Même le livre n’échappera pas aux flux

Micro-posts, articles, livres… ils deviennent ou deviendront flux, se libérant du papier comme de la page web qui était censée le remplacer. Toute information se prête à la copie, à la propagation, à la réorganisation, à la représentation selon de multiples perspectives. Plus aucune raison technique ne l’attache à une forme graphique particulière quelle qu’en soit la volonté de l’auteur.

Qui sinon Mallarmé pensa fond et forme comme un tout indissociable avec son poème Un coup de dés jamais n’abolira le hasard. Et pourtant. Une simple recherche me montre que ce texte a été transformé par ses éditeurs successifs, traduit, recomposé. Je ne suis pas chez moi en ce moment, je n’ai pas consulté mon édition depuis longtemps, mais je suis sûr qu’elle ne respecte pas le format travaillé par Mallarmé.

S’il avait mené à bien son projet, s’il avait signé un bon à tirer définitif avant sa mort, il se serait néanmoins produit la même chose avec son œuvre. Elle aurait circulé, elle aurait inspiré d’autres poètes, d’autres typographes, elle serait peu à peu devenu flux, un potentiel formel infini.

L’information pure

Quand je parle d’information pure, cette information débarrassée de sa forme, j’effectue bien sûr un raccourci. Restent les mots pour un texte, leur ponctuation, leur regroupement en paragraphes… toutes ces innovations pour la plupart imaginées en Alexandrie comme je l’évoque dans mon Ératosthène.

Aujourd’hui, notre ponctuation s’appelle XML. Une façon de façonner l’information indépendamment de sa représentation, une façon de la détacher de son support matériel, le papier, comme numérique, la page Web. Nous vivons une double révolution. Pour moi, l’information pure, c’est la version minimaliste en XML. Elle reste encore hautement formelle puisque le style est une histoire de forme mais une forme embedded, incluse dans le message lui-même.

René Audet m’a reproché de négliger le lien entre le texte et la typographie, cet art qui donnerait à un texte sa force réelle. Je trouve cette critique peu réaliste quand 99,9 % des textes publiés, notamment littéraires, n’utilisent qu’une poignée de polices indistinctes et toutes inspirées du Garamond. Promenez-vous dans une librairie. Feuilletez. Ne cherchez pas à me faire croire que tous les auteurs sont des Mallarmé. La plupart savent tout juste faire la différence entre une police moderne et antique. Ils n’ont jamais effectué leur mise en page eux-mêmes, écrivant leurs textes en Times New Roman sur PC ou en Helvetica sur Mac.

J’ai moi-même créé plusieurs livres objets, justement pour montrer que face à la fluidification des contenus, leur inévitable volatilisation, on pouvait expérimenter des formes de résistance, des textes qui xmlisés perdent toute saveur comme le poème de Mallarmé. C’est une expérience marginale, un effet de bord esthétique, utile à mon sens, mais qui n’empêche pas l’immense majorité des textes de ne rien perdre en devenant flux.

Au contraire, ils ont tout à y gagner car chaque lecteur peut se faire metteur en page. Là où l’auteur ne s’est préoccupé que de la forme embedded, là où l’éditeur n’a fait preuve d’aucune originalité, le lecteur peut donner une représentation du texte plus prégnante, au moins pour lui. Une nouvelle profession de metteur en scène des textes peut naître. Des artistes qui diffuseront leurs templates de représentation.

La forme et le fond ne seront pas dissociés, au contraire, ils deviendront un terrain de création ouvert. Un livre n’aura pas une mise en page banale mais des milliers de mise en page aussi originales les unes que les autres. La fluidification des textes exacerbera la créativité graphique en la déplaçant à la fin de la chaîne du livre.

Quelques auteurs expérimentateurs joueront toujours avec l’objet texte comme Mallarmé mais ils laisseront aussi glisser leurs œuvres comme flux pour que d’autres cocréent avec eux. Refuser le flux reviendra vite à refuser d’être lu. La volonté de contrôle n’a jamais fait bon ménage avec la liberté et avec l’art. On va découvrir des interprètes de texte comme jadis on avait des interprètes de musique !

Les larmes des lecteurs

Après mon billet sur la mort de l’édition, on m’a dit que rien ne remplacerait l’odeur du papier, sa texture au bout de nos doigts, nos larmes d’émotion qui viennent le tâcher… Croyez-vous que je ne ressente pas tout cela comme vous ?

