Depuis 2005 et le référendum européen au résultat confisqué, il était prévisible que les voix sur le Net allaient prendre de plus en plus de force, non pas à cause d’une personne en particulier, qui serait idolâtrée, mais par l’alliance de millions d’anonymes… par cette intelligence collective souvent moquée par les apparatchiks.

Nous en avons la preuve aujourd’hui. Quand les médias traditionnels cherchent à enterrer les affaires (Brice Hortefeux, Frédéric Mitterrand, Jean Sarkozy… et ce n’est qu’un début), elles reviennent sans cesse au devant de la scène, reprises jusqu’à plus soif, parfois avec mauvaise fois, dans le but de crier ce que tous doivent savoir et qu’une classe bienpensante voudrait étouffer.

À ce moment, les médias encore pour un temps de masse n’ont plus d’autres choix que de suivre le mouvement populaire. Comme ils prennent le train à retardement, ils se discréditent car leur audience comprend qu’elle a été privée d’un débat exacerbé (je dis bien d’un débat et pas d’une information). Cette audience de plus en plus écœurée par le politiquement correct se détourne alors progressivement.

Rien de neuf à vrai dire. Je débute Le cinquième pouvoir par raconter une affaire semblable à l’affaire Hortefeux, une calomnie raciste qui finit par coûter au sénateur Allen son mandat et qui le prive de briguer l’investiture pour affronter Obama lors des élections 2008 (au moins aux États-Unis ça va jusqu’au bout).

Je croyais que la classe politique et que tous les héritiers du one to many avaient compris que le monde avait changé. Non. Tout, au moins en France, jusqu’à ces derniers jours, ils n’avaient pas compris et ils sont en train de comprendre. Le réveil est douloureux mais je crains qu’il ne s’effectue du mauvais pied.

Vu les attaques sans cesse renouvelées ces derniers temps contre Internet, je crois que cette fameuse classe sait enfin que le peuple dispose d’une arme de destruction massive. Et c’est maintenant que la guerre commence. Hadopi était pour amuser la galerie, un protectionnisme de premier niveau, de quoi se donner les moyens de punir à l’improviste les voix les plus dérangeantes.

Mais, au fond, la menace n’avait pas été prise au sérieux. On avait écouté quelques conseillers un peu éveillés mais on n’avait pas soi-même ressentit la douleur de la morsure du Net. C’est un peu comme avec le réchauffement climatique. On sait qu’il existe mais, tant que rien ne change dans notre quotidien, on ne bouge pas. Savoir qu’ailleurs des gens déjà en souffrent c’est un peu comme savoir que, dans un autre pays, un politicien se fait flinguer par les foules lyncheuses.

Il en va tout autrement quand la foule gronde à vos fenêtres. On prend peur et, quand la peur nous noue le ventre, on est prêt à se battre de toutes ses forces. Le professeur Lordon explique que ceux qui profitent du système financier actuel, et leur thuriféraires, nos gouvernants qui leur mangent dans les mains, se battront jusqu’à la dernière goutte de sang. Ils mourront sur le champ de bataille s’il le faut. Ils ne renonceront pas à leurs privilèges. Alors pour les défendre, ils redoubleront d’acharnement contre cet Internet populiste et par trop idéalement démocratique.

Ils avaient fini par accepter la démocratie illusoire, « donner le droit de vote », il est hors de question qu’ils effectuent un pas de plus vers une démocratie de tous les instants. Ils n’auront de cesse de mettre en avant l’avis des experts par rapport à celui du peuple, les œuvres des artistes officiels par rapport à celles des amateurs, le business des grands groupes par rapport à ceux des artisans… Cette rhétorique déjà bien huilée n’aura de cesse de se perfectionner et, en même temps, ils tenteront de la renforcer avec des armes juridiques et policières.

J’anticipe des jours noirs pour les libertés numériques. Mais nous nous battrons aussi, nous ferons gronder nos voix jusqu’à ce que les médias fossilisés n’aient plus d’autres choix, pour sauver leur business, que de nous suivre tout en lâchant ceux qu’ils défendaient jusqu’à présent. Le combat sera long et douloureux. En France, comme souvent lors de conflit mondiaux, nous sommes en première ligne. L’histoire va-t-elle se répéter ? Les nouveaux régimes n’ont-ils pas comme destin de devenir des anciens régimes qu’il faut alors abattre ?

