Ce titre pourrait être le début d’un dialogue entre un partisan de la théorie d’Anderson et un défenseur du vieux business model de la rareté.

Je lis tout et n’importe quoi sur la longue traîne. Beaucoup de gens en restent à une idée simpliste, ne songeant qu’à leur business model. Par exemple Frédéric Filloux. Tout cela me donne envie de revenir brièvement sur le sujet.

  1. Je me réjouis de voir les entrepreneurs qui construisent un business sur la longue traîne se planter. La longue traîne ne s’enferme pas. À mon sens, elle ne peut se mesurer qu’à l’échelle globale. Prenons tous les livres, vendus ou gratuits, lus chez soi ou dans une bibliothèque, traçons la courbe de ce que les gens lisent. C’est là qu’il faut chercher la longue traîne pas chez tel ou tel vendeur (seul un immense vendeur comme Amazon peut la faire apparaître – et ce n’est même pas obligatoire).
  2. Si un vendeur de DVD comme NetFlix ne fait pas apparaître la longue traîne dans ses ventes, c’est juste la preuve qu’il n’a pas réussi à mettre en place un système de recommandation pour que ses clients réussissent à s’auto-conseiller. Ça ne prouve rien d’autre sinon que NetFlix, malgré son large catalogue, reste dans l’économie de la rareté.
  3. La longue traîne n’est malheureusement pas une fatalité sinon nous aurions quitté depuis longtemps l’économie de la rareté.
  4. La longue traîne ne peut naître que sous l’impulsion de système de recommandation, donc avec le développement des réseaux sociaux et la multiplication des propulseurs. Une entreprise isolée aura toujours du mal à créer cette dynamique.
  5. La longue traîne ne peut être que le fruit de la décentralisation. Prenons l’audience de tous les journaux, de tous les magazines, de tous les blogs… là encore il est fort probable que nous ayons une longue traîne. Nous le savions avant Anderson d’ailleurs. Tout système complexe se caractérise par une loi de puissance. De même que les organisations sociales non pyramidales ce qui est le propre des systèmes de recommandation. Anderson n’est pas du tout le premier qui a vu ça, Barabasi en parle dès 2003 dans Linked et avant dans ses travaux de recherche.
  6. Nous n’avons pas besoin d’observer la longue traîne mais nous devons chercher à la développer pour passer de la société de la rareté à la société de l’abondance. C’est un acte politique, pas commercial.
  7. Si les petits producteurs peuvent survivre, c’est une attaque frontale au capitalisme totalitaire qui veut devenir hégémonique. Il est de notre devoir de consommateur de défendre ces petits producteurs et donc, incidemment, de développer la longue traîne.
  8. La longue traîne doit se construire indépendamment de toute plate-forme centralisée, telle celle d’Amazon.
  9. La longue traîne est anticapitaliste par principe. Pas étonnant que les entreprises capitalistes qui cherchent à l’exploiter se prennent souvent les pieds dans le tapis.
  10. Au final, distancions-nous d’Anderson qui n’a développé sa théorie que pour servir le capitalisme sans en mesurer la portée révolutionnaire. Revenons à l’idée de loi de puissance beaucoup plus féconde.

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  1. Merci Thierry,
    Une petite, même deux ou trois titres, serait franchement la bienvenue. Enfin je parle pour moi…

  2. sophie says:

    Terme très tendance auprès des entrepreneurs du Net, la longue traîne est une expression courante pour désigner un phénomène connu en effet depuis longtemps des statisticiens . Ainsi, selon le principe de Pareto, 20 % des causes produisent 80 % des effets. De la même façon, seulement 20 % des films produits et distribués par les majors deviennent des blockbusters. Pour l’industrie musicale, les chances de rencontrer le succès sont encore plus faibles, avec moins de 10 % de hits parmi tous les albums.

    Le succès du concept de la longue traîne tient au fait qu’il offre une manière commode d’exprimer les différences de fonctionnement entre marchés physiques et marchés numériques. Cette théorie a connu un succès exceptionnel. Il est vrai que nombre d’entreprises fondent leur modèle d’affaires sur le modèle de la Long Tail qui s’appuie sur la diversité, les communautés, la sagesse des foules, le pouvoir du gratuit.