J’aime aussi dans des ruines antiques laisser mes mains courir sur les vieilles inscriptions. C’est un des grands plaisirs de la vie mais d’autres sont venus le compléter, celui du papier, celui aujourd’hui du numérique. Je trouve les larmes dans les commentaires qui accompagnent les textes, dans les réponses hyperlinkés, les reprises, les retwitt exaspérés ou enthousiastes… les larmes imbibent le flux.

Dans ce cyberspace, au texte de l’auteur s’ajoutent toutes les expériences des lecteurs. Le texte continue de vivre, même en temps réel. Chaque chapitre, chaque page, chaque phrase peut devenir sujet de discussion entre l’auteur et les lecteurs. C’est une nouvelle dimension, par certains côtés tactile, qui s’offre à nous.

Comme j’explore encore les cités perdues, nous continueront à goûter les livres anciens, mais pour nous dépayser, pour communier avec nos ancêtres, pour nous ressourcer. Notre route se trouvera ailleurs, sur d’autres chemins, pour compléter le leur et l’enrichir.

On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, écrivit Héraclite.

On pourrait aujourd’hui dire :

On ne lit jamais deux fois le même texte.

L’auteur propose (ce n’est pas nouveau), l’éditeur compose (ce n’est pas nouveau), le lecteur choisit (c’est nouveau) et l’auteur peut réagir en un rebouclage mutuellement enrichissant. Les œuvres s’ouvrent bien plus largement que ne l’avaient rêvé les avant-gardistes des années 1960 décrits par Umberto Eco.

Bientôt quand nous replongerons dans un livre après des années, il sera autre non seulement parce que nous-même ne serons plus le même mais aussi parce que le livre se sera transformé comme un fleuve dont les berges s’érodent, sur lesquelles on construit des maisons, des ponts, des ports…. C’est ainsi que le livre fleuve devient flux.

Le hors temps

Comme François Bon, je me demande encore si nous avons encore besoin du mot livre. Et si tout devenait flux, des flux qui coulent plus au moins vite, qui parfois s’évasent en grands lacs où nous pouvons nous noyer, des flux qui se resserrent en torrents de montagne, cascadent avant de finir par se perdre dans la mer.

J’ai autant la nostalgie des vieilles ruines que des heures que je passais adolescent à lire jusqu’à l’épuisement. Pour moi, le livre est un flux tranquille où j’ai envie de plonger le plus longtemps possible. Je ne suis pas là pour comprendre, pour saisir une information mais pour vivre.

Ce n’est pas l’objet, le livre, qui fait le livre mais la nature même du flux qu’il enferme avec ses qualificatifs spécifiques, comme débit ou puissance, liés au temps qui passe comme le remarque François Bon.

Ce n’est pas parce qu’un flux est fluide, qu’il circule vite et se métamorphose que nous devons juste le picorer en mode lecture rapide. Nous pouvons le survoler en avion, le franchir par un pont, y plonger et en ressortir immédiatement ou, au contraire, nous y baigner pendant des heures, des jours et mêmes des années comme je le fais avec la correspondance de Flaubert.

Le livre est une contexture particulière du flux à côté d’autres contextures que nous appelons poème, article, post, haïku…

L’économie des flux

Selon cette perspective, l’économie du livre doit être repensée dans le cadre plus large d’une économie des flux. Tant que nous ne saurons pas rémunérer des articles courts, nous ne saurons pas rémunérer les textes longs (après l’implosion du modèle actuel qui ne tardera pas vu le nombre de nouveaux readers commercialisés ces derniers temps – qui auront le même effet que le MP3 pour la musique).

On m’inflige encore et encore un argument massue : le livre restera longtemps attaché au papier.

C’est pourquoi il faut arracher aux dispositifs (à tous les dispositifs) la possibilité d’usage qu’ils ont capturé. La profanation de l’improfanable est la tâche politique de la génération à venir, écrit Giorgio Agamben, que je n’ai jamais lu, cité par André Rougier dans un texte où il me répond.

Nous devrions nous défier de l’ordinateur, nouveau grand Satan et nous précipiter, à 9 milliard, vers un monde naturaliste et non technologique. Bonjour la pagaille. Mais le livre n’est-il pas aussi un dispositif ? Pourquoi le préférer à un autre dispositif qui d’ailleurs n’a encore capturé qu’une infime parcelle de ses possibilités d’usage.

Les gens qui parlent des ordinateurs ne savent souvent même pas ce qu’est un ordinateur. Ils le confondent avec leur Mac ou leur PC. Ils oublient que cette maudite machine peut être greffé dans leur cerveau, qu’elle régule déjà leur vie, qu’ils seraient déjà morts sans elle et que notre monde surpeuplé serait invivable.

