Mon PRS-600
Mon PRS-600

Début septembre, sur Twitter j’avais demandé à ma communauté de réagir au sujet des ebooks. Je m’étais inspiré de toutes ces réponses et d’autres glanées plus tard pour essayer de traduire un état d’esprit général. Finalement, je n’utilise pas ces petits textes pour mon livre (pas le courage d’attribuer chacun à son auteur).

« Rien ne remplacera la texture du papier, le froissement des pages, le craquement de la reliure qui s’ouvre pour la première fois. »

« Adolescent, quand je lisais Dune de Frank Herbert, j’imaginais que l’odeur de l’encre était celle de l’épice. Jamais personne ne retrouvera cette sensation avec un ebook. »

« Le papier est chaud, l’électronique froide. »

« J’aime trop corner les pages, voir d’un coup d’œil ce qui me reste à lire, approcher de la fin et ne plus pouvoir m’arrêter »

« Les gens aiment avoir de beaux livres dans leur salon. C’est un marqueur social. »

« Un bouquin, on peut le prêter, le confier, le donner de la main à la main. C’est un échange physique en même temps qu’intellectuel. »

« Le papier se conserve sans technologie, sans énergie. Il peut traverser le temps, pas l’électronique. »

« J’aime m’attarder dans un livre, avoir avec lui une relation fidèle. Je me fiche de me trimballer avec ma bibliothèque. Si j’ai trop de livres avec moi, je me laisse distraire. »

« Je viens d’acheter quatre livres. J’en ai lourd dans mon sac – vrai quoi, avec le numérique on sait pas valoriser symboliquement l’achat. »

« J’ai pas besoin de recharger mes livres et ils tombent pas en panne. »

« Nous faisons corps avec le livre, tant gestuellement qu’intellectuellement. »

« Dans les greniers, les générations futures ne découvriront plus de piles de vieux bouquins datant d’un demi siècle. »

« Rien ne remplacera les écorchures aux doigts provoquées par le papier trop coupant. »

« Un livre est tout terrain, il supporte les secousses et les éclaboussures. Va lire ton ebook dans ton bain. »

« Quand on a lu un bouquin, on peut retrouver un passage parce qu’on se souvient au jugé dans quelle tranche il se trouve. Avec un ebook, le texte reste à plat. »

« Lire la dernière page du livre avant la première et utiliser un beau marque page. »

« Sur un ebook, ils la feront où leur dédicace les auteurs ? »

« Le livre papier constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse. »

« Pour caler un meuble, on fera comment avec ces misérables ebooks ? »

« Aucune larme n’imprégnera jamais un ebook. »

« Un livre est une promesse d’un temps pour soi, exclusif, égoïste. On le mesure d’un coup d’œil au nombre de pages et on se délecte par avance. Un ebook est intangible, il ne nous fait pas rêver.»

« Quand j’ai commencé un roman sur la plage, j’y retrouve plus tard des grains de sable. »

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31 comments

  1. RT @breizh2008: RT @crouzet: Ce que vous pensez des ebooks http://bit.ly/3GTC7P

  2. J’ai des tas de livres dans des caisses et j’ai souvent la flemme d’aller les rechercher. Les derniers que j’ai retrouvé puent le vieux grenier. Quand on déménage c’est ce qui pèse le plus lourd. C’est très difficile de faire des recherches sur plusieurs livres à la fois, il manquera toujours de la place même sur une grande table. J’ai des livres rares ou avec d belles illustrations dans des formats hétérogènes, ceux là ne me gênent pas trop en format papier et carton voire avec un peu de peau de bête tannée.
    J’ai des disques en vinyle qui dorment dans des caisses.
    Près de dix pour cent des CD que j’ai acheté ont des défauts.

    Vive la dématérialisation
    Comme disent certains canadiens: sauvez un arbre mangez un castor

  3. J says:

    c’est très chouette, et extrêmement intéressant cette suite de phrases.
    merci.

    remarque : elles sont toutes liées au registre de l’affectif ; ce qui les rend pour certaines très belles d’ailleurs.

    MAIS on peut se demander si l’affectif est le bon critère pour jauger cette (fausse)question Quid de l’avenir du supportpapier/supportnumérik…

    thierry, il y a aussi des choses intéressantes à lire chez pisani sur ce sujet, notamment dans les commentaires.

  4. RT @crouzet Ce que vous pensez des ebooks http://bit.ly/3GTC7P – bonne synthèse desa yatollahs du papier 🙂 – à RT

  5. Si j’ai viré tout ça… c’était que ça détournait de ce que j’avais à dire… ma fusée à trois étages… j’essaie de resserrer mon livre pour qu’il soit le plus court possible… composé de chapitres aussi courts que possible… des longs posts.