    Pourtant, des études récentes sont venues relativiser la validité et les conséquences de la longue traîne en terme de structure des marchés. Dans une étude américaine parue dans la Harvard Business Review, Anita Elberse, professeur associé en administration des entreprises à l’Université d’Harvard, au terme d’une analyse des téléchargements de musique et des locations par la Poste de DVD, montre que le Web amplifie le succès des hits.

    Une autre analyse, britannique, des ventes de musique en ligne, suggère par ailleurs que les marchés de niche ne sont finalement pas des mines d’or inexploitées et que le succès repose encore sur quelques best-sellers. Les auteurs, Andrew Bud, entrepreneur dans le domaine des TIC, et Will Page, économiste en chef de la MCPS-PRS Alliance et concepteur du modèle économique de l’album In Rainbows de Radiohead, constatent que 85 % des albums disponibles ne se sont pas vendus une seule fois. 40 titres représentent à eux seuls 8 % des ventes, et 3 % du total des titres vendus concentrent 80 % du chiffre d’affaire .

    Puis, en France, à la demande du Ministère de la Culture et de la Communication, les économistes Pierre-Jean Benghozi et Françoise Benhamou ont étudié les ventes de CD et DVD. Leurs résultats font apparaître un effet de longue traîne, mais si faible qu’il semble peu à même de constituer la base d’un véritable marché.

    En réponses aux critiques, Chris Anderson souligne que la longue traîne reste encore une force culturelle plutôt qu’une force économique.

  3. Valoche says:

    J’aime bien cette idée que la long tail soit un acte politique.
    Et je suis complètement d’accord: elle n’existe pas aujourd’hui car tous les systèmes de recommandations sont construits pour favoriser la concentration.
    On en reparle dans 5 ans!

  4. Kevin HA says:

    RT @tbayart: vous recommande de lire "Long tail Mon cul" de Thierry Crouzet http://tinyurl.com/yz6gcr8

  5. RT @PhilippeMartin: Long tail ? Mon cul ! http://bit.ly/1YpZZ8 #fb

  6. 000 says:

    “le Web amplifie le succès des hits”

    Absolument.
    On ne sort pas du désir mimétique.

    Le Web parle essentiellement de ce qui est déjà connu.

    Pour le reste, on a un éparpillement, une hyper-ventilation, une hyper fragmentation de millions de références, trop fragmentées pour dégager des moyens d’existence économique.

    Le Web n’a pas favorisé le cinéma d’auteur, par exemple.

    Parce que les moyens nécessaires pour produire un film, même d’auteur, même modeste, sont déjà très supérieurs aux possibilités de l’hyper fragmentation d’audience du Web, pour tout ce qui sort des hits.

    Le Web augmente les inégalités : des méga hits d’un côté, et de l’autre des micro-audiences minuscules.

    Tandis que le système institutionnel permettait une troisième voie : entre les hits et les micro-niches, des productions de qualité, à audience moyenne, subventionnées.

    Ce que le Web ne parvient pas à faire pour le moment, c’est cette troisième voie : dégager des moyens économiques pour des créations de qualité qui sortent des hits de masse.

    Le Web n’a pas remplacé le CNC ni le ministère de la Culture.

    Système ultra-libéral, le Web conduit à la situation culturelle des Etats-Unis : le méga hit est le seul à s’en sortir, les autres créations crèvent de faim, sans aides, sans subventions.

    Darwinisme culturel, qui ne sélectionne pas la qualité mais le goût facile, la provoc, le grégarisme.