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55 comments

  1. RT @olivierl: Déclaration de guerre contre Internet http://bit.ly/OKyZ6 rt @raffa_gm (via @crouzet) #libertésnumériques

  2. BT @crouzet Déclaration de guerre contre Internet http://bit.ly/OKyZ6

  3. RT @crouzet: Déclaration de guerre contre Internet http://bit.ly/OKyZ6

  4. RT @crouzet: Déclaration de guerre contre Internet http://bit.ly/OKyZ6

  5. RT @crouzet Déclaration de guerre contre Internet http://bit.ly/OKyZ6

  6. Rosselin says:

    Guerre contre qui exactement ? C’est qui “ils” ? Cette “fameuse classe” ? La classe politique ? Une autre classe ?

    JR

  7. michel v says:

    La première phrase m’a fait bondir. De quel droit affirmeriez-vous que le Non en 2005 est LA voix des millions d’anonymes sur internet ?

  8. Je définis non… ceux qui profite du “one to many”. Tous ceux qui vivent de la représentation, de la diffusion de masse, de la distribution de masse… tout ceux qui sont dans la logique du command en control.

    Syndicaliste, politiciens, ultra-capitalistes… tous ceux qui ont su se servir du one to many… ça fait beaucoup de monde dans le même sac… de l’autre côté y’a le many to many.

    @Michel V J’ai publié un livre en 2007 pour expliquer.

  9. phyrezo says:

    c’est exactemment ce que dit Finkelkraut:

    “Internet c’est le risque démocratique”

    sf que Finkelkraut le dit pour condamner Internet…

    ben oui Finkel… c’est emmerdant la démocratie !

  10. Je vais maintenant décrypter son discours et faire un billet dessus.

  11. 000 says:

    “dans le but de crier ce que tous doivent savoir et qu’une classe bienpensante voudrait étouffer”

    Le problème c’est que souvent ce sont des mensonges qui sont criés, et que la vérité devient inaudible, parce que la furie collective emporte tout.

    “Cette audience de plus en plus écœurée par le politiquement correct se détourne alors progressivement.”

    On a aussi une audience de plus en plus écoeurée par la furie populaire et qui s’en détourne progressivement.

    Je relis de plus en plus de livres, et de moins en moins de blogs.

    “Mais nous nous battrons aussi”

    Pour quel objectif ?

    Personnellement, entre le carton musical actuel sur YouTube:

    (3 millions de vues en moins d’une semaine)

    et l’opéra subventionné par l’Etat et la pyramide élitiste,

    je choisis sans hésiter l’opéra.

    Tu tiens vraiment à te battre pour aboutir à ça :

    Sérieusement ? Tu crois vraiment que construire ce monde de la masse qui écrase tout c’est une avancée, par rapport aux oeuvres merveilleuses subventionnées par l’Etat, comme l’opéra, les films d’auteurs, … ?

    Le plus important dans la vie, c’est de savoir si l’objectif pour lequel on se bat est vraiment le bon.

    Défendre la masse contre les élites n’est pour moi, définitivement, pas le bon combat.
    Je me bats pour la qualité, pas pour la masse.

  12. Je n’ai pratiquement jamais lu les blogs, jamais les journalistes… et toujours les livres.

    Je ne suis pas non plus pour le populisme de Youtube et autre.

    Ce que je constate c’est qu’une classe va se battre pour restreindre la liberté sur internet car cette liberté l’insupporte et l’indispose. Cette liberté je la trouve précieuse, ne serait-ce que pour écrire ce que j’écris sans demander quoi que ce soit à personne.

    Proposer quoi d’autre ? Je vais pas répondre Wikipedia parce que c’est devenu la tarte à la crème. Mais je peux répondre pour moi, pour faire ce qu’il me semble bien de faire, ce que je fais ici. C’est cela le quoi d’autre que je ne pouvais pas faire avant. ça n’empêche pas de penser livre aussi.

  13. 000 says:

    (On pose mal le débat quand on établit une guerre entre Internet et le vieux monde.

    Pour moi le débat c’est entre la qualité et la merde populiste.

    Du côté de la merde populiste, on a aussi bien :

    – TF1,
    – les journaux régionaux qui font des tirages énormes avec des faits divers à la con
    – le gros du Net, tout ce qui buzz et est grégaire

    Du côté de la qualité on a :

    – l’art subventionné par l’Etat : opéra, films d’auteurs…
    – les niches sur Internet, qui diffusent de la qualité sans chercher l’audience maximale.

