rien à voir avec la lecture sur écran.

    En revanche je vous rejoins sur la rémunération.

    C’est un progrès quand une société permet à la culture de trouver un modèle économique.

    L’idée de culture gratuite, défendue par certains sur Internet, est une régression.

    Il n’y a pas de raison de gagner sa vie en vendant des chaussures, et de ne pas la gagner en écrivant des livres, s’ils sont lus. La lutte contre le piratage et la défense de l’économie de la culture sont un impératif social.

  16. Pour voir à quel point les eBook vont tout changer, il faut en avoir dans la main. Je ne charge presque jamais le mien. Tu peux faire un très long voyage avec et partir avec des plusieurs livres même si tu es un routard avec un sac à dos.

    Quand à la rémunération, il faut réinventer. Déjà commencer par séparer le prix qui revient aux créatifs (auteur et équipe éditoriale) et celui qui revient à la fabrication et à la distribution. Que les lecteurs prennent l’habitude de savoir ce qu’ils donnent à qui pour qu’il sachent ce qu’il faut donner pour continuer à lire des livres.

    Il faut inverser la logique et que les créatif soient ceux qui gagnent le plus.

  17. Henri A says:

    “Il faut inverser la logique et que les créatif soient ceux qui gagnent le plus.”
    Si c’est un effet de balancier histoire d’inverser la manie d’avant, c’est une façon de parler.
    Dans les faits, pourquoi “le plus” ?
    Imaginons un luthier qui adore fabriquer des violons, un violoniste pro qui adore jouer du violon et un compositeur pro qui adore composer des trucs pour violons.
    Si ces trois individus ont du public ( clients ), pourquoi un de ces trois doit gagner plus de pognon ? A partir du moment ou ils adorent leur boulot ? Plus un boulot est chiant pour celui qui l’exerce plus il devrait gagner de pognon par rapport à une moyenne.

  18. E says:

    “Plus un boulot est chiant pour celui qui l’exerce plus il devrait gagner de pognon”

    Il y a deux critères complémentaires à prendre en compte pour fixer une rémunération:

    1: la pénibilité pour celui qui exerce le travail

    2: la satisfaction qu’il apporte au receveur, et sa capacité à être plus ou moins non interchangeable dans ce travail

    Monter des sacs de patates au 5e étage est pénible, mais on trouve dans le monde des millions de gens qui en sont capables.
    –> Travail donné à celui qui réclame le moins
    –> Prix tiré vers le bas

    Les grands créateurs sont plus rares que les bons ouvriers.
    –> Moins de possibilité de tirer le prix vers le bas.
    Le caractère unique de leur travail est reconnu.

    (Après se pose le problème de la satisfaction réelle qu’ils donnent, car ils peuvent être tellement loin du niveau du spectateur, qu’ils l’ennuient.
    Ils répondent alors à l’exigence d’unicité, mais pas à celle de satisfaction.

    D’où la nécessité d’aides d’Etat, qui imposent une création au nom d’une exigence qualitative minoritaire, au nom d’une idée de la culture, base d’une civilisation.)

  19. Henri A says:

    A Pirat ( E ) :
    Tu réponds à coté ( t’as pas fait science po par hasard ? ).
    Je ne parle pas de système ou de méthode, mais d’état d’esprit. Je me doute bien qu’il n’est pas facile de mesurer la joie ( ou le contraire ) que peut procurer une activité.
    La question, je ne la pose pas à celui qui rémunère mais au rémunéré lui-même.
    C’est une autre façon de penser le travail.

  20. E says:

    “C’est une autre façon de penser le travail”

    Un travail ne se pense pas en se coupant de sa finalité.

    Le but du travail n’est pas de fournir un effort, mais de rendre un service.

    Il n’y a donc pas d’autre façon de rémunérer le travail, qu’en relation avec l’importance du service rendu. Même si la pénibilité est un critère.

  21. Ce n’est pas qu’on veut être payé c’est qu’écrire est un métier et demande du temps, de la recherche et qu’il s’agit de gagner sa vie sinon on vivra d’amour et d’eau fraîche…

  22. narvic says:

    La situation est peut-être un peu différente entre la presse et l’édition, car le modèle économique était très différent et internet ne transforme pas les usages, la production et la distribution de la même manière.