  6. ownicrew says:

    #OwniCrew Vous pensez quoi des ebooks ? http://bit.ly/1lPHf0

  7. Cette liste fait peur. Si les lecteurs sont majoritairement dominés par ce genre de nostalgie mièvre et irrationnelle, je ne donne pas cher de la survie du livre sous sa forme actuelle (sauf à retourner au 18e siècle et avoir une collection personnelle de tirages uniques) et dans un délai relativement court (deux ou trois générations). Ce sera spectaculaire.

  8. Bmk: Vous pensez quoi des ebooks ? http://ow.ly/161O4p

  9. Misturugi says:

    Moi je pense qu’un ebook sera plus utile pour les journaux que pour les livres pour toutes les raisons que tu viens de citer. Un journal c’est différent. Si je préfère avoir un livre dans mes mains plutôt d’un livre virtuel, les journaux c’est encombrant le plus souvent avec un papier pas toujours de très bonne qualité (les magazines passent au même titre que les livres par contre, je n’aime pas beaucoup les webzines).

  10. narvic says:

    La plupart des remarques citées sont en effet dans le registre psychologique (et non technique), mais toutes se relèvent pas de l’affectif.

    Dans la lecture individuelle et silencieuse, telle que nous l’avons apprise (et pour ceux qui la pratiquent), il se passe quelque chose de particulier, différent de la lecture utilitaire. Cette forme de lecture créé un “espace” particulier, une sorte de bulle hors du monde et hors du temps. C’est nécessaire pour que le lecteur réussisse une sorte de dialogue avec ce qu’il lit, pour que sa lecture alimente sa réflexion personnelle ou son imaginaire (en fait, c’est un dialogue avec lui-même, dont le livre n’est qu’un média).

    Pour ma part, je ne réussis pas à recréer cette expérience avec les “écrits d’écran”. Je n’arrive pas à me concentrer suffisamment pour “entrer” de la même manière dans un texte long sur écran que sur le papier. Ce n’est peut-être qu’une question d’apprentissage et je réussirai plus tard. Ce sera peut-être plus facile pour les générations suivantes… Mais pour le moment, je reste “attaché” au papier. 😉

  11. J says:

    sir yes sir narvic, toutes ne relèvent pas de l’affectif, seulement la grande majorité ; tout comme la majorité des arguments des ”le livre ne peut être remplacé par le numérique et ses futurs readers parce que le livre je l’aiiiiiiime”, genre Finklacroute (ouh je l’aime pas celui là) 🙂

  12. Il faut peut être tout simplement attendre que la technologie soit à la auteur, ce qui n’est clairement pas le cas aujourd’hui.

    Remplacer le livre imprimé, ce n’est pas rien. Il ne suffit pas seulement de « gagner du poids dans la valise lorsqu’on part en vacances » (argu tarte à la crème qu’on lit souvent), il faut amener bien d’autres fonctions nouvelles pour faire la différence. Par exemple, plus de la moitié des livres commercialisés ne sont même pas lisibles correctement sur les liseuses du marché (BD, guides pratiques, livres pour enfants et beaux livres qui réclament pour la plupart des écrans couleurs de très bonne qualité et des formats convenables).

    J’ai la sensation que c’est un secteur ou le marketing, la publicité et les RP avancent plus vite que la technologie.

  13. Psychocaine says:

    Je pense que la plupart des personnes qui postent ce genre d’avis n’ont pas utilisé un eBook pendant une longue période :
    — on lit plus rapidement avec un eBook (rapport à la taille des caractères) ;
    — le gain en place pour ceux qui sont des gros lecteurs, mais ont des domiciles exigus, est considérable ;
    — la considération financière est évidente : ça me fait mal au cul de filer dix euros à un éditeur pour lire un auteur du domaine public ! Ils se sont rincés pendant des années, ils vont en chier comme l’industrie du disque, ça va remettre les pendules à l’heure. Il peut même y avoir un avantage pour tout le monde à cela : maintenant, quand Gallimard ou GF-Flammarion voudront vendre les classiques que l’on pourra télécharger gratuitement ailleurs, ils seront obligés de leur donner un appareil critique digne de ce nom, et non pas les quelques misérables notes qu’ils consentent à nous jeter en pâture dans leurs éditions de poche.