  7. RT @himselfprod: RT @PhilippeMartin: Long tail ? Mon cul ! http://bit.ly/1YpZZ8 #fb

  8. J says:

    “…qui ne sélectionne pas la qualité mais le goût facile, la provoc, le grégarisme”

    tu as raison, la preuve, tu prends bien de la place en ligne

    “désolé”, pas pu m’empêcher 🙂

  9. @000 Tu sais très bien qu’il y a moins de méga-hit par ans depuis que le web existe. Est-ce à cause du piratage ? C’est loin d’être sûr. Dans ce cas, c’est bien que les gens se dispersent sur “autre chose”. Youtube ne fait pas son trafic uniquement sur les gros trucs populistes. Tout le reste compte et c’est pour ça que des choses peuvent sortir de tout ce reste de temps autres.

    Et arrête de parler de cinéma… le cinéma c’est un truc du XXe.

  10. 000 says:

    (Il y a une très grande différence entre

    – l’existence en ligne d’une diversité infinie d’expressions;

    – et l’existence de petits producteurs indépendants capables d’aider la création, de financer des projets, d’aller plus loin que l’expression immédiate.

    La long tail aujourd’hui c’est le cas 1.
    Le Web n’a pas réussi, à ce stade, l’étape 2.

    Cette étape 2 est fondamentale, parce que créer de la qualité a un coût, ou alors c’est l’esclavage des chômeurs, ou bien le loisir des rentiers.

    On en revient toujours au modèle économique permettant la diversité.

    Une vraie long tail, de qualité, a besoin de modèles économiques.)

  11. #ecommerce Long tail ? Mon Cul ! http://bit.ly/jfHTn

  12. 000 says:

    “il y a moins de méga-hit par an”

    sur le plan financier à cause du piratage.
    Mais pas sur le plan de l’audience.

    “Youtube ne fait pas son trafic uniquement sur les gros trucs populistes”

    Le reste c’est des extraits de films ou de musiques, des trucs produits par le vieux système.

    (En laissant de côté les photos du bébé…)

    Youtube n’aide pas à produire de la diversité de qualité.

    YouTube c’est le pompage du vieux monde, de la Sacem, du CNC et des grands studios.

    Tu confonds l’existence d’expressions brutes, et l’existence de petits producteurs indépendants.

    L’expression brute ne suffit pas.

    Le cinéma n’est pas du tout un truc du XXe : ça reste l’art total, art conjuguant le son, l’image, le texte, l’histoire, la musique…

    Il ne pourra être remplacé que par un art total plus complexe et plus riche, pas inférieur.

    Il deviendra peut-être plus interactif et tri-dimensionnel, se rapprochant du jeu vidéo.

    (Il est certain que le Web habitue le spectateur à être acteur, et cela manque désormais au cinéma, qui laisse trop passif.)

    Le support peut être le Web, le mur d’un salon, mais ça revient au même :

    une production audiovisuelle de qualité sur le Web coûte de l’argent, il faut un modèle économique.


    Que tu sois à une étape de ta vie où tu ne ressentes plus le besoin ou l’envie d’une oeuvre audiovisuelle, c’est une chose ;
    tu as fait le tour de beaucoup de films, tu te lasses ;

    mais dans l’ensemble d’une vie, les films ça compte, et ils restent essentiels.

    Ne regarde pas toute une vie avec tes yeux de maintenant, de ton âge, en oubliant tout ce que tu as puisé du monde ancien pour te construire.

  13. 000 says:

    “Des chiffres”

    Tu connais beaucoup de petits producteurs indépendants, qui se sont développés grâce au Web ?

    Dans le domaine de la musique, du cinéma, de la littérature… ?

    J’ai l’impression que le vieux système faisait mieux, pour la production indépendante, parce que les niches étaient moins fragmentées, et parce qu’il y avait beaucoup de subventions.

    On a de plus en plus:

    – d’un côté la production gratuite, modèle auto-esclavagiste ;
    le plus souvent de l’expression brute, sans valeur artistique.

    – de l’autre les très grands studios, assez forts pour résister à la crise et au piratage.

    Plein de petits producteurs ont fermé.

    Au mieux on a une mise à disposition du catalogue créé par l’ancien monde, avec Amazon.

    C’est bien d’avoir toutes ces références disponibles, mais le plus important c’est le système qui les a produites.

    La production prime la diffusion : pour diffuser un film, il faut qu’il soit créé.