    On voit qu’Internet produit le pire et le meilleur,
    de même que le pouvoir produit le pire et le meilleur.

    On doit défendre le meilleur, et il ne s’arrête pas à la frontière du Net, ni dans un sens ni dans l’autre.

    Défendre le Net dans son ensemble,
    ou combattre le Net dans son ensemble,
    n’a aucun sens.

    On doit défendre ce qui conduit au meilleur,
    et combattre ce qui conduit au pire.
    Quel que soit le support ou la classe sociale de l’émetteur.)

  14. C’est toi qui déplace le terrain de la guerre que j’évoque. Moi je défend pas le populisme mais le droit que doit avoir le peuple de pouvoir s’exprimer sans censure (et je fais partie de ce peuple). C’est très différent.

    Les génies sortent aussi du peuple… et la liberté de parole facilitera peut-être leur émergence… +intelligence collective.

    Que le meilleur et le pire existent dans toutes les configuration est une évidence. Ce qui m’intéresse c’est la configuration qui maximise le meilleur. Et je doute que la censure soit favorable à cette maximisation.

    Pour moi l’humanité est loin d’avoir achevé son histoire (vers le toujours plus de coopération).

  15. 000 says:

    “Ce qui m’intéresse c’est la configuration qui maximise le meilleur.”

    Voilà, c’est comme ça qu’il faut poser le débat.

    Et très vite l’on s’aperçoit que la liberté et l’égalité citoyennes ne sont pas les conditions suffisantes pour maximiser le meilleur.

    Il faudrait que le Net fasse un peu plus d’efforts pour maximiser le meilleur, au lieu de reconstruire des TF1 en ligne, version citoyens.

  16. Pas suffisante mais nécessaire… je pense en avoir fait la démo dans le 4eme chapitre de mon nouveau livre en même temps qu’une réfutation du libéralisme.

  17. 000 says:

    Thierry, le problème c’est qu’on piétine sur cette première étape.

    Tu as déjà des armées d’incultes qui défendent la liberté, allons plus loin maintenant.

    Il faut passer à la deuxième étape : au-delà de la liberté, les conditions à créer pour mettre en valeur le meilleur, et pousser les gens au meilleur.

    Quand on voit ce qui buzz, tout est à faire encore.

    Tu avais commmencé un essai avec Cozop, mais Cozop était trop centré sur la blogosphère, surtout politique.

    Manque de bonne matière par manque de modèle économique favorisant la création.

    Si ta femme lance une maison d’édtion, ça peut être une deuxième étape, bien plus intéressante que de brailler pour la seule liberté.

    De même, il faut ouvrir des maisons de production de vidéos YouTube.

    Pour créer de vrais courts métrages adaptés au format YouTube.

    On essaie, mais c’est vraiment dur avec ce modèle de gratuité.

    “Eyeka” se vautre dans les vidéos pour les marques.

    Faire des vidéos pour Danone et Nike, voilà tout ce que finance le Net…
    Ce faisant on participe encore à la société de consommation, au lieu de créer autre chose.

    D’ailleurs, la meilleure façon de défendre la liberté, c’est de mettre en valeur le meilleur, qui la justifie.

  18. Henri A says:

    “au-delà de la liberté, les conditions à créer pour mettre en valeur le meilleur, et pousser les gens au meilleur.”
    Des gens meilleurs ? Dans quel sens ?
    Ce n’est pas une règle de la nature, faire et apprécier de l’art.
    Je ne vois pas pourquoi ce que l’on appelle “art” devrait avoir un statut particulier et encore moins de passer par l’art pour être meilleur ( en admettant que tu ais voulu dire ce genre de chose ).
    Si tu apprécies de voir des films sous 7 degrés et que j’apprécie d’écouter la musique chronologiquement, j’appelle cela “une manie” et non une façon de vivre qui confine au sublime.

  19. 000 says:

    @ Henri

    “pas pourquoi devrait avoir un statut particulier”

    Tu résumes là très bien l’idéologie populiste qui pour moi est une regression :

    “chacun ses goûts,
    il n’y a pas de supériorité de l’opéra sur une merde de YouTube,
    la culture est une marchandise comme une autre qui ne mérite aucune protection” etc

    Avec ce raisonnement on aboutit à ce qu’il s’est passé en Italie : la destruction du cinéma d’auteur.