    Pour la presse, l’équation semble impossible à résoudre, alors que pour l’édition papier, il reste des “perspectives de survie”…

    Pour la presse, le transfert d’une partie de l’audience seulement sur internet conduit à l’effondrement complet du modèle économique du papier, qui n’est structurellement plus rentable… même s’il y a encore des lecteurs.

    Les ressources qu’il semble possible de dégager en ligne sont très inférieures (en raison du découplage de la pub et de l’info, de la baisse du prix de la pub et du meilleur ciblage) et ne permettent pas de soutenir la production de rédactions aussi importantes qu’avant. Bref, c’est tout le secteur qui s’effondre et ne se reconstruira sur internet qu’à un niveau de production (et donc d’emplois) très inférieur à ce qu’il était auparavant. Et tout ça sans même prendre en compte les nouvelles possibilités de se passer des journalistes – du moins en partie – pour s’informer sur internet !

    Pour l’édition, le numérique “ne tue pas” de la même manière le livre papier. D’une part car l’un ne se substitue pas totalement à l’autre (en raison des usages de lecteurs et des contraintes techniques respectives) et ils vont donc coexister encore un moment. Pour l’édition littéraire en tout cas. Tout ce qui est édition scientifique, encyclopédique, scolaire, pratique et guides, etc., c’est bien mort pour le papier (au profit du web, plus que de l’e-book d’ailleurs).

    Mais aussi car internet renouvèle le modèle économique du livre papier en profondeur, sans le tuer : nouveau modèle de distribution (Amazon, etc.), nouveau modèle de production (impression à la demande), nouveau modèle d’édition (auto-édition, comme Lulu). Le net tue les libraires et les imprimeurs, mais offre des perspectives nouvelles aux éditeurs… et surtout aux auteurs.

    Internet détruit en masse des emplois de journalistes pas seulement parce qu’il est difficile de les payer, mais aussi parce qu’ils sont moins utiles qu’avant. Mais il ne rend pas les auteurs moins utiles qu’avant !

    Contrairement à la presse, tant qu’il reste encore des lecteurs pour les livres papiers l’activité peut rester rentable, et même, grâce à internet, le devenir pour des livres à petite diffusion (en réduisant considérablement les coûts de production/diffusion et le gaspillage du secteur). De surcroit, le livre électronique (pour ceux qui s’y mettront) offre aussi de nouvelles perspectives.

    Conclusion :

    1/ l’édition papier mourra avec ses lecteurs, tandis que la presse papier meurt bien avant eux. 🙁

    2/ le livre électronique et le net prennent le relais progressivement du papier, sans remettre en cause le produit de base de l’édition : l’oeuvre, alors que le produit de base de la presse, le journal, n’existe plus sur internet.

    3/ le net remet en cause l’existence même des journalistes, mais pas celle des auteurs, et donc pas celle des journalistes-auteurs non plus ;-).

    4 /Sauf à ce qu’internet nous rende tous idiots, comme s’en inquiète Nicholas Carr, et que l’on lise de moins en moins de textes longs exprimant une pensée structurée, au profit d’une collection de fragments glânés sur Google !

  23. Jean-François Gayrard says:

    Voilà des propos que je partage à 100 % : le livre numérique est une véritable alternative écologique. C’est sur qu’il bouleverse et qu’il nous oblige à réinventer le métier d’éditeur. L’important, aujourd’hui, c’est de bien choisir son combat. Moi j’ai choisi le mien : promouvoir les supports de lecture de demain pour être sur que les auteurs d’aujourd’hui seront lus

  24. Mon combat: promouvoir les supports de lecture de demain pour être sûr que les auteurs d’aujourd’hui seront lus http://bit.ly/10pyfr

  25. RT @_Jeanne: RT @crouzet Mon combat: promouvoir supports lecture de demain pr ê sûr q auteurs d’aujourd’hui seront lus http://bit.ly/10pyfr

  26. RT @crouzet: Après la presse, c’est lédition qui meurt. http://bit.ly/10pyfr

  27. @tempsfuturs Le billet est long ( http://bit.ly/rnSj5 ), c’est le commentaire de Jean-François Gayrard qui est court et beau !