  14. Vous pensez quoi des ebooks ? : http://wik.io/Wxo7

  15. mikiane says:

    Vous pensez quoi des ebooks ? http://bit.ly/3kJjTh (via @crouzet) / la veille du jour est dispo sur http://mikiane.com

  16. Jeanne says:

    RT @mikiane: Vous pensez quoi des ebooks ? http://bit.ly/3kJjTh (via @crouzet) / la veille du jour est dispo sur http://mikiane.com

  17. Jeanne says:

    Je suis entourée de bouquins papier, je les inventorie en ce moment et ça m’a pris 3 heures pour en compter 700 et je n’ai pas terminé..
    L’avantage du numérique, vous le voyez là ?
    Oui, le papier, ce lien avec nos livres, les sentir, les parcourir.. ce lien physique..
    oui, je les aime ces livres-là..
    J’aime aussi cette idée du numérique, non seulement pour ce poids en moins dans mes bagages ou mon sac, mais aussi pour cet aspect inventaire.
    Mais encore, et surtout, pour ce qu’il reste à inventer, à créer avec ce nouveau support, tant côté écriture que côté lecture (pratique pour lire en gros caractères entre autre).. avec des possibilités de BO, “d’addons”, de maj pour les usuels sans besoin d’espace physique supplémentaire.. (par exemple)

    Oui, je resterai attachée au papier, au crayon, mais le numérique ouvre de nouveaux champs d’exploration inter-disciplinaire qui m’attire tout autant sans être une curiosité technophile.

  18. À Jeanne : « J’aime aussi cette idée du numérique, non seulement pour ce poids en moins dans mes bagages ou mon sac, mais aussi pour cet aspect inventaire. »

    Et donc, comment avez vous fait ? vous avez racheté vos 700 livres en format numérique ? (sachant que les classiques libres de droit ne doivent même pas représenter 5 % des livres disponibles).

    D’ailleurs, c’est amusant cette histoire parce qu’à force de lire tout le temps les 3 ou 4 mêmes arguments chez évangélistes (dont la moitié doit être plus ou moins « sponsorisée », à mon avis), on pourrait presque dresser un portrait robot du ebook addict :
    — il adore relire 50 fois les classiques libres de droit ;
    — il voyage beaucoup ;
    — il a un petit appartement ;
    — il a une mauvaise vue ;
    — il a assez d’argent pour investir en masse dans le numérique.

    😉

  19. @ christophe D
    Je crois qu’il faut lire le post de Jeanne jusqu’au bout. Et je ne crois pas qu’il faille généraliser une attitude d’évangélistes du lecteur numérique, comme s’il s’agissait d’une secte technophile. Les technologies numériques appliquées au livre ont de nombreux avantages qu’aucun bouquin papier ne peut apporter. Il ne s’agit pas de comparer un tourne-vis et une visseuse électrique, ou encore une chignole avec une perceuse. Le livre numérique n’a rien à voir avec le livre papier. Rien.
    L’un ne remplace pas l’autre. Ce sont les usages qui sont différents. Et c’est ce que les conservateurs monastiques ne comprennent pas.
    Il ne s’agit pas non plus d’arguer de l’inexistence de l’offre numérique. A ce jour, je dois avoir environ un milliers d’ouvrages dans ma bibliothèque physique et près de huit mille dans ma bibliothèque numérique. Et je ne compte pas les milliers d’ouvrages du domaine publique disponibles sur de nombreux sites gratuits que je n’ai pas besoin de stocker sur mon disque dur.
    Les livres numériques existent. Ils sont là pour qui en a besoin et surtout l’usage.
    Et pour l’offre papier, je vous met au défi de me trouver de la poésie, du théâtre ou une offre suffisamment large en langue étrangère… Chacun ses limites.

  20. Mon précédent commentaire était inutile, je m’en excuse. Je voulais juste chambrer amicalement, mais cela pollue le débat plus qu’autre chose. Voila ce que c’est de bloguer au réveil 😉

    Sinon Pierre-Alexandre, je suis également convaincu que les livres vont nous apporter beaucoup de choses en version numérique (du moins pour ceux qui continueront à lire des textes longs), c’est simplement la façon dont les choses sont proposées actuellement que je trouve un peu limite, voire dévalorisantes pour ce secteur. Machines dédiées ; DRM ; formats propriétaires, prix, pauvreté fonctionnelle (par rapport à tout ce qu’il est possible de faire avec du contenu texte numérique), pauvreté graphique, et j’en oublie surement. Cela-dit, j’espère que j’aurais un avis totalement différent d’ici 2 ans. Un des rares point que je trouve vraiment intéressant (dans l’état actuel des choses) est la distribution libre des livres dont les droits sont dépassés, ça c’est chouette.