    Le goût de la masse qui triomphe de tout.

    Pas de statut préservant la création de qualité.

    C’est bien pour cela que je ne vous fais pas confiance pour construire un modèle de société supérieur.

    Cette idéologie égalitaire fait disparaître tout ce que la civilisation a créé, qui distingue l’humanité d’un troupeau de vaches.

    Avec votre haine des élites, vous détruisez le sel de la terre.

    Heureusement qu’on a eu des princes, des rois, des chefs d’Etat, des ministères, des institutions, qui ont eu une politique culturelle.

    L’égalité des vaches dans le pré, ce n’est pas mon modèle de société.

  20. J says:

    tu m’emmerdes 000 avec tes lieux communs des élites contre le mauvais goût des masses.
    plus tu développes tes laius approximatifs qui se déploient sur la base de tes interprétations biaisées de ce qu’écrivent les autres, plus je te considère dans le fond indigne du peuple le moins cultivé.
    tu es un mi savant, et fais le lit des ennemis de l’intelligence et de la vertu!

  21. ah ben dsl @crouzet pas vu que tu avais déjà écrit : Déclaration de guerre contre Internet http://bit.ly/OKyZ6 #jeansarkozypartout

  22. 000 says:

    @ J

    Tes propos sont creux et tu ne sais pas de quoi tu parles.

    Dans le monde du cinéma on sait que le cinéma italien est mort parce qu’on l’a abandonné au seul choix des foules.

    Et l’on sait que le cinéma français est resté dans les 4 cinémas les plus vivants au monde ;

    pas par hasard, mais par des mesures de protection.

    Voilà, ça c’est du réel.

    Tes délires idéologiques contre les élites pourries, ça ne mange pas de pain, et ça ne construit rien du tout.

    Va t’amuser sur YouTube avec les merdes populaires, je te les laisse. Je défends les modèles qui créent autre chose.

  23. J says:

    tu es limité mon pauvre 000 🙂

    il se trouve que je connais bien le cinéma italien, et ce qu’il s’est passé dans les 70s.
    en rejeter la responsabilité sur une soi disante foule soi disante ignare est bien la preuve que tu n’es qu’un maniaque incapable de prendre en compte la complexité d’un phénomène tel que celui ci.
    intéresse toi a mediaset, du con 🙂

  24. J says:

    désolé… 🙂

    mais il commence à me gonfler ce rigolo prétentieux incapable de prendre un peu de hauteur et de largeur dans ses pseudo analyses, toujours à tirer sur ceux qui n’ont pas la chance d’avoir été cultivés!

    a+

  25. Moi un cinéma italien qui a produit un Moretti ! C’est suffisant. Rien d’aussi grand en France durant la même période.

    Et les Iraniens! Kiarostami Personne chez-nous ne l’approche.

    La qualité d’un cinéma ne se mesure pas au nombre d’oeuvres produites. Je n’admire aucun cinéaste français contemporain.

  26. Twidi says:

    A lire: Déclaration de guerre contre Internet http://bit.ly/kbnIW

  27. J says:

    je n’aime pas trop moretti, un peu trop gros sabots revendicateurs à mon gout.
    mais bon.
    je dirai pour ma chapelle que le gomorrha vaut bien les 10 dernieres années de cinéma français.

    j’ai bien aimé alien4 sinon, par un français, certes assisté des ricains 😉

    ah ces ricains : Lynch Burton Van Sant Cronenberg Raimy Cohen Soderbergh
    Tarantino Jarmush Eastwood …

    on dira ce qu’on veut, ils continuent à faire des trucs pas mal quand même.
    nous? rires peinés…

  28. Shadok says:

    Vous prenez LE mauvais exemple, voire même le contre-exemple :

    Si Internet avait bien joué son rôle, les conneries sur le réchauffement climatiques n’auraient pas aussi bien pris dans les esprits… et ce politocard de Gore n’aurait jamais eu un pseudo-Nobel qui discrédite celui de tous les autres vraiment méritants !

    (voir le site de « la pensée unique pour les scientifiques », http://www.pensee-unique.fr/index.html ou on découvre que la vérité qu’on nous assène est très fortement et à juste titre mise en cause et que donc le débat n’est PAS clos, loin s’en faut ! Ouvrez les yeux et méfiez-vous aussi d’Internet et de ce que vous choisissez d’y voir…)

  29. 000 says:

    “Je n’admire aucun cinéaste français contemporain.”