Rester attaché au livre pour résister à l’ordinateur ! Voilà quel sera le slogan des éditeurs qui crèveront bientôt de l’explosion des ebooks, de leur piratage massif et de l’entrée des livres dans le monde des flux auxquels ils ne comprennent rien.

Ce n’est pas le statut de l’auteur qui est en question. Il reste le premier propulseur d’un texte. S’il peut disparaître assez facilement derrière un micro-post, voire un post ou un article, il est plus difficile à déboulonner derrière un texte long qui peut impliquer beaucoup de temps de lecture sinon beaucoup de discussions.

L’auteur est celui qui par son style, son sujet, son nom… nous attache dans la durée à un flux. Mais un commentateur habile peut faire oublier l’auteur. On l’a vu en peinture. On l’a vu en littérature quand Baudelaire transcende les textes originaux de Poe. Rien de nouveau de ce côté. On n’est pas dans une histoire du moi et de sa dissolution, sujet qui je l’avoue ne m’a jamais passionné.

Nous sommes au contraire en train de gagner une liberté nouvelle, liberté de propulser. Et qui dit plus de liberté dit plus d’individualité, plus d’existence, plus de puissance d’être. La fluidification du livre est une nouvelle étape dans notre histoire dont la fluidification des news n’a fait que nous donner un aperçu.

L’homme vit avec ses histoires, ses mythes, c’est ainsi qu’il refait le monde. Elles vont enfin circuler librement et à pleine vitesse. Personne ne peut anticiper ce qu’il en résultera. En quoi le passage au flux transformera nos histoires ? En quoi allons-nous écrire des choses jadis impensables ? C’est à mon sens la question la plus intéressante.

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29 comments

  1. Je poursuivrais avec un billet sur le nouveau business model de l’édition!

  2. Il n’existe pas de gain de liberté sans contre partie

    Bien sur le travail de certains est de montrer l’horizon et de faire oublier la maison.

    Mais ce n’est bon à long terme pour personne.

    Donc de nouvelles libertés
    oui
    mais en échange de quelles contraintes nouvelles

    on prend Faust et on gomme le diable
    qu’échangeons nous … et contre quoi ?

    Et puis,
    mettons pour une bonne fois
    un pas en arrière
    tous ceux qui découvrent l’Amérique
    et dont l’enthousiasme bruyant fait écran et crée un bruit de fond qui cache tout ce qui a été dit avant eux.

    A diminuer le rite qui entoure la cérémonie du thé
    on gagne du temps
    pour boire autre chose
    certes
    mais qu’en dit notre ventre et l’intérieur de notre boite en calcium ?

    Un petit détour par Lewis Mumford et “le mythe de la machine” ?

  3. RT @crouzet: On va découvrir des interprètes de texte comme jadis on avait des interprètes de musique ! Ajout dans http://bit.ly/163njn !

  4. C’est pas une grosse connerie de dire qu’il n’y a pas de nouvelles libertés sans contre partie ?

    Tu as une démonstration pour cette affirmation qui signifie que l’homme est aussi libre qu’une bactérie, qu’un conglomérat d’atomes, que de la matière inerte.

    Tu as droit de ne pas croire à la liberté mais croire à la liberté et en faire une valeur stationnaire… faut que tu nous expliques comment elle apparait cette liberté.

  5. « On va découvrir des interprètes de texte comme jadis on avait des interprètes de musique ! »

    J’ai une idée : on pourrait les appeler des maquettistes, voire des graphistes ! 😉

  6. Thierry Crouzet ip:2 a écrit :
    26 August 2009 @ 19:17

    C’est pas une grosse connerie de dire qu’il n’y a pas de nouvelles libertés sans contre partie ?

    Tu as une démonstration pour cette affirmation qui signifie que l’homme est aussi libre qu’une bactérie, qu’un conglomérat d’atomes, que de la matière inerte.

    Tu as droit de ne pas croire à la liberté mais croire à la liberté et en faire une valeur stationnaire… faut que tu nous expliques comment elle apparait cette liberté.
    ——————————————————-

    Non ce n’est pas une grosse connerie.

    Par contre le contraire, c’est un peu croire en la génération spontanée.
    (J’acquiers un pouvoir sans rien perdre c’est le mythe de la société de consumation.)

    Il n’y a quasiment aucune étude sérieuse concernant l’interaction (en général ceux qui la vendent parlent d’interactivité) entre l’utilisateur et par exemple un outil comme le Tableau Blanc Interactif.

    Celui qui regarde cette relation s’aperçoit assez vite que ce que l’outil donne en puissance de “consultations de données” (susceptibles de devenir des informations que dans la mesure où elle seront accueillies et interprétées) il le reprend en liberté (degré de liberté) de l’esprit (souvent le corps aussi) en consultation.

