Google tue la presse, les blogueurs s’en sortent

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Réponse par les chiffres à l’article de narvic sur Google et la presse. Sur bonweb.fr, un annuaire, on a un taux de clic sur les pubs AdSense qui dépasse les 9%. Sur coZop.com, site d’actualité, on a un taux de clic de 1,5%. Chaque visiteur rapporte 6 fois moins à coZop, et même en réalité 10 fois moins car les publicités affichées sur coZop sont moins rentables que sur bonweb.

Première conclusion : pour gagner sa vie avec de la pub au clic, un site d’actu doit faire un trafic dix fois supérieur à un site de recherche. C’est pas gagné quand on sait que produire de l’actu coûte cher là où faire de la recherche nécessite des robots. Qui emportera le match ? Pas difficile de deviner.

Sinon, comme je l’écrivais il y a quelques jours, nous autre blogueurs sommes aujourd’hui capables de dire merde à Google. Le grand méchant n’est plus le seul apporteur de trafic. Les réseaux sociaux ont même tendance à le dépasser, pour peu que nous soyons actifs.

En revanche, je ne crois pas que Google soit une mauvaise source de trafic en soi pour un blogueur comme pour un journal. Sur mon blog (voir tableau), les chiffres ne révèlent pas grand-chose. Mes lecteurs regardent 4,6 pages par visite quelle que soit la source de trafic (direct, Google, Twitter…). Le temps moyen par visite est en revanche deux fois plus faible pour les lecteurs qui arrivent de Google, donc ils sont plus pressés (et auraient donc tendance à cliquer moins si j’affichais des pubs). Le taux de rebond est supérieur pour Google par rapport à Twitter mais ce n’est pas significatif.

Il ne faut pas oublier que Google amène du trafic sans réel effort de notre part (c’est un peu fini le temps du truandage). C’est pas la même histoire sur les réseaux sociaux. Y être actif pour un journal a-t-il du sens ? Personnellement, sur Twitter, j’évite les journaux, je cherche à suivre des gens qui m’apportent des infos qui les ont frappées. Je ne m’abonne pas à des fils d’info mais à une espèce de connivence globale.

Quand j’envoie des tweets, certains buzzent immédiatement, d’autres tombent comme lettre morte. Je commence à comprendre comment les tourner pour qu’ils génèrent des RT mais je vois mal un journal réussir à créer du buzz sur tous ses articles, encore moins sur sa une. Il faudrait que chaque journaliste travaille chacun de ses articles sur Twitter et ailleurs. En gros, il faudrait que les journalistes deviennent des blogueurs. Encore un truc qui n’est pas gagné. Mais je ne vois guère d’autres pistes.

La seule porte de survie pour la presse est d’entrer dans le flux.

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18 comments

  1. Euh, cet article m’amène par ricochet à te poser la question suivante:
    – quel est le modèle économique du Peuple des connecteurs?

    Peut-être as-tu déjà rédigé un article à ce propos.

    D’avance merci…

    Lyonel

  2. Y’a pas de modèle. Pendant des années j’ai gagné ma vie avec mes livres de vulgarisation, puis avec bonweb… la source se tarit mais tant que j’ai 1 centime en caisse je me préoccupe pas de l’avenir (j’ai pas de crédit). Je me dis qu’un truc se présentera, que je finirai par écrire à nouveau un livre qui cartonne pour recharger le truc.

  3. http://bit.ly/4z8dIq
    #Google #Twitter #Blogs #Media

  4. #Google tue la presse, les blogueurs s’en sortent http://bit.ly/4z8dIq
    #Twitter #Blogs #Media

  5. Donjipez says:

    Si je pige bien, le journaliste ne pourra plus se contenter d’écrire son papier et de le mettre (ou faire mettre) en ligne. Il devra entretenir une présence sur les réseaux, développer sa propre “marque” et assurer “un service de vente”… C’est pas gagné en effet 🙂 Au-delà des réticences de la profession, les patrons de presse risque de trouver ça pas très productif qu’un mec twitte au lieu de pisser plusieurs articles par jour 😉

    Pourtant, pour un blog c’est évident qu’une présence, sur Twitter par exemple, génère du trafic. J’ai pu le constater à mon petit niveau

  6. 000 says:

    La présence sur les réseaux sociaux s’apparente désormais à du SPAM.