  28. [email protected] : promouvoir les supports de lecture de demain pour être sûr que les auteurs d’aujourd’hui seront lus http://bit.ly/10pyfr

  29. "Après la presse, c’est l’édition qui meurt". Source : blog de Tcrouzet http://bit.ly/zorhF et son expérience pratique : http://bit.ly/dYw6E

  30. Adrien says:

    Livre électronique = bien http://tr.im/tiRI

  31. RT @cnaux: "Après la presse, c’est l’édition qui meurt". (blog de Tcrouzet http://bit.ly/zorhF et son expérience : http://bit.ly/dYw6E)

  32. Crépidule says:

    Pour la musique je suis sûre que son avenir est dans téléchargement, pour la presse fortement aussi, mais pour le livre je suis plus mitigée dans mes avis. Je n’ai pas utilisé les technologies dont vous parlez mais je sais que lire un livre à l’écran d’un PC est assez pénible au bout d’un moment, bien que pour des étudiants c’est vraiment un outil formidable.

    Sur l’argument écologique là je ne vous suis pas, car ces technologies ont un lourd impact sur la nature non seulement pour les produire mais en plus avec un recyclage difficile et une forte pollution (plastique, produits chimiques des batteries et des composants etc)
    Le livre c’est du bois et le bois est une matière hautement écologique (un coup de chapeau au passage aux editions Hatier qui ont édité leurs cahiers de vacances, gabegie de l’été, sur du papier recyclé).

    Dans cette période des vacances, ou les editeurs font un gros chiffre d’affaire avec les best-sellers, amener un lecteur d’E-book sur la plage, quelle galère ! le sable, le sel, le temps de batterie, la peur de se le faire piquer etc non rien ne vaut un bon vieux bouquin pour ça. Il faut voir quels livres pour quels besoins et adapter les stratégies en conséquence.

    Mais je suis d’accord avec vous, les éditeurs de musique, de livres etc doivent s’adapter et repenser de fond en comble leur stratégie de publication face au défi numérique, il y a urgence.

  33. cyril says:

    Cet article, comme d’autres sur ce sujet qui l’ont précédé, est très instructif. Pour ma part, je suis soulagé de constater qu’il existe beaucoup de personnes qui semblent décidées à lutter contre ce phénomène numérique, ou font simplement preuve d’un attachement intime à l’objet livre (son contact, son odeur, sa présence).

    La conclusion que je tire à ce jour de ce débat, c’est qu’on envisage de nous vendre des machines sous couvert de culture. Autrement dit, on prend le livre (l’écriture, la littérature, la connaissance et le plaisir) comme prétexte, ou simple combustible, pour nous pousser à consommer un gadget ; pour nous convaincre que c’est ça l’avenir du livre, et point barre.
    C’est du business.

    Votre article et toutes les réactions qui ont suivi ont créé quelques échos sur ce forum : http://noirbazar.forum-actif.info/wwwetc-f15/aprs-la-presse-c-est-l-dition-qui-meurt-t822.htm

    N’achetez pas d’e-book et tout ira bien.

  34. pffffffft says:

    vous connaissez mon côté piquant 🙂
    hé bien je vais piquer.

    les gens comme certains ici qui ne raisonnent pas maisse contentent d’habiller une banale nostalgie derrière des arguments à la con (cf cyril par ex), m’ennuient.
    nota : j’adore les livres papier

    par ailleurs, je suis allé voir le lien
    et j’ai bondi!
    un certain Stalker, autre archétype des cervelles recroquevillées sur leurs conforts et toujours flippées devant les changements, écrit :
    “danger… celui qui consiste à autoriser n’importe qui à éditer n’importe quoi”
    cette personne devrait se rappeler que c’est au mot prêt l’argument des ânes d’une autre époque, les mêmes réincarnés de nos jours façe au Net, et qui critiquaient la diabolique invention de Guttemberg.
    avec en soutien de l’ombre ceux qui moins ânes mais bien intéressés souhaitaient conserver la diffusion de “la bonne parole” dans le cadre très étroit de quelques pouvoirs bien installés.

    j’aime pas les ânes utiles, alors les ânes utiles aux ”intéressés”… 🙂

    vive guttemberg et les éditeurs du livre papier.
    vive leurs continuateurs du livre numérique.
    que les ânes utiles aillent se faire voir, l’histoire des idées avance toujours, depuis l’aube des temps, comme en s’appuyant pour son élan contre leurs immobiles remparts mentaux…

  35. cyril says:

    Que de grands mots, ma foi…
    Le débat s’élève.