    Sinon,
    J’aime bien cette réponse
    elle laisse beaucoup de place du fait d’un passage à la limite plus qu’excessif.

    L’homme a la liberté de sa condition.
    Il peut choisir de développer une mémoire liée à son existence (expérience, habileté …)
    ou d’utiliser des moyens de stockage externe de traces
    qu’il lui faudra assimiler à chaque fois spécifiquement.

    Tu montes dans une voiture, un TGV un vélo pour faire ton trajet
    tu y gagnes des conditions de transport (notamment le paramètre qui semble résumer le voyage à savoir le temps)
    et en perd d’autres.
    (cela te permet par exemple de ne pas apercevoir dans la campagne, le long des routes les tonnes de cannettes, et de paquets de … invisibles sous l’herbe à 90km/h)

    Je n’émets aucun jugement sur ces choix que je fais moi même chaque jour.
    Mais faire croire à quelqu’un que le seul prix qu’il paie pour acquérir une fonctionnalité supplémentaire est ce qu’il sort de son larfeuille … est nocif à tous.

    La démarche cahier des charges fonctionnel est en grande partie responsable de la disparition de ces coûts cachés, parce qu’elle suppose une absence de profondeur.
    Or ces coûts correspondent souvent à une partie des résultats que visent les fonctionnalités du produit Ex :libérer l’utilisateur de la contrainte liée à un effort physique
    contrainte que le client devra ensuite ACHETER pour récupérer ce qu’il a perdu dans la disparition de cet effort physique (dans une de ces usines à se refaire, où l’on exécute des gestes répétitifs et peu motivant intrinsèquement – sauf à les outiller technologiquement – proches de ceux des travailleurs à la chaîne)

    Bien sur j’ai choisi cet exemple donc il ne prouve rien.

    Merci de me proposer un autre cas de gain sans perte.

    Pour finir la liberté n’est pas stationnaire
    c’est un capital que tu dépenses comme tu l’entends

    L’homme n’est-il pas le seul (?) animal à inventer son mode d’emploi ?

    Luc Comeau-Montasse
    apprenti humain.

  7. J says:

    pourquoi “même” le livre?
    le livre, objet et oeuvre, est destiné par sa nature à prendre en pleine façe le grand Truc qui est en train d’advenir, et dont la pointe a déjà un peu seulement atteint la musique objet et oeuvre.

    par contre, là où ça va devenir plus “comique”, et bien moins prévisible dans ses modalités que le livre, c’est quand la lame de fond va toucher aux systèmes politiques.

    comment va t”on s’y prendre pour combiner ton nouveau mot-joujou, les flux, avec une certaine nécessaire solidité/durabilité?
    qu’est ce qu’on va s’amuser dans les 40ans qui viennent…! 🙂

  8. pvincent says:

    très bon cet article.
    je suis d’accord sur le fait qu’il faut dépasser la forme obsolète du livre.
    ce n’est plus qu’une question de temps pour que les outils numériques de lecture supplantent définitivement la forme papier.

  9. Pourquoi, alors qu’il n’y a plus contrainte sur leur forme, la plupart des montres sont des objets connexes (sans trou et relativement compactes)
    Il ne faudrait pas recommencer l’erreur des villes nouvelles avec le nouveau livre.
    Que peut-on utilement dépasser ?
    Qu’est-ce qui faisait tellement sens qu’on ne le voyait plus ?

  10. @Christophe Sauf qu’avant on remaquettait pas des centaines de fois un même texte tout en distribuant toutes les versions. Un même livre sera dispo sous de multiple versions.

    @Bateleur Tu soulèves un problème logique pas besoin d’exemples pour la logique. Si tu supposes que la liberté résulte de l’évolution (la pierre pas libre, l’homme libre), tu es bien forcé d’admettre que la liberté n’est pas également répandue dans le monde, et donc aussi chez nous.

    Si nous n’avons qu’une quantité donnée de liberté, d’où vient elle ? C’est pas moi qui parle de génération spontanée mais toi.

  11. Même le livre n’échappera pas aux flux http://bit.ly/5e3Mg

  12. TwittTank says:

    RT @BlogonetFeed: Même le livre n’échappera pas aux flux http://bit.ly/5e3Mg

  13. 000 says:

    “comment va t”on s’y prendre pour combiner ton nouveau mot-joujou, les flux, avec une certaine nécessaire solidité/durabilité?”

    Question intéressante en effet:

    – plus de contrat de travail normé par l’Etat:

    c’est le flux, l’interaction directe, l’offre et la demande…

    L’idéologie du flux conduit à une société ultra libérale, où les solidarités sont purement volontaires et sans rien à durée indeterminée.