    Pour qu’il soit créé, il ne faut pas un système fragmentant trop les audiences de niches.



    CAPITAL : Le Web pense trop : “diffusion”, et pas assez : “production”.

    Les moyens de diffusion sont énormes,
    les moyens de production très réduits : principal défaut du Web.

    On diffuse des tas de trucs avant terme, faute de moyens pour mener à terme.

    Le Web est un monde de prématurés.

  14. Justement oui il y a des milliers de mecs qui produisent des vidéos pour tout aussi intéressantes que les prods officielles… Dans le genre comique Gaillard est pal mal par exemple. Mais comme je m’intéresse peu à l’image ces dernières années… je vais pas te sortir une liste.

    Toi tu cherches à trouver sur le net ce que tu trouvais ailleurs. C’est absurde. Regarde en littérature tout ce qui se passe par exemple. C’est bien plus intéressant en ligne que sur le papier.

  15. RT @Laurent8: RT @himselfprod: RT @PhilippeMartin: Long tail ? Mon cul ! http://bit.ly/1YpZZ8 #fb

  16. Henri A says:

    A triple images :
    Après un rapide coup de gougle et sans rien connaitre à la production de cinoche, je tombe sur ceci :
    Sur le site de la CNC,
    “Créé par la loi du 25 octobre 1946, et réformé par l’ordonnance n°2009-901 du 24 juillet 2009 relative à la partie législative du code du cinéma et de l’image animée, le « Centre national du cinéma et de l’image animée » (CNC) est un établissement public administratif placé sous la tutelle du ministre chargé de la culture, et a à sa tête un président.”

    Il est peu probable que cet organisme ait fonctionné de façon optimale à partir du 27 octobre 1946, n’est-ce pas ? Le début voire la fin des années 50 serait plus raisonnable, non ?
    Pour la millième fois, comment on faisait avant ?

    Ps : 20 secondes sur le site de la cnc et hop :
    “Source : CNC

    Selon les dernières estimations de la direction des études, des statistiques et de la prospective, la fréquentation cinématographique atteint 10,71 millions d’entrées au mois de septembre 2009, soit 9,4 % de plus qu’en septembre 2008.
    144,2 millions d’entrées ont été réalisées au cours des neuf premiers mois de l’année, soit 3,4 % de plus que sur la période janvier-septembre 2008.
    Sur les 12 derniers mois écoulés, les entrées dans les salles sont estimées à 194,48 millions, ce qui constitue progression de 7,2 % par rapport aux 12 mois précédents.

    La part de marché des films français est estimée à 34,3 % sur les neuf premiers mois de 2009, contre 46,3 % sur les neuf premiers mois de 2008. Sur les 12 derniers mois, elle est estimée à 36,5 %. Sur la même période, la part de marché du film américain serait de 47,0 % et celle des autres films de 15,8 %.”

  17. Crouzet fustige Filloux sur "Long tail ? Mon cul ! 'http://bit.ly/31uFBO

  18. 000 says:

    “Pour la millième fois, comment on faisait avant ?”

    Pour la millième fois, comment on faisait avant la sécu et le droit du travail ?

    C’est un raisonnement à la Fillias que tu nous fais.

    L’homme s’adapte à tout, mais certaines conditions sont plus propices que d’autres.

    On peut tout balancer et revenir à l’époque de Lascaux, c’est cela ?

    Tu peux balancer ton matériel audiophile aussi, comment faisait Bach ?

    Le cinéma français est le 4e au monde.

    Sans le CNC, il serait mort comme le cinéma italien.

    Et on a vu que le cinéma français produit aussi des cinéastes italiens, iraniens, américains… :

    lorsque Thierry cite les films contemporains qu’il admire le plus, ils sont presque tous produits par des producteurs français!

    une part importante du cinéma d’auteur dans le monde est produit grâce au système français, avec un CNC qui permet l’existence de boites de production audacieuses.

    (CNC, Canal+ avec son cahier des charges obligé, etc. Il y a tout un ensemble de protections issues de l’Etat).