  21. @ Christophe D.
    Tout à fait d’accord.
    De mon point de vue, tous ces gadgets genre “défonce de l’homme moderne” sont morts-nés. Ils seront supplantés par des smartphones encore plus perfectionnés et des tablettes tactiles de tailles standard (A5, A4, A3) disposant de toutes les capacités d’un vrai PC/Mac et des fonctionnalités d’une Wacom avec ou sans stylet. de cette manière, la porte s’ouvrira aux développement d’applis diverses capables de lire des univers littéraires et graphiques bien différents des livres actuels. On continuera de lire des livres linéaires mais de la même manière que l’on continue à regarder les mêmes longs métrages sur de nouveaux supports.
    Les netbooks et les liseuses n’auront été qu’un épisode opportuniste et industriel, comme l’ont été les premiers Palm 3com, les Zire, ePaq et compagnie…
    Pour le reste, il n’y a pas de mal à être ironique. C’est juste que beaucoup prennent les commentaires au pied de la lettre. No offense taken…

  22. Book 000 says:

    “tablettes tactiles”

    L’avenir c’est un écran souple qui pourra prendre la forme souhaitée :

    se plier pour tenir dans la poche;
    se déplier et prendre le format A5 ou A4 à volonté

    Voire prendre une forme 3D et servir de poupée gonflable.

    Mieux :

    L’idéal : la femme bio-technologique qui nous accompagne :

    au lieu de devoir porter un ebook, on a une femme bio-tech : elle nous suit, et quand on a besoin de lire quelque chose son torse ou son dos se transforme en écran avec bibliothèque numérique intégrée stockée dans le cerveau.

    Elle peut aussi nous lire le livre avec une voix naturelle.

    Les bras peuvent servir pour la navigation, comme un joystick.

    (Pour Frédéric on peut prévoir le modèle boxeur bio-tech de 40 ans)

  23. Henri A says:

    A Bookface triple ô :
    Ton mieux existe déjà, moyennant finance !

  24. 000 says:

    “Ton mieux existe déjà”

    Non, la femme bionique ce n’est pas au point. C’est moche et ça manque de souplesse.

    Reste la femme sans OGM, le vieux modèle naturel. Mais ça reste très casse-pied, le bouton ON / OFF a des ratés, et il n’y a pas l’écran intégré.

    La politique du jour :

    “Vincent Peillon sur Ségolène Royal: “On est en psychiatrie lourde là””

    “Des élus Modem s’élèvent contre l’autoritarisme de Bayrou”

    “Patrick Sébastien s’engage en politique”

    Vous êtes toujours dans le monde réel, tout est normal.

  25. J says:

    alors thierry, ce book de maffesoli, tu le trouves intéressant?
    dense isn’t it…

  26. Surtout ampoulé et sans le moindre insight 🙂
    Préfère relire Chatwin ou Krakauer en ce moment…

  27. J says:

    LOL MDR etc 🙂

  28. Vous pensez quoi des ebooks ? : http://wik.io/Wxo7

  29. Omer Pesquer says:

    "Sur un ebook, ils la feront où leur dédicace les auteurs ?" / Lu ici http://is.gd/5166x

  30. Je fais parti de ces gens qui lisent beaucoup (à minima 1 livre par semaine, mais le plus souvent 2) … et le stockage des livres lus devient très rapidement un gros problème même avec un grand appartement !

    Pour moi le contenant (ce qui est écrit et la manière dont c’est écrit) est beaucoup plus important que son contenant (papier ou électronique, qui au final ne restent que des supports).

    Je reste convaincu que l’adoption d’un nouveau format de livre est une question de culture ! J’ai fait parti de la génération qui ont fait la promotion de la PAO (le plantage assuré par ordinateur tel qu’on disait en ce temps là) à l’époque où elle n’existait pas ou si peu … en 1988 lorsque j’ai monté mon agence de communication et que nous avions pris le pari un peu fou de devenir rapidement une agence 100% électronique, les gens nous descendaient en flamme car rien (selon eux) ne remplacerait le montage traditionnel … et que c’était pure hérésie que de s’adonner à la numérisation. 20 ans plus tard qui imaginerait un seul instant monter ses bromures à la main ?

    Il y a eu un changement de culture et de rapport à l’outil … le livre est en train (à mon sens) d’opérer le même type de changement (n’oublions pas non plus que le format “livre” a beaucoup évolué dans le temps … et que sa forme actuelle est somme toute assez récente !). OK, côté technique ce n’est pas encore ça … mais on va y arriver (souvenez-vous, pour ceux qui l’ont utilisé des Netscape v0.97 et mettez le en regard d’un Firefox 3.x ou d’un Safari 4.x …).

  31. @fmeichel Tu veux que je rt quoi? Les réponses aux questions que je pose? Ex http://bit.ly/3GTC7P

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