    Tu es trop dans l’extrême: le génie absolu et révolutionnaire sinon rien, tout le reste se vaut.

    Je défends les petits films de qualité : tout n’a pas besoin d’être révolutionnaire.

    N’importe quel petit film français est déjà supérieur à ce que produit YouTube en propre pendant un an.

    Une petite comédie française est déjà plus drôle que les pitoyables essais de comique que tentent les amateurs de YouTube.

    Quand on cherche des créations de YouTube à promouvoir, on ne trouve rien, c’est terrifiant.

    Les séries Web sont une catastrophe absolue, impossibles à regarder tellement c’est bête et bas.

    Tu as dénigré Serrault à sa mort, mais même les petits films avec Serrault écrasent tout ce que le Web produit en audiovisuel.

    “ah ces ricains : Lynch”

    Le plus grand film de Lynch, Mulholland Drive, a été produit en France grâce au système de production à la française.

    C’était infinançable aux USA.

    Par ailleurs, c’est malhonnête de comparer un pays de 250 millions d’habitants avec un pays de 60.

    Il y a 4 fois plus de chances d’avoir de grands cinéastes aux USA, rien que pour la raison démographique.

    Et le marché international anglophone est plus vaste que le marché francophone, multipliant les productions.

  30. 000 says:

    “un cinéma italien qui a produit un Moretti !”

    Raté : il est produit par la France.

    “La Chambre du fils” est co-produit par Bac Films et Studio Canal

    “Il caimano” est co-produit par Bac Films, France 3 Cinéma, Canal+ Productions, CinéCinéma…

    “Et les Iraniens! Kiarostami Personne chez-nous ne l’approche.”

    “Le Goût de la cerise”, de Kiarostami, est co-produit par la France.

    “Le vent nous emportera” est produit par la France également : MK2 Productions

    On ne parle pas de la génétique des cinéastes, on s’en fout de leur nationalité.

    On parle d’un système de financement aidé par l’Etat :

    le système de financement français produit ou co-produit des chefs d’oeuvres internationaux, comme Lynch, Moretti ou Kiarostami, films qui n’existeraient pas sans cela.

    Tu cites des films qui sont produits par le cinéma français, peu importe la nationalité de l’auteur !

  31. Moretti a fait ses grands films avant l’aide française (Palombela notamment).

    Kiarostami lui a aussi fait de grands films avant (même si le goût de la Cerise est un chef d’oeuvre).

    On est dans la logique de l’investissement sur des valeurs sures.
    La France n’a pas participé à leur émergence.
    Mais bon je vais pas me battre là-dessus.

    On peut aussi dire que le tout subvention a favorisé une caste de cinéastes médiocres chez nous qui passent leur temps à faire la manche plutôt qu’à faire des grands films.

    Ton argument peut se retourner contre toi.

    En plus personne ici ne remet en cause l’idée de mécénat.

  32. 000 says:

    “Palombella”

    Coproduit avec trois boites françaises:

    La Sept Cinéma
    Palmyre Productions
    Banfilm

    Le film est co-crédité de la France au niveau de la production : Country: Italy | France

    Le système de production italien est tellement détruit que sans des coproductions françaises il a du mal.

    Beaucoup des plus grands films d’auteurs du monde dépendent d’un financement français.

    Mulholland Drive n’aurait jamais existé sans la France.

    Quand la France ne finance pas, il y a rarement des mécènes pour prendre le relai, quand ce n’est pas commercial.

    Pour ce qui est du cinéma “de rente”, médiocre, c’est toujours souvent très au-dessus de ce que produit le Web ou le public spontanément.

    On ne peut pas créer des cinéastes révolutionnaires avec de l’argent public, mais on peut déjà faire vivre une qualité moyenne, qui sans cela serait remplacée par de la merde.

  33. Tu es en train que le cinéma français n’est capable que de produire des bons films étrangers. Que le ciné soit un business en France, on le sait.

    C’est côté créateur que ça marche pas… on va les chercher ailleurs. Donc n’a pas sauvé le ciné français mais la prod française (comme l’auto-mobile).

  34. J says:

    tu es injuste thierry.
    il y a christophe barratier avec les choristes, ou l’éternel resnais, quand même, au top 3 avec truffaut et renoir sans problème.
    je suis d’humeur badine ce soir 🙂

  35. 000 says:

    “Donc n’a pas sauvé le ciné français mais la prod française”

    On ne peut rien faire d’autre.