    Perso quand je vois une boite m’ajouter sur Facebook ou sur Twitter, manifestement pour faire sa promo en ajoutant des listes de contacts, je considère cela comme du Spam et je me détourne de cette marque.

    A fortiori quand une marque engage une agence pour assurer sa présence sur les réseaux sociaux, de façon complètement artificielle.

    Ces techniques de Spam vont vite fatiguer.

    J’ai d’ailleurs un compte spécial sur Twitter, anonyme et inactif mais avec quelques contacts au bon endroit, qui me permet de repérer les agences qui ajoutent des listes de contacts de façon artificielle, sans s’intéresser véritablement à ces contacts.

    On pourrait publier la liste des comptes Twitter professionnels les plus connus qui spamment, ajoutant des listes de contact dont ils ne vérifient même pas la nature et les écrits.

    On pourra les mettre sur liste noire publique, comme on fait avec les comptes mails et serveurs spammeurs. Le Spam sur Twitter devient de plus en plus insupportable.

  7. narvic says:

    “En gros, il faudrait que les journalistes deviennent des blogueurs.”

    Exactement ! Qu’ils animent eux-mêmes les commentaires sous leurs articles, et contribuent à leur diffusion dans les réseaux sociaux.

    Une des choses qui a profondément changé avec le web est que la diffusion de l’information n’est plus assurée par les médias : ils mettent en ligne, la diffusion se produit ensuite hors de leur domaine, par capillarité dans les réseaux, avec des effets d’avalanche quand on passe par de “bons noeuds” dans ces réseaux (les “influenceurs”), et des effets d’amplification et d’accélération également par le biais des algorithmes (de recherche ou d’agrégation, basés sur la popularité et/ou sur des analyses sémantiques).

    Le journaliste qui ne prend pas en charge ce rôle dans la diffusion, c’est exactement comme si, son journal une fois imprimé, il se contentait de le déposer en tas à la porte du journal, en attendant que le lecteur vienne le chercher, depuis Strasbourg ou Perpignan. 😉

  8. BookMark: Google tue la presse, les blogueurs s’en sortent http://ow.ly/15Nttw

  9. Merci pour la réponse 😉

  10. fito cuba says:

    http://bit.ly/1d1rb3 Google tue la presse, les blogueurs s’en sortent: Personnellement, .. http://bit.ly/3wribs

  11. martine s says:

    Quand je regarde ce qui est partagé sur les réseaux sociaux (en écartant les bonjour, les tweets en direct de ceux qui regardent la télé, les clashes, les ya plus de café, etc) une bonne partie vient (encore) des journaux. Et bcp de blogueurs écrivent sur ce qu’ils ont lu dans la presse (ou vu à la télé) pas sur G news. Il y a donc encore une certaine considération, on remonte à la source, cad à la presse.
    Il faudrai(it) apprendre à faire sans…

  12. C’est que les blogueurs sont pas tous des créateurs (comme les journalistes qui copient l’AFP ou les articles étrangers). Il y a dans ce mouvement une tendance à tourner en rond. Boucler c’est bon quand on creuse une idée, pas quand on répète un fait.

  13. martine s says:

    c’est bien le souci…la création de contenus et pas le recopiage.

  14. Donc : J’y reviens… D’où l’importance de mettre en place un revenu Universel pour permettre à chacun de s’en sortir… Surtout avec la crise… Non ? Voir un de mes derniers articles sur mon site intitulé :
    “Le revenu Universel plus qu’une évidence une nécessité”

    Amitiés A+,

    Hugues 😉

    Ps – On ne fera décidemment donc pas fortune avec les pubs Google… Merde alors… (Rires…)

  15. @Delphine_D Début de réponse dans mon billet de hier sur la presse http://bit.ly/e60Fe

  16. Blm says:

    Google tue la presse, pas les blogueurs : http://bit.ly/4z8dIq

  17. @Narvic. Amusant, j’utilise le même argument pour les éditeurs : “Votre travail commence une fois que vous avez publié vos livres.”

  18. Pour gagner sa vie avec de la pub au clic, 1 site d’actu doit faire un trafic 10 fois supérieur à 1 site de recherche… http://j.mp/buBJh

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