    “et hop :”

    Que veux-tu dire ?

    Que ça marche encore bien ?

    Bien sûr ! Justement parce que le vieux système se protège et n’a pas abandonné son modèle. Internet n’est pas encore seul au monde.

    Internet diffuse chaque jour ce que le vieux système continue de produire.

    Un peu de respect pour les producteurs ! On leur doit énormément.


    Cet immense espace de diffusion qu’est Internet n’est rien, sans producteurs derrière pour financer des projets.

    Qu’il y ait si peu de producteurs sur Internet en fait un outil très incomplet.

    L’avenir d’Internet va dépendre de sa capacité à développer des structures de production.

  19. RT @PhilippeMartin Long tail ? Mon cul ! http://bit.ly/1YpZZ8 Intéressant billet et surtout commentaires!

  20. Bertrand says:

    Question : ne faut-il pas regarder la long tail tout en ayant en tête le livre Free ? Autrement dit, la long tail n’est elle pas faite finalement pour une économie des bits où les produits dématérialisés seront débarrassés des coûts physiques. Même si un DVD ne coûte plus que 5 ou 8 euros au lieu de 20, le prix reste suffisamment important pour que l’on se pose la question de savoir si ça vaut le coût ou si il vaut mieux pas se le faire prêter par un pote ou le télécharger “gratuitement”. Si on disait, pour 20 euros par mois tu peux prendre tout ce que tu veux dans iTunes, les hits continueraient à être pris, mais on prendrait aussi beaucoup plus facilement ce qui est à côté.

    C’est là que les grands groupes capitalistes sont encore forts, c’est parce qu’ils savent te persuader, te rassurer en matraquant, que leur produit vaut le prix auquel ils veulent te le vendre. Donc les Hits demeurent.

    Et au fait la longue traine s’observe-t-elle sur Youtube ?

  21. Tu as raison… l’économie de l’abondance repose sur un prix d’achat nul. Sur Youtube je crois bien avoir vu qu’il y avait une longue traîne, tout comme dans le domaine de l’information qui est aujourd’hui gratuit. Faut pas la chercher dans l’ancienne économie, c’est absurde, puisque c’est une phénomène qui nous permet de montrer qu’on quitte le capitalisme.

  22. J says:

    sacré thierry, toujours aussi approximatif, comme pour les changements de civilisation, ou l’autoorganisation en politique par ex 🙂

    long tail + eco abondance —> on quitte le capitalisme —> quel raccourci vu la complexité du concept de capitalisme!

    oui oui, c’est bien une trollerie, mais quand même 🙂

  23. 000 says:

    “économie de l’abondance repose sur un prix d’achat nul”

    Tu es bien gentil Thierry mais il me semble que tu as de l’argent de côté, gagné avec l’ancienne économie, droits d’auteur etc.

    Je trouve ça ignoble de dire aux petits jeunes artistes qu’ils doivent tout donner gratuitement, alors que toi tu as de l’argent de côté, ce qui n’est pas le cas de ces petits jeunes qui se lancent.

    Ils ont le droit de gagner leur vie avec leur talent.

    La longue traîne, ça doit signifier des petits producteurs, des créations rémunérées, une économie pluraliste ;

    et pas uniquement l’esclavagisme des créations gratuites.

    Quand tu auras donné tout l’argent que tu as de côté, quand tu repartiras à zéro, sans un sou, sans maison, sans rien, tu verras s’il est facile d’accepter le modèle du tout gratuit sur le Net.

    Peut-être que tu recommenceras à demander de l’argent pour tes créations, parce qu’il faudra bien que tu vives.

    Ta femme a également mis, je pense, de l’argent de côté, grâce à son travail chez Microsoft, une grosse boite de l’ancien régime que tu condamnes maintenant.
    Ce n’est pas le logiciel libre.

    Un peu facile de vivre grâce à l’ancien système, et de dire aux petits jeunes qu’ils doivent tout faire bénévolement.