    Il n’y a pas de recette pour faire des génies.

    Tout ce qu’on peut faire, c’est avoir un système de production qui permet de tourner des films exigeants, qui ne font pas un carton au box office, et qui n’existeraient pas sans soutien financier.

    Avec 7 milliards d’habitants sur terre, et seulement 60 millions d’habitants en France, les probabilités sont plus fortes d’avoir des génies à l’étranger.

    Mais la plupart des pays du monde ont abandonné la production de films d’auteurs, pas assez rentables.

  36. J says:

    oh maitre triple000, lang, renoir, hitchcock, capra, ford, fellini, truffaut, rosselini, lubitch, hawks, etc etc etc, c’était pas vraiment des films d’auteurs exigeants pour public avec baton prétentieux dans le c** genre cinémathèque de quartier.

    explique nous, oh maitre, génie des probabilités créatives, explique nous 🙂

  37. 000 says:

    Le cinéma a été le roi du divertissement pendant quelques décennies, ce qui attirait les capitaux,

    puis il y a eu le foot, les téléfilms, les jeux TV, qui ont pris la place…

    le public a changé:

    Avant, les divertissements de masse visaient surtout la bourgeoisie adulte : le niveau d’exigence culturelle était plus haut.

    Le peuple, il y a 50 ans en France, c’était encore des paysans : ils n’allaient pas au cinéma, ils ne consommaient rien, donc on ne pensait pas à eux en réalisant un film.

    Renoir ou Max Ophuls ne faisaient pas de films pour eux.

    Puis ce peuple a commencé à avoir la télé:

    la notion de masse a changé. La notion de public a changé.

    Le public dominant, ce n’était plus le public bourgeois qui allait voir un Truffaut : c’était désormais le public populaire qui regardait le foot, les jeux, et les téléfilms.

    La démocratisation du divertissement a tiré la production vers le bas.

    Aujourd’hui un Julie Lescaut sur TF1 fait davantage d’audience qu’un Hitchcock, et coûte moins cher à produire.

    La production s’est adaptée au public TV.

    Les adolescents ont aussi gagné en pouvoir d’achat et en autonomie : maintenant un film doit viser le public des 14 ans, selon les nouvelles normes d’Hollywood.

    A l’époque d’Hitchcock, on ne visait pas ce public de 14 ans, qui allait peu au cinéma.

    Quand on fait un film pour un ado de 14 ans, la qualité baisse.

    Les capitaux ont changé de destination.

    A l’époque d’Hitchcock, de Renoir, de Truffaut, des millions n’étaient pas monopolisés pour acheter des droits sportifs.

    Résister à la fuite des capitaux vers le sport, n’est pas une mince affaire pour le cinéma aujourd’hui.

    L’Italie a fait le choix de ne pas sauver son cinéma, laissant l’argent filer vers la TV et le sport.

    La France a sauvé son système de production et de distribution, mais les conditions ne sont plus celles du cinéma des années 50.

    Cela dit tu caricatures la production française actuelle, il n’y a pas tellement de films très intellos pour cinémathèques.

    Il y a aussi un certain épuisement : au bout d’un siècle, le cinéma a produit beaucoup de films, c’est difficile de faire chaque fois mieux que les grandes références qui s’accumulent.

    On pourrait aussi bien parler de la crise de création en littérature : le dernier grand auteur français ? Depuis Proust et Céline, pas un seul du même niveau.

  38. Henri A says:

    Un truc chopé dans un commentaire chez Pacco :
    http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=2880730.html

    Triple néant, tu vas me faire le plaisir de le visionner 200 fois !

  39. 000 says:

    “Des gosses !”

    A lire Agoravox, le terme “gosses” désigne obligatoirement des enfants de moins de 12 ans, et ne peut être employé métaphoriquement.

    Relis les 3300 articles accusatoires que le média citoyen a consacré à Mitterrand.

    Tu lis mal Agoravox, et tu regardes la chaîne d’Etat franco-allemande… Tu tournes mal, triple collabo !

