Thierry Crouzet

Le flux : troisième état de l’information

phases

Jusqu’à présent, j’ai parlé de flux en termes métaphoriques plus que techniques ce qui entraîne des incompréhensions. Quand on pense flux sur le web, on pense fil RSS ou séquence de conversations sur Twitter/Facebook, pouvant aussi se transformer en fil RSS. Je crois que c’est une vision restrictive. Ce n’est pas à ça que je pense, pas seulement en tout cas. Pour moi, le flux est un état particulier de l’information, comme solide, liquide et gazeux sont des états particuliers de la matière.

Ok, c’est encore un raisonnement analogique mais l’information est aussi étudiée en physique, notamment en thermodynamique et il ne me semble pas absurde de parler de phases ou d’états pour ce qui m’intéresse (même si je suis encore flou).

  1. Temps mythologique dominé par le Verbe. La parole porte une information gazeuse, qui à tendance à s’évaporer, à disparaître, qui ne s’accumule pas.
  2. Temps historique dominé par l’écriture. La parole devient symboles et se fige dans la pierre, sur le papier. Accumulation, donc histoire, donc idée de progrès et de capitalisation sur les expériences passées.
  3. Temps post-historique (nom à trouver) dominé par le flux. L’information devient liquide. Elle ne s’évapore pas, s’accumule toujours, mais circule, se recombine, se divise, subdivise, converge…

transistion

Bien sûr, j’aurais pu dire, et j’ai encore tendance à le faire parfois, rien n’est tranché, que le Verbe est liquide et que le flux n’est pas un état particulier, mais le point de transition de phase entre liquide et solide, ce point propice à l’auto-organisation. Nous serions en train d’ajuster notre gestion de l’information pour qu’elle se maintienne au point le plus créatif. C’est un peu mystique comme façon de voir.

Point triple

Pour le moment, j’en reste au diagramme des phases. J’imagine que l’agitation de l’information engendre la température, que l’accumulation engendre la pression. J’imagine une circulation entre les trois états. Avec peut-être une tendance à tendre vers le point triple.