    L’extrait que vous citez (fragmenté et hors contexte) concerne la question de l’auto-édition. Ce n’est pas tout à fait le sujet ici (pas directement). Je sais bien que beaucoup de personnes ne veulent pas entendre ce genre de critique. Mais le risque est grand de voir débouler sur le marché du livre (surtout dans la perspective numérique) des textes non-corrigés, remplis de fautes, mal paginés (le phénomène existe déjà et il est croissant), parce qu’à la base une personne a estimé, seule, sans recul, qu’elle était en mesure d’éditer ce qu’elle avait écrit. Je dis donc seulement que ce n’est pas sérieux, ni très agréable pour le lecteur qui se fait prendre au piège.

    Quant à mes “arguments à la con”, je les illustre :
    Imaginez que dans 10 ans, un auteur comme Fred Vargas (par exemple) écrive son 20ème roman. Son éditrice, Viviane Hamy, joue le jeu du livre numérique, admettons aussi. Pensez-vous qu’il sera nécessaire de réaliser un premier tirage à 250000 exemplaires, comme c’est le cas pour son dernier roman ?
    Non.
    250 suffiront, car ces 250 prolifèreront à une vitesse inouïe et il n’en sera pas vendu davantage. On les copiera et on les copiera encore, et encore, puisque le numérique l’autorise. Mais dans ce cas, l’éditrice aura déjà mis la clé sous la porte depuis longtemps.

  36. Imaginez ce qui se passera si 250 000 exemplaires sont imprimés et si néanmoins les copies pirates circulent (ce qu’elles feront). Il faut réinventer la rémunération des auteurs (voir le second billet) pas tenter d’empêcher l’avènement des technologies qui, d’ailleurs, sont déjà là.

  37. Pfffffft says:

    effectivement, vos arguments à la con ont été “illustrés”, comme de bien entendu 🙂

    remarque toutefois qui peut justifier l’utilité des gens comme cela, qui énoncent des “danger… celui qui consiste à autoriser n’importe qui à éditer n’importe quoi”:
    il est important à mon avis quand une innovation majeure apparait (agriculture versus chasse&cueillette, imprimerie versus moines copistes, etc etc et etc), que des personnes arc boutées sur le seul passé et sur leurs seuls apriori, incapables par ailleurs de saisir les potentiels de ces innovations, avec pour seul champs de vision un rétroviseur, existent ;
    elles permettent en quelque sorte que les virages auxquels elles n’entendent rien ne se prennent pas d’un seul coup.
    elles restent dans l’histoire comme des témoignages de la sottise, mais elles ont cette utilité 🙂

    pfffffffffff bye

  38. Après la presse, c’est l’édition qui meurt http://bit.ly/neQL9

  39. fromont says:

    ancien ouvrier du livre apres mon passage a l aurore et le monde .Ce qui arrive aux journalistes c est l effet du petard mouille les journaleux qui voulaient la peau du syndicat du livre etaient bien contents de nous foutre dehors ils sont devenus des cigales et maintenant la fee de l internet va s occuper de leur profession l eglise a ete bouffer par les enarks et les politiques ne feront pas une longue vie conclusion j espere que les gros patrons de presse vont virer les intrus qui ont defoncer les ouvriers du livre

  40. apres la presse , C’est l’édition qui meurt http://bit.ly/JR2rd

  41. Astiko says:

    Les Éditions de Fallois avouent explicitement qu’ils ne lisent plus les manuscrits reçus par la poste :

    http://refusdediteurs.webs.com/editions_de_fallois.jpg

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