    Sarkozy n’oserait pas aller aussi loin en réclamant la flexibilité et la fin des CDI.

    Le flux c’est l’hyper-flexibilité : tout doit s’adapter en permanence.

    Tout peut être remis en question à chaque seconde.

    C’est fini les fonctionnaires engraissés par l’Etat même quand ils dorment.

    Ultra libéralisme, ultra précarité, ultra flexibilité : LE FLUX.

    Solidarités volontaires et volages.

    (Celui qui n’est pas solidaire a un mauvais point de réputation dans le réseau du flux social. Cinq mauvais points donnent un blâme dans le flux social.)

    On remplace l’assistance sociale étatique par la charité :

    “je donne à l’artiste si je veux”

    “je répare le coeur du malade si je veux”

    “je donne un salaire si je veux, quand le maçon a fini la maison. Si la maison ne me plait pas je ne donne pas.”

    De quoi s’amuser quand le flux devient une fatalité à laquelle on est forcé de se soumettre.

    Darwin roi : “marche ou crève”, celui qui ne marche pas à la bonne cadence pour suivre le flux est un crevard qui n’a pas pris le bon train de l’évolution, paix à ses os, il n’a que ce qu’il mérite, c’est fini le monde des fonctionnaires, du droit d’auteur, des CDI, de la sécurité sociale, de la norme, de la protection, des garanties…

    Vive les assurances privées et volontaires : LE FLUX.

  14. Même le livre n’échappera pas aux flux http://bit.ly/33z1ZI Magnifique billet à lire absolument!

  15. AymericPM says:

    lit : “On va découvrir des interprètes de texte comme jadis on avait des interprètes de musique !” http://bit.ly/163njn

  16. RT @BlogusOperandi Même le livre n’échappera pas aux flux http://bit.ly/33z1ZI

  17. Question : lorsqu’on parle de FLUX n’y a-t-il pas plus ou moins caché dans l’ombre la pression du sens
    “Flux tendu”

    ___________________
    Mais y a-t-il flux sans qu’il soit tendu ?

    Quelqu’un voulait liquider Mai 68
    le liquide relève de cette tension de contact direct

    il faudrait plutôt passer à la sublimation
    l’état liquide permet beaucoup mieux des pressions différentes et qui s’ajustent
    et
    ce qui est essentiel
    de l’espace, beaucoup d’espace (vacuité, temps de latence) entre les lieux denses.

  18. De fait le flux dans le monde de l’édition est déjà bien lancé. Il suffit de regarder la durée de vie d’un livre qui ne cesse de se réduire. A part les grands noms, combien de livres de la rentrée littéraire seront encore disponible en janvier? Une très grande majorité sera déjà passé au pilon.

  19. (Oui @Xavier Galaup)

    Occasion d’évoquer un avantage important de l’édition électronique
    la disparition du “pilon” (n’est-ce pas Amazone ? (sourire)²)

    C’est peut-être l’occasion pour l’édition papier de revoir son mode d’ajustement à la demande.

    Comme on voit l’apparition des petites commandes dans le domaine vestimentaire
    il pourrait en être de même pour le livre.

    Quand la gorge de certains sera un peu plus serrée … peut-être.
    __________
    En attendant, je suis un peu désolé pour certains amis proches libraires anciens (pas bouquiniste, nuance importante (sourire)²) qui se demandent comment passer ce moment d’hiver nucléaire.

  20. Notre ponctuation s’appelle XML. De la poésie numérique sur les livres-flux http://bit.ly/Kd9rE

  21. RT @alphoenix: Notre ponctuation s’appelle XML. De la poésie numérique sur les livres-flux http://bit.ly/Kd9rE

  22. plustard says:

    Même le livre n’échappera pas aux flux http://bit.ly/33z1ZI

  23. Même le livre n’échappera pas aux flux http://bit.ly/33z1ZI (via @plusitard)

  24. JM Salaun says:

    Bonjour,

    Je vous suggère la lecture de ce texte de Roger Pédauque de 2005 :
    Le texte en jeu Permanence et transformations du document
    http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/documents/archives0/00/00/14/01/index_fr.html

    “La brutalité des évolutions actuelles s’appuie sur des implicites, séparant structure et contenu et rapprochant les activités de lecture et d’écriture. Trois modélisations informatiques, successives et distinctes, sous-tendent les développements récents des outils autour du document codé en XML : les DTD, les Schémas et le Web sémantique. Ces modélisations négligent des réflexions multidisciplinaires indispensables..”

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