  40. J says:

    tout s’éclaire!
    merci maitre ; )
    cela dit, je me permets maiiiiiitre de faire remarquer à votre science du bas de ma courbature que peut être il n’est pas impossible éventuellement de considérer qu’au contraire il était très pop le public de cinéma, notamment mais pas seulement dans les années 40 à 50 comprises qu’on appelle l’âge d’or…
    pardon maitre, pardon, c’est probablement une erreur de mes sens abusés par l’erreur d’avoir parlé à la plèbe ignorante et lyncheuse trop souvent.

    ps : ça va hein henri, si on ne peut plus s’amuser un peu avec le sympathique triplebuse : )

  41. 000 says:

    “il était très pop le public de cinéma des années 40 à 50”

    Ce peuple n’avait pas d’autres offres de divertissement.

    Avec l’apparition de la TV dans tous les foyers et la diversification des programmes, on touche maintenant le peuple avec Julie Lescaut, les jeux, et le foot.

    C’est ce que le peuple plébiscite.

  42. 000 says:

    (ça marche davantage à tous les coups qu’un film de cinéma.

    Il y a encore des succès populaires au cinéma, mais c’est beaucoup plus aléatoire et irrationnel que la constance des audiences de Julie Lescaut.)

  43. J says:

    désespérant OOO, l’homme aux bugs logiques.
    allez sans rancune, joujou fini…

  44. 000 says:

    “Un truc chopé dans un commentaire chez Pacco :
    http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=2880730.html
    Triple néant, tu vas me faire le plaisir de le visionner 200 fois !”

    Au troglodyte maculé

    Un peu long ton doc.

    Un passage intéressant vers la fin sur la théorie des cordes et la structure musicale du monde.

    Il fallait commencer par là, le reste est du bavardage déjà connu.

    La musique des trous noirs, en si bémol, ressemble à la symphonie en si mineur de Schubert:

  45. RT @Calimaq "J’anticipe des jours noirs pour les libertés numériques. Mais nous nous battrons aussi,…" http://tinyurl.com/yff5dsr

  46. RT @Bouillon : Déclaration de guerre contre internet – Le peuple des connecteurs / Thierry Crouzet. http://ff.im/-9Ruh7

  47. Henri A says:

    A triple oreille bouchée :
    Il y a quelques fausses notes dans ce documentaire, surtout le couac de la fin. Toujours la même erreur :

    “Spengler écrit : « [Telle ou telle chose] peut être moins apparente dans les parties populaires des mathématiques, mais les formations numériques supérieures auxquelles chacun d’eux […] ne tarde pas à s’élever, comme le système décimal hindou, les groupes antiques des sections coniques, des nombres premiers et des polyèdres réguliers, ceux, en Occident, des corps numériques, les espaces multidimensionnels, les constructions hautement transcendantes de la théorie des transformations et de la théorie des ensembles, le groupe des géométries non euclidiennes… », etc. Cela fait si sérieux qu’un non-mathématicien se persuade aussitôt que seul un mathématicien peut parler ainsi. En réalité, cette énumération de Spengler évoque le zoologue qui classerait parmi les quadrupèdes les chiens, les tables, les chaises et les équations du 4e degré ! ”

    Musil.

  48. 000 says:

    Bon, et pas même un article pour la grande nouvelle de l’année (voire du siècle) : Ginisty quitte le Modem.

    Cet imbécile de Bayrou va bientôt chanter tout seul sur le tas de fumier de son orgueil.

    Cécile Duflot ou Corinne Lepage en 2012 ?

  49. Mea Culpa 0 says:

    Dans le fond, J a raison.

    Le Web change le monde.

    A la Une du Post :

    http://www.lepost.fr/article/2009/10/15/1743816_nicolas-sarkozy-annonce-son-interview-au-figaro-sur-sa-page-facebook.html

    “Nicolas Sarkozy annonce son interview au Figaro sur sa page Facebook”

    “C’est sur son propre Facebook que Nicolas Sarkozy annonce la nouvelle. Il accorde un entretien à un grand quotidien national.

    L’information avait légèrement filtré dans l’après-midi. Il s’agirait du journal Le Figaro. Le chef de l’Etat profite de ce petit message sur sa page Facebook pour remercier ses supporters de leur soutien.”

    Des nouvelles aussi extraordinaires justifient l’existence d’Internet et de Facebook, et Le Post a bien raison de passer cet article en Une.
    Henri en a encore les papilles qui salivent d’aise.

  50. Excellent, bravo… Rien a rajouter tout est dit !!!
    Bises A+,
    Hugues 😉

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