  24. On va pas refaire le débat ici… Isabelle réfléchit à sa maison d’édition sur le modèle Rayan Air… Prix du ticket initialement nul avec toutes une galaxie de services annexes payant. Ainsi tu peux développer la longue traîne sans pour autant vivre comme un malheureux. Suffit d’avoir un peu d’imagination et arrêter qu’il n’y a qu’une façon de faire les choses.

    PS : J’ai pas mis tant d’argent de côté que ça… Je suis pas dans le besoin immédiat, c’est très différent. Mais je suis pas rentier et j’ai besoin de gagner ma vie comme la plupart des gens.

  25. 000 says:

    “Ainsi tu peux développer la longue traîne sans”

    Attention : pour le moment ce n’est qu’un pari, une hypothèse.

    Attendons le résultat économique pour les auteurs.

    Le résultat économique de Cozop c’était pas fameux pour les auteurs : zéro.

    Celui qui se lance aujourd’hui, sans avoir derrière soi un pécule issu de Microsoft ou de la vente d’une part de Heaven, pil faut qu’il gagne sa vie tout de suite.

    Les éditeurs classiques font des avances sur droits d’auteur.

    Pour le cinéma ou pour la télévision, un scénario c’est tout de suite de quoi vivre quelques années.

    Un scénario pour une vidéo YouTube c’est zéro revenu.

    Si le droit d’auteur disparaît, attendons de voir ce que rapportent les dons etc, avant de dire que ça marche.

    Et ne misons pas tout sur 2 ou 3 cas qui ont marché, quand ce sont des milliers et des milliers de cas qui marchent avec le système du droit d’auteur.

  26. J’ai pas vécu tout de suite de mes livres je te rappelle… j’ai commencé par faire autre chose même si j’avais commencé d’écrire avant. Faut arrêter de croire qu’on se déclare artiste à la naissance et qu’on doit en vivre tout de suite. Rares sont ceux qui s’en tirent comme ça, même dans l’ancien monde. En plus très rares sont ceux qui vivent de leurs livres. C’est un monde de pauvres. Idem pour les autres domaines (mais le livre c’est le pire endroit pour gagner sa vie).

    Pour coZop on bosse sur la v2… pourquoi on se presserait. J’ai créé bonweb en 1998. On a commencé à gagner de l’argent en 2002… Je suis pas un entrepreneur mais un joueur. Si doit marché, on verra.

  27. 000 says:

    “j’ai commencé par faire autre chose”

    C’était le journalisme techno au début ? Ou tu as gagné ta vie en tant qu’ingénieur ?

    Le revenu du journaliste est lui aussi condamné par le “nouveau monde” du tout gratuit.

    Et de fait beaucoup d’auteurs ont gagné leur vie par des piges rémunérées.

  28. Trois ans ingénieur puis trois ans journaliste… avant de plaquer le vieux monde en 1994.

    Vivre la vie du plus grand nombre avant de se prétendre artiste c’est pas indispensable mais pas inutile.

    J’ai pas de soucis pour les artistes. L’art est vital pour la société. Sans art pas de société. Donc on trouvera toujours le moyen de faire travailler les artistes même si aujourd’hui c’est un peu flou.

  29. pidudu says:

    suis un peu en retard sur le coup, mais bon: débat intéressant : Long tail ? Mon cul ! – http://shar.es/aoGtr

  30. tanguypay says:

    Comment ça longue traîne son cul ? http://bit.ly/jfHTn

  31. Contrairement à Anderson (CD, DVD, Livres….), et sans parti pris politique, j’ai trouvé la longue Traine des mots-clé sur 1 an de trafic d’un site de tourisme parisien qui n’avait aucun système de recommandation (et pour cause c’était fin 2002).

    Depuis, cette Longue Traine des kw ne s’est pas démentie y compris dans des sites de niches pourvu qu’il y ait assez de trafic.

    Plus le site est bien référencé, plus il a de trafic, et plus ses 10 meilleurs mots (les hits) voient leur part de trafic diminuer.
    Le pourcentage de trafic des 10 meilleurs mots diminue mais bien sur leur trafic absolu augmente.

    David

  32. Tu observes une lois de puissance, c’est logique…

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